Skip to main content

Full text of "L’abhidharmakosa De Vasubandhu"

See other formats






L’ABHIDHARMAKOSA 

DE VASUBANDHU 

TRADUIT ET ANNOTE 
PAR 

Louis de la VALLEE POUSSIN 

PREMIER ET DEUXIEME CHAPITRES 


PARIS, PAU}, GEUTHNER 
LOUVAIN, J,-B. ISTAS, Imfrimeur 


1923 




A M. E, SENJLRT 


JPvdsiclewl d& la, Socidtd A.siatigu,e 




Celle traduction du Kosa coniporlera an rnoins quatre volumes. 

Le premier conlient les ehapitres I et II. 

Dans le second, je reprendrai le chapitre III rpie j*ai ^tudie dans 
ina Gosinologie l)(iuddhi(|ue (Bruxelles-Londres, 1919, impriinee 1913- 
1914) ; je donnerai done ce volume apres ceux conlenani les chapi- 
tres IV et V, doiit la traduction fut briilee a Louvain, et les cliapitres 
VI- VIII avec le traite sur le Pudgala qui est un supplement an Kosa 
el que M. Th. Stcherbatsky a traduit (Petrograd, 1921). 

L’ouvrage sera complete par un volume (riiitroduelion qui con- 
tiendra des notes sur la litt^ralure d*Abhidharina, un expose sysle- 
niatique des doctrines du Kosa (tlleorit^s Sarvastivadin-Vaiblulsika 
et Sautrantika), le texte revise des kfirikfis, divers extraits, des 
appendices et les index. 

L’Avant-Propos de la Cosinologie bouddhique, malgre bien des 
insuffisances et quelques nieprises, fournil les domu^es essentielles 
de riiistoire de rAbhidharma et du Kosa. 

J’ai utilise 1. la Vyakhytt, dont le premier chapitre a ete public 
par S. Levi el Stcherbatsky (Bibl. Buddhica) ; 2. la version tihetaine 
du Bhasya (pour le chapitre I, Tedition de Stcherbatsky, ibid. ; pour 
le chapitre II, le Tandjour du Musee Guimel) ; 3. la version de Para- 
inartha (Tokyo) ; 4. la version de Hiuan-lsang, dans Tedition en trenle 
fascicules de Kiokuga Saeki, Kiol^ 1888, present de moii ami H. Ui 
qui nrinitia au chinois d’Abhidharma. Le commentaire de Kiokuga 
est riche en extrails de I'Agania, des Trailes, de la Vibhasa, des 
eommentaires chinois du Kosa: j’ai tir<^ parti plusieurs de ces^ 
citations. Pour quelques-unes (Prakarana, Dhatukaya, Abhidhar- 
m^hrdaya, etc.), j’ai ete a meme de donner la reference a Tedition de 



Tokyo*; elles sont mentionn4es dans les notes avec le folio et la 
ligne ; pour le plus grand nombre (Agamas, YibhO^a, etc.)f j’ai sim- 
plement reproduit les r^f4rences de Kiokuga (cahier et folio) k une 
edition qui doit etre I’kdition Obaku. J’apporterai sur ce point les 
precisions necessaires. 

La Fondatiuii Universitaire esl genereuseinent intervenue dans 
les frais d’inopression du present volume, et on pent espkrer qu’elle 
me continuera sa bienveillance. 



ABHIDH ARMAK08A 


OlAPITliE rilEMIEU 
1.F..S DHATirS 

> 

1. II a, fl’iino niaiiioro ahsoliie, diHrnit toiih; ohsiuiritr ; il ii reliro 

10 inoii(l<Mle la lioiu* do la Iransinigralioa : jo liii rouds hoiiiina^o, 

11 CO niaitro do vorittS avaiii do piihliia* lo tniilo noniiiio Abhidliiu- 
makosa 

Desirant coiiiposor im Irailo, dans lo bill d(‘ fain^ conuailni la 
grandeur do sou iiuiUro. ranlonr <‘nU*(»|)n*nd do Ini roiulro honnnago 
ol expose d’abord ses (jiialitos. 

« 11 a dolrnil loulo obscuiito », c'ost-a-diro : par lui on pour lui ost 
dotriiile robscnrib'j a rogartl i|o. loulo cbosts ii Togard do tout 
connaissaldo (jhcyn). 

« obsourito », c’ost-a-diro ignorance, <*ar Vignoranco ompoclio <le 
voir los clioses conini(> olios sonl. 

« d'lino inaiiioro absoluo », cVsl-u-din* : do lollo sorto iprillo no 
pnisse plus roiiailre. 

Par la, lo Rouddlia Bliagaval ’ | I b| osl snriisaminonl dosigmS car 

1 . yah sarvathfi sarvnhaUin(flial>arah 
sfimsarapankCij jayad njjnhilrai 
iasmai ua maakrlya ynthfirthnsaai ve. 
sdstmm pra miksyamy abhklhannakosan};! 

i2. Lt^s uiileiirs tit* l;i VinayavihliJisri : I'l) il y h iiii noinldiiti r{iii n‘t.*.sl pns 

niiagavai, a. savoir Iti Pralyi'kalitiiUtliuT |iaiv«* ijn'il (*.sl scayawhliUf L**ost-ii-<lire 
pan!(! qiCil a la n<Mitii par tni-iiiriiir, iCa pas iTiiipli la (acini tic 

ddnnpdramifa, cic. I'vii. at) ; il y a iin llhagaval. qui nVst pas iliMKldlia, a 
savoir le Uodliisailva «lan.'’ sa ilrriiirro cxislnire ; (a.i il y a iin lloialdlia Miiaga- 
vai; (4) il y a Hes pcrsoimcs qiii iici scmiI iii lloiuliiha, ni Hliagaval (Vynkliya, 

1^2). - On pout dim aiissi <pni los Sravakas, r’fsl-a-din-. Irs Disi-iplcs, soul, dcs 
Boiuldlias (Aryailova, Salaka, i270/, i*iir ils acqiiii'Toiil la lif.alhi 07). 


1 



c; 'aurmii: PHKMiER, 1-2 a 


2 

lui seul, par la possession *de rantidole de rigiiorance (v. (50), a 
detriiit delinitivemonl toiilo ignorance. 

Les Pratyekalniddhas et les J^ravakas ont, onx aussi, diHrnit toute 
obscurity, ear ils soul ox(Mnpls d(^ lonle ignorance soiiillee par 
la passion (kliskisammoha) ; nuiis ils n’onl pas delrnil robscnrile 
d’linc maniere ab.solne, car rigiiorance iixeinple de passion osl, chez 
eiix, en activite * : ils ne connaisscnt pas les cpialiti^s propres dii 
Bouddlia (vii. 28) les objels ties eloign es dans Tesjaico on dans le 
tfcinps (vii. 55) \ Tinlinie coinplexite des choscs ^ 

Ayant ainsi lone Bhagaval an point de viie des ipialites utiles a 
lui-nieme, rantenr le lone an point do viic des ipialites utiles a 
aulrui : « Ilpi retire lo inondi' d<j la bone de la transmigration ». La 
transmigration (samsCtra) est bone, pari^e ipie le monde s’y engine, 
parce qii’olle est diflicilo a traverse^-. Hliagavat. ayant pitio dn monde 
qui so troijve noye sans reconrs dans cette bone, Ten a retire, aiitant 
quo possible \ en timdant i'l chaenn les mains de renseignernent de 
la Bonne Loi ^ 

1. Pair le fail, les Pratyekaainuidhas el les Sriivakas <ml, tMix ainssi, abuiidoiine 
(pralilna) rigiiernnee noii'Snuillee (nhlislam ajndnam), loiil «‘oianie its out 
abuiulonue L\irgaiiie de hi vne, efv., (mi abauidoiiiuuil loule .ifterlioii (chnmlnrdija) 
a son <^gard. Mats eelle igrioranee iioii>soiiillee resle aelivc* elu;/. eux (saniudd^ 
enraii) eiie.ore (jiCelle soil, ahiiiidoiinee. loiil eoniine Por^ane. tie la vne. 

Tel ii’est pas It? eas pour le Ihuiddlici : e’esi pitiinpioi ranitMir tlil tjiiMI a delniit 
(hnta) r«bscurile de itdie maniere tpPellt? iie piiisse reiiailre. 

± Saripulra iie etmjiuil pas les rinq skait(lha.s (moralile, tde. i tin 'ralbngala. 

a. Maudgalyfiyaiia iit^ voit pas tpie. sa inert* est reiiee dans le MarTeilokatlhiiliK 

SSripulrii no tieeonvrt? pas [es raciiies-de-bien *rnii randidat a reial de Pliiksu 
(voir vii. aO) ; niais le lloiidtllia Jeehir.-i : 

moksfibijam tilinm luj aspa snsuksmaui npalnkstifte / 
dhdtniHisdnaoivarc itUiunm irti kdiHrauam // 

Coiiipurei* fluber, SfiliTilanikni'a, p. 

4. Coiiime dif. la stani'e : 

sarofikaram kdruymn vkatnja waifunivmidrukastjdpl 
nmarcajdair Jneiffim satTajunjnanahalam hi taf, 

5. * Dans hi mesnre tin possible yathdbhnrijam. Cehi va tie soi, eomnie 
quand oiidit: « II tloiiTui a manger an x bruliniaiitvs y. 

0. Lire duns Vyakliya, p. 6, is smldharmade^anahmiapraidnaih. On a le 
pluriei puree qiie les personnel a saiiver soul noinbreuses. * 



iUuan4sang, i, fol. 1 l)-2 a. 


3 


« Je rends hoiniiiage », m me prostenuml avee Ui ^ ii ee 
maitre de verite » * : maitre de verite, pan^e ipfil laiseigne en eojilor- 
miUe avec ce qiii est, sans erreur. Kn (pialilLuil aiiisi l.lliajj;avai, 
rautonr indi(pie la maiiiere donl Bhagavat se rend nlilo a anlrni. 
(Vest par renseignemenl veridiipie qiie BhaqaN at, le maitre, a retire 
le monde de la bone de la transmigration [ 2a|, et non par les 
ponvoirs snniainrels on par Toetroi de I'avenrs 

Apres avoir rendn liommage a ee maitre de verite, qne fera 
Vantenr? « Je i)nbli(n'ai nn Iraite ». On a[)pelb‘ ‘ traite ’ ee <pii forme 
et instrnil les dis(*iplt‘s. ()u<d Iraile? I/Abliidliarmakosa. 

Qu’est-ee qne rAbhidharma ? 

2a. I/Abbidbarina, e'esl la prajnd immacnlei*. avee sa suite \ 

La pmjnd, (jni s(a*a definie ci-dessons |ii. 24, vii. 1), est le 
discernement d(\s dliarmcfs \ 

La prajfid imrnaenlee (amala) est \a prajhd pure ■' 

Oe qn’on apptdle la ‘ snile ’ (anumra) la prajnd, e/est son 
escorte (parivdra), a savoir les einq tskandhas (I. 7a) j)nrs qni 
coexistent a la prajnd. • 

1. Expression trArviuleva, Siilaku, ^205. 

2. na tn pldhiimrapruiUinci^tmhhdve.na. l*n*.iin<‘re e\p]iriiiit>n : par le pou- 
voir de la rddhi (vii. W), eonnne V^isnn ; par le poiivoir des tknis, eonniie Malie!^- 
vara, Deiixienie explieation : par !u rdtlhi, les dons, par son pruhhdvn 
(vii. JI1). 

11 esh vrai tpie los tloiiddhus I'oiil des niiraeltss (rddliiprdfihdryn) pour atLirer 
les lideles (dimrjnnnmdtrn) ; inais i-'esl par le miraele de IVaiseignemeiil (riitu- 
Dasani'') (pi’il.s saiivent 1«» nmiido en tlei.riiisatiL les passions (vii, 47 a-l»). 

a. prajiid ma hi sciunca rdbli id h a nu alt. 

4. dharmdndm pravicayuh : les dliannns soul inches, eornine des Hears; 
on les discerne et on les met en boiujuels { pro vicly ante, tf cclyntile) : cenx-ci sont 
purs, eenx-ri s»ml iiiipiirs, ele. I 

l.kiiis feite opiM'alioii, ini eerlaiii dhnt'ina assorie a la peiisee (raitUif caifnsika) 
(ii. (jifon appelle prujnd. j<*ne le premier role, J*ar ronseqiient, on delinit la 
prnjudt ‘ disrernernent des dharuiaft\ 

T). main, taclie, esl syiiuiiymode fisrnca, viee. - Nous iradiiirons andsrara 
par ‘ pur - Les dsrarns soul dfdinis v, ilo. - V^»ir ei-desMJiis i, 4. 

(5. Oji eomprend sons le mmi d’Aljliidliarma, non senlemoiil lu eoimuissaiice 
pure (jiii di.seerne la nature des eliose.s, inais encore ions les elements purs du 



4 ' CIIAPITRE PREMIER, 2 b-3. 

Tel est, an sens propre VAbhidliamia. 

2b. C’est encore loule prajnd el le Traite tjiii font oblcnir la 
prnjnd inimaciileo 

Dans Tiisage vuljjairt*, le mot Abliiilharma drsigne aiissi toule 
prajnd qni fait ol)tenir rAbliidhanna an sens propre : la prajnd 
impure (sdsrava), qirellt^ soil iniiee on nntnrt?ll(* (npapattiprati- 
tambhikd), on qn’elle soil le resnllat d’nn elfort. resnltat (raudition, 
de reflexion, de recneilltMnenl (srntacinfdhhdvand-'mayi^^ (ii. 71c), 
re(;oit, avcc sa snile, par convention, le nom (rAhhidbarma 

On donne anssi le nom tf Ahhidliarma an Traite car le Traite 
anssi fait obtenir la prajnd pore : il <‘st done nn facteiir de TAbhi- 
dharma an sens |n*opre. 

dharma si^nifie : <|ni porle (dhdrann) nn caraclere propre (ava- 
lak-sana). 

L’Abhidliarma esi nomine nbhi-dharma parce rpril envisage 
(abhimnkha) le dliarma (pii est Tobjet dn siii)reme savoir, on le 
supreme dharma, a savoir le Nirvana; on bien parce qn’il envi- 
sage les caracleres des dharmai<, cara(*ler(\s propres, caracteres 
commnns [2b|. 

Ponrqu(»i le present onvragi^ (\s|-il nomine Abbiiibarmakosa ? 

2 c-d. I^irce ([in^ rAbbidbarma y eiitre ponr le sens, ou l)ien parce 


juoiiient jisyrliolnufMjin^ lUiiis Injiu*! s«* |>r<Mliiil rolte rnniiaissanrp ; spnsnlioii, pIp. 
(i. 14 <•). Uii dt* pps rlpiiiPiits est matmi?l (riiim) : cp ini'»>ii ti[)pe]lc la * tli.scipline 
piin‘ ’ (nnasraim samvnraf iv. IR vk 

1. Vyfikliyfi : paramariha era paruinnrihikah j paramarlhe va bliavah 
parnmarUiikah / paraniarUiena ni dirifati mralili paranuirihikali, 

2. intprdptnye yapi ca yac. ca mstram j 

a. fidmketika, sdtnvyavahdrikn nbhidharmn. 

4. Le Trains c’esl-a-dire (1) ou liieri J’Alilii«llianiiasrislra, J'Altiiiilluiniiripiluku. 
Au(|uel ras, (|ueiqiies-ufis peiiseiit ipril no. faiil pas triileiiilre ; « l,e Traite, aoec sa 
suiley reeoil le nom d'Ahhidlinrma ear iiii liMe n’a pas d’eseorle ; quekpicS'Uiis 
rroieiit quo la suite est. constiliiee par les Inksnnus (ii. 45 e-d) ; (2) uii bieii It; 
Jnfimqirast liana, ronsidere roiiiiim rc»rps de rAldiiiiliariim et ayaiit pour pieds (el 
‘suite*) les six livres, IVakaranupflda, V'^ijuaiiakaya, Dliariiuikuyu, Prajnapliftlslru, 
Dhllliiknyu, Sairi^Ttiparvayn (niiriiouf, fritrodiirtioii, p. 4‘18). 



5 


Hiuau-tsaufj, I tol. i2 a-eJ a. * 

qiie I’Abliidharnm en cp.jtistitiie lo fonJtMnoiii, le pivseiU <>iivraj 5 C 
s’appclle Abhidharniakof^'a 

Lc Traite qiii porb^ b* inaii (rAbliidlianna, a savoir rAbhidluir- 
rnapitaka, oiitn* pour In sniis. pt»ur I’ns.sniilinl, dans nn| onvragn, qiii 
nst done rAbliidliarnuikosa, ‘ In rourivau dn rAbliidliarnia \ Ou bicMi, 
coniine rAbliidluinna nsl In point d'ai>pni dc! net onvragn, on pout 
dire quo cot onvraii;n nst tiro dn I'Aldiidliarina, ooinnin d’un Iburrnau ; 
on TappolU? (kmc rAbhidliarinakosa, ‘ rouvraL'i' qni a I'Abhidlianna 
p<uir foiirroau 

Dans qiinl blit lVMi.sni/:;in*ninnt <ln rAbhidlianna V Par qiii I’Abbi- 
dharnia a-l-il oto nn.s(‘itj;nn a rorif^inn ? La rnponsn a cos dnux 
quoslions nous dira pourquoi rautnur ontropnaid pinuseinnnl la 
redaction do rAbbidharinakosa. 

3, Coinnie, on dnliors du disnorin*niniit dns dharmns, il n’y a pas 
do inoyen pour oteindre Ins passions (klpm)y — nl n’nst on raison dns 
passions quo le inondn <M•r(^ dans cot onMin do rnxislonro, - on via' 
(le ce discnrnniiionl, LAbhidharnia a iHn, diso,ni-ils, pronoiKU' par lo 
Maitre \ 

Kn dehors du di'scoriKMia'iit dns dlianiias, il n\ixisto pas iU) inoyen 
pour eteindre l('s passions (v. 1 ), el oe sont les passions (|ui font 
ernu' le luoiidn |.‘{a| tians ce ^raiid ocean do. la traiisinigralion. r/ost 
ponrqnoi, disiad l(\s Vaibliasikas on vno dn discnrnninent d(‘s 

1. tasifdrthato 'amin \saiu\atniftmresaf 
[so o](lsraifo [’stfctifl ahh iii liarmtikosah / 

2. dharmdndm pranicaynin nnlnrena vdsfi 
klcsdndm yaia npn^duiaija 'bhyupdyah / 
klesais ra bhrumnil hhnrartinre 7m lokah 
[tadUhetor ata ndiiah kifftisn ^dHrd] // 

Les denx preniitM-es li^iies soiii i-ilre^s, avir la lei'lnrr pad upasdufaife, ilaii.s iin 
eoiiimentaire (Ami'takanika) di* la NaniasanijiTti, L‘{0 ; la Iroi.siriiie esl eitro dan.s 
la Vyilkbyil ; la ([nalrieiiie es! rt'.sliliire iTapros la Vyakliya. 

3. kila paramatadyotane. Le mot kihi nicuitre qm* Va-siibuiidliii expose iei 
imp. opinifiT), ropiiiion de.s Vaibliasikas, qn’il ii’aerojilr pas. IVmr les SuiiliTuitiku.s 
ej. pour VasiibiiiKlbii, les Abbidbariiias iie soul pas la jiarole ibi Maitre. Le proble- 
me 4|[e rautheiHicili^ des Abbidliiiriiias sera eludie dans rJidroducUoii. 



6 


ciiAPiTKE ntmiEit, 4-5 b. 


dharmns, le MaUro, le Boiuidlia Bliagavat, a prononce rAbliidliarnia. 
Car, sans rcMiseignenajiil da rAMiidliarnui, los disciples seraienl 
iiicapables do discerner lt*s dlmrm(us. 

Toiitefois. expliqueiiL les V^-iibhiisikas, c’esl. par inorctiaiix quo 
Bliagaval a proiioiice rAbhidbanna. Kt <lo que le Stiiavira 

Dbariimlnlta a fait line colleclicm des Udiliias disperses dans I’Ecri- 
Inre, I’Udfinavarga de memo TAi ya KatyriyaiiTpntra et les aiilres 
Saints <mt elabli rAbbidlianna on le colloclionnant dans les sept 
Abhidbarnias \ 

Quels sont les dliarmas dont rAbbidlianna enseigno le discer- 
nemeiiL? 

4a. Les dharmas sont " iinpurs \ * en relation avec les vices ’ 
(sdfsrav(i)f on * purs ‘ sans relation avec les vices ’ (anmrava) 

Quels sont les dharma,s iinpurs ? 

4b-d. Sont inqmrs les dharmns conditioniies (smihskria) a Texcei)- 
tion du Cheniin ; ils sont iinpurs parce que li‘s vices (mrwm) s’y 
allMchenl \ [3 1)] 

1. La version tHKHaiiie <le rUdniuivarga (Mdo XXVI) a (He trmlnite par 

W. Hoeldiill (Londres 18813) el piddioe par H. IJi'ek (IL rlin 1911). Une boiini; parlio 
de rorigiiiul a (He relnuivc'e an 'I’nrkesian (JHAS. 1912, pp. ; J. As. 1912, 

f. 31 L nioiilmul la e.(>rre.sp«)iidani!ii avec* les sources pfdies). - S. Levi, J. As. 1912, 
ii, 215-222. 

2. J. Takaknsii, On llio Aldddliarnui Liieral iire of I Ik* Sarvil.sii.vndiiis, .JI'TS. 

1905, p. 75. 3. sasrara (uiasravd (Ihunmih 

4 . samakrtd ninrijamrjiUihlsdsm^ dsmvns tern ynarndt saniauuseratelf 

Les (Umrmns ronditioiiTies. a re.M*(*piif)n de ceux (pii loni pnrlie du (Diennn, 
•soul nomriK's sasrava, ‘ eii reluliori avec les vices \ 

Comment et pourcpioi soiil-ils * on relulion aver les \icrs ’ V 

1. On rift pent pas dire cprils sont ‘ associ(*s ’ (Hmnpmynkta) aux vices, car 
.senis la p(?n.s(^e et les nieninux souilles (klista) sont associes mix viires (1. 23). 

2. On ne pent pas dir*; ipi’iLs coexistent (sniwfpafia) aux vices. Dans cett(i 
liypolhese ne seraienl ‘ en relation avi*c l(\s \icf\s (1) ni l«?s dhurmas cxhH*ieurs 
(hahydy I. 39a) ; (2) ni les ciiuj 'updddumtktindhns (I. 8) d’line [lersorine cliez qui 
lf*s passions ne soul pas actnellc^menl <ui excTcice. 

3. On ne pent pas dire (pi'ils soul le point d'appiii (dsniya) des vice.s, car 
sftiils les si.x organes de (mnnaissance sont le ]»oint (rappui des vi(*es. 

4. On lift pout pas dire ipi’ils sont Tobjet (dlamhana) des vices: dans celte 



y 


IliuaU’-Lsmtg, i M, 3 ii-3 1). • 

B 

Ce qu’on entfiid par un dhfwma fWnuakrta, i. 7 n, 

ii. 45 c-tl. 

Los vices, dsravn, v. 4f). 

Sans (ionlo cortnins vicos, la viio fansso par exeniple, pouvonl 
avoir pour oivjet lo ('hcinin ou los dltannas incoiHlitionnes, les 
a^amskrtfifi. Cola no I'ail pas qui* lo Choniin on cos dharmas soionl 
‘ impurs ‘ (*ii relation avoc los vic<\s ’ (.schsram), pan e quo les vices 
no s’y installont pas, ti’y adlioront pas. Co point osl oxpliquo aii 
cinqiiiomo chapitro ( Aiiusayaninlosa). 

Quels sont les dhanna^s purs ? 

6 a-b. Soul [airs la v erilo dii CliiMnin et l(‘s trois inconditionnes*. 

Quels soul los trois incoiuliticainos- ? 

liypotliA.se, !♦> Nirvriim ( -- Hinxlh/isttfifn) smiil » cn n'liUion avor. les viees 
car on |hmiI avfiir des viies lansses a rr‘j»Mnl «lii Nirvana ; dans reite liy[>oili«'se, 
lino lorn* siiporinin* serail • <‘ii relalion aver Iivs vires * par I** fail dos \iros d’liiio 
lorro inlrriouro <|tii la [arniiotil |Mnir nl»jrl (opinions rondainin'es v. IS). 

I/auteur i*xp1i«|in* dour tpi’nn fUmrmn rst nonnno * on roiafion avor los viros * 
parco <[no los viros y adlioronl. (ninisorah*), r’o.sl-a-diro y pronnonl oroissanro 
(pusiim lahhfiitft*) on y pronnont si'jonr o| snppori fpndistha), roriinio lo piod 
poiil. lairo siir lo s«d ol. non snr lo Tor roiif;;<‘. I^os passions (amisaifu) so dt^'-volop- 
poiil (samtdynute) on pronant oroissanro on siip|»orl dans ol snr los dhnrmas 
* on rolaiioii avor. los viros \ 

D'apros unt* ani.re opinion, do inonio, ipio l*oii dil: - (lot aliinonl nio va >- (mama 
pour diro : -x (!ol alirnoni iiio ron\iont, ni’osL iavoralde 
vnti) », do iiioim* l«*.s viros ‘ void a ros tllumnas \ ‘ soni (avorahlos a ros dhar- 
mas \ On apy)ollo ilojic • on roiatioii avor l♦■..s viros los dharmas anxiyiiols los 
vires sonl luvorablos, a savoir U?s rondilioiiiios a I’oxroplion dn (nieiiiin : on ettel, 
los roiidilioniios soul rroos [lar Tarlo arroso jiar los viros ; los vicos lf*ur sord. done 
fuvorables. (Vyftkliya). V^oir v. 1, 18, 2*.l, 40. 

Los orolos no sold pas il’acronl : Li.* corps dn Honddlia ost-il ‘ on relation avoc 
los vires ’ ? Voir i. *‘11 d. 

1. andsravd mdryasatyam triridimm r.apy asaniskrfam f 

I-iii verilo dn (^iioinin, c'o.sl roiisomhlo des dhfirmas <pii ronsliinoid la vue. el 
III inodilatioii dos vorilos (vi. d., vii, h). 

Sur les asamskrtas, i, 48l>.. ii. 5r> c-d, ol ritdrodnrlion. 

2. Certains pliiloso]die.s, los VYilslpnlrTyiis, disi.'id. qn'il n’y a ipi’nn asamskrta, 
ii savoir lo. Nirvfi.nn. Les Vai.'sosikas udinotloid lioanronp d'asnmskrtas : les para-* 
pirlmis, etc. (Vyakliyn). Los iiiis adiiiellont. los trois asnmskrkis ; d’antres 
ronsidorent. coinmo asantskrta la stinyata qui osl tathntdlaksanCi (Madhya- 
niuKU, vii, 3‘?, p. 17(V». — WassiJiof, p. 282. Kutlinvatlhn, ii. 3, 



S \ hi.\riTRE PHEMrau, 5 t-6' A. 

5 <!. L ospaee (dktwa) (.•!; Jos doiix sij|>[)ro8sion.s (nirodha)\ 

Los vlecix suppressions soul lo jymlisamJdiydm ‘ suppression 

due i'l la sapioncf? «d. l^ipniUsandih^^^^^^^ ' siipi^rovssioii non 

due a Ui sapience 

Les Irois iucondiliounos el la verile du (lljoinin, tels sonlles dliar- 
mas j>iirs ((tufisrara) |)arco quo les vices no s\y allachoni pas. 

5 d. l/ospjic{? osi ‘ ce qiii n\?inpoclio pas ' 

L’espaco a pour naiure do iie pas enipec lior (drynoU) la lualiore 
(rU-pa) qui, on olVel, proud place lihreiiMMil dans Tespace; id aussi do 
no pas etre einpocho (nvyitjatc) par la inaliere, car I’espaiN^ n'est |)as 
dtdoge par la nialiere. * 

6 a-!). La ‘ disjonclioii cliaqiie disjonclion prise a pari, c’esl le 
pra t im m khyd u i radii a . 

La disjouclioii (rimmiioya, ii. i)l d) d’avi'c les dharmns iinpurs, 
cost \r praUsamldiym^^^ (ii. 5r>) on Nirvana. 

1. iikd^mn dimu nirodhau cn. - Snr U s tU iix uivodhus, i. (>, ii. 55 c . ; .sur 
Ifs nirofflinSf i. 20 a-U. 

2. tatriiktvmm auavrtlh / 

a. Sm* Jii di11V‘rciic*a <U’ rospocc i.-l dii vi»U* (dkd.sa(1lidtii), L 

I’iiicxisl^Mirc <U* IVcsaw-sA’c/ft ihmuiiii* ‘ ivsjKU'c ’ (lln'‘orit; Siinlraiitika), ii. 55 c-d. 
— IvatUriviitlliii, vi. 0-7. 

[/opinion du Mridliyninika snr Tcspace id les aid res ineondil ionnes, opinion 
idonliqiit* a cidle dii SaidiTintika, estexposee par Aryadeva, Sataka, ix. *3 (Madliy- 
amakiivrlli, 505; Cainksaliku, 202. As. Soe. of Heiigal. iii. p. 48J1, 1014) : « La on 
il n’y a pas de inaliere (rtipa), ric*n no s’uppose a la naissaui’e tf<*, rlharnins iiiuto- 
riels : l*i.d)sene.o de inatiere reeoit lo iioni d’aA’asa, paive ipie Jos oJioses y lirilUnd. 
lorlenieni (A/urifan/. asydntah kdmnle hlidvdh). Los VaiJiiiasikas siii)poseid- dans 
I’AldiidUarinasrisIra ipie TaAma esl one realilo (vastn)f no voy:inl pas quo rEeri- 
fnro so l)r»rno a donner nn iiom a uin? irrr;alil.o, a nii pur iieunl (nvnstusato ' kint^ 
cjinanyn ) .... » 

4. pmfisnmkhyanirod^^^ yn vimmyotfah prthak prthukf Conqiaror ia dis- 
enssion Kailia valtini, xix. o. 

Lo SarvaslivfuJin eonsidero quo la ‘ disjonelion d’avoc iino pa.ssion * ‘ la snppres- 
sUni do la passion on do. la dindonr i’liliiro * (vismnyoya, 'iiirodha) osi nne rho.se 
cfii soi, nn dhnrmn reel, niu* onlilo (dravya). La ‘ disjonolioii ’ n'e-st pas ]>rodiiife 
par los oauso.s, olle est etornolle. Par la prniisnmkhyd (ooinpridionsion dos Veri- 
tos), on ohtioiit ^ae.qnisiHon (praptif ii. J3l> li) de la di.sjoiietion. 



HiHaa-Ksauff, 4 fol 3 h -^4 a. 0 

Pnr pmlimmkhydna or/ pmiisamkUyd. f)n ojifr/nl mro corlfriiH* 
prajnd, Iw prajnd pure, la eoinpreliension lies V^M’ites. 

La ‘ suppression ’ (nirodha) ilont on preiul possession par rello 
prajM s\'ippelli\/^>rfff4sYfm ; nous piMu rions <lin» prali- 

samkhydpnipyaniroiU^^^ ‘ su[ipi*ession a ol>lniir par la pmfimm- 
khyd \ mais le niol liu luilieii tprapya) esi (Mi<le, |4 a| eoiinne dans 
rexfrression * i*Jiar-a-lKrufs \ et non pas * eliar allele de Ixenis ’ (//om- 
Iha - goip^klarutha). 

* 

Fiuil-il eiilendre. ijue. de tons les dliannas iiupurs, il n'y a rju’un 
iiiiiqiK* pratimmkhiidniro(lli(i ? 

Non pas: cliaque disjonelion |»rise a pari esI prcdismpkhjidniyodha, 
Aussi uoinhreiix sonl les ohjels de * jonetion ’ (sttmjpgndntvya), 
aussi noinbreux .sont les objels do ‘ ilisjonelion ' S'il en ebait uulre- 
nient, si pvitlimiykhydnirodhit elait unirpie, un boimne rjui a id)- 
tenn, qui s*est rendu pirsonte f^S’afcsYiWtv/rj la supfiressiiui des passions 
qui sont abandonnees par la vue de la, Vei-ile de la doubair, aur*ait 
obtenu du nienie corq) la su|)pressioir des passions ipii sonl abandon- 
nees par la vue des auti’os Veril.es el par ia niedilalion. 11 lui serai! 
i/iutile de pratiquer la parlie du Chernin o|>pose a ees passi«)ns. (Vibhfi- 
sa, 3 ^, «) 

Mais n’esl-il pas dit quo la suppression (itirodlta) I'st sans 
pareille (asahhdfja) » ? 

Cola ne vent pas dii*e que la suppresMou soil uniqia*, qu'il ii'y ai! 
pas line suppression pareille a line autre suppression, (lida vent dii*e 
quo la suppression n’a pas de ‘ oause. pareille a son edet ’ (sabhd- 
galietu), et u\*st pas ‘ cause parialle a son elfid. ’ (ii. ojjj) 


1. Ilhagiivai iroinpare an ]M»letiii rohjvt iinpnr (snsrava), r\*s!.-ii-«lin* 
aiiqut^l les passions, Hesir, liaiin*, elc. piMivnnt aillierer ; levs pjissioiis on liens, 
aavhjjojana, sont la eonJe. ; le pudffnia esi la l»ele. (Comparer SamyiiMa, iv. 282). 
L'<il)jet fifisrava est le samyoffavastii. le sanuojaniya. 

2. Dlianiitiiliiinri Jnt qnestionin^e par son ancieti eponx le iiiaitre <le niais'on 
Visilkhii : h‘itfisabhd(fa drye nirodhah? Kile nqnnulit: aaahhdya dyuHman 
viSdkha. (Madhya inagamu, rase.l8. lol. a, Vihliasn. at. lOj. 

* Conijairer Miijjliiiiui, i. ii04 : itibhanassa pan* ay ye him pitHhhdyo ..... 

• • 



10 ' 


S:uApirnt: vimnER, (i c-7 b. 


6 c-d. Unr siippirssutn (lilfYrpnlv, tjui amsistc dans^rempechenient 

absolu <b* lii naissiuu’o, .s’aj>|»elle api alimmkhydnim^^^ 

Lii ‘ siipiMViSsion ’ Hilleiviili* <lo bi * ilisjonrlion el t|ui consiste 
ilaiis reinpeeluMiieni absolu <le la iifiissaneo des (Uiannas liiturs, c/est 

Ellts est ainsi iiornineo parce fpVello est 
obbanu*. non par la romprebension ties verites, mais par i’ ins uftisancc 
(les (‘nnses do naissanee (lyntljiayaiHukaly^^^ ■ 

Par exeniple, lors(|ue I’nigain.* de la vue el Torgane mental sont 
occnpes a nn rtMtain ‘ visilde ' (rnpa), les antves visibles, les sons,. 
odeiii*s, savenrs el tangildes passent dn present dans le passe. II 
s’eiisnit <]ne les ein(| eonnaissances sensibles, la eonnaissance vLsuelle, 
eU*., (pii nuraienl on pour obj<d les aiilres visibles, les sons, odeijr.S| 
savours el langibb's, no pen vent pas nail re : car les eonnaissances/ 
sensil)l(‘s no send pas enpables d(^ snisir lour objot propre lorsqne cet 
objet est passe. 11 y a done. ‘ empectnanenl absoln do la naissance des 
dites eonnaissances <‘n raison do rinsnnisnneo des causes de nais- 
sanco. (4 b). 

lei se presente un(‘ (piadrupic* alternative (Vihhfmi, rW, «): 

1- seuleinenl pr(df'<(tmkh!fdum^ des dharmas iinpurs, passtVs, 
[iresenls, destines a nailn* (idjHdtidhnniKm) ; 

2. seulenu'ut (ipmUmmklijpw^^ dt*s dharmm conditioiinos 
purs non deslines a nailre (((nulp(iltidhariiifni) ; 

3. pmUsamkhyanimlhti (d (V}yralisamkhiidHirodha des dharmas 
iinpurs non di'slines a na'itre ; 

4. ni ni apratisamkhtpinirodha desdfoar- 

mas purs, jiasses ou |)resenls on destines a nailre '. 

1. litiffidcdifanlarifpinn ’«//« iurodho [prnlisamkh\iay(i j! 

2. Vilibasa, Kiiliiriviillhu, ii. 1), attrilniK mix MaliimsAsukas (VVussi- 

liVf, [I. 282) «;t mix Aintluik.-is In ilisiiiirUori dn paHanmkhii^ el de V appafisam' 
khanirodha, Smiiktira diseiih* le.s <Ieiix niroflhns ad ii. 2, 22 (Voir Albiiiii Keni, 
111) ; il roufond Vaimifisamklufaiiirodha el V anitynUlnirodha (i. 20 a.b). 

a. OUe rlas.sifieaUoii repose, sur deux priiieipes : 1. 11 pent y avoir praiisaffl- 
kltyanirodha, (disjoru-liou, deluclieineiil) des dhnrmaa impurs, de quelque ^po- 
que cjn’ils soierb soieiil-iLs ou ne soieiit-ils pns <le.stinds a iiaitre. 2. II. y a apTdti- 



Hiuan-tsanfjy i. ToL 4 n4t. 


11 


Nous iivtfiis (lit ijiio Irs (Ihnrmas impiirs soul I(\s nMnli- 

liormrs, moiiis I(^ Choiiiin. Quels sont les (‘.(unliiiunin's ? 

7 a-1). Les euntlilioimes (sanh^krfo), e/esl Iji penljule <les slatudltas. 

Collection des inalieres (niptfskaiiflhti)^ (‘(dledion iles s(‘Msnli()ns 
(vedondskandha), eolleelion des notions {,siimjk(hMi(tudh(i), eollee- 
tion des ' condilionnants ’ (saiHskdraskandltn), colleetioii des con-- 
naissances ( lujMnaskandha). 

sam^krla, eoiiditionne, s’exprujiie elyinolo^i<|neinenl : « ijiii a etc 
fait (h^ta) par les causes en union el conihinaison (mmchjn, .sr/ja- 
hlmya}}^, II ii’y a aucun dhanna ijiii soil en;;endn'* par one cause 
^^inique (ii. 04). 

Ij’expression sanwkrtciy hien qu'elle siynilie : * qui a (He fait ... 
s’appli(|ue au dliarm(iU\[uv,fiu dlianHa\)yi'sv\\t, coiiiiiK? au dhanna 
pass(v, on. elT(H, un dhanna ne clmng(' ])as d(^ iialuiH* on chan,m*ant 
d'(‘po(pie. De nieine, on unuwm dngdh a, * qui a ele trail \ le lait dans 
le pis ; on nonnne indhana^ ‘ hois en i,muiioii \ Tarim*. 


snntkhtfanirndha^ tons les dhnrmas, |tiirs on iiii|>nrs. (|ui iic* soul, juis 
a miiiri?: les dhannas fiilurs exislenl : ils imifronl si Ips causes uaissjuiro les 
Jbnt passer dii futur rlniis lc prosciil ; ils ne iiuitronl pas si on oMieiil l«*iir ttpnili. 
santkhifdnirodha. ]*iiv e\<*mj>le, le Saint, a iiii cerlaiii iiiouient, oMieiit <le no 
pouvoir reiiailre dans line iiialriee aiiiiuale : il ol>lienl V(tf)niti\sfimhdnfdnH'odhii 
de 111 mafriee aiiiiiLule, qui, pour liii esl di^sormais ‘ non deslinee a nail.re ' (aniit- 
pattidhnnnan). 

Bha^nvut dit du Srotanpaniia : « I\nir Ini soul siqqiriiue.s ( nintddhn) les enters, 
les mnlrioes uiniiui1e.s, les existonoes do pretn >> ((.loiiip. Sainyiitta, v'. kliina- 
nirayo khlnatirncchdnayoniko ...). — ViUiprntmimkhydnirndha est un dhar- 
nia en soi qui rend alisolument impossilde, oelui qui le p<)ssede (prdpli)t la 
nais.snnee de tel ou tel dknrtna. Celle alisolue. iion-naissanee no n''sulle pas de 
I’iiLsnriisune.e. des causes, car, si les causes si; preseiilaieiit (fuelque jour, le. dhanna 
nailrait : e’esi done In possession de Vaprah'sawkhjjnnit'odka qui rend le roii- 
cours suffisant des causes, el la iiaissaiicc, diUiiiitivoment impossibles. 

Voir ii. Tib r.-d et v. 24. 

1, te punah saniskrtd dhanna rfApadiitkandhapancakani / T.e terme skan-> 
dha^eM exp1iqu6 i. 20. 



CllAPlTHK PKKMIEH, 7 C-S C. 


12 . 

7 c-d. Les coiuliiioiiiip.s soiit livs cheniias ; iLs sont le fondenient. du 
discours : ils soiit ‘ avec sortie ' ; its soul ‘ ayaiit des causes ’ *. 

1. Les condilionnr.s soul los clieriiins — cVst-a-dire les (^poques, le 
passe, le present el le I'utur — parcc* (jiTils out pour iialure d'etre alles 
[5 a], d’filler, dr d» voir aller. Dr uienie, d'lni eheinin, on dit qu’il allait, 
qu’il va. qu’il ira a hi ville. 

On hien Irs cornliliomirs sont nonnnes cheinins (adlimn) parco 
qu'ils soul (hH'cuvs (adyanle) [»ar riin|»ennanence |ii. 45 c). 

2. Par diseours (kalha), on enhMul la parole, le discours ; 

le diseours a pour loiidenirnl (msln) le non* on mot (numan, ii. 80) 

Faul-il [»rrndre a la leltre la definilion donnre par la stance, et 
dire <jiie h»s eondilionnes sont les mots? 

Non. I\nr ‘ fondrrnrid dn diseours \ il rant enfrndre: « le fonde- 
menl du diseours, e'esl-a-dire les mots, avec ec (|ue les mots signi- 
fiont >». xV comi>rrmlre par ‘ fondement du diseours ’ h\s seuls mots, 
on se inetlrait en eouHil avre le IVakaranapilda ’ (pii dit : « T^es 
kallidvftsluf^i, los fondements du diseours, sont eompris dans les dix- 
huit (Hiatus ». (Vildirisa, 15, 8) 

8. nihsCini signilie ‘ sortie (sdva - nilisamna) nrccssaire (ava- 
syani) \ le Nirvana. (itirujHidhisesanir^^^^^ <le tout OLaiditionne. 
Comme i)fi doit sorlir des eoudilifumrs, on li‘s (|ualifie ‘ munis de 
sortie ’ 

1. in evadhed kailidvasfu saiiihsdrdh stumaixikfih // 

2. f)*iipivs lr» Sfilra : triHlmdni hhlksavah kathdcastnnif ncntHrihdntf 
apaiicamdui ydivj dsrifj/drydh Imihdm kafhnynntnh kathatjanti I kata- 
mdni trinijatitam kathdvasin (indgaUitn knthdvftsUi pratyufpannatn kn- 
thdvnsixi. 

Coinpaii'f^r Augutlarn. i, VM. 

a. xxiii. JO, r«)l. 14 !i I: * Lrs lri»is rluMiiiiis, les Jrois kathdvasiiis soni, eompris 
daii.s les (liN-lmil dhfihxyj les ^^nv/MtiyuianaSt les ciiuj ; sont comuis 

par iieuf .savnirs, en exeliinril le nirodhajiiidna ; sont iliseernes par six coiinais- 
sanees : sont. alleetes par Ions les anusayna ». 

4. Ponn[iioj I'ineonditionne n’esl-il pas * romtenieiil dii diseours*? — Puree 
«pi*il n’esi pas eaiise du diseours (ii. ^>5) ; puree tjiril n’y a pas d'histoire de rineoii- 
ditiniiiie, de lueme qu'oii pent dire: JlTpamkara elait de telle niuiiiere .... ; Mai- 
Ireya sera .... ; le r(»i Kappliina (?) esl de telle maniere ». (Vyfikhytl). 

5. D’aiu’es IVakuranu, at a 1, cjiroii peul restituer : sanihadrd dhatindh 



limun-tsang, i, fol. 4 b-& 1). 


Vi 


4, Les conditionncs dependent de causes {mhduka) ; on les qualiiie 
done savdstxikay e’esl-a-dire ‘ ayanl des causes ’ -- Vaildinsi- 

kas croient qiie, dans I’expression sarnfifHka, vadn si^nilit* * caus«‘ ' 
(hetu) 

Tols sonl les divers synonynies de ‘ condilionne \ 

8 a-b. Quand ils sont iinpurs, its sonl uiinddnasknndlui, 

Les conditionnes iinpiirs (sds^ram) consliliienl les ciiK| xipCidnua- 
skaudhas. Toni cii (pii est upcidduaskandlia osi skaudha ; niais les 
conditionnes pnrs nMitrent dans les skaudhas, ne renlrent pas ilans 
les iipciddnciskandlias (Vil)brisa, 75 a) |5 b |. 

Les updddnaH sont les |)assions (klesa, v. JW). 

Les tipdddnaiikandhas sont ainsi noninies (1) pain? ipfils pro* 
viennent des passions, coimne on dit : * leu (riierbe ‘ leu de paille ’ ; 
(2) on bien parce qirils sont regis [>ar l(‘s passions, coinnu* on dit : 
* honnne du roi * ; (3) on bien parce qu'ils donin.nt naissance anx 
passions, coinnn^ on dit : * arbre a lleurs \ ‘ arbre a IVuils 

8 c. [Is sont aussi iionnnes * de baiailb* ' 


kaiawe? sarve ,santskr(d dharmdh --- II faul ‘sorlir *, nmi smliMneuI <les dltar^ 
mas iiJipurs, iimis uiissi du (^Jieiidii. L*i VyAkliya rile Ir. (r\lt‘ stir raluindoii dii 
rudeaii, Mujjliinm i 1fT>, Yiijnirrhrdikri § 0 : kolopamam (lliarmaparifdjfnm 
djanadbhir dharmfi apt prahtilar if dk pni(j evadlmrmii Hi. (I.liunpun*r liodhi- 
raryiivalftm, ix. 38; Knilui, ii. 1 4). 

1. D'ii|»n\s Pmkuriiua, 8-8 l> 8: savasftikdh sapratijapd dharmdh kataine ? 
sa^nskrld dharmdh. -- Yuir ii. 55 atl 

2. vasiit si^iiilio hoiu d’a|in*s 15-lyuii»l«»i*ir : vasaufp asmiii prdk kari/dni 
pascCit tain utpntMi. 

liH VyfikliyS. cite iri uu dii l{liasyu ud ii. 55, siir Irs riiu| si«j;Miiirali<uis 

till mol Vasili duns rKtMiliirr (Vildiasii lAMi, 8). P«)ur Vasubaiidiiii savashika 
•signiiie * ri-el ’ : les coiidilioTinas surd ; Irs iiirundiliniiiir's sold invris. 

8 . pe sdsravd updddiiaskandhds fe 

La VibliJisa, 75, ;i, exposr qiialor/r l.•x{dirutinlls du Irniiti vpaddiinskandha. 
Vusiibandhii riU* les Irois priMiiirrcs. 

^iiv khandha td Visiiddluina;.‘?v.i. xiv, npud Wuirm. p. 155. 

4. snrand api / 

jSur rana^ snrana, urand (vii. 85 r). voir iMienViu, IVM4, p. 85: VValloM-r, Dir 
Sti-eitlosigkeil des SubliQti (lloidoibrrg, 1017), 



H ^ CIlAriWE PREMIEU, 8 (>9 ll 

L<?s passions sont rios liataillos (rana) pairo (pi’ellos riui.sent a soi 
ol a Mutnii. Les <*oiulitionn6s impurs sont qiialitife ‘ (l<^ bataillo ’ en 
relation aver les balailbs ’ (mrawi), parco (jiie les passions on 
hataille.s .s’y allarhenl : de ineiin>. eoinme on a vn. ils soni (jualifies 
' impurs ‘ (riinpiireh* ' (mfiratui), paree que les vices on (isravaa 

• I 

s y atbichent. 

8 e-d. 11s soul aiissi la douleur, r(»rigine, le nmnde, le lieu des opi- 
nions fanss(*.s. rexistenee 

1. Douleur, paive ipTils sont odiiMix mix Saints (vi. 2). 

2. Origine, paree qiie la douleur a en eux son orif*;iiu» (vi. 2). 

ii. Monde, paree (|u’il.s sont en proees de dmnnposition 

4. Lieu des o|»inions, jiaact* (pie les eiiu| opinions s’y tiennenl 
(ti^iJidH) et s’y altaehenl (v. 7) {l^*akarana, 3;{ l> 7). 

5. Existenee, paree (pTils ('xistent \ 

Nous avons vu <(u’il y a (au(( skandhaf} (i. 7, Nous etudions 
(Vabord le rnimskandhd (i. l)-l t b). 

9 a-b. Le rfipa, on niatiere, e’esl eiiiq orj^aia^s, cinq choses on 
objets, (?l VaviptaijU \ 

Cinq ori^anes [(> a| : oi’i^anes de la vue, de I’ouYe, de Vodoral, du 
gout el du tael (cdksiifi, sroira, gUrdna, jihvd, kdya). 


1. dnitf,'liain saiiiHdnjjo lokn drsUHthfivam hhavas c.a tn // 

'■2, aswinn eva rohifa vituiinnHiindtrclddecare lokam pfajna})a]jfimi loka- 
tiuniiKinifam ca (Aii^uUiirit ii. 48 : rn!iiiHssa<leva)>iittiL). — Bliaguvatu dit encore : 
liilnffitc fmilninjftte tasmal loknh (Saiiiynlln jv. — Aslastlliasriku, p. 256; 
Mahrivynlpalli, If)!, a; (VVVjgiliuni, l>o«J)iisftU vaiiliriiiii, L.cipsiidc p. J{7j. — La 
racino esl Of//, lum pus loki. 

a. bhavatiti hhnvah. — Vijnkhifa : lVa])res le li*\te : bhamih kntamah jpan- 
coiKuld naska n dh fi h, 

Khiaii-tsang trudiiit : JIs soul la triple exisleuce 

La source il«i \usulinii(lhii paraii 6lr»? Priikuraija, 512 5 12: v Oiiels dharuias 
sont. bhava y la^s diiannas impurs. CJiiels diiarmas ne. soul pas bhava ? Les 
dharmna purs i-. 

4. rupam pauceutlripduif (irthiih paSiedvijnapfir eea ca / 

Comparer le, Prakarnnnpadfi, chnpilre i, tradnil dan.s rinlrodiiclioii. 



Ifman-tsangy faL 5 h-li k * , ir» 

Cinq choHCS, dornaino!^ (/;/m//aJ ties eiiiq orf;aiies. le visiWe (rHj)u), 
le son, I’otlour, la saveiir, le langil)le (^yjra^slavfja). 

En ajontant Vavijnapti (i. J I), 1<*I e.st le rapashantlhn. 

Nous avons eniimere rinq elioses, visible, son, ele. 

9 v.<l. Les points (rapfini lies eonnaissinices tt* ces elio.ses, a savoir 
ties <yemenls niaferiels snblils, ee soul les (anq orgaii(‘s, or^ane dr* la 
viie, etc. * 

Les cinq qiii sont le jioinl crappiii <les connaissanf*es ilu visibli\ dn 
son, de Todeur, de la saveur e.t do lanj;ildt‘. et (pii eonsislent en 
ekiincnls niateritds siditils, suprasensihles, ee soid, dans l*ordr«‘, les 
organes de la vne, d(i ronie, de rodorai. ilii goal el dn tael. 

Bhagavat dit en elTel. : « L’anl, r» Bhiksns, njiafnna itilerne, sublile 
matiere derivtn^ des grands <deniiaits ’ 

On bien, on pout comprendre : ‘ 

9 c-d. Les ])()inls d'ajipni des connaissanct's dt‘ e(^s organes, a 
savoir 

Les points d’appui do la connaissantM^ visuelle, on eonnaissanctj 
<le 1 \im 1 ele. - Celle inba-pivtalion <*sl eonforine 

au Prakarana (13 a 10) qui dil : « Ou'esUet* qiie rorgane de la viKr? 
— C’est la inaliere suldile cpii est li* point (I’appiii de la eomnussiuice 
de la vue [6 h] ». 

Exaiiiinons inainlenanl b^s einq ehost's en a)nnnen(:anl par le 
‘ visible nipaynlana. 

1. tadvijnanasvHya nlpaprasatlati calsurdilntfalt // 

Les cin<i organes (imiritja) sont suprasensihles (ntimlrhjn}, iransparents 
(nccha), distincls de ee qui esl tuhjet des orgniies, disliiuds liii visible, dii laugi- 
b!e, ele. C’est, par raisoniieinent. quo nous eoiinaissous leur existeiuv*. 11s out pour 
support ( adjust lulua) co que la lungue viilgaire a}q)ell(> o il, ( te. (i. 14 a-b). 

Sur pasddacakJchii, mkkJiupasddnj Dluiinrnasauguni, ClC, t>:.H 

52. Voir le SOtra c*it<^ i. .*15. - - Comparer V'ibha.ugu, I^syebology, 17o. 

3. La premiere interpriHatioii d*apr«\s Viblifisu, 71, ei. 



16 


CIIAPITRE PREMIER, 10 R-C. 


10 a. Lo visible est do doiix soil os, do vingt sortes \ 

1. Le visible <‘sL coiileur el (ignro. La coulenr (mrna) est qiiadmi 
pie : bleu, nytt^e, jaune, blane ; les aidres coiilours soul; des suocoduiR^s Vr 
do la (luadriiple conleiir. La figure (mmsthdna) (iv. 3 c) csl octuple i 
loiifi;, court, carre, roiul, haul (iiminta), bas (avanala), ogal, illegal \ 

2. On obliendra vingt especos : les qnatro couhuirs primaires ;^les 
hiiit figurtis ; huit couleurs : nuage, funiee, poussiere, brouillurd,. 
ombre, luniiere cbaude, clarte, obscurite. Quebpies-uns font ljo reru- 
pyree (nabhas), qui apjinralt coiiiiik* uii uiur de lapis, une couleur ; 
CO qui doiine le cliilfre d*^ vingt-et-un. 

‘ Egiil ’ (scita) signifie ' di? (igure egale ’ ; ‘ illegal ’ (visdla) est b* 
contraire ; le broiiilbinl (inahlkd) est la vapour qui monte de la terre 
et de reaii ; la lumiei i' cbaude (dkiint) est la lumiere dii sole.il ; la 
clarte (filoka) esl la lumiere de la buns des etoiles, dii leu, des horbes 
et des genimos ; VoI^b^^ — nee (run obstacle a la lumiere, — c’osl 
la on les formes restent visibles ; robsciirite est h conlraire | 7 a], 

Les autres termes no reclamont pas (rex})licalion. 

3. Le visible pout elre couleur saiis elro figure ‘ : bbui, rouge, jaime, 
blanc, ombn.*, lumiere chauile, clarte, obscurite. 

11 pent etre figure saus etro couleur: cell(*parlio du loai^pdjU pqurt, 
etc., qui constituo I’acte corpond (kdyavijuaptl) (iv. 2). 

11 pent rdre a la fois couleur el figure: loutes les autres categories 
de visible. 

l/autres docteurs soulieimenl quo seiiles la lumRU’ti cbaude et la 
clarte sout exclusivemenl couleur ; car le bleu, le rouge, etc., pre- 
seulent a la vue sous les asp(‘cts de long, de court, etc. 

4. Mai.s, disent les SautiTmtilvas, comment une chose imiipie ponr- 
rait-ellij etre (vidyale) double, couleur el figun.' lout (uisfunble ? Car, 
dans le sysleuu^ des V^aibliasikas, la couleur et la figure soul clio.ses, 
dravya, disUiicles (iv, 3). 

t. rtipum dvidha rim.satidh(i. 

Vililiusa, la, Miihrivyiit))>Llti, 101 ; ctHnpiircr Dhiuiiiiusiiii^uiii, (il7. 
f.os .S.-iiitranlihas iiioiil qiir la ligiiro sail autre ehusu quc lu coiifoiir. 

a. Vijiifinakriyu, xxiii. 0 , -la ]> |8 ; Vihliusu, 17 k 17 . 

4. Dliarimmsntii^'Min, fiaO. 



Ilinan4s(m(j, i, fol. fi h-Th. 


17 


IWcc ([lift til (i,^ure sont piuviios (itrajutma) (Inns iiik* 

chose iini([no. La racinc vid a ii*i h) sens {Uy cniinnilre, pen’evoir, et 
non nas le sens d exisler. 

iTf'- 

Mais. re|)lii|nenl hiS Saul ran Likas, vons th^vn*/ aihnellri* (|ne Taile 
corpnivl est a la. fois conlenr ( I li^nre. 

10 I). li(‘ st)n esi ocliiph* 

1, II esl (|uadrnple : ayanL [umv eanse les j^nnnls eleinenls aclihds 

faisant parlie des oi-jL^anes, ayanl. pom- eanse d’anlnvs j.'rands elements 
(itpdltduifjHVtfimfflHd i. ‘M iipparlenanl <mi propiv 

a des etres vivanls, irapparli'aanl |»as r*n propre a des ehvs vieanls 
(.^({Ummlicdldiyfi) \ Mliaenne de ces (puiln* (*ale|^ni ies esl ai^nvahh^ 
on desaj^reahle. 

Pnaniere ealeL^orie : son cause par la main, par la voix. 

D(aixieme (.*alegori<‘ : son dn vent, de la lorel. de. Tean. 

Troisieme (.*alej^orie : |7 h| ,s(m de racle v(H*.Ld (iv. d). 

Qiialrii'ane caiej^orit? : lout ailin' son. 

2 . I)'a|n*es d’anlns doclenrs. nn son piail ap|)artenir anx diaix pn*- 
mieres cat:(\^ories a la. I’ois, par ('xemplc*, le son prodnil. par le conconrs 
de la main eL dn lamhonr. Mais TKcole (Vihliasa, 127, s) n'admel pas 
(|iruii atorne de conlenr (mnjfi) ait ponr cause denx telradi's des 
grands elements ; done on ne pi.ait admelln? i[nain alomt* de son soil 
prodnil par h*s ipialre ^rand.s elements de la main (d h's (pialro j;rands 
(!d('*m(aits (In lamhonr. 

10 l)-c. La savenr e.sl de six sorh^s \ 

l)onci\ aiL»re, salee, piipiunie, amere, aslriiif^enli*. 

1. \.sah(h> 'sfadhd hltacef] 

1. )liiiiniiiasari;^'.*ini. U2 1. 

2. sattvdkhifa — sattcam aras-a, Imil dhnnnn i|iii denol a ini el re vivaiil. 
lunnnio Hallvdkhtja. L(H-.s«nrnii eiif.end le son ipii ennsi ilur I'aclo voral 
■uap(i\ iv. 3 d), on sail : C'esl iiii cin* vivuiil Tont .s<*n (lillWtail. Ho la parole 
esl asattvilklnja. 

msahlsodhU; 

D’apivs .Dliartiiaskainllia. II, j). He ([iial.i>r/.e sorli's. (.'ompaivr Dliumuiasanicaiii, 



rjIAinTIlK PHKMlKtt, 10 l><]. 


IS 

10 c. l/tMlciir osl qnatlniplp *. 

(!lm* la hoinip oiliMir i>t la inanvaiso oilriir soul on oxpossives on 
non pxrcssiv(‘s (sfinta, ri.siima arndkaUi). l)’npn\s lo 

IVakarana (I’ol. lo 1) I), roilriii* osl iriplo : !)onm\ laanvaiso. oi^alp on 
invlillrmilo 

10 <1. liO li'lii^ihlf' (‘sl (Ir oir/<.* r* ;p<'M‘r.s \ 

1 . (In/o rliosi‘;s sonl <le‘s rJn»sos hini;ihh\s (sin fidtuiiadyarjpi) : 
Ips <|nalri‘ i^ramls olomniL; (wnlinhlniUi), !*• <lonx, lo nnlo. lo lonrri, 
lo li\u;or, li‘ IVoiil, la faini rl la snir. 

lavs olrmonls stM*oiit o\jili<|nos pins l)a.s (i. I'i), (a* doiix (shiks- 
uah'ti) osl lo fniH'lloiix (".sn/V/r/Z/a y; ; li‘ rmlo (knrka.s<t) osl Tapro ; 
lo loiird ((jnntlni)^ <mi v<*rlu <l<‘ <pioi los oiops son! susoopliMos d’oln^ 
posps ( i. :{0) ; 1(‘ loj;(M’ (Zm/Z/aZm^ osl lo <*onlrain‘: IVoid (NZZ^r^, oo 

<|ui prodiiil lo dosir <lo la cliah*:!!- : la laini (Inihhiiksa), oo <pii prodnil 
l(! dosir do ralimonl ; la soil' (iupn.vl), or* (pil prodnil lo dosir do la 
hoisson. On dosii;no on odol par los mols faini. soil', lo Um^ildo tpii 
|)rodnit la faini ol la soif : [lar liypallaj^o, on dosimianl. la oanso |uir 
lo noin do roll'fd;. Do nioino ipTil tsl dil |S a|: l/apparilion dos 
llrahMlias ost l)onli<*iir ; roiisoi^in*inonl »lo la roli^ion tsl lionlnan* ; 
bonlionr, la oonoordo do la oonnnnnanto ; honlaMir, raiislorito dos 
roligionx ([tii sonl d'aooonl ;> *. 

S. Dans lo Kripadlialn inaiMpionlla faini ol. la soil’, mais los anlres 
iangildos s’y Ironvonl. II osl vrai tpio los volonionls dos dionx du 
Rfipadhriin, individuolloinonl. n'onl pas lir* poids ; inais, ronnis, ils 
pos(‘nl. 11 osl vrai qno lo IVoid nnisildo mampio dans lo Kripadlialn, 
mais lo IVoitl laonfaisant (ninujrdkahn) s’y Ironvo : lidlo est, dn 

1. [gandhas calnrdhfi. 

f>iiuMinms.'ing.'ini, fii25. 

i2. fipmsfargmu ekadaminitkam] 

Viblifisfi, li27, 1 . niKiiniii:Ls:in^ani. ('48. Voir i. ar>. 

Dliainiimpiulii, ; lji1nnaviir;^a, x\N. l/n|)])nrilioii ilos Uouddhas e.sl 

caiLsi^ tie lionhour, non (ki.s bonlimr. 

4. Voir i. 30 li. 



lliiian-lmhtfj, i, 1V»1. 7 b-S b. 


11 ) 


moins, ropinion dc.s Vailihrisikas. jPour nous, c.’esl b* rmioilb'UHMit 
(|ui rociot* les dioiix, non pas lo froitl j. 

II arrive * qu’unr coiinaissaiH C' du visible, oii eonuaissaue*^ visudle. 
naissr (Tune seule t*!ios(? (tlrarya)^ <ruu(! seule i-alrj^orii* de visilde : 
]ors(pie le earaelrn.^ de eelb' (*ln)se (bleu, eb .) ('sl. disliui^ue a part. 
Dans d'iiutres cas, uiui eoimaissaiKM' v>l produile par pliisieurs cboses : 
lorsque seinblalde distiiicliou iiiainpio ; |)ar (‘xeinpie, lorsqu’on veil. 
d(‘ loin et (reuseuible b\s nmlliples eoideiirs 1 * 1 . lii^ures (pi(‘ pivseiile 
line aniiiM- ou un !as de joyaiix. ba nieun^ reiuar»|i!(* s'ajjpliipK' aux 
(!OiiUiiiss;uK*(‘s auditive. olla<‘tiv(‘, ele. Mais iiue <‘omiaissaure ta(*lil(' 
nail ail iu.axiiituiii di'ciuq elioses, asa\ oir les i|ualre grands <*leiueuls 
et uu <|ueb*(ni((in* d(‘s aulnjs tangibles, doux, rudi*, idr. 1\‘l esi Tavis 
de eertains doeb'urs, ear, d apres uue autre ('pinion, une eonnaissanct' 
laelib‘ [XMil iiaitn' di‘s onz(‘ tangibles a la I'ois. 

Objeelion. - IVjipivs ee (|ue vous dib's, idiacMua* dis ciiui eounais- 
saneis staisibles |>orb' sur uu ('Useinbb' (sdtiHhifffi) : par i^xianple la 
(“oiiuaiss.anei* Ni aielle porb‘ sur le bbai, b‘ rouge, ele. : par eonseipieut 
les eonuaissau(*(‘s seusil)!(‘s oul jiour objcd l(‘ ‘ <*araeb'*n‘ eouunuu 
) id non pas, (*oimu(^ I'lv'i ilure nous I'lMiseigue, br 
‘ earactere jiropre ' (snfUih'sauit), |S b| 

Le \'aibba..siUa (Vibbasa, lo. ei) re|M)ud ipie, par earaelen^ propre, 
rKeriluni enleud, non pas le earaelere propn* «b*s elioses (dnivjift), 
niais b» (‘arac lere propn' de V(l}faf(rtut (ii. <»d! e) 

I. l)'ti[uv.s Vilihnsfi. 1'), !i. 

'2. fii; Wdiiorijiift Ufi, nn i‘riiiiiais:;:ui4*c nicnlaio, saisil r(‘iisrinlii«* ties f»bj(ds 
eoiiiKiissances smsihlrs, coniinissaiu'e visurlle (ctik'sifn'ijHanti), ete. ; r’esi ponr- 
qnoi (III foiisiili'n* ijii'il a pour doinaiiio if* snntdiiiininksnvfij vu fr.-uiln's tenues 
(pi’il pas spocialiso <pi:nit a son objel. 

Si, (ii; inOiiK', on <lit (pu> la roiinaissanro visiu-ll«^ saisii I’enspinble (Ifs ((uulre 
flos ijnatre <*onnais.sMiu*es visnellos poriaiil sur lo lileii, lo janiio, rougi* et 

blaiic, lions (lovnais iliro a ]ioiir doinainf* le s(TnaTn//<i/aA>7f iKi, pnisqiie 

los raraob'Tes dn rupdifataiin ‘ visiblr. ’ soni son objrl. Do TiionKr pour les oon- 
uaissanres nudiliv(*, oHartive, ole. - - Or fi*ri osl. lui o])posilion avpr rKrribirP. 

Jtoponsp. - (^biarifl rKr.rituro <*iisrignt* ipie <*iui<*une des cinq coiiiiaissaiKri^s 
siMisibbjs a pour domaiiio nn ellc visa lo caraclero (lak^sana) propre 



f (;iiAPiT»fc: PiiKMiEiJ, H) (M2 Ik 


20 , 

liOrsruie los or^nnt's <lii ta(*t cl (hi allei^nent cii incnie temps 
leiir (thjel (i. <‘-(1), <|urlle coiiiiaissniua* (^sl la [mnnicre u naitr(:> ? 

— (Iclli^ ildiil Tohjcl csl le plus t'‘iU'r!4i«|U(\ Mais si rciicrij;i(‘ des diaix 
ulijeU fst i‘a;ai(*, la (*uiiiiai-;sun(*i‘ dii t^onl nail, la pnaiiiruv;, parci* (|iu? 
le <1(‘ raliiiKMil (lninim\ 

Nous avuns cxpliina'^ lo.; c»lij«‘ls dcs cimi or^anrs de la connais- 
saiuu^ sensihhs el eomiiK'iil e(‘.s (dipds .sun! [leivus. Nous exarninuns 
iuaiid.euaiil esi la enzienu' (.*ali\^onc dii rfipat^kautlha, 

11. Dans un linmme anssi donj. la jaai.-.re esl dlslraile, on (|ui esl 
sans pensee, nni* cunlimiile scriale, hunne on maiivaise, (‘n depen- 
dan(.*e des grands (deinenls : e’(\d la (pii esl ap|)ele nvijitapH 

‘ Donl la p(^nse(^ (\sl dislraih^ (riksipUt) \ ipii a une penseci ditte- 
renlo (1(‘ la p(‘ns(V^ cpii a pruvixpie Yarijiiapti^ par (»xi*inple, une 
p(.ms(M^ mauvaisi' quand Ynvijuftpfi a (^‘le pruvoipiei? [»ar une pensee 
huinuK 

(svn) tU’s aifatanns, a .savdii* la ijiialili* »reliv rilpafittfiiiia, r'i.'.4‘a-«lii‘i.* la ({iialili' 
•rein* visiMfs la * (|iia]iU‘ J'elrf roiitiaissahla pa?‘ la <‘iuinais.sai»ia' visni.*Ilc la 
<|iialih'‘. n'rlre. sdhtldiffiffiufi on * tinalilo ilVlro rmiiiai^saiilo par la foimaissaiirr 
aiiiliiive oic. I/Mrrilnn* in* visi* |>as l»* irara«-l«*n* |)roj>n* rhiis(?Sj a saxoir la 
‘ qiialile iravnir I’asporl lilf'ii ’ on • ijualito irein* nnmais.saMa |iar niif connais* 
sjiiiro visncllr avMiil ra.‘<|M*cl lil( n nl«*. O nVsl [insan point iln via* df* i-f’s i*arar- 
loirs projiros «l<'s rliosrs <jin* los oiiuj ooniiaiVsanoos soul dih-.s ‘ ,uoir pour dninairio 
lo scalaksann on d’aulros li*niio>, smil dil«*s * spooialisooa ipiaid a lorn- nlijol 

I. riksiptHriH(ika,sifai}i //o ’nulmmUtnU siihhasiihhah j 
mnhtihlinf iitij H’lmdfiifa sff, luf nvijuaplir iirjftffr - 

li'tirijiiapU sera dorriio »ai detail iv. o <l olo. ( In pool Iradiiiro : ‘ noiniiddr- 

iiuilion *, (I’i'sl. nn aoto ipn no fail ri«*n .-«avj>ir ii anlrni, on oi*la sriidilal>h' a I'aolo 
moidal ; niais ipii osl iiadiuo (nipti), on oola .s«*jnl>Ialdo a Taoio rorpnirl ol. vocal. 

- On vorra <pio los Sanlniidikas ol Vasnliandlui n'adiooll.onl pas l’oxi,sloin.*t* d'nii 
oortain dharma nomino nvijimidi. 

Saniglialdiadra ponso ipn; la dotiiiition do Vnoijimidi, lollo ipio Vasnhandini la 
lonmili*, iiVsl. jias ooidoniio t\ la doclrino Vail»liasika. Sos ol»joolioii.s (Nyayrmn- 
sara) soul repnidnilos, <‘l rol'nlors, jiar VaSoaiilrii (Vvakliyri ill, hwU, rd- Dans la 
SauiayupradTpika, il .snl».sLiliio a la kilrika do Vasnhandlin uno nonvoile karikQ, 
<pio cilo, Ya^ioinilra : 

krlc 'pi viaahhiiijv. ’pi cilie ciftdUfapH ra put I 
vynkridm'iitigUam ruptnu ad hy avijnaptir isyafo 7 



ll(ti(iu-fsat((/, i, 1V»1. S 1)-1) a. ' iJl 

‘ Qui rst srui.s (acUiith’d) \ (*\':;l-n-<lirr (|ni min'* ilanr^ 

Mil (los rocMfillt'MM'iils (riMnHi.srionrr noniiiH’fs (tsamjui.s(tni(fit(tttl 

«»l nirofnai.saiudjpalli {\\. lii). 

* Dans MM honnnr. anssi If ninl r//f.s.s7* in(li<|Mf j|m‘ Var/pfapli 

exislf anssi pour I'lioinnn^ df pfiisff non <lislnnh\ pour riioinnif 
(lonl la [ifiistM.* n’c'st pas nlaniff duns ]fs dfiix rfcinallramails. 

‘ Boniif on niauvais(‘ \ ^/.svfW/o, IvtfSftIft, alHsafa. 

' IJiif rontinnilf so Half ’ (<tnnhmidha), nn ilnx (pntvdUa). 

* I’jIi <lfpfndaiua* dfs ymnds (AvuwuX:^' (niiilHtbltfddinj H/Kiffdija) : 
coca pom* dislin^iifi* la sfiii' diif ariju((pU df la srrif dfs 

(ii. .‘Ml). liWirf Jitaitli fsl cn dfiaaidancf <lfs mauds r*lfnifnls. jiana* ipif 
cfiix-ci sonl sa rausr' sa fansr Inlflaiif, fir. (ii. (In, 

Vilihasa, 1i27, <*•)• 

‘ (r»'sl lii ff ipii ' |i) a|, pour iniliipirr la i*aison dn noin (tvij- 

iUtplL (Icllf fonlinnilf sorialf, l(»nl on rlaid d(‘ sa nahirr inalifn‘ 
(rnpn) fl aclion, fcjiniiif la vijnapUj Taclf (•orpond ft vocal, — 
cfpfiidanl ia‘ fail rifii savoir a anlrni aiiisi ipif Tail la 

riptapfi. 

‘ KiSl. appi'lf pour nnmlna* <pH» I’an^air t'xpirst* ici r(»pinion dfs 
Vaihlifisikas, non pas la sifinif. 

i’ai rcsanif, IVf/v/iVo/;// (;si nn nipn, hon <»n nianvais, no df la 
cijnapti on dn naaifillcmfiit. 

12 a- 1». lifs flf inf Ills, on i^rands rhaiifiits, sont la snlislancf rdfinf.n- 
taii’f (dhdUi) ‘ tcrif Ifs snhstancfs fli’anfidairfs ‘ can • feu ’ el 
‘ Vfllt ’ 

J. hhnldui prthivrfUidhu’ npfojnriiipulhnfartfh 

Poiii'ijiini Irs mnhnhhflins .sont.-ils apprlfs dhrifn? Pjihm* qu’ils sonl U; liiMi 
<rorimijo (](> Ions Ips rnpadharmas ; Ics mahahlHlfas i nx-nirnH's onl !*Mir ori^iiio 
rlans l(*s mdhdbhntfis. Or, dans lo iuoiiri«\ lo lieu troriiiim*. n'roil. le noiii dt* (Ihdtu: 

ainsi ijiio los .miin's d’or, olr. s'a{»)MdiiMd tJhdhr d'or, otr. On l»i«'n on It;s 
a[)|.Kdlo. (IJultii ]Kin*.e «pri!s sont lo liiMi irt»ri”ino d(‘ la variiHo dfs sontTrancos- 
Mxoinplo roninic. ri-«li-.ssns. 

^uc'lqiios-nns tliseiit qn'on l»*s u|»|Mdl<‘ dliflln |iaivo »nril>i jiortonl rt Ir rararlori* 
projirc^dos mahiibhiitas «*l' l«'. rfipa dfrivf. 



22 


CHAPrm: prkmikr, 12 a- 13 . 


Ces (|uatre sont Jos quatro dhCiki^, ainsi iioinnios parce qn’ils 
portent (dhdrami) ot lour caraclero jiropro ot la matiore derivec on 
secondain^ (tipaddyarflpa, hliantika). 

On Jos noninio ‘ grands ' : ilssont grands parco quails sont Jo point 
d’appiii do loute inalioro dorivoo. On 1 )Umi parcel qn’ils s’assenildont 
on grand dans la inasso do la torro, do I’oan, dii fou, <lu void, on so 
inanifest(‘nt onseniblo lours modos d’ai livito (vrlti) ( Vihhasri, 131, c, 
127, r,) 

Par quollo adivito cos dlidtas sonl-ils olablis ot quelle ost lour 
iiatnro ? 

12 c-d. Ils sont otahlis par los actions do support, etc. ; ils sont lo 
solido, riiuiniilo, io chand, la motion 

IjOs oloiiHMits toiTO. (*an, fou, vend, sont, dans Tordro, otablis par 
les ados [9 li| do. support, coliosion (mmffmlnt), cni'^son (ixth'U), 
<!XpansioM (vffdlmna). I'ar ox|K*.msion, il rant onlondn* croissanco 
(vrddhi) ot doplaci'inonl (pramrpanu), 1\‘ls soni bans ados. 

Qnanl a lonr nalnna rdomonl l»‘rro. <‘sl lo solido, rolonaMit oan osl 
riuniiido ; rolom(*!il Ion ost lo diand ; Tolomont void ost la motion 
Par motion, on ontond. co qni Fail quo la sorii? d'rtats qni consLilnonl 

lies dlmhis portent aiissi le noni lie mahnhUilliU INMinpioi hhnla y Potin[iioi 
mnltahhiihi ? 

All inoiiiriil on niiisseiil le.s iliver.ses e>j»rri‘s ils* rHjtff <lerl\ e ( Men, I’h*.), elnienn 
li'eiix .siu’mil. sous ill’s jisps rls ililVei’i'iits : e'esi piiiin|noi on Ir.s lioiiinie hhufti, 
IVupres li’anlrrs ilorliMirs, eii r;iis«tii lin poiiNoir soiivi rain ile I'siele 

lies elres vivanls, iiii emirs ile reli riis-I y.mHsiii ti, it-, exislenl (onjonrs : l■^■.sl pdfir- 
(pioi rm les iioiiiiiie hliiifft. (hi Men. I'apparilioii (iilpmiti) ilivs dlmnnas est ee 
ipi’on appelle hhnen .... 

1 . tadndblinUivrtUsii j>rlhivifaiih*jovfiitnsknndhvH^^^ tesv ftsdm mahtiaanrui- 
ve.safvdL 

[iVxplient.ion etynmlo^iipie «le bhntfiHi est hlmfani hivraitll. 

2. dhrlijddikH rmatiamisiddhuh kharasneUosuu leni iidh / 

1/omi oin sens vnlgaire- iln mot) suppnrie les mivires : done relemeni. lerre y 
inunifeste son ael.ivile propre ; idle ost eliuude ; el!e ss inenl : ele. 

Voir ii. 22; Dlianinmsimyani, ; (lonipendiiiin, Appendis*e, p. 2tVS. 

51. Prakarana. 1*1 a. — La Mahavyiilpatli (101.) a khnkkhuialoa^ draimtva, 
usnaten , latj h tisn mndirana I va. 



Iliimn4mng^ h toL if ti-h. 


23 


line chose va se lejn-oihiisunt dans ilrs lieiix diflureiils ‘ ; de meine 
tjiron parle de la inotion d’line flaiiuiit' (iv. 2 c-d). 

Les Prakannuis et le Srilra ‘ disent : « Qn'rsl-i-o <|ue r<Meinenl 
vent? — La li^i^ende (larjlfitfra) ; les Pndcjnana.s discnl aussi ; 
« Le letter (larihn) esl im ruixt ilerive >/. Par cnnsiMimail, le dharma 
qiii a pour iiahire la inotimi (inmrdtnaL’ftj, e'rst releiiienl vent * ; sa 
nature (legeivte) esl manifestee par son ade de incditai (inwd- 
harmcm). 

(Juelle dilFerence enlri' releinenl lerre, id la lerre ; iMilrii relenienl 
can el Teau, etc. ? 

13. Dans rusa^(‘ conimun, ce qu on di‘si\i;iie par li' iiioL * lerre 
c'est de la eouleur el de la li^uri‘ : de menu* pour Teau el le leu ; le 
vent, c esl on hien relenienl veiil, on hiiai dt‘ la eouleur et de la 
figure \ 


1. .... /raa«», rmuj^ianM* la .-.onnar i-iirM* aaiisC«MM- 

2, Ln .sansrril cl 1<.‘ tml Ic pliiri**!. Minaii-l.-auj^ : INaUaranapJiaa ; 

I’iivainarllKi ; i'r.tkarana, la a: rtniudhafitk knUnuuh? 

liiidniHa mud Ira nat ra m. 

a. TiC Snirii cn <[iic.'rlifni (Saiuynklrii;ama, 11, i, ViMiasa, 75, cS) rsl pciil-clrc !«• 
(^larMiaviikmiilisfilra (Majjliima. HI, iSaO, p. I'.l, ij. '!). Dan;-* lii rcaaclinii 

comiiic par Ic Siksasaiiniccnya (p. rJlI.-, <»n a : H ' p‘>ar la li-rn' : Icnkkhatalra 
kharaqata ((amipan r Mahilvasln i. Divyavailajia, 5|.s, Dliaiuinasaa^ani, 

lil^; Harsararila, J11.\S. l-SliO, p. 101): {2} pour I'.-au : aqas ahtjaia aphm 
.snehti siudinqala stirhatva draraira ; o>) pour Ic tru : ivjan icjofjfita nsmu- 
fjaf-a ; rX) pom* Ic vciil : vnqn raiinqula fuqltidva. saiHitdtrnitalra. 

1. Ccsl-a-ilirc : Ic Ic]^cr (hnj(ui) c.sl riqta th rive : la Ici-cn lc tpii 

dc iiahirc c:.-*! iiiuiivciutMil {inma), i-'ojI I'oloiucul vcnl ; I cli‘iiii'iii. vciil l^sl 
done (nfjInisainiuUrana fvn : cc «pti produii la Icm rclc cl la iimlit>ii. 

5 . prlliivi raritasaw^llianfun uvqatv lokasa nijiia ija / 
tvja^ va vajins In ditahir rrn faUtapi va- // 

Tcllf* csl, la It'cttii cilcc tiaiis Vyakliya. viii. ; iiiai*;. <1 apn*.--* If iihflain td I'.i 

Vyiikliyn, p. ^5, il fanl lire va^qa hi - Vatffd mhiunm aamahah, 

d’apiv.s Pa Mini, iv. 2, 42. 

Vttii* viii, I}li i) (miifukrlsn(iqtifaiai). Si Ic vml c.sl \isil»h‘, ticiix opinions dans 

\^l)liQsri, STi, i;j, Un, Ti. 



24 


CHAPITKE PBEMIEB, 1 3. 


[10 a] En eflct. on purlo de ' vent noir ‘ vent circulairo ’ ; rnais 
ce qu'on appelle ‘ vent ’ dans le inonde, e’est aussi I’tdeinont vent. 

Pourqnoi tons <;ps dharmaft, dn visibUi a Vavijnapti, re^oivent-ils 
le nom de rujta ? Ponrqnoi conslituent-ils ensemble Ic rupmkan- 
dha ? 

i. Blmgavat a (lit : « Parc(! (in’il cst incessarnnient ‘ rompn 

6 Bhil( 9 ns, on la nomine rtipa upudduofikmidha. Par quoi est-il 
rompn ? — Pur le eontact di; la main, il cst rompu » 

One ‘ 6trc rompn ’ signilie ‘ 6tre endomniagt'i ’ (badhycde), 

c’est ce (jiii ressort d’une .stance des Artliavarglyas, dans le .K?udra- 
kagarnn (Atthakavagga i. 2) ^ : 

« Un homme qui reidicrche ardemrnent les plaisirs, si les plaisirs 
lui inanqiient, il est ‘ rompn ’ (rupyale), comme est rompn un homme 
percii d’une fleehe ». (Comparer Mbh. xiii, 193, 48) 

Mais comment le rtipa est-il endonnnagi!' ? — En (Hunt dtHt'niore, 
transforim'j (viparindma, vikriyO). [10 bj 

ii. D’apres d’antros docteui's, la i)uulite qui liiit le rupa, a savoir 
le riipann, n’est pas la rupture, la diiterioration (bCidhauariipana, 
rUpana dans le sens de dt^l(?rioratiou) ; mais bien rimpeiuHrabiliti', 

1. n^pifate riipifnta iti bluksavali (Les souires tibelaino et cliinoi.se exi- 

gent, seiiihle-i-il, Iti tradiiciioii : ... « Qu’est-co qui esl rompu? Fur le contact de 
la main .... »]. 

SaiTiyutia, iiU : riippatJU kJw bhikh'have iasma rfipatp ti vuccati j kena 

mppaH I sltena sirimsapasampusseua riippaif. ( Voir rinlerprelaiion do 

Sliwe Zan Aung dan.s Coinpendiniii : « rupa means that which changes its form 
under the physical conditions of cohl .... v). 

].a Mahavyiilpaiti a : mpanad rupam. (Ill, 3» 245, ii;j7» Jl.'SSi lir>l). 

11 y a deux racincs : (1) riip, qui doniie rifpft, rormc, couleiir, heaule, riipifiif 
or, etc. ; (2) rup, riimpcre, Xunyi, en vediqiie : rnpyati, rapann, etc..; en pali : nep- 
pati kuppaii fjhaUiyaii plliyati clomannssito hoti) ; en saii.scrii cla.sshpie 
lupf lumpati. 

2. L<i.s Survl!i.stivn.din.s conqirennent : ‘ Chapitres utiles ’ ; le IVili .signilie ‘ les 
Octades *. (S. Levi, J. A.s. It)l5, i. 412, IIMO, ii. :J4.) 

tasya cet kamaydnasyn chandajatasya dehinah / 
te kdmd na samrdhyanti salyaviddha im rnpyate 1 1 

MahSlniddcsu, p. 5. - Korn, Verspreide Geschrilfen, ii. 201 (La Haye 1913) 
illiistrc le sens do rup par Jataka iii, 368, Cariyapitaka, 3, 0, etc. 



Hhmn-tmny, i, fol 10 a-b. 


25 


It* lieurl oil resistance (pridiyliala) robstacle i|u’un riipa oppo-^e a 
ce que son lieu soirocciipe par un autre riipti (voir i, 43 e-ilj ", 

iii. Objertioris. 

1. S’il eii csl ainsi, le rfipa quo coiistilue u!i atome, him* * inonade 
ne sera piis ra/w, car la inonadt*, non siiscoptil)le (It* d(!derioration, 
non susceptible (l(i resistance (pratif/hdta), (*st (‘xenipb* do rupana. 

Sans donto, la inonado ost oxoinpto do rupana ; inais un rfipa (b* 
inonadci n’oxislo jamais a relal isob'^ * ; on Total (Taf^^louioro, elant 
dans un agglornero (mmghdtn^sflia^ mmc/da), il (;st siiscopliblo do 
deterioration ot do resistance (Vibbasa, 75. li). 

2. L(is rupa^ du passe ot dii futur nt* sont |)as rupa, car on ne 
pent pas dire (pTils soiont actuelloment tn\ etat do resistance (riipy- 
ante prnUhanyanta ifi). 

Sans doiito, inais ils out etc, ils seront dans cet (Hat. Quoique 
passers ou fulurs, ils sont do la mi'aiH^ nature (|ue le (lliarma (pii ost 
actuelloment en (.Hat do nSsistance. Do ineine on nomine indhana, 
non seubMiKMit le bois en ignition, inais euc.ore le combustible. 

3. Ij avljnapU ne sera pas rfipa, car elle est exempto de r(*sistance. 

Sans (loule, mais on pout jusliTK*!’ la (pialiU* de rfipa altrilauHi a 

Vaeijnapti : 


1 . ruimmim pratiijhata ihj apare, —prafiyhatn aradese parasijof- 

pattl pmifhmHlhn. - Voir ri-dcssous |». 51. 

Aillours, lii rh()S(? anpratiipm, * ijiipriirlnible \ i?st drliiiio : pad desnm dvrnutiy 
reqiii * rouvre ’ iino place, (*(^ (jiii esl cIcikIii. 

On veiTii (i, 4*5) In .sorlo i.lo pratiyhdta <jiii chl visro. dans DlmiiiinasaiigHiii, 
(>184)10. 

2. II y a iiiiP troisiciiic. di'dinilion do rupana, Madhyuinakavrili, 45(>, j> : talre- 
dam ihamiitreU nirupandd rfipa m = « Cost imiuiuo ripm parco qn’oii pent 
J'indiqiitT connne ctanl ici nu la v, el Vyakliya, ad i. 24 pdnijadisamsparsair 
badhatidlaksandd rnpanat Jidam ihamulreii desanidarsananipundc ca. — 
Comparer Maliavytiipulti, 245. n;K), dcsaniruimna. 

Dll a done : nipUf ec qui csl iinponotrable, ce (pii (jccujio un lieu ; tlonc * inatiert? 

Sanif^hubliadra a encore d’aiilre.s explications : le rfipa est ainsi nomine parcij 
ipril indiqiie Tacle aiicicii : « Cel hoininc a pratique un acle, la colcre, qni a pro- 
diiit sa mauvaise coufornialioii 

iJ. nd vai paramanurftpam ekant prthciffhhfitam anti, - Voir i. 4a c-d et 



26 


CHAPITRE PREMIER, 13-14 C. 


а. La vijriapiif acte corporel on vocal, d’ofi pmcede Vavijfiapti, 
est rupa ; done Yavijuapti est rupa, coimiie Tornbre est agilee lors- 
que I’arbre est agile. 

Non. Car Yavijrmpti n’e.si pas snjette a inodificatioiis (avikdrat) ; 
en outre, pour cpio la coinparaison soil exacto, devrait perir 

lorsipie p6rit la vijhapli^ coniine c’esl le cas pour Tornbre et Tarbre. 

б. Seconde explication, h'avijhapti est rupa, car les grands ele- 
ments, qui coiislitiient son point d’appiii, sont rupa *. 

Objection. D’apres ce principe, les cinq connaissances sensibles 
seront rilpa, car Icnr point d’appui (organe de la vue, etc.) est rupa. 

Cette r^ponse ne vaiit pas. Uavijkiapti i^xisle en s’appiiyant siir 
les grands elements, comnie Fombre existe en s’appuyant sur Farbre, 
coniine Feclat d’une gemine existe en s’ajipnyaiit sur la gemnie. La 
connaissance visnelle nc s’appuie pas sur Forgone qui est seulement 
la cause de sa naissance. 

Reponse. Quo Fombre, (jiie Fecial d’une gemine existent en s’ap- 
pnyant sur Farbre, sur la gemnie, celte hypoth«>se n’est pas conforrne 
aiix princiiies des Vaibbilsikas (V^iblmsa, 13, «>) [11 aj. Les VaibliRsi- 
kas admellent ipie chacun des atonies ile conleur (|ui constituent 
Fombre et la clarle, existe en s’appnyunl sur une UHrade des grands 
(dements. Et a sui»poser quo : « L’ombre s’appuie sur Farbre, car 
Fombre s’ajipuie sur les grands eleiiieiits (jui lui sont propres, ct ceux- 
ci s'appuient sur Farbre », — la comjiaraison de Fombre el de Vavij- 
napti est inadmissible. Le Vaibhrisika admet ipu? Yamjhapli ne perit 
pas lorsque perissent les grands elements qui lui sm'vent de point 
d’appui (iv. 4 c-d). Par eonseejuent votre rerulalion (« cette reponse 
ne vaut pas. LUivljuapli ») est sans valeiir. 

Mais, dirons-nous, on pent refuler Folqection : « D’apres ce prin- 
cipe, les cin(| connaissances sensibles seront rupa. » 

1. ah'aifahImtnn'ifinnnL rnrniiilf. a piissr ilans In Mahilvyutpatli, lOJ). % 

L’aditeiir japojinis renvoi«> a 75, u. 

La Vyfikhyfl. nous apprend qinr secorido (‘.xplicatioii psI diit; an Vrddhficft- 

rya Vasubundlui. 

Sur le VasubandliLi luailre de Manoraliia, liii-nienie niailre dii Vasubandtiu 
auteur du KosJ^a, voir Ilbasya iii. 27 et iv. 3 u, el les soun’es disruti^es dans TAvant 
Propos de la C<>>'^uiologie Boiiddbi<pie, p. viii (Londres, 1918). 



Hiuan4sang, i, fol. 10 a-1 1 b. 27 

Ell eftet, le point d’appui tie la connaissanco visiielle est doulde : 
1. Torgane do la vue, (jui est en elai de ‘ heart ’ (i. 29 b), qui est 
rupa ; 2. rorgano mental (manas, i. 44 c-d) qui n’est pas ri^pa. 

Or il n’eri va jias <le inenie de Xavijhapti dont le point d’appui cst 
exclasivement rupa. Done, do ce qae Vavijhapti est nonaiiee rupa 
parce qae son point d’apjiai est rapa^ on ne pout eondare qae la 
conaaissance visaelle doive etre nominee rupa. Done la secoiide expli- 
cation est bonne. 

Les organes et les objels qai oat ete delinis coinme rupeuskandhaj 

14 a-b. Ccs inclines organes ol objels sont regardes coniine etant 
dix dyatamis, dix dhdtm *. 

Consideres coinme Ciyataua, origine de la penset* et des mentaax 

fi, 20), ils soul dix dijalannH : cakmrdyatami, rupdyatana, 

knydyaiana, spradavydyalana. 

(]onsidores comme dhdlUy minerai (i. 20), ils sont dix dhdlm : 
cakmrdlidUif rupadhdtu kdyadhdtn, spriuslavyadhdln. 

Nous nvons oxpliqae hi rupaskaudha [11 b| et commiait il se 
dislribuo en dy(daaas td en dhdtuH, J1 faut expliqaer los aatres 
akandluhs. 

14 c. La seiisalion (vedand) f‘st rimpn^ssioa penible, etc. 

Le md(md>ikimdh(h, dost le triple inoile ile seiilir oa d’eproavor 
(auubham, atiuhhuHj aunhhoya), seiisalion penible, plaisante, ni- 
penibbvni-pUiisaale. On doit dislingner six dasses do sensations : 
cellos qui naissenl da conlacl des cinq organes niaterids, organe de 
la vue, etc., avec lear obj(4 ; cidle qai nait da contact de rorgano 
menial (ii. 7 el saiv.). 

1. indriijartlulti tn evestd Idasdifatauadliatavnli] I 

Siinigluilihmini, <laiis lii SuiJiuYa[»ra(ll[>ikri, Jit : tn evoktd. — Vasiihaiidhu eni- 
ploie Texpression f's/a, * soul reganlos j»ar les Vaibliasikas paire qiie, }K)iir hii, 
ios skandhas n’exisieut [ais reellrnienl (i. 20). 

,2. vedand nub ha tmk. — ii. 7, 8, 24; iii. a2 ; SaiTiynUu, Hi. IK> ; Dhamniusaii- 
gain*, t ] ; Tbeorie des doiizt^ causes, p. 23. 



28 


CHAHTRE PREMIER, 14 C-15 b. 


14 t>d. fiR notion (smiijM) consi.sfe dans la prebonsion dos 
caracleres \ 

La prohonsion dos divcMsos naliuvs (simhliava) — porcevoir quo 
c est bleu, jaiiuo, long, court, Inonims femme, ami (mta), eimemi 
(ascUa), agreable, desagreable, tdc. — c/est le samjhmkandha 
(voir i. lb a). 11 y a lieu de distinguer six sortes do smujua, 
d’apres Torgane, conime pour la sensation. 

16 a-1), Le smmkdrmkcm c’est les samskCirtui difl^a’enls des 
quatro aiitres skmidhas \ 

Les mmsknras, c’est tout ce qui ost condilioniie (mimkrta, i. 7a) ; 
mais on reserve le mn\ de mmskdraslmndha anx conditionnes qui 
lie n.Milrcnt ni dans les skandlins de riipa, de vedattia, de mm jhd, 
expliipies ci-dessus, ni dans b* i^knndha de vijndaa expliqne ci-des- 
sous (i. 1(>), 

II est vrai <ju(‘ li^ Snlra dil. : « Le mmsldmhskrmdlin, c’est les 
six classics d(? volition (cchind) » ‘ ; (d: c(‘Ue didinition exclut du 

1. snnijfid ni iti Htodfi rnhrt nahuikd ij 

Par liimitta, ranirlerc, ii Rnit rnsfnno 'rasthdvisesfij Irs ilivorses 

conditions mi mnnirres (Teiro do l;t (•ln^s^^ lfii(frnli(nt(i sii»iiiiie pftricchedn, 
di^dcrininatioii, discfTiimnenl. 

V’^ijnfliiakityn, a Ri, rjir dans Jo jNYnyiddiidnpfirvsipaksasiiinitsojm (Mdo, 111, 
fol. lOS h) «d itaiis la MadliyaniiiknvrUi (|». 71-), dit ijiio la ronnai.swinirc visucJle 
coiinaii lo Idou (nilnm jdndli)jmi\is iioronnait pas : ■< (Vi'sl Mon » (no tu nllani 
Hi), - \^»jr lit ludt! ud i. IW a-h. - C'est par lu samjiid qne Pon doniii! im iiom a 
Piiiipression visiudlc, a la cause extonie de riinpressioii visiielle. 

Ohjeclion. lai coniiaissaiice (vijndna) el la iiolioii (snmjnd) sonl fcuujoiirs 
assoidetis (ii. 24) ; done la conriaissaiice visnellc counaiira les ca rad ores (nimilia) 
de Pobjei. - Reponse ; la snmjud ijiii aecmupay;ne les eonnaissances seiisildes 
est taible, indisliiide. Soule la eoimaissanee nieniale est accoinpagnce d’line 
samjnd efticace ; senle die est .savikalpnka (i. 

Comparer Samyutta iii. 80 ; AtlliasfdiuT, 201 ; MilJiida, 01. 

2. Celle ligne est dilTidJe a njslituer. On ii : 

[samskdraskandhab l caturbliyo *nfje Imntakdrdh] 

Sur les sanvikdrns, 7'lieorie dos doiize causes, ])p. 9-12. 

0. samskdratikandhah katamah / sac cetandkdydh. — Comparer Samyntla, 
iii. 00 katame ca bhikkhtive samkhdrd I chaybm evtandknyd ! rupasantcC’ 
taim dhammasaiftcetand ; Vildiaiiga, p, 144; SiimungalavilusinT, p. 04. 



lihian-tsang^ i, fol. 11 1 j- 12 a. 


29 


mmi<kdr(.uslmndha 1. tons los tniwaynkUminhsMra^^ (ii, i\U), ± lt\s 
samprayukla^saimkCir (ii. So 1>, 3i) a roxcrplioii do la volilion 
olle-iiii^nie. Mais le Snlra sVxprinio aiiisi on raison d(^ riinportanco 
capitali' do la volition, lafpiollo, olant aolo do sa naliiro osl par 
dolinilion lo factonr (pii niodolo, ooiiditioiino, oivo ((tbiitsmnskar) 
roxislonce a vonir. Ans.si llhaj^avat a ilit : « XtUpddCinaskmid^^^^ 
noinmo samskuras ost ainsi noiiinio paroo (pi’il conditioning (<iblii- 
samskar) U; condilionno (mmskrla) » % c’osl-a-diro panto ipTil crtat 
ot dotonnino los cinij ^skandhas do Toxislonco a vonir ‘ [ 12 a]. 

A prendre a la lellro la definition du Sfitra. on arrivorait a cotlo 
conclusion (pie los dharmas inontanx (mmprayukta), a r<*xc4‘j»lion 
do la volition, oL tons los dharmas do la (tlasso inprayidda (ii. 35), 
no font partio d’ancnn skandha, Tls no I'oraionl dime pas partio ilos 
Vorites do la doiilenr ot do I’origino : on iranrait ni a los oonnaitre 
(parijhd), ni a los ahandoniior (pruhmia). Or Jlhagavat a dit : « S'il 
ost im soul dliarma qui no soil connii ot ponetre, jedtarlaro (|iron no 
pout mottro un tonne a la donlonr (vi. 33 ) VA oncon! : ^ S'il ost 
un soul dliarma (jui no suit ahandonno .... » (Saniyukta S, 2-»). Done 
I’onseinblo des nuMitaux (miUas) ot <los viprayuklas ost inelus dans 
le samskclraskandlia, 

1. [jii volition osl (iv, I), iraii.sj^ d'iipapfitU, p.ir opposition a ia s<iit‘ rniise 

iVdhliiuin'Htf ('i. o). 

!2. (r(‘st-i'Mlir<:> : '< pairo ipi'il roiiditiuiiiw.^ <*0 qiii uoit rtre roiuliticuiiio romine 
on (lit : « (Inis la iMaiillit^ cuili; 

a. a. Saijiyiilla iii. 87 : sdtnkhaUini nO!tistinikli(tronfitl hhikkliave la.^tna 
snmkham ii vuccunii / kii) at samkhnlam abttiaawkharonii / rupnm rupnt- 
Uiya Htimkhnlmn (djkisnwkharouii / rednunm rf'.tlauatldija 

1). Saiiiyiitta v. 440 : jdtisammltauike 'pisamkhfirenhhisatftkharoHfif jard- 
sanivnUanike ’/)/ ... / tu a ra nasam rattan ike 'pi .... / te jdtisaniraltu nike 'pi 
samkhfirc ahhiaamkharilrd jdiipapdlnm pi papa f anti / 

r. abhisnmskurtimilaksandh samskdrdh (Mailliyainakavrtti 848, d) ; cilia- 
idiimntiikdrawnnaskdralak^and cetand (il»i«l. 811, l); rakfah nan rdpajutn 
karmdbhisamskaroti (ibid. 187, 7, Maliavastu, i. 2t) cl 801). 

nfihatn ekaUhnrmnni apy anabhijiidya aparijndya duhkUasydnta- 
kriyani mddmi. 



30 


CHAPITRE PREMIER, l5 b-17 b. 


15 b-d. Ces Irois skaudlKKt, avoc XavijfiapU et los incoiiditiuiines, 
c’esl le (Iharmayalana, hi dharmadhatu 

Le vedaHduhaiidkii, le ft(imjrt(l«1;audhu, lo mtaskdmskatidfui, 
phis YavijAapli (i. 11) cl h>,s Irois incondilionnes (i. E)b), sepl diosos 
qui sont nomniws dlianndufitaHd, dhtinmidhCdn. 

16 a. La connaissance (oijndnn), c'est riinpressioii relative a 
chaque objet 

Le vijnanoftkfmdhu, c'est rimpressioiif'i’.yrtrf/Vi^rolalivo aclia(|uc 
objet, c’est la ‘ prehension nue ’ (npalid)dhi) •' de chu({no objet 
(visayam iHmya tn praH) \ TiC vijMnmkandha, c'cst six classes de 


1 . ta ime \traifnh\f (lliarnuiyafauntlhuirdklitfali saharijuapfiidsamskr-- 
taih II 

2. vijiifinnni prativijnaptih (ii. "M). 

;i. Lii V’^yakliyil cxplitjut^ upuldhUhi |>ar la jiloso rasffttunfrafirahnnn, rl 
njoulo vedanfulai/as ht caUasiku vh'wsdfimhnndhqmk (Lr h'xlo ilo Iti BiMio- 
Ihci'tt parla a htrl : CdfUisikdrisesin^*) : La numaissanct* (n'jiifinn) 

DU (MMisre {cilta) iffmlinnn] la rlioso ( llo-iinMua, sans plus (vn.sin- 

mdtra) : ha * uiaiilaiix' ' (cnfidsikd ) on dharninn associos a la <‘oniiai.ssaiit*a 
(ii. !24), cV.sl-j\-(lir(? la scnsaiiou, oli*. ( vedavd .<iamjrtii a]»pr6li(‘ii<lo.iil lies (•arac- 

teres paiiiciiliors, lies eoinliHoiis speriales >*. Tar exeinjtle, la ronuais^aiice dii (act 
(kdymHjntlnu) upjMvIioinlo le ratio, le laooiloux, oie. (i. 10 il' ; olio osl. assttriiM* a 
nue .scMisation (vodnufi) ay;roalil(‘ ipii ap]>rolionilo nn eoriain fararloro dn rude on 
du inoelleiix, le earaetere d’elro canse iriiiie sensation a^realde (sukliareflanh 
yatd). La eoiinaissanee visnello upprelionde la eoiilenr ilileu, ele.) ol la li^niv 
(sanisthdna) : f^Wo assoclee I'l an eerlain ‘menial’ mmxtm samjiifi, notion, 
qui upprcdiendc un eerlain i*ara<*lere <le la eouleiir el. de la figure ennsideroes : 
« (j'est nil hoiiinie, e’cst inie leiiniie, ele, (i. 14 e-d). 

(^etle doelrine a ele adoptive [»ar TKcole de Nrigarjuna. Madliyairiakavrlli, p. r>;"i 
cittam artlianidirarfrnhi caittd vi&esdvnsthdynihinah mkhdd ayah ; d [mr 
1‘Ecole de Digiiiign, NyayabindnlTka. p. 12, version tilM'daine, p. 25. 

L’editeur japonais dn Kosa cite le Koki el la Vihliasa ipii signalent qualre ojii- 
iiions sur ce problenie. 

Voir ii. 34 b-d. 

4. C*esl-a-dire, d’apres Saingliabhadra : « La connaissance visiielle, bien qne de 
nombreiix objels materiels soient priVsents, saisit seulement le visible, non ]»as le 
son ; elle saisit le bleu, ele.., inais ne dit pas qii’il soil bleu, ele., qii’il soil agrea- 
ble, d^sagri^able, hoinme, femme, etc., sonclie, etc.... » 



lliuan-imng, i, fol. 12 a-b. 31 

connaissances, connaissance visuelle, amlilivi?, (>llactiv<?, gusliiello, 
tactile, mentale. 

Coiisideree coinine ayahma (i. 20 :i), 

16 b. Cost le maiifi-flyalnna, Porgano nioiital 

Consideree coniine dlKlhi ( i. 20 a), 

16 c-d. Cost sojit dhdtm, k savoir les six ooniinissances ot Ic 
manas K 

CeU-a-diro : cahsurvijfid^^^ srotnr, (fhrdtw'y jihvd^\ 

kdya^\ manovijMkiadhMiiy mauodltdtu. 

Nous avoiis vii (jij’il y a 01114 ,s*Av;wZ// as*, doiizo dydianaa, dix-hiiit 
dhdhis, 

1. L«^ rupuskmidhity o\*st dix fiynianns, dix dhtdns, plus Wiri- 
jnaptL 

v(>Aandy mmjdil ot mmskdm^kaudh(iy phis Yavijiuipliy 
plus los inconditioniios, o'ost lo dharmnyalana, \v dluirmiullHUn, 

3 . L«^ vijMmt^dcandlia, o'osl lo mana-ayaUiua ; c/ost sopt dhidiis, 
a savoir los six classes do connaissanoo ()ujH(ln(dk‘(lyft - vijmitKt- 
dlidtu) ot lo mauodhfdn 011 manas, Por^ain^ iin.‘utal. 

On doinando quel pout otro un manas ou manodhuin distinct dos 
six classes do connaissance, distinct dos connaissances seiisibles et 
do la connaissance nienlale. 

11 n’y a pas do manas distinct dos connaissauc(*s ‘ : 

17 a-b. Celle do cos six connaissances (|ui vient do passer, c’osl lo 
manas \ 

1 . manaayatanam ca tat / 

2. [sapta (Ihatava^ ca ‘tmiiam] sad vijudniiuy aiho nmnah ji 

iJ. Les eoiiimissances (vijiaitta) sc siicccdciil. ; dies pciivcril circ visurllcs ' 

menialcH. La connaissance <|iii disparail esL la cause iiniuedialcinent antecedenle 
(ii. 0^2 a), le point d’uppni de la ccuinaissance qiii suit imnudiaternenl. 

Sous cel aspect die re^,oit le noin de manas, de mana-atjatana, do manodhatu, 
de mana-indriya (ii. 1). Elle est a la connaissance qui lu suit ce que rorgaiie de 
la ^uie est ^ la connaissance visuelle. 

4 . S(^nam anantaratitatp vijnanam yad did tan munuh / 





CIIAPITRE rHEMIER, 17-18. 


Toulo eonimisstiiico qui vieni; cl(* regoit Ic nom de manodhCiiu 
[13 a I : de ineine, iiii hoinme est (ils et pere, nil nieine eleinenl vege- 
tal est fruit et graine. 

Objection. — Si les six comiaUsances, qni binl six dlullus, consli- 
tiienl le manm ; si le mmiafi ucsi pas autre chose rpie les six con- 
naissances, on aura on hien <iix-sept illiutus, en exidiianl le manas 
qni fait dtaibh? oinploi avec les six connaissanci's, on hitai don/e 
dluitns, (Ml exclnani hs six connaissancr's qni font double einploi 
av(?e le maufis, a sniqioser qne vons vonliez deiioinbrc^r des 
clrosc's disi inch's et non pas tie simph's dt^ignalions. 

Cela esl vrai ; inais 

17 e-d. On coiiqite tlix-lniil dhalns (mi vne irassigner nn point 
d’appni a la sixienie connaissance '. 

Los cinq prirmieius connaissances out pour point d'appni l(\s cinq 
orgaaes inatiiriels, organic de la vne, olc. (Voir (raillenrs i. 44 c-d) ; 
la sixienie (anniaissance, la (‘onnaissanee intMilah^ (mimomjudua- 
dhdiu) n’a [las seniblablt' point d'appni. I\ir consetpient, on vne 
d’uttribuer a eelle connaissance un point trappiii, on appelle manas 


Voir i. IW a«l). 

D’mnvji iii Vyakiiyil, les Yogaefiras atlineltent tin mnnodltiifitj tin munas ovi 
orgaiK! luejital, disliiirt des six <*omiai>sanr«‘s. l,»vi Triinra[»;irn7yus, lt*s tloeleiirs 
tie 'laprohaiie, iinagintait (Imlpayauii) iiii ort'iuie iiiahaiel, lo fteur (hrduijavfiH’ 
iu)y point tra[)piii tie la connaissaiu'e oientale. rtviir existe aiissi dans I’AiTi- 
pyiitliiriln, la sjdiere iimiuilrriellt* : res dortours atlnudloid. on otlrt rt‘xisleiJi:e de 
la maliore dans rollr splioro (viii. e) ; ils expliqnent It; prelixe d tlaiis le sens de 
‘ un pen *, rouiuit* dph'ujnhi, ‘ nn pen rouge \ 

Le Patlliaiia (rile (kiiupondiuin of I'liilosophy, p. 27S) assigiic a lu roiiiiaissance 
ineiilulo uiL poini, d'tLiipni luateriol ( rfipa), sans tloiinor a <m* ])oint (i'appui le nom 
do ‘ eteiir *, taiulis tpi'il nonuiio * omI ' It; poini trapptii tie ia ropnaissariro visuollo. 
Mais rAhliidluiiniiui pi»sLt;rienr (Visutltlliiiimgga, AhiiidliauiiiMstmgtLlia) considere 
le ctonr t;oiiiino Torgunt; dc la ponseo. 

T/onseigiu;rnenl du Vilthaiiga, p. 8S, osl uioin.s nol. : Do la ronnuissance 
visiiolle, antlitive, larlilt* tpii vionl do ptirir nait la piMisoe, io manas, le men- 
ial (nidnasa ~ manas), le rtenr (— la pt?nsee), le niauaSf Torgaiio mauas » 

(AllliusalinT, IU3). 

1 . msUulSrayaprasidUhpartham dhdiavo \^tddaAa smrldJt // 



ilhian-tmng, i, fol. 12 b-13 b. 33 

oil mcmodhdtUy on encore mana-dyakma et mmia-iudriyay ce <jiii 
bii sort lie point d’nppiii, c’est-a-dire line qnelconqne des six connais- 
.sances. De la sorte il y a six points irap[nii on or^anes, six comuiis- 
sances qni s’appiiient sur cns six jmints (riqq)ni, el six objels. 

Objection. — Si la connaissance on pensee est nominee manas 
lorsqne. ayant peri, elle ist lo ])oijit irapfiiii (rune autre connaissance, 
la dorniere pensee (Vun Arhat ne sera pas UKinas, car elk' iTesl pas 
suivie d’une pimsee dont elle serail la cause immi^diatcMiKMil ankce- 
denle el le point d’appiii (i. 41 c-d). 

Celbj dernkre piaisei? a. iiitai la nature dt' nuinas, la nature de 
point irappui. Si elle n\\st pjs suivie (rum* uouvello pensee, a savoir 
la pens(M'-de-com*ei)lion (prfitlsfnsuUfirijudiui) (rune nouvelle exis- 
kiuMi (imnarbham), (*(*1m m* lient |»as a sa nature, cela ivsulb* de 

Tabscnce des autiw's causers, acks et passions, n(!‘cessaires a la 

* » 

production (rune nouvelle p(*ns('M*. 

Tons l(*.s dh(trmai< (ajiidilionnes (mm:^krUi) sont inclns dans Ten- 
semble des .s^kanrllfas^ (i. 7) : Ions l(*s (Iharmafi irnpurs (msrarn) 
sout iuclus dans r(ms(>nible d(*s np((d(}ii(h^k(tH(/h((s (i. S) : tons les 
dh(irma^< soul inclns dans reiisemble de‘s (V/alauas et d(.'s dlidtns 
(i. 14). Mais, an plus courl, \ 13 ni 

18 a-b 3 "ous l(*s dlianiKis soul inclns dans un .skandlw, plus un 
fujalaua, plus un dluiln, ' 

Dans le rnpaskandUay le iuaiKifnpdana et le dharmadhatiL 

18 0(1. Un dimnna est inclns dans sa ualure propre, car il est 
distinct de la. nature (rautnii. " 

Un dharma pas imdiis (mmgnih) dans ce dont il est distinct. 
Par (‘X(auple, Tdi-gane. de la viie est iuclus dans le rupaskandhay 

1 . ehena skandhayatavadhatnua snrmsanujyahnh / 

L*av'ijnnpfi fait yKirlia clii rfipaskandha <;l dii dharwadhatn, 

2 . parnbhdvnviyiiktalvnt svahhdrenniva samgrahnh // 

Lcj probltMiie <1« Piiirlii.sion (smnfjrnhn) osl exaniiiM* <laiis Dhaliikallulpakarunii, 
KMha vatu 111 , vii. 1, Dhatukaya, I’rakarana (vuir «*i-flos.soiis i. £0, y». aO, ii. 3). 



34 


CHAPITRE PREMIER, IS C-20 1). 


6tant rupa de sa nature ; dans le cakmrdyatana, dans le caksur- 
dhdtu, car il est le cafmirdyatmia, le eakmrdhdtu ; dans la Vtuite 
de la douleur et de rorigine, car il est douleiir et origiiie ; inais il n’est 
pas inclus dans les autres skandhas, d/jalanas, etc., caj* il est distinct 
de la nature de ce (|ui n'est [ais lui. 

Sans doute les assemhlees (parmd) sent com|iiisf*s (samyrali) 
par le don el les antres mmgrahavadm ' ; il y a tlonc mmyraha 
d’une chose autre par uue chose autre. Mais ce sainfjraha est occa- 
sionnel (kaddcitka) el par constVpienl, imn pas reel, uuiis conven- 
tionnel (mmkelika) 

Mais, dira-t-oii, il y a deux organes de la v iie, de rouYe, de Todo- 
rat : par consequeiil il faiit <‘f)iiipler vingl-eUuii dlnilu^. 

19. Les organes de la via?, de rou'us de TodoraU l)ien que dou- 
bles, lie font, par pairos, q«run dhfitn^ car la nature, la sjiheiv d’acli- 
vit6, la connaissance sont itoininunes. (rt^sl eii via* de la heaute 
qu*ils sont doubles. [ 14 a | - 

Les deux organes de la vue out conunuimule de nature, car ils 
sont Tun et raulre orgaiie de la viie ; ccnniniiiiaule de doinaiue, car 
ils out Tun et l*autre pour tioniaiiie le visible (rupadhCdu) : conitnii- 
naut^ de connaissance, car ils sont run et raulre point d'afipui de la 
connaissance visuelle (cakmriHjmmadhdlu), Par consequent les 
deux organes de la vue no font (pi’un dhdhi, 

Il on va de inenie des organes de rouYe el ibi rodoral. 

Bien qu’ils ne fassont (pi’un dhiitii, ces organes sont prodiiits par 
paires, en vue de la lieaule dii corps. Avru*. iin soul (eil, uue seule 
Oreille, une seule nariue, on serait tres laid (ii. 1 a ; i. 4:{. 30) [ 14 b] 

1. Diglia, iii. 232 ; Dhurtnnsaingrahii, 10 ; MiilinYyutp.*.iiii, 35, elc. 

2 . ekadhdtiitd / 

dvitve 'pi cakmrddUidnt Mhdrthatn tu dvnpodbhavah // 

3. Grande laideur I’HSiilleruit dn iait dc ii’uvnir c[iriiTi adl, qu'une oreillo, qu'iine 
narine. — Mais beaiicoii]) d’aiiiiiiaiix, eiiaiiicau, clml, liiiiou, eir., pour avoir deiix 
yeux, etc. ne sont pas beaux ! -- Ils nc sont pas beaux ]mr coiTiparaison avcc Ics 
autres especes, mais, pnrmi leurs congeneres, les iiidividus qui n’ont qii’un mil, 
etc. sont laids. 



Hiuan-tsang, i, foL 13 Ihl i b. 35 

Que faiit-il entendre paj’lrs temies skandha, dyafangy dhdtn? 

20 a-b. Skandba signifies * ainas \ dyaiana sigiiifie ‘ jM»rle d’am- 
vee * porte de iiaissaiaro ’ ; dhMn sii'nilir' ‘ ligiiee ' 

i. Dans lo Sntra, skandha si^nilio ‘ anias ’ (rdsi) : « Qiiebiuo rupa 
(pie ce soil, passe on fnlnr ou pivseiil, inlenie ou extenie. yrossier 
on siiblil, inlV‘rieiir on oxc(dl(?nt, lointainon pnxdie, si on niel. onseni- 
ble tout ce rupa, (‘(.dni rpii (\sl pass(\ ek*., on a ce qn’oii appjdbi k; 
rupaskandha * 

D'apres les Vaibhrisikas, (1) le rdptt passe est le rfipa detniit par 
riinponnainan^e le rdpa fnhir *\sl le nlpa tpii n’esl; pas ui\ ki rupa 
pn^sent est le riipa (pii esl ne el (pii n'tsl pas delrnit; (:?) le rupa 
(isl interni? (adhydlmika) lorsqiril fait pai H(‘ d(> la serie (samtdna) 
noinni(5e ‘ moi ’ (i. Jl!)) ; lout autre- rupa est extenu^ ; on bien les 
leiTiies interne el externe s’enlendfait an poini; do vno de V dyatana : 

Saiiigliiililiatlm (^xpliqiie tiohhdrthmn «lan.s lo stMis (7ulhfpnftfdrlhnw, * on viie. 
do 1 m son v(*raiiiolo ’( veil* ii. l .iOlui-la tvsl Uoaii, brills^ dons lo nioiido, (pii pos* 
sAdo l{i .soiivoraiiicdo. Los individns rpii n’oiil qtrnn (oil no possodoiiL pas ‘ soiivo 
rainolA oapao-ii A (riino vuo claiiv : oar la vno u\‘sl pas aussi olaira avi>c un coil 
(pi'avoc doiix y<nix (i. 4M). 

1 . skmidhilpatimmllmlnimli / 

2. SaiiiyiiUta, 25, •;* : yal kimcul rilprun atitdntlyalapmtyiiipunnani adhip 
dltniknm vd bah yam vd aitdfinkani vd snksmam rri hJnnm vd pranltam 
rd dtivam vd antikam r« fad okadhyam abhisamksipya ayam ucyate 
rnpasknpdhnh. 

Moiii]»m*Hr Viidianga, ji. 1. 

L'cMlitioii d(i la Vyiikhyfl porio nikadhyam^ mais la Mulifivyiilpatti 2-15, JUa 
ekadliynni nbhisamksipya. VVogiliara signalo ekndhffe \\iius Divya, 35, 24, 40-22. 

a. anUyatdnirmldhny c’csl-a-din? d(*lniil par riinjionuaiieiice (pii osl im dos 
c‘arn(*t(ir(\s dos ooriditioiinos (ii. 4.5 c-d), 

I! y a c-iiKj serks do ttirodha : (I) Inksannuirodha (ii. 45 c-d) <|ont il est ques- 
tion ioi, (2) samdpaithn'rndha (ii. 41 o), (3) npapnitinirodlm (-= nsuipjAika, 
ii. 41 b), {:i)2}ratisamk1iyduirodha (i. 6 a-J)). (5) aimiUHamkhydnirodha (i. (» e-d). 

Silo texk disuil : « Passe, le rtlpw delruii », on pourrail coinpreiidre qu5I 
Skagit des nirodhas 2-5, Or les nirodhas 2 el 3 sent, la destriiclion de Ja pens(^e 
ol des mciitaux fnliirs ; 1(,‘ nirodha 4 est la destruction de la p(sns(k et des men- 
taiix impurs ; h nirodha 5 esl la dcslruclion des dharmas futurs non desliin^s u 
naitre (anutpattidharman)* 



36 


CHAPITIJE PREMIER, 20 ' 

Torgane de la vue est inlenie parce qu’il fail parlie de ma serie ou 
de la s6rie d’aiitrui ; (3) lo rupa est grossier (pmnd il est suscep- 
tible de rt\sistaiico (i. 2!J 1)), subtil, lorsqu’il u’csl pas susceptible 
de resistance ; on bieii ces donx designations sont relatives et non 
pas absoliies. Dira-t-on (pie, dans celte soconde bypotliest*, le grossier 
et le subtil in*, sont pas etablis, |)Lii.sque lo ineine rupa est grossier ou 
subtil suivant rpj’on le compare a un nlpa plus subtil ou plus gros- 
sier? L’objection est vaine, car le.> Uirnuis de eomparaison ne varient 
pas : quand Un est grossier par rapport a un autre rupa, il n’esl 
pas subtil par rapport a ce meme autre : comme pen* et tils ; (4) le 
rupa inf^rieur est le riipa souille (klida)[ \^y a| ; le rfipa (jxcellent 
est le rupa non souille ; (o) le rn]tn passe on fuLur est eloigne ; le 

rupa present est proche !)<» ineine pour les aulres skandlias, 

avec cette <lifl‘erence : la connaissance grossiere esi celbi qui a pour 
point d*appui les cinq orgaiie.; ; la i.onnaissance subtile est la connais- 
sance inenlale ; on bien la cminaissance est grossiere on subtile 
suivant qn’elle appartient a un etage (hltunii) inlerieur on superieur. 

D’apres le Bbadanta ( I ) le rfipa grir^iiu* est celui ipii est perQU 
par les cinq organes ; tout autre rupfi t‘sl subtil; (2)'' inierieur * 
signifie ' dtiplaisunt ’ (amandpa), ‘ exc(?ll«‘iit ’ signilie ‘ plaisant ’ ; 
(3) le rupa eloigne est celui qui se Irouve dans un endroit invisible ; 
le rupa proclie est celui qui se trouve dans mi endroit visible : Tex- 

1. Aryarlcva. Satuka, mnnln* «jin? UiUiMitioii nuilmlit. la Ihosa tla 

r«.*xisleiu*c dll liiliir. 

2. Hiiian-t..saii<r tradiiit ; lii* lUuulaiita IMiarinaliTilij.. Mals la Vyakiiyn dit : 
Itliudanla, c*c.st-a-dir<; iiii Stiiavira SaiiliTiiilika, ou la Slliaviru Saijiruiilika do oo 
noin. liliag'iivudvist^Ma ponso ijiril s'agit. du Slliavira Dlianaalralu. A cola nous 
objeclons. Dhurnialr&ta osl, ]iartisaii do PoxistiMicii dti passe ot de ravenir, done 
SarvUstivadiii, el nous avans allniro iei a un Suulraiilika, e'esl-a-dire a im Dar- 
^tfintika. Car le Bliadanta Dharinulrriin a une Lli6orie Sarvustivudin exposeo 
plus loin (v. 25). Lo * Rliadanhi * est Ic )>liilosoplie ipic la V^ibliasa cite sous lo 
simple rioin de Bhadaiilu, nii pbilosifpho i[ui udbero au sysleine SautiTinlika 
(sautrdntikadar^anavulambin) ; iandis quo la Vibliusa nomine le Bhadaiita 
Dharmatrala par son noin. Done nous avons ici nn eoHuiii Slhuvira Bliiksu Sau- 
trfintika, diirdrenl de Dhanniitnlla. 

L’^diteur japonais ronvoio a Vibhlisil, 74, t), oil il est dil (pie Dboi'niatrafa 
n’admet pas que le dharmdyaiann soil vupn (Voir iv. 4 a-b). ^ 



Hhiati-lsangy i, Ibl. 14 b-15 b. 37 

plication des Vaibhasikas esl inmivaise, car lo rupa pa^sse, etc. a 
deja 6te designe par son iioin. — Do iiunnc pour la sensation ; ccllc- 
ci est lointaino on proche suivant (pieson point d’a|)piu est invisible 
oil visible ; die est grossiere on subtile suivant qu’dle est corporelle 
oil inentale (ii. 7). 

ii. dyatana signifie ‘ {)orte d'arrivee ou de naissanco (dyadvdra) 
de la penseo ct des nienlaux ’ (cilldcaitla, ii. 23). Etyinologicjiiement, 
on nornme dyatana ce qui etend (iauoanti) rarrivce (dyaj de la 
pensee et des nienlaux '. 

iii. dhdtii signilic gotra, race, lignee \ De rneine que rendroit, la 
montagne, on se trouvent bc>aucoup dc ‘ fninilles ’ de niiiu^raux, fcr, 
cuivre, argent, or, est dit ‘ a iiornbreiix dluitws \ de incnic dans le 
coinplexc buuiain (dsraya), dans la serie hunuiine (mmlana), sc 
irouvcnt dix-huil sorles de ‘ families ' qui soul nominees les dix-liuit 
dhdlm, 

Cc qu’on enlend (lar golra 1 15 b|, c'est done line mine (dkara) . 
do (juoi Torgane de l\v\\ (cakmrdhdhi) est-il la miiui? de quoi les 
aulres dhdlm sonl-ils la inine? 

Les dliMns soul la de leiir especi* \}Vi}\)\v (smfiyd 

I’aMl, elant la ^ cause seinblable a son effel ’ (sahhdgahchi, ii. 52) 
des moments poslerieurs de rexisience de Tieil, est la mine, le dhdlu 
de WvW. 

Mais alors les iiicondiliomirs, <|'ii sont rternels, no peuvent Ctre 
consideres romme dhdhi ? 

Nous dirons qifils sont la mine de la pensre ei des mentnux. 

D’apres mu' autre opinion, dhdla signilie ‘ espece ’ (jdti). La nature 
spocifique de dix-buit dliunnas distincts, c est ce qu’on entend par 
les dix-huit dhdlm, 

iv. Objections ^ - 1. Si skandha signifie ‘ amas ' (rd^U), les 

1. La Vibtiasa, 7a, 12, viiigt opiiiiou.s siir siiiis ilii l<*niic (iyntnna. 

La cl«'‘fniiiion clu Kojsu «\st n.'pnuliiilc iluiis Mailliyaiiiakavrlti, p. 552. 

2. Vqhlia,sa, 71. 7 , onze ^tyinologios. Nous avtms ici lu preiiiiorc. 

o. dhCbtn signifio ‘ inino ’ <laiis rexpression sw'arnafjotra^ xVsaiigii, Sali‘filai|i- 
L-Va, iii. 9 <;^l not«* (in Iradnrttnir. 

4. Lo Vaibhasika croil cpie skamVmSf b's atfatanas ol los dhfitm existent 



38 


CHAPITRE PREMIKR, 20 R-b. 


skandhas n’ont qu’une existence noininale (prajnaptmit), non pas 
une existence reelle (dravyamt), car raggloiner^, la collection 
cita) n’est pas une cliose : par cxeniple un tas de ble, par excmple 
le pudgala *. 

^ Non pas, repli({iie le Vail)haj?ika, car ratonie on inonade (para- 
mdnu) est skmidha. 

Dans cctte hypothese, coinme la nionade ne peat avoir la qiialite 
d’etre un aiiias, ne dites pas quo skandha signilie ^ amas 

2. D’apres une autre opinion (Vibha§a, 79. j'*), skandha signifie ‘ ce 
qui porte le fardeaii, a savoir son clTel ’ On bien skandha signilie 
^ partie, section ’ (prnccheda, avadhi) ' : ainsi qu’on dit dans le 
monde : « Si vous vous engagez a me retoiirner trois skandhas, je 
vous prfiterai » \ 

Ces deux explications ne sont pas coiiformes an Sutra Le Sutra, 
en effet, attribue a skandha le scjus d'anuts vX non pits un autre sens : 

« Quel que soit le rupa, passe, liilur on |)resent si on met enseiU' 

ble tout ce rupa » 

3. Le Vaibha.sika dit: Le Sritra enseigne «|ue tout rupa, le rupa 
passe, le rupa ruliir, (dc., est, imlividuellejiienl, rjoiume skandha 
( 16 a], — de inOme qu’il ensoigne (\\w. los clieveux, etc. sont elemeni- 
terre (ci-dessous, p. 4*9, n. 2) — ; doia* chaque element * reel ' (atomi- 
que) du rfipa passe, fulur, rdc., reroil le nom de skandha. Done les 


reelleinenl ; le SautiTiiitika lieril. less dhains pour skandhas el les tiyala- 

nas pour * noniiniiux * ; Vusuljaiuilui IumiI les skandhas pnnr ‘ noniiiiaux \ les 
fiyntanns el les dhiltus pnur r^els. 

1. Lu cinelriiie <lii pudfjala est disenlee dans un supj»l«uiu*.nl dii Kosa, Iraduii 
par M. de Slehcrhalskoi, Aeadeinie de JVIro^rad, ll^iiJO. 

2. Sonigliabhadra : * Celle, objeelion no vaid jms. Skandha ne siguifLe pas 

‘ uiiias nmis ‘ ee qui esl suseeplible d’etre, mis eii amas ’ 

3. De m^me que, dans le monde, skandha signilie epaiile, de me.mc le ndma- 
tiipa esl Iti double epsiiile qui porle le mdayatana (iii. 21). 

4. La pnrlie qui esl riipa, la parlie qui i‘st seu.salinu 

5. Paramniihu : « de vous relouriierai Irois skandhas « - 'ribiHain : dhnl bar 
hya hahi phun pa gsum dag tu dbul bar byaha =: deyuskandliafrayena 
ddtavyam (?) 

(>. nfsiitra, Maliilbtiusya, i. p. 12, Kieliioni, JHAS. 1008, p. .001. 



Hiuan^mng, i, fol 15 b-16 a. 39 

skandkas existent (rune existence reelle et non pas (I’line existence 
norninale. 

Cette interpretation est inadmissible, car le Sotra dit : « .... si on 
met ensemble tout ce rupa, on a ce qii’on appelle le rupaskandha ». 

4. Le Sautrantika : S’il en est ainsi, les dyalamis materiels, — 
organes el objets des cinq connaissances scnsibles, — n’ont qu’une 
existence norninale, car la (jualite d’etre ‘ porte de la iiaissance de la 
penst''e et des mentaux * n’apparticnt pas aux atonies pris un a tin, 
lesquels sonl seals reels, muis aux (‘ollections d’aloines qui consti- 
tuent Torgane de la vue, Tobjet visible, etc. 

Reponse. Cbacuu de ces atonies possede individuellcnienl la qua- 
il le (relre ' porte de la naissanee de la pensee d’filre cause de la 
connaissance (conqinrer i. 44 a-b iii). Si vous n’acceplez pas cette 
doctrine, vous rtduseroz a rorgane, considere dans sa lotalite, la 
(|njdile d’etre cause de la coiuiaissanc^e, car il ne produit pas la con- 
naissaiKM^ a lui seal et sans le coiicours de robjel. 

5. D’autre part, la Vibliasa(7i, n)s\?xpriiiie ainsi: « liorsque I’Abhi- 
dliaruiika ‘ li(*nt conipte du fait (pie le terme skamlha n’est ipie la 
deiioniinalion d’un anuis', il dit ipie raloine est une partie d’un dlidlu, 
d uii (hfatana, d'uii akandha ; lorsqu’il ne ti(ait pas com[)te de (.‘O 
lail, il dit que Tatome est un dlUiUi, uii dyatami, un akandha \ En 
eflel, on designe iiudaphoriqueiiient la partie par le lout ; par exem- 
pli? : « La robe e.st brCdee pour : « IJiie |»arlie de la robe est briik'e ». 

I’miiHpioi Hliagavat a-t-il doiirie cette triple description des dhar- 
maSy comme skandlnhs, tifiaianas et dlulhus ? | Hi bj 

1. L'AMiiUliarinikii ii».‘ sr (liMliiigiic pus (oiijuuiv? noUeinent du Vaibhflsika. — 
Voir I’lTdroduidioii. 

2. slcaitUhaprajunpUm npoh-:<ale. 

3. (^oiuparor IVakuraiiupfidu, cliupilre vi '^xxiii. 10, fol. 47) : Lp caksurdhatu 

ronipris dons un ilhalu, un nipitanu, un skfuidhn ; iJ ost coniiu (jneya) par 

scptyna/m.s (voir Kosa, vii)u r<>xrliisioii du pnrnciftajudna, du nirodhajndna^ 
du nmrfptjudnn ; W ost disrprni'> par im vijuthna ; il rxist*^ dans le KAniadhUtii et. 
dans Rapudliahi ; il ost alfccio par des auusapas a abaiidoniier par meditation 
(vgir Ko.sa. v.). 

DluiUiktilliapakaruna (P'l'S. bSlH) p. (> : cakkhudhaiu ekenn khar^dhena eken- 
dynianena ekdya dhdtuyd aaipyuhitd. 



40 


CHAPFTKfi PREMIEn, 20 C-22 f). 


20 c-d, Enseif^aernciit des skandha^, etc., parce quo Terrcur, la 
faculte, le gout sont triples *. 

1. L’erreur ou aberration (moha, sammoha) est triple ; les pre- 
miers se troiiipent en consideraiit les jditMionienes riientaux (cailla) 
conime constituant ensemble iin inoi (dfman) ; les deuxierncs s’abu- 
sent pareillemeni sur les elements nuiteriels (rupa) ; les troisiemes 
s’abiisent pareillenient sur les elements menlaux et nuiteriels. 

2. r^es facultes morales (ii. 3 c-d), la. fucnlte de connaissance specu- 

lative (p^^njnendriya, ii. 24 d), sont de Irois categories, aiguiis, 
moyennes, emoussees. - 

3. Le gout (ruciy adhimok^n) est Irijde: les premiers s’appliquent 
a ce tjui est dit soimnairemeiil ; les deiixiemes a ce (|ui est dit norina- 
lement ; les troisiemes a ce qui est dit lout au luig (visilrna). 

L'enseignement des ukandhaH s’adn‘sse a la [>r(Miiiere calegoriii 
d’audileurs, a ceux (|ui se trompent sur les plienomeiies menlaux, (|ui 
out des facultes aigues, qui aimenl ViMiseiguement bref ; rens(dgne- 
menldes a/yai«u«.s's'a(lre8se a la deuxieme calegorie ; renseignenieiil 
des dlidliw s’udresse a la troisieine categoric \ 

La sensation (vedand) et la notion (samjndj constituent diacime 
un skandha a part : tons les autres dharmas menlaux (ii. 24) sont 
places dans le mmskdraskandha (i. lo). l V)urquoi V 

21 . Parce qu’ils sont lt\s causes des raoines de dis|)nif*, parco qu'ils 
sont les causes de la transmigration, et aussi en raison des causes 
qui jusliiient Tonlre des i^kaadkas (i. 22, b), dtaix meiitaux, la 

1 . moU e u (I nyariicifra id luit ska a dh ad i Iratjaflesau a / i 

D’apres VihliBsH, 71, 1. 

2. Knscjgnenieiit <lc.s skaiulhas aiix Iiohuimns tic larelie (prajHendriya) aiguC. 
bixeinple : yad hhikso ua (ram sa tc dharmah pralmtaryah j djudtam hhaffa^ 
van I katham asya !)hikso sarnksiideiioklartham djiindsi / rnpam bhadanta 
ndhum sa me dharmah yraiialavyah / 

Aiix Iruis clns.se.s de lac.ultt^s coiTe.s[M>iMloiil los Irois stu’les irauHiteurs Uf^ha- 
tikijna, avipnneitajha, pada^nparama (Piiggula|Mirnialli, p. 41 ; Satra.laTnkara, 
Iratl. p. 14.5). 



Hman-hang, i, FoL 16 h-il a. 41 

seiiiialion el la notion, soul definis coiiiiiic dos skandhiis distinols 


1. II y a deux raciiies de dispute (vivCida) “ : rattachenient (adhya- 
iHisdya, abhisvanga) aux plaisirs, raltachornent aux opinions 

La sensation et la notion sont, n^spectiverncnt, clause priucipale de 
ces deux raciues. En elTet, si on s’attacho aux plaisii-s, c’est parce 
qu’on savoure (dsvCida) la sensation ; si on s’altacho aux o])inions, 
c’ost en raison de notions erronees on fausses (viparitammjntl, 
V. !)) [17 a|. 

2. La sensation el la notion sont les luiuses dc la transmigration : 
relia-la Iransinigre (|ui est avide (gnldha) do la sensation et dont 
los notions sont <*rronees. 

Les raisons cpii jusliiienl I’ordre d(‘s ^skandlicis seronl cxpliquees 
ei-dessous (i. 22 l»-d). 

l^)urquoi les ineoiulilionnes (tmimskria), qui lout partie du dhar* 
miyatann et du dli(irm(i(lli(itu (i. In d), no font-ils pas partie des 
,shindli(i*s ? 

22 a-b. L*itie(Miditi(Mun’' n’est pas noinnie a propos des i^kniidhaSy 
parei' qu’il ne eorn .spomi pas an n>iie(*pl *. 

1. IVincomlilionne ne pent etre place dans anmn des cinq tvfcaii- 

(///U.V, car il n'e^t ni inalienN ni sensation 

2. On IK* jHiut pas faire de rineonditionne un sixiome tikandha : il 

ne correspond pas an conce|»t de .^kandhti, puisque signilie 

^ ainas ^ siisc(‘pti!)le d'fijtre mis ensemble On ne pent dire de 
rineonditionne ce ([in? lo Sutra dit de la nuitiere (riipa) : « Si on met 

ensiMuble tout eet inconditionne, eelni cpii (*st piusse on a ce 

qu’on appelle Y amiih^krlaskandha », cai- les distinctions de passe, 
etc. n’existenl pas en ce qui regarde rinconditiomie. 

1. vh:!(^lttiHuiasnmiiara\ kdrafuit] krnnmhdm\mi / 

^ [caiUQbhyo vvdn ndsiimjne prfhnk sknndlmn vifarasthile] jj 

niiuniiaskaiullia, 0, lo ; Vihliasn, 74*, li. 

Hi^ vivadamulas dans Dl^^^ha, iii. ^4-0, 

3 . [skandhe^v asaniskrtam noktam] artlidtjoyal 

Vibtiilsa, 74, 10 , 



42 


CHAPITRE PREMIER, 22 a-23 a. 


3. En outre, par rexprcssion upaddnasUafidhas (i. 8 a) est 
designe rensemWe do cr‘ (jiii est cause de .souillure (samklem) ; par 
Texpression skandlias est desigiie rejisemblc de ce (jui est cause de 
souillure (conditionnes iiiipiirs) ot cause de purification (oyavaddna) 
(conditionnes purs : le Cheinin). Done rincoudilionue, qui ii’est ni 
cause de souillure, ni cause de purification [17 b], ne pout elre rang6 
ni parnmi les iq)dddnnskandha^, ni parmi les .skandhas, 

4. D’apres une opinion, de iniinie (|no la fin (uparama) d’line 
cruche n’est pas une cruebe, de nieine rincondilionne, qui est la fin 

ou cessation des skandhds, n’est pas akandha (Vi[)hrisa, 74, a?) 

Mais, a raisonner ainsi, rinconditioiine ne sera ni dyatana^ ni dhdtu. 

Nous avoiis diMini les skandhas. 11 faut exjdicpier Tordre dans 
Icquel les skandhm sont enuineres. 

22 b-d. L’ordre d<\s .skandhas esl juslifie par la grossierelc, la 
souillure, lo caractere de pot, etc., el aussi an point de vue des 
spheres d’existence 

1. Le rupa ou nialiere, etant siisceptible d<» resistance (i. 21) b), 
est le plus grossicT des skandhas. I’arini le.s skandhas iininateriels 
(arupin) la sensation est le jdns glossier, en raison de la grossierote. 
de son fonclionneinent : en effet, on localise la sensation dans la 
main, dans le pied, etc?. J^a notion (samjnd) est plus grossiere que? 
les deux dernien’s skandhas. J.e saniskdraskandha (\st plus grossicn* 
quo le skandha de coiniaissancc\ — Les skandhas sont done rangers 
dans Tordre de leur gn»ssierelc^ decroissanh^. 

2. Au c'oiirs de rcHernelle transmigration, riioinme et la femme 
sont reciproqueanent tqn'is de leiir corps (rupa), parc'e qu’ils soul 
attache's au plaisir de lasensalion (mdand). Cet atlaclicanent procede 
de notions erronc>es (samjndviparydsa), lesquell<‘s sont dues aux 
passions (AlesO;) qui sont des samskaras. [IS a| Et e ’est la pens(!‘e 
(citta, vijndnaj cpii est souillee par les passions. ~ Les skandhas 
sont done rangers d'apres le processus de la sonillun? (samklef^a). 

1. kramahpttnah / ynthaudarikasumkMahhajanadyurllmdhUtutah fl , 

D’apres Vithasa, 74, ii, ^ 



Hiuan4sangf i, fol. 17 a- 18 b. 


43 


3. La matiere est Ic pot, la sensation est ralinient, la notion esl le 
condiment, les saniskCiras sont le cnisinier, la connaissance ou pen- 

est le mangeur. — Nous avons ici une troisierne raison de Tordre 
dcs fikandhds. 

4. Enfin, a considerer les skandhas d’line part, les dhdtus ou 
spheres d’existencc (ii. 14) de Tautre, on voit qiie h; Kamadhatu est 
caracterise, specific (prabhdmta, prakarsita) par la matiere, a savoir 
par les cinq objets de joiiissance sensible (kCimaguna, Dharmaskan- 
dhii, 5, 10 , Vibhasri, 73, 2, comp. Kalhavattlm, viii. 3). Le ROjvidhatu, 
c’est-a-dire les qiuilre dhydnas, est caracterise par la sensation 
(organes de plaisir, de satisfaction, d’indifference, viii. 12). Les 
Irois premiers cUages de rArnpyadhritu sont caraclerises par la 
notion : notion de Tespaco infini, etc. (viii. 4). Le quatrienie etage de 
rAiTipyadlifllu, on soininet de Texislence (bhamgra), est caracterise 
par la volition (celaudjy lo samskdra par excellence, qni y cr6c une 
exist(Mice de (jnalre-vingt inillo ages cosniicines (iii. 81 c). Enfin, ces 
divers elages sont les ‘ domenres de la connaissance ou de la pensee ’ 
(mjhdnastliiliy iii. 0) : c’ost dans ces lieux quo st'ijourne la pensee. — 
L(\s qnatnj |)remiers skahdlias coiislilnent le chump ; le cinipiieme 
corrslitno la seiiUMice. 

II y a done cinq skandhas, iii plus, ni inoins. On voil comment les 
raisons tpii jnslilient Tonln^ d(^s skandhas jnslifient anssi la doctrine 
qni fail di? la sensalitm ot de la notion des skandhas a part: elles 
s<>nl pins grossieres (pa? les anties s(iinsk(irns ; elles sont les causes 
dll |)rocessns de la sonillnre ; dies sont ralinient et lo condiment ; 
elles regmait sur <lenx spheres d’existence. 

II fanl muintenanl expliquer Tordre dans leqnel sont enumeres les 
six ayatanas on dhdliis qne sont les six organes de connaissance, 
organe de la vne. etc. ; ordre vn fonction duquel sont ranges les 
doniaines ou objets (visatja) et les connaissances qni correspondent 
a ces organixs (rupadhdta, calcsiirvijudnadhatii .) [18 b], 

23 a. Les cinq promiors sont los premiers parce que leur objet 
eslTactuel ’. 

• • 

1 . pnnefiQryd vnrtamdnarthydt 



44 


CflAPITRE PREMIER, 23 a-24. 


Cinq, a conirncjiicer par I’organe de la vuo, sont nornmes les pre- 
miers, parce qn’ils ne porlout que siir des objets presents, simiiltanes. 
An contraire, rnbjot do Torgane mental (nmnasj pent etre(l) simul- 
tain'j a cet organo, (2) aiitorioiir on passe, (3) posterieur on fiitur, 
(4) tritemporel, e'est-a-dire simultaiitS antfM-ieiir et posterieur, (5) hoi-s 
dll temps. 

S3 1). Les <|!iM.tre prcjuiers sont les premiers parec que leur objet 
est seulenient la matiere derivee on secondaire 

Les organes ile la vue, de Toine, de Todorat ct du goiit irattcignent 
pas les grands elements (i. 12), mais seulerncnt la matiere qni derive 
des grands elenuMits (bluinUka, vpadCiyarupa, ii. 50 a, 

L’objet dll tact (kayrudriya) n’est pas constant (i. 35 a-b, 10 d) : 
tantot les grands elements, tantot la matiere derivee^, tantot les ims 
et railin' a la fois. 

23 c. Ces quatn* sont ranges d'apres la porteo el la rapidile de 
lenr activile \ 

Leur aclivile i‘st a distance, a pins gnyide distance, pins rapide. 

L'organe de la vne el rorgam‘ de roniV portent snr nn objet 
(doigne (i. 13 c-d). lls ^ont done iionimes les premiers. 

L’organe de la vne portc' plus loin ipie rorgane de rouYe : ear on 
voit nn Ib'nvt* ilonl on irenteiid pas le brnil. I/organe de la vne est 
done nomine avant rorgane de ron’ie. 

JNi rodorat iii le gout ne connais/.ent a distance. Mais I'activite de 
rodorat osl pins rajiide ipie celle dii gout. L’odoral pen;oit rodenr de 
raliment avant que le goi'it eii perceive la savenr [19 a]. 

23 d. On bien les organes sont ranges d’apres lenr siege *. 

Le point d*appni on siege de rorgane de la vne, e’est-a-dire I’aiil, 
est le plus liant : en dessoiis, le siege de rorgane de roiiYc ; on des- 
sous, le siege de rorgane. de rodorat ; en dessous, le siege de I’organe 


1 . hhautikdrlhiffic catn.^lnijnm / 

2 . clu rasutara vrttifd nye 

3 . aiha vd [yattiasruyainl kramah jf 



lUuan-tsang, i, foL 18 h49 b. 


45 


(lu goiit Quant au siege do rorgane dii tael, e’est-a-dire le corps 
(kdya), il est. dans son eiiseinble, plus l)as (jue la langiie. Pour 
rorgane mental il n’esl pas materiel (i. 44 a-h). 

Parini les dix dyalanufi coiiipris dans le ruimskandha, \m seal 
rei^oit le noin de ruim-dijitUuui, Bien ipie tons les djiaUinaa soienl 
des dharmaSy iin sent esl nonmie dharma-uijidann. Poimpioi ? 

24 . En viie de le dislinguer des anlres, en raison de son exeelle3c*e, 
un soul ayalana est nomine rnpa-dfiiiUi'da. En viie de le dislinguer 
des aiilres, paire qinl compreml l)eaiHa)np vi le meilleur 

dharmiiy un soul dyatana est nomine dlfartuff-dyalaua 

Les dix CiyalaiuiH materiels (i. 14 a-l)) sonl eliacim a j)arl, dya- 
tana: cinq etanl sujol, rlnq etant objel de cerlaines connaissauces. 
lls ne soal pas, dans l(‘ur ensenibb% un seul dyalanUy line seule 
source de la conmiissance, qii’oii nomnierail rnpaHiyafaua. Neiif so 
Irouvent individualises par des noms speciaiix : cfduSfU'dyatanay 
irolrdyalanay mbildycdaua .... \4\'iyalana qni ne porl.i‘ aucim de 
ces neui* noms, (d (|ui e?d; maliere, rnpfiy se Iroiive suriisanmient 
designe par rexpn^ssion rdpci-dyahiuay sans qii’il soil btrsoin de Ini 
donner un autre noin [ 111 b|. 

Mais les iieiif autivs dyafaHas sont aus«ii, id dyrdunay et rfipn : 
poLirquoi le nom de nlpa-dyatana esi-il donne de prererenre a Vobjet 
de rorgane dt? la viie ? 

ICn raison de son excellence. 11 est rfipriy eii (‘IVet, 1" en raison 
dll hddhanalakmxiariipam^^ : en taut qiu* snsci‘|)lible di* resistanci? ; 
il est ‘ dideriore ’ par le conlatd de la main, etc. ; en raison dii 
desamdarAanarwpana (i. 13, p. 25): on pent Tiiuliquer coinme tdant 
ici, eoinnie etant la ; en raison deViisage commim : c.iMpron entend 
dans le inonde par rupa, c’ost le ‘ visible couleiir et lignre. 

1. vi^esandrtham jiradltdriijad hnhvnnradltnrmaiinmfjrnhdt / 
rupdyatanani evaikam eknm ea dharmammjuakfim // 

La Vibhasa, 73, J1> oiuiniriv oiiziM’aisuiis tjiii justilirni Irs ll•rllles riipdijaliina, 
dharmayatmia. ^ 



46 


CHAPITOfi PREMIEK, 24 - 27 . 


Le dharmdyatana (i, 15 b*d) se troiive suffisamrnont distingue 
des autres dyatamis par le noni de dliannayatana, Meine explica- 
tion qiie plus haiit 11 conipniiid de nornhreiix dharmaSy seusation. 
notion, etc. ; il coiiipreud le ineitleur dharma, c'est-a-ilire le Nirvana. 
Cest pourquoi le nom general, dharmdycitana, Ini esl altribue par 
excellence. 

D’apr6s une autre o|)inioii h? ‘ visible ’ est iionune rwyya/yffYaaa 
palce qu il coinprend vingt varitHes (bleu, etc.), parco qu'il ost le 
domaine des trois sorles d'ceil, ajil de chair, ceil divin, ceil de rentcai- 
dement (mdMSW\ divya^, jmijndcuksm, ItiviiUaka, (it). 

Lcs Sutras noinmenl craulres skniidhas, d’autres dyalaufis, craii- 
tres dhdtm. Ceiix-ci reiitrent-ils dans les skaudhas, dyaUinas vX 
dhdiiis ci-dessus decrils ? [20 a ] 

26. Les quatre-vingl mille dhctrmaskamlhas cpTa |)ronmlgues le 
Muni, suivant qu’on les regarde comme ^ voix ’ on coinine ‘ nom ", 
rentrent dans le rupaskandlia on dans le samskdraskaudlia \ 

Pour les philosophes cpti disenl : « La |)arol(^ du Honddlia cisl, de 
sa nature, voix (vdc) », ces .skaudhas* rcMitrcMit dans le rupaskan- 
dha; pour ceux qiii considercMit la parole; du lloiiddha c.oinine ' noin ’ 
(ndman)y ces skerndhas rcailrenl dans le sams^kdmskandha (ii. ‘iO. 
47 a-b). 

Quelle est la dimension crun dhcrrmaskltandhft ? 

1. C*est I'opinion do Dlmrin.atrrihi (Nanjio 1287), i. 17. 

2 . dharmaskandhuiialiasmny asiiir yCtny aimdan munih j 
tdni vdg ndtna vd tesdm rupasumskdrtisamyrahah // 

(1) . D*apn>s li*s Saiitruntikas. la paredo du l^jiiddiia (biuldliaracana) ost vdtp 
vijiiapti (iv. 3 d) ; d’jipros uno aiilio ocedo (mlcdydnUirlya) olio ost ndman. Puiir 
les Abhidlifirniikus, idle est, cn moiiio temps, vdc id, ndinan. La Vyakliyu idle, 
sur ce point, le JfliiiuiprasthaTia 12, 15 (Cosmologio hourldliiqiio, [>. vii, note). 

(2) . Dans un autre oanun, le SCilra dit rpCil y a quatro-viiigi-ipiatre mille dhar- 
maskandhas, Le Sfitra fait dire a Aiiuiidu : J'ai a])pris de Bhagavat plus de 
quatre*vingt mille dharniaskandhns : sdtirekdni me *Hltir dharmaskandhasa- 
hasr&ni bhagavato *nUkdt sammtikham ndgrhUdni (Voir Biirnouf, Introduc- 
tion, p. tkt ; SumaAgalavilasiiiT i. p. 21 ; TheragatliQ 1024, Prajfillp&raiinta dans 
i*Akutobh^ya de N&garjuna, i. 8, Avadanasataka, ii. 155.). 



tTiuan4sang, i fol. 19 b-20 b. 47 

26 a. D’apres les mis, mi dliarniaskandha csl do la dimension dii 
Traile *. 

(Vesl-ii-dire, de la dimension dii Traile trAhhidhnrma connu sous 
le iiom de Dluirinnskandha, biquel est de six iiiillo stances 

26 1). Les exposes des Kkaudhas, ele., eonslituei»l antant de dhar^ 
niafikandliaa \ 

D’apres um* autre opinion, les exposes (kallidy dkliydna) 
Hhiudlms, des injidands, des dhCtfns, du 

Verites, des aliments, iles dhjidum 120 b|. des a}mimdnafi, des 
nrnpyua, di‘s cimokmfi, d<‘s cddiihhrdfpdLntm, des krtmCiyatmia.^, 
des bodhipalmkas, des ahinjndfi, des pmfis<nnvid, dii pratiidhi- 
pinna, de Vamnn, etc., sonl ehaenn a part, antant de dharma- 
skaudlnih', 

26 e-d. En fait, eliai|ne dJiannaskandhn a ete preelie pour guerir 
line eertaine calegorie di^ tideles ^ 

Les eln*s, sous le rii|)porl de la tiiailiese (ii. 20), sonl an nonibre 
d<* quatre-vingt inille: les iins sonl dtJiniues par rad’eetion, crautres 
|)ar la bairn*, d'aulres par ri'i reur, d’aulres par rorgueil, ete. (lobha- 
cnrila, ole.). Qiialre-vingl mille dlHn'maskaudkas out ete preehes 
[»ar Bliagavat pour les guerir. 

De meine quo les (lliarmaskaiulhas rentriMit dans le rupafikan- 
dha on dans le scupskaniskan^^ 

27. De menu*, les autres sknvdhas^ dynUinas et dliCitm doivent 
elre ranges convi*nablemenl dans les uyatanas et dhdhis 

1. .<dstrnpramana ity vke 

VildiHsil, 74, 10 : Le DlianiiaskiiiKlIiasaslm esl tie six inille (jdthds, 

Voii* ruiialysede Takuluisti, JPTS. 1005, |>. 112. 

2. Les qiialre-vingt inille dhnrmaskaudhas niit peri ; un seiil dharmaskan- 
dha a (Me conserve (Vyakliya). 

‘t. skandhddlndnt kfithaikasnh jf 

C'esl rexpliciitinn de Biiddlmgliosu, Suniaiigala, i. 24. 

5. caritapraiipakms tii dhurmaskandUo *uuvarniiah // 



48 GIIAPITRE PREMIER, 27-28 b. 

tels qiie decrits r,i-dessus, m tenant bien eoniplo dii cnractero <iiii hur 
a ete attribiie 

Les aiitius skaiidha^ difntana.^ et ilhntus dont it est ([uostion 
dans d’aiitros Sntras doivt»iii Hw rangi\s dans les cinq y.kandha <, 
donze dyalanas et dix-linil dltdlm, en tenant bien cornpte du carao 
tere prnpre rpii ItMir a etc alirilmr dans e.et onvrage. 

On a cin(| ^^kandlmsi purs, sda (iv. lil), mmadhi (vi. (58), prajtid 
(ii;^25), p//nw/i7/ (vi. 7(5 e) vhuiiklijMiiadariiana : le |»reinier fait 
parlie dii rnimskandha [21 a|, les aulres <lu mmskanjskan<1ha 
(Samyntta, i. DD, Dlgha, iii. 27‘.b Dbnrmasiungialia, 215). ^ 

Les hiiit premiers krtswlijfdaiififi (viii. ‘{o). etanl de lenr nalure 
absence de desir (fdohha), font parlie dn dlfftniKUiatana. Si on les 
considere avee lenr escorte, ils sont de leiir nature cint| ykandhas^ 
et ils sont incliis dans le mdiiadyaluna el le dliarmdfjfdnmL 

II en va de memo des (ihhibhcdjpdnnas (viii. o4). 

Les deux derniers krtsHnyrdniiati et les qnatre arHipidyntfinas 
(viii. 2 c) sont, de lenr nature, ([uatn^ skatidhas, a rexclnsion du 
rfipa. Tls sont coin[>ris dans le manaatjafana el \v dharinntjntana. 

Les cinq ' portes d'arrivee de la delivrance ' (iHmiikfffrijjidanu) 
sont, de lenr nature, coniuiissanee spr^ailative ; elles soid 

done comprises dans le dlutnnrlydlaya. Si on eonsiilen* lenr escorte, 
elles sont compri.s(\s dans b* ,s(d}ddfjfttrnt(f, le mauaujifdana (d. le 
dharuhdyakiua. 

Restent deux aulres flynlanas ' : 1. les Asainifiisattvas (ii. 41 
b-d), coinpris dans dix dyalanasy en exciqilant b‘s oibairs et les 

1 . \tnt1idnye *pi yafhdyo(jamsl'au(nidifnt€iiinflhdfavnh \ / 
praiijmilyd yalhokfem snirimrsifa srdlnksantnn // 

2. Lji Vyukliyfi cilo im Sutra, rcroiisioii ([tiriqiK* poii <li'*vdopjM*<' dt^ l)Ty;lia. 
iii. 241 et Aiigiitlarii, iii. 21. 

xnmuktydyatana vimnkter ayadvdram. 

R. rfipinnh muti sailed asnmjnino ^pmlistnpjuinah ind yathd devd 
asamjmsattvdh I idam pmlhnumm dyatannm j arupinnh santi sntlvdh 
sa rva^a dklrkicanydyn tanam sa matikm mya na i msmpj tld ndsa mj ndya fa- 
nam upasnmpadya viharanfi / tndyuthd deed nmvasnmjndxiflsanijMy 
ianopagdh j idam dviiiyam nyatanum / 



w 

JHuan-isang, i, foi 20 b-2l b. id 

saveurs ; 2. les Naiva.sanijnanasainjftayatanopaga.s, conipris dans 
le manadyatana et le dharmdyatana. 

De inenie les soixante-deux dhdtm enumeres dans le Bahudha- 
tuka doivent etre ranges dans les dix-huit dhdtm en tenant compte 
de leur nature 

Parini les six dhdtm on i4ihnents dont parle le Sotra element 
lerre, element eau, element fen, lUeinent vent, tdemcnt esp'ace (dlcd^ 
&adhdiu)y element eonnaissance (vijhdnadhdlii), les deux derniers 
iront pas f^te dedinis. Devons-nous entendre ((ue Teltanenl espace est 
1^ m6me chose qnc Tespace (dkdAa), lo premier des incoiulitionnes 
(i. 5 c)? Toiitc connaissance (vijhdnay i. IG) est-elle relement con- 
naissance ? [21 b j. 

28 a-b. La cavile on vide, c’est ce qu’on nomme relement espace ; 
c’esl, dit-on, Inmiere et obsciirite \ 

La oavite ou vide de la porte, de la fenfitre, etc., c’est I’element 
espace (dkdmdhdtu) cxtcrnc (bdhya) ; la cavite de la boiiche, du 
nez, etc., c’est relement espace interne (ddhydimika) ^ 

D’apres I’Ecole (kila), le vidii on tdeinont espace est Inmiere et 


1. Ils s’upposont mix soixantiMleiix drstis (Vihhas^a, 71, 6 ). — Le Buhudhatuka 
(Madbyninu, 48, 10, l)iiarma.skai]dha, ebupitre xx) est elroitenient uppureiite a 
Majjbiina, iii. til (41 (Uidtus), Comparer Asangu, Snlralanikura, iii. 2. 

2. fl s’ayit dll Sfitra ipii expliqiie les f'diaiienis roiistitiitifs de la persutme 

biiiimine : r a//am 6/n'itsopumsa^. Vasnbaiidliu le cite (i. Jla) sous le 

ftoin de (iurbbrivakraiilisntru (Vinayusainyuktakavaslu, § 11, Naiijio 1121 ; Ral- 
nakota, rbap. 14, Nanjio, 23. 15). Dans Majjiiiinn, ve Srdra s’appelle Dbfituvibhnii- 
gasiiita (iii. 2311) ; il eonslitue line des soiiives dii Pilapntrasaiiiilgaiiia dont nous 
avoiis des extrails dans Siksfisamuecaya, p. 244, Bodliicary&vatilra, ix. 88, Mu- 
dhyaiimkilvalfira, p. 2ti9. 

Voir p. 23, 1 ). 1, }). (VI, 11 . 1 el Prakaranapfida rile note ad ii. 2JJ c-d. 

Siir les six dhatus, Aiigidtara i. 17ti, Vibhunga, pp. 82-85, Abhidbunimlifdaya, 
viii, 7. 

3. {chidram dka^adhai\sakliyam\ alokatnmasi kila / 

4. Dbarmaskaiidba, cliapitre XX, Vibha^, 75, 8. -- Mr^me d^dlnitioii dans 

Vibbufiga, p. 84 : katamd ajjhattika dkdsadhdtti^? yntft ajjhattani paccattam 
djcdso akdsagatam a(fham ayhagataw vivaro vivaragatam ... kannacchid- 
dant nasacchiddam.... ^ 


4 



50 


I . . ■ 

ciiAritiuE PREMIER, 28 a-29 c. 


obscurite — c’est-a-diro uiie certaino ralogorie do cowXmv (varna), 
de maliore (rfipci) (i. 9 b), car cc qirou pen;oil dans um cavile, c’est 
de la Inrnitire on do robsciirilc. KUmt, do sa nature, lurnicre on cdiscu- 
rite, le vide sera jonret nuit 

Le vide est noinnie aghaschimfitaka rupa ( Vil)hrisa., 75, a), 

Agha, dil-nn, s’expliqiH? elyinologintienieiiL alyarthmu Imnanuf : 

* parce qu’extreinenient capable de beiirler cL d’etn* heiirte ’ \ II laiit 
done entendre jiar agha la inatiere agglomcree, solide (mmcMa 
rupa). Le vide est inn? inatiere voisiin? (mmriulaka) d(? lV/Y//^r/. 

IVapres nne auirc opinion, iriipres nons. agha signilie ‘ exempt de 
heiirt (a~gha) \ Le vide est agha pan e ipi'iine aulre niiitien? ne s’y 
heurte pas ; il est en meine temps voisin d'nne autre inatiere ; ii est 
done agha et mmankika. 

28 c-d. L\4ement connaissance, eest la connaissance impure 
[22 a], parce que celle-ci est le soiilien de la naissance 

La connaissance inquire (marava). e’est-a-dire la [lensee qui in? 
fait pas parlie dii (Jlliemin. 

Les six dluihis soiit donnes dans le Sntra (p. 49, n. 2) coinme 
soutien, comine raison d’iHre de la naissain*e, e’est-a-dire de la 

* pensee a la conception ’ (pralmimdh IcMUi), et de touti? ri^xistence 
jusipi’a la * pensee a la mort ’ (maranacMfa). 


1. Fo\i-koiuuig (Ko-ki, 17) : *< On ilil (|in^ VdktUaaitatiivsl luinitTo «.‘t olisrnriir 
pour inoiilm' qiCil rst uno sorle ilo oonlfuir (imirnn) rl iinr fliostj ivr.llo. I /auteur 
ne eroit pus cpifi Vdkdsadhdhi .soil uno eliose. reelle, e’osl ponrrjiiui ii ajoiile lo 
mol kiln v. Pour Vusnhamlliu el les 8unti*«antikas^ Vukdsadhdtu osl .seiiloiiient 
rubsoiiea d’nii corps nVsislunt (mprati(i1utdra\\^dhin\vnmdira). V'oirii. 55 c.-il. 

Vililmsil, 75, (Jnolle diflYu-eneo enlro Vdkd,sa et Vdkd^adhdtu ? - - Le pre- 
mier est iiniiiult ■riel (ampin), invisiide (nnidarsana), non resistant (apraiiglui), 
pur (andsmva), iiieonditionne (amm^krla) ; le second esl nmteriol 

2. L’edition de lu Vyrildiyil lit dffhn : dfiham kila cUnsthaM rUpam Hi cita- 
stham samghdtaslliam / atijnrtham lianii hanpate eefp dghavi / .... alyar- 
ihaHabdiOtya dkdrdtlesah krio hanteA ca rfhadesah. Muis le MS. Bnrnouf lit 
agham .... akdradesah ; on u, ud iii. 72. agha ^ cUastharupn : MuliuvynlpatLi, 
245, 102. 

a. [vijndnadhdtnr vijhdnain sdsravam]janmunisrayuh / 



Hiuan-tsangy i, ful. 21 b-ii, fol. 1 


fil 


Les (lharmas purs (mnUrava) sont opposes a la naissance, a 
rexistence. Done les cinq connaissances sensibles, qui sont tonjoiirs 
iinpures, ct la connaissance inentale qiuiiirl elle est impure, voila 
releinent connaissance (Vibha^a, 75, ii). 

De ces six dhatus^ les qnatre premiers sont compris dans le tangi- 
ble (sjyradavifadhdtii), le cin<|uieme est compris dans le visible 
(rupadhalti), le sixieme dans les sept dlidtm enurneres i. 16 c. 

[ii 1 a] Parnii les dix-huil dlidtm^ combien sont visibles, ‘ suscep- 
tibles d’etre montres du doigt ’ (mnidarmna) ? 

29 a-b. Est visible le seul rfipadhdhi 

On pent indiquer sa place, ici, la. lies autres dhdtm soul invisibles. 

Combien de dlidttis sont susceptibles de contre-heurt(^6‘apra//V/fea^P 
Combien sont insusceidibles de eontre-heurt (apratigha) ? 

29 b-c. Sont sus'ce})tibles de conlre-heurt les dix dhdtiis qui sont 
exclusivement inateriels \ 

liCS dix dhdtus qui sont compris dans le rupaskandha sont sus- 
ceptibles de contre-heurt ‘ [1 bj. 

1. f^e pratiyhdla, on ahhighfita, beurt, collision, est de Irois 
sortes : dvaranapratighdta, vLsayapratighdta, dlambanapraiighd- 
ta ( Vibhasa, 76, a). 

a. dvaranapratighdla, le eontre-heurt en raison de la resistance, 
la qualite qui apparlient a un corps d<» faire obstacle a la naissance 
d’un autre corps dans le lieu oii lui-imane se Iroiive, rimpenelrabilite. 
Lorsque la main lieuiie la main ou la pierre, lorsque la pierre lieurte 
la pierre ou la main, elle est contre-heurtee, elle est repoiissee (pra~ 
Uhanyate). 

b. vimyapratiglidta, le beurt de Torgane (msayiti) avec ce qui 

1. sanidar&ana eko *tra rUpam. 

2. mpratigha da^a / mpinah. — Voir ri-dessiis p. 24 ol. siiiv. 

^ 3. Le dharntadhdUi esi hors de cause : il compreiid Vavijnapti qui est niat<i- 
rielle et non susceptible de beurt. 



5 ^ 


CUAPitRE PREMIER, 29 b*C. 


est son doniaine d’action (cimya). D'iipres la Prajnapli * : « II y a nil 
ceil, un organc de la vue, iini ost contre-lieiirto, impression ne, par 
Teau et non par le sec, a savoir r<xiil dcs poissons ; il y a un oeil qui 
est contre-hciirlc par h; sec et non par Tean, a savoir Tmil des hoin- 
mes en general (a rexcdiision dts peclionrs) ; il y a un ceil qiii est 
contre-heurte par Teaii ot par 1(* sec. a savoir Tmil dii crocodile, dii 
crabe, de la grenonille, des pecheurs ; il y a un mil (pii n’est contre- 
heurte ni par Teau ni par le sec, a savoir Tmil qiii n’est pas des cate- 
gories precedenlos (par ex(Mnple, Wml des elres qui perissent dans la 
inatrice). 11 y a uii ceil qui esl coutre-lieurte par la unit, a savoir Tceil 
de la chauve-souris, d(» la clioiielte, etc. ; il y a un ceil qui est contre- 
heurte par le jour, a savoir r<eil de riiouune eii general (a rexcliision 
des voleurs, (dc.); il y a nti aMl -cpii esl contre-heurte par la unit et 
par le jour, a savoir Tceil du chion, du chacal, du cheval, du leopard, 
du chat, etc. ; il y a un mil qui n’est contre-heurte ni par la nuil, ni 
par le jour, a savoir rmil qui n’esl pas des categories precedentes » ^ 

c. dlamhana(prali(jhCita [2 a|, h* heurt de la pensee et des men- 
taiix (cilta, cciitUi) avec letir obj(d (svCilamhana) (ii. (52 c). 

Quelle dilKrence enlre le doniaine, vimya, id Tobjet, dlambana ? 

Par visaya, on entend le Yiini on rorgane exen’e son activite, vue, 
audition, etc. ; par dlamhana^ ce qui est saisi par la pcaisee id les 
ineiitaux. Done, tandis que la piMisee ot les meutanx out vimya et 
dlambana, Tanl, roreille, etc. n’ont (pie vimya. 

Pourquoi appeler ‘ conlre-heurt ’ (pyaUylidta) la * pro-cession * 
(pravrlli) on activite (kdritra) de rorgane on de la penseni a IV'gard 
du visaya on de Vdlambaua P 

Parce qiui Torgane ne procedi? pas. n’est pas aclif, au dela du 
vimya : done il est contre-luMirte par 1(' vimya [car on dit dans 
Tusage coinmun qu’on (\st contre-heurti* par un nuir au dela duquid 
on ne pent ‘ proctider ’J. ()u bien, par conlre-heurt, il faut entendre 
* rencontre ’ (nipdta, nipahnia) : e’est la proc(».ssion (pfi^avrlli = 
kdritra) de Torgane a I’egard de son doniaine propre. 

1. Voir Karaimprajflaptisastra. arialyaC* duns Cosinologie bouddhique, p. S39.. 

2. Compiy-er SumyiiUu, iv. 201 ipulhujjano (tnkkhniimitii hannati maniJtpA- 
man&pehi rupehi. 



HiuaU’tmng, ii, fol. 1 b-2 b. 


53 


2. Quand nous disons (luc dix dJiaim sont susceptibles de contre- 
heurt, sapratigha, ‘ cararlorisos [wir lo pralighnta \ nous entendons 
parler de Vdimranapraiighata : ce sont corps reciproqueinent inipe- 
netrables, susceplibles tie rollision. 

3. On deniiinde si les dbarmcw fpii sont sapratigha par ‘ heurt 
avec le domaine d’acliou sont aiissi mpraiigha par ‘ impenetrabi- 
lite 

Quatre alterualives ; 1. les sept citladkdlm (i. JG c) et uue parlie 
dll dhannadhcihi, a savoir les samprafjiiktas (ii. 23), sont saprali- 
gha par 'heurt avec le doiuaitie d’action ’seuloment; 2. les cinq 
domaines, visibl(\ etc. (i. 9) sont mpratlgha par ' impenelrabilite * 
seuleinent ; 3. les cin(| organes, adl, etc. (i. 9) sont mpraiigha aux 
deux points de vue ; 4. uue partie du dharinadJidlH, a savoir los 
viprayiiktas (ii. 35), iiVst pas mpraUgha, 

On demanded si les dlutrauhs ipii sont sapratigha par ‘ heurt 
avec Ic domaine d’action \ sont aussi fiapraUgha par ' heurt avec 
Tobjet ’ (dlainbaimpraUghCila) bj. — On repond en partant du 
second tonne de la question (pci^cdtpddaka) : les dkarma^ qui sont 
mpratiglia par ' heurt avec Tobjot ’ sont aussi sapratigha par ‘ heurt 
avec le domaini' d’action ’ ; mais il y a des dharmas qui sont aapm- 
ligha par ' heurt avec le domaine d’aclion ’ sans 6tre en memo temps 
sapratigha par ' heurt avec Tobjet a savtiir los cinq organes. 

4. liC Bhadanta Kiimriralribha dil : 

« On appelle sapratigha ce en ipioi et a Tegard de (pioi la con- 
naissance (manas) pout iHre empechee de imitre par un [corps] 
etranger ; apratigha, Toppose ' 

Parmi les dix-huit dhdtm, combieii sont bons (kusaia), mauvais 
(akusala)^ non-defiiiis (avydkfia, iv. 8, 9, 45) ? 

1. C’est-a-dirn ; lu t'oiinaissaiicf' ijiii nail ayaiit pour ol>jel (visatfa) le bleu et 
pour support (airaya) l*«*il, jieiit elre. iMiipecheo dc aaitn^ par riiilerpositiuii d’uii 
corps etranger entrii 1*0311 el le bleu : ra;il e.t le bbiu soul done sapratiyha, Au 
enniraire, iii le manodhatn, tpii fail foiidioii d'organe de la cnniiuissaiicc mentalo 
(ntanovijudfia), ni le dharmadhdtUt ejui est Tobjet propre de la coniiaissance 
mcflitale (par exeinple la sonsulion), iie soul sapratiffha : non ne pent einp^cher, 
en faisuiit * obstacle ‘ ecran ’ (dvarana), la coiiiiaissance ineiitale (manovijnd^ 
na) de naifre deTorgune mental (mafiodhdtu) a Tegurd du dharmadhdtH, 



54 


CHAPITRE PREMIER, 29 C-30 d. 


29 c-d. Unit dhatus sont noii-defiiiis, a savoir les precedents moins 
le visible el le son *. 

Les dix dhatus caracterises conime sapraligha (i. 29 b-c), moins 
Ic visible (rupa) et le son (sabda), — c’esl-ii-diro huil dhatus : les 
cinq organes maleriels, Todeur, la saveiir et 1(3 tangibli?, — sont non- 
d^finis [3 a], n’etant pas definis coniine bons on manvais, ou bien, 
suivant line autre opinion, n’etant pas delinis an point de vue de la 
retribution (vipdka). 

30 a. Les autres sont des trois especes ^ 

Les antres dhatus sont, suivant le cas, bons, manvais, non-definis. 

1. Les sept dhatus (cittadhdtavah, i. IG c) sont bons quand ils 
sont associ(^s anx trois racincs dn bien (iv. 8), manvais quand ils sont 
associes anx racines dn mal, non-definis en tout autre cas [3 a] ^ 

2. Le dharmadhdtu (i. 15 c-d) comprend (1) les nicim^s dn bien, 
des dharmas associ(!\s a ces racines, des dharmas issns dc?. c(\s raci- 
nes, le pratisamkhydnirodha ou Nirvana ; (2) les racrines dn mal, 
des dharmas associes a ces racines, d(.?s dharmas issns do ces 
racines ; (3) des dharmas non-definis, par exeinple I’espaco. 

3. Le rupadhdtu et le mbdadhatiiy le visible el I’andiblo, sont 
bons on manvais lorsipi’ils constituent nn acle corporel ou vocal 
(iv. 26, 3 d) issn d’nne pensee boiiue ou nianvaise. Ils sont non-definis 
dans tout autre cas. 

Parmi les dix-huit dhatus, combien existent dans cliaqne sphere 
d’existence, Kainadhatn, Ropadhatn, Anlpyadhatn (iii. 1-3) ? 

30 a-b. Tons dans le Kamadhatu.* 

1. avyakrta ustnu te rupasabdavarjitah / - Voir ii. 9 a ; Vibhasfi, 51, 3, 
144. 4. 

2. iridhdnye. 

3. Les Mahlsasakas eroient qiic les qua Ire premieres connaissanees sont tou- 
jours non d^finies ; la connaissunee du tael ei la eonnaissanre. mentale sont des 
trois especes. 

4. kAmadhatvapiAh sarve, 

Les dharmas qui n'appartiennent a aucuiie sphere d’exislence, qiii sont trails- 



Himn-tsang^ ii, fol. 2 b-3 b. 


55 


Tons los dhdtm sont associes, lies au Kainadhatii, non dissocies 
dll Kainadhalii (Viblifisfi 145, li). 

30 b-d. Qiiatorze dans le Rnpadhatu, on exeeplant rodeur, la 
saviour, la conimissaiice do Todorat, la eonnaissaiice dii ' 

i. L’oilonr el la savein* y nuiuqiient car ellivs sont alimonl-en-boii- 
ohms (iii. ii\)) et personne iie nail dans le Rupadlulln qui ne soil 
delaeho de cel aliment, L’odeur el la savenr maiHpiunl, les connais- 
sances de Todorat el dn gonl maii<|nent anssi. 

Objection. Le tanc^ible (^HprasUa^yadliCitii) inanquera. anssi, car il 
i.‘st anssi alimenl-en-boncheos. 

Non, car le tangible n’est pas excln.siveinenl aliment. Kxislc dans 
le liripadliatn le tangible ([iii nVst pas aliment |M b|. 

Objection. On pent raisonner do memo on ce qiii regarde Todeiir 
el la savenr. 

Non. Le bingible a nn ernploi nlilo (parivlsli) en debars de Tali- 
nuMilalion : il sort de point d’apjmi mix organes (d&rajfahhdva) ; il 
s(?rt de support en general (ddhara) ; il sect de vetement. En delioi-s 
de la consonnnalion (dlidrdhhyamhdra Todeiir et la savenr iront 
pas d’emidoi (garibhoga) : elles ne president ancime nlilile pour 
des elres detaches de ralinienl. 

ii. SrTlfibha donne nne explication dillerente. Lorsqn’im homme dii 
Kamadluitn enlre <?n recuidllement, enlre dans les exlases (dhydna), 
il voit des vi.sil)b!s ; il enlend des sons ; son corps est favorise, recon- 
(orte (auugnih) par un certain langibh^ qni accoin|)agne le bien-etre 
corporel (praimbdhi) pi-odiiit par Textase (viii. 9 b). On pent con- 
clnre de ce fait (pa*, dans les demeures celestes dn Rfipadhatn qui 
[lorlent lo nom de dhyCimi (upnpatUdhyfma, iii. 2, viii, 1), il y a 
visible, audible, tangible, mais non pas savenr et odenr. 


rfinJiiiils a PcxisitMHtt' (adhaiupatita, adhatvaptfiy — apariydpanna) sonl l«s 
iiiroiitlilionnas. 

1. rupe caturdam f vinU r/aiaZ/z(fm^7r)r//imiavj//n'fiC7jV/atKf(77iaftf6/2i^ // 
Voxuitieu Je vv prolilrme vai rt?[ir?.s ii. 12. 

Coinjj^rer Kulliavnitliii, viii, 7. ^ 



56 


CHAPITRE PREMIER, 30 b-d. 


iii. Nous pensons que, si I’odeur et la savcur inaiiquent dans le 
RQpadhatu, les organes de Todorat et du gout doivent aussi y man- 
quer, car ils n’y servent a rieii. Done il n’y a que doiize dhatus darts 
le Ropadhatu. 

1. R6ponse d’lin docleur qiiise substitue au Vaibhasikaftwb/ias/- 
kadeMya). — Les organes do Todorat et du gout sont utiles dans le 
Rnpadbatu, car, sans eux, la beautt^ et relocution feraient defaut. 

Le nez, support ou siege de la maliore subtile qui constitiic I’organe 
de Todoral, suffit a la boaute, abstraction faite de cetle nuitiere subtile 
(i. 44) ; la langtie, siege de Torgane du gofit, suffit a riUociition, 
abstraction faite de la niatiere subtile qui coiistitue rorgane du gout. 

Le VaibhasikadesTya. — liO menibre, nez, langue, qui supporte 
Torgaiie, ne peut pas etre deniuni de cet organe. II n’y a pas de nez 
ni de langue ou fasse defaut la niatiere subtile qui coiistitue I’organe 
de I’odorat ou Torgane du gout. De ineme (pie le rnenibre sexuel est 
toujours rev6tu de cet organe spiicial du tact qu’on appelle Torgano 
sexuel (pnrmendriya) (i. 44 a, ii. 2 c-d). 

On conejoit tres bien ipie le inembre sexuel manque lorsque I’organe 
sexuel manque, car, depouille de (!et organe, il ne sort a rien ; niais 
le nez et la langue sont utiles iiult^peiidamment des orgaru^s de I’odo- 
rat et du gout. Done le nez et la langu(3 existent dans le Rfipadbatu, 
quoRjue les orgaia^s correspondauts y manqueut. Dune il n’y a quo 
douze dhdlm dans le Ropadhatu. 

2. Reponse du Vaibha§ika. — Uu organe peut riailre sans avoir 
aucune utiliW, par exemple les organes des etres voues a perir dans 
la matrice. 

Soit ! la naissance d’un organe peut etre sans utilite ; niais elle n’est 
jamais sans cause [4 a]. Quelle e.st la cause de la naissance d’un 
organe, sinon un certain acte commarulci par un dilisir relatif a cet 
organe ? Or quiconque est sans allacli(3ment pour robjet, odeur, est 
aussi sans attacbornent pour I’organe, organe de I’odorat. Done il n’y 
a aucune raison pour quo les organes de I’odorat et du gout appa- 
raissent chez des 6tres qui renaissent dans le Rfipadbatu, puisque 
ces 6tres sont detachiis des odeurs et des saveurs. Ou bien dites-noiis 

Q 

pourqiioi I’orj^ane ijexuel manque dans le Ropadhatu ? 



Hiuan-tsanQy ii, fol. 3 b-4 b. 57 

Riplique du Vaibha$ika. — L’organe sexiiel est cause de laideur 
(ii. 12). 

N’est-il pas beau chez les 6tres qui possedent la marque des Maha- 
puru§as ? ' D’ailleurs, ce n’est pas en raison de Tutilite que naJt 
Torgane sexuel, inais bien en raison de sa cause. La cause etant 
donate, fiit-il laid, il naitra. 

3. Argument d’autorite. D’apres le V'aibha$ika, soiitenir que les 
organes de I’odorat et du goilt manquent dans le Rupadhatu, c’est 
contredire le Sutra. Le Sutra ^ enseigne que les 6lres du Rupadhatu 
possMent tons les organes (ahinendriya), tons les organes complets 
(avikalendriya) : ils ne sent jamais borgiies (kdna), ni a une oreille 
(kuntha) (iii. 98 a). 

Ce texte enseigne que les etres du RUpadliatu possedent, an com- 
plot, les organes qui existent dans le Rupadhatu. Si le V^aibha^ika 
ne rentend pas ainsi, il doit attribuer ii ces (3tres I’organe sexuel. 

4. Replique et conclusion du Vaibba§ika. 

Bien que Todcur et la saveur y manquent, les organes de I’odorat 
et du gout existent dans le Rupadhatu. 

En effet, riiornme qui est ditache de Todeur garde attachement a 
regard de Torgane de I’odoral qui est partie de sa personne {dtma- 
bhdva, svasavntdna). La soil entrc en exercice a Tegard des six 
organes de connaissance, non pas en raison de Tobjet de ces six orga- 
ncs, mais en raison de la poreomie m6me (dtmabhdvamukhena). 
Done la naissance des organes de I’odorat et du gout a une cause, 
fut-on detache des odeurs et des saveurs. 

Il n’en va pas de m^.me de Torgane sexuel. L’attachernent relatif a 
cet organe a pour principe rattachement a la connaissance tactile de 
Tunion sexuelle. Or les 6tres qui renaitront dans le Rupadhatu sont 
d^tach&s de la dite connaissance ; done ils n’ont pas accompli d’acle 
commande par un desir relatif a Torgane sexuel ; done cet organe 
manque dans le Rupadhatu [4 b] \ 

1. koiagatavcistigufiya. 

2. Comp. Dlgha i. 34, 186. 

3. Vibhfi^a, 145, t2 « Les organes male et feminin exislent-ils dans le Rflpa- 
dhstu ?.»Ni Tun ni Tautre organe sexuel n’y existent. Premiere opinion : e'est 



58 


CHAPfTRE PREMIER, 31-32 f. 


31 a-b. Dans rAinpyadhalii, I’organo mental (manodhatii), I’objel 
dc la connaissance moiitalc (dliarmadhatu), la connalssuncc nien- 
tale (manovijMnndhdtv) 

Naissent dans rArnpya les elres delaebes do la maliore (rupn). 

Mamjucnl done dans I’ArOpya los dix dhillm ([iii sent inateriols, 
a savoir cinq organos el lours objets, ol les ciiM| conimissane(?s qni 
onl ])our point d'appiii el pour objel iin dhatu nialeriel (viii. 3 c). 

Coinbicn do dltdtus sont inqxirs ? Combion soul purs ? 

31 c-d. I jCs trois dhdliis qiii vieiinenL (r«>tro nomnies sont purs 
oil iinpurs \ 

11s sont purs (andsmmi) l(»rs(prils font partio <1(* la viM’ito du 
chemin on do rinconditionne ; iinpurs, dans lo oas contraire (i. 4). 

31 d. Les autres sont inipiirs 

Les autres dluitns, an nornhro de i|uin7.(s sont scMdiMUonl iinpurs 

pum; jpi'oii tliVsin* iihaTifloiiiier re.s or^aiirs I'on rullivi.^ los fif/o/ai/fi.v f?l ipu* 
Tern vn rennilre <I«iks Io Iluimdliaiti. Si les ol.r(*s dii Itripadhritii [UbSsiMlniiMii rrs 
orgniiP.s, on ru? d«Vsirf*i'ait pas iviiailri; duns cHh*. ,spli«T(\ Dm xirma opinion : ces 
organes sont rriM's par raliinoiit grossier (iii. JIO) ; Ic* Sfllru (iii. *•) dit en rIVol 
qiie J(!.s atres hnnmiiis dn coniniRnceinciit de iVige rosniiijne tie pt».s.sedtMil pus res 
organes, <prils onl Ions ineme roriiie : pins lard, ijiiaiul ils iiiaiigeiiL le jus de la 
lems les deux orgnnes naissent, la dilVerenre d’lioiniiie et ile feiiinie. apparait; en 
ruhseiire d'alinieiit grtissier, les de,ux organes niainpieiil. Troisieine ojnniun : les 
deux organes out un <‘iuploi dans le Kaniadlirilti, irouL pas d'eniploi duns le 
IlApadliatii : done ils riiainpient dans le Kupudliillu 

Siir les dieiix lUi Kriinadliritu, voir iii. 70, 

1 . arfipydpUi manodharmnmanovijhanadhatiimh i 

2 . sasravdntisram etc trayalu 

II. HP^ds tu sdsramh if 

4. Les MahSslimgliikas el les Saiitnintikas soiilicnnent ipie le rorps dn Doiiddlia 
est pur ('anas’mya) (voir iv. 4 a-h, disriission de Vnuijuapti) fCoinpurer Knthfi* 
vatlliu, iv. f3, xiv. 4|. Vildiusa 44, lOi 7(i, 4: Certains doetenrs soutuuuient quo le 
corps dll Boiiddha est pur, les Muliasairigliikas, <pji di.sent : « l/l'lrritnre dil ipie le 
'ruthugala se iient uu-tlessiis dii inoride, qiril ii’esL pas inondain, ipi’il ii’est pas 
soiiille ; nous suvons done qiie le corps dii Doiiudliu est pur ». Pour reliiler celte 
opinion, on inoidre qne le rorps dii Bouddiia est iinpiir. Dire qu’il est pur, e’est 
eoniredire le SQlra. 

Le corps du Bouddha u’est pas pur (andsrava), parce qii’il pent elre rot^casion 



Hivan-'tsangy ii, fol. 4 b-5 a. 


59 


Combien de dhdtm sont associes a vitarka et a vicdm, exempts 
de vitarka et associes a vicdrat exempts de vitarka et de vicdra ? ' 

32 a-b. Cinq cormaissances comportent toujours vitarka et 
vicdra *. [5 a]. 

Elies sont toujours associees a vilarlza et a vicdray ear elles sont 
grossieres, tHant tournees vers le dehors. Le inol hi, ‘ toujours indi- 
que restriction : elles sont exclusiveinent des dharmas coniportant 
vitarka et vicdra. 

32 c. Les trois derniers dhdhw sont des trois esptu'es \ 

Ces dhdtm sont Torganc mental, I’objet de la coniuiissance men- 
tale, la connaissancc mcnlale, manodhdtn, dharmadhdtu, mano- 
vijhdnadhdtu. 

1. Dans le Kamadhatu et dans le dkydna (viii. 7, 11), 

(1) Ic manodhdtu, (2) le nianovijhdmidhdtu, (3) cette partie dii 
dharmadhdtu qiii est associee a la pensee (ii. 23) a Texception dn 
vitarka et du vicdra eiix-mernes, sont associes a vitarka et a vicdra. 

2. Dans le dhijdna interrnediaire (dhydndntara, viii. 22 d), les 
memos sont exempts do vitarka, associes a vicdra. 

3. Dans les etages (bhnmi) siiperieurs jusqu’an dernier <M;ago (nai- 
vasamjhdndsamjhdyalana)y les nieines sont exempts de vitarka 
et de vicdra (viii. 23 c-d). 

4. La partie dn dharmadhdtu (jui est dissociee de la pensee 
(ii. 35) et le vicdra dn dhydna interinediaire sont exempts de vitarka 
et de vicdra. 

de la passion d'autrui. Vibhajja, 173, 9 ; Le corps dn Bonddlia est le fruit de Tigno- 
rance et de la soif ; il n’est done pas piir. Le Sutra dit ijue dix ayatanas (orgaiie 

de la viie visible ) lout entiers, et deiix ayatanns en partie (mnnadya-' 

tanaf dharmas) sont impnrs Si le corps dn Bonddlia etait pnr, les feinincs 

ii'anraient pas d'affeelioii pour Ini ; il ne produirait pas, chez les autres, dosir, 
liaine, confusion, orgneil 

Comparer Vyftkhyll, p. 14 ; ci-dessiis p. 6. 

1. Millie question dans Viblmnga, 97, 4?15. — Le vitarka et le vicdra sont 
(Ufinis ii. 28, 33. 

savitarkaviedrd hi paiica vijndnadhatavah / 

3. antyds trayas triprakdrdh. • 



60 


CHAPITRE PREMIER, 32 C-33. 


5. Quant ail vitarka, il est toujours accompagne de vicdra ; il est 
toujours exempt de mtarka, vii rimpossibilite de deux titarkds 
simultanes. 

Mais le vicdra du Kamadhatii et du premier dhydna ne rentre 
dans aucune dcs trois cati^gories : en effet, il est toujoui*s associe au 
vilarka, et il n’est jamais accompagne de vicdra, vii rimpossibilite 
de deux vicdras simultanes. 

Nous diroris done (jue, dans les etages (bhumi) (jui comportent 
vitarka et vicdra (viii. 7), il y a quatre categories : 1. Les dharmas 
associes a la pensee, a Texception du vitarka et du vicdra^ sont 
accompagnt\s de vitarka et de vicdra [5 b]. 2. Le vitarka est exempt 
de vitarka^ acconqiagne de vicdra. 3. Les dharmas dissocies d6 la 
pensee sont exempts de vitarka et do vicdra. 4. Le vicdra est exempt 
de vicdra, accompagne de vitarka. 

32 d. Les autres dhdtm sont exempts de Tun et de Tautre *. 

Les autres dhdtas sont les dix dhdtm niateriels (rupin). N’^lant 
pas associes a la pensee, ils sont exempts de vitarka et de vicdra. 

Mais, si les cinq counaissanccs scnsibles sont toujours acconi- 
pagnees de vitarka et de vicdra, comment sont-elles definies coinmc 
exemptes de vikalpa (avikalpaka) ? 

33 a-b. Elies sont exemptes de vikalpa en tant qu’elles sont 
exemptes de nirupandvikalpn et A' amismaranavikalpa *. 

D’apres le Vaiblla§^ka^ le vikalpa est de trois especes*: vikalpa en 
soi on par deliiiition (Hvabhdvavikalpa), vikalpa consistant en 
examen (nirupand), vikalpa consistant en souvenir 

1. ^esa ubhayavarjitah // 

2. [niriipananmmaranavikalpad avikalpakah] 

On le.s nomnio avikalpaka en raison clu texie : cakstirvijilanasamangi nilant 
vijfinati no tu nilam Ui (Voir ci-Jossns p. 28, ii. 1). 

3. kila : e'est uiie opinion ties Vaibliftsikas sans support dans le Satra. 

L'opinion do Vasubandlnt osl expliqnee plus loin, ii. 33. Pour lui, coniine pour 

Ic Santrantika, le vitarka et le vicara sont le viita, le nianovijndna. 

4. VibliSaa, 42, it : svahhavavikalpa^ c/est vitarka-vic^ra ; anusmaranaii- 
kalpa, c*e.st Ki menioirc associee k la coiinaissance mentale ; nifUpaf^vikalpa, 



Hiuun-tsang, ii, fol. 5 a-6 a. 


6i 


Les cinq connaissances sensibles comporteiit la premiere espece tie 
vikalpa mais non pas les deux aiitres *. C’est pourquoi on dit qii'elles 
sont exemptes de vikalpa^ comine, <ruii cheval qui n’a qu’im pied, 
on dit qu’il n’a pas de pieds. — Le ‘ vikalpa par deliiiitioii e’est le 
vitarka, que nous etudierons au chapitre des mentaux (caitta) (ii. 33). 
Quant aux deux autres vikulpas : 

33 c-d. Prajiia mentale dispei*see, memoire menlale quelle qii’elle 
soit 

La prajnd menlale, c’«?st-a-dire le discernement des dharmas 
associe a la connaissance menlale, dispersee (vyagra) |6 a|, e’est-a- 
dire non concentrec (asamdhita), non dans Tetat de recueillerneiit 
(viH. 1), e’est le vikalpa d’exainen oii de delinilion (ahhiniriipand). 
Toute memoire mentale, concentree on non concentree, e’est le vikal- 
pa de souvenir (anmmarana) 

e’est la prajiidt non reciieillie, ilii cioinuiiie de la connaissfiiice mentale. Dana le 
Kamadhalu, les cinq connaissances out senleinent la premi<>ro soiie lie vikalpa : 
dies coinpnrlenl iii^nioire, mais non pas nnusnmmnavikalpat car elles ne sont 
pus cupuliles d(*. reconnuitre ; elles c<mip4)rteiil prajiifit iiiuis non pus nirupanA^ 
vikalpa, car elles iie sunt pas cupuhles (rexumen. 

Nyayttiuisfira : La nature dii svabhavavikalpa est vitarka, 

1. l.a prajiia et lu ineiiioire sont associees aux cinq connaissances sensibles, 
niiiis leiir einploi y est riduit (Sanigliablmdra). 

!2. iau vjfagra manasi prajiia sarvuiva mdnasl smrtih // 

3. Prajnd ineiitule (mdnasi), e'est-i-dire manasi bJiavd, soit qii’elle proci;de 
de I’auditioii de I’Ecrilure on <le la lellexion (iruUicintdmuyl), soit qii’elle soit 
native (npapaitipratilambhikd) ; dispersee (vpaffrd), e’est-a-dire non-cunceii- 
tr^e, ayuiit des objets (agra) differeiits, on liieii ‘ decoiironn^e * (vigatapradhd^ 
na^par lefuit qii’elle se preiid .siiccessiveinenl u des r»bjets dilTerenls. 

Pourquoi donner ii vMvt prajnd le iioin dUihhininipatidvikalpu ? 

Parce qu’elle s’ applique ii tel on tel objel en ieiiant coinpie de son nom (ndind* 
peksayd) el examine (abhinirupana) : « ceci vsi rtipa, t^edand, nniiya, duh- 
kha », etc. All contraire, la prajnd concentree (samdhiid), procedant dii recueil- 
lement (bhdvandmayi), s’uppliqne i\ I’objet suns teiiir coiiiple du nom. Done elle 
n’est pas abhinirupandvikalpa. 

Toute memoire (snirti) mentale, c’est-il-dire la memoire mentale, qii’elle soit 
ou non concentree. Car, d’apres I’Ecole, la memoire meiiiale a iiniqueineiit pour 
objel la chose experimeniee jadis et ne tient pas coiupte dii nom, d’upres la defiui- 
tioji : « Qii’est-ce que la memoire ? L’expression de la peiisee (cetaso *bhildpah) ». 
Quant & la memoire connexe aux cinq connaissances, son mode d*exL«^er n’est pas 



CHAPITBE PREMIER, 34 . 


Coinbieri de dhdfm sont * ay ant un objet (dlamhana) \ c’esl-i- 
dire sujet de la coniiaissaiice ? 

34 a-b. Sept soul ‘ ayant un objet les dhdiu^ qui sont pensee ^ 

Les dlidlus de connaissance visiielle, auditive, olfaclive, du gout, 
du tact, ineiitalo, sont seuleinenl ‘ ayant un objet *, parce qu’ils 
saisissenl loujoiirs leur domaine (visaya). 

34 b. Et aussi une parlie du dharmadhdtu 

Cette partie qui consiste dans les dharmas iissocies a la pens6e 
(ii. 23), Les autres dlidtus, a savoir les dix dhdlm inaleriels et la 
partie du dharmadhdtu qui n’est pas associee a la pensee (ii. 35), 
sont * ii’ayant pas d’objet *. ^ 

Combien de dhCilns sont ‘ non-appropries * (anupdtta) ? Combien 
sont * appropries * ? 

34 c-d. Neuf sont non-appropries, a savoir les huit dont il vient 
d’etre question el le son \ 

Les sept dhdlm de pensee (i. 16 c), le dharmadhdtu (i. 15 c) et 
Taudible (Aabdadhalu) iie sont jamais appropries. 

34 d. Les neuf autres sont de deux especes [6 bj 

Ils sont tanlol qppropries, tanlol non-appropries. 

1. Les cinq organes de la connaissance sensible (cakstirdhdtUy 
etc.), presents, sont appropries. Fiiturs el passes, ils ne sont pas 
appropries. 

Quatre objects, — visible, odeur, saveur, 4angible, — lorsqu’ils sont 

Texprcssioii (ablnlapa) tie la chose experiiueiiiee jadis. Ellen'est done pas anii- 
smuranavikulpa (Vyakhyil). V«>ir ii, 24. 

1. saptn salamhanM citiadhfitavnh. 

Siir le sens iVdlambana, i. 29 h. 

Comparer Vibhaiiga, p. 95. 

2. ardham ca dharmaiah / 

a. navdmipaitdfi te cdstau iabdai ca 

4. anye^iava dvidha // 



63 


Hiimn-tsangy ii, IbJ. 6 a-7 a. 

presents, lorscju’ils sont paiiie integranle aiix oigarios 
na, indriydvimrbhdga), soiit appropries. Tout autre visible, loiite 
autre oileur, tunto autre saveur, lout autre tan^^ibb^ u’est pas ajipro- 
prie : par exeniplrjle visible, couleurel lij^uire, (lt.*s eliev(aix, cJes poils, 
des ongles et des dents, — on (^xeeplant la racine, bupudle est liee 
MU corps ou ori;aiie du tact ; la couleiir et la figure des excreirionts, 
de rurine, de la salive, du mucus, du sang, etc. ; la couleur el la 
figure de la terre, de I’l^au, du feu, etc. 

2. Comment lauL-il expliquer Texpression ' approprie? npdtta P — 
hist (lit ‘ appro|)rie ’ cci ([lu^ la p(‘nsee et b\s inentaux preninait (/fpft- 
(jrhita) el s*a|»propri(Mil en qualib'^ de s\i\>iH\vl(adhi\yUidiiuJ. 

La inatiere organi<|il(^ c*est-a-dire la nialien^ ipii constitue les cim| 
organics de connaissanc(.‘, aiiisi (jue la rnaliere non stq)arab1e de la 
maliero organique, t\st ‘ a|q)ropri(*(j *, (‘,sl ‘ laile sienne par la pen- 
s(‘e : cela rt'jsulUj du fait (pie, en cas de bien-cUre ou de malaise, il y 
a ivaclioii reciproipie outre la pens('‘e (it cett(‘ rnaliere. La inali(>re 
(pie rAbhidharma apjielle ‘ appropriee’, la langiui vulgaire Tappelle 
mcelrnia, mjim, malien* s(aisible, inali(>re vivanle 

Combien de dhdius sont ‘ inatiere primain; ’ ou granils (‘bbnonts? 
(^ombien soul ‘ inatiere s(H*ondair(* malii'ue di'aiviH? des grands 
('dements ■ ? [7 a] 

1. t/Alilii«lli:iiiinia (Viiiliaiiga, [». OG. Dliainiiiasnngani^ (>511. Ii21 1, ir>ai-)cnm|»i‘oiiil 
npadhiHa dans la irirMiia .srns, Lrs n>iiiui<*ii(at(Mirs iiiniliTiios di? rAldii/lliaiiiiiia 
Iradiiisrad npadinna * issue of j;rasjiing * ; ils im* voienl pas qiie upfulfi - vpd- 
ildlffimpn y hhnulika, et creiMit iiue grande enidnsion. 

traillcMirs le Vildiai'iga iie elasse pus les dhuttis roinnie liiil. i’Abliidliuriiia. (Voir 
(ateore. Siif laYildiunga, p. 11^; Ma)iavyiitpaUi,101, ufi ; Divya vadaiiu, p. 54: Uodlii- 
earyavalara, viii. 07, lOl). y a qnelque lloUement Jiieine dans les soniv(.*s 

.sanseril.es. Par exeiiiple, Majjliiina iii. 240, reprnduil dans J *ilaputra.snmfigania 
(voir ei-des.siis p. 40, ti. 2), donno le.s eheveiix .... les exereiueiils eoninie ajjhnttafn 
paccniUnn knkkhalam iipddhitiam. Or leselievenx in? soul pas upddinfin. On 
a eonfoudu la deseripLitni d(r la nialien^ eorporeile (ddhydlmiktu voir Mujjliiiiiu, 
iii. 1)0) avee. la description de la inatiere orgaiiiqne (itpdUn). 

J.IU maliero updtUi, ]>lns le manaH, recoil to iioiii do <X^mya (voir ii. 5). C'esl le 
corps subtil des infidelos. 

2. hhiituy maUdhhiifa ; npfidCiya riipa, hhantika ; voir i. 12. 2?»-24, ii. 12, 50 a, 

05. - bhaiitika -= hhnie bhava — derive des bhiitas. , 



64 


CHAPITEE PREMISE, 35 a-C. 


35 a-C. Le tangible est des deux sortes ; les neuf autres dhdhts 
materiels sont seulement matiere secondaire^ ainsi que la pai^ie du 
dharmadhdtu qui est niat^rielle ^ 

Sont tangibles (1) les qiiatre grands el6ments, le solide, rhumide, 
le chaud, la motion (i. 12), (2) une septuple matiere secondaire, le 
doux, le rude, etc. (i. 10 d). 

Les autres dhdtm materiels^ les cinq organes, les objets del quatre 
premiers organes, sont seuleftient matiere secondaire. De mdme 
Yavijnapli (i. 11), qui fail partie du dhlirmadhcUii (i. 15 c-d).^v 

Lea dhdtus de pensee (i. 16c)ne sont ni matiere priinaire, ni 
matiere secondaire. De mfinie le dharmadhdtu a Texception de 
Yavipiapti. 

i. D’apres le Bhadanta Buddhadeva, les dix dyatanas, c*est-fi-dire 
les cinq organes de comiaissance et leiirs objets, sont seulement 
matiere primaire ^ 

Opinion inadmissible. Le Sntra enseigne, d’une maniere limitative, 
qu’il y a <|uatre grands elements, et les detinit d*une maniere limita- 
tive comine etant le solide, riiuiiiide, etc. (i. 12^ d). Or Je solide, 
rhumide, etc. sont tangibles et seulement tangibles : la solidite n’est 

1. sprastavyani dirividham ^esd rupino nava bhaniikdh j 
dharmudhdtvekade^a^ ca. 

Coiuparer Vibliangu, p. %. 

2. Vibha.sfi, 127, 1. — Dans cello ecolo, il y a <leux inallres, Buddhadeva el 
Dharniatrala. Buddhadeva dit: « Le rupa est seuleiiient les grands <^14iiioiits ; les 
mentaux (caitta) sont seulement pensde (citta) ». 11 dit que Viipdddyai'iipaf 
matiere secondaire, est uiie espt^e des grands (Armenia (mahdhhutaviie^a), quo 

les mentaux sont une espece de pensee » (Comparer KathUvatthu, vii. *i). — 

VihhUsa, 74, 8. — Le SQtra dit : « Le rupa, c*est lis quatre grands (dements et ce 
qui derive des quatre grands ^l^meiits Quelle opinion le Sotra veut-il r^futer ? 
11 veul refuter Topinion de Buddhadeva. Le Bouddha voit que, dans Tavenir, il y 
aura un inaitre, Buddhadeva, t£ui dira : « En dehors des*grands ^l^ments, il n'y a 
pas de rUpa dt^riv^ distinct ». Pour r<^fuler cette opinion, Bouddha dit ; « Le rupa, 

c*est les quatre grands elements ». — 142, 7. — Buddhadeva dit : Tous les 

conditionn^s sont oii mahdbhiita ou citia ; en dehors des mahabhutas, il n’y a 
pas d*upddAyariipa ; cn dehors du citta (pensee) il n’y a pas de caitta (mental). 

Sur la pens6e et les mentaux, voir ci-dessoiis p. G6 et ii. 23 c. 

Buddha 4 lcvu esl peuL^tre le maltre nomme dans rinscription du lion de Matlim-fi. 



iiiuan-tsang, ii, foL 7 a-i>. 65 

pas perdue par Torgane de la vue. En outre, chaque organe atteint la 
niati^e secoiulaire qiii lui convient: la couleur n*estpas perQue par 
Forgiuie dii tact *. 

D’ailleurs, qiie le taugible soit uiatiere prirnairc (bhutaj et matiere 
secondaire (updddya ruyaX qwt^ les neuf aiitres dyatanas niateriels 
soient seuleineiit matiere secondaire, cela resiilte de la lettre m6rne 
dll Sut^ : « 0 T3hik§ii, I'oeil, source interne de connaissance (i. 39) 
[7 b], subtile matiere derivaiit des grands dements (updddya), source 
ina^erielle, invisible, suscejilible de conlre-heurL », et ainsi de suite en 
ce qui concerne les qiuilre aiitrcs organes materiels qui sont decrits 
dans les monies termes. En ce qui concerne les quatre premiers 
objels : « Les visibles (rupCini), source externe de connaissance, 
derivanl des grands elements, materielle, visible, susceptible de 
contre-heurt. Le son, source externe de connaissance, derivant des 
grands elements, materielle, invisible, susceptible de contre-heurt ». 
De rneniQ eii ce (jui concerne Todeur et la saveur. Mais, en ce qui con- 
cerne le tangible : « Les tangibles, source externe de connaissance, 
les quatre grands dements et matiere ddivant des quatre grands 
(dements.... » ^ 

ii. 0*1 peut soutenir que les cinq organes sont matiere primaire, 
car le Sutra (Samyukta, 11, i) dit : Tout ce qui dans Toeil, globe 
de chair est soliJe, resistant.... » (kakkhatay khara- 

yaia,...) 

Rtqioiist*. Le Sntra vise iei le globe de chair qui n’est pas separable 
de Torgane de la vue, non pas Torgane propreinent dit. 


t. Done (I) les orgtiiies ne soul pus matiere primaire, n'etant pas ‘ solide *, etc. ; 
(2) le tangible eoniprcmi lu matiere primaire, puisque le snlide est pergu par le 
tart ; (Ji) la matiere secondaire pergue pur les autres organes n’est pas perdue par 
le tart. 

caksnr hhikso tulhyfitmikam (iycitanaffi catvari mahabhutany upaduya 

- rfipnprasado rupi anidarianam sapratigham / mano hhikso ddhydt- 

mikmn Ciyaianatn anlpy anidarsanam apratigham / rupdni hhikso bdhyam 
dyaianatp catvari mahdhhutdny updddya mpi sanidarsanam sapraH- 

ghani / sprnsiavydni hhikso hdhyam dyatanam catvari mahdbhdidni 

cutvdri ca mahdhhutdny updddya rujn anidarsanam sapratigham tdharmd 
hhikso hdhyam dyatanam ekadoSubhir dyalanair asatpgrhiiam^at'upi ani- 
darSanam apratigham / 5 



66 ghapitbe PiticHiEB, 35-66. 

Soil. Mais, d’aprcs le GarbhavakranlisOtra (p. 49 n. 2), « rhomine 
est de six dJialm », grand element terre, grand 6l6nient can, grand 
4l^inent feu, grand element vent, Element espace et ideinent vijhana. 
Done, dans le stade enibryonnairo, le corps est inaliere priinaire, non 
pas matiere secondaire. 

Non. Car, dans cette premiere phrase : « L’honime est de six 
dhatm », le Sotra vent d(5crire I'essence de rhoinme (mul^sattva- 
dmvya ) ' et ne pretend pas donner une definition exhaustive. En effet, 
le Satra dit ensuite que riiomme est les six points d’appui du dhar- 
ma mental nomme contact (ii. 24) (sjKtrmyulanaJ, e’est-ii-dire les 
six organes En outre, a prendre a la lettre cette definition : 
< L’homme est de six dlutlus », on couclurail ii I’inexistence dcs 
mentaux (caitta, ii. 24, 34), car les mentaux ne sent pas compris 
dans le vijAdnadhdlu, le<]uel est peus<ic. — Soutiendra-t-on que les 
mentaux sont pens^e, et par consequent soul compris dans le vijnd- 
nadhdtu ? On no pout ; car le .Snlra dit ; « La sensation et la percep- 
tion (samjndj sont des dharmm menlaux », e’est-a-dire des dliar- 
mas associes A la pens«!C (caitasika), [8 a] ayaut pour [)oinl d’appui 
la pensee ; et le Sotra {»arle de la ‘ pensile en relation avec le desir ’ 
(sardgaxiitta) ; done le tlesir, qui est un mental, n’est pas la pensile 
(vii. 11 d). 

11 est done t^dabli que nos definitions (i. 35 a-c) s»>nt correetes \ 

Combien de dhCdus sont • aggloinerds ’ ? 


1. Voir ii. 5. — Les qiiatrc premiers dhdhts (lerre venl) sont ties ‘ suhstan- 

ees raclieiiles parce <pie Ic.s orguue.s iinisseiiL tie cos dhdtus ; lo vijufinadlidtu 
ou manodhdiu est * raeino pa\ree (pril tioiiiie imis.saiice an nianahsparidifn- 
Ulna. Ou bicii les tpiatre proiuiers dhdi\€8 soul raeinc parce qu’ils doiinent imis- 
sance it la matiere soct>ii4laire ; le vijndnndhdlii est raciite parco tpi’il doiine 
naissaucc aiix mentaux (caiilaf caita^sika). 

Done les cinq premiers * points d’appiii dii ctmtact V l<^.s cinq^ organes de 
connaissance sensible, sont * matiere secondaire ' : autremenl, its seraieid compris 
dans la detinilion : « L’hoinme est de six dhdtns ». 

3. D’apres rAbhitlliurnma (Dliammasaiigaiii, 047) le rttpa derive n'o.st pas tan- 
gible. Sainglmbhadra refute cette; opinion qu’il attribue au Slliavira. A ce sujet, 
une discussion sur i’aiitlienticile des Stilras qu’on lira dans i’lidroduclion. 



Hiuan-isang, ii, fOl. 7 b-8 k 67 

35 d. Les dix dhai/us mat^riels sont agglom^riis \ 

Les cinq organes de la connaissance sensible, et leurs objets, sont 
des agglornerats d’atomes (paramdnmantcaya, samghaia) (ii. 22). 

Panni les dix-huit dhcitus, conibien coupent, sont coupes, brdlent, 
sont bruits, pesent, sont pes6s ? 

36.i!)uatrc dhdtus externes coiipent, sont coupes ; de m^me, sont 
bruits et pesent. On n’est pas d*accord sur ce qui est brule et pes6 *. 

Le visible, Todeur, le saveiir et le tangible coupent, quand ils por- 
tent le nom de h^che, etc. ; sont coupes, quand ils portent le nom de 
bois, etc., 

Quelle sorte de chose est le dharma qii’on appelle ‘ couper ’ ? — 
Produire le sectionnement du processus d’tin agglom^r^ donl la nature 
est de se continuer en une sih'ie ininterrompiie [8 b]. La h&che coupe 
line piece de bois qui est unc sdrie, et en fait deux series qui existent 
et se d^veloppent a part. 

Les organes ne peuvent C^tre coup^^s. Par exeinple, Torgane du tact 
ou corps, lorsqu'en coupe tons les inenibres, n’est pas, pour cela, 
inultipli^ : les rneinbres c^ppes, c’est-a-dire separes du tronc, ne 
possedent pas le tact. 

Les organes ne coupent pas, en raison de leur translucidite (accha), 
conime Teclat d^ine gcinine. 

II en va d’etre brule et de poser coinnie il en va de couper et d’Olre 
coupe. Quatre dhdtus externes, seuls, sont bruits. Ils pesent, par 
exemple lorsqu’ils constituent une balance. Non pas les organes, en 
raison de leur transluciditi!;, comine Teclat d’une gemme. 

Le son ne coupe pas, n’est pas coupe, n’est pas brDld, ne pese pas, 
car il n’existe pas en si^rie (accheditva, apravdhavartitva). 

On n’est pas d’^ccord sur ce qui brQle et sur ce qui est pes6. D’apres 

1 . sanicitd da4a rUpinah fl 

Vibhfil^a, 76, 3 . 

2 . ehinatti chidyate caiva bahyatn dMtucatusfayam / 

^ dahyate tulayapy evatp vivddo dagdhrtulyayoh fj 

Vibha|fl, 133. 6. 



6S 


CHAriTKE PREMIER, 36-^ a. 

les uns, Ics niOmes quatre dhdtus exUh‘ieur.s hrulent et sont peses. 
D’apius les autres, seiile hrule la inaliere elenientairc feu (tejodhdtu), 
lorsqu’elle manifesto sa propre nianicu-e d’Olre dans la flamme ; soul 
est pose le posanl (giinilmX <iui <-^1 vino es|)(ico do matiere socon- 
daire (i. 10 d) : les clinses loqoros, la luiniere, etc., ou copendarit le 
riipa manifesto sa nianioro d’etre prnpre, no sont pas pesees. 

Panni les dix-linit dUMm, coinbion sont do relrlbnlion 
d’accumnlalion (aupacayika)^ d’ocoideinent (nai.yi/(tndika) ? 

37-38 a. Cinq dhniu.s intorins sont do relribntion el d’aecuinula- 
tion;leson n’ost pas do ivttibnlion ; les Iniit dhdlua exeinjds de 
rfoistance sont d’ecoiilo'nonl ot aiissi do r('dnlHition ; les anlres sont 
de trois sortos. [9 a| ' 

i. Definitions. 

1. vipdkaja, * do nHribulion ’ ; litteralonienl ‘ no do la retribution ’ 
pour * ne de la cause de retribution ’ (nimkiiUehija) (ii. 54), par 
omission du mot du milieu, de ineim^ qu’on <lil : « char a bauifs », 
pour « char tire par des bamfs ». 

Ou bien, dans roxpression vlpdkaja, ‘ no tin vipCika \ le mot 
vipdka designe, non pas la retribution, mais raction, I’action murie, 
I’action arrivant a repo(|uo ou eJle donne son fruit \ Co qui nait de 
Taction murie, a savoir le fruit ou retribution, est nomine ‘ ne du 
vipdka \ Le fruit d’ailleurs est uu>si nomine vipdka, parce qiTil est 
cuit *. 

On bien Texpression vipdkaja, ‘ ne dc? retribution signifie ‘ ne 
de la cause ile retriliution ’ ; mais on ne iloit pas dire que le mot 
‘ cause * est oinis. Kn effet, la cause est souvenl designee par le nom 
de Teffet, de meme que Tidfet est sonvent desigm^ par le iiom de la 

1. vipakajaupacayikah pmicailhyiitmam [vipfiknjnh / 
t»a 4abilo] 'pratifjhd asfmt na/syamlik(tvipdkajdh fj 
tridh&nye. 

2. C'est r^tymologie vipacyata iti vipdkahy lo inpdka re qui est deveiiu 

mfir. 

3. C'est ,l’6tymologie vipdka *-= vipakti. 



Iliuan-tsangy ii, fol. 8 b-9 b. 


69 


cause : « Les six organcs acliiels sent Tacle uiicicn » (Kkottara, 14, s; 
Samyiilta, ii. 65, iv, 132 ; ci-dessous ii. 28). 

2. auiKicayika, ‘ craccuruulalioii c’ost-a-dire ^ cc qui esl accu- 
mule a cote (apacila) * par certain aliniont (iii. 39), certaine toilette 
(bain, etc.), certain soinnieil, certain recueillcnient (iv. 6 c). D’apres 
uiie opinion la continence (brahmacaryn) est anssi cause d’accii- 
mulation ; niais, en realile, la continence fait qu’il n’y a pas diminii- 
tif>n (tipaghdtaj apaenya) ; die n’est pas cause d’accroiss(iinent. 

La inatiere ‘ d’accuinulalioii ’ protege la inatiere ' de retribution ’ 
[9 b] comrnc fait un rornpart, en renvdoppant. 

3. naisyandikaj * d’woub^jnent e’est-a-dire. umjandaphala (ii. 
57), ‘ cc qui est produil par vine cause seniblal)l(.‘ a son effed. 

ii. Cin(| organes on dhdlm internes, a rexclusion dc Torgane 
mental, sont de rdribution et d accumulation. Ils nc sent pas d’ecou- 
lement, car ils ne sont d'econleineiit que lorsqu’ils sont dc retribution 
on d’accuinulation •. 

iii. Le son est d’accuinidalion, car la voix est en nmnvais point 
lorsquc le corps est eniacie *. II est anssi d'ckouleinenl. 11 ne unit 
pas d’une cause de retribution, car la voix precede vrun dtVsir d’action 
(chanda, ii. 24) \ 

Objection. — Le Prajnaptisastra (lit : vc Cette marque du mahdpH- 
rma (iii. 98) qu’on appelle ‘ accent <le Brahma ’ (brahmmmrald) 

1. 11 somhle que re soil rupininn ili? DiianuaitTila, i. tu (Nanjio, 1287). 

2. Consid^'Tuiis uii mninenl on etui de Pexi.sleiice de eette. nmiiere .subtile qui e.st 
Torgane de bi vue. line partie de cello inatiere o.si In rolribidioii d’nii acle niicieii ; 
line aiiiro pnrtie procede de i*aljiuejit : loiile celte inatiere e.st le fruit d'oconloiiienf. 
dll moment ou elat anterieur <laii.s rexisieiice de Mai.s ee- moment oii elat 
anterieur nV-st pa.s, par li.ii-ni(unc, capable d'eiigendrer le inoinrnt actuel : en effet, 
a la mort, Porganc <le Ja vue arrele de so repruduire. par oconleiiienl. I/organe de 
la vuc n’est done, pas d’ccouleinoiit par doliiiition. I'renez, nil coniraire, la chair 
qui coiLstitue le corp.s : elle persi-sle apres la iiiorl ; elle, e.st ilonc d’ecou lenient, 
fruit, a chacuii de.s moiiieiiis de son e.xi.slcnc.e, dii moment anterieur. 

Lc Kathfivallhu, xii. 4, xvi. 8, ne vent pas tpie lu nuitiere .suit nUribiition. 

3. Ncuf niison.s sont eiiumen;e.s dans Vibha.sil, 118, 1. Vasiibandbii cite la 
troisieme. 

4^ Les ValsT]iiitrTyas et los Vibhnjyavadiiis soutieiiiient que le son e.st de retri* 
butioq. 



70 


CHAPmtE PBEMi£B, 38 a*d. 


r4suUe de la pratique parfaite de rabstinence du langage injurieux 
(iv. 76 c) * \ Done le son est retribution. 

Etiologie du son. — Premiere opinion. II faut distinguer trois 
moments : (1) action ; (2) grands elements naissant de cette action 
et qui sont de retribution ; (3) le son, qiii natt des grands elements. 
— Deuxiemc opinion. II faut distinguer cinq moments : (1) action ; 
(2) grands elements de retribution ; (3) grands elements d’accumula* 
tion ; (4) grands elements d’ecoulement ; (5) son. — Done le son 
n’est pas ' de retribution parce qn’il ne procede pas immediatement 
de Taction. (Yibha^a) 

Objection. — A raisonner ainsi, la sensation coiporelle (ii. 7), 
n’etant pas produite immediatement par Taction, etanl immediate- 
meat produite par les grands elements nes de Taction (iii. 32), ne 
sera pas de retribution. ^ 

Reponse. — Mais la sensation n’est pas provoquee par Ic desir 
d’eprouver telle sensation, tandis que le son est provoque par le 
desir de parler. Si elle etait provoquee par le desir, clle nc serait pas 
de retribution. 

iv. Les huit dlidtus non susceptibles de resistance (i. 29 b), a savoir 
les sept dhMus de pensee et le dhartnadhdtu, sont d'oconleinent 
et de retribution ; d'ecoulcment, lorsqiTils sont prodiiits par le 
sabhdgahetu ou le sarvatrofjaJietu (ii. 52, 54), de retribution, 
lorsqu’ils sont produits par Ic vipakahetu (ii. 54 c). Ils ne sont pas 
d’accumulation, parce que les dhdtus immateriels n’ont ricn de 
commun avec Ta^glomeration (samcaya). [10 a] 

v. Les autres dhdtus, e’est-a-dire les quatre non mentionnes ci- 
dessus, les visibles, Todeur, la saveur, les tangibles, sont de trois 
especes : de retribution, lorsqu’ils ne sont pas separables de la 
matiere oiganique (i. 34), d’accumulation et d’ecoulement. 

38 a. Un seul dhdtu est ‘ contenant le reel ’ \ 

L’inconditionne (asofinskfia), etant permanent (sdratvdt == avi- 

1. Comparer Digha, iii. 173, cite par les Mahfisdipghikas dans Kathavatthu, 
xii. 8 : soddo v^fOtko. 

% dravyqvdn 



HiuaH-lsang, ii, fol. V b-10 a. 71 

mUdt), est ‘ chose reelle ’ (draoya). L’incoiiditionne fait partie dii 
dliarmadhdtii (i. 15) ; le dharmadhatu est done le seiil dhdtu qiii 
soit ‘ contenant le reel ’ (dravyavat). 

38 h. Les trois demiei*s dhdtun sunt ‘ d’nn niuinent ' 

Lcs trois d('miers rf/mlns sont Torgane mental, Tohjet de la con- 
iKiissance mentale, la coniiaissance nientale (manodhdlu, dhartna- 
dluihi, manovijndnadhdfu). 

Dans le faiscean d»« dhanmis dn nionnmt nomine duhkhe dhar- 
majddiut’kmtiti, ({iii est le premier moment dii cheinin de la vue des 
Verites (vi. 25) et par conse<[nent le premier moment qui soit piir 
(andsrana), ccs trois dhdtm sont ‘ non produits par la cause sem- 
bluhle a son elfet ’ (mhhdyaJietu) (ii. 52), car, dans la serie qui 
constitute la porsonne envisagee, aiiciin dharmci pur n’est encore 
iippani qui serait la ‘ cause semhloljle a son elTet ’ de la duhkhe 
dhurmnjiulmikHdniL G’est pour(|uoi ccs trois dhdlm sont nomin^s 
kmnika, d’un moment, parco que, pour un moment, ils ne procedent 
pas de ce genre de cause. 

Dans le faisceau consid^re, la penstie d laquelle est associee la 
iMdnti e»sl mamdhdtu et manooijhdmidlidlu ; les dharmas qui 
coexistent (sahdbhu) a cette pensce sont dlmruKidlidtu : discipline 
pure (iv. 13 c) ; sensation, pcrce|)tion, volition et autres mentaux ; 
prdptis (ii. 30) et myislcrtnkikmiias (ii. 40). 

Un proldeme a examiner. Celui qui obtient possession (sainau- 
vdyamam praiilahhale) de I’organe do la vue (cakHurdhdtii) alors 
(pi’il en etait auparavaut demuni (asamanvdgala), obtient-il aussi 
possession de la coniiaissance visuelle (cak^uroijndtuulhdtu) ? 
Celui qui obtient po,ssession de la connaissance visuelle alors qu’il 
cn etait auparavant demuni, obtient-il aussi possession de I’organe 
de la vue ? 

38 c-d. II pent y avoir obtention (Idbha) de Torgane de la vue 


1 . k^apik&i caraw&s trayah / 



72 


CUAPITRE PREMIER, 38 C-3!) b. 


(cakmrdhdhi) et de la connaissance vlsuelle (cakmrtijhdnadluU^^^^ 
soil a part, soil ensemble [10 b] 

1. Une personne deinnnie de Torgane dc la vue en prend posses- 
sion sans prendre cn ni^^rnc temps possession de la connaissance 
visuelle : (a) Tetre du Kainadhatii dont les organes apparaissent pro- 
gressivcment (ii. 14), car, avant que Vorgane de la vue apparaisse 
chez lui, il esl deja en possession dc sa connaissance visuelle passee 
(6tat intermediaire, iii. 14) ct future (sur la ' possession *, ii. 36 b) ; 
(b) I’etre qui meurt dans rAiTipyadhatu ct renait dans Ics cieux des 
trois dhydnas supt^rieurs, on manque la connaissance visuelle bien 
que Torgane de la vue y existe (viii. 13 a-c). 

2. Une personne d^munie de la connaissance visuelle en prend 
possession sans prendre en m^rne temps possession de I’organe de la 
vue : (a) Tetre ne dans un ciel des trois dhydnm superieurs pout se 
rendre pr6sente (sammiikhlknrm^^^^^^ une connaissance visuelle du 
domaine du premier dhydna (viii. 13) : il ne prend pas po.ssession 
de Torgaue de la vue qu’il possede deja; (b) Telrc qui toinbe d'un 
des trois dhydnaa superieurs et renait plus bas. 

3. Une personne derminie des deux prend possession des deux : 
I’etre qui toriibe de rArnpyadhatu et reiiaU, soit dans le Kanuulhalu, 
soit dans le premier dhydna (monde de Brahma). 

Nous avons jusqu’ici conipris le tonne qu’emploie la stance, Idblui^ 
obtention, dans le sens de jyratilamhhay prise de poss(jssion ; mais 
on pent aussi rentendre dans le sens de imipti, possession (ii. 36 b). 
La question se pose done : Celui qui est muni (samanvdyata) de 
Torgane visuel est-il aussi muni de la connaissance visuelle ? — 
Quatre cas sont possibles : 

(a) Tetre ne dans un ciel des trois dliydnas superieurs possede 
n^cessairement Torgane visuel, inais ne possede la connaissance 
visuelle que s’il se rend presente une connaissance visuelle du 
domaine du premier dhydna ; 

1 . caksurvijnanadh&ivoh sydtprthag Idbhah sahdpi ca If 

Vibha^fi, 102, 16, 87, 7 ; Dharmatrala (Nanjio, 1^7), i. 48 c. 



Hiuan-tsang, ii, fol. 10 a- 11 a. 


73 


(b) I’etrc dll Kamadhalii qiii n'a pas pris possession de Torgane 
visiiel au conns de la vie enibryonnaire ou qui devient avcMiglo : il 
reste en possession de la connaissaiice visuelle accpiisc an cours de 
Texistence interniediairc (iii. 14) on ala conceplioii ; 

(c) r^tre dll Karnadhatn qui a pris possessitin de rorgano do la vne 

et ne Ta pas perdu, Telre ne dans le ciel dn premier dhyaitay Telre 
r\6 dans iin ciel des trois dhydnas snporieiirs ipii se n.Mul presenle 
line coniiaissance vismdle dn doinaiiie dn premier ; ces trois 

categories d’fitres sont ninnies de Torgane ct de la coniiaissance ; 

(d) tout antre etre, Tetre do rArnpyadbalii, est deimmi do Vorgane 
de la vne et de la coniiaissance visuelle. 

La prise de possession (prnlilamhha) et la possession (snmati- 
vdgama)y siiiiultanee on non simnltanee, do Torgano ile la vne 
(cakmrdhdtu) 1 11 a] et dn- visible (rfipadhdtn), de la connaissaiice 
visuelle (caksurvijndmidhdtM) et dn visible, de Ttirgane de roiiTe 
(srotradhdtu) et du son (mbdadhdtaj, etc. seronl definios, coinnie 
il convieut, dans chaquc cas. 

Parmi les dix-buil. dhatm, coinbien sont ‘ personnels ’ on ‘ inter- 
nes ' (ddhydt/milca) ? Coinhien sont exiernes ? 

39 a-b. Douze sont personnels, a rexclnsion dn visible, eb*. * 

Sont personnels doiize dhdtuSy les six organes et levs six comiais- 
sances ; sont exteriies six dhdtiis, b‘s six objets de la coniiaissance, 
visible, etc. 

Mais comment peut-on parlor de dkdtiis personnels, de dhdtus 
externes, puisqu’il n’y a pas A'diman, de personne ? 

1. dvada4ddhyatmikd rfipadivarjydh. 

VibhQsfi, 13iS, 13. La fliff«5reiice enln; k\s dhnrmns porscmiipls (fidhyatmiha) 
et externes (bdhya) est triple : 1. dilTereuce an jioini de viie de la serie {natfifd- 
na): les dharmas qui se imuvenl dans la personne propre (scdfmabhdva) sont 
personnels ; ceux qui se troiivenl chez aiilrni, nt aiissi oenx (pii no sont pas inlo- 
gr<%s aiix etres vivants (asattvdkhya, i. 10 J>), soul externes ; 2. differeneo an point 
de viie de Ydyaiana : les dyaimias (pii sont lo sup[»ort (d^raya) dj> la pensc^e 
et des inentaux sont personnels ; ceux qni en sont rohjel (dlambann) sont exler- 
nes ; 3. ^dilT^rence au point de viie de Tolre vivant : les dharmas inlegres aux 
^tres vivants peuvent 6trc personnels ; les uiitres sont externes. 



74 


CHA PITRE PREMIER, 39 b-d. 


* La pensee cst I’objet de I’idee de nioi, la pens6e est ce que Ips 
homines prenneiit faussement pour leur inoi. La pensee revolt done 
phr in6taphore le nom Xaiman. Rapprochez, par exemple, ces deux 
lignes de I’Ecrilure : « An moyen de Yatman bien domptn, le sage 
obticut le ciel », et : « II est bon de dompter la peiis('*c ; la pensee 
domptee apportc felicile » (11 b]. Or les organes et Ics connaissan- 

ces sont proches (inratyasamia, ahhymanna) do la pensee a laquelle 
on donne le uoni iYdtinnn : ils on soiit on elTet le point d’appui 
(a&raya) ; done on les qnaliflo ‘ internes ‘ personnels adhydt- 
mika, tandis que le visible ct les nutres objets de la connaissanee 
sont tenus pour ‘ externes hahya. 

Mais peut-on dire que les six connaissauces sont le point d’appui 
de la pensee? Elies ne sont le point d’appui de la pensee que lorsque, 
ayant peri, elles acquierent la qnalite de inamdltdlH on organe 
mental (i. 17). Done elles ne sont pn.s personnelles. 

Cette objection est suns valeur. Lorsque les connaissances, ayant 
p«jri, deviennent le point d’uppui de la pensee, ce sont bien ces con- 
naissances monies qui deviennent point d’appui : done, avnnt de 
devenir point d’appui, elles ne sont pas (jlrang<>res a la qnalite de 
point d’appui. Elles sont done personnelles en raison de leur future 
qualite de point d’appui. — S’il en etait antrement, I’organe mental 
(manodhdtv) serait seulement passe ; il ne serait ni fulur, ni present. 
Or il est bien ontendn <pio les dix-huit dhdtm a{ipartienrient aux 
trois epoques. — D’uilleurs, si la connaissanee future ou presentc 
n’a pas le caractere de mamdhdiu, il est ulisurde de lui attribuer 
ce caractere une fois (pi'eUe est passee. Car un dharnia ne change 
pas de caractere an cours du temps (v. ; Vibh&$a, 21, i$, 39, s). 

Parmi les dix-huit dhdtits, conibien sont sahhdga, ‘ actifs ’, ‘ en 
mutuelle assistance ’ (voir p. 77 au bas) ? Combien sont ta^abhdga, 
‘ analogues a ce qui est sahhdga ’ ? 

1. Attnand hi sud&ntma svargatft prdpnoU panditah 

ciltMpa datnattatp sAdhu cUtatp dantatp sukhdvaham 

Voir Udan(ivaiga, xxiii ; MadhyamakavrtU, p. 354 ; Dhammapada, 160. 



Hiwm-iaang, ii, fol. 11 a-12 a. 75 

39 b-c. Le dhMu nomtn^ dharman est sahhdga, 

Un objet de connaissance (visaga) est qualific mhhaga [12 a] 
lorsque la connaissance dont il constitue le domaine propre est nee 
ou destiii4e a nattre & son endroit. 

Or il n'est pas de dharma h I’endroit duqncl ne soit nee ou des* 
tinee k naitre une connaissance mentnlc sans limite (ananta mano- 
vijftdna). Tons les Saints en effet produisent nccessairenient la 
pens4e : « Tous les dharmas sont impersonnels » (vii. 13 a). Il est 
vrai que cette pensee ne porte ni sur elle-nieine, ni sur les dharmas 
qui lui sont coexistants (sahabhu, ii. 50 b) ; mats cette pensee et les 
dharmas qui lui sont coexistants sont I’objet d'nn second moment 
de la pensee de i’univeiselle impersonnaIit6 ; tous les dharmas sont 
done inclus dans I’objel de deux moments de pensee (vii. 18 c-d). — 
Done le dharmadhatu, objet propre de la connaissance mentale, 
est, dans sa totalite, sabhdga, actif on taut qu’objet. 

39 c-d. Les autres dhdtus sont aussi tatsabhdga ^ 

Le mot ‘ au.ssi ’ inontre qu’ils sont sabhdga ct IcUsabhdga. 

Quand sont-ils lalsabhaga ? 

39 d. Quand ils nc font pas leur ceuvre propre \ 

Ce qui implique la definition : iLs sont sabhdga quand ils font leur 
oeuvre propre. 

1. L’organe dc la vue (cakmrdhdlu) qui a vu, voit ou verra les 
visibles (rdpdni), est qualifle saJbhdga. — De mftme en ce qui con- 
ceme les autres organcs, cn indiquant pour chacun son objet (visaya) 
et son operation (karUra, purusakdra, ii. 58) propres. 

2. D’apres les Vaibhfi^ikas dii Kasmlr, I’organe de la vue est tof- 
sabhdga dans quatre cas ; I’organe de la vue qui a peri, qui p6rit, 
qui p^rira sans avoir vu, et I’organe dc la vue non destine a naitre 

1. dhttrmasafiijkakah / aabh&gah, 

Ptrakara^a, fol. 18 b 15.19 a 4. 

^ taUabh&go ’pi iefo. 

3. yo 'avakamMhft // , 



76 


ClIAPITRE PREMIER, 39 d. 


(aniitjyattidJmrman) (v. 24) [12 b]. D’apras los Occidentaux (pdicdn 
lyaji rorgano de la vua non destine a naitre constitue deux categories 
suivant qu’il est accompagno ou non acconipagne (sampraytikla = 
samhaddha) do connaissancc visnolle. 

De m6ine on ce qni ooiiceriic les aiitres orgaiies de la connaissancc 
sensible. 

Qiianl a Torgano mental (manodhdlu), il est tatmhiulga lorsqu’il 
n’est pas destine a naitre ; en effel, qiuind il nait, il a lonjours uii 
objet 

3. Les visibles qui out etc vns, qni sont viis, qni seront viis par 
Torgano de la vue, sont sahhdga. 

IIs sont talmhhflga lorsqu’ils out peri, perissent on periront sans 
avoir etc vns et lorsqn’ils no sont pas destines a naitre. 

Do memo en ce cpii concorne les antres objets de la connaissance 
sensible en indiqnant pour cliaeim Torgano et roperation qni lui cor- 
respondent. 

4. L’organe do la vne qni est sabhdga ou lalsabhdga est tel pour 
tout le inorubs pour la personne a laqnello ap[>artient cet organe, 
pour les antres persfumes. Dc mOme les antres organes. Mais nn 
certain visible est sabhdga pour la personne qni le voit, tatsabhuga 
[K)ur la personne qni no le volt pas. Kn elTet, le visible (pio voit nno 
personne pent etre vu par plusieurs, par exemple la lime, une repre- 
sentation scenique, unc jonte ; tandis quo deux personnes ne voiont 
pas an moyen d’un mOme organe. Par consequent, rorgane de la vue 
n’etant pas commiin, e’est par rapport a une personne qu’il sera 

1. VibhRsa, 71, 8. I/orgmie qui a vu, voil on verra Ic rnpa, et le tatsabhdga 
(c’esl-a-dire Vorgane qui ressenible a ec?l organe), c’esl le cnkmrdhdtu. L’organe 
qui a vu, c*est le cnkmrdhdtu passe ; Torgane qui voil, p/osl le cakmrdhdtu 
present ; Torgaiie qui verra, e’esl le cakmrdhdtii futur. Quant au tatsabhdga, les 
dofleurs de eo pays disnit qu’il est de quatre esperes : Taiil tatsabhdga passe, 
prtVsent, futur, e’est le caksurdh&tu qui a peri, peril, perira suns avoir vu le rUpa ; 
il faul njouter, qiialritMue, le caksurdhatu qui ne naitra absolumeiit pas. 

Ijos doeteiirs elrangers (bnhirde&aka) disent qu’il est de cinq especcs : passe, 
present, futur, comine ci-dessiis. En outre, le caksurdhdtu futur qui ne naitra 
absolument pas, de deux cspeces : suivant qu’il est, ou non, associe a la coim^is? 
sance, *. 



Miuan-tsang, ii, fol. 12 a-13 a. 


77 


qualiHe sabhdga ou tatsabhdga : Torgane do la vuc est sahhdga 
quand il voit un visible, alors ni^me qa’il n’a pas vii, ne voit pas, iie 
verra pas iin autre visible. [13 a] An contraire, le visible est coin- 
muii : on le qualifiera sabhdga et tatsabhdga eii se pla<;ant au point 
de vue de nombreuses persoiiues : il est sabhdga par rapport a eelles 
qui le voient, tatsabhdga par rapport a cellos qiii ne le voient pas. 

Il en va du son, de Todeur, de la savour et du tangible comme du 
visible *. 

Soit, dira-t-on, cn ce qui conceriie le son (jiii, comnie le visible, est 
pergu a distance et peut etre per?u par plusieurs personnes (i. 43 c-d). 
Mais pour roileur, la saveur et le tangible, ils ne sont pas |)en;us a 
distance, ils sont per(;u» soidement lors(}u’ils entrent en relation tHroite 
avec Torgane ; done rodeur qu’une personne pertjoit n’est pas perdue 
par une autre. Done ces objels ne sont pas coniinuns, ot nous devons 
les assiiTiiler aux organes quant a la (jualilication sabhdgu, tatsa- 
bhdga : quand ils sont sabhdga pour une personne, ils sont sabhdga 
pour tout le nionde. 

Nous repondrons : Nous rogardons ces objels comine coininuns, 
parce qu’ils peuvent I’etre. Il se peut en elTel que Todeur le meine 
groiipe atoiniipie d’odeur — qui produit la counaissanco de Todorat 
chez une personne, soit aussi perejue par une autre. Or il n’tui va pas 
ainsi des organes. Par consequent les odours, savours et tangibles 
doivent etre assiinilos aux visibles et aux sons. 

5. Quant aux six connaissances, elles soul sabhdga ou talsaUuiga 
suivant qu’clles sont destiiiees a naitre, non doslinoes a naitre. Comme 
Torgane mental. 

6. Quel est le sens des expressions sabhdga, tatsabhdga ? 

Par bhdga, il faut entendre les services muluels (anyonyabhajanaj 

1. Vibhfisii, 71, 9. — Trois opinions. — Peut-oii voir Je 9^pa au iiioyoii «le TiHiJ 
(I’auiriii? — Qui soiilient pareille opinion? ~ Si on ne pent voir uu iiioyen Je 
I'oftil d’autrui, comment Tmil trim certain etre poiiiTu-t-il tJre notmn^ sahhdffa 
par rapport aux autres filres ? — Parce que raclivile Je est dt^fiiue : celte 
activity consiste & voir. Lorsque rmil, aprds avoir ^16 actif, a p6ri, on I'appelle 
acgth&ga : ni pour la personne meme, ai pour uutrui, ce noin de sabhdgu ne 
change. De mSme 



CHAPtTRE PREMIEfi, 39 d'40^ 


1 ^ 

que se rendent les organes, Ics objets et les connaissances, en leur 
quality de point d’appui de la connaissance (d£rai/q), d’objet de la 
coiinaissancc (visaya), dc connaissance s’appuyant sur I’organe 
(dsrayin). On bien hlidga signifie possession (bhajana) de I’activit^ 
ou de Toperution (kdritra) : I’opc^'alion des organes est de voir, etc. ; 
Top^Tation de I’objet est d'etre Tobjet de la connaissance (visaya, 
dlambana), d’etre vn, etc. ; I’opdration de la connaissance est d’etre 
sujet de la connaissance, d’etre ‘ discerneiir ’ (vijhdlftva). 

On noinme sabjidga les dhapnas qui possedent (sa-J le hhdga, 
e’est-a-dire les organes, objets et connaissances qui sont munies de 
leur operation propre (kdritrabhajana), ou bien les organes, objets 
et connaissances qui se rendent niukielleinent: service (anyonyahha- 
jana), Ou bien sont sahhdga les dharmas qui out pour efFet un 
niemc ‘ contact ’ (sparsa), la rencontre de I’ceil, dii visible, de la 
connaissance visuelle, etc. (iii. 22). * 

Ce qui n’est pas sabhdga, imiis cependant est analogue au sabhd- 
ga, est nomine lalsabhdga, e’est-a-dire ‘ analogue (sabhdga) a cela 
(tat) \ e’est-a-dire ‘ analogue au sabhdga ’ (sahhdgasabhdga), * 

Coinbieii de dhdtns peut-on abandonner (hd, prahd, v. 28, vi. 1) 
par la vue des verites, en d’autres termes par le cheinin de vue 
(dar&anamdrga) ou par la vue (dariana) (vi. 25 b) ? Combien par 
la meditation ou consideration repetee (bhdvami) des verites, en 
d’aiitres termes, par le cheinin de meditation (bhdvandmdrga) ou 
par la meditation (bhdvand) P [13 b] Combien de dhdlus ne sont pas 
a abandonner, ne peuvent etre abandoiines ? 

40 a-b. Dix et cinq sont abandoniies par la meditation ; les trois 
deniiers sont de trois especes \ 

1. En expliquaiit bhaga au passif, bhajyuta Hi bhagah, 

2. L’ceil qui p^rit sans avoir vu est seiubluble A I’cDil qui voit, etc. 

Les Msdhyamikas (Vrtti, p. 32 et la note qui doit £tre corrig^e) tireiit parti de 
cette th^orie : « En reality, Tceil sabhaga ne voit pas le visible, parce- qu*il est 
orgaiie, tout couiiiie Ic tatsabhaga : » na paramdrihatdh sabhagatp cak^h 
paiyati rupani, caksurindriyatv&t, tadyatha tatsabh&gam, 

3. ddiia bhavanaya heydh paHca edntyds irayas iridhd / 

Yibha^, ^51, 9 . — Le iiifime probl&me est examine dans VibhaAga, p]p. 12, 16, 
97, DhammasaAgani, 1002, 1007, 1008. 



Hiuan-isang^ ii, foL 13 a-b. 19 

i. Les dix dhdtus materiels, organes et objets, el les cinq connais- 
sances scnsibles, sont abandofuies pur la imyitation. 

Les trois derniers dhdtm^ orgape menial, objel mental, connais- 
sance mentale, dii point de vue de Tabandoii, comporlent des dhar- 
mas de trois especes : 

(a) Sont abandonnes par la vue quatre-vingl-dix-lmit amiiayas 

(v. 4), avec les coexistantsfiaftafifow;^ — quo cos coexistanls 

soient de la classe samprayukta (ii. 24) ou do la classe inpraytikta 
(ii. 46, lakmnas et amdakmnas) ; — avec les prdpiis (ii. 36) des 
dits anumycus et des dits coexistants, avec la ^\i\^(aHH 2 )rcqdi{i et 
Inksanas) des dites prdptis. 

(b) Sont abandonnes par la meditation les autros dharmas irnpurs : 
1. dix anumyas (v. 5) avec coexistants, jmiptiSy etc. ; 2. les sams- 
kdras bons-impurs (kmalmdsrava) et non-souilles-non-dtdinis (ani- 
vrlavyakrla) (ii. 66) ; 3. Vavijhapti impure avec sa suite (iv. 13). 

(c) Ne pouveut 6tre abandonnes les dharmas purs, c/est-a-dire les 
iue.ondilionues et les dharmas qui font parlie du Chemin. 

ii. Objection. Les ValsTputrlyas croieiit quo, non seulenient les 
qualre-vingt-dix-huit ammiyas^ niais encore d’aulres dharmas sont 
abandonnes par la vue. (1) La qualite de Prtbagjana ' cst un dharma 
non-souillt^-non-defini : vous la rangez parini les dharmas abandon- 
iies par la meditation ; (2) I’action corporelle ou vo(iale mauvaise, 
retribuee par unc majivaise deslinec, est ‘ malien* ’ (riipa) : vous la 
rangez aiissi dans la seconde categoric. Or la qualite de Prtbagjana 
et Taction qui cause line mauvaise destinee sont en contradiction 
avec le Chemin, avec le chemin de la vue des verites (darsanamdr^ 
ga). Done, d’apres nous, Tune et Tautre sont abandomunis par la vue. 

Pour refuter la these des YatsTputrTyas, Tauteur dit au plus court : 

40 c.d. Ne sont abandonnes par la vue des verites, ni le ‘ non- 
souill6 ’, ni ce qui est matiere, ni ce qui est ne du non-sixieme \ 

1. Sur la quality de Pfthagjana, ii. 40 c, vi, 26 a, 28 c>d. Dans V'ihhasri, 45, 1, 
explications divergeiiics de Vasumitra, Bhadanta et Gliosaku. 

2. na drstiheyam aklistam na rtipatit napy asasthajam. 

Voir ii. 13, iv. 11 a-b. 



CU.<PITR£ PKEMIEB, 4o c-4^. 


80 


!• Rien do ce qiii ii’est pas soiiillo (klista)^ do ce qui n’est ni mau- 
vais (akumla), iii soiiille-iioii-deliin (nivrldvydkrta) (ii. 66) ; rien de 
ce (jui est malcriel, iie pent etre abandonne par la vuc des v6rites. 
[14 a] , / 

Or la ([ualito do Prlhaj'jana ii’(‘st pas soiiilleo : elle pent apparteiiir 
a riioiiime (pii a roinpii los raciiios dii bien (iv. 79), die pent appar- 
tenir a rboiniiie qiii esl ' dolache ’ (vUardga). 

Or ractieii corpordle et Taclion vocale sent rupa, 

Ija qualite do IVlbaj^jana et raction corpordle on vocale no soiit 
pas contradietoiros (vipralipaHi) aux verites, — car la |)remiore 
1. n’cst pas .soinll('»o par les passions (klem), 2. n’est pas line con- 
naissance, iin dharma qui ait un objot (andlambaka) ; car la secoiide 
n’esl pas un dharma qui fiit iin objd. Done ni rune ni I’antre ne sont 
abandonrieos par la vue des verites. 

En outre, si la (|ualile de Prthagjana etait abandonnee par la vue, 
il s’ensuivrait (ju’dle exislerait an premier slade du diemin de vue, 
-■ ce ({ui esl inexact 

2. Par ‘ sixieino il faut entendre Torgane mental. On appdle * ne 
du noii-sixieine amsfliaja, ce ijiri est ne d’lin organe ditTeirent dii 
dxioine organe, e’est-a-dire, ce qui esi no des cinq autres organes, 
organe de la vue, etc. il s’agit de la connaissance visuelle, etc. — 
Ceci aussi n’est pas abandonne par la vue. 

Panni les dix-huit rfAri/ai^'/c^ninbien soiib* vue ’ (dnf/i)? 

41 a-b. t; organe de la vue et liuit parties du dharmadhdhi sOnt 
vue \ 

Quelles sont cos Iniit parlies du dharmadhdta ? 

Les cinq opinions faiisses (drsti)^ donl la premiere est la croyance 
au moi et an mien (satkdyadrsH) ; dies seront definies dans le eba- 
pitre des Anusayas (v. 7). — La vue correcte (mmyagdrsti) mon- 

1. On ven-tt que le pnniiiei’ stade esl anantaryaniarga, ‘ cliemiii qui detruit 
la passion *; le second stade est vimukHmargaf * clieiniu de la delivrance cheniin 
duns lequel la' passion est di-Hruito (vi. ^). 

caksti^ ca dhannadhiiM caprade^o drstir astadhd / 



Hiiian-tsang, ii, fol. 13 1^15 


81 


(laine (Imikikl), c/esUii-ilire haprajud (ii. 21) associtki a la coiiiiais- 
saiicft mentalc, bonne (kmala), niais inipuro (sasrava), — La viie 
(L»s Saiksas (iaikft drdi), c’cst-i-Jire la vue pure et propre au saint 
qiii n’ost pas Arbal. — La vne <les A.^aiksas (asaiks‘1 drdi), c’est-a- 
dire la vue [Hire et propre a TArhal (vi. 50). 

Ges huil dliarmas, qui font partie du dharinadliMu, sont ‘ vue ' 
(drsli). 

Goinparaison. A la inaniere dont les visibles sont vus dc nuit et de 
jour, par eicd ntiagcux et |)ar ciel dair, de meine les dkarmas sont 
vus (1) par la vue inoinlaine souillee, — cinq opinions fausses ; 

(2) par la vue inondaine non sonillee on vue corrode niondaine ; 

(3) par la vue miksi : (4) par la vue wm-miksl. 

Poiirquoi la vue correcte niondaine s eritendMOb^ sriuliMneid de la 
prajhd associee a la connaissance nienlale ? 

41 od. La prajhd qui nalt avec les cinq connaissances sensibles, 
ir<.‘st pas ‘ vue ’ parce qu’elle ivest pas jiq.i;e.nent apres deliberation *. 

liU * vue \ c'esi tlrana, mmtiramiy c est-a-dire jiq^enuuit [irecedd 
<le la considLaalion de lobjet (npanidliynna)'^. Or hi prajhd (|ui 
nait avec les ciin] connaissances siuisibles ne presente |)as ce carac- 
tere. Done (die nV'st pas • vue — Pour la nieine raison, il arrive 
quo la prajhd, ineine nuMilale, sonillee uu non souilbM^, ne soil pas 
‘ vue ’ ; a savoir, lorsqu’elle est purement intuitive (vii. 1). 

Mais, dira-t-un, rori<ane de la vue ne possede pas un ‘ jugeinent 
precedi'! d(^ la consideration de lobjet ' Goniinent dites- 

vous ipi’U est ‘ vue ’ Oir-sU) ? [15 a]. 

' \5i( 3 ’ s entend ici de la vision (dlocana) d(js visibles (rupa), 

42. Cost rorgane de la vue qui voit les visibles, quand il est 
mhlidga ; ce n’est pas la connaissance. donl cet organe est le point 

I. paHmvfjHdiiasuhajd dhlr na drstir atirandt If 

djii uu lieu di! prajhd^ pour des rdsuns prosodiipieij (ii. 57 d). 

upanulhydna, viii. 1. • 



Si^ GHAr^iTRE PREMIER, 4-2. 

d’appiii, car le visible, offiiscpie, n’esl pas vii. Telle csl l opinion des 
Vaibbl^ikas *. 

i. Le Vijririnavridin est lui docteiir <|ui altrilnie la viio, nrtn pas a 
1 orgaiie de la vtu;, mais a la eonnaissaurt* visiielle. 11 dil : Si Torgane 
veil, rurgano d'iine persoiiiie occupeii a une conuaissaiice auditive 
ou tactile, verra (i. G c-d). 

Nous lie disons pas quo tout organe do la viir' voil. L'organo do 
la viie vuit quaiid il est mbhruja (i. *\% cV'sl-a-dlro quand il ost 
conjugue a coniiaissaiigo visiadlt*. 

Mais alors, ce qiii voit, c ost hi«‘ii la connaissanoo ipii s’tqipiiie sur 
I’orgaue de la vuo. 

Noil pas. Car le visible, ofllusipie par uii inur ou tout autre erran, 

1 . caksuh pa^ynti nipiinl sahhfifjam na truhisrifam / 
vijiidnam dr Ay ate rtlpnm na kildniaritam yalah // 

Voir NyfiyaijindulTkiitippanT, p. ^0 ; I^Mihirarvriviiifirapaiijiliri, p. a^l ; Aillia- 
s&liiiT, p. 401); Warroii (Visiid4lliiiimmLi:;0, p. ; Dmldliisl IVyrholitgv, ]>. i'ril, 
iiole ; Sp4Mico llurdy, Miiiiiiiil. p. 410. Kalliriviiilliti, xviii.O, lu'i l:i llu’-so. : ^ lAril 
volt », ost siUril)ii«'>o uiix Miiliasilnigliikus. Coinpana* Stiiiiayai>h*‘du, WassiliolV, 
p. J2(iS2. WaissiJiHff rosuine la ilisiMissioii <Ju Knsji, p. MUS (tiiiv ; - das Aiigo iiiclil 
lias Mass ties Siclilbaron aieUt <*l non pas ial >*.) 

VibliasS, 95, I. D'apvos iino opinion, ttuis li*s sam.dirlas soul, di- liair nuliirr, 
viie (dfitii). Ce qiron (.‘iiltnid par viio, r'esl lo rararloro inunilVsh*. do la inanioiv 
d’etre (p^iupraedra), T<his les fnimskrtas possodenl. re rararlere. D'anlres disenl 
fpie lu eoiifiaissaiiee de Ja suppression des passions el <le la nnn-j»rndtielioii 
(kHaytXnuipddajndna, vii. 1) est viie. ir), i. Dhannalrata dit quo la eunnai '.- 
.sance vLsuello (caksurvijudnn) voil les visibles, (ibosaka dil ipie la prajfia 
tissodeo u la eoiinuissaiire visiielle voil les visibles. Le Darslaiilika dit «pie le 
‘ eoinplexo * (sdmnyri) voit les visible.s. Le. ValsTpiilrTya. »lil ipi’iin seiil odl voil 

lea visible.s Si la roniiai.ssanee visiielle voit les visibles, la eoiinaissanee aura 

pour earaohere la viie ; or ee n’esl pa.s le. eas : iloiie eelle opinion esl faii.sso. Si la 
prajiid assoeiee a la eonnaissaiiee vi.snelle voil les visibles, la pnijua assoriiH* a 
la connaissaiiee de rouYe eiiteii<lra les .sons ; or la prajdd n'a pus pour earaetere 
rouYe ; done eelle ojiiiiioii esl raM.s.se. Si le ^ eoinplese ’ voil les visibles, on verra 
toiijoiirs les visibles, ear le ‘ eoiiqdexe ’ e.sl loiijours realise. Si ini o>jl, non pas les 
deux yeux, voit les visibie.s, les parlies dii eurps ni^ .sciiliront pas eii inejiie tiunps 
les tangibles : de ineiiie quo les deux bras, qiioique dislani.s, peiivent .simidianiMiient 
seiitir le tangible e.t produire uiie setib* eoiiiiaissance lurliii:, d(^ ineme les d«.‘iix 
yeux, quoiqiie dislants, (|uel obstacle a re qn’ils voieid .sininitaneiiieid et produi- 
sent une senle con]iui.s.suiice visiielle ? 



Hiuan-tsang, ii, fol. 15 a-b. 


83 


ii’est pas vu. Or la coniuiissaiice esl iiiinmtorielle, non susceptible 
tretre repuussee (apmtiyhay i. 29 b). Done, si la connaissance visnelle 
voyait, elle verrait inenie les visibles offusqiies par un ecran. 

Le Vijnanavfidin repliqiie. l^a connaissance visnelle ne nait pas a 
regard des visibles olfusques ; ne naissant pas a leur egard, elle iie 
les voit pas, 

Mais pourquoi iie nait-elle pas a Tegard de ees visibles? Pour nous, 
Vaibha^ikas, qui attribuons la vue a Torgane et qui admettons que 
I'organe, iibiwi mpntfiyhn , susceptible d'etre arrote, n’exerce pas son 
activite a I’egard des visibles olfusques, nous expliquons aiseinent 
comment la connaissance visnelle no nait pas a Pegard des visibles 
olfusques : la connaissance. en effet, exerce son activite sur le nK>me 
objet que son point d'appui. Mais si vous croyez que la connaissance 
voit, comment expliipiez-voiis qu’elbi no naisso pas a regard des 
visibles olfusqiies ? 

2. I/auteur prend a son c<)mpto ropinion du Vi jnruia vruliii et repond 
a la derniere repli(jue du Vaildnlsika. 

Soutenez-vous que Torgano do la vue voit son (>bj<d en entrant on 
: elation etroito avoc son objet, a la nianiero (bail I'organe du tael 
sent le tangible ? (i. 43 c-d) Dans celto hypotlieso ^•(»mpr(»ndrais 
(pje Porgaue de la vue, etant susceptible d’etre arrote, ne vit pas les 
visibles olfus([ues. Mais vous soutenoz que rorgane d(‘ la vue voit a 
distance : vous ii’avez done pas le droit de dire qu(% elant snsceplibbi 
d’etre arrel(\ il ne voit pas les visibles olfusques. — D’ailleurs, on 
voit les visibb‘s olfusques par le veriv, le image, le cristal et Teau: 
comment oxpliqiiez-vous co fait? fl5 b|. — Je dirai done quo la con- 
naissanco visnelle voit ; elle nait a legard des visibles otfnsqiies 
lorsqiie lecran ne fait pas obstacle a la lumiere ; elle ne nait pas dan.s 
le cas contraire 

3. Le Vaiblnlsika fait appel a rKcrilure. — Le Sotra dit: « Ayant 
vu les visibles par Torgane do la vue » \ Done I’organe voit, non pas 
la connaissance visiudle. 

lu Ihestj du Bhailaiila (V'^ibhiisu. la, 7.). 
caks^isa rupiXni drstvd .... cite iii. 3^ d. — Sumyuktu, 13, 4 ; A'^ibliangu, 



84 


CHAPITIIE PUEMIER, 4 ^. 


Nous repondoiis qiie le Satra enteiid dire : « Ayant vu les visibles 
an nioyofi de Torgane de la vue coniiiie point d’appui (lena d&ray- 
enajj en s’appiiyaiil (dsrilya) sur Torgane de la vue. » En effel, le 
iiieine Sutra dil: « Ayant diseerne (cijndya) les dharmas par TorgMiie 
mental (manas) » : or etd organe, etant passe (i. 17), no disirerne 
[)as ; c’est par la coniiaissanee meiitale (ni(im)v{judna) iju’on discer- 
n(‘ ; done, si le texli* tlil : « par I’organe inontal il vent dire : « en 
sappuyant sur Torgane inenlal. point crappui dti la eonnaissance 
mentale ». De nieme pour la vue et rorgaue de la viu*. 

On pent aussi aduadtre quo le Sutra altribue au point d’appui, a 
Torgane, Tai-te qui apparlienl a re qui prend |)i»int (rappui, e’est-a- 
dire a la ronnaissanee. On dil dans le nionile ; « l<\s banes erient » ; 
les baiies soot les j)ersonnes assises sur les banes. 

C4ette inaniere de dire (‘st coiniiiune dans rEcriture. Nous lisons 
que « les visibl(?s, agreabl(‘s et desagreables, soul diseernes (vijneya) 
par Torgane de la vue ». Or vous ne soubuie/ pas que Torgane de 
la vue diseerne. Vous altribuez b? diseerntuiuMit a la eonnaissanee 
donl rorgaue de la vue est le piuiit d\appui. 

Le Sntra (Sarnyukla, 9, dil aussi : « L’organo ile la vue, 6 Brah- 
inaiHs t?st la porte (dmraj «le la vue (darmnCiya) des visibles ». Ce 
texte prouve (pie la eonnaissanee visuelle veil par eelte [Mirte qui est 
Torgane de la vue. Vous ne soulimdre/ pas ipie ‘ porte ’ signifie 
* vue ear il siirait absurd«? de din* : 'c l/orgam^ de la vue (^st la vue 
de la vue des visibl(‘s » [ Di a(. 

4. Objection du Vaibliasika. - Si la (M»nuaissanee visiudle voit 
(pa&yaii), qu’est-ce (pii diseerne (vijdndti) (i. 48 a)? 

Ouelle est la difftu'ence enlro ces (kpx operations de voir et de 
discerner, qui ferait qu'un miniie ne pourrait en memo temps 

voir et discerner ? N’est-il [las admis m'une certaine sorte de imijhd 
(darmndtmikdy vii. 1) voit (pOHyali) et cuimprend (pmjdndti) ? * 
De meme ime certaine eonnaissanee, la eonnaissanee visuelle, voit et 

p. 381 ; Muilhyamiikuvrtti, p. 137 ; Dhaiiiumsun^ani, 507. — CVsl l^urguineiit des 
MaliSsHiughikas, Kiithavaithii, xviii. 0. , 

1. CompUrer la fonnule : tasyaivam janata evum pu&yaUih.... , 



Hiuau-tsang, ii, foJ. 15 h-lC n. 


85 


(liscerne. II ivy a hi ({iriine seule operntion desigia'ie par denx noms. 

5. Certains partisans de la these : « La connaissance visnelle voit » , 
a savoir les VritsTpntrTyas, objeclont : Si Torgane de la vno voit, 
(|iiellc est done Taction de vo\v (drsikrUfd), existant a part 

que vous attribnez a cet organa, agent de cette action ? 

L’objeclion n ost pas a faire. De nieine (jne vous vonlez quo la 
connaissance discerne (vijdtidti), sans adinettre do dideronce outre 
Tagcnt cl Taclion ; de memo nous adtnoltons quo Torgane voit. 

6. D’apres unc a'.itrc opinion, cello d(\s Dluirinaguptas, e’est la 
connaissance visnelle qni voit ; iimis, comnio Torgane do la vuo ost 
le point d’appiii de cette connaissance, n\\ (lit ipTil voit. Do memo on 
dit quo la (doctie iTsonno, parce qiTelh* ost 1(‘ point (Tappui dn son. 

Mais, d’apivs ce principe, on (h'vrait dire aussi que Torgane de la. 
vuo discerne (vijdndti), (rar il esl hi point (Tappui (hi la connaissance 
(vijndna) visu(dle. 

Non. Car dans hi rnonde on esl convenn de donner a la connais- 
sance visufdh* lo nom (hi vno (darmna) ; on ofTid, lorsipio celto 
connaissance se prodnit, on dit : « liU conhair esl vne (drda) » ; on 
no (lit jias (pie la conhair ost discoriiiHi (mjhdla), Et la Viblifuja (95, a) 
confirme : « On appelle ‘ vn ’ ce qiii (\st alba'iit par Torgnnii de la 
vuo, (io <]ni toinbe dans son layon (caLmhmnipmpU^^ caksurdbhd- 
sagala) ot ost poirn (annhliula) par hi'connaissance ». On dit done 
dans le rnonde (pie Torgaiui do la viKi voit, parce (pTil est h* point 
(Tappui do la c(»nnaissance visnelle (pii voit ; on no dit pas (pTil 
discerne, parc.ii quo T()p(yration attribiuic ii la connaissaiKM; visnelle 
esl la vuo ot non pas le discmnoinent. — D'autro part, qnand on dit 
de \ii coimaiiiiiancc (mjudiif^^ ipiVdle discerne, on iTenlend pas (jiTelle 
discerne en taut rpTelhi ser(i|t:ie poinl.(|j|uppni (Tun certain discoriKi- 
inent, conniK? on (intend que Iprgane de la vne voit parco (pTil i^st le 
point (Tappui (hi la connaissance visncdlo. On onbiiid qiu? la connais- 
sance discern (i par elle-inorne, (pTelh' (?sl en soi disceriHiment. De 
menie rpTon dit (pie le soloil fait le jour. [1(5 bj ' 

Bhasya : vijiidnatn tu samnidhyanuttrena yntliri siiryo divasakara iti. 
Vyakhya^: vijimntiffi in mmtMhyamdtreneti nmmyabhavayoyvieti dnr- 



86 


CHAPITRE PREMIER, 42-43. 


7. Opinion dii Santrantika. - Quelle discussion dans le vide ! Le 
Sutra enseignc : « En raison de Torgane do la viie et des visibles 
nait la connaissance visuclle » : il n’y a la ni un organe qui voit, 
lii iin visible qui esl vu ; il n’y a la aucune action de voir, aucnn 
agent qui voit ; ce n’est que jeu de causes el elTels. En vue de la 
pratique, on parle a son gre, inotaphoriquemenl, dc ce processus : 
« L’teil voit ; la connaissance discerne ». Mais il no faul pas se pren- 
dre a CCS inetaphores. Bhagavat Ta dit : il ne faiil pas sc prendre aux 
maniercs de dire populaires, il ne faiit pas prendre an serieux les 
expressions en usage dans le moinle 

8. D’apres le systeme des VaibhUsikas du Kasmlr, Torgano de la 
vue voit, Torgane de I’ouYe enteiid, Torgane de Todoral sent, I’organe 
du goutgoule, Torgane du tact louche, Torgane mental discerne. 

Les visibles sonl-ils vus par nn ceil on par les deux yeux ? 

43 a-b. Les visibles sont vus par les deux yeux aussi, conime le 
dtMiiontre la clarte do la vue *. 

11 n’y a pas de regie fixe : on voit par un «ril ; on voit aussi par 
les deux yeux, 

Les Abliidharmikas disent : « Vue aussi par les deux yeux ; les 
deux yeux «Hant ouverls, la vue est plus claire ». En outre lors- 
qirim ceil c*st ouverl 1 17 aj et rautre a deini fiM-ine, on aper^oil deux 

sayati / ynthd afiryo dimsakara iti ( yatha samnidltyaiuatrena suryo diva- 
saty. knroiUy ucyata tntlKi vijiianam vijdnatUy ticyafe / kasnidt / lake tatha 
siddlmtmt. 

1. <>u binii : « il HI* I’aul pas rejuter les expressions en usage dans le inondc 
pom* fette ruisuii i|irelJrs ne correspondent pas ^ des realii^s ». — janapadani- 
ruktim mihhiiiiveseta sayijiidm ca lokasya ndtUlhavet, (Madliyama 43, 18, 
Sjimyuklu, 13, I2). (loinpiiri*r Maj^jhinm, iii. 230: jauaimdanimttim nCibhimm- 
seyya samannam iuitidhaveyya ; Samyullu, iv. 2?i0 : yafti ca samufit ndtam 
tarn ca atidhdvanti, yant ca loke saccasuwwatani tarn ca atidhdvanti. — 
ItivuUuka, 49. 

2. ubkabhyam api [cakmrbhydfti darianani ^uddhadarsandt] / 

D’apres Jiiaiiaprasth&na, 1,8; Vibhasa, 13, 

Contre les YfitsTpulrlyas. — Voir ei-dessus note ml i. 42, in line, 

3. Argumentation de Vasubandiiu, Paficavasiuka, i. 10, 



Hinan4sang, ii, fol. 16 1)-17 a. 


87 


Innos ; non plus lorsqiion forme compleloinont on ii demi coliii qui 
(ilnit (Hivort, on lorsqu on ouvre on ferine coniplolernont colui qui 
rtait u (lemi forme. 

Do ce (pie son point dappiii esl deiddc', on no doit pas concluro 
(jiie la oonnaissiiiice vismdhj (‘sl donlih', car la coiinaissnnce n’est pas 
materiolh? oomme h; rfipa ; n’ayant pas d(‘ masse (amiirta), ollc nVst 
pas silueo dans im lien (diimin^aMsHiila), 

Nous avons dit quo I’or^ane de la vue voil ; quo les orfj;anes de 
rouio, de rod«»rat, dii gout, du laid, pcar.oivent cliatnin leiir objot ; quo 
rorgane mental disetM-ne. Ct\s orf^anos attoi^neiit-ils (pnq)) leiirobjet, 
|eiiir(Mil-ils on ndalion olroile av(T. bair objetj ? 

43 c-d. L'orL^ane do la vue, IViri'ano de rouie, Torgane mental 
conuaissenl lour obj<'l sans ralb'indre. Pour les Irois aiilros organes, 
lo (•onlraire 

i. I. li’orgaiH' de la vue veil b* visibb^ a distance ; il no voil pas 
b‘ collyre pbi(*e sur To il ; Porgano de rnuio ('iilond b‘ son oloigne. 

li’organe mental, etant iminateriid, n'eiitre pas on relation (itroilo 
avec son objVt. 

I. Inpi'iiptartlifiuf/ ahshiviuahjirf/traHi] tmijtim anyalha / 

(j(Mii|)arrr Altlia:M'iliiiT, 

Vilihris.l, la, 7. On (III (pK' rnhjci f.ii aUrinl (pntpta) ilans an donlilo son* : 
<Hi liicii pana^ (pi'il <?.sl • pri.s ( oiiniip nbjrl. ’ on * pcivn " ; on hiini parco ipril y a 
jnxlaposilion (invanUtraiva) (l(> ro!>jvl cl <Ic rorgane. Dans Ic prcinirr sens, Ips 
fax orgaievi atlpigiiPiil r()hjp|. Dans Ip. serouii sens, irnis nrgaiip.s spulfiinoiil, Ins 
orguiips (Ip r(Ml(»ra.l, (In gont <’.t (in lad, al.l«ngnpnt Pol » jp|. ; irois orgniips an con- 
Irairc, les orgaiips dt^ lu vnc. (‘I (!«'. roinc pt I’organe lUPiiial, percoivpni. sans 
alipiii(.li'(\ 

L*orgaii(? (1(^ la vinf piavoit le vi.sil)l(> pii raison dc la liiinn'TP ; qiiaiid lo visible 
pst procla^ d(f Porgaiic, il (M«p(*p|io la liiiiii('rp : I'orgaiio iie voil. pas. f/organe do 
ronio ppiv.oit lo son on raison do rpsparo on du vido ; ipiand lo .son osi propbo de 

rorgaiie, il iro.jnp('*rijo pas hi vide : rorgauo onhfiid L’organo de I’odoral per^joil 

on raison du V(:>nt ; rorgaiio dii gord, eii rai.soii de I'ean ; Porgauc du lari en raison 
de la l(.MTe ; I’orgaiie iinudal eii raison do Tairte (rattoiition (wanaskAra), 

Fu-puo observe <pi(? lo riipa de la lane irabandoiiiic pas la luue pour se jiixta- 
poser a l\eil. 

Comparer Aryadeva, Salaka, i 288 . ^ 



88 


CHAPirnE PJ^EMIKR, 43 c-(l. 


2. Si les orgciiics de la vup cl de Louie entmient en ivlaiion iHroilt* 
avec lour objet, Ics ascetcs eii cxlasc (dhijdtjm) iraiiraicnl; pas en 
partagc la vikj divine, rouie divine ; de ineine (jn’ils iie possedent pas 
tin odorat diviii (vii. 42). 

Objection. — Si l[organ<? do la viio voit nn obji‘l avec lequel il n est 
pas en relation etroito, poin*(|uoi no voiL-il pas los visibles trop 
eloigiies on olTu.sipies ? ' 

Reponse. — Ponrqnoi raimanl irallire-l-il pas tout le for? [17 b] 
D’ailleurs, a supposer quo Torgane entre m relalion iMroite avec 
lobjet, la inenie dirficulto deinoiice : poiin|iioi rorgnne de la vue ne 
voit-il pas Ic collyre, le piiiceau (mldJm)y tons b^s objels avec lesqiiols 
il est en relation etroile ? On bien. disons (|iie la nienie regie s’a|»- 
pliqiie a Torgane de la viui el aiix organes de Torloral el dii goat : 
I'organe de Todoral ne sent que roileiir avec laqiielle il est en rolalion 
etroile, niais il ne sent pas Todenr conslihilive de rorgaia^ Ini- 
inOnie (saliabhu) ; de ineine, Torgane de la vne ne voit i|im' le visible 
eloiginS inais il ne voit pas tout visible elnigne. 

D'apres certains docteurs, du fail qu’on enleiid l(‘s bruits dePinte- 
rienr de Toreille, on pent conebire que Torgane de 1 nine entj-ml le 
son avec lequel il esl en ndalion etroile, coniine il enlend aussi le 
son eloigne 

3. Les trois autres organes, odorat, goul, tact, percoivent iin objet 
avec lequel ils sont en relation etroite. Pour Todcuat, (.(da resulte du 
fait que I’inspiralion est necessaire a la perception de Lodeur \ 

ii. O'R* iaut-il entendre par re.xpression ‘ atleindre ’ (entrer en 
ndalioii etroite) (pM])) ? One veut-oii dire (juand on dit que I’organe 
* alteint ’ son objet, coniKiil son objet ‘ apres Tavoir atteint ' ? 

Atteindre, cost \/iaitre en nimtilaralva \ en etat de non separa- 
tion \ L’objet, qui se ronouvelle de Itionient en moment (iv. 2 od), 

t. »Ios Vaisopikiis. 

2. ilurlriiio o»l par Siiip^buMiudra ; Tao-thai ratlribue aiix Srnn- 

mitfj’as ; Fa-pao, a <M'.rlains inaiin.:s de la VibliOsH. 

a. Sanigbubbadra discule cette these. 

4. lei et ei-di‘ssous (delinition du Bbadaiilu, p. 01), noire viTsion libetnino Ira- 
duit niraf^ara pur h(p$h chags pa. Mais les Siddbaulas tibotuins analyses pur 



Hiuan-lsang, ii, fol, 17 a-lS a. 


89 


ise tri>uve naitro cn mranlaratva avec ot rociproqiiemenl. 

[Quo fiiiit-il onltjiidrc?. \i\\v jiirayitaralva? D'upivs lo Bhaclniitu, 
juxlaposilion irniiioJiato, ahsonoe iriiilorvalle : (l’a|)ros !(? Vailduisika, 
voisinuf^e innnodiMl. absoiu'o d'un corps iiiterposo ']. 

iii. La (piosliou so pose done si los atonies stvloiichcnt on ne se 
touciieiit pas. 

1. Los Vaildiasikas dii Kasiinr (Vihluisa, i) ilisonl ipio les 
atonies no se tonchont pas : (1) si los atonies se toiieliaient dans hair 
totalite, los (diosos ((Iranfa), eVst-a-diro k^s iliireronls atoinos, se 
' inolcraiont \ cVsl-a-dire iroeciiporaiont i\\\\m lieu ; (2) silos atonies 
so toueluiient par nn endroit, e’est clone cpTils uuraiiMd dos parties 
(avayava) : or les atonies n’ont pas de parties \ 

Mais, s’il n'y a pas ecnilaet eiitre les atonies, coninient done so 
prodnit le son ? 

Pour eetle raison iiioine cpi'il n'y a pus contact, le son <‘st possible 
I IS a] : si les atonies s(' ioncliaienl, la main en collision (abltyaliatfi) 
av<*e la main s’y fondrail, la piiMTo en collision avee la pierre s’y 
fondrait, coninio de la gommc' se fond duns de la gonime. Et le 
son lie se prodiiirait pas. 

Mais, si les atonies ne se tonchont pas, ponnpioi raggloniore 


Wasfliiiell' (p. 307) (ippo^eiit Je niraiifara fta Bli.ntjiiihi {har incd pal an iiirnii- 
tarn lies mitres ilorimirs ( htfaO vhriita pa). 

D'apres Undliiraryavulnra, p. 510, rori'ane et rob jet ne ]ienvfnt eirt' ni separes 
^{savpaimdltdiifi, sdufarfi)^ ni eoiiligns (niranfnral 

t. Siimgliabiimlra (xxiii, 3, 4i2 a t) : Onel ost le sens (V atteinUre ? TiOrsipie 
I’obje! nait en proxiiiiiie ile eelnU*i le saisil. A eompreinlre, les clioses 

uiiLsi, on pent liire (|ue. rmlorat, le gonl el. b^ lari saisissenl Piibjet cpi'ils alteifijiieiil ; 
d© qn'on dil ijiie Torjuajiii de la viie ne voil. ]>as la panpiere, b* pineean 

et les anlres visibles ipi'il alleini. La panpiere ne lonefci^ pas Porrijnno do In 
viie : on ilit eependaiil quo rorgaiieS'utleiiil. Dn lait ipn^ la panpiere nail, eii 
proxiniite do rorgnne, on dii ijiie roliii-ei I’ulleiiil. (.loiiniie I’organe de la vno iie 
voii pas le visible, aiii.si albnnl, on dil ipio Torgane de labile saisil sans tilLeindre 
et non pus en attev^iuiiit ; iPailleurs j| ne saisit pas nn ol)jel Ires tduit,Mie. De 
in^me, encore qne Todorat saisisse Tobjel qii’il atleint, il ik? saisil pas ce (|ni''t\sl 
ires proehe. 

2. Comparer le Vimsaka de Vusubandhu, 12-14 ; Bodhicaryavalilra, ji. 503 ; Pra- 
sustapEda, p. 43, eltr. ^ 



90 


CHAPITRIC PItEMffiR, 43 C-fl. 


(mnicita), mi a.^t'loinoral <ratmiie.s, iie pas on pieces 

lorsqu’i! esl IVappe (praftjaliata) ? 

Parce f[iie relement vent le concentre on fait tenir 

ensemble. Certain eieimMit vent a pour IViiiction la dispersion, par 
oxeinpio lo vent di' la periodo dt* destruction dn mondc ; certain 
element vent a pour fonclion la concentration, par exeinple Ic vent 
de la periode de creation (iii. 01 , 100) \ 

2. [lies Vaibhrisikas iionrsniviMit Texpfjse de leur doctriiiej. 

De Irois orj^anes on dit (pTils allei^nenl lenr olyet, parce ipie 
robjet esl avec eux en etat de non separation (niranlamlva), En 
((iioi consisle la non sf'yiaralion ? En ceci (pTil n’y a rien qne ce soil 
dans renlre-deiix (tad omimin nirnntaralmm yan madliye nCusli 
kim cit). (rest la aiissi ce qiron enbatd par ‘ atleiinlre \ 

D’ailbHirs. cornua* les ' a,u;f:;Iomeres ’ (mnifilulla) out des parties, 
nidle difficiilie a ce ipK' b‘s af^i;loineres se loncbent. Et, de ce [loint 
de vile, li*s ilelinilions di' la V’^iblifisa (73, ir,) sont jnsliliees: « La 
cliose-iMi-cfintact nait-elle ayant pf)iir cause nne chose-en- 

contacl nka), on nalUelle ayant pom* cause uiu' (tliosi.*- 


1. IVfipn's Vil)Iulsn, 1-Vi!. I. hfs atniiios I'liii rjujln'i? - Jls iu> si‘ 

pas; s'ils s«^. tdiirlmicnt, ils .-, 1 * ti>iirli<’raii'nt <l;ms Irnr tdlalito on partirl- 
It'innif, S'ils se Idiirliainil liMir lotaliie, ils n<* ipriiin* iiiriin' rliosi* ; 

s'ils si^ IcMirliait'iii parlii'llciiinit. cVsl iloiir ipi’ils aitmiciil «i<‘s piniios. (»r lo.s 
aionifs n’ont pas partu'S. 

(.idiiiiiif'iit los jiifjildinrnVs, SI" lifMirlaiil Pun Paiitn*. lu* si^ ilissurirnl-iJs pa?j ? - 
Ils ue so flissofinil pas parn* ipir Ir raifiathdfii los lall ti'iiir onscmhlo. 

Mais Id vdtfiiflhahi no lii vsdrii>i.-il pas V - IJiiflipirldi-, jl ciissnoio, par oxoinpio 
a la lin do la poriodo I'dsiuiqiio. (JuoNpiorois il Tail (onir onsrmido, [>ar ox^inpIo 
an ddhiil do la. jiorindo <'dsiiiii]uo.. 

Si lo.s atonios no so inurliont pas, eonimonl to IilmitI prodiiit-il lo son ? — Pour 
oolit* raison iiiimuo, lo son so [irodnil. Cur, si los aloiiios so loiioliairnt, ooinnioiit y 
aiiniit-il prodnotion do son V Si los aloinos so ioiir.liaii'iil, la main ot lo corps ipi’ollo 
lionrfo so. nioloraiind., «^l il n’y aiirnil pas iPospaoo liijro, ooinnnmt lo son poiirruil- 
il riailro V Vusiiinitra ilil: « fios aloinos iie se Innolionl pas : s’ils so touo.liaient, 
cVsf doiio ipi’ils diiroraiont jns(|ij’a un sooond inoinont Llliadania dit : II n'y a 
j»as roollonimil oonlaoi; par aoipiiosooiioe a la vorilo vul^airo, on ditipPit y a coii- 
iaol lorsipii' los aloinos naissont dans imo. iiiiJoii sans iiilorvallo (niraulara). 

La chosQ en oonlaol nnit-oIJo ayant pour cause nno oliose en contarl 



Hiuan4sctng, ii, fol. 18 a-l». 


91 


liors-ronUict ? » Memo question en ce qiii conreriH' la chose-hors- 
contact. « On no pent ropondre d'une inanioro uhsnlne. Quelqiiorois 
la chose-hors-conlact nait do la cliose-en-coiitact, lorsqiie la eliose-cn- 
contact toinbo on pitVios. Oii<^lqiiol‘c»is la elK»se-(‘n-ronliicL nail do la 
chose-hors contact, lorsquo la choso-hors-conlacl s’agj^rege. Onebjuo- 
fois la choso-en-contact [18 b| nait do la chost^-en-conlacl, lorsqia^ 
dos aggloinores s'aggloineront. Qiiolqiiefois la chose-liors-contuct 
nait do la chose-hors-contacl, par oxom|)le les poussieres en snspeii- 
sion dans le vide do la rnnelro >>. 

Le lihadanta Vasiimitra dit : « Si les atoinos so loiichaienl, c’est 
done qu’ils diireraiont <lenx inoinonts » 

iv. Opinions do Vasubandhu. -- 1. Lo Hhadaida dit : « II n’y a pas, 
en realito, contact. On dit, par inetaphoro, qiu* los atonies so touclient 
lorsqu’ils sont juxtaposes sans intorvalbs nimnlaratiHi » ((.ale 
Vibhasa, 182, 1, voir nolo page 90, in fine.) 

Cette opinion esl la bonne “. Kii elVet, silesaloines laissaienl eniro 
oux un entre-donx,cot entre-denx otant vide, (piVst-ci^ qni enipedierait 
la marclie <los atomos dans renlrtMleux quo laissonl «les atonies 
separes ? On adinet quo les atonies sont iinjionot rabies 

(mpratigha) \ 


1. 11s doivent tHre lies (premier moment) pour se timelier (ileiixieiiie moment.). 

2. Viisiitnuidtiii rroil <jiio le llliiidiiiilu eiit«?ml * jiixtn]Mi.sition .sans intervalle ’ 
dans ee sens quo le.s ut.ome.s in*, lai.ssent pns eiitre eiix d'enlro-deiix. On verni ipie 
Siiinglinldiadru e.sl d’lini.; npiiiion ditVereiite. 

a. Pour Va.subaiidlin, les aloiiie.s .soul jiixiapose.s inimediati'meid ; liudolois il.s 
ne se iiiolent pas, ear I'daiit impeiiolrahles, ils rrstoiit. di diiirl.s m depil ile lenr 
eoniigiiile. Voir p. 25 (Note dn tnidiirtenr). 

Voiei re.ssentiel des explications de. Sanigliaidiadra. 

Nyayaniisflrii, i. 4a c-d (fol. 43 a 17) : Le Bhadanta dit cepeiidant : « Les atonies 
ne se^^imclient ])!is ; on dit, pur imHaphore, iprU.s se tniiclieiit, parce qn'il.s .simt 
juxlapose.s sans intervalle » (ninintara). Le Saiitrantika (eVsI-a-dire Vasnlaui- 
dhn), indi(|iiatit que e’est la iu meilleiire tlieorie, dii : « ("elle doe.lriiie e.sl Ixmiie ; 
aiitreineiit, les utoines ofVriraieiit «le.s eiitre-flenx (santara) ; res entre-denx elant 
vide.s, qni empi>cherait le.s atoiiie.s d'alier (Pun vers Tantre) ? On admei qii'ils .sont 
impenetrables (sapratiyha) ». — Celle Ibeorie dii Bliadania, on no doit iii 
I’apprmiver, iii la blainer ; on doit spiileiiieiil examiner comineiit il pent y avoir 
absence d’iiitervalle sans qu*il y ait contact ; le raisoniiement n\Mant pj^s explicile, 



92 


CHAPTTRE PREMIER, 43 C-44 b. 


2. Lcsi a^gloincres (samghdta) ne sont pas autre chose (pie des 
atonies. Ce sont les atoines rnemes qiii, a Tetat d’aggregat, sont 
‘ chose-en-coutact ’ ; de nieme (jvrils sont rupa (I. 13). II est done 
absiirdo de nier (pie les atoines se louchent, et d’adniettre qiie les 
agglomeres sc touclient. 

3. Si voiis adrnettez la division spatialc (digbhdgahheda) de 
ratonic, ratorne a corlainenicnt des parties, qn’il entre on non en 
contact (sprstay asprski). Si vous la niez, on ne voit pas pourquoi 
Tatome, \mme s’il entre en contact, aurait des parties 


Devons-nous penser qne les organes saisissent seiihmient iin objet 
de leiir dimension, - si on croit qu’on voit, d’lin seul coup, des 
objots etendus, line montagne par exemple, e’est par illusion, c’esl 
puree qii’nii voit rajiidemenl les parlies de la montagne : il en va 

cc^lle Ihoorie es^ diOicile a coinpmiulre. Si on flit qiir los nioinos soul ahsohimont 
sons c*nlre-deux, el lontefois ne sc? c!oiifondent pus, il faut (|ii’i]s aic*nl des parties : 
opinion fansse. tin outre, si nirantara signifie * sans eiilrci-denx * faiianlamj, 
roninient les aloinc's rn? se toiic?h<?raienUils pas? Pur c’onseqnent, lo mot ntr- 
nufnra signide ‘ voisin Lc? predixo nis signifie ‘ certitude *. Cotnmc il y a 
certriiiieiiieiit inter\al]e, les afornes soul nirantara ‘ avoc intervalles * : de, 
iricdnr, nlrdahati, * il bnile \ On liieii Ic preUixe nia signifie * absc?fice *. Les 
atoin«?s sont dils ‘sans iiiterpcisc? ’ (nirantara), parcf3 ipril n'y u pas entre ciix 
de rupa en contact (sprsta) de la dimension d'un ntoine. Lorsqiie les atomes 
des gniiids ^loiuents naisseril voisins Tiin de Ta litre, sans * interposed on dit, par 
inetaphore, qirila so toiielicnit. A c,oiiiprendre iiinsi le niindnnta, nous Tapproii- 
vons 

1. Sainghabhadru reprodiiit ce paragraphe. (Le Saiitrantika dit : « Si voiis 

adinettez ), ei pours nit : * Ce n’esl pas exact. ‘ Avoir des parties * (dtre 

divise spaiialement ’ : deux expressions de la in<’*me idede. Par le tail, cpi’oii dit : 
A Taiomw n’a pas de parties », on dit qu'il est etraiiger a tonic division spatiaie. 
Cctmiuenl poiivez^vons elre f?ii doiite siir ce point, et dire : « Si vous adrnettez la 
division spatiaie.... ? — Piiis«|iie les atoines sont elrangers a cetlc division, roiii- 
menl poiirruieiiUils se lonelier ? Nous a vous explicpnd qne le contact ne peid Stre 
qiie total on partiel ; done i'atome, etraiiger a la division spatiaie, ne pent, eiilrer 
en contact. Coiiiinent done ponvez-vons dire : « Si vous niez la division spatiaie, 
il ii’y a pas de diiTicnlte a ce qiie les atomes sc louchent ». — Done les atomes 
sont diis nirantara, ‘ non separcs ’, puree qu'il n’y a pas entre eux de rUpa en 
contact (sprsta) de la dimension d’un atome », 

Voir ii. 5^2 et rinlrodiiclion. 



m 


Hiuan-isang, ii, fol. 18 b-19 b. 

^videmment aiiisi lorsqu’on voit le cercle de feu dessine par uii tison ; 
— ou bieii les organes saisissent-ils iiKlifTereinment iiii objet de leur 
dimension et d’line dimension differente fl9 aj? 

44 a-b. Les trois organes dont Torgane de Todorat est le premier 
saisissent un objet de leur dimension 

Un nombre donne d*alome.s de Torgane, alleignanl le meiiie noin- 
bre d’alomes de Tobjet, produit la comiaissaiice. 11 en va ainsi de 
Todorat, du gout et du tact. 

Mais, pour la vue et Touie, il n’y a pas de regie. Parfois Tobjet est 
plus petit que Torgane, lor.squ*oii voil la poinle ( 1*1111 eheven ; parfois 
6gal a Torgane, lorsqu'on voit un grain de raisin ; parfois plus grand 
que Torgane, lorsqne, r<tdl a pcane ouverl, on voil line iminlagne. De 
inline pour le son : on entend le bourdonnemenl d’lm inoustique, le 
fracas du lonnerre, etc. 

En ce qui eoncerne Torgaiie mental, ({ui esl immuti^riel, la ipiestion 
ne se pose pas. 

[Ici se presentent quelques problemes relalifs aux organes.] 

i. Comment sont disposes les atonies dc^s dilterenls organes ? 

Les atonies de Torgane de la vui^ sont disposes sur la pupille comme 
la lleur du cumin (ajdjq^mpa, kdlajirahiinisjKi), c’esl-a-dire en 
superlicie ; ils sont reconverts d’lme membrane, couleur (varna) 
translucide, ipii les einpecbe de se dis|)erser. I)*apivs une autre opi- 
nion, ils sont disposes en profondeiir, comme une pilule; iHant trans- 
lucides, comine le cristal, ils ne s’eHusipient pas Tun raiitre 

Les atonies de Torgane de rouie sont disposes a rinlerieiir du 
bhurjay cette sorte de feuille de bouleau qui se Irouvo dans Toreille. 

Les atomes de I’organe de Todorat [19 b] sont disposes a Tintiirieur 
de la narine (gltdld, ndmputi). 

1. On pent restituer eette ligne : 

ghranddibhis iribhis tulyavisayagrahanam matam / 

D'apr^s Viblidsa, 18, 8. 

La preini^rre opinion est celJe du SarvastivadTii. ^ 



94 


GHAPITBE PREMIER, 43 d44 A. 


Ces trois premiers orgaiies forinent coiironne *. 

Lcs atoinos tie Torgane tin gout soiit disposes siir la surface sup6- 
rieiire de la langue en forme de demi-lmie. Aii milieu de la langue un 
espace do la dimension de la poinle < 1*00 clieveu n’est pas occupe 
(asIHa) par les uloiiios de rorgaiie. 'relle ost ropinioa exprimee dans 
rUcriture 

liOs atomes de I'organe du tact out la figure du corps. 

Les alomes de Torgaue femiiiiii sont commc mi tambour. 

Les alomes de Torgane male soiit coniine le ponce. 

ii. lies alomes de Torgane de la vne penveni etre mbliaga (i. 39) 
dans lenr lolalile; Uitsabhaga dans leur lotalite; les mis mblidga, 
les autn\s latmhhnga. He nicriie pour les organes de TouTe, de Todorat 
et du goal. Mais, eii ce qui coneerne Torgane du tad, il irarrive pas 
quo ses alomes soitMit tons aablidga : meme, lorsque le corps est 
enveloppe dans les Hammes de Tenfer IVatapana (iii. 59), un nombre 
infiiii d’atomes soiit latmbhdga ; car, dit TEcolo, It^ corps lomberait 
en pioc<?.s si tons les alomes du lad Iravaillaient eii meme temps. 

iii. 11 irarrive pas que la conuaissance soil produite par un alome 
trorgano, par un alome d’objel. Les cinq categories de conuaissance 
out en elfet pour support et pour objet dos ‘ agglonieres ’ (sarncita) 
1 20 a]. 

II resuite de ceci que les atoiuos ue sont pas per^us ; on les qualifie 
dom^ • iniperceplibles ’ ((midarmna), (Ctunparer i. 20 a-b, iv. 4). 

L’objel (les ciiuj pnanieres connaissances leur est siniultane ; 
robjet de la sixieine coiniaissance lui (tsi ou anterieur, on siniultane, 
ou poslerieur; en irautn\s tenues, il est jiiisse, present on futur (i. 23). 
En va-t-il de meme du point d’appiii ties connaissances ? 

44 c-d. Relalivernenl a la conuaissance, le point d'appui de la 


1. mCilaoad avasthita ~ wandalena samapahkiydvasthita. 

2. Le texte porte kila, Kn regie generate, Vusuhamiliii indifjue, pur le mot kila, 
que ropiiiioti en question est line opinion iuexucle ties VuibliSi^ikas ; inuis lu 
Vyilkliyu cjjit iei : agamasucanCirthah kiMabdCilu 



95 


llinan-tsang, ii, foL 20 a-20 b. 

sixienie connaissanco est passe ; le point (I'appui ties cinq preniien^s 
cst aussi sininltiine 

Le soul point (l’aj>[)ni <1(‘ la connaissanco vntMilalo, c’ost ror^ano 
mental (manodlidht), cVst-a-<lin; la ronnaissance qni vimt de peril* 

Le point crappiii des cinq connaissancr's lem* est aussi siinnltane : 
c’est-iWlire, il est anteri(‘nr el sininllane a I:i connaissanee. Mn elfel, 
le point d’appni de c(‘s connaissanc.es <ist tloid)lt‘ : 1. rori'a.ne sensible, 
organe de la vne, idc., ipii esi siinnltane a la connaissanee : 2. Tori^aiie 
mental, qni est passe an nioment on la connaissanee a. lien. 

Les einq comiaissaiices out done deux points d'ap|nii. 

On pose la. question [20 b] : qni esl point tTappiii ile laeonnais- 

saneii visiielle (‘st-il en mem<* temps la ‘ cansi* immediatenient ante- 
cedenle et pareille ’ (mm(tu(tutarapralf;((}}tL ii. 02) de eelte connais- 
sanco? Onaire cas : 1. l’or.i^ane de la vin\ qni est senleimmt point 

d'appni : 2. rensemble des menlanx, s»‘nsation, i*le. (ii. 24) qni vien- 
mml de peril* : ils soul senlemenl cause immedialement anlecedeiite : 
*1. la connaissanc(‘ <|ui vii*nt «te perir, on ori;ane menial, ([ni esl a la 
Fois point (rappiii (d cause immedialennMit anli''ce<lente : 4. les aiitnvs 
dharnuis ne sont ni rnn ni rantre. 

De mem(‘ ponr les connaissances de TonTi^, de I’odoral. iln ^^l^nl et 
dll tact. 

Kn ce qni coman'iK' I i <*oimai.ssance menln]<\ on repoml en parlant 
dll premier terme di; la question : ce qni rvd. point d*appni de la. 
connaissanee mentale est lonjoiirs la cause pandlle et imimVliaUMiienl 
antecedenlt! de celltj connais.sanci^ ; mais I'inverse n’est pas vrai : 
les menlanx ipii viennenl d(‘ perir iie sonl pas point d’a|»piii. 

La connaissanee visuelle depc*nd dt‘ Tori^ane de la vne (*t dii visible. 
Pourqnoi considere-t-on Tor^ane comme point il^ijipni (Vi-veri/yv/V de la 
connaissanee, a rexcliision de Tobjet? 




1 . cammasijasrayo *Utah patirdiiam sahajns Cfi hiih I; 



96 ciiaPitre premier, 45. 

45 a-b. Le point crappui de la connaissaiice, c’est Torgaiie, car la 
connaissance change d’apres la inodalite de rorgane. * 

Lor;sque rorgane do la vue esl robjet do soins (eni[)loi de collyre, 
etc.) ;.lorsi|ii’il e.st blesso par la ponssiere, etc. ; lorsqn’il est \'d(paki) ; 
lorsqifil esl parosseux et faible (manda), la connaissance reproduit 
sa inodalite : elle esl accoinpagnee de plaisir on de peine, elle esi 
vivo on faible. Ij’olyel. an contraire, n'a pas d’inflnence snr la nioda- 
lile de la connaissance (ril a]. — Par consequent, c’est Torgane, et 
non pas robjet, qni est le point d'appni de la connaissance (ii. a-b). 

La connaissance connalt I’objet. Ponrqnoi la designe-t-on par le 

nom de rorgane : ‘ connaissance de ru'il ' 

* connaissance dn manas ’ et non pas par le noin de robjet : ‘ con- 
naissance dll visibb? ’ (rnpavijhana) ‘ connaissance des dhar- 

mas ’ (dharmaviplfmah 

45 c-d. l^)nr cello raison, et aiissi parce qu’il est * propre \ c’est 
rorgane qni domie son nom a la connaissance. •* 

Pour ctdle raison qne rorgane est son point d'appni, la connais- 
saiice prend le nom d<i rorgane. 

Parce qiie rorgane esl ‘ propre ’ : l organe de la vue d’liiie cerlaine 
personne est le point iruppni de la siailt? connaissance visuelle de 
cette seule personne. Le visible, an coidraire, est coinimm, car nn 
certain visible est penjn par la coniiaissanctj visnelle el par la connais- 
sance meiitale. par ime personne el par ime uiilni personne. — Meine 
observation pour les organes de ronie, de Lodorat, dii gout et dii 
tact, et pour les olijets, son, odenr, goals, tangibles. 

Nous concluoijs qne la connaissance est nominee d’apres Lorgane, 
parce qne I’organe est son point d’appui, parce qne rorgane est chose 
propre. 11 u’en va pas de nienie de robjet. On dit dans le mondc : 
' son dll tambour et non pas ‘ son dii baton ' ; ‘ pousse de ble et 
non pas ‘ pousse dn cliamp ’. 

1. tadvikdramkCiritcdd d^rayan caksurddayak / 

D’ajuvs 71, li. 

2. afo *mdhdranahmc ca \iair vijudnam // ^ 



lUuan-tsang, ii, fol. 20 b-21 b. 


97 


Un etre cst ne dans un certain eta^e dii monde (hhumi), Kama- 
dhatu, premier dhyCma, etc. ; il est de cet etage et son corps (kdya) 
est done de cet etage, II voit, par Torgane de la vuc, des visibles. On 
demande si le corps, I’organe de la viie, les visibles et la connaissanco 
appartiennent an ni6ine etage on a des etages dillerents. 

Tons penvent apparlenir a des etages dilFereiits. 

i. Lorsifii’nii etre ne dans le Kaiiiadbatu voit, an inoytMi de Torgane 
de la viie de son etagt?, des visibles de son elage, corps, organe, visi- 
bles et connaissanco sont dii ineine etage. 

Lorsqne cet etre voit, an moyen de Torgane do la vne dn premier 
dliydna, d(‘s visibles de son eta.g<\ le coips et le visible sont tin 
KamadhUtn, Torgano et la connaissani*e sont dn jtremitir dhyima 
[21 b] ; s’il voit, par le meme organe, des visibles dn premier dliydna, 
le corps senl est dn Kamadhritn ; les trois antres sont dn j)remier 
dhydmi. 

liOrsipie cet etre voit, an moyen d<^ Torgane tie la vne dn tItMixiemtj 
dliydna, ties visibles dn Kainadbriln, lt‘ for[>s t^t Itj visible sont tin 
Kamadbaln, Torgane t\sl tin secontl dhydna, la t'orniaissaiice est dti 
premier dliijdaa ; s’il voit, par It^ meme organe^ dt>s v isibles tin 
deuxieine dhydna, le cor[)S est dn Krimatllifitn, Torgane t^t les visibles 
sont dn denxieme dhydmi, la comiaissanct' est dn premitM* dhydna. 
(viii. 13 a-c) 

On expliqnera de meine les c;is oii un eliij no tians It? Kamatllialn 
voit, par iiii organe de la vne tin troisieme tm tin tpialritaiie dhydna, 
des visibles de ct?s mtanes etages on trim etage iiilerieur. 

ii. Lorsqu’nn etre no dans le premier dhyana vtiil, an moyen tie 
Torgane de la vne de son etage, des visibles tie son etage, cor|)s, 
organe, visibles et coimaissance sont dn meme etage ; s'il vt>it, |>ar le 
meme organe, des visibles de Totage inferienr, le corps, Torgane et la 
coimaissance sont di> son etage, premier dhydna. 

Lorsque cet etre voit, an moyen de Torgane de la vne dn tlenxiome 
dhydna, des visibles de son etage, trois sont dt? son etage (premier 
dhydna), Torgane est dn denxieme dhydna ; s’il voit, pur le im>me 
organe, des visibles dn Kamadlmlu, le corps et la coimaisspnce sont 



98 


ciHAPiito: PKiiMiER, 46-47. 


de son tHago (premier dliydna), les visibles sont de I’etage inferiour, 
Torgane esl dn dtiiixienio dhyatia ; iC{\ voit, par le meme organc, des 
visibles dn deuxieme dhydna, le corps et la connaissance soul de son 
etage (premier dhydna), Torgane et les visibles dn deuxieme dhydna. 

On expliipiera de inOme les cas on Telre ne dans le premier dhydna 
voit, an inoyen de Torgane do la vne dn troisierne on dn (|uairieme 
dhydna, des visibles de ees etages on d'nn etage inferiour. 

iii. D’apres les memos principes, les cas on nn etre ne dans le 
denxieme, le troisierne on bs qnalrieine dhydna, voit, an moyen de 
TorgaiKi de la vne de son etage on d’nn etage diHerenl, des visibles 
de son elage on d'un etage ditlereiil |2i2 a). 

La regie ost la snivante : 

46. I /organe d(i la vne o^\ pas inlVnienr an corps ; le visible n’est 
pas superienr a Torgane connaissance non pins ; le visible, par 
rapport a la connaissanciN ife \o visible ainsi quo la connaissance, 
par rapport an corps, sont de tonte sorte *. 

Le corps, rorgane de la vne, le visible penvent appartenir a cinq 
etages : Kainadhatu, qnatre dhydnan. 

La connaissance de la vne est de deux «';tages senlement ; Kama- 
dhatn et premier dhydna (viii, 18 a-c). 

Ceci pose, Torgane de la vne qu’emploie nn certain etre pent etre 
cje Telage auqnel appartient le corps de cet etre, c’est-a-dire de retage 
on cet etre est ne ; il p(?nt etre d’nn etage snpclirienr ; it n’est jamais 
inferiour. 

\to. visible et la connaissance, par ra|>porl a Torgane, sont on dn 
mt^me etag(i on d’nn etage inferiour, jamais d’un etage snperieur. Un 
visilde d’nn etage superienr ne [)ent etre vn par nn organe de la vne 
d’nn etage ird'erienr. Une connaissance visnelle d’nn etage siq)erionr 
ne pent naitre d’nn organe d’nn iHage inferiour. 

Le visibbi, par rapport a la connaissanc(> visnelle, est on egal, on 
superienr, i>ii iiiferieur. 


1 . na kayasyadharam caksur iirdhvum rupani na cakmmh j 
vijniX^am cdsya riipam in kdymyohhe ca sarvatah // 



Hirntt-isang, ii, fol. 21 b-22 b. 9!) 

Le visible et la coiinaissance visuelle, par rapport a,u corps, sont 
conime est le visible par rapport a la coiinaisstuice, c’ost-a-dire e^aux, 
sup^rieurs, iiif^rieurs. 

47 a. II en va de meine de Torgaiie de ToiiYe *. 

L’organe de roul'c n’est pn-s inferieur an corps, le son n’est pas 
superieur a Torgaiie de TonTe, ni non plus la coiinaissance andilive ; 
le son, par rapport a celle-ci, et le son (it la coiinaissance par rapport 
an corps, pen vent etre de toiitci sortc. [22 b] 

47 a-b. Pour trois organes, tout appartient a I’eUige propre 

En ce (|ui concerne les organes ibi Todorat, dn gont et du tael, le 
corps, Torgane, I’objet et la connaissance apparliiiiinent (rxclnsiveinent 
a Tetage propre, a I’tHagi^ on est ne lelro considen'i. 

Apres avoir forinnle cette n'igle generale, Vanltiiir sigiuiUi nne ex- 
ception : 

47 c-d, La coiinaissance dn tact (ist de Tetage propre on (run tHage 
inferieur I 

Le corps (kdya), Torganc du tad (kdjiadhdtu) d le tangible sont 
toujours de Ttitage on est ne Tetre considere. Mais la (ronnaissance 
du tact (1) est de cct etagci, dans le cas d’nii ^tre ne dans le Kilnia- 
dhatn oil dans le preniior dhydna; (2) est d’un cilage irderieur (pre- 
mier dhydna) dans le cas d’nn etre ne dans le deiixieme dhydua on 
an-dessiis. 

47 d. Point de restriction on ce qni concenni Torgane mental \ 

Parfois Torgane mental est du nifiine etage qiui le corps, le dhar- 
madhdtii' et la coiinaissance mentale ; parfois il est iiiftirieur on 
superieur. Le corps appartenant aux ciiuj premiers (Stages — Kamu- 
dhatu et quatre dhydnets — Torgane mental, le dharmadheUu et la 
connaissance mentale penvent etre, dans le recueillement (samdpalti) 

1. tathd irotram. 

trayAndifi tu sarvam eva svabhumikatn / 

ii. kdyavijMnam adharam svattt cdpi 

4. aniyaiafjt manah If 



loo CHAPlfHE PREMIER, 47 (1-4^. 

on it la conception (pratimmdki), dc ii’iniportc quel etage — tous 
les etages n’tHant pas d’ailleurs les ineines dans clia(iue cas. Ceci 
sera cxpli(pie dans le luiilieino chapitre qui traile des recueillerncnts 
(viii. 19 c-d). Nous n'cii parlous pas ici on vue de la l)rievete, le 
profit elant petit et la peine grande. 

11 y a clix-huit dhdtiis et six counaissancijs. Quel clhMu est dis- 
cerue par quelle coiinaissaiice ? 

48 a. (aiuf dhdUifi exteriies soul iliscernes pur d(Mix connais- 
sances \ 

Les visildes, les sous, les odeurs, les savours et les tangibles sont 
eonnus (anubhfita) par les eoniiaissauces de la vne, de rouie, ile 
Todorat, du gout et du tact respectiveineut. 11s sont tons discernes 
(vijncija) par la eonnaissance inentale. (^hacuu de oes dhCilns exUu’- 
uos est (lone discorne par deux eonuaissauc<‘s. 

Les treize aulres dhdhis, n’etant pas du doinaine des conuaissances 
sensiblos, sont discernes |)ar la senle eounaissanee inentale. 

Coinblen de dlidtus sont (Hernels? 

Aucmi dhdlu n’est elernel dans sa totalite. Mais 

48 b. Les inconditlounes sont (Hernels 

Les ineonditiouin^s (i. 5 b) foul parlie du dhanaixdhdlu (i. 15 c). 
Done lino partie du dharmadkdlu est (Herindle. 

Coinbien de dlidlus sont des iudrijjas, (^\\st-a-dire des ‘ souve- 
raius ’ (ii. 1) ? 

48 c-d. Sont des souverains l(‘s douze dliutus internes et une par- 
tie du dharmadhdlu ^ 

1. pama hahya (Ivivijneyah 

2. nityii dharmd aHamshrtah f 

Les incoiwiitioiines sont (•leriiols puree (pi’ils ne vnut pas triine epoipie itans 
une autre epoque (adhmmimedrahhavdt, v. 25). -- AsamskrUi, nitya, lUiruva 
(iv. 0) et dravya (i. aS) sont syiionyines. 

a. dhatmardha indriyam ye ca dvddiisCuUiydimikdli smrtdh // 

D’apres une autre lecture (kecit imthanti) : dliarmdrdham 

Voir Dtiifiunuistiii|u:uiii, tJfil. 



Hiuan-tsang, ii, fol. l)-23 a. 


101 


Le Sritra ' anuinarc vingt-ileux on souveraiiif^ : 1. organo 

do la vue (mkmrlndriya), 2. 0FgaiM3 do rooie (srotreudrlya), 3. or- 
gano dc I’odorat (ghrdnendrijja), 4. orgiino du goiit (jihvpMdriya) ; 
5. organe dii UivX (kdjjendriya)^ (>. organo nionlal (niann^indriya), 
7. organe male (inmimndriya), 8. orgarui feminin (strindriya), 
9. organe vital (jiidiendriya), tO. faculte d(j sensatimi de plaisir on 
sensation de plaisir (sukhendriya), 1 1. facnlle de seiisalion de deplai- 
sir on sensation de deplaisir 12. facnlle do sensation 

de satisfaction on sensalion de satisfaction (mumana'Syeudriya), 
13. facnlte de sensation de dissatisfaclion on sensation do dissatis- 
faction (danrmanmypiid^^^ 14. facnlte de sensation d’inditlerence 
on sfMisalion d^indiHenmce Oipek.spudriya), 15. facnlte de foi (Arad- 
dhmdrlyajy 10. facnlte d’eiiergie (ciryeudriya). 17. facnlte de me- 
inoin^ 18. facnlte do. ViH*im\\on\Q]\[ (mindd 

19. facnlle de discernenient des dhaniKhs on facnlte de jmijhfi 
(imijheudriya). 2tl, (iu(lju(ltn}ndjud>s^^^^ 21. djnendriya, 

22. djddtdnhilriya (voir p. 117). 

Ia's ^Mdiidliannikas (Prakaranapada, fol. 31 h) ne tiennent pas 
comple (In gronpe (|ui* forment les six organes de connaissanc(» 
(dyalana), organes de la vne, do roine, de Todoral, dn gont, dn tact 
et organe mental. 11s |)lacent Torgane mental non pas apius Torgane 
dn tact, mais aprcs rorgenie vilal, pour celle raison (pie Torgane 
mental, de ineaM' (pn^ les orgum's de sensalion (10-11), a iin dl(iuh~ 
band (i. 29 h-c.) et non pas senlemenl nn vimya conime les orgaiuvs 
(le la coniuiissaiKve sensilde (1-5) ^ |23 1)| 


1. La V'^vakliyn i-ili* la coiiviTsalitui <lii brahman** .Irili^rDna *>1 de Tibagavut : 
i ud fhfdy i f>ho (Uvulavui iicyfutte / knll bho (Mcnitnum iudriiffini / 
khfatd ceiHlrhfdiidm sanujrnlin bliavafi... 

2. I/onlnj des indvhjaH esl jnstilie ii. (». 

On a Pordrc de iiulre. SQtra dans \ibb«ngii. p. l-~, Kalbavalibn, Irad. }>. i(», 
Vi.si.iddbiiiiin.^^a* xvi ; el inissi dans I liulriyaskaiidliakii, sixieiin? livre *lu .liiana- 
prastbiina (Takakiisn, Abliidliarina Literaliir**, J.l’. r.Js. JIMK), ]>. IW). 

liO petit iraile d’AiiiinnMIia ((.lompeiidiiini, p. I7»)) suit le iiuMiie ordre qiie le 
Prakaranapada. 

Lu Mujiavyuipalli (108) plaec rorgaiie vital a la Iin, , 



102 


CMAPirnE PHEMIER, 48 c-d. 


Parmi les vingt-deux souverains, onze — a savoir I’organe vital (9), 
les cinq faculty de sensation (10-14), les cinq faciiltds morales (15- 
19) — et une partie des trois derniers, font partie dii dharmadhdtu'. 

Les douze dhdtus inlernas sont (1) les cinq organes de connaissance 
sensible qni font cinq dhdtus et cinq souvorains (1-5) ; (2) I’organe 
menUd (i. 16 c), c'esl-a-dire le sixicme souverain, qui fait sept dhdtus, 
et (3) une partie des trois derniers souverains. 

Les cinq dhdtus restant et une partie du dharmadhdtu ne sont 
pas des souverains. 


Fin du Diiatunirdesa. 


1. Les trois rJerniers souverains sont constitues par (1-3) trois faculties de sensa- 
tion : (4-8) les cinq faciilt^s morales ; (9) I’organc mental (ii. 4) : 1-8 sonl dhar- 
madhatuf 



ClfAPlTUK 11. 


Lks Indiuvas. 

Souverains (1-21), atoiucs (22), mcntmix (23-34), dharnias non 
(h^socieii a la pm-sce (35-43), oaHses vt [mils (494)3). 

i. Lks soitvkhalns ou rNDKiVAs (1-21). 

A pro[)()s dluihis (i. 4S), nous avons tMUiniiTo Irs organes, 
iridriyas. Qud (‘st lo s«mis du nioL indriya ? 

La raciiie uU paramaisvarya, siipivnu^ pouvoir (Dhatii- 

palha, i. lit). (!Io (pii oxenM' 1(‘ suprOino pouvoir ost noimnr indriya. 
Dour, (Ml f;(!Mi(M'al, Indriya signilif^ adhipali, souvi^rain 

Ouol (*st Vohjcit d(‘ la souviM’aiiu'to do oliaqiRi indriya ou soiivo- 
raiu ? 

1. D’n|)r(\s TLoolo, ciini sont .souv(M-ains (|uant a ifiiatro cLoses ; 
([ualiT, (|uaut a doux cliosis : huil, (luaiit a la souilluro ol a la 

purilicaliou \ 

i. (^liac.uii dos ciiKj indriya^s doiiL rorgaiuj d(* la via* ost !(' promior 
— les cin([ organes do, ooniiaissaiKMi sonsible — ost souvoraiu 
(I.) (luaiil a la hoautii d(* la porsoiuK' (2) (juarit a 

1. Ci-(loH.soii.s ail ii. i2 a, adhtimftfa — . adhihaitrnbhntra, jiouvoir pivponik^ 
rant. - Vnir SiiMiiaiitakaiiininlT cifr*«‘ dans Dirt, da Sainl-lVdiTsbourf^ ; (larbe, 
Silinkliya-Fliilosopliir, i2r>7. Coinparer I'yxpliralion <li‘s indriifns dans AlllmsS- 
liin, J304, etc*. 

2. |caifir.sn aHliesu pancCiuani adliipntijam] dmyoh kila f 
\cnturnfiiit paiicdsfanam /m| sawklf*.savffaradiiitaiio!t If 

La kilrika ii. dans la Saiiiaya[>rafiT(nkn. niiiid, \v. mol kiln par lci|nel Vnsii- 
bandtiu indiqiio qii'iJ in? partaj^e ]»as la doctrine dc riicole. I.es kiirikil.s ii. 24, on 
Yasubaudlni expose la doctrine des Suntrniitika.s, sont oniises dans la .Saniaya- 
pradlpil^a. • 



104 


CHAPITRE II, 1. 


la protection de hi pcrsonne (pariraksana) [1 b j, (3) qiiant a la pro- 
duction d’une coniiaissance (vijnana) ot des inentaux «issoci& a cette 
connaissance, (4) quant a uu mode special d’activite (asddharanakd- 
ranalva) (Viblm^fi, 142, lo). 

Los organes do la vue ot do rouie soul soiiverains (1) quant a la 
beaiite, car Ic corps auqiiel ils nmnquout n’est pas beau (i. 19); (2) 
quant a la protection, car, grace a la vue et a Toui'e, rhornnie evite 
ce qui unit (cisamaparihdra) ; (3) (piant a la production de deux 
coimaissances, de la visuolle et de rauditive, et des dharmas men- 
taux qui leur soul associes; (4) quant a lour activite specialc : vision 
des visibles, audition des sons. 

fiOs orgaues de I’odorat, du gout et du tact sont soiiverains : (1) 
quant a la beauto, conime ci-dessus ; (2) quant a la protection, par 
la cousommation de raliinent solide (kavadlkdrakdra^ iii. 39) ; 
(3) quant a la production de trois conuaissances ; (4) quant a leur 
aclivile speciale : sentir les odours, savourer Ics saveurs, toucher les 
tangibles. 

ii. Quatre indriycts, ii savoir les deux orgaues sexuels, Torgane 
vital (jivUendriya) et Torgane mental (inanchindriya), sont chacuii 
soiiverains quant a deux clioses (Vibhasa, 147, lo), 

1. Les orgaues sexuels soul soiiverains (1) quant a la distribution 
des etres vivants (mUvahhcda) : c'est eu raison de cos deux orgaues 
quo les etres vivants forment les categories ile male et de femelle ; 
(2) quant a la diHen-ntiation des etres vivants (mtlmvikalpabheda) : 
on raison de ces deux orgaues, it y a, entre les sexes, difference de 
forme physique (mmsllidna), de voix (iivara), de maniero d’lHre 
(dear a) \ 

D’autres maitres “ iradmettent pas cette explication. Kn effet, les 
se::es presentent des (lifftaiaices parmi les dieux 

du Ropadhatu qui ne possedent pas les orgaues sexuels (i. 30) et la 
distribution en sexf‘s rdsulte de ces differences. — Done, si les organes 

1. i'xpliquc dans rAUlia.sa1iiiT ((>41) quo h'.s jeux des gargons iic 

sont pas les jeux des lilies, etc. 

% D’apres la Vyakliya, les Anciens Mailrcs (purvdc&rya). 



Hiuan-tmng iii, fol. 1-2 a. 


105 


sexiiels sent souverains a deux points do vue, its soiit soiiverains 
({uant a la souillure (samklem) et a la purificalion (vyavaddna) : 
en effet, les trois sortes d’eunucpies et les elres inssexues [2 a] sonl 
etrangers (1) aiix dharma.s de souillure (sdmklesika), iudiscipline 
(iv. 13 b), peclu^ rnorlel (iv. 103), rupture dos raeiues-de-bien (iv. 80), 
et (2) aux dharmaii de purification (tmiyaimddnika)^ disciplijie 
(iv. 13 b), ac(iuisitioM des fruits (vi. 51), detacln'ment (vairdgya, 
vi. 45 c) (voir ii. 19 c-d). 

2. L’organc vital est souvorain : (1) quant a. la * liaison ’ (mmban- 
dha) dll nikdyasabhdga (ii. 42 a), e’est-a-dire on ce qiii regarde 
la production (idjiaHi) d’line existence ; (2) (pinnl an ‘ inainlien ’ 
(sarndhCirmia) dn nikdyascMidgay c/est-a-din‘ on ce qni rogarde la 
prolongation (avaslhdna) (rune oxistence^ ilepnis la naissance jnsqa'a 
la rnort. 

3. li’organo mental (mrmn-mdriya) est sonverain : (1) quant a la 
renaissance (%mnarbh(ivasamhandha)y coiiimo oxpliquo le Sfitra : 
« Alors se produit dans Ic Gandharva, dans VeivQ de rexislcnce intr^r- 
modiaire (antnrdbhava), rune on ranlre de denx pensees, pensee de 
desir on pensee de baine.... » (iii. 15); (2) cpiant a la domination 
(imMblidvdnuvartana) : le mondo, les dhnrmas soul sonniis a 
respril, coinine le dil la slance: 

« Le inonde est conduit par la pensee, est inanuMivre par la pen- 
see : tons les dharmas obeissenl a ce sonl dliarmn, la pensee » 

iii. Les cinq indriya^ di? sensation (vedaumdriya) -- e’est-a-dire 
les cinq sensations de plaisir, deplaisir, satisfaction, dissatisfaction, 
indiirerence (ii. 7), et les huit indriyas dont le premier est la foi — 
e'est-a-dire les cinq facultes morales, foi, fon*e, memoiro, recneille- 
ment et discornement (ii. 24) et les trois facnlles pnros (ii. 10) -- sont 
respectivement soiiverains qnaiil a la souillure et a la pnrilication. 

1 . cittena niyate loka.^ citleva parikrsyaie / 

ekadharmnsya ciitasya sarve dharmd vnmnurjdh fj 

Siimyiitta, i. 39. 

Asanga (Scilrfllamkrira, xviii. 8Jt p. 151 ed. FaHi) deiiinnlro Fii soiiveraino.bS dn 
la pensee siiv les sam^kCiras: citieiidyam loko niyate cittena imrikrsyaie 
cittasyotpunnasya va&e variate. (Aiigiittara, ii. 177). • 



106 


CHAPITOE It, 1-2 b. 


Los sensations sont souveraines ({uant h la souillure, car les pas- 
sions (ami^ayn), concupiscence (ruga), etc., s’attachent aux sensa- 
tions, y prenncnt gtte (iadamumyitoM). La foi et sept antres facnlt&s 
sont souveraines quant a la purificnlion, car c’est grace a ellcs qu’on 
obtient la purete 

D’apres d’antrL's inaitres (Vibha.?a, 142, it) les sensations aussi sont 
souveraines quant a la purification |2 b], ainsi qu’il resulte du Sotra : 
sukhitasya ciUnijt samMlilyate duhkhoiyanisac chraddhd sow 
naiskramyaiirUdh saumaHOsyadayah 

Telle est I’oxplication des Vuibhasikas. 

1. Hiunii-tsaiig : « rar loii.s los dharmns ]»iirs iiai.ssent pt st: dpveloppent a leur 
suit-P 

2. « l)p celui (jiii oprouva la .sen.satioii agreablo, la pcnsoe sc rcciieille KxtiTiit 
dll Sfllra sur If.s ViiTiiikly?lyalaria.s, eiiA Vyakliyil, p. 5(5 ad i. 27 ; MahavyiilpalM, 81. 

3. « La Ibi luiit. do la .souftrarice v, Saiiiyiiita, ii. 31. — Pour ce sens dii mot 
upanisndy * cause *, voir ci-ilcssous ii. 41) (note sur hetu pratifaya)^ Aiiguttara, 
iv. .351 r=*. Suttanipilta (Dvuyalnniipn.ssaunsulla) (.. kCi upanml snvandpa)f SQ- 
(ralamkilra, xi. 51 {yogopanisad ~ iiyunt 1’i‘irort jimir cause). - Dans lo sens dc 
* coiTi])araisoji *, ‘ rnpprochetncnl \ Paiiini, i. 4. 79, VajmccliedikiS, 35, io» 42, 7 cl 
lloeriile, Manuscript rciimiiLS, i. p. 192 (upanisdm ua kmmafe), SukhavatT- 
vyQha, 31, 9, Mahavyutpatti, 223, ir» (on Ic iibiHain porte rgyu). — Dans Ic sens 
d« npCimHHy* secret’, Wsouiitra (ad ii, 49) sigiiale Diglia, ii. (snrynjmni- 
sadn devdh suriyassupaniasd tlevn): upavimcchnhdas in kaddrld uptim- 
mil kadCicil prdniukltye tndyalhd suryopanimdo devd ily updfnmpra yoga 
npnnisntpmyoga iU. (E. LiMiuiunn, /DMG. (52, p. 101 .snppi».se upanhsrd = ftpa- 
ni^sd = (iruiidlage, Niihe, d’ou radjeciif ttpanissn). — Voir Minaev, Zapiski, 

ii. 3, 277 ; Wogihnra, ZJ)M(i. 58, 454 (ddnopnnimUd silopanisadd prajnayd) 

t*l Asaiiga’s l^odiiisaitvablniini, ji. 21 ; JS. Ltni, Sfitralunikilra, ad xi. 9. 

4. T.c JSnlra dit : caksurvijneydni rupdni pratityofpadyate saximanaHymp 

naiskraniydMtam j .... manah pratUya dkarmmni cotpadyate saximana- 
syam f daurmannsyam ... upeksd 

naiskramya = * c.hemiii pnr on impiir \ ou bicn * sortie (nLskramana) on 
dolacliement d'nne sphere d’existence ou dn santsara ’. - Voir d'ailieur.s 

iv. 77 b-c. 

dsrila ^ ‘ ay an I pour objet *, ou bicn ‘ favorable, a ’. 

Ou a done : « 11 y a, eii raison de.s visibles, etc., .six .scn8ation.s de. satisfaction, 
.six sensations de dissatisfaelion, six .seiisation.s d’indilfcreiice, fuvonible.s uu nais- 
kramya ». 

Comparer Majjliima, iii. 218, Saniyiitla iv. 232, Majjliiina, iii, 217, Milinda, 45 

(nekkhammasita). ^ 



Hiu(in4sang, iii, fol. 2 a-3 a. 


107 


Les Sautrantikas ‘ criti([iieiit cetle explication : (1) Les organes dos 
sens, ceil, etc., ne sont pas sonvcrains cpiant a la protection de la 
personne. Ici, la sonvemineto appartient a la connaissance (vijudna)^ 
visiielle, auditive, etc. : c’est apres avoir distingue (pron indte le 
nuisible, ([u’on prend ralirnent solide. (2) Cc qn(3 vons cnlendez par 
‘ activite propre de Forganc a savoir, vision des visibles, etc., 
appartient a la connaissance (i. 42) et non pas a rorgain?. — Les 
explications relatives a la souvcraincle des autres mdnyiiH sont 
^galement incorrectes. 

Comment done faul-il entendre la sonverainele des indrluas? 

2 a-b. En raison de la sonverainele (1) quant a la perception (tipa- 
lahdhi) de leiir objet special, (2) quant a la [)erceplion de tout objot, 
six organes ^ 

C’est-a-dire, en raison de leur souverainete par rapport a six con- 
naissances (vijhdnahdya), Les cinq organes dont le })renner est 
I’organe de la vue sont souverains par nqq>ort aux (*inq connaissances 
scnsibles, connaissance visuelle, etc., lesqnelles distinguenl chaciine 
leur objet propre, le visible, (dc. [3 a] l/organo mental (mauadn- 
driya) est souverain a Tegard de la connaissance menlale (memo- 
vijhdna) laquelle tlistingue tons les objels. C/jjst ainsi (|ue les six 
organes des sens sont souverains. 

Mais, dira-t-on, les objets des sens, le visible, (de., sont aussi sou- 
verains par ra[)port aux connaissances et, par consequent, doivent 
aussi 6tre consideres comine des indriyas? 

Par le fait, ils ne sont |»n.s souverains. Par sonverainele (eUlhipa- 
tya), on entond * pouvoir predominant ’ ((idhikapreibhiitva), L'ceil 
est souverain, car (1) il exerce cette prepotcnce quant a la naissanc.e 
de la connaissance qui connait les visibles, (dant la cause commune 
de toutes les connaissances des visibles, tandis <|ue chaque visible 
concourt seulement a la naissance d’une seule connaissance ; (2) la 
connaissance visuelle est claire ou obscure, vive ou debile, suivant 

1. Vasiibiindhii dit : « D’aiitres Maiirrs... ». 

% [svfi\sarvdrthopalabelhau ( adhipatydd indriydni .sa^] • 



108 


CHAPJTRE n, 2 - 4 . 


quc 1’a‘il ost vif on debile : le visible n’cxerce pas sernblablo influence. 
— Meine rernanjuo pour les aiitres organes des sens et leurs 
objets (i. 45 a-b). 

2 «*-d. En raison de leur soiivorainelc on co qiii coin*.erne la inascii- 
linile ot la feniiiiile, les deux organes sexuels, qu’il Taut distinguer 
dans le corps ’. 

A part dans Torgano aj)pele kayendritja, organe du bict, les deux 
organes soxiiels. (^os d<Mix organes iie sont pas distiiicts du kaycn- 
driya : ils coimaissont le tangible. Mais il y a unc partie du kdyen- 
driya ([ui rei,*oit Ic norn d'organc male on d'organe fominin parce que 
celte parlie exerce souverainele sur la innsculinite on la feminitt\ La 
feminite ^ c’ost la fonnc |)bysique (akrii), la voix (svara), la demar- 
che les dispositions (ahhipmya) proprcs a la femme |3b], 

De nienie pour la masculinite. La dilFih-eiice des deux nainres elanl 
due a cos deux pai lios du corps, nous savons que ces deux parties 
sont souvcrainos par rapport a ces deux natures ; elbjs constitia^nl 
done des indriyas. 

3. En raison ih lour souverainele par rapport a la diiree de Voxis- 
lonce, a la sonillure, a la piiriiicalion, on considero comme indriyas 
rorgane vital, les sonsations, les ciiu] dont la foi esl lo pronnor 

1. Ij’organe vital (ist souverain en co qui n.'garde la prolongalion 
de rexistoiKM* dopuis la naissance jnsrpi’a la inort, - mais non pas, 
comme Ut disont les Vaibhasikas, en ce qui regarde la connexion 
(rune existence avec uno autre : cette connexion depend on effet de 
I’csprit (manas). 

2. Les cinq sensations sont souverainos par rapport a la sonillure, 
car le Snlra dit : « Ija concupiscionce trouve son gite dans la sensa- 

1. \striive ptimsloe cadhipatyat] kayat stripurmeAidriyc // 

2. (.oinpantr Dliarnnia-sutiguni, et AtlluKsilliiiT, G4I. 

8. nik(iyasthiti^amklc.sav yavad(ina\dhipaiyatah | 

\jicHa rdtlisraddhddipnncakendriyat^i maid] || 

4. liVMlileiir jupunuLS reiiseigiie iVlaflhyaimlganm 17, n. — Comparer Samyulta, 

iv, 208 : yo sukhdya vedandya rdydnusayo so amtselL ^ 



iiiuaii-tsang, iii, foL 3 a-4 a. 


109 


tion de plaisir ; la haine, dans la sensation do deidalsir ; la confusion, 
dans la sensation d'indilTercnce — Siir co point los Sanlranlikas 
sont d’accord avec les Vaibha^ikas, 

3. Les cinq faeulUss donl la prornion; t;sl la foi — fui, lorce, 
m^inoirc, recueilloinont, disciM-nonu'nt -- soul soiivoraines ([iianl a 
la purification, car. par lour forc.o, les passions (klemn) sont ebran- 
l(Jes (viskambhyante) et lo (llieinin aineno (dcuhyale) 

4. En raison do lour souvoraiiioto qimnl. a d(\s an|iiisilions ascon- 
danlos, quant au Nirvana, otc., 

Yajmndriya, XUljMldvhidHiiny do inona* 

« De nieino », c'esL-a-diro : oos trois son!., dt* inonio, considrivs 
coniino dos souvta-ains. mdritja, Co sonl lo.s Irois indrijj(hs purs, 
d<Minis ii. 10 a-b. 

1. [iO proinior osl soiivorain par rapport a rao(|iiisiiio.i dii douxionio. 

Le douxioino ost souverain par ra|)porl a rarqiiisilion du troisionie. 

Lo Iroisionio ost sonv(Tain ptir rap()orL a raripiisilion dii Nirvana, 
o’osl-u-diro du uirupudlwiesaiiir Cfir il ii'y a pas imrininmna 
lorsfpKi la ponsoo n’ost pas dolivroo 

1 . snkhdydtn vedandydm rdfjo 'mi&elej dtiliJihufjdm flrosahj aihihkhdsu- 
khdydin nwluih. — P«ir sejisalioiwle-plaisir (sukhd), ii I’anl rMiii'iidre aiKssi seii- 
sution-de-.sati.-sfuolidri (snumanastja)... Voir ii. 7. 

Coiiipurei* V. 2a (;t 54; anssi Yo^^nsfilra, ii. 7-.S : snkhdUHSHtjl rdtjah f (luhklid- 
nusayi dvesali, 

2. La foi et les aiilivs fariilUVs nioralo.s, ilan.s lo rliniiiii inondain (Innkika) 
ebraiileiil les pa.ssioiis ; dans les nin'edhnhhdffiifns (\ i. 45 i-.), elles ‘ aiiioiuMii * 
le Cheiiiin ; purrs, riles const itiiriit VniuijiidtahidjiidfiydiHi, etc. (ii. *.) b, vi. US). 

*). Purainiirt lia et iliiian-lsan^ tradiiisent. la premiere iii^iie : ^ bai raison de lenr 
soiivorainele a r«'*garil de i'acipiisilion de cbemins do plus en plu.s (Moves, dii Nir- 
vana, etc. » -- Le tiIxMain mya van lultUH .soys yon ntis yon thoh pn la ui 
dhan byed phyir = nircdnady%ittaroUarapraW^^^ 'dhipaiyakiU. 

Dliamrnnsangani, 2!HJ, 505, 55‘i; Nelti[»akarana, 15, 110; ('oiiipendiiun, p. 177. 

4. Vajuatacindriya no, confond avec la (pialile d'Arbal ; il coin[)orle le ksayn- 
ji/an-rt et rttHii/jJtlfZajnfiifa : savoir tpie les passioiis sont del mites et ne. renai- 
troiil plus, etc. (vi. 45, Neltipakaruna, p. 15) ; il est ‘ d«Mivn‘ ’ (vimukia) par la 
d^livrance diis passions (klesuviinukti) et par la delivraiice de. rexisteiice f.sam- 
tdnavimnkti) : il est done souverain par rapport a\\ parinirvdna o\i nirupa- 
dhisesanirvdna. • 



1 lO CHAPITRE II, 4-6. 

2. Le mot el ccelera, pour imUqucr qu’il y a une autre explication. 

Le premier esl souveraiu quant a la destruction des passions (klesa) 
qui soiit abaudonnees par la vue des verites (v. 4). 

Le deuxieine, qiianl a la destruction des passions qui sont aban- 
donnees par la meditation des verites (v. 5 a). 

Le troisieme, quant a la beatitiide-ici-bas (drdadharmcisukhcir 
viluim), c'e;st-a-diro : eprouver (pralisamvedana) la satisfaction 
(priti ^ sanniauasya) el le bieii-etro (mkha prasrdbdhmikha, 
viii. 9 b) (le la delivmnce des passions (vimukli). (Voirp. 112). 

l;*ourquoi couipte-t-on seulenuint vingl-deux indriyas ? Si vous 
reganlez conime indriya ce qui esl " soiiverain (’ignorance (uoidyd) 
ot les autres rnembres du l^ratTtyasainnlpada (iii. 21) soront pidriycts, 
e.ar les causes (avidyd, etc.) sont souvoraines par rapport aiix eIbHs 
(samskdrctfi, etc.). l)e nu^ine, la voix (vdk), la main, le pied, raiius,, 
le membre viril (iipaslha) sont souverains par rapport a la jiarole 
(mcana),\i\ prise, la mimXxe (viharana — cankrami^^ Tcixcro- 
lion, 1(3 plaisir (dnauda) K 

Repondons qu’il n’y a pas lieu d’ajouler I’ignorance, idc., a la lisle 
proclamt^e par Bhagavat. Bn dc^nombrant l(‘s indriyas, Bhagavat a 
temi cornple diis c,aracttjn.‘s suivanls : 

5. Le point d’appui dtj la pcuisee ; c.e (jui subdivise, prolonge, souille 
ce point d’appiii ; ce qui on pivpare la purilicatiou et 1(3 puriiie : voila 
tout ce qui est indriya [4 b] 

1. Le point d’appui (dsraya) d(3 la pens(3c, a savoir les six organes 
de coniiaissance, de I’organe de la vue a Torgane mental (manas). 
Ce sont les six dyatanas internes (i. 39, iii. 22), (pii sont les consti- 
tulifs primaires de I’etre vivanl (niaula sattmdravya) \ 

1. Ohjeotioii (J<‘.s SSLrnkliyas. -- Silinkhyakuriks., 34. 

2. cittasmifas iadvikalpah [sthitih samklem eva ca / 
mnihhdro vyamddnam ca yavad etdvad indriyam] 1 1 

Cette kArika dcivient la karikA 2 duris la SuiiuiyupradlpikA. 

8. Nuns avoris reucoritn'i cette expression, i. 35 (voir anssi p. Ill, ii. 2). — Les 
six supports des orguiies (in(ln*t/a(ilil$l/(ariaj,e’est-a-dire l*<eil visible, ptc., ei les 



lliuan-tsang, iii, fol. 4 a-5 a. Ill 

2. (le sextuple point d’appui est differencu'; eu raison des orf'anes 
sexuels, 

3. II dure pour un temps en raison de I'organe vital. 

4. II est souille en raison des cinq sensalions. 

5. Sa purification est preparee (i^yamddna^samhhnrtm^ par les 
cinq tacultes morales, foi, etc. 

6. II est purifie [)ar les Irois facultes pures, 

Los (Iharmas qui possedent ce caractere d'etre souverains par 
rapport a la constitution, a la subdivision, etc. de I'etre vivanl, 
sont consideres comme mdriyihs. Ce caractere manque aux autres 
dharmats, a la voix, etc. 

D’aulre.s inaitres donnenl line definition dilVerente : 

6. 0\\ bien quatorze indriyas, point irappui d(i la transmigration, 
origine, duree, jouissances do ce point d’appui ; les aulres iudriyas 
out le memo eniploi a Tegard du Nirvana '. 

L’expression * on bien ’ introduit roxplicalion d’antres maitres 
(aparah kalpah). 

(!-()) Les six organes (sncjdyalaaaf iii. 22), de rorgano de la vuo 
(caksumyaiff na) a I’orgaiie mental (muufi-dyidaua), sont le point 
d'appui (dsmya), la j*aison il’etre du sammra \ 

(7-8) C’est |)ar les organes sexuels quo nail le sdddyatana *. 

(9) (Vest par Torgane vital quo dure (avastlidua) le mdilyafana, 

(10-14) C’est par les cinq sensalions que jouil le saddyatana. 

I) autre part [o a| : 

(ir>-19) Les cinq facultes, to\, force, memo’ue, recneWlemiMTit, discer- 

siit coiinalssMiices (find injfidnakdifdh) soul luxstiisnUradrncffat ilt s const itiiliis 
de iVdre vivaiit, luais non pas dos const itiitits priiiiaiivs (mania), car ils drpeiideiiL 
de la souverainele des six organes, 

t. pmvrtter dsrayotpatii [sthififupabhogato 'tha rd / 
caturdasa tatlidnydni niortldo indriydni cfi j // 

2, sadayatanam niulasattcadravyahhutant mmaaratiti prarrtter dsmy- 
ah, — Le saddyatana est esseiilielleim'nl IVdre vivaid doiit on <iit qu'il Iraiis- 
inigro : it est done le point d'appui de la traiisiiiigratioii. 

3. Deux dyatanas seuleineiit, kdya el manas, existent d»>s la coiieeptioii 

(ii. 14). . 



1 12 CUAPITRE II, 6-7 b. 

iiement (prajM), «onl le point d’apiuji (ilsraya, pratisthd) dii Nir- 
vana (i. 6 a-b). 

(20) Lo Nirvana nait (prahhava)^ apparalt pour la premiere fois 
(ddiblidva), par la premiere raeiilte imvi% andjndtamdjddtHydm^^^^ 
driya. 

(21) Lt‘ Nirvana dure, se tieveloppc, par la deiixienic faciilte pure, 
cijnendriya, 

(22) Le Nirvana est ‘ experinionto ’ (upabhnj) par la troisieme 
I'acnlte pure, djruifdvindriya, car, [)ar celt(j faculle, on eprouve la 
satisfaction et le bicn-etre (pritisukha) dr‘ la delivrance (voir p. 110). 

L(? noinbro «li\s indnyas se trouve ainsi diHermine. ainsi <pie I’ordre 
dans IcMpiel le SiUra les ran^;e. 

Quant a la voix O^dc), a la main (pdni), an pied (pdda), a Tanus 
(pdya), uiLV parlies sexuell(\s (iipaslhaj, ce no sont pas des mdriyas. 

1. [ja voix n’est pas souvoraine par rapport a la parole (vaenna), 
car la parole su[)poso une c(M’taiiuj instruction (.siksd) ' ; 2-8. La main 
ot l(j pied no sont pas souverains par rapport a la prise (dddna) et a 
la niarclu^ (^r/7?rrrana), car ce ipfon appelle prise el niarche, e’est 
simplemenl la main el le pied naissanl an second tnomont dans im 
aulro lieu et avec une (i”;iire nouvelle (iv. 2 b-d). Kn outre, on voit, 
par roxemple des serpents, ipie la main el le pied ne sont pas indis- 
pensables a la pris(j et a la marclni '-; 4. l/anus n’est pas souverain 
par rapport a rexpulsion des matieres (iitsaryd), car les cboses lour- 
des (fjimidravya) tondjent toujoiirs dans le vi<l(» (dkdsa chidra) ; 
d’ailleiirs, le vent (vdyudlidUi) poiisse ces matieres (prerana) et les 
fail sortir ; 5. L<!s parlies sexuelles ne sont pas soiiveraines a Tegard 
du plaisir (dnanda), car le plaisir est produit par les orgaues sexiiels *. 

1. I/enfiinl, a peiiic im*, voit, iiiai.s no parlo pas. La parole est I'acte (karman) 
<le la langue qiii est Ic support (adhlsihuna) ilc roi’gane «lu gout (jihvendriya). 

' Pour Ihs Silinkhyas, Je.s orgaues (I’uetioii (knrmendriya) soiit, roiniuc les 
orgaues de eoiiuaussauce. des substances siipraseiisibles La ‘voix’ 

esl le pouvoir de [uiricr, la * iiiuiii ’ esl le pouvoir dc prendre, etc. 

2. Que les serpents possedenl main et pied subtils vuus rufiirmez, 

iiiais il landrail Ic j)rouver. 

a. Vtipastha est congu coniine distinct de I'orgaiie niAlc on fdiiiiiiiii, qui est 



Ititian4sang, iii, fol. 5 a-6 ii. 


113 


Si vous consiilerez la main, le pied, etc. coinnie des indriyas, voiis 
devez ranger parnii les indriyas la gorge (kantha), les dents (danta), 
les paupieres (aksivartman), les articulations (angullparvan), (tout 
Temploi est d’avaler (ahhyavaharana), de nificher (carvana), de 
s’ouvrir et de se fernier (nmnemHimp.m), de ropliei* et d'eteiulre les 
os (samkooavikOAa) [5 b]. f)e nieine tout ce qni est cause, (jx(u\*ant 
son action (purusahdra, ii. 58) par rajiport a tin e(F(?t, sera iadnya. 
Mais il faut reserver le noiii Xiudriya a ce tpii possede souverainete 
(ddhipatya). 

Nous avons delini les organes d<^ connaissaiice et b.‘s organes 
sexnels (i. 1)44) ; Torgiine vital (jivilmdriya) stua explitpie avec les 
cittavipmyuktas (ii. 35) parrni Icstpiels il se range ; les cinq faculties, 
foi, force, etc., etant des inentanx (ccullm), seront explitpiees avec, 
les inentaiix (ii. 24). Nous exaniineron.s ici les organes de si'usation 
(vedanendriya) et les fatailtes pares (andsravmdriya) qiii ne trou- 
vent pas place ailleurs. 

7 a-1). lia sensation corporelle desagrealdt* est Vindriya tie de- 
plaisir *. 

* corporelle c/est-a-dire ‘ tpii se rapporte aux corps ’ ^ qiii est 
associec aux cinq coniiaissances sensibles, connaissance visuelle, etc. 

‘ desagreable asCilCi. [fi a], c’<?st-a-tlire qui fait du inal (upaghd- 

tifkcv^m ^ 

La sensation en relation avec les cin(| organes de coimaissance 
sensible, et qui fait du nial, est nonmiet^ duhJdiemlriya. 

une partie, iiii lieu, de Torgiine dii tael f/fca//fiiarr///a//i7i(/csfi.siripMrH.se«f/r/^a- 
vyatiriklakalpita ). 

Le ' plaisir * (dnanda) est klista smiJkhya. 

1. Iduhkhendriyam] asdtCi yd kdyikl vedand 

Comparer les d^fiiiitioiis de Viblianga, p. 12o. 

2. Les corps soul I'orgaiie de la viio et. les qiiatre auires organes de eoiiiiuis.sajieo 

seiisiide ; ces organes, on elTet, soul des collections (kdya) ou accumulations 
(sanwaya) d’atoines. — l.a sensation tpii stj produiL dans uti ‘ corps *, on qui 
accoinpagne im ‘ corps ’ sur Jequel elle s’appuie, est nommec corporelle. (Voir 
ii. 25, sur la prtUrahdhi corporelle.) • 



Il4 CHAPITRE IT, 7 ii-S. 

7 l)-c. Agreable, cllo cst indriya de plaisir \ 

‘ agreable sdtd, e’est-a-diro qui fait dii bien, (jiii conforte, bien- 
faisante (anvigrdhikd). 

La sensation corporelle agreable est nominee ankhendriya, 

7 c-d. Dans le troisieme dliydna, la stmsalion agreable, nientale, 
est aussi indriya de plaisir \ 

La sensation nientale est la sensation associee a la connaissance 
inentale (manoiHjndna). 

La sensation nientale, agrtnibb?, dn troisieme dhydnn, re(;oit aussi 
le nom ile sukhmdriya, indriya de plaisir. Ce nom, partoiit ailleiirs, 
est reserve a la sensation agreabbi eorporelle : inais, dans le troisieme 
dliydna, la sensation corporelle fait defaut parce ([iie les cinq con- 
naissances sensibles y font defant. Done, qnand on parle dn siddia, 
on plaisir, dn troisieme dhydna, on (mtend parler ile la sensation 
nientale agreable (V^oir viii. 9). 

8 a. Paiiout ailleiirs, elle est satisfaction 

I^artout ailleiirs, c’est-a-dire dans les elages iidVnieurs an troisieme 
dhydnaj dans le Kriniadliatu el dans les deux premims dhydnan, 
la sensation agreable nientale est satisfaction (nanmimai^ya) on 
indriya de satisfaction (saiimanai>\tfendm^ 

All dessns du troisieme dhydna, la sensation agnsable nientale 
fait defant. 

Dans le troisieme dhydna^ la sensation agreable nniiitale est calnie 
et lrani|iiille (ksama, mnta), parce qne rascete, dans ce dliydna^ est 
detacbe de la joie (iwltivllardgcdmt) : dune elle est plaisir (mklia) 
et non pas satisfaction (mumunci^ya) 

En dossons du troisieme dliydna, la sensation agreable nientale 

1. sukham / sdta 

2. ilhydne trliye Ui cnilasi hU snkhendriyam }} 

a. auyatra sd samminaayam. 

4. Le sukha est le sata^ TugreuMe, cv. <|iii fait du bien (sdtutvad hi sukham 
ucyaie) ; la satisfucUoii suppose, en outre, lu joie (prlti). -- C4e probl^iiue est 
repris viiii^O b. 



Himn-tsang^ lii, fol. 6 a-b. 


115 


est grossiere (awldrika, ruksa ?) et agitee, parco (pu*, tiaiis les etages 
irif6rieurs au troisierne dhydna, Tascete n’esl pas dotaclie <le la joie : 
done elle est ‘ satisfaction — La joie fprlti), qui a poiu* earactere 
une joyeuse exaltation (sampraharm), n’est pas distiiade de la 
satisfaction. 


8 b-c. La sensation desagreable nientale est dissatisfaction 

La sensation associee a la connaissanee nientab^ et qiii lait dii inal 
est la dissatisfactii)ii (daurmammja) o\\ Vindriya de dissatisfaction. 

8 c-d. La sensation intermediaire, corpondle on nientale. est in- 
difieronce, ear il n’y a pas ici viknlpaua \ 

La sensation intermediaire, (pii ni n<^ fait dn bien, ni nti fait dii mal, 
e’est la sensation ‘ ni-de-deplaisir-ni-de-plaisir ’ (aduliklidsnkhd), 

G’est la cc (pi’on nomine la sensation (rindifference on Vindriya 
d'indifference (upeksendriya ). 

Cette sensation est-elle corporelle, esl-elle mentale ? 

Qu'eUe soit corpondle ou mentale, la sensation intermediaire est 
sensation d’indift’erence. La sensation d’indifVerence presente done un 
doiibbi caractere ; cependunt elle iie eonstiliu* qu*un indriya, parce 
qiril n’y a pas ici de vikalpana, 

1. II n’y a pas vikalpana, operation iniellectuelle. - - ("orporelle 
oil mentale, la sensation d’indiflVa-enee *‘st iiandllemeid: exempte de 
tout element iiitellectuel (vikalpa - abhinirfipandinkal^^^ i. .‘53). 

En regie gthierab^ la sensation mentale, agretible on desagreabbi, 
precede d’un concept (vikalpa), dii coiic.e[)l ‘ c.lier * odieux etc. 
An contraire, la sensation corpondle |0 b] est produite par I’objet 
exterienr (visayavasdt), independamment de I’etat psychologiqne : 
les Arhats sont etrangers aux sympalliies et antipathies, ne com;,oi- 
vent pas I’idee de cbor, I’idee d’odieiix, et sont neamnoins siijels 
a la douleur et an plaisir physiques. 


1. asiitCi, caitaslpnnnh / daurmanasyam. 

% upeksd tu madhyohhayy avikalpanlit // 

3. II Ittut excepter la serisutioii agrealitc nieiilula qui pro(!iMlcs ilii rociuulkuiieiit 


(saniddhi^ ou qui est un fruit de reirlbuliou (vipdkaphala) (ii. 57). 



116 


CilAPlTRE U, 8 C-9 L 


Done nous devoiis distiuguer los indriyas relftEilFs aux sensations 
agi'caWes et dosagreablos suivant que ci>s sensations sonf corportH^es 
oil inentales. 

Mais la .s(3nsalion d’inditt'erence, ineine inentale, se produit sponta- 
nement (sviwasanch anahhimmskthrena) \ tout (roniinci la sensation 
physique ; elle sc |)roduit chez un lioinine qiii no s<? forme aucun 
concept (avikalpayalas, (uiahhinirupayata^^ : done nous ne recon- 
naitrons <[11*1111 s<‘iil Ihdrlya pour les deux seiisalions (riiulitKrence, 
la mentale et la corporelle. 

2. II n’y a pas vikalpana, differen<*e. — Suwant c|ii<i les sensations 
agi^'iibles on d<!\sagr<'‘abl<3.s sout ijorjiondles 011 iiKuitales, dies font du 
bid) ou du iiial d’apivs un inoile d’operation qni leuj* ost s|>i.*cial, dies 
nc soul pas seiities do la m<'‘me nianiere. Pour la sdisalion d'indilfe- 
renee, (ill<3 ne fait ni du bien, ni <lu inal ; die u’est pas ililTerencitb) ; 
mentale ou corporelle, elle <.\st sentie de la iiiein<» luaniei’c. ^ 

9 a«b. Nimf mdriyasfj dans les dieinins de la vu<\ do la uiedilalion 
vX tl'Asaiksa, constituent trois indriyas \ * 

L’organe mental, la .sensalion de plaisir, la sensutjon de satisfac- 
tion, la seiisatio!) (rindillVaence, la foi, la force, la nu'anoire, le rocueil- 
lement et h\ discernenxMit (prajnd), cliez le saint qui esl place dans 
le chemin do la vue (darmnanuinja)^ constilmMit \\mdjh(ltamdr 
jnds^ydmliidriya ; (diez h saint <|ui (?st placii dans chemin de la 
meditation lies writes (bhdvandmdrga), l^yuendriya ; choz le saint 
qui est place <lans le chemin d’Asaik§a( — Arhat), Vdjndtdvindriya 


1. Elle est sp.iilemeiil vipaknphala et nainyanilikl (ii. 57 e.). 

2 . dryhhaxmnasaihsaimthe\nmfii ^ 

3. En iViit, le groiipe (kalupa) i\m euualitue les Irois indriijas purs iie comporto 
que sept indriyas^ car l<?s Irois sensations ne cooxisleiiL jaiiiuis. Lorstpie i*:usce(e, 
pour prutiquer le <.]lieiiun, resitle dans les deux premiers dhyilnns, 11 possede la 
seiile .sensation «!^. saMsfaetioii (fianmunnsyendrlya) : il possede la smile scii.su- 
tioii de plaisir (sukheudriya) lorsqu’il pratique Ic Chcniin dans le troLsiiVme 
dhydna ; il possede la seiilo seiisutiuii d’indiirerenre (itpeksendriya) lorsqii*il 
prati<]ue le Chemin dans les aulrcis elagc.s (nndgamya, dhydndntara, qiialrieine 
dhydiiu, premiers drupyasi). — - Voir ii. 10 c-17 L. 



Hman-tsmig, iii, fol. 6 1)-7 a. 


117 


Place clar^jS le chertiin do la viie *, le saiat e.st occupe a comiaitro 
celrjii’il no coimait pas (andjncliam djhdtmn pravHla), a savoir les 
(piatro Yoritos : «^Je connailrai », pense-t-il. Son imlrhja .s’appello 
done gndjri(it(im(ijndsy(M^ 

Place dans le chfMnin de la Tnedilalion d(\s veril(\s \ le saint n’a 
plus lien de nouveau a connaitre ; il est un savant, djha, Mais, pour 
coupor les passions (atiumya) cpii lui restent, il connait a nouveau 
et a (Husieurs reprises les verites (ju’il connait deja. Son indriya 
s’appelle (Ijnmdriya, indriya dii savanHou indriya (dj ham 

evendriyam iU vd). 

Plifce dans le cheniin d’Asaiksa | 7 a|, rascete deviont conscient 
ipi’il connait : il olitient la conscience (dva - ^ avaganm) ^ ([ue les 
verites sont connues (djhfdam Hi). Possedant le d jhCda'-dvay il est 
djndtdvin, et son inhrlya s'appelle djudldrindriya. — On bien, est 
djhdfdvin le^saint cpii a pour caractere on habitiub' de con- 
naitre (avilum) que la verite Oj^t connue (djhdia): on ell’et, cpiand le 
saint a obtenu li? hsayajhdna et \\iyiulividajh(ma (vi. 70), il con- 
natt eii vtu-ile : « La doubMir est connue, jo u'ai plus a la connaitni » 
et \{) reste 

♦ 

1. Le (larsaiKUiiartfa r.onnirnnd Ic.s ipiin/.e [)n*mi«*rs iiumuMifs «lo la comprn- 
hmsioii «ic\s VeriUVs (nhhlsnmuifa)^ nionn iils mi I'oiirs iL‘s<|uols on voit re ipi’oii 
u’avait [MIS vii niipanivnnl. (vi. i2tSr-«l). 11 r,s|. rxrlusiviaaejit piir, amisrurtiy vi. 1. 

2 . a^ksmtidsfih / nklnjillapmUritpuh'ns ctiffam aji)dsii<imUisnh(lah - 

Daii-y rAMiiilhamina, on a au(iHrHUai)upss{ninlui(friifa (ViMiantfa, p. 121). 

a. Le In ine bhavand a ilrs .sens niiiUiple.s. - Dan.s l’ex|»re.s.sion blidCUliamaijat 
il e.sl .synonyiTie ile S(rmd({kt\ ivnieillnijenf. ■ D'aiilres arreptioiis .soiit etmliers 
vii. 27 (comparer ii. 25, 2 ). -- Dans l’e.\|M*es.sif»n blidi'andmiirffn, * chcinin de 
la iin^ditatioii hhavami .signifio ‘ viie reiiclce, inedilation *. 

11 V a deux hhd^mvdnmrrjas : 

a. Le bhnvandmnrfin pur (andfiraoa) on sii[>vainondaiii (lok-otfarn), dont 
il esl ''<pir.slion ici : c.’itsI la medilaiioii d«.?.s Verile.s, lesipiellcs out elc «leja vnes, 
dans le darmnnitfdrfja. Ce chemiii ^•.oInlllellcc aver It? seJ/.ienn? iitonicnl tie la 
r.oniprehension drs Verites (vi. 28 c-tl) el se lerniine afee racqiiisiiion de la 
cpialite d'Arlial. 

1». liO hhCivmmmCirga iinpnr (nfisravn) 011 inondain (laiikika) ; \\ n’a pas pour 
olijot It'S Vei'ili'?.s (vi. 40); il ehranle (visknmbh.) les [lassion.s .sans les dt^raciner; 
il pent precede!* el anivre le (Inr^rnimndryn. 

4. Dhr^lupnllia, i. 6«31. 

5. 11 seiiihle Lieu que Puraniartba differe de lliuaii-t.sung, 



118 


CHAPITRE II, 9 b-d. 


Nous avoris expliqne Ics caracleres speciTiqiies des indriyas, II faut 
expliquer leiirs difTerentes natures : sout-ils purs (9 b-d), dc retribu- 
tion (10-11 b), bons (11 c-d)? a quelle sphere apparliennent-ils (12) ? 
comment sont-ils nbandonm^s (13)? 

Conibien sont impurs (Csmmra^?r4(>nil»ien sont \)\m (andsrava) ? 

9 b-d. Trois sont imniacules ; les organes inaleriels, I’organe 
vital et les deux sensations piMiibles sont impurs ; neuf sont des deux 
sortes \ 

i. Les trois dernii'rs indriyas sont exelusivement irnmacules ou 
purs (amalaj andsrava), 'raclie (mala) el vice (dsrava) sont syno- 
nyines K 

Les organes inaleriels (rupin) sont an nombre de sepl : les cinq 
organes de la vue, etc., plus les deux organes sexuels, car tons ces 
sept organes sont inclus dans le riipaskandha. Avec Torgane vital, 
la sensation de deplaisir et la sensation dc dissatisfaction, en tout 
dix indriyas exelusivement impurs. 

L’organo mental (manas), la sensation de plaisir, la sensation do 
satisfaction, la. sensation d’indiffVM-ence, les cinq facultes morales (foi, 
force, etc.) [7 b|, neuf indriyas cpii peuvent iHre ou jiurs ou impurs. 

ii. D’apres d’autres inaitres ’ (Viblulsa, 2, lo), l(\s cinq facultes 
morales sont seuleiiient pores, car Bhagavat a dit: « Ce|ui a (|ui 
manquent complett'inent, a quelque degro que ce soil, tons ces cinq 
indriyas, la foi, etc., je le declare lioinnie do dehors, appartenant ii 
la classe des Prlhagjanas » \ Done celui qui les possede, a quelque 
degre que ce soil, est un Arya ; done ils sont purs. 

Ce textc n’est pas demonstratif (jiidpaka), car Bhagavat parle ici 


1. amalam traifam / \ruplni jlvliam (hihkhe sasraDdni] nava dvidha // 

2. L’lnliteur japoniiis cile a re siijel Toiivrage de Hurivarman (Nanjio 1274). 

13. I^e MaliTsusaka, d*upr«\s Tedileiir japonuis. Le Hetiivildin et le Maliini.sasaka 
dans Kallillvatllui, xix. 8. — Comparer ibid. iii. 6. 

4. Sainyiilia, v. 204 : yassa kho bhikkkave im&ni pancindriyAni sahbena 
sabbam sabbathd sahbam naUhi tarn aham bahiro puthujjanapakkhe thiio 
ii vadaui. — Voir ii. 40 b-c. 



Hiumi-tsang, iii, lol. 7 u-7 b. 


119 


de riionitnc aiuiuel inaiuinent les cincf facultes morales pores (amis- 
rava). Eri effet, *laiis le. texle qiii precede la declaration en cause, 
13ha{;avat defiiiit les Aryapudgalas eii foriction des cinq facultes 
morales*. Done il envisage seiileimMil les cin(| facultes morales propres 
aux Aryas, c/est-a-dire pures. Celui a qui elles inanquent est 
evidtunniont uii Prtbagjana. 

On bien, si ce text(> parle des facultes morales en general, nous 
remarquerons qu’il y a deux especes de Prthagjanas ( Vibhasa, 2, n) : 
celui du dehors (bdUyaka), celui du dedans (dhhyaniaraka) ; le 
premier a c.oiipe les racines-<le-l)ien (iv. 79), le second ne les a pas 
coiqiees. C’est en visant le premier qne Phagavat dit : « Je le declare 
homme du dehors appartenant a la classes des Prthagjanas » 

Kn outre, (fapres le Sfitra, meme avanl la mise tm mouvement de 
la roue de la Loi (vi. 54), il y a dans le monde des honnm?s anx facnl- 
tes aigues, moyennes, molles I Done les facadtes morales, ibi, etc., 
ne sent pas necessairemenl el exclusivemenl pures. 

iMifm, Bhagavat a dit : « Si je ne connaissais pas en verite Torigine, 
la disparlHon, les avantag(*-s ((hsmda), l(‘s desavantages (adimiva), 
la sortie (ulljmnina) des cimj hicultes, Foi, force, etc., j(; ne serais 
pas degage sorli (nihsrla)y <lissocie (visamynkta)^ didivre 

(vipramnkfa) du monde ou il y a des dieux, des Maras [8 a | el des Brali- 

1. jia Hrenidii i b1u'h's(n:a iiHlrhfuyi ! kntnwfiin’ pnnea / srnddltPMdn'ynm 
yavnt praplcndrifiam f rsam imiirdnam iiidriyanum itksynlvat paripdr- 
natmd alrhnii hlinraU. / tntas fatnitarafr mrdulunur andfjdmi hhnvntl I 
Uitas tamitarair mrdufnrnili sakrdagdnii f faUis tnimfnrair wrdHlarnih 
srotndimnnah j tnto 'pi taimhirair mrdutanrir dhurmamisdri / tatas 
tanntarair mrdnlamih ^raddhamtfidri / iU hi bhikmva indriynpdramitdfii 
pmtitjffi phalapariuiiild prujkidynie / phalnparamitdm prntitya pudgaln- 
pdramitd prajhdyate / tjaaijctnaui paucendriyani .snrvena .surcani na 
santi tarn nhatn bdhyam prthayjnnapnksdPasthiinm vnddmi. 

Ce texle est citi'i duns Vijnanakayu, xxiii. U, Ibl. (> a-S avei* (piehjiies d»belop- 
pements. 

2. Comparei* Siiiiiaii;^alavi]i1siiiT, p. .r»9, siir Irs di*ux soides de I'flliagjana, 
Vandha ol Ic kalydna, 

3. brahma vocat / sauti bhadanta saliva lake rrddhds likmcndriyd api 
madhycudriyd api mrdvindriyd api. • ^ Comparer l)Tglui, ii. 3S, Majjhima, 
i, 169. Le Katliaviitthii cite JlTglia, ii. JiS (.... tikkhiiidriytt ntndiydriye 



120 


CHAPITRE II, 10 a. 


mas, do la generation on il y a brahmanes et religienx ; je no resido- 
rais pas avcc line peiisik^ exempte do meprises.... » ’ — Orsemblnble 
description no s’appliqno pas a des dharmas purs, lesqiiels sont 
exempts iravanlages, do desavanlagos, do sortie. 

Done los facullos morales, foi, force, etc., peuvent ctre pares on 
inipures. 

Parmi les imlriyaSy coinbien sont retriliution (vipcika, ii. 57 c-d), 
conibieri ne sont pas riHribution ? ® 

10 a. li'organc vital est loujonrs retribution \ 

Le soul organo vital (ii. 45 a-b) est tonjours retribution. 

i. Objection. Les energies vitales (dynhmmskCira^ voir ci-dessous, 
p. 122) qii’un Bliiksii Arbat stabilise on fait dnrer (sthdpayati, adhi- 
tistliaU) sont ovidemment Torgane vital. L’organe vital ainsi stabi- 
lise, prolonged do quel acte est-il la retribution ? ^ 

^’a|)r^^s le Millasastra (Jufuiaprasthrina, 12, m) : « Comment un 
Bliiksu stabiliso-t-il les energies vitales ? — Un Arbat en possession 
dll pouvoir siirnaturel (rddhimdn prdptdbhijnah, vii. 42), en 
|)ossession de la mailrise de la ponsee (cetovasilva), c’ost-a-dire 
asamayavimukta, (vi. 50. 64), donne, soil an Samglui, soil a une 
|)ersonnc, des choses utiles a la vie (jlvilapariskCira), vetemenls, 
pots, etc. ; apres avoir donne, [8 b] il appliipio sa pensoe a la vie " ; il 
enlro onsuite dans le (piatrieine de la qualite^/mntefeof/^^^^ 

(vii. 41) ; sorlant de ce recuoilleinont, il produit la pensco, il prononco 
la parole : « Puisse racte qui devait produire uiie rotributioii-en-jouis- 
sance (hhogavipdka) so transformer et produire line retribiition-en- 
vie (dyiirvipdkn) ! ** » Alors Tacte (don et njcueillcment) qui devait 

1. SHipyiiktaguiTia, 20,4. - - (^rtnipnrnr Sarny iittii, v. laU et stiiv. — Vibhlisa, 2, lo. 

2. (jojiiparer Vihlini'iga, p. t25; Vibha.^a, «>. 

а, vipdko jivitam, — Sur hi vie et la niorl, voir ii. 45. 

4. yad arhan bhikmr Ciytiksamskdrdn sthdpnyati taj jivitendriyaiit kasya 
vipdkaJi, 

.5. tat pranidkdya. (.nmineiilaire : tad dyiih pranidhdya cetasikrtvd, — 

Vil>lirisa, 126, 2 . 

б. ymkdhi bhogavipdkam karma tad dyurvrpdkaddyi bhavatu. 



Hiuan-tmng, iii, fol. 8 a-9 a. 


121 


produire line retribiition-en-joiiissaiice prodiiil une retriiiutioii-en-vie.» 

D’apres d’autres maltres, la vie prolongee do TArhat est le fruit de 
nHribuliou d’uii acte ancien. D’apres eux, il y a un reslc (iicchesa) 
dll fruit de retribiition-en-vie qiii devait iniirir dans une existence 
aiitericure, laqiielle a ete interronipue par la niort avant Ic temps 
(ii. 45). Et cost la force dii reciieillement en quatrieine dhyCma qui 
attire (dkarsaka) ce reste el fait quo ce reste murisse inaintenant. 

« Comment un Bhiksii rejctle-t-il (lyajati, tiLsrjali) les energies 
vitales? — Un Arliat eii possession dii pouvoir siirnatureL... cntre 
dans 1(5 qiuitrieme dhydna.... ; sortani de (5e re(Mieill(5menl, il produit 
la penstie, il proiionce la parole : <c IVu8S(5 1’acte qui devait prodnire 
une rcUribution-en-vie se transformer et prodiiin*. une n^tribution-en- 
jouissance ! » Alors I’acte qui devait produire une nUril)ution-on-vie 
produit un(3 rc^tribution-en-jouissance. » 

IjO Bhadanta Gho^aka dit : Par la force du dhyfma (1(3 ipialite 
prdiitakolika (pie cet Arhat a produit, sont attires et iutroduits (mm- 
muhlubhuta) dans son corps d(3s grands (dements (malidbhfda) du 
Rripadhatu. C(\s grands (!»l(3moiits sont favoraldes [9 a| on contraires 
aux (Energies vitales (Test ainsi que I’Arhat pro- 

longe oil nqettc la vie. 

Avec l(5s Sautruntikas, nous dirons que l(5s Arbats, grace a la 
inaUriso en r(3(Mieillement (mmadhivaidva), font ('.esser (vydvar- 
tayantc) la pnijeidicin-poiir-iin-c^i^rlain-temps-dc-duri^e (shitikdldve- 
dlia) (les grands ebanents constiliitifs des orgaiu's, iirojection due aiix 
ados andens ; inversemenl, ils produisiMit une projection noiivelle, 
rnie du recueillenn'iit. Done Torgane vital, dans le cas de la vie 
prolongi'e de T Arliat, n’(ist pas ndribiilion. Dans les aiilres cas, il est 
retribution. 

ii. D’une (pjcstion en nail une autre. 

1. Pour (pielle raison TArliat fait-il (hirer les (Energies vitales ? 

A deux fins, en viic du bien (rautriii, en viie de la dur('5(5 plus longue 
de la Loi {msandciraathiti) ’. Il voit (pie sa vie va pi^rir ; il voit que 
les autres sont incapables d’assurer c^es deux fins. 

1. Vyjlkbya : Le Bouddha pour le bien d’uulrni, le SrSvaka pour ladurc^e de la 



122 


CHAPITRE 11, 10 a. 


2. Pour quelle raison T Arhat rejette-t-il les energies vitales ? 

Pour deux raisons : il voit que sa residence dans ce rnonde n’a que 

pen d’utilite pour le bien d’autrui, et il voit qu’il est lui-rnenie toiir- 
niente par la inaladie, etc. ‘ Connne dit la stance : 

La vie religieuse a ete bien praliquee, le chemin bicn cullive : a la 
(in <le la vie, il est heureux [9 b], cornine a la disparition de la mala- 
die 

3. Qui, et dans quel lion, stabilise on rejette la vie ? 

Dans trois rlvipas (iii. 53), homme on femme, TArhal d(3 la classe 
asamaffavimukia qui possede le dhijcina de qualite prdntakotika 
(vi. 56, 64) : en efTet, il possede la maitrise on recueillomenl et il est 
exempt de passions \ 

4. ITapres le Sfitra, Rhagavat, apres avoir stabilise les samskdras 
de jivita, rejf^la les samskdms iXdyus ^ 

On demande P* quelb? <lifferencc il y a cntre les mmskdras de 
jlmia et les mmskdras iXduHS ; 2 ” quel est le sons du pluriel : ‘ les 
samskdras ’ ? 


]so\. - Voir et Cliavaniics, Los srizo Arlinis proU.Ttoiirs «lo In l 4 oi, J. As. 
JDie, ii, 9 et siiiv. 

1 . roffadynbiiibliiitn ; il faiit entendre rogaf miudn, eorrespoiidnnt aux 

trois doiileurs, vi. 3. 

2 . hralnnncarynm nHcarilam wArr/fi.^ capi subhavitnh / 
aynhkHnpc ttisfn hboii roynsydifagame yathd // 

3. Litteraleiiieiit : « sa seric ii’est pas etayee par les passions (kl&iair (iwn- 
paskthdha samiaUh) » : Cc soiit le.s klesas (pii siipportent ot font durer In s^rie. 

-- l^'Arliat samayavimukia est lihro de passions, mnis n*n |)as la maitrise eii 
reciieillrment ; le drftiiprdpta possede cetle maitrise, mnis n’est jw'is libre de 
passions, (vi 06 ). 

i. jivitasamskdrCin adhisthdya Ciyuhsamskdrdn utsrsfavdn, 

Omiparer DivyavadSna, 203 ; ntha lihagavdmH fmlnlpamsnniddhimsnmd- 
panno ynihd snmdhite citie jlvitnsamskdrdn adfmnidya dytihsatpskardn 
ntsrastum drabdhah. — On a le singulier <laiis Mnhavasln, i. 125, lo. 

Digha, ii. 99 ; yan mindham imam dhddham viriyena patippandmetvd 
jivitasayikhdram ndhiftJmya vihareyyam ; ii. lOG ... nyasamkhdram ossaji. 
(Comparer Sai|iyiittn. v. 152, Anguttara, iv. 311, Udilna, vi. 1). — lUirnouf, Lotus, 
291. 

5. Le Pali a le pluriel dans d'aiitres conlextes, Mujjhima, i. 295 ("aime dyusaup’- 
khdrd avne vedaniyd dhammd), Jaiaka, iv. 215 (aymatpkhdrd khiyanii). 



Hiuan’tsang, iii, fol. 9 a-lO a. 


1!23 


Pour le premi(3r point : * 

a. D’apres certains maitrcs, il n’y a pas tie difTerence. En elTet, le 
Mfilasastra (Jnanaprasthana, 14, i», Pralvaranapada, lul. 14 b 6) dil : 
« Qu’est-ce que rorgane vital (jivitendriya) ? — C’esl Ydytis, dans 
les trois dhdtm 

b. D’apres d’autres inaitres ^ Texpression dyuh-samskdras designe 
la vie qui est le fruit des actions d’line vie auteriniire ; Texpression 
jivita-samskdras designe la vie qui est le fruit d(?s actions dti cette 
vie (don an Sanigha, etc., p. 120). 

c. D’apres (Vaulres inaitres ce par (juoi dure rexistenci', (nikdya- 
mhhdgadJiiti), c’est les dyiih-smmkdras ; ce par quoi la vie est 
prolongee pour iin pou de temps, c’esl les jivila-samskdrfis. 

Pour le second point : 

a. Le Sntra emploie lo pluriel parce que le saint stabilise on rejeite 
beaucoup de samskdms. Aucun avantage, on effect, a stabiliser un 
inoinent, a rejeter un moment : c’est seuleinenl an moyen d’uno serie 
de moments que le saint pout procurer le bien d’euitrui ; d’aiitre part, 
un moment no pent (Hre cause de souirrancij. 

b. D’apres une autre opinion, le pluriel condanme la doctrine 
d’apres laquelle h jirntriy YdyuSy est une enlile (dravya) susceptible 
de duree (kdldnlariistlidvara) ^ 

c. D’apres une autre opinion ", le pluriel condanme la doctrine ilos 
Sarvastivcldins qui voient dans \(} jlvita, dans Ydyns, une entite, un 
dharma, lios tonnes jivila, dyiis, designent un nombro de sams- 
kdras existant simultanement et appartenant a quatre on a cinq 
skandlids d’apres la sjdiere d’oxistenco (dhdtu) [10 a|. S’il en etait 
autrernent, le Sutra n’einploierait pas rex|>rcssion « les jivilasams- 
kdras » ; il dirait : « Bhagavat stabilisn des jlmUiH, rejeta des dyus ». 

5. Pourquoi Bhagavat rojetie-t-il, stabilise-t-il ? 


1. VibhUsa, 126, 2» i^iiumere qinitorze opinions siir ro point.. 

2. Onziome opinion duns la VibhfisA. 

3. Sixiome opinion dans la Vibhfisa. 

4. Doctrine des S&mmitTyas, d'apres Tediteur jupomiis. 

5. Or^iiiioii des Sautrflntikas. 



124 * 


CFIAPrTHE If, 10 a-c. 


Afm de montrcr qii’il possodo la rnaitrise snr la mort (maranava^ 
silva), il rej<jlto ; afin de montrer qu’il possede la rnaitrise sur la vie, 
il sliihilise. — II stabilise pour line diiree de trois inois (Iraima^ya), 
ni plus, ni iiioins ; ear, [lasses trois iii(»is, il n’a plus rien a faire 
pour les fidtdes (mupyakdrya), et sa taclie (hjuldhakdrya) est bien 
achovee (mihhadrdvasdna) : car, en do(’a de trois mois, il laisserait 
son .s6U’viee inacheve 

Oil bien \ afin de realiser son affinnalion (pmlijndtammpdda-- 
ndrtham) : « Tout Bhiksu qui a bien cuUive les quatre fonderaents 
du pouvoir iniraculoux (rddlupdda, vi. 69 b), s’il le dfeire, durera 
un kalpa on plus d’un kalpa » \ 

Les Vaibbasikas disenl : Bliagavat rejotte et stabilise afin de 
inoutrer qu’il triofuplie du Mara (jue sont les skandhas et du Mara 
qui est la inort. Sous Tarbre de la Bodhi, il a deja trioinpbe, dans 
la premiere veille, du Mfira (jui est iin demon, et, dans la troisieme 
veille, du Mara c[ue sont les passions (Ekottarika, 39, i) ^ 

10 a-b. Douze sont de deux sorles, 

Ouels douze ? 

10 b-c. A r(‘xdusioii des huit derniers et do la dissatisracliou \ 

1. D’apivs VodilcMir ja|Mmais, Cfci est. Popinioii Je Vaiiteiir. 

2. Vilihrisil, 12<>, 0 , la ciinjiiirmc «.le.s .six opinion.s. 

а. kalpani va .... kalparn^esatn vd, (KapiT-s la vorsioii Irr.s 

iiotto do rarainrirtlia, ‘ un kalpa un au dola rriin kalpa*. Oji Iradnit. (rhabiliule : 
* nil kalpa nil to roslo dii kalpa * (Wimlisoli, Khys Davids, 0. Franke). — .DTgha, 
ii. 1(K^, tl5, iii. 77 ; Divyu, 201. - KatliHvalthn, xi. 5. 

4. ILs adoptaiit la sixieiiia npininii de la Vihhilsa. 

5. devapiitramdra, klesamara, maraxiamCira, skandhamdra, Dliarniasnin- 
graiia, Ixxx; Malifiva-stu, iii. 278, 2S1; Sik.sasamiiceaya, lOcS, in; Madhyamakavriii, 
49 11 . 4, xxii. 10; Bodliivaryslvalara, ix. JUi (Bliagaval vat jinn puree qu*il a vnincii 
les quatre Mfiras); Yu kia die U loueii, xxix, Iradnil. j[)ar S. Levi, Seize Arlmia, 
p. 7 (J. As. 1910, ii.). Dans I’icoiiugraphie (Foiiehcr, Erole des ilautes Ktudes, 
Xni, ii. 19), le Boiiddha esl (lanque de qualro Milras, bleu, jaune, rouge et. vert. — 
La li.ste des quatre Mflras dans le.s lexicpies, Znchariae, Gel. (xolt. Anz. 1888, 
p. 8;>L — V7dr aiissi les lisles de Ctiildcrs (eiiiq Maras eii ajoutant Vabhisnnis- 
kdmmdra), Le Neltipjmkarana distingue kilesamara eX snttaniCira (=z deva^ 
pair a). 

б. dvedha dvadiUn *niyiistakdd rte / daurnianusydc ca t 



itman-isan(jj iii, fol. 10 a-b. 


125 


A rexclusion de Torgaiic vital, qiii cst toujoiirs nHribution, el dos 
iieuf qui viemieiit d’etre indiijues (10 b-c) et qui ne soul jamais retri- 
bution, les douze restant soiit de deux sortes, qiielqiiefois retribution, 
quelquelbis non-retribution. II s’ugit «les orgam.'s nuiteriels, de rorgane 
mental (mcma-indriya) et des quatre sensations, la sensation do 
dissalisfaetion etant exclue. 

1. Les sept organes nuiteriels (organe de la viie ... organe male) 
ne sont pas relribiilion, pour autanl qu'ils sont d’accroisseiiUMit 
(aupacayika, i. 37). Dans les autres cas, ils sont retribution [10 b|. 

2. L’organe mental e‘t (jiiatre organes «le sensation ne sont pas 
retribution (1) lorsqu’ils soul lions (kitmla) on souille.s (kUMa), ear 
ce qui osl retribution est non-dotini (avynkrla^ ii. 57) ; (2) lorsque, 
mfiine elaut non-definis, ils sont, siiivanl ban* espeeo on airydpa- 
tliika, on milpasthCmika^ on nairmdnikft (ii. 72). Dans hs autn:s 
cas, ils sont rt^tribution. 

3. Les luiit derui(M’s, la foi, etc., lV^n^yA/:7/Y/^udjA^^s7/dj 
etc., sont bous et par (•onse([u<Mit no sont pas retribution. 

4. Mais, dirons-nous, comment peul-on aHirmer (pie la dissatisfac- 
tion (daiirmanasya) n'est jamais retribution ? Mn tdfet, h Suti'a dil : 
« 11 y a un acte retribuabbi on sensation d(» salisraetion, il y a iin 
acte retribuable on sensation de dissalisfaelion, il y a un acte retri- 
buable en sensation (rindiirereiicij (mtuitaiiasya'\ daurmaiKunia'^, 
upekmmdaniya) » \ 

D’apres le Vaiblia.sika, Texpression dmimaurisyaiwdanlya doit 
s’entendre, non pas : ‘ acte qui doit etro eprouve, rdlribue en sensa- 
tion de dissatisfaction mais bieii : ‘ acte auipiel osl associee iiiie 
sensation de dissatisfaction ’. En elfet, le Sntra (lit du contact (sparsa) 
(pi’il est sukhavedanlya : or le plaisir (siiklia) n’(\st pas la reli'ilm- 
lion du contact '. De toute evidence, b*. contact stdihavcdamya est 

1. La seiistilioii de dejdaisir (i1nhkheH(lriyn) n'csi. jaiiiais airifiipalhika, etc. 

2. Ekottarfigania, 12, 9 . — Le Tipilaka coiiiiait h? sukharefUniiifa knrmau, 
‘ qui est retribue en plaisir * (AiigiiUara iv. 3S2, elc.y (voir iv. 45) ; lo sukhaveda- 
nlya, le daunnanasyavedaniya sparsa (Sumyutla, v. 211, etc.). — Voir iv. 57 d. 

3. D’apres Telyiiiologie de I’auleur, saiimanasyavedanlya karmap signifie 



126 


CHAPITRE II, 10 b-C. 


le contact auquel est ossociee une sensation de plaisir. Done Tacte 
daurmandsyavedanlya est Tacte auquel est associee une sensation 
de dissatisfaction. 

Nous repondrons : Vous devez ex|diqucr les expressions saimiU'- 
na^yavedanlya et tipekmvedanlya coinnie vous expliquez 1’ expres- 
sion daiirmamisyave^anlyay piiisque les trois expressions figurent 
dans la nieine eiumuu-alion du Sutra. 11 s’ensuivra que Tacte samna- 
hKisyavodanlya est iin acte ‘ auquel est iissociee la sensation de 
satisfaction non pas un acte ' retrihuable en satisfaction * ; que, 
par consequent, la seiisation de satisfa<dion n’ost pas retribution. 

Le Vaibha^ika. — Je ne vois pas (rinconvenient a ce qu’on expli- 
que Texpression saHmanasyaimlanlyay soit ' relribnable en satis- 
faction soit ‘ aiKpiel est associee la satisfaction Mais la seconde 
explication de redanlya (\st senlo valable pour Texpression daurmi^ 
nasyavedaniya. II s'agit crun acte aiapiel est associee la dissatis- 
faction. 

Nous repondons : On ponrrait adinettre votn^ interpretation du 
Sntra s’il ii’y avail i»as d’autre issue, e’est-a-diro, s’il etait (Ldabli 
rationnelUnntMit que la dissalisfaction n’est pas relril)iition 

Le Vaibluisika. — La dissatisfaction est produite par riinagination 
(parikalpa) : quand on |>ens(f a ce qu’on redoute ; elle s’apaise de 
ineiiie : quand on pense a ce qu’on souliaite. Or il n’en va pas ainsi 
de ce qui est rtHribiilion. 

Mais, dirons-nous, il en va ainsi de la satisfaction qui, par conse- 
quent, ne sera pas n'dribution. 

Le Vaibbilsika. -- Si, conune vous le soutenez, la dissatisfaction 
est retribution, quand un hoinine a couunis un peebe inortel (anan- 
tarya) et eprouve, a ce sujel, dissatisfaction — dans I’espece, reniords 
(kaukrtya, ii. 21) d) [11 aj — on pourra dire que le peche donne 

* lU'te coiiiportant satisfuction u f^prouver u litre de retribution ’ (sanmanaHyam 
iripdkatvena vedanhjam asya). D'apres Ic Vuibbasika, * actc dans leqiiei la 
suUsfaetion doit etre epruiivee ’ (saumanasyam vedanlyam asmin) : e/est la 
samprayoyavedanlyatci. (iv. 49). 

1. saniprayoyB *pi na doso vipake pi // agatyilpy eiad evam gamy eta / kd 
punar aiqi yuktir daurmanasyant na vipdkah / 



Hiuan-isang, iii, fol. 10 b-tl a. 


127 


deja, stance tenante, uii fruit imir, — ce qui est inadmissible (ii, 56 a). 

Mais vous adrneltez qiie la satisfaction est rtHribiition, et nous 
raisonnerons commo vous veuez de fainj : loj*.Si|u’im homnie a ac(iom- 
pli un acte nn^jitoire et en eprouvo satisfactiou, c’est done <jue cet 
acte donue seanccj teiiaale uii fruit de retribuiion. 

Vaibha§;ika. — Les lionimes detaches du desir (vitnrdr/a) iie 
possedeiit pas Vindriyn de dissatisfaction ' ; or, ils possedent les 
indriyas qui sont retribution, Torgane de la vue, etc. ; done Vindriya 
de dissatisfaction n’est pas retribution. 

Mais, dirons-noiis, connnent dcs lumnnes detacInVs pourraient-ils 
posseder uno satisfaction qui st'rait retribution de sa nature ? Sans 
doLite, ils possedent unc^ salisfaclioii qui nail dn reciieilleinent : mais 
cette satisfacliori est bonne, et n’est done pas retribution. Ils n’en 
possedent pas d’autre 

Le fait (\st quo les boniines detaches possedc‘nt Vindriyu de satis- 
faction, quelle (jiie puisse etre la nature de vvl Indrlya, ipi’il soil on 
non retribution *; tandis que la dissalisfaction ne so produit jamais 
cbez tuix. Done, conclut le VaibluX^ika, Vindriy(( de dissatisfaction 
n’est pas retribuiion. 

5. Huit indriyas, les cinq organes d»‘ eonnaissance sensible, 
Torgane vital, les organes sexuels, sunt, dans une bonne d(*stinec^ 
(siigall), la retribution <rnn acte bon ; ilans une mauvaise deslinee 
(dnrgati), la riHribution d’un acbj mauvais. 

L’organe mental, dans laboniu* destinoe connne dans la mauvaise, 
est retribution d’acte bon el d’acte mauvais. 

Lt‘.s sensations de plaisir, de satisfaction el d’indilVerence soul la 
retribution d’un acto bon. 

La sensation do deplaisir est la retribution d’un acte mauvais ^ 

1. D’upres le Sdtra, les ‘ noii-fl(Haclies ’ c»iil deux epiiies, lu ftouflViiiiee pliysi<|iie 
(kdyika duhkha), la souiTraiiee morale (caltasika ilaurmannsifa);\oii ‘tlr-laelies’ 
sont exempts dc la sonirruniie morale. 

Done les homines d^taehes ne possedent pas Ions les indriyas qui sont 
r<^tributioii. 

«). yCidrSat^ tddrAam astii Hi f aparicciiidyamanam apt tad asty eveti 
darAayati / tasydsii vipdkdvakdAo na daunnanauynHya. 

4. Onii^ par Hiuan-tsaiig. 



dllAPITItE II, 10 c- 12 . 


128 

Les c>rgiin{3s materials, dans une boniio destinee, soiit, disons-noiis, 
la relribution d’lin iicte bon. Chez Tandrogync, dans une bonne des- 
tiriee, run ot Tautre organo soul la relril)ulion d’uii acte bon, niais la 
qualite d'androgyne est obtenue par un aelo niauvais ' [II b]. 

Parmi les vingt-denx indnjjaSj coinbien sont * coinportant retri- 
bution ’ (snvipcika) ? ('oinbien sont ‘ sans nHribiitioii ’ (avipaka) ? 

lOe-11 a. Soule la dissatisfaelion (daiirmauasjja) coinporte 
toujours retribution ; ilix, a savoir Torgane mental, les quatre sensa- 
tions (a r«jxeoi>tion d<? la dissatisfaelion), la foi et son groupe, on 
bien coinportent reti*ii)ution, ou bien sont sans retribution 

1. La dissatisfaction coinporte toujours retribution, car, d’une part, 
elle n’est jamais lum-detinie ((Wjjakrla)^ etant le resultai d’liu concept 
(iukulpavisem : idee de clier, d’odieiix, etc.) (ii. 8 c) ; et, d’aulre 
part, elle n’ost jamais pure (andsrava), no se produisant jamais dans 
Tetat d(i recueilleinenl. 

2. Les liiiit pnaniers mdriijas (organe de la vue, etc. ; organe vital, 
orgiines sexuels) n’ont jamais de retribution, |>arce qiiHls sont 
non-delinis ; les trois derniers (cmdjudtamdjridsj/dinln^^ etc.) 
n out jamais de retribution, pare*? qu’ils sont purs (anmrava) (iv. GO). 

3. Quant aux dix mdriyas restaiit [12 a| : 

L’organe mental, les sensations de plaisir, de satisfaction et 
(rindifference, comporteiil retribution lorsqu’ils sont niauvais (aku- 
mla) o\\ bons-et-impurs (kmalasd^ram) ; iXs sont sans retribution 
lorsiju’ils sont non-delinis ou |)urs. 

La sensation d(‘. deplaisir (duhkha) coinporte retribution lors((u*elle 


1. La qiialilfi <ran<Irogyiie, c’esl-i-diro la possession (pratilamhha) <les tleiix 
organes, esl iiii dharmri dissocie de la peiiseo ( mpraynkta), ii. JJ5. 

tat tv eknm sacipakam dasa dvidlia jj manonyavittL^raddhadi 
(Test dire iniplieileiiieal qiie les liuit premiers indriynSj ainsi qiie les trois 
derniers, soiit loujonrs sans nUrilnitioii. llinaii-tsaiig complete la kflrikfi pour 
fixer cc pidnt explioileineiit. 

La kdrikfi porte tat tv ekam savipakam : tu dans le sons de eua, et hors de 
place ; le sens cxige : tad ekant savipakam eva la dissatisfaction seule ost 
exelusiveiqcnl * avee rclrilnilion. * 



Itiuanrtsang, iii, foL 11 a-12 b. 120 

est bonne ou niauvaise ; cllo est sans retribution lorsqu’cllc est non- 
d^finie. 

La foi et les aulrcs faciiltes liiorales coinportent ou ne (iornporlent 
pas de retribution suivant (pi’olles sont iinpures ou pures. 

Panni les vingt-deux indriyas, coinlneii soul bons, inauvais, noa- 
definis ? 

11 c-d. Huit sont boas ; la dissatisfaction est de deux sortes i 
Torgane mental et les sensations, a Texception de la dissalisraction, 
sont de trois sortes ; les autres, (rune sorle 

Unit, la foi, etc., Vandjhdlamujnd^^^ etc., sont seulenient 

bons. 

La dissatisfaction est bonne ou mauvaise (ii. 28). 

L’organe mental et <|uatre sensations sont bons, inauvais, non- 
di^iinis. 

L’organe de la vu(*., etc., rorgane vital, l(^s organes sexiiels sont 
non-ci(3finis. 

9 

Parmi les vingt-denx indriyas, coinbien apparlieniient a chacune 
des trois spheres d’existonce (dhdlii)? [12 b] 

13. Dans le Kainadhritii iiianqiient les indriyas purs ; dans Ic 
Rapadhatu manquent en outre les organes sexuids et h^s dmix sensa- 
tions desagn^ables ; dims rArnpyadhalii maiK|uent en outre tons l(‘s 
organes inateriels et less dtMix sensations agreables \ 

1. Sont du domaine du Kriinadhatu (kdmdpla) tons les indriyas 
a Texceplion des trois derniei*s, les indriyas immacules (amala), 

1. ku^alam astakam dvidhd / daiirmunasifnm mnno 'nyd r.a vittis 
iraidhanyad ekadhd // 

lliuaii-isaiig : Les Imit ileriiiers sont. seulenient linns ; la tli.<r>.salisiaetioii est 
bonne on mauvaise; I’esprit et les aiitres sensations sont <lts irois .sortes; les huit 
premiers sont seulcincnt noii-deiinis. 

Comparer Vibhangu, p. 125. 

2. kdnidptam anialam hitvd rupdptam stripiimiudriye / 
duMehe ca hitvdriipydptavfi sxikhe cdpohya rupi ca // 



CHAHTHE n, 12- {4. 


130 

c’osl-a-dire purs (andsrava) : reiix-ci sont sans connexion avec les 
spheres croxistence, sont transcendants aiix spheres d’existence 
(apralisamytiMa == adlidtupatita). Done dix-neuf imlriyas, a Tex- 
cliision des trois derniers, sont du doinaino dii Kaniadliatu. 

2. Quant an Kri[>adlialn, oxcliire en outre les deux organes sexuels 
et les deux sensations desagreahles, sensation de deplaisir (duJikha) 
et de dissatisfaction (daiiymanasya) : restent «|iiinze indriyas qui 
sont comimins aux deux premieres spheres d’existence (viii. 12 a-b). 

(a) Les orgam^s sexuels rnanquent dans le Ropadhritu (1) parce que 
les etres (ini naissent dans cette sphere ont ahandonne le dt^sir de 
runion sexuolle, (2) parce. que ces organc^s enlaidisseiit (i. 30 h-d). 

Cependant le Sutra dit : <f Qirun etre feininin s(»it Bralimri, cela 
n’arrive pas, cela est impossible. Oirim etre mfile soil Brahma, cela 
arrive, cela est possible » II semble que ce Snlra fasse diriiculhi. 

Won. Les (Hres dn llnpadhalu soul imlh's sans poss('‘d(?r Torgane 
masculin. Its possedent c(Hle antnj masculinite (purumblidva) qii’oii 
voit ch(.‘z les nudes du Krimadhatu, hnine dn corps, son de la voix, 
etc. (ii. 2 (!-d). 

(b) La sensation de deplaisir (dulilcha, son(Franc(j physique) man- 
que dans le llnpadhatu : (I) en raison de la ‘ IlnidiUi ’ (accha 
bhdsvara) du corps, d’ou absence du d('*plaisir produit par heurt 
(abhighdtajfi) ; (2) t;n raison de rabsonce d’actions inauvaises a 
rfjlribuer, d'oii ahscMice du deplaisir ‘ m? de n'itribution ’ {vipukaja). 

(c) La siMisation de dissatisfaction manque : (1) parce (]ue les etres 
du Ropadhritu ont I’ame pi^iu^tiw Ai} cixlim) 

na)f (2) parce (|ue toute cause d’irritali()n d^M'aiit '. 

3. Quant a rArnpyadhritu, excliire (*n outre les cinq organes mali*- 
riels (tt?il, etc.) (viii. 3 c), les sensations de plaisir el de satisfaction. 
Restent I’orgiBie nuaital, rorgam? vital, la sensation d’indiHereiicj', 
la foi et son groupe (i. 31). 


1. Voir lu (loiiliition dos TalhagaU-ilmias dans Vibliafiga, p. : atihanam 
etani amicakCiso yam ittlii snkkatfain kdreyya marattam kdreyya brahmat- 
tarn kdreyya n'eiaifi thdnam eijjaii .... 

2. Dlgiia, iii. 202, Angullaru, iv. 408, v. 150. 



Miuan-tsang, iii, fol. 12 b-13 


I3i 


Parmi les vingt-deux indriyas, cornbien sont abandoniies par la 
vue des v6rites ? Conil)ien par la meditalion ? Cornbien no sont pas 
objet d’abandon ? 

13 . L’organe mental (mancis) et Irois seusalions appartiennenl 
aux trois categories ; la dissatisfaction est abaiidonn^e par la vue et 
la meditation ; neiif sont abaiuloimes par la meditation seiilemenl ; 
cimp oil bien sont abandonnes par la nuHlitntioii, on bieii iie sont pas 
objet d’abandon ; trois no sont pas olijet d’abaiidon \ 

1. L’organe mental, les sensations do plaisir, de satisfaction et 
d’indiffereiice, sont des trois sortes. 

2. La dissatisfaction est abaiidoimee par la vue et par la medita- 
tion, car, n’etant jamais pure (andsmva), eih est toujoiirs objid 
d'abandon. 

3. Neuf indrifjas, a savoir les cinq organeHl des sens et b\s deux 
organes sexuols, Torgane vital, la sonsalion de deplaisir, sont soule- 
ment do la classe ‘ abandonne par la meditation car (1) les huit 
premiers ne sont pas souilles (klista) ; (2) lo nenvionui no nait pas do 
I’esprit (asaslhaja, i. 40); (3) tons sont tonjours inqinrs. 

4. Les cinq indriyas dont le premier est la foi, (1) ne sont pas 
souilles, done ils ne sont pas abandonnes piir la vue ; (2) poiivent 
tHre purs, done peuvent elre ‘ non objet d'abandon *. 

5. Les trois dernita's (andjndtamdjddsy^^^^ etc.) 1 13 bj sont 
‘ non objet d’abandon ’, (1) parce qn’ils sont |»urs, (2) parce tpie des 
dharmas sans defanls (ddlnava, apakmla ?) no sont pas a rejeler. 

Cornbien A'indriyaa^ retribution do lour naturo, possedent a I’ori- 
gine les 6lres des diverses spheres d’oxislenco ? 

14 . Dans les kamas, les elres possedent a Torigine deux indriyas 
qui sont retribution, exception faite des etres apparitioimels : ceux-ci 

1. [mano] vittitrayam [traklhd\ dviheyd dnrmanmlcata / 

[nat^a bhdvanayd paitca na heyCiny upi na irayantl fl 

Comparer i. 40 ; Vibliuiiga, p. 133. 



132 CIIAPITRE II, 14-16 1). 

possedont .six, sept ou liiiit indrhjaH ; clans les rupaft, .six ; aii-des- 
sus, un 

Le Kamadhillu e.st iiniiiiiie ' las laimas \ a cause du nde capital 
(pradluuiatva) qui appartieiit dans cetle spliere aux kdmagnnas ou 
objets de joiiissanco (i. 22 b-d, p. 43). L(' RopadhaUi esl iiouinie ‘ les 
riipafi \ eu raison du role ca[>ital cles rilpas Lo Sutra omploie cette 
nianierc) de dire : « Ces calrnes delivrances, au-dela des rupas... » •* 

1. OaiLs le Kauuidhatu, lesetres qui naissent do la inatrice, du I’cEiif 
et do la sueur (iii. 8) possedeiit des leiir origine, des la conception, 
deux indriyas qui sont relribution, a savoir roryane du tact (kCiyen- 
drijja) ct rorgano' vital (jhvilendrhja), (rest progressivtMuent (|ue les 
aiilros indriyas apparaissoul c.boz eux. 

Pouri|uoi lie pas compter rorgano mental (mauas) «;l la son.sation 
(I’indinereuce (iii. 42) ? 

Parcc <juts a la c*ouception, run et rautre soul loujours souilles ; 
done ils no soul pas retribution (iii. 38). 

2. Les etres apparilioimols (iii. 9) possedent six, sept ou huil in- 
driyas. Tnscjxues, a savoir les elrijs du cmiimencc^nenl do Tage cosnii- 
(jiie (iii. 98), six : les cimj organes de comiaissance sensible, plu.s 
rorgane vital ; .sexues, sept ; bissuexes, liiiit. 

Mais un etre apparitionnol peut-il rtre bissexue ? 

Oui, dans les mauvaises destinees. 1 14 a] 

3. Dans le Rcipadhritu, liis etre.s, des lour origine, possedent six 
indriyas qui .sent rtHribution, comme les etres apparilionnels insexues 
du Kamadbalu. 

4. « Au-dcs.sus », e’est-a-dire dans rArfqiyadbatu. — Cette sphere 
d’exislence n’est pas .siluee au-dessus du Rnpadhatu (iii. 3) ; mais oil 

1. kCimesv adan \yipako dve lahlufetf*' uopnpddiikaih / 

iaih sad vd [sapfa vfXstati vd | rtipesv [eknm uUaraut | // 

Comparer KalhUvaiUni, xiv. % Ahhi<iliaTiiiiiasaia;'alui (Compondiurii, j*. l(>r>). 

2. Ce qu’il fuiil eiitcMulre, « puree (pie les riipus y sont Iniiiinoiix (accha = 
bhdsvara) ou bieii « pare.e (]iie les rfqja^, non pas los kumagiinas,y soui 
imporlants ». Voir i. 22 a-b, 4, unci doctrine cliffenuilo. 

3. ye *pi te iunfd vimoksd atikramya mipduy finipyds te 'pf/ anityA 
adhruvA antu^vdsika viparinamadharmiinak .... Comparer Suinyutta, ii. 123. 



Hiuan^mny, iii, fol. 13 h-H b. 


133 


dit qu’elle est aii-dessus parce fiu’olle esl siipiTieure (para) au lUlpa- 
dhatii ail point do vue du reeuoilloinoiit : les reciK'illeinenis d’ArOpya- 
dliiltn sont prali(|ui\s apms coax do liCipadbriUi ; parce ciirello roinporte 
(pradhdnatara) au point do vue du mode d'exir^tenci', de la duroe do 
rexistence (tipapatlitas). 

Dans cello sphere (rexislence, h‘s (Mros possodent d’abord uii ew- 
driya qui esl relribiilion, Torf^ane vital. 

Nous avons oxplique eonibien iXimlnyas, nHribntion de leur 
nature, sont oldenus a la conception. On deinande combien A'indnyas 
perissent a la niort. 

15-16 b. Dans rArnpyadhalii, le inourant detrnii Torgane vital, 
Torgane menial, la sensaiion d’indiireronce ; dans le Ilripadhntu, il 
dolrnit huit indriyas ; dans le Kuinadbrilii, dix, nenf, huit, on 
(jiiatre, ([uand la mort est graduelle. Dans lo, cas d’nne lionne inort, 
ajoiiter partoul cinq indriya^s *. 

1. l/(Mre d<5 rAnipyadliritu, a la mort, abandonne au dernier 
moment les Irois indriyas qui sont nomines dans la karika. 

Dans 1(* llnpndhatn, il faut ajouter les ciinf organes do connaissance 
sensible, I’organo de la vue, etc. fit b], Kn (diet, les (Mres apparition- 
nels (iipapdduka) naissenl et perissent avec. tons les organes (Ivawa- 
fjrendriya), 

Dans h‘ Kamadluitu, la mort a lieu, soil iriin soul coup (yagapat), 
soil graduellement (kmmamrlyn). Dans le premier cas perissent 
biiit, nenf on dix indriyas, suivant que retre (\sl insexuL% sexue, bis- 
sexue. Dans le second cas perissent on de*rnier lieu el ensemble (juatre 
indriyas : Torgane du tact, I’organf^ vital, roi-gane mental et Torgane 
d’indiHerence. Cos quatre indriya^i doivi*.nt perir en nieme temps. 

2. Ce qui precede concerne le cas on la piMiseo du mourant est 
souillee (klida) on uon-souillee-iion-ilefinie (auivHdvydkrta). Si cette 

1. nirodkaitahj ttparamanu dnqnfe jicitnm maiiah / 
npeksilm m\iva \ riipa ’stnu lidme dantt nnrdsla rd If 
kramamrtyau fit catvdrl ^iibhe sarvatra patlca ca / 

Comparer Ahhidlmnijnasnagaha, CuiiipeiKliiiiii, p. 106. 



134 


CHAriTRE II, 16 . 


pensee est boniie (Icu^ala), il faut, dans les trois spheres d’existence, 
ajouter les ciiKj facnltt\s morales, la foi, etc. * 

Dans TExpose des indriyas - sout examines tons les caracleres 
dcs indriycLS, leiir nature et lenrs operations [15 a]. Nous dernan- 
dcrons done combien A'indriyas inlerviennent dans racquisitioii des 
fruits de la vie religiouse (irdmanynpliala^ vi. 52). 

16 e-d. On obtienl b\s deux fruits extremes \}iir wml indriyas ; 
les deux fruits intermediaires par sopl, huit on neuf 

Les fruits extremes sont les fruits de Srotaapanna et d’Arliat, car 
ces deux fruits sont le premier et le dernier. Les fruits intermediaires 
sont les fruits de Sakrdaijjainin et d’Anagarnin, car ces deux fruits se 
trouvent entre le premier et le dernier. 

1. liO fruit de Srotaapauna (vi. 35 c) est obtenu grace a neuf 
indriyds : organe mental ; indiHerencc " ; les cinq facultes morales, 
foi, etc. ; andjHManidjMsydm' djtiendriya (ii. 10 a-b) 

\iaHdjMUimdjhdsydmi constilue X fmankirymidrga (vi. 30 c) ; 
Vcijna constilue le vimuktimdrga^ : e'est par ces deux indriyas (pie 
I’on obtienl le fruit de Srotafipanna, (Uir le premier aineiie (dvd- 
haka) la possession (prdpti) de la disjorn^lion d’avec la passi(3n 


1. Sur r<'?lai psyclmlojriqiio. j\ la mort, iii. 42-411 h. ■— Duns quelle partie <lu 
corps est dtUruite la coniiais.sajice meiilale, iii, 4^ ^^-44 a. — Coiuiiient p^rissent 
les parlies vitiiles, iii. 44 1». 

2. indriifnjwakaranc. Quelqiies-iins t’oinpreiiiieiii : « dniis I'exposc qiie nous 
donnons ici des indrii/as v ; <raiitres coinpreiinent : < duns rindriyaskaiidhaka », 
sixieine livre du Jiiilnaprasthana (Takakusii, Abhidliarina Literature, p. 9t3). 

3. nampiir antyaphalaynh mpidstanavabhir dvayoh 1 1 

4. Car, au luouient uii il obtienl le fruit de Srotaftpunnu, rasccte se trouve 
toujours dans Tetal de recueillenieiit nomiiie andgnmya (vi, 48), lequel coniporte 
la sensation d’indiflereiiee. 

5. Le fruit de Srolmlpaniia .s'ubtieiit au seizieine moment de la comprehension 
des veriles ; les (piinze premiers sout ajndsydwi, le seizieme ajna. 

0. Le premier moment est andutaryamarya ; \g second, vimuktimarga ; ei 
ainsi de suite. Mais on pent considerer ions les moments qui precedent le seizi&me 
moment coiiiuie dnantaryamdrga par rapport k ce moment. 



Hiuan-tmng, Hi, foL 14 h-lli Ik 


135 


(visamyoga, ii. 5o d 1, vi. 52) ; lo second otaie et rend solidc^ celte 
possession (mmiiisraya, ddhcira) *. 

2. Lc fruit d’Arliat (vi. 45) est oljtenu grace a neiif indriyan : 
organe mental, satisfaction on plaisir on indilference, les cinti facid- 
tAs morales, djumdriya et ajudUivlndr/yri, 

Ici Ydjhendriya constitue X^inankiryamdrga [15 h]; Vajildld’- 
vlndriya constitue le vimiikfhndrga \ 

3. Le fruit de Sakrdrigamin (vi. 3G) esl oblenu, soit par un dtm- 
purvaka (vi. 33 a) — TasceU? qui, avant di^ i)oursuivro ractjuisilioii 
du fruit de Sakrdagamin, a oblenu le fruit de Srotailpunna ; — soit 
par iin bhuy()vU(irdfja (vi. 29 c-d) — ras<*ele ([ui, avant d'entrer 
dans le cbeniiii pur, e'est-a-dire dans la conipreliension des verites 
(salydbhis(imfiya)i s’esl d('d)arra.sse par le claanin nirmdain, impur, 
des six prtauieres <*ategori(vs des passi<iiis dr Kiluiadbritu : par conse- 
<pient, lorsqu’il acheve le clKmiin do la vue d(‘s verites, il devient 
Saki’daganiin sans avoir ete an prealable Srotarq)nnna \ 

LUmnpiirmka — ipii est Srotaripanna obtient le fruit de Sakr- 
drigamin, soit par un clieiuiu luondaiii, (|ui iie comporle pas la medi- 
tation des verites ; soit par \r cbemin pur (anasrava, lokotlara). 
Dans le |irenii(n' cas, sept hidriyrus : organe mental, indifference, 
cinq facultes morales ; <lans le second cas, huil indrlyas ;les memos, 
plus VdjueHdriya, 

Lo Umyoidtiwdga - qui est un r^rlhagjana — ol)li(!nt lo fruit do 
Sakrdngamin an moyen de neuf indriytw, II doit, on (;ffet, realiser la 
coiuprtdKmsion des verites ; done andjMhimdjMsydmlnd^^ ct 
djumdriya, comme pour racquisition <lu I’rnit de Srotaripanna. 

J. ]*anaiitarifaui<irfia doiruil la passion et aniene la possession tie lu tlis- 
jonetitin d’avoe la jnission : il rhasse le \ol(Mir. Lo luinuklhuarija lerino la porle. 
— LVjtliteiir japonais cite iei la V'ilihilsa IM), n, on soul eiltVs Ics ilocleiirs de 
rOiiest partisans <riine doclriuti non-kasiiiTrieime. 

2. Le fruit <rArliat .s’olitieiit uii iiitiuieni du imjmpamasamddhi (vi. 44 e-d), 
anantnryamdrfjaf qui est djuandriifu. Jl y a done, aeliielltfinent present, 
iijnendriifa. Le ksaffajiiaiin, rinmkUmurfja, qui e.st ajildtavimlriifa, est 
naissaiit (utpCiddbhimxiklm). — Sensation dc salisliudion, ete. d’apres lu nature 
<lu recueilleiiieiit dans letjuel rascele realise le vajropamasamddhi. 

3. Cette^doe trine, du elieiiiin iiiondaiii esl coiidamnoe dans Kailuiyattl:iii, i. 5 et 
xviii. 5, Buddlia^rliosa rattriljiic au Saniinitiya, 



136 


CHAPJTJSE u, 16 c-17 b. 


4. Le fruit d’Anaganiin est obtonu, soil par un dnupfirvdka — 
Tascete qui a deja obtenu Ics fruits anterieurs, — suit par un vUaraga 
— Tascote qui, sans etre entre dans le cheinin pur, s’est debarrasse 
dcs iieut categories des passions de Kamadhatu, ou encore des 
passions des (Hages superieurs jusquc Vdkimcanydyaiana y compris. 

VdmipuriHika oblieul le fruit d’Anagairiin grace a sept ou huit 
indriyas, siiivant qu'il eiiiploie lecliomin inondain ou le chemin pur, 
comme Vdmipurvaka ci-dessus obtient le fruit de Sakrdagamin. 

\ji) vUarciga ol)lienl le fruit d’Anagamiii par la comprehension des 
veriies (darmnamdrga), grace a neuf indriyas, coinrne le bhuyo- 
nitardga ci-d('ssus obtient le fruit de Sakrdagamin. 

Ces definitions generales appellenl des precisions. 

1. Iaj vUardga obtient le fruit d’Anagainin en ‘ coinprenant les 
verites \ Pour comprendre les veritas, il sc place, soit dans le recueil- 
leineiit du Iroisieme dliydna, soit dans le recueilleinent du premier 
ou du deuxieme dhydna, soit dans le recueilleinent de Vandgamya, 
ou du dhydmlntnra, ou du quatvierne dhyCuia : suivanl le cas, son 
iudriya de sensation esl Vindriya de plaisir, de satisfaction, d'indif- 
ference. 

All contraire, le bhilyovltardga obtient toujoiirs lo fruit de Sakr- 
dagamin avec Vindriya d'iiulitference. 

2. LUinupurvaka qui rnarche a la conquete du fruit d'Anagamin 
dans le recueillernent iVandgamyay pent, lorsque ses facultes morales 
son! vivos, sortir i)our le dernier moment (neiivieme vimuktimdrga) 
de Vandgamya\i6 a] et entrer dans h [irernier ou le second dhydna. 

Lorsqu'il expulse les passions par le chemin inondain, e’est done 
par huit, et non par sept indriya^Sy qu’il obtient le fruit : en elTet, 
Vamlgamya auquel appartient ravant-dernier moment (ncuvieiuc 
dtumtaryamdrga) comporte la sensation d’indifference, et le premier 
ou le second dhydnay dans lequel alien le dernier moment, comporte 
la sensation de satisfaction. La disjonction d’avec les passions resulte 
done de rindiflerence id de la satisfaction ; de memo nous avons vu 
quo la disjonction, dans le cas du Srotuapanna, r&sulto de Vdjndsyd-- 
nilndriya et de Vdjnendriya. 



Hiuan4mngf iii, fol. 15 1)-16 a. 


137 


Lorsqu'il expiilse les passions par le cheniin pur, c'esl-a-ilire par 
la meditation des verit(5s, il faiil ajouter, coinme ncuvieine mdriija, 
Vdjrmidriya. V dnantaryamdrga et le vimtiklimdrga sent tons 
deux djiiendriya 

17 a-b. II cst dit qiie la qualite d’Arliat ost ol>tonne par onze in- 
driyaSj parce qn’uno personne deterinineo p(Mit I’obteiiir ainsi K 

On lit dans le MfllasRstra (Jnanaprasthrirui, 15, i) : « l^ir r.ornbicn 
dUndriyas la qualito d’Arluit est-ello obtomio? — Par ouzo ». 

En fail, la qualito d’Arhat ost obtonuo, coinino nous avons dit, 
graeo a noiif indriyas. Lo Sastra repond : « Par or»zo », car il envi- 
sage, non pas I’acquisition de la qualito (rArlmi, niais la personne 
ipii accpiiorl ctdie qualito. 

Un saint pout toniber a plusieurs reprises do la (pinlite d'Arhat 
(vi. 58) et la reconquorir an inoycn de divers recueilleinents, tantot 
avec Yindriya do plaisir (troisieine dhydna), tantot avec cclui de 
satisfaction (premier et dcuxienie dhydna), tantot avec colui il’indilTe- 
ronco (andgamya, etc.), Mais jamais les Irois indriyds no coexistent. 

Mais, dira-t-on, pourquoi le Sastra ne se place-l-il pas an m^me 
point de vue quand il parle de la qualito d’iVnrigamin ? 

Le cas est dilTerent. Il n’arrive pas (pie le saint, tombd du fruit 
d’Anilgamin, le reoccupe au moyen di» Yindriya do plaisir [Ifi bj \ 


1. Seni Vanxipnrmka cliunge il«‘ rocMipilk-inonl, non pus le rUardffa. Olui-ci, 
eii effel, s’il cominence lii eoiiiprelicnsion des verites (aatifflbki.samaya) dans hi 
rerueillenieiit tVandgnmya, ne. passera pas dans le premier dhpima an sei/.ienio 
monieiii-. Ce qui riuleresse, cVsl la eoiuprcdiension des veriles, non pas les 
(thydnas avee lestpiels il esl familier. An eoniraire, Vnnupurvalm s’inl.<^resse 
au dhydna qui est pour liii line noiiveaute. 

2. \arhattmsyai\kd(la^abhir \nkfam\ ekasya satnhiiavdt / 

3. I/Anagamin qui tninJie dii d^taclienienl des lerres siiperieiires, jiisipie. el 
y corripris le deuxienie dhydna, no toinbe pas pour eela dii fruit d’Anilj^^runin : 
il reste Anagamin, puisqu’i! re-ste detaclie dii KuiiuidhaUi. Mais il perd le fruit 
d'Anagfiiiiin lorsqiCil toiiibe du diUuch(iuieul du premier dhydna : ainsi lombe, 
il ne pent reconipierir le fruit par Vindriya de jdaisir, car cel indrlyn est du 
troisiemo dhydna, el le Iroisieiue dhydna esl hors de sa porfee. 

Dira-l-j|n qu’il pent reconquerir le fruit par yindriya de satisfaction? Il 1© 



13S 


CHAPITRK II, 17-18 b. 


D’aiitre pari, le vitardga, rhomme detache de toiites les passions du 
Kamadhatu, qiii a obteriu Ic fruit d’Anagamin, ne pent lomber de ce 
fruit, parce que son detachement est obtemi par deux chernins, pro- 
duit par Ic chemin mondain et coidirnie par le chemin pur (vi, 51). 

Combieii iVindriifas possede rhoiunie qui possede tel ou tel indriya 
(Jnatmprasthana, 6, 5 ; Vil)liasa, 90, 2 ) ? 

17 c-d. Celui (|ui possede Torgane mental, ou Torgane vital, ou 
Torgane d’indifTerence, possede neecssaireinent trois indriyas 

Celui qui possede uu do ces trois organes possede nocessairement 
les deux aiitros : lorstpi’iin d ciix manque, les deux aiitres manquent 

La possession des an Ires indriyas n’est pas doterminco. Celui qui 
possede ces trois organes pent possMer ou ne pas posseder les autres. 

1. L\>tre no dans rAiTipyadhatu no possede pas les organes de la 
vue, de route, de Todorat el tin gout [17 a]. I/etre du Kaiimdlultu 
pent no pas posseder cr\s organes : lors«ju’il ne les a pas acquis (debut 
de la vie oinbryonnain^) ou lorsqu’il b\s a perdus (cecile, etc. ; mort 
graduolle). 

2. IVetrc ne dans rArnpya<lliatu ne possede pas Torgane du tact. 

3. L’otrc ne dans rArupyadhritu ou dans le Rnpadhatu ne possede 
pas Torgane feuiinin, f/etre ne dans le Karnadliatu pent ne pas le 
posseder ; lorsqu’il ne I’a pas ac<|uis ou I’a perdu. Do ineme pour 
Torgane male. 


pourrait si, reparlani a la ronquele ilii fniit dans le recueilleinent ^'tmdQamya^ 
il etail cHpablc de passer, pour le dernier moment, dans Je proniier dJiydna. Mais il 
ne le |)eiit pas : senl pent operer ce passage rasc.ete doiil les taciilt6.s morales snrit 
vives, cl Tasccto tpie nous ciivisugeons ici esl de facuUes morales faiblcs, piiisrpril 
est tornbe. Souls tombeiil d’uii fruit les asceles aux iaeult<^8 faibles. 

Dira-l-on quo, clanl lornbe, raseete pent operer la transformation de ses faculties 
(indriyasamcdraj vi. 41 e-Ol b) et les rcndre vives V — Sans <loiite, et il obtieiidra 
le fruit avec buit 011 iieuf indriyas siiivaiit. que son cliemin est mondain on pur, 
ainsi que nous I'avons dil, car.en aucuii cas, il ne reconquierl le fruit avec Vindriya 
de plaisir. 

1 . upeksajlvitamanoynkto vasyam traydnviiah 1 1 
% na hy esd7n unyonyena vind samanvdgamah. ^ 



Hiuan-tsang, iii, fol. 16 b-17 b. 


139 


4. Le Prthagjana ' no dans le qiiatrieino dhydna, dans le deiixienie 
dhydna ^ dans les drupyas, ne possede pas I’organe de plaisir. 

5. Le Prthagjana n(5 dans le qiiatiieine dhydna^ dans le troisiemc 
dhydna, dans les drupyas, ne possede pas Torgaiie de satisfaction. 

6. L’^tre ne dans le Rfipadhritu on dans rArnpyadhatu n(i possede 
pas Torgane de deplaisir. 

7. L’hoinine detache (vitardga) ne possede pas Torgane de dissa- 
tisfaction. 

8. L’homnie qiii a coupe les racines do l)if‘n (iv. 79) ne possede 
pas les cinq facultes morales, foi, etc. 

9. Ni le Prtluxgjana, ni le saint en possessioii d’lin fniii, ne posse- 
dent Vandjddlamdjndsydmmdnya, 

10. Le Prthagjana, le saint qiii se Irouve dans le clieinin de la 
vue des verites (vi. 31 a-b) et VArluit ne possedentpas Ydjmndriya. 

11. Le Prthagjana ct lo Saiksa iie possedent pas l\y Mtdvindriya, 

Cette enumeration permet d’etablir les mdriyas «jue possedent 

les categories d’Otres non spikifiees. 

18 a. Celui qui possede Torgane <lc plaisir on Torgane dn tact 
possede certainement cpialre organes \ 

Celui qui possede Torgane de plaisir possede en outre Torgane 
vital, I’organe mental, Torgane dliulilTerence [17 b]. Celui (jui possede 
rorgane du tact possede en outre les trois memes indriyas. 

18 b. Celui qui posst?de un des organes de connaissanco sensible 
possede necessaireincnt cinq organes ^ 

Celui qui possede 1 organe de la vue possede en outre Torgane 
vital, Torgane mental, Torgane d’indifference et Torgane du tact. 

De inline celui qui possede Torgane de rouie, etc. 


1. L'Arya possedo furganti dc plaisir ‘ pnr cur it no pord pas cet organe en 
chaiigcaiit de lerre (voir p. 141, n. 2). 

2. Omis par Flinan-tsang. — Voir viii. 12 a-li. 

3. caturbhih sukhakayabhydni 

4. pa^abhii caksuradimdn / , 



140 


CHAPITRE II, 18 C-19. 


18 c. De m^me celiii qni possede Torgane de satisfaction 

Gelui qiii possede Torganc de satisfaction possiMle en outre Torgane 
vital, Torgane mental, rorgane d’iiidiflerence et Torgane de plaisir. 

Mais, demandera-t-on (|uelle sortc d’organc da plaisir peut poss6- 
der iin etre no dans le del du donxieme (Jhiidna et (|iii n’y pratique 
pas le rocueillement du troisieine dhydna ? — Tia reponse est qu*il 
possede Torgane dr^ plaisir souille dn Iroisierne dhydna. 

18 c-d. Gelui qui posse(l<j Torgane de deplaisir possede certaine- 
inent sept organes \ 

Possedant Torgane de deplaisir, cet (Mre appartient eviderjinient au 
Kamadhatu. II possed(? necessai remen t rorgane vital, Torgane men- 
tal, Torgane du Uictet quatre organes de sensation : Torgano do dissa- 
tisfaction lui manque lorsqu’il est detache (vitarCiga), 

18 d-19a. Gelni qui possdle rorgane fominin. etc., possede neces- 
sairement huit organes 

II faut enlemJre : Gelui qui possede rorgane ferninin, on rorgane 
infde, on rorgane de dissatisfaction, on une des facnltes morales, foi, 
force, inernoire, recueillement el discornement (prajhd). 


1 . samnauniiifl ca 

2. II y a, tiaiis lo KainaiiliiUii, orgaiio cic; [»!alsir vn relation aver les cinq con- 
imis.'sances sensililcs ; daiiH le premier tlhifuna, orgaiie *l<i plaisir en relation avec 
Irois ccmiialssances sensihles (Podoral et le gout etaiit exclus, i. 1^00) ; dans lo 
deuxitune dhifana, pfuid d'ui*gane de plaisir (viii. 12); dans lo Iroisierne dhyanat 
organe de plaisir on relation avec la coiiiiaissance incntiilc (ii. 7 c-d). Done l*elrc 
ne dans le eiel du deuxieme dhyana, s’il no. pratique pas le recueillement de 
troisieine dhycina, ne possedera pas d’oi^ane de plaisir, car, en renaissant dans 
le deiixieiiic dhydnay il a j>eTdii Torgane de plaisir dcs etages infericurs. - - 
Reponse : d apres la doctrine Vaibhasika (siddlmnta) tout etre ne dons une 
terre inforieure possede Torgane. sonille (klisid) de la terre superieure s il iie 1 a 
pas abatidoTind. 

3. duhkhi tu saptabhih, 

4. [strlndriyCidiman // astdbhih, j 

Voir iv. 80 a, qui cite Jnfinaprusthaiia, 10, Ad iv. 79 d, le iiomhre des 
organes da^s les trois premiers ^ 



lliuan-isang, iii, fol. 17 b-18 a. 


14 


Celui qiii possede un organe sexiiel posstjde nufcssaironient. oiitr. 
cet organe, sept organes, ceux qiii ont ete spcdfiL^s 18 c-d, car ce 
6tre apparlient evideni merit an Kamadhatii. 

Celui qiii possede Torgane de dissalisraelion possede mM*i\ssaire 
ment, outre cet organe, les nieines sept organes. 

Celui qui possede une des laculUVs morales pout eln? no dans n’im- 
porte laquelle des trois spheres d’existenco ; il possede nec(‘ssairemon 
les cinq facultes morales, lesquelles vont toujours ensrunhle, pliu 
I’orgaue vital, Torgane mental, Torgane trindiilerence. 

19 a-b. Celui (jui possede Vdjncndriya ou \\ljnatdclndny(i pos- 
sede necessairement onze organes 

A savoir: Toi-gane vital ; I’organe mental ; les organes dc plaisir. 
de satisfaction, d’indifforence ® (18 a] ; b?s eim[ facultes morales, et, 
onzieme, soil Ydjncmlriya, soil X CijutWivlndriya, 

19 c-d. Celui qui possede Vdjmisydmlndriya ]>ossetle uecessaire- 
ment Ireize organes 

Fill effet, c’est seulement dans le Kamadbalii qu on praiiqutj le 
cheiiiin do la vue des verites (vi, 55). Done bj possesseur do cet in- 
driya ost un etre du Kamadbatu. II possible necessairement Torgane 
vital, Torgane mental, Torgane du tact, (iiialir^ o<*ganes de sensation, 
les cinq facultes morales et V djhmyCimladriya. 11 ne possede pas 
necessairement Torgane de dissatisfaction, ni les organes de la vue. 


1. On pent restiluer : ekfida^ahhir ajndjHat(ivis(inva}fah j 

2. Coinnieiit le possesseur «le Vdjnendriifaf c*esl-a-ilire le Saiksa, osl-il in*ees- 
saireineiit en possession des organes <le plaisir et do satisfaction ? 1 1 pout en effet 
se Irouver dans le ciel du quatrieme dhydna on dans rArOpyadliiltii. 

L'Arya obiicnt n<!*c(!ssaire[ncnt Torgaiie de satisfartiun cpiuiid il se detaclie du 
Kumadliatu ; il obtient n^icessaireinenl I'organe de plaisir (piaiid il se dotaclic du 
deuxieine filij/flna ; in^mo Inrscpi'il transinigre (hhtnnisanmdra), il no perd pas 
le bien (pi*il a obtenu (d’apres iv. 4()); il p(?rd le bien obtonu lorstju'il 

conqiiiert un fruit ou lorsqu’il perlectiomie ses qualities morales (iv. 40), inais e'est 
pour obteiiir la inline sorte de bien d’line qualitc superieure. 

3. djnasydmindriyopetas trayoda^abhir anvitah jf . 



142 


CHAPITRE 11 , 20-21. 


etc, ; en eflFet, il pent Ctre ‘ d^lache aiiqiiel cas la dissatisfaction liii 
manque ; il pent 6tre aveugle, etc. ‘ 

Combien posstnlent d*organes ceux qui en possedent le plus petit 
nombre possible (Vi bhasa, 150, 15)? 

20 a-b. L’elre auquel man(|ue le bien possede an ininiinum huil 
organes, organe dii tact, sensations, organe vital, organe mental \ 

L\Hre auquel manque le bien (mhmbha) est celui qui a coupe les 
racines du bien. Il appartient necessairemenl au Kamudhatu (iv. 79) ; 
il ne pent etre * detache Done il possede iiecessai remen t les organes 
enumeres. 

‘ Sensation *, dans la karika, vid. C'est-a-dire ‘ ce qui sent ' (m- 
dayale) en comprenant kartari kvip ; ou ‘ sensation ' (vedanaj 
(hhavasCidhana : aunddikah kvip), 

20 c-d. De inline Tignorant qui est ne dans TArOpya possede buit 
organes, a savoir rindilFerence, la vie, rorgane inental, les bons 
organes 

Le Prthagjana est appele ignorant (hula) parce qu’il n*a pas vu 
les verites [18 b]. 

Les bons organes sont les facultes morales, foi, etc. — Puisqu’il 


1. Mais pcui-il (itre insexue ? Ceci fail dinicult^, car on a vu (p. 105) qiie les 
6tres sans sexe ne peiiveiit ohieiiir ni la discipline, ni uii fruit, ni le d^darhemeiit. 

D'apres line opinion. L*lioiniue ipii n ohtciiu ia iliseipline pent ohtenir un fruit ; 
or ccl tioimnc conserve la dlscipUne incine s’il perd son se.xe, car Y M)l\\d\\arma 
speciiie qu’il perd la discipline en devenanl androgyne (iv. c) el ne sp^cilie pas 
qu*il la perde en perdant son sexe. — On pout encore envisager la iiiort graduelle : 
nn homnio qui a praliqud les nirvedhabhagiyas (vi. 17) puurra, upr^s la perte de 
Torgane sexueb voir les verites an moment de la mort. 

Deuxieme opinion. Le possesseur de V&jndsijdmindriya n’est jamais iiisexu4. 
Muis il ne possede pas rorgane finniniii lorsqu’ii est hoiiime, il ne poss6de pas 
I’orguiie mdle lorsqu’i! est femme. Done un ne peuL pas dire qii’il possdde 
iidcessaireiiient Tun on I’antre. 

2. \kdyaiHjjivitamanah\sarvdlpair niMubho 'stabhih f 

3. [dnlpyepi tatha bala\ upeksdyurmanal^ibhaih If 



tinian-tsang, iii, fol. 18 a-iv, foi. 1 a. 


143 


cst question d’lin ignorant, piiisqiie le total esl luiit, les organes purs 
(djudsymniy etc.) ne soiit pas ici vises par rauleur. 

(^onibien possedent d’organes ceux qiii en possedent le plus grand 
noinbre possible ? 

21 a-c. An maximum, dix-neuf; Telre bissexue, en exceptant les 
organes immaciiles 

L’etre bissexue appartient iiecessairement au Kfimadhaiu. II n’est 
pas ‘ detache * ; il pout posseder l(?s facultes morales ; il pent posseder 
tons les organes do connaissanco sensible. Mais il esl Prlhagjana : 
done les organes purs (djiidsydiniy etc.) lui manquent necessaireinent. 

Les organes pim (andsrava) i>oi\i nommes dans la kfirika ' immu- 
cules L'njndsijdmi, Vdjna et Vdjfultdrin sunt purs parce (pfils 
ne sont en relation avoc les vices (fmmm) ni en qualite d’objet, ni 
par iussociation (v. 17). 

21 c-d. [j’Arya, non detaclie, pent posseder tons b‘s organes, a 
rexception d’un organo sexiiel et do deux orgaiu'.s purs \ 

L’Arya <[ui n'ost pas <UHach6 (rdylii)y done un Saiksa, non pas un 
Arhat, [)ossedo au inaxiniuin dix-neuf organes. 11 faut exclurc soil 
Torgane male, soil Torgano fdminin ; il faut exclurc Vdjndtdviudriya 
dans tons les cas ; on outre, Vdjnembuifd lorsque le Saiksa so Irouve 
dans le cliemin do la vuo des vorilcs, ot \\ijn(U^ydmlttilriya lorsipie 
le Saik.'^a so trouvo dans le chemin do la medilation d(js verites 
[iv, 1 aj 


n. A’roMEs ou pahamanus {i'i). 

Les dharmas conditionnos (mmskrta) (i. 7 a) sont, comine nous 
avons vu, do differentes natures, inatiero, sensation, notion, (dc. On 

1. sarvabahubhir] ekondvinwatydmalnlvarjilaih j dciUngah] 

\rdyy dryo Unyatkntnaladvayavarjitaih //| 

3. ukla indriydndffi dhdtHprabhedhaprasangena fi. 48 c) agatdndfit 
vistareimprabhedah. « 



144 


CHAPITRE U, 22. 


demands si, do iiiinno, ils naissonl indepciidainmeiit los uns des autres ; 
oil hion si, dans corlaiii.s cas, ils naissonl iiecossairoineiit ensemble 
( mi/atamhotpafla ), 

l4(‘rtains eoiiditionnos naissonl lonjours onsoinblr^ 

liOs (Iharma^ so divisont on cinq c.aU\t;orios : riipa, maliof’e ; citlciy 
jieaseo ; cdittcLs, inontanx on tlhannas associos a la pi'iisoe (ii. 23- 
34 ) ; cMlaviprciijaldni^y c’(‘sl-a-'Jii*e samskdras non associes a la pen- 
soo (ii. 35-48) ; asamshiafi, iiiconditionnos. Cos derniin's no naissoiit 
]>as (i. 5 , ii, 58) : nous n’avons pas a nous on occupor ici. 

Ktndions d'abord la loi do la priHlnciion siinnltanoo (saholpdda) 
dos dlutniuis inatoriols (nlpas). 

22. Dans lo Kanuidliatu, la inoloculo (paramdUH) dans laquollo il 
n’enlro [las do son, dans laqin llo il n'onlro pas irorj^ano, ost oonsti- 
Inoo j)ar linii siibstanoos (dravija) ‘ ; lorsipio y onln^ ror^^ano dii tact, 
par nonf substances ; lorsipio y entro lonl aiitro or^ano, par dix sub- 
stances. 1 1 b| •• 

ptiramdnUy on n'onlend pas ici pnramdHii an sons propro, 
lo dravjpiparcuiidmif raloino on nionado qui ost iino cboso, iino 
substance (drarjja) (i. 13) ; inais \r samyfUUfvpamm la inole- 
culiN c’o.st-a-diro lo plus subtil parnii los afj^ivyals do niatiore 
minghnld), car il ify n panni los aggivf'als do inatioro, qui soil 
plus subtil '. 

1. Sur la valrur <1<* li-rmo, voir ci-ilcssoiis p. 147. 

^ 2 . kdme 'sfadmrjjnko \'5ah<lnU patarndnur [nniUdriyah / 
kiiycndriiiu nuvndnivpo du!sndt'iiv.}jo\ ’purcudriijah jf 

Yasubaiidhii siiJl Dhunaoltara (Narijio l!28<S;, ii. 8, Upa.'^auia (Nuiijio 1204), 
ii. 9 ; DliariiiairOta (Nanjio I2S7;(, ii. 11: Los atojiies rnsiilaiil dans qiiatra 

urgaiU'S sont de ilix esperes ; dans Torfraiie dn tael, da iiciif espcros ; aillcurs, de 
liiiil qiiand il y a odour (r/osl-a-din? : dans lo KHuiudhalu) ». — Unasunla : 

« .... oxloriciirs, do tiiiit (rspocos : dans an oil il y a odour 

Doctrino anaioguo dans rAldndliaiinna do Biiddliagliosa (Althasrdiiil, G34) oi dii 
Coinjicmliiini (p. .n>4j. Voir ci-dossiis i. IJJ, 48 o. ol 'lli. Stvlierbaiski, The soul 
theory of the Buddliists, p. 95iL 

8. D’apres Sam^dialdiudra (xxiii. 8, Ibl. 52 a) ; Parnii les rupas * siisceptibles de 
rtisislance * (mprntigha), la partie la plus subtile, cpii nVst pas .susceptible d'etre 
sciiidee «a nouveau, s’appoLle 2 >amiiia»nf ; c'esWi-dire : le paramdny- n'esl pus 



Hiiian-lsang, iv, iol. 1 a-h. 


145 

1. Dansle KfimadiiAtu, la inoltVaiUMlans laqnelle ireulre pas le son 
(mbda, sinhddyalana), dans la<ju«41e n’onlro aucuin ortjaiie (indritfa), 
comporlo huit substances, pas inoins de liuit : a savoir les <piatre 
grands elements, nialieres eleimuitaires (ntahdblmtas, i. 12 c), et 
qiiatre iSiatieres derivees (bhmiUka), visible (rfipa, i. 10 a), odour, 
saveiir, tangible (ii. 50 c-d ; 65 a-b). 

2. La molecule dans bupielle irenlre pas le son, tnais dans laquelle 
enlre Torgane du tact (kdyemlriya, kilydjpttana), ' comporte uue 
neuvieme sul)stance, le dravya qu’est I’orgam* du tact. 

i\. La molecule dans lacpielle n’taitre pas le son, mais dans laquelle 
enlre tout autre organe tpie Torgane du tact (rorgane d(* la viie, 
caksnrindnya, etc.), comporte um‘ dixieim^ substance, le dravya 
<pfest cet autre organe (organe de la vne, etc.) ; car les organes d«^ 
la vue, de rouYe, idc. n’t^xisleur pas independamment de Torgane du 
tact et constituent des dyalauaH distincis. 

4. Lorsque le son eutre dans les aggregais sustlils, le total monli> 
a neuf, dix, ouzo sul)slam*es : en ellet, le smi (Habddyatana) tpu t*st 
produil par les grands (Yemenis (pii tout parlie de rorganisme (apfit- 
la, i. 10 b) irexisLc |)as iiidepemlaimnenl des organes \ 

5. Si les <|uatre grands elements, lerre eleinentaire, etc.., ne sont 
jamais dissociw (avlnfrhhdya), c(»exislent dans lout aggiegat on 


.siiHrepliblo d’otru divisr* on pliisieur.s |iar iin aiiin* nlpn, ptir Jii |n n^r(*. tlVs! oc 
qtron (til iMi'o Jo plus jioUt rny>a ; oDnime it ii'n jwis do purlios, on lui domu* lo 
nnin de * plus petit t)e iiienie ini ksifina esl. iioiiiui." io pins petit tein[>s et ne 
pent elrt? divise en denii-/i\;?rri/<f.s'. (iii. Sti). 

(Jn n^g-Joineml de ces ana, qiii n'est pas suseeplil>le de desfigre^-yalion, rr^-oit 
le nojii de suMfjhntaHH. 

Dans le Kama, linit ctioses (drnvifa)^ an ijiininuiiu, naisseid. ensemble pour 
ronstituer nn SHmfjhfittniu tpii n'est pas de sun, qiii ii'esl pas d’organe. tjnelles 

soul ces ehoses ? (jiialre uuihalihfilas, ipialre itpmUiya, a savuir rupn, rosw. 

</« nUha, sprasta vya. 

1. Les niol^enlos dans lesipiellos enlre Porgane du laet, rurf^ane d-.? la viuj, ele., 
sunt les * atoiues ' dont il est (pieslioii. i. 4-1 a-h. 

Une moleeule de son produite par les mains e(UU)M>rle les (|uulre 
(^d^ments, les quatre inaticres derivees, le st»n, Porgane du lart : suit dix suhslanees; 
produite par la langue, onze sultstunceB, en iijoidant Poigaiie dii gout tloid. les 
atomes invisiblus sont disposes snr In laiigiie (Note dii Iradiudein). 

• • 


10 



146 


(iHAPiTWK ir, 22. 


molecule, coniinoiit se fiiit-il que, dans iiii aggregat doniie, on percjoive 
on solidite, on viscosite, on clialonr, on niouveineiit, et non pas cos 
qiuitre .substances ou caracleres a la fois ? 

On per(;oit dan.s un aggregat ilonne cello des snl).staiices (dmvya, 
terre elemcntaire, etc.) (jui .s’y Ironve la plus vive (imUddma, ^phii- 
tatama), el non pas les autre.s. Do ineine, lors<|u’on louche un faisceau 
de brills vegetaux .et (raiguilli‘s on pen;oit les 

aiguilles ; lorsipron mange de la bouillie salee, on pen;oil la saveiir 
dn sel. [2 a] 

("omment savez-vons (pruii aggregat <lonne coinporle les grands 
elements donl la presence n’y <\st pa.s p(a*»*ue ? 

Tons les grands eleriuMils manife.stent leiir presence par leur acte 
propre, a .savoir dlirtij%imgraha, paldL vjftdiana (i. 12 c) 

D'apres une autre opinion, celle dii Hhadanta J^rTlfibha, le.s aggre- 
gats comporlent les quatre grands elementSj puisquo, tdanl donnee 
raclion dc cerlaines caii.se.s, le.s cliosos solides deviennent lii|uide.s, 
etc. ‘ Le feu elementaire exislo dans roan, puisquo celle-ci est plus 
oil moiii.s froide \ ce qui s’explique par la |)ivsence, eii quantile [du.s 
ou moins grande, dn feu elementaire. 

Mais, diroiis-iiou.s, que le froid soil plu.s ou moins vif, cola n’impli- 
qiie pas qii’il y ait melange (vpalibhoda, misrlhli(ira) (rune certaiiie 
.suhstaiice (dravifa), froid, avec son coiilraire, le cliaud. De mOine 
le .son el la .soii.salion, qmnijue homngene.s, varionl (.rinh'iisile, 

1. Uilyf} vlfauudiitHsimnmlathiu^^^^ ifdh iiimkd{?') iH limkrhijfutapraiitdif. 

— V«Hr J. Ulorli, r<)rniati<iii <1«; Ja iiiaru1!i<', }». i:i! : siuka (slkifa). * 

pour siispendro dos 

2. I.’eaii eltMiKMifaire (iihilhatii) exislo ilaiis la Iioi.s (darn) : c'urst Taaii eliMnaii- 

laire qui It? fait ti-iiir (aamijraha) fit rf uipCclui dii so ilisporsor. C’.’nst 

par le fun elfMiieiitain; (tejns) tpic le bois inurit (paklijvX pourril. ( Vest parle vent 
elenienluire fpio le l>ois so iiu ul (vifiihana, pmsarpaHn). La terre oleineiilaire 
existe dans IVau, [xiisque r»*aii siipjiorle [dhrU) les iiavires ; etc. - Voir ci-dossns 
p. 22, VyakliyR. p. 34. 

3. Le fer loud en raisoji de la cliuleKi*. done il coniieiit Teaii olejiienlatre ; Teun 
devienl soli<1e par Je froid, done elle coiiticiil la t(Tre eloineiiUiire ; des corps 
sulkies, frolt^s I’nii coiiire raiilre, dovieiinoiii chauds : done ils coutiennenl le feu 
eleiuerilaire, etc. 

4. apsi^ ^aitydtmiydd ausnyani gamyute* 



Hiuan4sang, iv, fol. 1 b-2 a. 


147 


D’apres une anlre opinion, collo dc.s Saiitruntikas, los grands (‘It?- 
riients qiii ne sont pns porous dans un aggrogat donno y existent a 
Tetat de seinence (hijotas, mktitas, sihiiarthgatas), non pas on acte, 
non pas cn soi (simnijjatas). (Test ainsi ((iie Bliagavat a pn <liro 
(Samyiiklagama, 18, i«) : « Dans ce inoret'aii de bois, il y a beancoup 
de (Ihtiiiis oil substanres iniiieralos » Blnigavat enlend tpie ce bois 
contient des S(Mnenc(!S, des potontialitos (mkfi) dc noinbrenx (Ihdtm ; 
car Tor, Targi^nt, etc., n’existenl pas arlnelleinent dans le bois. 

Les SaiiliTintikas objectent encon^ : (lominenl elablir la presence 
(sadbhtiva) de la conlenr (mrna) <lans le vtail ? " 

Les Vailihasikas rejiondtMil : (.rest la objet de foi (•hruldh(iuiiin), 
non de raisonnenient (amiimytt). On bien la conlenr existe. dans le 
vent, pnisipi’on perijoit Todenr on raison dnl^ontact dn vent et irnn 
objet odorant ; or Todenr n’est jamais dissoclee tie la conlenr \ 

6. Nous savons ipie rodenr et la saveiir man<|nent «lans le Bnpa- 
dlulln (i. 80) ; il Jmit done, pour la inolecnbi de Bnpadbriln, reduire 
les cliilTres. On aura six, sept, huit substances, el lorsquo b^ son ijibn-- 
viont, sept, huit et neiif. Nous nVxpliiinerons i>as le detail (jui va 
de cire. 

7. Objection. - - Le Vaibhrisika dil qne la inolecnb* de Kamadbatn 

comporte, an rniniinnm, luiit dnitufas, luiil clioses on substances. 
Entend-il des dmvfjas [irojirement dits (dravt/ftm eva), des substan- 
ces imlividuelles, d(?s clioses qni out un caraclere proine on di\s 
(lyatanas ijne Ton jienl noinmer dravijas, substances, pnisqn’ils 
possedent cliacnn des caracleres generanx dislinctifs? Dans la pre- 
miere hypothese les chitlVes proposes sont trop faibb^s. La inolec.nle, 
dites-voiis, comporte qnatn^ ‘ matieres diai\ ees ’, le d’abord : 

elle comportera, disons-nous, non senlement le nipa \:Am\mY (minm, 

1. sanly asmin darusJmnUhe vividJm (Ifiatavah. -- Sur lo sons do dhatti, 
i. 20. 

2. Preseiico qui rosiilte do lu dtdiniiiiiii : l..tt nioItM-ido r.(»iii|iorto ljuil snbstjiiiros. 

tJ. varnavdu Viiyur gandJinvattiKij jalipuspacuL - Vi)ir d’nillonrs i. 13 o-d. 

4. yasya svalaksanam asti lad dracyam. Lo bloii osl iin dravya. 

5. sdnidnyaviSesalaksanasadbhdV(it. — Le nipa jiossodo lo oaraoh'sre do 
* resistance ' (rupyate) qui est coiiiinnii ii la coidoiir (d: a la tli^iiro, uu bleu, otc. 



148 


CHAPITHE 11, 2!2-28 I). 


le (Iravija bleu ou rougo, olr.), inais piicor? Ic rupa ligure (samslhd- 
10, iv. 15 c), pins(|uo noiubre d atcHues y soiit aggloinorps [2 l>|. 
Kile eoHiporle la ‘ maliere drrivee ’ iioinmec ‘ Uingible * (spradavya) : 
elle sera, disons-iioiis, loiirde on legcre, nide on inoellense ; elle 
ponrra elre ‘ do IVoid ‘ de fairn ‘ tie soil ’ ; olio coinporlcra done 
les dnivyas nuo sonl la lonrdoiir oti la logoroto. lo nioellenx on 
la rndesse, lo froid, la iaiiii (‘i la soif. (i. 10 d). Done les cliiflVos pro- 
poses son! irop faibles. --- Quo si, an eonlralio, lo Vaibliasika ontoinl 
parlor iVdyalanas, los eliilTros sonl Irop I'orls, ear los grands olomenls 
Ibnl partio do YfiyaUtiiU * laiiglblo ' (i. Mo o ) ; il faul clone dire <|n<‘ 
la inolecnlo eomporlo cpialn^ snbsLnieos (flrfirya), lo visible, rodoiir, 
la savonr, lo tangible. 

Lo Vaibhasilva ropniid. -- Noire (bWinilion dr* la nadoenlo irst bonne. 
Lo mot firavya s’cailend, snivant \v eas. ol des sui)slan(*os propro- 
nient ditos cd ties dyatandS, Parmi les Imil druvyas de la iiioleenbs 
il y a (1) cpialrt; subslanees proj)renient diles, ^jsavoir los (pialre 
grands olomenls, points d’appiii el soiiives ((isrdya) des malieros 
derivees (hbaHlikn), (2) (pialre dyrttidui.^, (pialre series d(? inali('n*e. 
dcM’ivc'O sn[)port(‘e par les grands (*leini*nls : visible (rupa), odenr, 
savour el langiblo (abslraclion I'aile des grands ('•leinents cpii sent 
inelns dans b; langible). 

La r(}pons(' n’est pas boinus (*ar chaeniK^ de (‘(‘s (pialn^ nialier(\s 
(b'riviH^s (.'sl snpporb'M* |»ar la tcMrade di's grands (deimails. La mole- 
(‘.nle comportera done, vingl dniryufi 

1. Noms av<jiis VII (i. la, ^pi’iiii aimiu* on inmi.Milo n'i xisto januiis ii I’eliil 

isole. l/6iUteiir jtipoiuiis i-iln snr <*.m poiiil. li; iroiiiinniitciiro ttn six rliapitn-.s ile 
HoMtii-liouei. M. I'. iVlliol a n'lmuve sa cit.itioii dans T’ao .^>1, 5, lol. 414, oii elle 
est aeeinnpagnec? d'liiie glose <[ni jiislilie le eliilfni il«? 1117;! ahuiies pour la inoleciile 
lie visiLle, ete. 

Voiei, saiif ciTeiir, le sens de res j^luses : 

Uii uloiiie ii'exisle jamais A 1‘elal iscile. On a, au miniiriiini, des groiipes — on 
iiioleriiles — de se»il aloines : ijiiatre Jaites, au-des.sus, en dessoiis : six coles ; au 
centre; done. sept. A cnii.siderer line inoieenlo tie nialiere derivee (mnhdbtmtaHtf 
npdddija nlpam, hhniitikam tiipani), par exenijile niie molecule, de ‘ visible ’ 
(riipa) ou d'odcur (gandha), on a tloiic sept alomos tie visibb?. on trodeur. 

Chacuii de ees septatoine.s i;sl supporte par sept aloine.s compbixes, sept atonies 



Hiiifin-tsaiig, iv, fol. 2 a<} a. 


149 


Non pas, ivplirpio lo Vail»hrisika, rar in>iis oiivisaj^iMHis la nature 
(jdtij (les grands eliMneiils, solidite, etc. La nature de la telrade des 
grands ('dements resle la nieine, (pa* ceiix-ci snpportenl la niatiere 
derivee odeur on les inatieres derivees visible, savaair, tangibb*. 

Mais poiiiijuoi vons (jxprimer d’nne nianiere ami)bibologi<jiie et 
employer le mot dravifa dans deux aeeeplions diilerentes ? Les mots 
ol)eis.senl an eaprice, mais il Taut examiner le sens 

iii. Jj:s ME.vrAnx ou r.ArrrAs 


23 a. 1 A\ penseeei les rnenlanx naisscnt rjer*(‘ssairem('nl ensemble^ 

liO |»ensee (cifia) (d. b\s mentanx (caiffa) no penv(Mit prendn* nais- 
sanr(i indepemlMimm'nt. 

23 b. Toutes (‘hoses luiissenl neec'ssainwnent nvec leurs carae- 
leres (Inksnua) ■ [.y* a|. 

'rolls l('s dltarm<hs eondiiionnes (}>ani>^krla), maliere, pensee (ii, 

fjyMiii j»oiir iijilure les <(iia(iv ^ramts olriiicnls, s<.‘|>t aloiiavs ou Irs ijuntn* i^raiuls 
rlt'iiu'iils soul ju’esfiils. 

('•Iianiii ilfi res si*j»f. aloiurs ('oiiiporir, qiiafn* alruiuvs. atouios do ti'rn*, d’eau, dn 
foil, do void : r.atouio do lorro oninporio .sc’jd atoiiio.'; do Iimto, oto. 

Dour (I) sopt .‘iloiiirs do lorro, d'oau, do fou, <Io void, on loul. "J-S aloinos, ronsii- 
liioid. un utoiiio do «pKiiro<<^rand.s-oloiiu'id.s. 

(!:2) I II ainnio de «piMlro,-‘Araiids-oloisu-id.s ii'oxish' pas isnlo : sopi sc? priui]»oid 
(7 >' iiS lOa Jileiiios) pour suj»piirt«*r un nliuiio do lualioro clorivoo. 

(J>) t/alouio do iiiatioro dorixoo, avoo. sos siipjiorls. afonu's do ipialro>^raiid.s> 
olonioids (I -}- ^ l*.f7 afniiio.si, jV»rnit^ f^roiiju* avoo six. aulros aloinos paroils : 

raloiiii* do lualioro dorivoo. oinuporlo ilono. |,*57a aloinos (7 X ^*^7). 

[Mais ti.udo lualioro dorivoo possodo visihililo. odour, savour, taii^ildlilo. |)ono 
oo cliHVro doil, rdiv niiillipiid par ipialro pour (ddoiiir la. plus polito parlio do inalioro 
oxislaid. a. IVdal isolo, | 

I. vhamlaio hi cacatif pmvrllih / arfhns In pnnksjinh, r/osl-a-din^ 
cliuiKfala icchafah. snniJisepn vistn rnvufhn ndu nriflhnpi an rdnili pram r- 
tanie / art has fv ablrpam pa rikspah 

i!. c.illacaitlah sahavasyaw, 
cilfa ~ inanas rijarimt. 

caillii -x cailasa -- cnilasika : ritfasaippraynkta, 

Jl, snrtifint / , 



150 


CHAPITRE n, 23 b-c. 


3f), irioiiUnix, samsMras dissocies de In peiisce (ii. 35), naissent 
iiecessnireinoiit nvec leurs 5rfmA'fcr/aia/r,s'awaA*, naissaiice, duree, 
vieillossp et iinpermanonro (ii. 46 a). 

23 c. Qnobpiofois aver, la possession (prdpli) \ 

Pnrmi les dhiirinns ronditioniies, ceux qiii sont integres aiix litres 
vivants [sattvaMuja^.saUmmmkh lOj naissent necessairement 

aver la prdpti (pii se rapporle. a rhficun d’eux (ii. 37 b). Des autres, 
il n y a pa.s prdplL C/esL poiinpioi la stance dit ‘ <|uelqiief()is 


1. pnipfifd vd. 

A. TlHMirifi des caittas (I’apres VnsiilKiiidliii, d‘Rj>ri‘*s les SautrAntikiis. 

1>. l*ra.karniui[>Adii el Diuilukriyii. 

Aldiidhaiiiinn. 

A. Le n»inmei)hiire dii VijriHplimairasasim dii cjne les Sanlnlnlikiis out deux 
syslemes. I,<‘s uiis, les Darslfinlikn.s. soidiciment. qiie k-i pens(V scule existc, quo 
les Micntaiix ii’exisi.etil: pas, d'aeeord avee Utiddliadeva (vr>ir i. »Sr> iiole); lesaiitres 
adnieltent Texistenco des iiieutaux ei se <livisi.‘nl on ]>liisionrs opinions : qu’il y a 
irois infMitaux, vedaud, samjild, cefaud ; qii’il y on a quatre. (eii iijonlanl le 
spared ), dix (les dix mfi/frc^>/anin*/rrr.v),qnator/.e<'en ajoutant Iobha,dvesafmoha, 
mdini) ; eii outre eerlaiii.s SaiitiTinlika.s udinellent. Ions les menlanx des Sarvasli- 
vridins. (Les renseij^neinenls de WassilieL p. ^^0^), dilferent ; lire ‘ Hiiadaiila 
Saiitrnnlika ' an lien de MluilLqiatiia). 

Voir ii. 26 r-d ; iii. IJ2 

VasuLaiidlm a expose doolrinr des menlanx dans le Pafieaskandlinprakarana 
(Nanjio, 1176; Md«», r>.S). soul, les caittas? Les dharmas associes 

(sdmprnijiiktn) a la jiensee, a savoir ( 1 ) (anq nniversids (sarragn) : S2)arA<it 
nuinaskdrn, vedana, sa wjiid, parlioidiers (praUniyntavisaga): 

chandn, adhimakti, sm'ti, mmddhi, jyrajdd. ( 3 ) Oiize hons : sraddhCi, ht% 
apafmpya, alobha kHMilnmuln, adi^esa kn.^alamula, amoha ktisalantiiXa, 
vlrya, prasrabdlti, apramnda, upekm, ahimsa. (4) Six passions ('A:?e^aJ ; rCiga, 
pmftgha, mdna, nvidyd, drslij via'kitsd. ( 5 ) Les aulros (sesa) son! upakleAa : 
kyodlm, npatidha, niraksa, pmddsay irsyd, mdtsnrija, mdydj $dthyny ntada, 
vihimady ahrlkydy annpufrdpyay styaiui, middhatya, dsraddhya, knusidyay 
npramddny musilasmrUtdy viksepriy ammprnjanya, ( 6 ) Qualrc, de euraclere 
instable (gzhan dii yan figyiir ba) : kniikrlyfiy mUldhiiy vitarkay vicCira. 

B. D’apres le Frukaranapilda (debut, dii livre) : 

11 y a einq <lbannas : 1. rtipa, 2. citla, 3. caitUulharmay 4. cHtaviprayuk- 

tasamskfirdy 5 . asamskrta (Jii*esl-ce que le. citta ? C’e.st le citta, le manas, 

le vijndnt,y c’esUa-dire, les six catoj^ories de vijndna, connaissauce de la vue, etc, 



llitmu-tsmif/, iv, fol. 3 a. 


151 


Qiie soiii les cdlttaatP Tons Ifts lUiannas assoritvs a l/i pmsf-o. (Juris soni rps 
dhnrniasP A savoir vedaafl, anwjitd, veluiia, Himrsn, utanasikava, chandu, 
adhintiiktij smrti, samiidhi, prajiVl, srnddhd, vlrya, vifarka, t’/mm, pra- 
ntada, apramCida, kusalamftlaf akiisnlaniula, n oyakrUinifiln , Ions Ifs sam- 
tfffjfiuaSy anitmyfu^y tiprtkh.saSf pnrynmsthdiins {\\ il), lout rr <{ui rsl savoir 
(juiiua, vii. 1\ lout or (|iii rst opinion (drsft), lout or qiii rsl, ooinproheiisiori 
(ahhisamayat vi. 27), cl onooro Ums l(*s dlmrinns dr ortle esprcr, assooirs a la 
ponser, soul cailta. 

Plus loin (dcdiul. dii qnnlnt'Miic rhapifro. x\iii. 10, I'ol. 18 I» Oliatiiknya, dobnl.) : 
« II y a 18 fllidhis, 12 flyatanas, 5 skaudhas, 5 upadaiin.skff udhas, 0 dhdtifs, 
10 mnhdbhvmikns, 10 kiisahuiinhdhtininikas, 10 k1esnmnhdhhumika.s, 10 
pnrilkikhsahhumikns, r» kU^ns, 5 .sfnpapfir.^as, o dr.^tis, 5 hidriyas, 5 dhar- 
ni(Wf () vijnaunkdyas, i\ spai^nkdifas, 0 rfdtnfdknyas, (» sayijHakayns, 0 

celanaknjfnSf 0 trsp/tkaiffts. (Jnrl.s soul los 18 r/Z/riOfs P (Juris son! Irs 

six dhalnsp A savt>ir rrlriurul. l<Tn» .... (Kosa, i. 28). (Juris sont los dix 

ntahahhiimiknsP A savoir veduim prajiia. — (Juris soul Irs dix ktiAnhi’- 

htnhdfjkumikns ? A savoir sraddha, vir/fft, hvi, npfflmpd, filahha, advcsa, 
pra^nibdliif tt}ieks(h dpvaniadn, ahhpsd, (Juids soul los dix kleMwnhd- 
blidmikas ? A savoir nsrfVldliyn prnmddn (lislr riUH> oi-drssous ii. 2r> a-o). 

(Juris .sont Irs dix pant iff kle^sahhumikas ? A savoir krodha, vpandhn, 

mrakva, pmdasn, ir.syd, mufsanja. mfhifa, mdyd, madd, rihittim. (Juris 

soul Irs oiuf| /i/r.vas > A savoir kaniamyUj rupfii'dffd, dnipipiraffa, prrtfiijha, 
vir i ki tsd {y. 1 ». (Jurlirs soul Irs oiiu) dj\<fi}iP A savoir 

(jrtibndrsti, milhyddri^fL drsfipardwarsa, siluvnitapfirdmarAn (v. II). — 
(Jinds soul Irs oiruj sa wfiparsas ? \ a-iwtnr jtrafiifhanamsparAa. adhivacann- 
s(f m-sjidrsiif rfdijfisd nispa nin , a vidydsa mp*irs(i, nai rcf ridydnavfdffasnm- 
,sptir:Ui (iii. 110 o-’M a). — (juris soul irs oiiuj hidi’hjus? A savoir .Sfikheudrh/n, 
dnhkhcudrhffi, smi nunta.sjfrifdi iyn, dfntrnt(tnfistf(*ndn'y(t, i^prkspHdriyn (i\,l). 

(Juris sold Irs oiiHj dlmrutas P A savoir viktvku, victim, vijddiin, 
dhvtkya, anupairnpini. |l)asis Ir Kti.sa, ii. 27, vihirkti rl. r/ra ru soid olassr.s 
ooiinno ((iiiyafii ; ii. 20 d, dUvikya i-f aniipafrdpi/n soul olassrs ooinuir akiisn- 
t<nnahdbliniitik(i, oalr^orir iiuagiiirr. plus lard, voir iii. Il^ad): qiiaulaii vijitdiKi 
visr ioi par It* Prakaraua rl Ir. Diialnkaya, il s'ajj^il sans doulr »lrs six vijdfinn- 
kdyns,] (Juris soul. Irs six vijudHfikdyas ? A savoir caksurvijfmnn .... 
mamvijudna, — (Juris soul Irs six .saw^s7>ffr.sttAYf//a.s ? A savoir cfiksuhanfff- 

sparsa intnifflisamspHrsn (iii. *>0 b). (Juris soul Irs six vcdninikayns ? 

A savoir caksnijsnnhspaysajarednnfi (iii. .’12 a\ (,birls .soul Irs six 

m}pjuCikdyaN P \ caksiihsamspavsajnsnmjud (Juris .soul Irs six 

cefnndkdyas P A sav<jir cdksiihsamsparsajareinnd (Juris .si>nl Irs six 

tr.'jui'didyas ? A savoir cak.piLsiinuipar.sajnirs^^^^^ 

liC Dlirdukaya poursuil rn rx[>li<pianl Irs mahdbhfhnikas : (Jir<^sl-r.<* rpir la. 

vedanti P v (Voir ii. 24, j). loll n. J C.). 

C. KatliavaLlhii. vii. 2-8,lr.s Ha jagirika.s cl IcsSiddiialtiiikas iiirnl Ic snmprat/oga 
des dharmns, nienl rexlslrnrr drs caitaaikas ; ix. 8, Irs L)ltarupatliaka.s font dii 



Cl l A PITRE II, 23 c-24. 

23 c-fi. Lo.s meiitaicx sont di? cinq cspeces, mahdhhumikm, efc. 

(iCs inentanx sont les maJidhlmmikas, qiii accompngncnt toute 
ponseo, les knmlmnahM^ «[ui accoinpagneiit tonlo peiiseo 

1)01100, les klesamahdhlnm^^ <jui accoinpagneiit tonlo pensee 
souilloe, les akiimlamakdbkumika^^ qni accornpagnenl toute pensee 
niaiivaise, les luirillaklembhumili^^^^ qni out pour terre la petite 
passion. 

hhiimi, terre. signifie ‘ lieu <rorigine ’ ((falhusaya, idjHiHivimya). 
Le lien d'origine trim dharma est la bhmni do ce dliarma. 

La * grande lern^ rnahdblnlmi, est ainsi nominee parce qifellc 
est la Icrre, le lieu d'origino, dt‘s grands dbarmas, [c est-a-dire des 
dhnrmas de grande (extension, qni se tronvent parlout]. On appellera 
mahabhumika le dliarma qui i .sl inluh'ent a la inahdbliumi [3 b], 
c’esLa-dire le dharma qui se trouve toiijours dans toute pensee *. 

(Jnels sont les mfjhdbhnmikas ? 


vituvka 111) )tiff fttlhh fluff k(i (Ic [cniio le<*liniqn#‘ iii;ii)«{iie). — Visiifjflliiiuaggfi, xiv. 

- AliiiidiKiininasaingiilin, ii. Dims CoiiipetKliniii, p. 2^1, S. Z. Aung ct C. A. F. Rhys 
Davids oui dfs ohs< rvatious iuli'M't'.vsanles siir Ic tli^veloppi'inrul de la doctrine 
de.s cohi.sikns, 

1. pfificaiUia cnifta niinirdfUiimifaiUbhem^ 

52. D’apres lu Vjjihri.sii < lU, |2 h; «*ilee par iVMliteur Jafioimis ; (Joel est Je sens 
d(‘ Trxpre.ssion inalmhlmuf ili’mUfiii'ma ? 

a. Le grand, c'»\s( 1;i pen.set? ; res dix (flinnnas snid la hliuntf hi lien d'origine 
de Jm pensee ; elaiit la bhnmi dii * grand mi les noinine ninhdbhfimi. Filnnt 
mahnbhuml et dhnriHns, ils soul mulftibhnmikmlharnms. 

1). (Jiedqne.s-uns disenl : l^a pensee esi grande, a nnise de la .superiorit#^ de .sa 
iialnre el de son arlivite: elle est grande cl elle e.st blmmi, ifw Tappelle done 
mahdbhiimi, parce rpi'idle osl le lieu cpii .sort de point d’appui mix caiilas. Les 
dix (lhartffds, veihind, etc., parce t|u’oii les reiicojitre parioiit dans la nuiha- 
bliumi, s<»iit nonnntVs wahdbhnniiktulhariHas. 

c. Quchpies-uns disenl : Les dix dharmftSf vedauri, etc., se Iroiivant parfout 
aver. Ja pensi'c. sont noiiiiiies ‘ grands ’ ; la pensee, elaid leur hhiimi, s’appelle 
fnulifihlmnti : les vednnd, etc., etaiil inlierents u la mnhdbhnini, .sont nomm^.s 
nt a hCi b h ii m iknd h n r u ms. 

Vasiibaiidhu reprodiiil la lroi.sierrjci elyiiiologie. 

Nous verroiis (iii. a-l»; <[iie Srlluldia ii*udiiiel pas ccdie deiinitioii dii ternie 
mahabhuf,fik(i. , 



Iliuan-tsangy iv, fol. 3 a-b. 


153 


24. Sensation (vcdanCi)^ volition (celnnd), m{io\\(samjM), tlesir 
d'aciion (chanda), CA)ntact (sparm), discernoinent (niaU)y nieinnire 
(smrli)y acte d’atttMition (manaskdra)y approbation (adhimnkU)y 
iwueillernent on concentration (samndhi) coexistiMii a lonto piaisee 
( "es dix dharmaSy d’apres TKcole % existent tons dans lout nioinent 
de pensee (ciltak^nnaj* 

1. La vedaim est la triple sensation (annhhfwn ), plaisanle, peni- 
ble, ni-penil)le-ni-plaisante (i. 14). 


1. \verktnd cctnmX snmjild chandah spnrso] mafih smriih / 

\nmufisk(iro 'dhinnikiis ca samadhih .sarvacettinf] // 

A. Ilinnn-I.saiig corrigo : vednnd smnjiia ccfaua sparsri chantia prajnd 
amyfi manaskara adhimiikti sniin'idhi. 

L’onire <to rAhlialhanuji (Pmknnumpililn, Dlinliikriya) t‘st le siiivaiit : redottfl 
snnijud cctana sparAa mnuaskdra cUanda ndhinwkU fiwrti .saniadhf prajild. 
- V:isul)aiullui (Punraskajulliakn) (}i.s(iiigiio cinn iiiiiv«?rsfl.s (sarrarju) : SparAa 
}na}iaskdra vcd(Xiid snmjud cetaiid, ol rinn l»oli<‘nliers ( p rafw ijfaiavisa ya) : 
chauda ndhhnukti smrU samddhl prajilii. 

li'onlre MnlifivyiiipAlli lOl (qiii lit adhinwksa) <linV*rt^ Hi's nuirrs houivfs. 

La Iccluro adhimvktl e«l ironliriiioo par la Vyfikliya rilaiil I^hasya, ii. i2G n-(\ 
p. IG2. 

IL Nous nioilous ^aus \v loxle IVssf^nlit*! do In. Vyakliya. - Voiri la version 
liLotnino dii l.llinsya : 

Iilhsor bn ni niyon l)a main jia g.siiin sir* / bdo bii ilaii / s«liig bsnnl dan / dgo lai 
yan iiia yiii sdiig bsnnl y«n ina yin pabo / / seiiis [»a iii .soms mi'nni par bdn liyod 
paho / / h<ln ses ni bdns iias sos pa sl« / yiil la inihsnn iiiai* bd/.in pabo / / bdnn 
])a ni liyt’il bdod pnbo / j reg pa iii ynl dan d!»an p«) dan rnaiii par .sos pa bdns pii 
las skyos [wd.ii rog pabo / / bio gros ni .si.*s rab sfc / rlios rab in main par lihyod 
{»abo / / draii pa ni diiiigs pa mi brjad pabo / / yid la byod pa ni srms kyi bjng 
pabo / / inos pa iii bdod pabo / / tin ii<» lidzin ni s«?ins rlsa grig jki nid d<» / 

Lo Dbilhikaya (xxiii. 10, fob 2 a) dtmiir des drdiniiioiis ijiii soul lout a fail 
dans le siyin do iVMdiidbanniKi. Par <*xempli.% Ir samiidhi esl dolini : * La sthiti 
do la ppiisoo, la samsihiii (longdobon), V abhis{hifi d>b*ndrbon), Vapasthiti 
(kin-lchnn), Vavfksepa 'pon-loan), Vntjhattaufi (pon-san, Mabrivynlpaili, 2ir>, 
lo samdharana (? cbo-lrbo), lo samnfhay lo samadhi, la cittasynikanraid, 
\oiln CO qw'oii appollo le samndhi. » (Vibhanga. p. 217, Dbammasangani, J I). 

J)e inome la vedana osl vedandj samvcdami, pratisantvedaml, vedita, re 
qui sera seiiti, ce qui osl compris dans la redand. - La smrti ost smrtij anusmrti\ 
pratisntrii, smarana, nsampranwsald ceiaso 'bhildpa. 

2. Le mol kila monlre qne rantour expose t*opiiiioii do rKcole (Vibiifisa, 12, lo). 

H tt expik|iie sa doctrine dniis le Puficaskuiidbuka (Vyakhyil). * 



154 


CIIAPITRE ri, 24. 


2. La cefand <\sl co qni conditionne, infonnc, module la pensec 
(ciU(ih1iisamskdr(ij citlapra^yanda) (i. 15 ; iv. 1). 

3. La. samjiid ost sanijudmiy ce qiii saisit les manpies (nial(', 

feniello, etc.) do I'ohjot (iHmyanimitla^^^ — vimyavisesaru-^ 

pagrdlia) (i. 14, ii. 34 b-d, p. 177 ri. 5). 

4. Lo Chanda r-sl Ic di*sir do raction 

5. Lo spavsa ost Total do c<»nlact C^pr^li) no do la rencontre (mm- 

nipdhi) do Torgaiie, do Tobjtd ot do la connaissanoo ; en 

(Taulros tonnes, lo dharma par la vertu (lijfjnol (yadyogfit) rorf;i;ano, 
ToUjot ol la coiniaissaiico sont coiiinio s’ils so toiicbaiont (iii. 30). 

fi. \iii pmjiid^ (]uo la slaiico dosigiie sons lo nom do mati, osl lo 
disconKMiioiit dos dharmas (i. 2) ^ 

7. liJi Kmrli osl la non-dolaillanco a Togard dt^ Tobjot (dlatnband- 
sampraiuosa) ; nn dharma on vortn diupiol la ponso(' (manas) 
iTonblio pas Tolqol (vismarati), eu v(ain diHjiitd tdlo lo cboril pour 
ninsi dire (abhilasallm) \ 

S. Li) maHa.sk(h*a ost Tinfb*xion (fthhoga) ' do la pensoo (cctas) : 
on (Taulros tonnes, * courbor ‘ nppliriuor ' la ponsoe vers Tobjc^t 
(dlamhane ccffmi dmrjanam aradharanam), \M<ina.skdra s'ox- 
pliquo manamh kdnih on manah karoly dvarjayatL] (ii. 72). 

0. \j\idhimiikU osl Tapprobatioii 


1. (VmijKiriT AllliasriliiiT, aiM) : kftftnktnntfaffi. - r)'u[nvs le Pafitviskaintlinkn : 
aOhipndo vatifuntf ahliilasah. (Vnir ii. ao o-<l, iii. 1, m'l It.* cUanda esl 
annfffi te prdrthtt nd.) 

% Pafira-'skanilhaka: iipnpariksye vn^liini praricuyo ynfjayoijarihiio 'nyaiha 
cn. 

a. J'nfiraskandliaka . samstnte vastuny asa mpranwmh f rctnso "bhilapanaUi, 
— Voir i. 113. 

4*. Siir (Xbhofja, S. [/»vi ad Srili'filamkjlra, i, IG, ♦.it Miiseon, 1014. 

.5. Cl.-: Icniie fait diflinillo. — VyRkhyfi : udhimnktis Uuldlnnihannaya gunnto 
'vadhdran(i(i(’*nnm ?) mcir iti anye f yathant\scayam dhdraneti yogitcam- 
cittuh : Vndhimnkti ^^sl la i*ini.sid<*ralioii do Tolijel au point. d« vuo de s*s 
<pialit(?s ; d’apivs d’autros, la roniplnisanr.o ; d*apr(>s los Ascolfs, la roiitoiiiplafioii 
di? Tohjal en conforniito. aveo la d«‘.i*ision prise. » (Ce dernier point csl exidiqne 
ad ii. 72, adhhmikiimanaskdra), 

D’apres le Parioaskaiidliaka, adhimokm =. iihsciie vastnny mmdhdrannni, 

IVapreStle Prakaranapjl<la, 13 h 9 : <f On*e.st-ce <pie Vailhimukii? La dj-Ljetatioii 
de la peus^e dans la sensulion el le contact (? sTn Irheng lo cheoii tcb’ou). 



Hman-tsang, iv, fol. 3 b. 


155 


10. Le smnailhi est I’unite d’objwt de la pensoo (cUtaikagraldJ : 
agra -- dlambatm, i. 33) ; c’est Ic dharma eii verhi dijijiud la poii- 

La version tibetaine de noire lexle, nws pa ni hdod pahv, doiine : adlnwtikfir 
icchd oil rncih (?l 

Parainilrtha iraduit : « L'adhinmkti (siaiig liao) est iin dhnrwa qni fail <|iio 
la j>en.s6c est vive (ining Hao, pafii) ii Tendroit des rarac teres de Tobjel ». Ceei 
PC ii'esl pas line Irailiiefiori, iiiais line glose. 

Hiiian-tsaiig Iradiiit : « Adhi}nukti, c*os\di-i\\rv nriif/ yii k)vff in k*o >*. - On 
|M?nt Iradiiire : « ee ipii fait fjii’il y a signe d*n]>probation a Tegnrd ile Tobji't *. 
l/ex|>ression in- (■-- nindra) k'o (pos.sihle) est .sigiialee par Tlosenberg dans 
plusioiirs lexapies. M. A. Waley, ijiii a bien voidii eonsnller les gloses japonaises, 
Iradnit : « tlie. sign of approval given to a diseiple wlio has niiderslooil wliat lia.s 
been taiigbt liiin On anrait done k*o = k'o I -- cola penl aller (A. Diibesse). 
-- L'adhinitMi esi I'appmbafion <le TobjeL b? dharma en raison dinjiiel on 
prerid I’objet en eonsideratioii; elle inarcpie iin pnMiiier .slade ib* raele d’aUenlion. 
-- Voir la note de Sbwe /an Aiiiig, Coiiipendiinn, p. J7 el )2II, siir adhimokkha : 
« ... Ilie settled stale of a mind : it is deeiding lo attmid to Ibis, not tbat, 
irrespertive of more roaiplicated procedure as to wlial ‘ Ibis ’ or ‘ tlial ’ appears 
lo be V. 

Saingbabbadra (oS b t(V| : l./appr<dinlion (in k'o) a Vendroit de robje.l est ee 
ipi’on appelle adhimukti. I)*aj»res d'aulres inailres, iidhi signille siiptb^iorile, 
souvoruinet<^ »; nmkfi signilic vimokm. Vadhimuktl esl un dharma vertu 
diupiel la pensee exerce sans obstacle soiiverainele sur r(d>ji‘t ; eonniie adhisila. 
— (57 b h)‘ ItUidhimukfl est une chose a part, car b* Sfilra dil : « Idi |a‘nsr*o, en 
raison de Vadhinmktiy appronve (in k'o) Tobjid Lorstpio les pensee.s naissiMit, 
lonte.s approuvent(^fM ) I’objel; par coiisiMpuait Vadhimtikfi esl iiti wahahhUmikn. 

Cependant le ^^Ibavira dil : « 11 ii'est pas elabli <pie Vadhimuktl soil one chose 
a part, car nous voyons ipie .son caractere ne s« distingue pas de cehii do savoir 
(jndna) : le carai'leiv de Vadhimukll est ipie la pensee .soil deb riainee (uiAciia) 
a reiidroit de Pobjel. Pas de diflerence avcc. le caractere dii savoir (jmiua). Par 
consefpient VadhimuMi n'est pas uno chose a part Oda n’esl pas correct, 
car rapprobation (in k'o) fait ipi’il y determination. 

Ouelipies-niis diseiit : « \i'adhimnkti est la diUerniination (avadhdrnnay 
niscaya) ». (Vest dunner h ce «pii est la cau.si?, de la d(derininalioii (adhhmikti) 
le nom de son eifet. - S’il en e.stain.si, adhimukti et ilelermination ne seront pus 
siiiniHaiiees. — Non jm.s; cur ces dciix so condilioinient reciproijuenient : c*ii raison 
dll discernement (prafisamkhyd) na'it J 'approbation, en raison de I'approbation 
nait la (b'deniiination (ni^caya). II iVy a pas contradiction : done pas d’obstaclo 
a ce r|ii’elles .soient simullaiuM'S. - Si tonic pe.ii.si3e roiii|.»orle ces deux, alor.s loiitt.'.s 
les categories de pensee seront approbation el delerniiiiation — Celle objection 
est sans valeur, car il arrive qiie, doniiiiee par d'aiitres dharmus, Icnr activite 
soil endomiiiagee : encore qu’il y uil apprrdaitioii (in) et dtdei iniiiatioii, elle.s soul 
pelites ettflifficileinenl recoiiiuiissables, • 



156 


CHAPfTOE II, 24-25. 


see, on sorio ininlorroiiipiio (prabandlicna), roste (vartate) siir un 
ol»jet (viii. I) 

(V>n)niont savons-iious quo ros <lix inontaux, (lisiinois do nature, 
coexistenL dans nne soulo |)oiisoo? 

Subtil, a coup siir, <\sl le caractoro spocilique (iHsesn) do la ponsoo 
ot (It\s inontaux. On iic lo <lisco.ruo quo diflicilonieiit (dmiaksya) 
luoiue <]uaud on so borne h f(»nsidoror cbacun dos inontaux so dtWo- 
loppani on serie hoinogono ; a plus Ibrto raison lorsqu’on envisage 
un moment psyeliologique dans leqnel ils existent tons. Si la diffe- 
rence des savours dos plant<‘s, savours (|ue nous connaissons par un 
organe inaleriol [4 a], est dilTicile a dislinguer ('dnravadhdna, diih" 
paricched(i), a plus forte raison on va-t-il de nieriK' des dharmas 
immateriels (pii sont percus par la connaissauce mentale. 

On nomine kimdawiduibhumi la ‘ torn' ’ des dharmas bons do 
grande oxlonsion. fios mentaux qui relovenl do eetlo terro sont nom- 
nies hnmlmntdiiddim^^ : b*s ditnruuhs ipii so trouvont dans loute 
bonne pt'nsee. 

25. Foi, diligence, aplilude, indiffiM’once, respect, crainb', di'ux 
raciues, non-nuisance, energie so trouvont seulement dans la bonin' 
pensee, so tnmvent dans toule bonne pensee \ 

1. La iimddhfi, on foi, estlaclarificati«)n de la penset* - -- D'apres 


1. I’fiiicnskandliakii : iipapankstfr vnsf uni vftfasifnikiujratfi. 

2. sniddhapmmutlah prasrahtihir upcksfl Itrlr apatnipa j 
nifdadvayam acihimsd vlryam ca kustih sadd If 

D’npn's la Vibliasa, 42, 11, <4 k? IVukarana : smddhd, vlrijnf hrh apalrnpd, 
ftlohhn, advvHtif prih^rabdhi, upek^dt apramdda, aoiltimm. — Lu Mahflv'yutpalli 
(104) iioiimia In ireisiejiie racinc (amvha) «l plare virya aprrs le.s racincs. Le 
I^iiiraskaiirliiaka fionniia aussi la (roisicjne racine rt a le mOiiio onirn ijna la 
MaliHvyiiipalli, a reri pn-s <pi’il plura Vapramdda avant rtq>cA‘.s*tt. 

Tk celnsah prana dnh. — D'apr^s JMnaprastliflna, 1, I'j. — En (raulras leriiies, 
la .^raddhd est le dhnrnm par lecpiel (yndyogdt) la pen.s«^e, Iroublee par les 
kleiias cl upakle^sas, clevionl elaire : nimnie I’caii trouble deviotil claire par la 
presence de la geiiiiue <jui juirilic I’eau (udakaprasddakamani). MOnio exeiiiplc 
dans AMlitisriliiiT, *104, « 



Jtimn4sang, iv, JoL 3 1)4 1j. 


157 


line aiiire opinion c’est rmlhesion a la ilocUim* du fniil ile Tacle 
(vi. 78 b), anx joyanx (vi. 73 r.) et anx voriles. 

2. h'aiyrnmdda, on diligence, est la bhdvand^ c*esl-a-dire 1 m prise 
de possi^ssioa id la cnltmo des lions dhftruias \ 

Objection. La prise de possession et la cnltnre ties lions dharmas 
n’est autre chose ipie les bons dliannus pris et cnllives. Connnent 
|K)nvez-voiis faire de la diligence nn dharma mental a jiart? 

La diligiMice est rapplicatitin (acahUnlCi) anx bons dhtirmas. On 
tlii, par nietaphore, ipi’elle on est la hhtwaHd. Par le fait, (dh? 
la cause de la hhdrann. 

D’apres nne antre ecobi *, la diligtaice est la garde ((Iniksd) de la 
pensee. 

3. La prasrahdhi [4 li) i^sl le dhanmi par b‘([nel la jiensee est 

babibs legere, apU^ cMaUVjham) \ 

Mais, observe le Santrantika le Sfitra ne parb; t-il pas de la 
prasrabdlii dn corps ? “ 

Le Srdra parle de la pra.srahdln dn corps connne il parb? de 
sensation corporelle (Icdyikl vedand). Tonle sensation est, de sa 
nalnn?, inentale: tontelois le Sntra nomine ‘ corporelle ’ la sensation 


1. hlxpliralioii aMopiet* pur Vasiihaiulliu dans le Purii'askaiidliak'a. 

± kn^nlaudm (UinrwdiniM hharand. hhdrtiitfi si/iiiilie ‘ prisi* dr pnsses- 
sinji • fivipieidation ' (prutilaiuhha. ui'imimi) d’apiv.s vii. 47. 

a. Les MalirisAiii;>hikaLs. La diligeiu.-e liciit la peiise*; a I'alu-i des (ihannas 
de suuillure (sdutklesika). 

4. f/Abliidhaniina disliii!«ne la />fi^'.sa€{f//n* el. la lahiitd r Dliaininasan^uni, 40-1M) 
(jue rAbliidhanua seinble ideulilier. - La pniiimbdltl dans les dhyanas «.v-l 
uualysj^e viii. \). 

fj. D’apres rt^dileur jupoiiuis. — Parieaskaiidliaka : * laprasrafidhi esl I'aplitiide 
de la pensee el dn corps, iin dhnrma oppose an dnustindya » (S. Levi, Srdrfl- 
lainkilra, vi. 4, Wogibara, p. 29). 

0. Lo pruhHibdhhnhibitdhijfiiifja esl double, cithipraArubdhi kayapm- 
&rabdhi (IVakuranapada, iii. I). - Samyukblgaina, 27, :i : ... intni yiipikdya- 
prusrahdhis tad api prasrabdUisamhodhyanfifim abhijtidyai tianiboilhaye 

nh'vanaya aanivnrtale / ydpl c/dtupra^mhdluA tad apt iiumbodhyantjam 

Hecciision pliKs breve duns Saiiiyuita, v. 111. - En prtVseiire «le ce lexle, dil le 
Santrantika, eoiiiiiieiit ponvez-von.s deiinir \a pru&rahdhi coiiiiiic unique, ‘ ru])tb 
ludc do la pensee ’ ? 



IfiS 


CHAPITKE II, 25. 


qui a pour point <rappui les cinq organes constitnes par des atomes, 
la sensation associee anx cinq coiinaissances sensibles (ii. 7 a). De 
menie la prasrabdhi lie la [lensoe qui depend des cinq organes, la 
pnisrahilhi des (dn(| coniiaissances sensihltis, est nominee ‘ in*a- 
^mbdhi dii corps *. 

Le Saulranlika repliqm?. — (lonimenl la lyrasrahdhi dn corps, 
ainsi comprise, ponrra-t-ello etre complee parini les niemhres de la 
Bodlii (samhodhyaHya) (vi. 08) ? Kn ell’et, les cinq coniiaissances 
sensihles soul dn dnmaine dn Kanuidhatn, car elles ne sonl pas 
‘ recneillies * (maumhita), c’(^st-a-dire, no se prodnisent pas dans 
I'etal de recneilleineni, el les inmnlires de la Bodlii sont ‘ reciieillis ’ 
(vi. 71 a). Done, a noire avis, dans le Sntra qne nous avons allegue, 
la imtsmhdhi dn corps, c’esl raplilndo on habilet»> dn corps 
(kdyaimisCimdya^ kdyakarman^^^^^ (viii, 9). 

Le Sarvristivildin. -- Coiinnent la j|)m.sTa6(//u' dn corps, ainsi com- 
prise, ponrra-l-ello elre membre de la Bodlii ? L’a[)titmle dn corps 
est, on odel, impure (maraca). 

l.e Sanlrrmlika. - - Maisellc est propice (annkrda) ti la prahrah- 
dUi di* la pensoe, (pii est membre de la Bodlii ; elle recoil, pour colle 
raison, le iiom di? membre de la Bodlii. fiO Sntra s’exprime sonviMil 
lie celle inaniere. Bar <\\emple, il (‘iiseigiie qne la joio el les dharmaa 
qui cansenl la jole coiislitneiil le membre de Bodhi 

iiomme joie (prUimmhodhyanya, vi. 71) '. II eiiseigiie que riiostilile 
t‘L les <‘aiis(‘s (riiostilile (jmiUyhfinihiiUa) consliluenl Tobstacile d(* 
imkdiancete (t^ydpddanivanimi) (v. 59) \ II enseigiie qne la vne 
(drdt), la resolnlion (samhalpct), refforl (vyciydma) constituent 

1. Lu Vyftkliyri lo SuLru : iirthikdh kiln hhaffavacchrdvakdn evam 
dhnk I ^ramnno hharanto tjauiama evam aha / evam yuyam hhiksavah 
panca uivarandvi prnhdya celnsa upaklesakarani prajnddanrbalyakardni 
sapta hodhyanijdni bhdvayuteti vayam apy evam bnimah / tatrdsmdkam 
svunuinnsya ca ya%itaniasya ko vUeso dharmnde^andydli j tebhyo bhagavatd 
elad vptidtsfam paiica santi dana hhavanti / dthia santi panca vyavasthd- 
pyanle j ... tathd sapta santi caturdasa bhdvanti / calarda^a santi sapta 
vyaiHtsthdpyantc. - (.’onumrrr SaniyiiUa, v. 108. 

2. Bha^iivut ii dil que les neuf Ciyhdtavastus (Angutiuni, iv. 408) soul le 
vynpiXdiin lea vana . 



TUmn~lsang^ iv, fol. 4 b-f) a. 


m 


* rdeinent dc coniiaissance speculative ’ (prajtifuskandUa) ( vii. 76 ) : 
or iii la resolution, qui est de sa nature discursion (iHtarka). ni 
Teffort, qui est do sa nature energie (vlry(i)j ne soul coniiaissance 
s])(V.ulativc ; nuiis ils sont favorables a celle coniiaissance v[ soul, 
par conseiiuenl, consideres coniine connaissance — \ai prinirahdhi 
du corps, etant une condition de la pnisrahdlii de la pensee, est 
ran^ee, connne celle-i^i, avec celle-ci, parnii les inembres de la Bodlii. 

4. lu upidcm, indilierence, est Tegalite de la pmisee (cittammidCi), 
le dliarma par lefpiel la pensee denienre egale. plane (mm(i)f exeni- 
pte d’inflexion ((nuihhofja) 

Le Sautranlika. - Si toiite pensee est associee a raltention 
(manaskdra), laqnelle est de sa natnn' ‘ inflexion **oinnHait lonle 
pensee bonne peiit-elle etre associee a rindilterencis ([ui est ile sa 
nature non-inflexion ? 

Le Vaiblnlsika. - - Nous I’avons deja reinarqne : le caraclere spe- 
cifique de la piaisee et des inentanx «»st tres dif(lcib‘ a connailre, a 
deb'rmiiKir (d nrj fi d n<i). 

IjC Sautranlika. — (.^e n’est pas la b‘ point |5 a] : il est lout a fait 
inadmissible qn’nne nieine pensee soil associia: a des inentanx «iui 
repngnent enlre eux, inflexion et non-inflexion, [daisir vi deplaisir 

Le V^iibhasika \ - - II y a inflexion vm-s nn certain ubji^t, non- 

1. Lorsf|(i'i>ii ro^iii’di*. It* Llioiiiiii romnn^ r<iii.sliliu* [liir Ioms •'•IrMiiiMils, slln- 
skaudhu,sam^i(iIii\'ikant(!ui^})rajHfish'nHdha, In nVsoliil.i«»ii rl I’l-IVorl sunt ranges 
thins lt» prajiidskundha avec la vue tpii, seiile, csl prajihi dt? sa iialiiro. On lit 
tiaiis le i^-ujriri.skaiuni:inii*t1e.sa i prnjddfukaudhnh knlamah / sinuiftnjdrsUh 
sa myaksamka Ipa h sa m yay rydya tuu h. 

52. C’esl la satnsk/iropfdi'sd a distinguer th? la veda Hopeksd (i. I I, ii. 8 c-d) r| de 
Vupramdp&pcksd (viii. 20). l/AtthasaliiiT ett)7) iioiiniie dix npeksas ; i>ji y lit hi 
di'diiiitioii de la jhdnupekkhd : majjhattnlakkliatjd nudhhoyamsd nvyapdra- 
pacciipalthdnd ... (p. 174, 2 ). 

3, Liiterultaneiil : II y a des clio.ses diriiciles a coimailre tpi’un peid coiiiiailre. 
|5 ii| Mais ctrei est loul ii I'ait tliftif.ile a coiiiiailre (a adiacUn^) t|n’il iTy ail j»as 
cuiitradictiou (repngnaiico, inipossilulile tit? c,ot?.\i.slciicc) eiiln? dt*s dhannas 
coiilradieloires : astl hi ndma ditrjHutiam apt jiidynte ! iduiii Ui khaln 
atUlnrjtiiinam yad virodho *py avitrodhuh. 

4. D'upres Hiuaii-tsuiig el les glo.s<?s tie retlilt^ui* japoiniis : 

Le Vaibhlisika. — Que ralleiilioii soil iiitle.\ion tie la pensee, t.]ue rindilVerence 



I GO 


CHAPITUE II, 25-26 c. 


inflexion a regard ( 1*011 aulro objet : done, point d(3 contradiction a 
la (‘^oexistence de rinllexion et do la non-inflexion. 

lit* Sautrantika. -- S’il en est ainsi, les nientanx associcis ne por- 
tent pas sur le nieine ol)j«d, ce (pii esi i^onlraire a voLre dt'dinition des 
dUannas associes [ii. 34 d). i\mr nous, les dharmas nui soul 
contradictoires, ici le mcuinskara id XupaksCi^ plus loin le vilarka et 
le vicdni (Ii. 33), n’existent pas siinnllaneinent, luais siKxessiveinent. 

5-G. Nous cxplitpierons plus loin ( ii. 32) le respect (liri) (d la crainU* 
(fipalrdpi/a), 

7-S. Les d(‘iix racint's tie h\ri\ s(>nl l^ibsenfu^Mlt^desir (7//oW/a) et 
raljsence-de-hain<3 (adresa) (iv. S). Quant a rMbsiMice-d’erreur (anio- 
ha), troisieme racine de bien, (die esl ‘ (lis(*erneinent prajhCi, de sa 
nature : done elle a deja etc nominee parmi les mahdhhumikaH 
y. La non-nuisance (avihimm) est la non-eruaute (ariliethandJ K 
10. l/(>nergie (cirija) est ‘ I’endurancc; * de la ptinset^ (celaso 
Idijjnffiuhah ) \ 

dVls sont les monlnux (pii stmt assoeies a toult‘ bonne pensiV. 

On nomine mahdklemhhtiml la terre di‘s mahaklerndharmas. 


suit iit)ii-iiilU‘xiuii dt; lu pfusc'o, tpudlc I'oiilraditditui ? Ln tdlVt, ]itui« roiisidmuis 
rullonlioii t.d riiidiruM-ciirf? coinine dfs dhannns disliiirts, 

Lti SaiilriiiiLika. Alors rultoiilion «*l rindiilV'Tojirt* li'aiirtMii jiiis It; iiioirie 
; 0.11 il faul udtiudliv <jue Ions li‘s iiieiit:iiix (rmivnili^r, hiiini*, elc.) .smil 
assotrios. 

Nous reiu-oiilnTons d'aulrtis dharmns (vitarkn, vkiini) pivseiilaiiL le lueiiie 
caraclcrc de ropiij^iiaiice 

1. Le iVincajikandliaka nuiwe Vamoha parmi h s kiihiUtmahdbhumikas. (l*ai- 
le lait la pnijiid pent elro ‘ erronee '). - Valohha est It; eimiraire du lobhUy 
udveffa et an-ttpdddna (?). — IjaUvem est le roidruire. dii deesuy a savoir la 
Liienveillantrc (maitrly viii. iSl). - l/amo/<a est le eoulruiredu moltiiy le samyak- 
snmkaJpa (vi. 09). 

2. Paficaskaiulhaka : « i/a(;/7n’m.sa est la pltie (karuniiy viii. 29), le eoulraire 
de la vihimsii ». 

3. L'ejului'unec ilaiis I’aclion btuine (knsalfiknyfi ); ear reiidiirunee tlaiis I’aelioJi 
uiauvaise iCosl pas virya, laais au eoulraire kausidya. inia^uvat a dit : « Le 
vlrya des lioiaines strangers a etdte religion (Hobdhyaka), e’est kausidya » 
(ii. 20 a). — Pancaskandliuka : < Le virya esl I’eiidurance de la pens6e duns le 
bien, le (a>ntraire dn kausidya ». 



Hhian4s(tng, iv, foL 5 ti-5 b. IGl 

Les niontanx qiii apparliciineiit a rello lorro, c’est-a-dire (|ui existent 
dans toute pensee soiiillee (klista)y sont les ldemm(tliahhumik(is, 

26 a-c. Erreiir, iiuii-diligenee, paresse, incrednlite, torpeiir, dissi- 
pation, toujonrs et exelusivenient dans la pensee souillee |5 b| 

1. Errenr, mohay c/est-a-dire igiu>ranco ("ar/rf/ya, iii. 29), non-savoir 
(ajhnna)y non-clarle (mi ysal ba, on hiim) 

2. Non-diligence, pmiuarfa-, le contraire de la diligenc(‘, la non- 
prise de possession et la non-culLiirc des bons dharmas. 

3. Paresse. kau.sidijay le contraire de Tenoigie. 

4. Incrednlite, dsniddhtja le contraire ll(^ la loi. 

5. Torpeiir, stydna, le contraire d(j raj>tiliid(‘ (vii. II d). 

11 esl dit dans rAbliidliarma (Jfianaprastliana, 2, : « On’est-ce 

([lie le P La pesanlenr dn corps, la pesanteur de la 

pensee, rinaplitude (akarmanyidd) dn cor[)s, riiKii»lilude dc* la 
pensee. Le stydna dii corps vX le •slyana de la peiisee sont noinines 

stydna* » 

Or le stydna est un * mental Oommi'nl pent-il y avoir slydini 
iln corps ? 

De meine (pfil y a sensation c.orporelle (voir p. 157). 

6. Dissipation, anddliaiyay le nun-calme (avynyamma) de la 
pensee (vii. 11 d). ^ 

II n’y a (pie ces six dharmas qiii sobait klemmfdidhhumika. 

Mais le Mfila Abliidharma (rnne [lart, dit (pi’il y a dix klcsa- 
mahdbhumikaSj d'antre pari, omeL le stydna tians son eniimeraiioii. 

1 . [mohah livamddah knusldyam usrnddhtjnm abftinam uddhatih / - 

mrvada klisttt\ 

Nos sources (loiinenl sndd (I'tajj in hiiyuii). 

2. D’upros ime gloso de TcdiUMir japonais, tecluMiiiii de la vne expiilso Vavidifti, 
le cheiiiiii de lu iiUHlitalioii expiilse VcijuiUKt, le rlteuilii d’A'^aiksa trxpidso 
lii 11011 -elurte. 

Les MSS. portent asraddhya, asraddhya et ii^niddhyn ; voir la Malia- 
vyiitpatli de VVogihara. 

4. nrtyayiUidisrngdra mi^dlamkdrakdynnddlm tyasa m n israyadan aka r- 
waka$ caitasiko dliarmah | — Comp. Dliuinmasungani, 

5. Voir^i-dessus p. 151. , 


11 



162 


CHAPiTJRE rr, ^6 a-c. 


1. Quels soiit cos dix ? 

Asraddhya, kamldya^ mmitoHinrlild^ viksepa, avidyd, asam- 
pnijanya, ayonisomanaskdra, mithyddhimokm, anddhatya et 
pramdda. 

Sot que voLis etes (detHindmpriyah) ' |(> a], qiii voiis on tonez ala 
lottre et igriorez rintontioii (prdplijho na tv isfijnah) ^ ! 

Quelle est riiilenlion ? 

Ciuq des dharmas ineiitiormes <Ians rAbhidhariua corunie Mem- 
inahablnwiikas, a savoir miisitcmnrtitd, viksepa, asamprajayiya, 
ayonisomanaskdra, mithyddhimokm, out ote doja nientionuos 
comnio mahdhhuniikas : il n’y a pas lieu do los uouniior a nouveau 
coirune klektmahdbhumikas. Do memo que la raciue do hiou non- 
enour (amoha), encore qu’elle suit kiiMamahdbhuniika^ n'est pas 
catalo},uiee coinnie telle, parce quo, iHant prajml d(5 sa naturo, elle 
est classee comuie mahdbhumika. (Voir ei-dessus p. 154, n. 2.) 

Kn elTel, la musilasinrlild, defuillanco dii la lueinoire, n’est autre 
chose i[ue la smrti souillee. I.e viksepa, distraction (iv. 5cS), c*est le 
sumddhi souille. L' asamprajanya, nou-ohsorvalioii, c’ost Xnprajnd 
souilloo. L\iyomsomaHaskdra,l\\^m\eui in(ixa(‘l, c’esl le mamskdra 
souille. fiO mithyddhimoksa, e’est Xadhimukli souillee. 

C’est pounpioi le Mcila Abhidharina denombre dix klemmalid- 
bhumikas eii faisant tHat dos mahdbhfimikas a I’etat de souillure 
(klista), 

Un maliilhliuinika est-il aussi klemmahdbliilinika ? 

1 . ho *nam deednampriyo ndma / rjuknjdflyo devdndmpriya ily eke 
vydcakmie f a&aiho hi (hrdndm priyo hhavnti j miirkho devdndmpriya ily 
apare / yo hikardndm istali sa na tddamna siksata Hi miirkho hhavali 
(Vyakhyfl). — L*oditoiir japonai's dto de noiiibreiisas glttsoM. 

% pdUiaprdmdnyamdfrena dnMi klesamahdbhdtmkdh prdptfi ily etdm 
eva prdpUffi jdnite (V'^yakhyfi). 

Vasukuudhii reprodiiit la foniude dii MuhaLliusyu ad ii. 4, rjiti (ejdisode du grain- 
mairieii ct du conducteur du char). 

Voir S. L6vi, J. As. 1891, ii. 549 (Notes de chronologic indienne. Devaiitlnipriya, 
A^oka et Katy&yaua). — D’apres Kem, Manual, 113, le sens de ‘ idiot ’ derive du 
sens * liariuless, pious * (comparer eiii>) 07 ig) : cela parait peu vraiscunblable. — Voir 
ma nolo bulletin de I’Acad^mie de Bruxelles, 19i23. 



IIimn4saiig, iv, Ibl. 6 1)-G b. 


m 


II y a qiiatre alternalives : 1. vedand, samjiid, cetanfu sparm i?l 
cJianda sent seiilemc3iit mahdhhnmikas ; 2. asrCiddhya, kamldya, 
avidyd, aiiddhatya el pramuda soul seuleiiieiit IdcmmfdUibhu- 
mikas ; 3. smrtiy samddhL pmjnd, manaskdra el adhimukli 
a[)partieiinont aiix deux categori(‘.s ; 4. les autros dharmas (knkda- 
mahdbhilmikas, elc.) soul elmngers aiix d(Mix calegori(\s. 

Certains inailres ( Vildiasa, 42, n) souti(?nn(Mit (jiie h. riksrpa iibsl 
pas le mithydmmddlii : les fiUeriiaiives s'etablisseuU alnrs dilVerein- 
nienl; on ajonle viksepa ti la deiixienie eate.qorit^ el on ndire mmddhi 
do la troisioine. 

2. Quant a eelle renian|ne : « Le Mfda Abhidhanna onn l le shjdua 
dans roMunieralioii des MvkimiihdbhmnikaH ^ il esl adniis (i^ynte) 
qiie le kydna esl assoeie a tons b‘s dharinas sonilb\s. 

Si 1(3 slydna esl oiiiis dans la lisb^ |() b|, (‘sl-ee ina faule on la 
faille do raiiteur do rAbliidliarina (dbhidhdrmika tdth idharmd’ 
kdra) ? 

Les Abhidhannikas ‘ (*xpli(|iienl roinission : Le slydna devrait 
etre nonnntJ ; il n esl pas noinnn* pa)r(3 (pj'il (‘.st favorable an reeneil- 

1. evum tv dUiili, - Yyakliyri : dbliidhdrmiknh, 

Jo ci'ois l»ieii <jm* |»iir le [Jiiriel ('a/oc/ij Vasiihaiullni ilesi^iu.* iei Dlianiwiinlta, 
miteur dii Nonjio 15287. el ses iidheivuU. (k‘!ji soinitle resnlter (.!<•« passjijijes qiii 
»uiv€uit (Nanjio 1287, rliiip. ii. 5 (J suiv. xxiii, 12, 28 li) : 

... Ii faiil If.s klesaimiluibhiimikaif : 

ii. r>. mUliyddhinwksa, (isamprajaiiffa, ayoniHonmutiskam, asmdilhi/(t, 
kauHldya, viksepa^ avidyd^ auddbalifa, pramdda. 

Far mithyddhiinoksfi, il I’anl. eiileiulre 

ii. r>. Los (lix klekimahdbhuniik(ifi se IrouvenL dans teiile [)«‘nsee souilloe. 
Vahrl et Vatrn2)d soul nonnnees akii^fthiiHtihdbhii m ikn. 

Les dix klesamalidblmmikas sc Ironvonl dans lonlo penscc siniillee. l.cs <lix 
dliarmas doul le |ii'oinier esl le mifhyddbimoksa, ai*coinpaf:?n<‘nl tonic pciiser* 
souillee, connaissance scnsilde on connaissance iticnialc, dn Kainadiinlti, dn 
Itiipadhalii, do rArripyudliatii. Jls sniil done klesamnhdhhuiuikfi. Oncsli»>n : 
le stydna se troiive dans toute pcrisee souiilcc ; pounjuoi ircsl-il piis coinpie 
pariiii los klesanmlidhhiimikas P — Iteponse : parce <pril cst favorable* an 
samddhi. C’est-a-dire, Ics personne.s de diatlnVsc rcalisonl vile le santddlii. 

C*e.st pourquoi le stydna n’esl pas compt.e dans la lisle. 1.0 dharma <jiii esl 
Mahdbhiimika esl-il aiissi klesamahdhhdniika ? Uiialre allernalives : 1 mahd- 
hhumika &aiis etre klemmahdbhuniika .... 



Vji 


CHAPITBE II, 26-2S. 


lement (samCidhi), Eii effet. pretinidenl-ils, les lioniines do diathese 
styCina (dijCmacarita), les engourdis, realiserit le reciioillenieiit phis 
vile que les lioiiiines de diathese aiiddhatya (aiiddhalyaoarita), 
les dissipes *. 

Mais (|iii est engoiirdi sans elre dissipe ? Qni esl dissipe sans elre 
engonrdi ? Torpeur el dissipation vont loiijoiirs ensemble. 

Oiii, lorpeur el dissipation vont ensenihh^ Mais lo lerino ^carita 
iiulique Texces (adhiindtra). li’homine en qni la lorpenr doniine est 
appele ' engonrdi bieii qn’il soil anssi dissipe. 

Nous le savons anssi hien qne vous; mais e esl i^n raison de leiir 
nature qn'on dassii les dh annas dans les divtuses eategcnies. II i?sl 
done actpiis qne six dhannas sont klemmahdbhnn^^ paree que 
seuls ils naissent avec toiite ponsee souillee. 

26 c-d. IjO disrespect (dhrikya) el rahsencii de crainte (ana- 
patniyya) so Ironveul toiijours el exclnsivement dans la ptaisee 
inaiivaise 

Ces deux dhannas, qni s(n*ont dolinis ci-f lessons (ii. s<^ Iron vent 

toujours dans la ponsee mauvaise. [7 a] Par conse(|ii(ml ils soul 
nommes almmlamahdhhm^^ \ 


27 . La coltTC, rinimitie, la dissinndation, la jalousie, rojiiniatrete, 
riiypocrisie, ravarico, Tesprit de deception, Tivu'esse d’orguoil, respril 
de nuisance, etc. sont les paritUdclvmbliuni^^^ *. 

On les ai»pelle ainsi paree qu’ils onl pour terre (bhfimO^^- pftntUi- 


1. L’aiileur Tradiiiel pas i!oUe upiiiioii. Torpeur (atyanay Uiya) ot. (1is.si])atioii, 
dharmas souillos, s'opposenl a lui dhartua * bluiu: ’ coiiiiue esl lo samddlii. 

% ukmah tv Cihnkyam anapnfnipd II 

3. D’tipros In VilitifisA, 42, 17 , it y a aknsalamuliiihhumikas : avidydy 
stydna, auddhafydy ahrly amipatrdpyn, - Voir iii. »32 a-b ot ci-dossus p. 151. 

4. ( krodtwpn ndtia ,sd thyernyap niddsa mrakmmti tan rah / 
mdyd nindo viliimaetilparlttnkleiabhumikfXli ji 

niauii-tsansr traduit : « ... les dharmas de celte nature (— Hi) sont nommes 
pa rlltakle^uhhmnikns ». 

Saingbabbadra ; Le texte dil ; * les dharmas de cette nature *, pour inclurc 
aksiinlh araiiy dyhdtay etc. « 



Ilivan-tmngf iv, fol. 6 b-7 b. 


1«5 


Mem, Par partUaMemy 'petite passion ’ (parltta — alpaka), il faut 
entendre Yaiudf/d, rignorance (iii. 28 od) a I’elal isole, non associce 
a la concupiseence, etc. (kevrdd, Civcnikl avklyd, v. 14). 

Ils sont associes a la seiile ignorance, a rignorance qui doit 6tre 
ex[)nlsee par Ic cliemin de meditation (bhdvandmdryn), a Tignorance 
dll domaine de la connaissance mentale. (Vest pounpioi ils sont 
iioinmes parUtaklesabJifimika 

Ils seront eludies dans le cimpiieme chajiilre (v. 4(5 et snivants). 

Nous avons tdiidie cinq categories de inentanx. II (\st (rautres 
menlaiix qui sont indetenniiuXs (aniyata), ipii sont parfois associes 
a line piMisee lamiie, parfois a nne pensee maiivaisi' uu non-<lefinie : 
kaukrtya (ii. 28), mUhVia (v. 47, vii. 11 d), vilarka (ii. vicdraj 
etc. M7 1)1 

(lonibien d(^ inentanx naissenl necessairemenl avec chaqne pensee 
de (diaqiie classe, avec la pensee bonne, inauvaise, non delinie? 

28. domiiK' elle esl toiijoiirs associee a vilarka et vkdra, la 


1. Dlmriii.'ilrntn : IViiro ijii'i'ls sont alminlonnos pnr la inOdilalion rl non par 
la VUG dos parr.H (ju’ils sont assories a la ronnaissnnoa lurnialG gI nmi pas 

Jinx ciiaj aiiin's roniiaissancGs, parra qirils nv naissriit pas avG«'. toiilo peiiSGt* gI 
Gxisitnl il part, ils sont pnrittnMe^ahliumika. 

'i. D’aprrs lo rliinois. - I./('*.<lil<'iir japonais Gxplifiiic 1«^ et rccfern linal par 
r(ujii (v. 2), praiUjlm, mdna (v. 10), vicikitsCi, 

La Vyaktiyfi lit : « knukrlyat wUJdha, gIg. » t*l (>.\plnpir ‘ gIg. ’ par : arati, 
vijrmhhitd, taniln, bhakte 'samatdj etc. KHg [ioursuit : Lgs klcsas, ra*jay 
Gtc., sont aiissi iiKltHorniiiiGS, rar ils ru! sg rlassGiil dims nuG.iniG dGS G.inq GalGgorios: 
ils iiG sont pas ntahdhlnimikaf pan'o qii’ils iig so IrouvcMil [»as dans tonti* pGiiSGt*; 
ils ne sont pas kusnUimalmbhuniikaj parGo qn'ils ropiigiiGiit an bon ; ils dg sold, 
pas klesamnhdhhuwika, parre fpi’ils ne sc Irouvonl pas dans tonic pcnsGC 
soniibU: : car il n’y a pas rdga, ainoiir, dans la pGiiSGc IniineiisG (aapralitjha). 

I/Acfirya Vasiiniihra a 6rrit un Hok-d iiinGitionifjuG soinniaire : « La tradition 
(smria) esl qu’il y a Iniit miiyalnfit a savuir vitarkii, i;?car«, kankrtyn, middka, 
praiUfha, sakti rdga), nidua, vicikitsd ». Mais nous iradniGlluiis pas co 
chilTre de hiiit. Poiirquoi Ics drstis (v. 3 a) ne seraiGiit-cIlGs pas auiyata ? 11 n’y 
a pas mithyddrsti dans la pensee liuiiiouse ou scepti(|UG. 



166 


cnAPiTRE II, 28-29. 


ponsep tie Kairuidhatii, lorsipi elle esl honno, coniporto toujoiirs vingt- 
(loux inoiilaux. Quolqiu fois il faiil ajouter le regret \ 

T1 y n. ciiKj classes dv peiisce dans le Kamadhatii ; (1) la pensee 
bonne (kumla) conslitne une clnsse ; (2-3) la pensee nianvaisc 
(aknmla) eonstihie deux classes, snivant qn clle est ' independante ’ 
(dvcniki), c/esL-ii-dire associee k la seiile ignorance (avidyd), ou 
associee a (ranlres passions, concupiscence (rdya), etc, ; (4-5) la 
pensee iion-definie ((ivjfdkHajj c/esl-a-dire sterile on nHribulion, 
coiistilue deux classes suivanl <juVlle est souillee (mvrta)^ e’est-a-dire 
associee a la sidkaijadrsti ou a XUintafinXIiadrsti - (v. 3), ou non 
souillee (anivrla), c't'sl-u-dire ^ de retribution etc. (i. 37, ii. 71). 

[41 pensee de Kanuulhalu est loujours associee a vifarka et a 
viedra (ii. 33 a-b). (^etle pensee, quand elle est bonne, coinporto 
vingl-deux nieiitaux : dix nuihdbhuniikas : dix knmlamahnbhumi- 
kuH ; jdus deux (tuijjfdas, a savoir le vitarka el le vicCira. 

Lorsque la pensee bonne coinporle le regret (knukiiya), le total 
monte a vingt-trois. |8 a] 

One signifie le termc kimkrlya 

All propre, kaukrfjfa est la nature di» ce qui est inefait (kukrki- 
bhr'im) ; nuns on entend par kaukrUfct nn mental qui a jiour objet 
(dlambana)h kankrtj/a an sens propre, a savoir le regret (vipra- 
timra) relatif au inerait. — De meme, le (Hinokmmnkha ipii a pour 
objetla mnfjatd on absence d\ifm<iny est nomine mnijald (viii.24-25); 
on appelle ambha le non-dosir (alobhaj qui a pour objet Va.subh(l 
oil horrible (vi. 11 c-d). De meine, dans le monde, on dit que le village, 
la ville, li> pays, runivers s’est reuni, designant ainsi riiabitant 
(sfimnlii, dsra/jin) par le nom de riuibital (afhana, dsra/ya). Lc 
kniikrtya au sons jiropre est le point d’appui, la raison d'etre du 
regnil; done le regret^est nornnie kaukrtya. Car le fruit revolt le nom 

1 . sncitarkackarafmt kusale kamacetnsi j 
ilvarhnmtis mitaaikCih hniikrtyam adhikam kvacit fl 

2. Coiii[>aj*or KtiilulvaOtlii], xiv. 8. 

3. Dliaiiimusafigani, 11(51, AUhasftlinl, 784-787. 



Uiuan-tsangy iv, fol. 7 b-8 b. 


167 


de la cause, par exeniple dans le lexte ; « Les six sjKtrmiiatanaSy 
c’esl I’acte ancieii * ». 

Mais coinmenl pcut-on designer sons le nofn de knuMya, ‘ regret 
dll mefait le regret rolatif a line action non faite ? 

Tarce qu’on dit ; « C/est inal fait a moi de n’avoir pas fait cetle 
action », designant ainsi coinnie ‘ fait ' nial fait une omission. 

Quand le regret est-il bon ? 

Qiiand il est rolatif a une bonne action oinise, a une maiivai.se 
action accoin[)lie. 11 est inauvais cpiand il est rolatif a une rnauvaise 
action oini.se, a uiie bonne action accomplio. Les deux sortes do regret 
portent toutes deux .sur les deux categories d’action. [8 b] 

29. La [len.soe rnauvaise comporte vingt mentaux lorsqirelb^ 
est independante ou a.ssociee a drdi ; vingUr^t-un, lorsqii’elle e.st 
associee a rune des (piatro pa.ssions, a la colere, etc., an regivit \ 

1. La pensee indqiondanlo (dvenika) est la pensee a.ssociee a 
rignorance (avirkid, v. 1), non associee a (Pautres passions, concu- 
piscence (rdy(()j etc. ’ 

La pensee inauvaise associee a drsH est la pensee as.so<riee a 
milhiiddrsU, ou a drsUparCimarm, ou ii sllavrala}Kirdm^ 

(v. 3) ; la pensee associee a salkmjadrsti et a anlagrCihadrsli n’e.st 
pas inauvaise (akumla), inais souillee-non-de(inie (nivrtdvydhd^^^ 

Dans cos deux cas, la pensee inauvaise eoniporle dix mxthtihhu-- 
mikaSy .six klemmahCibhumikm^ deux akimdamtihfihlm 
plus deux aniyaUifiy a savoir vitarka et vicdra. 

La drsU no fail pas iiombre, car la dpsU esl une C(a-lain(‘7nvyAa, 
et la prajml est mrihcibhumika, ^ 

2. Associee a concupi.sceiice, hostilite, orgueil, .scepticisine (rdgay 
praiigha, mdna, vicikitsdy v. 1), la pensee niauvai.sc comporte 

1. Comparer i. 37. 

2. avenike tv aka^ale drstiyukte ca vhti^atih / 

klesais caturhhih krodhadyaih kaukrtyennikavinisnUh // 

3. avenika ~ rdgddiprthagbliuta. 

4. Toute drsti esl sainiirikd prajiid (i. 41 c-d, vii. 1). 



16S CHA PITRE II, 29-31. 

vingt-ei-im nionlaux, los menies qiic ci-tlessiis, plus la concupiscence 
oil rhostilil;(\ clc. [9 a] 

Associoij a la colere, etc., c’esi-a-dirc u run tics upaklems cnumeres 
ci-(lessus, ii. 27. 

30 Ji-l). La pcnsec nou-<lcfinic coiuporlc dix-huit mentaux lors- 
fjircllo esl souillpo (nirrta) : douze, dans Ic cas contraire *. 

Dans Ic Kaina<lliritu, la penscc noii-dcfinie, c osl-a-dire sterile en 
retribution, est soinll<Ms c’(>st-a-dire couvcrlo par la passion (nivrta 
~ Idvmchddila), lorsqu’elle est associee a mitbauadrsU ou a 
anlafjrdhmh%slL (lett(,‘ ponsce f-ornporte dix malnihlmmikas, six 
IdemuuiMhlmmikas, jilus vifarka et vimra. 

Non souillcf*, la pensco non-de(inie coinporte dou/.c mentaux : les 
<lix malinbhHmikas, vifarka, viedrn. 

L(\s Etranj^ers croient que le regret pent etre non-delini, par 
exemple on rove. — liU ponsce non-dormio-iion-souilloo associee au 
regret non-dc'dini comportora Irei/e mentaux. 

30 e-d. TiO mtifdha. langueur, n’est en contradiction avec aucunc 
categorio ; la on il so tronvts il vioul en snrnoinhro \ 

Lc middha (v. 47, vii. 11 d) pout etro bon, inauvais, non-tlolini. 
La pcnsr*(? a la([urllc il est associo roniportera done vingt-trois nnm- 
laux au lion tbj vingt-doux, vingt-(|uat.ro au lieu do vingt-trois, etc., 
suivanl quN^lb? est bonne exemjdo do regret, bonne ot acconipagm'H! 
de regret, etc. [9 b|. 

31. Dans lo proniier dhydna nianquent Ics inauvais mentaux, le 
njgret et la laiigmair; au dtda, dans le dhyCma intermcdliaire, manque 
aussi le vifarka ; au dela, eii outre, le vioCira, etc.. ■’ 

1 . \mvrie \^t(idas\ain^ntra Uvddamvydkrte nmtdh / 

2. On |KMil rcsliliuT : 

middham sarvavirnddhatvdd asli yatradhikam bhavet If 

a. kaukrlifamiddhaknsaldny ddye dhydne na santy atah / 
dhydndniare vitarkas ca viedra^ cdpy atahparani fi 



Hluan-tsang, iv, fol. 8 b-10 a 


1(59 


Dans le premier dhydna nianqiienl (1) riioslilile (praligha, v, 1), 
(2) la SfM’ie colere, etc, (ii. 27), fi I’exceplion dii s(Uhya, (lissimiilnlii)n, 
de la mayd, esprit de deception, du maddj ivresse frorj^ueil ; (;}) les 
deux akHmhtmalidblim^ le disrespect et Vabseiice de crainle 
(ii. 32) ; plus (4) le regret, jniisque la dissaiisfaclinii (ii. 8 b-c) fait 
defaut, et (5) la langueur, [)uisquc raliinent en l)f)ucliees (iii. 38 d) 
fait defaut. Les autres mentaux du Kaiiuidbrilu exislent dans le 
premier dhydna *. 

Dans le dhydna interrnedinire manque, en outre, le XHiarka, 

Dans le deuxieme dhydna et aii-dessns jus(|ira rArfipyadbritii y 
compris, manqiienl en outre le tnedra^ la dissimulation el Tesprit 
<le deception ^ IVivresse d'orgneil (mada) existe dans les Irois sphert's 
d'exislence (v. 53 c-d). 

D’apres le Sntra '*, la dissiinula.lif)n ( I Tespril d(^ ijeceplion exisleiit 
jnsqu’au rnonde de Drahmri, el non pas an-dessns des cienx on les 
elres sont en relation avec une nssemble(>. flO a] Mababralimri, 
si(>g(»anl dans son assemblee (parsad), fill inlerroge par le Bhiksu 
Aj^vajil : « On disparaissent complettnuent les qnatre. grands ebS 
nienis? » Incai)able de repondre, il re|)ondit a cole en se vanlant : 
« Je siiis Brahma, le grand Brahma ', le SeigiKMir, IVlni ([iii fail, 
(lelni (jui enky, Celui (|ui emet, Odui qui nourrit, le tV*re coimnun ». 
Knsnile, faisanl sorlir Asvajil de la nMiniori, il Ini conseilla de 
relourner aupres du Mailre el dt' rinterrogm* ‘. 

Nous avons vn combien de mentaux sont associes a cbaqne espece 
de pensee des Irois spheres d'existence. Nous avons a delinir les 
mentaux enumeres ci-dessus. 

1. La ponsoe du premier clhfjaua, c|iinn(1 elle i*sl. Loiiiie, nmiporlf dune vinj^l- 

drux TiKMitaiix ; .soiiillee-iioii-detliiio, «•!)«< eoiiipoHu ilix-lniil. nif'iilaiix lursqu'<dl<* 
est iudiqiendaiite on associtM* i\ drsfi, dix-iiour iorM^n'rllc esi. assoi*i«*o ii rafffi, 
mana on vieikitsa 

2. Lilteralemeiil : inol * aitssi * (apt) niunire cpi'il fanl «*xrlnrp, outre le 

vicdriif le ^dtkya cl la mdyd. 

3. D*npr{\s I'edilenr japoimis, Sadd!iarina.snirti|!ipaslliiliia].srd.ra, iSVt, ]o ^Naiijio 

m, Mdo 24-27). - Vibhasa, 12S), i. * 

4. En ujoutaiit : « je snis to grand T3raliiiia », il so dislingne des autres Hrubinu.s. 

5. Coftiparer Dlgiia, i. 211), et ei-dessous iv. 8 a, v. 53 a-b. * 



170 


CHAPITRE n, 32 a-c. 


Quelle ost la difference do Vahrl el de Yanapatrdpya ? 

32 a. Vahrl cst lo disrespect 

Le nuiiiquo de rospecl (ayaimimtd) [10 b], c’est-a-dire le manque 
de veneration (nprallmUl) % le nianquo de soumission craintivc 
(ahlmifamkmirlU^^^ a I’egard dos qualites (maitri, kariind, etc.) 
de soi-mome et d'aulrui, ( t a I'egard des personnes ilouces de qualites 
((icclraijom^^ ianipnnna), c’est co qu’on entend par dhri- 

kya, (ihrly un dharma mental oppose au respect (gtmrava, sagan- 
ra vaidj sagralmdd, mhhayammvartild), 

32 a h. lianapafrdpya ou atrapd csl le dharma qui fait qu’un 
lionime no voit pas les consequences faclieuses du peche \ 

‘ IVclie aradyay ce (|ui est mepri.se par les j.;en.s de bien. 

Les ‘consequences fa(*lien8(‘s anistaphakty soul, dans la kririka, 
nominees bhayay crainte, parce quo ces consequences faclieuses 
enf>endr<*nl la crainte. 

La comlilion de riiomme ipii, dans le peche, ne voit pas les cons«;> 

quences, le dharma qui prodnit cello condititm, — c’est anapa- 

irdpya ou alrapd, 

Objeclion. — Qu\*nlendez-vous par cidte expression ‘ ne pas voir 
I(\s conse(pienc(\s fach(aisos \ ahhayadarmfm?i}\\r vous inlorpreliez 
ahhayamja daniUmm : ‘ voir ipi’i! n'y a pas de consoipiences 
faclieuses on bhayasya adarHitvam : ‘ ne pas voir qu'il y a des 
conseqnencris fachenses \ auciine des diaix explications n'est satis- 
faisanle. Dans le premier cas, nous avoiis une M souillee, un 
savoir inexact ; dans le second cas, nous avons simplemcnl de 
rignorance. 

l/expre.ssion ahlmyadarMva nesiguilie ni ‘ vxn)' (prajfid souillee), 

1. nlirlr ngnrutfi. — JorLiiiiprastbruia, i. § 5 (li’aprcs Takukii.sii, p. 87). 

2. praiUa guru, parc.c (pie M^yam praiuitnh. 

3. nvadye 'hhayndarsitvam atrapd / 

Coriipai«;r la (Icfiiiition <le Vadhinila : ... amimairesv apy avadyem bkaya^ 
(larsi .... 



Hman-tsang, iv, fol. 10 a-ll a. 171 

ni * non-vue ’ (ignorance). Ellc decrit un dharma special qui se range 
parnii les tipaklem^^ (v. 46), qui a pour cause la vue fausse (miihyd- 
drsU) et rignorance, et qn’ori nomine anapainipya (Vibluisri. 34, in). 

D’apres crautres maitrcs Vahrikya est rabsonce de honle, vis-ii- 
vis de soi-rneme, dans la coininission <]ii pecbe ; Ytrnapafmpya esl 
Tabsence de lionte vis-a-vis d’aiitrui ^ — Mais, dira-t-on, on ne [lonl, 
en mf^me temps, se considerer soi-merne et considerer anlrui? 
Nous ne disons pas qne les ilonx formes d’absenci! de lionte soient 
simiiUanees. 

11 y a dJirikya, eftlux de la <‘oncupiscenr(» (riUjanisyanda), lorsqm? 
riionimo ii’eprouvc pas honle du piVJie en se considiManl soi-ineine ; 
il y a anapatrdpya, efflux di? la confusion mentale (nioha)j lorsqn’il 
n’eprouve pas honle dn pecbe en considerant antrui. 

liO. Jirl et Vapatrdpya sont opposes aci^s deux mauvais dharmas. 
Lenr (b^finilion, d’apres la pnMiiiere iheorie, est : ‘ respect, veneration, 
soinuission craintivo ' crainte des constHpiences dn pecbe ’ ; d’apres 
la socondc tlukiric : ' [ludeur ' respect hninain 

Qnebpie.s-uns croient qne rafreclion,/)rcmoi;, e( le n sped, jf/aaro m, 
soul la ineme chose. 

32 c. L’alTeclion est foi ^ 

L’afl'cction est de deux series, sonille(' (kU.sta), non souillee. 
(Vibhasa, 29, 12 ). 

La premiere esl attachement (rdgaj, par exemple rafl’edion pom- 
la fe.rnme et le lils. La seconde est foi (imddhdX par exemple 
raffection pour le inaitre, pour les lioinmos vertneux. 

1. liU foi pent ne pas ctrc affection, a savoir la foi a Tegard des 
verites de la donlciir et de rorigine. 

1. Ces nmitres oJ).serv(*iil quc les ilciix raciiies hrl el trfup (Dliaiiipfillia, iii. a 
el. i. 399) sont syuoiiymes et signifient lionte (Uijjfi) : ties lors on no voil pas 
eoininenl Vakrt serail le (lisrespeei €»,t Vatrapa rubsence Ue cruinte dans la 
eonifiiissioTi dn pecho. 

Vasnbaiidhu, dans Ic Pailcaskandhaka, adopte ceiie d^.iinition. 

3, prewa Sraddha — JnanHprusiliami, i. § 4 (d’apres 'rakukiisii, p. S7). 



172 


ciiAPiTBE II, 32 b-33 b. 


2. ] /affection pt?iit no pas 6tre foi, a savoir Taffection souillee. 

3. La foi pout etre affection, a savoir la foi a Tegard dcs verites 
de la destruction el du chemin. 

4. Les aiitres iiienlaux. les dharmaa dissocit^s de la pensee, etc,, 
ne sonl ni foi iii affection. 

I)’a|>res urn? autre opinion, la notre, la foi esl la croyance aux 
(|ualiti\s ((pmammhhai^md) : de cette croyance nait raffection 
(priyalfi). L’affeclion n’esi done pas foi, inais fruit de la foi. 

33 c. liC respect est hrt 

Ainsi (|ue nous ravons expli^pie ci-dessus (32a),le respect 
gaurara) est veneration, etc. 

1. Toute hri n’est pas respcrl, a savoir la hri a Tegard 1 11 a| d(\s 
verites d*" la douleiir et de rorigine \ | tl 1) | 

2. La hri a Tegard des verites d(? la destruction et du cherniri est 
aussi respect. 

D'apres une autre o|»inion. le respect est vtMieratir)n 
du respect nait la honte (Utjjd) ([ui re<*oit le nom dc hri. Done le 
resptH't, cause ile la hrl^ i/est pas hrh 

lOn ce qui concerne t'affection et le respect, «(uatre alternatives ; 

1. Affeclion qui i/est pas n.*specl, a Tegard de la feniine, du lils, 
du conq»agnon en vie religieuse (mrfUiavikurin), du pupille (ante- 
vdsin). 

2. Kespocl qui n’est pas affectif)!!, a Tegard du inaitn^ crautrui, 
de riioinine done de (pialites, etc. 

3. llespect qui est affection, a I’egard dc son maitre, de son pere, 
de SM mere, etc. 

4. Ni resj)ecl, ni affeclion : a Teg^rd d’autres personnes. 

32 d. Tons deux dans le Kainadhatu et le Ufipadhritii \ 

L’affection ct le respect manquent dans rArupyadhatu. 

J. ffumtvaw hrih — VihUttsa, 29, 13 . 

2. Car on iie pent avoir de respect a Tegord des dharntas impurs (sCisrava) 
(N<»te d« TtHliteur japoiiuis). 

3. ubhayarn kamarupayoh // 



Iliuan-tsang, iv, fol. 11 a- 12 a. 


17;{ 

Mais vous avez (lit (|ue raffcciion est foi (iraddha), «iiic h rosix^ctt 
est hrl : or la foi et la hrl sont ties kimilamalHibkm^^^ (ii. 25) : 
doiu*. raffeclion et le respect doivenl exislc^r thins rAiTipyatlhaln. 

L’alTection et le respect sont tie denx (\spec(.*.s : relalifs a des 
dhannas on relalifs a des personnes. lit? texte vise la seconde espece; 
la premiere espece existt* dans les Irois splirn^s ircxislence. 

33 a-b. Le vikirka et le vicdra sont la grossiei(de (d la sublilite 
de la pensee. [12 a | 

Est noniniee viiarka la grossierete (aarfai’/Avt/a), c/csl-a-dini IVdal 
glossier, de la pensee; esl nonnnee ricam la sublilite (stiksmabi), 
t*’(‘st-a-dire Telal subtil, de la pensee. 

Comment le vitarka et le vicdra pcmvent-ils etre, en menie temps, 
associes (mmprai/iikla) iv la pensee? La |)enser‘ peul-(dh‘ el re, en 
inenie teiiijjs, grossiere el subtile? 

D’apres uiie opinion ^ il Taut company* le vicdra a d«' Teau froitle, 
hi jiensee a du fromage <[ui lloll<» sur celle vi\\\ IVoide, le viiarka 
a la cbaleiir du soleil ipii agit sur le fromage. lin raison de riMin et 
dll soleil, le fromage n’esi ni Irop coulant ni trop (‘ompae.t. De memo 
vitarka et vicdra sont associes (tfiikta) a une piMisee : cidhvei n’est 
iii irop subtile, en raison du vitarka, ni hop grossien‘, en raison 
du vicdra. 

Mais, dirons-nous, il ressori de cetle explii atiun tpie le vitarka et 
le vicdra ne sont jias la grossierete, la sublilite dt* la pensee, mais 
la cause (nimilla) de la grossierete, la cause de la sublilite : I’eau 
froiile el la liimiere cduiude du soleil ne soul pas Tetat compact, I’lHal 
ctailant du fn)mage, mais bien les causes de ces deux elals. 

D’anlres objections se presentffht. La grossierete et la sublilite <ie 
la pensee stmt cboses relatives. Ell(\s I’omjiorlenl mainls degreis : la 
pensLHi de premier dhydna est sublih; [»ar rapport a la pensee de 
KaiiiadhaUi, grossiere par rapport a la peiiset^ de denxieme dhydna ; 

1. vitarkavicaraiuidryasuksinate. — ("eMe doruuliuii r«[>ose sur uii Siitni, 
qiii iCesl pas design^ dans nos sources. - Voir i. IW. 

Sej[yLieine opinion do la VibliUsa, 42, 14 . 



174 


CHAPXTRK II, 33 a-l). 


(laiis le memo etago, les qiialites et les passions penvenl 6tre plus on 
moins grossieres on subtilos, car olios so divisont on nouf categories. 
Done, si le vilarka et lo viedra sont la grossioreto el. la siibtilite do 
la pensee, nous dovrons adiiudtro qu’ils existont tons doiix jusqiie 
dans lo plus bant elage. do rArilpyadbatu \ Or ils cossent des lo 
denxiomo dhtjana. — Ajoiilez (|uo la grossioreto ot la siibtilito no 
pouvent otablir ime dilVoronco specifbjuo (jdtibheda) : on iwi pout 
done diiforon(:i(‘r lo vilarka ol lo viedra. 

D’apros uii<‘ autre opinion, d’apros le SantiTiiitika, lo vilarka et lo 
viedra soul les ‘ facUMirs (saimkdras) do la voix ’ ^ Lo Snlra dil 
on oiret : « (Tost ajires avoir i^xamino, apro.s avoir juge (vitarkya, 
viedrya) quo Tmi parlo, non pas sans avoir examine, sans avoir 
juge » l-iOs faeteiirs do la voix «|ui sont grossiors sont nonnnos 
vilarkas 1 12 bj : r(*ux (jiii sont subtils sont noimnes viedras. 
I l.ya[)ros eotto oxfdicalbm, par vitnrha ot viedra on doit entendre, 
non pas deux dharmas di.slincls, mais l>ion la collodion ties pemsee- 
ot-iiKMitaux qui provoquonl la parob^, (d qiii sont tanlot gn)ssiors, 
tantol subtils. 1 

Lo Vaibliasika. - Quo soient associes a uno inonio pensee deux 
dharmas, le pnunior (vilarka) grossior, lo si‘Cond (viedra) subtil, 
qiKille contradiction ? 

Lo Saulranlika. - 11 n’y aurait pas coulradidion si cos deux 
dharmas otaiont sptfciliquemonl dinV*rents; par exompb>, la sensation 
et la notion — bien qia^ la premiere suit grossiere et la soconde 
subtile (i. 22) - pouvent coexistor. Mais, a considorer uno niomo 

espece, deux olals, Tdat fort et I’etat faible, Tetat grossior el Total 
subtil, no pouvent coexistor. 

Lo Vaibhasika. — II y a, outre le vilarka ol le viedra, dilloronco 
spociliqiie. 

1. Ar^uiiKaii tixpo.se tltiiis VibluTsa, 52, «, ta attribiit^^ jiiix l)ilrsjSalika.s. 

2. Crc.sl-ii-(lire ‘ foul surgir la voix mksamutthdpaka. 

a. vltarkya viednja vdram hhiimte navitarkya ndvicdrifa. — (Comparer 

Majjhiiiia, i. IIOl, Sarny utla iv. 2U3 : pttbhe kho vitakketvd mcdrelva pacchd 

vdeafn hhindati. — D’autre part, Viblianga, Ui5 : vdclsatttceiand vdclsam^ 
khdro. 



Hluan-tsang, iv, fol. 12 a-l). 


175 


Le SautrftiUika. — Qiiellc est cotte dilTVavnco ? 

Le Vaibhfl^ika. — Cette difference est indicilde ; niais ello est 
iiianifestee (vyaMa) par la forc(j et la Imhlesse (Uj la ptaisiK* (mrdva- 
dhimafrata) \ 

Le Sautraulika. - - La force et la ffn‘l»lesst‘ do la peiisoo no doinon- 
trent pas la presence de deux dliarmas specili(inoinenl dilVerenls, car 
line memo espece est tanlot forte, lantot faihle. 

r)’apri\s line autre opinion, la iiotn*, le vilarka otle viedrn nesont 
pas associiVs a une seiile et nienie pensee. lls (^\isL*nt tour a lour \ 
Le Yaiblulsika objeclera quo le premiiu* diujdna possode (‘inq 

1. Siini.4httl>lia(lra voiil (jnc hi vitarJea el h* rirara soioiil i»sso4*irs ji 4‘li:i(|iio 
p<‘ns(k* : luais res ilcux (Ihnrmns iiViilniiil pas on cixorc.ioo, nr sfi irvMiMil [»a.s par 
ioiir arlinn (ndbliutavriU) on inoine loinps : la ponsoo ol los inrutanx sonl j^rns- 
siors qnaiul hi vitarka^ Iniijnnrs prt:%soni, enlre c‘ii a<*livilr.... Do niomo lo niija ol 
Jo moha s<ml cooxisliints : inais ini lioiuiuo osldil vatjav.ariUt ^ j»n»iini par lo ratja, 
lorsfpio lo ray a so ruaiiifoslo 

Lo vitat'ka ot le vienra cxisloiil, non j)a.s sininllanonionl, nulls Mioof's.sivi'- 
jnonl (paryilyennl (jeollo ost la <lillori*iioo iln tiiavka ol jLi vkdvn ? l-.os anoh.ais 
iiuiilros (piirvdcdriia) ilisonl : '• (Jii’esl-i-o quo lo vitnrka ? - • tin tail rollon inonlal 
(manojitliKi) (ren([noio (paryesaka), ipiia ponr pfu'nl il'appnl la \olilion [cekfud) 
on la lannuiissanoo s]KMriilalivo (prajiid) snivant qn'il no nmi|»orlo pas on ooin- 
porle dodiiolion (ahhpufifi), (7osl Tolal grossh*r do la ponsoo.. Lhi'<‘^l-‘‘o «p!o io 
r/cfim ? Uii onlrolion menial d’approoialion, 4lo jugomont (prahpn'ifksaka), 

ijiii a pour point (rappiii la v<»lili4m ». ira]n*os oolU* Ihoorio, lo viUirka ol lo 

r/odm oonsiitiioid doux tannplexos j»syohoh)ghpii‘s ]n*os«pio idisiliipios : ils tlillr- 
ronl on cooi que lo promior ooinporlo • oiupiolo ^ ol lo sooiuid ‘ jiigmiioid *. UneL 
qiics-ijiis doimenl nn oxoinph*. Fai prosoiu‘o <lo noiidiroiix pols, qiioliju nii los I Ale 
ponr savoir hapud osl bien onit, loqnol ost moii : oollo oiupiolo (uha) o.sl lo r/ 7 ar- 
kn ; £i la lin, coUo porsoniui arrivo a mio ivnioliision : «. II y on a b‘l noinbro (lo 
oliaquo calogorio » : o’esl b? viedra. 

La VyakliyA, ad i. 3-‘l, oite lo Panoaskaiidliaka <lo \ asubajidiin, Iros [umoIio do 
ropinion dcs uncieiis iiiallros : xutarkah kataniuh j panfennko manojnlpas 
cetandprajndvisesah / yd citlasyaiidat'tkafd // vicdrnh katanmh I prntyn- 
x:eksako maiwjalpa.4 cidandprajudvise^ah / yd cUtasya aiik^^watd. ji La 
VySkbya ajuutc : cmubhyiihdvasihdydm cektnd ahhynhdx-nsllidyfim prf.tjtieti 
vya vasthdpyate. 

Voir Dhainmasangani, 7-8, Coiiipoiidiinii, p. 10-1 L, Miliiida, AUliasa- 

liiil, 296-207 deflnit le vitarka ooiiiine uhaua ol le donno oomnio oldrikn. landis 
que le viedra est sukliuma, — Vyilsa ad Yogasulra, i. 17 : xHtarkas cittasyd- 
lambane siliula dbhogah / siiksmo vkdrah; i. 42-44. 



cuAPiTRE II, 33 b-34. 


17G. 

menibivs (viii. 7) parini lesquels le vitarka ct le vicdra. Nous 
repondrbns ([ue le premier dhyCina possede cinq meinbres eii ce sens 
que cinq meinbres soiit dii plan, do TtHiige dii premier dhyCina : 
mais un moment donne du premier dhydna ne possede quo qualre 
menil)r<\s, prlti, siikha, saiuddlii, plus tritarka on vicCira. 

Quelle difference entre mdna et mada (Vibhasa, 42, «)? 

33 b. Le mlndy orguoil-mepris, est Tarrogance ‘, 

L’ arrogance de la pensee (cetasa iinnatih) a Vegard d’autrui. 
Mesurant (md) la superiorite on qiinliles (|u’on a, on qu’on croit 
avoir sur autrui, on so liaiisse et on depivcie autrni. (v. tO a). 

33 c-d. An conlraiiv, le mada, orgneil-ivresse, c’esl rabolilion 
(le la pens(M? de celui (|ui esl (‘namour(i de sc's pr()[n(»s (jnalitcVs ^ 

Mn raison (b? ralUudiemenl a ses propres ([iialiles, la penst!?e s’enor- 
gueillit, s’exalte et s’abolit [13 ap. l)’npr(j!.s tranln's mailnis, de meme 
([U(3 le vin produit une certaino excitation joyense (samyraharm-^ 
viiicsaj que Ton noiniiKj ivresse, di? meine rallacliennril qn’un liommi^ 
a pour ses propres (jnalites 

Nous avoiis d(Mini la p(Mis(3e (cifla) (i. 10) et les rnentaux. Ncmis 
avons vu dans (pielbjs calt'^gories b*s mentanx se rangenl, en ([uel 
nornbre ils naissent (risemble, quids soul leurs ditterents caracleres. 
liU penstre et l(.3s menlaux recoivirit, dans riOcrilure, differenls iioms. 

34 a-b. l\ riseo (citta), esprit (mana.^), (vijFidnaJ, 

c.es noins designent une meme chose \ 

1 . mdntt uiiuatih / 

2. marlah svailharinamktasya paryddanam tn velasah / 

3. paryddiyale samninidhy ate ; voir SikHasaiiiiurruyii, 177. 15 , Divya, Sfi- 
trillniiikura, i. 12. 

Defiiiilioii lie Sarni>lK(l)kadrii : yah svadharmp.w era rnklasya darpas cel a- 
sa h pn ryddd na m k usa Id nyakriyd h hynpapa t lisa mlidro m ndah. 

4. C*esl-»i-ilii*e Ic mada est scnsuiioii, ‘ sutisluelioii ssuuiLlee ’ (klista saunia- 
ttasya). Le Vuibhusika n'ailiiiet pas ceite (‘Nplicutioii ; en efVet, la satis faetioii 
aexisle |)u.s an delii dii deuxieiuo dhydna : or, d’apres v, oJl e, le mada exisle 
dans les Irois spheres d’exisloiice. 

r». c.Ulam mano ['tha\ vijndnam ekarthani. — Comparer Digha, i. ^21, Sain- 
yulln, ii. 94. 



IUuau4s(tng, iv, fol. 12 b-l;{ h. 


177 

Lft penst^e est nomiiKie cifUi p:irce qu’elle afT-uimili? (cinoli)' : elbi 
est nominee mana^rparce (prolle nmnnli (nianulej '; ello esi iinnnnee 
vijndna parco qu’t^lle (iistiiiyiie son ohjet (dhtmbanam rljdndti), 

Quelque.s-uiis disent : La peiisee o^l noiiniiee cilta paive tpi’elle 
est bigarree (citra) par de boiis (d de inanvais elements Kn lant 
qu’clle est le point d’ai)j)iii (dsntyuhhuhf) <le la piaisee qni sail, t'lle 
est (i. 17); eii taut qn’elle preiul point d'appni siir Lorgane 

et I’objet (dsrikihhfda), elle esl vijhdna. | LI b|. 

Ces Irois noms exprimenl done des sens <linV‘renls | iTl b], mais 
(lesif^nent le ineine objel ; (1(» intaiie 

34 b-(l. La pensee el les imMitanx sonl ‘ ayanl an supiiorl \ • ayant 
nil objet * ayanl un itspiMd ‘ jtssoeies ’ 

Ces qnatre difTereids noms : * ayanl un support ele., desij^mMil 
le lueme objet. 

La pensee et les me.ntanx sonl noimms * ayanl un sup|MU't 
(sdsratjd) puree quails s’appuienl sur les or^anes (orj'am* de la vne, 
ele., or^ane mental) ; ^ ayant un objet ’ (sCilamlmua, i. ‘»1) on *suj(d 
de la connaissanee paree qn’ils saisissenl leur ‘ domaiue ’ (vimija- 
grahana); * ayanl un as(aM*l’ (sdkdra)^ parte qu'ils pnament forme 
d’apres Tobjel '* ; * associes e'esl-a-dire ‘ partdis ol unis * (miiipra- 

1. I'jlle ariMiniuJe It* bioii el It* inal, h i rsf. In / Yudklnjii) 'I'ilMUiiiu : 

hbyeti pas : tjirfllt* tlisliiigut*. — AUliasnliin, : ahiwfut iinni chifeliti 

cillaw, ;r 

2. mauil jntina ity (ispn (I)ljrilri|»n|li!\, 1. «7.) 

It cAiram suhhCiHnhltair iUuitnhhh' Hiciiltnu. La V'yakhva aj«>ijh? : Oltdt a- 
n asumniV‘e.^ayogena sa n irCi n likn matenn- yoQiirn ra uni le u a i:(i. 

Paraiuilrt.lm ii Ju : cilam snhlnisifbhnir dlnilnhltis ftiu ra ciunliU ciflnm. - 
Ue le UhtUaiii Iruduit : « [»anM* <|nVlle osl fliargiM* (hsngfi-ptis) «le hoiis <1 

Je iiiauvais dhdtns », 

4. cittacaitasdh j sd^rnyfAlambainVzdmh snmpmy}iktd.s ca pntimdUd ;/ 

5. sdkdrds tasyaicdJamhnnnsya prakfitiiun (y) aknnunil. - La ronnais- 
sttime (vijndna) disceriio Tohjel bleu, eh*.; la sonsaliMii b? seal ai;ivable.iii(‘iil, ele. ; 
la liolioti eii suisil la earaclerislii[ne, ete. - On biemla e(niiiais.-sanen jienjuil l\»bjef., 
tLiine inaiiierc generale, eii luiit t|iie peivejtlibli? (iipnlahliyaldnlpam ip hiiaii) ; 
les iiietiLaux le per^uivt'iil. dans ses earaeleres speeiaiiN. (risvsariiponn) : la sensa- 
tion «n taulque susceptible dVdre seiiti agreulibaiieiil (nuublniiraniyaldrupnm) ; 
la notiuiij^ eii tant que susceptible tVclre deiliii {jparicehedyaUirUpam), elc. (i. IG a). 

12 



178 


CrtAPlTHE II, 34 J-3(). 


% 

ifukta), parce qii’ils soul pareils (sanui) les uiis aux aiitrcs ei non 
separes (aviprayukla) les ims ties autres. 

Coinnient sont-ils saw^miyuMa, associ6s, cest-a-dire * pareils et 
luiis ’ ? 

34 i\. Oe cinq niaiiieres. 

La pensee et les inentaiix soiit associes en raison tie cinq egalites 
on i(leiilite.s('N«m«^a^, ideiilite d’appui (Cisraija), i\\^W\eX(dl(llnb(iml), 
d’aspect (dkdra), de temps (kdla) ; egalite dans le nombre ties 
dniijyas. (”est-a-dire : les inentanx (sensation, etc.) et la pensee son! 
associes (1-3) parco qu’d-s out meine point d’a|)pMi, meme objet, 
mrMno aspect ; (4) parce qu’ils sont siinnltanes ; (5) parce que, dans 
celte association, chaqne espece est representee par nn s(mi 1 individn 
(dravyd) : a nn moment donne ne pent naitre qn’vme stMile |)ensee ; 
a celte unique pensee se tronvent associes nne sensation (ekam 
v(idanddrnvyam)f nne notion, nn menial de cbaqne espece. (Voir 
ii, 53 c-d). 

Nous avons expliqne la pensee el les menlaux, lout aii long, avec 
lours caraclerisliques 

iv. liES DHAHMAS NON ASSOCIKS A LA PKNSEL (35-48). 

Quels sont les mmskdms non associtVs a la p(‘nsee (cittaripra’ 
yiikta) ? 

35<36 a. Les ‘ non associes a la penseti ' soul lajimy^//, Yni>rdpti, 
la sablidgald, Ydsamjdika, les deux recneillemenls, la vie, les 
caracteres, les ndmakdya, etc., et ce qui est de celte espectL ■ [14 a| 

1. nirdistas citlacaUldh HavisiaraprahhedCih. ■— saha vistara- 

pmhheddbhydm mi saha vlstaraprabhedena. 

2. viprayuktas in sanuskdrah prdptyaprdptl sahhCujatd j asamjuikam 
samdpaiti jlvilnm Inkmndny api Ij ndnmkdyddayns ceti. 

l,e mot iti indiqiie qii’il fuiil ajouler ii cette lislo d’aulres viprayukins coiniiie 
l« samyhnbheda (iv. 09), etc. — Le ih-ukaraiia dit : ye 'py evamjCiUyakdh : 
« Sont aiissi citiavipniyukta ies dharmas qui sunt de celte espece. » Meme 
foi'mide dans le Skundliupuficuka. 

D’apres le Prakarunu, les smpskCiras dissoci«5s de Ja pensee .sont : ps^pii, 
nsamjmsamdpaiiit nirodhasamdpatti, dsaipjiiika, jlvitendnyUf ntkdyasa- 



179 


f HinanAsang, iv, fol. i:{ !)-14 a. 

CeSi dharmas iie sont ptts associes (mmprayiiMa) a la ponstM* ; 
ils ne sout pas da la luilnre dii rfq)a on maiiare ; il.s sont incliis dans 
\o samsktvrciskandha {\. 15):c’a.st ponnjuoi on las nomine ciltavi- 
prayuMa samskdras, (1) paire (ju’ils sonl disjoinls da la pansajs 
(2) parca qiie, etaiit immalari<ds, ils n^ssamhlant a la pansaa. 

36 1). haprdpti asi aa<juisilion el possession 

VtVi prCipH asl da daiix espaaas : (1) a<‘.i.|iiisili()n (Uihim, pniHlam- 
bha) da ae qni n’a |>as ala obhuui (p^ dptp) on da ca (|ni a ala perdn 
(vihina ) ; (2) possession (mmmvaua, mmanMgama) <le at* rpii, 
iiyaiit ata ohtenn, n'a pas ate parvln. 

liaprdpli rst la <*onlrain*. 

36 c-d. 11 y a prdpli el aprdpti <Ies dhanuas t\\n apparllannanl a 
la personne menu', at das deux ' dastruelions ’ 

hhatja, a^raynprapti, (Iraijyaprapll (?), ayittnimpnipli, jcUi, jam, Nthili, 
iiHiiyaUl, naniakdyn, padakiiyat t\yai)janttkfiya el lous l<'s uiilres 
lie i*etli> esjiece <Ii.s.socit\s do la peiisre. 

{.uprapti est di'diuie dhurmdudiil- in'dpfili ; d.^rayapnipti dsvuydyaiaint- 
prdpU ; dracyaprnpti (?) :::=^8knudhdHam pnipiih : dynttiHupnipli - r ddhydt- 
miknhahydyainnaprdpti (xxiii. 10, 14 li 0). 

IVukai'iinapnda 14 b 5. — (jiresl-ce ipi<‘ la prdpli? ]<a prdpli lies dhttrmas. — 
Diresl-ce i|ue Vasautjrti^fuimpatti ? La cessalion ib* la pensikM‘t des laeiilaux 
ayaid pour aiiUH'.^uleiil la iiolioii de sorlii* alLudiec a rabaudoii de. la sonillurc di?s 
Siibliakflsnas el non pas a rabaudoii de, la souillnre siiperii iire, (JuVisi-co ipio 
la nirodhasnmdpalti ? La cessalion de la pensee el des inentanx ayaid i»oiir 
aidectMlenl lu.nolioii de caliiie altaeliec a I’abaiidoii de la souilliire de lYiAroH- 
canydyatana. — (JuVsl-ce ipie Vd^umjdika ? La cessalion de la peiisoe el des 
luenlaux des tdres ipii naisseid panni les iliens Asainjrdsaltvas. — (Jn’esl-ce que 
le jicitendriya ? VdyMS dos Irois dhdttts. - Ou'esl-ce qne. le iiiknyiisubhayn ? 
La resseinbluiice des elres. 

1. prdptir Idbhah saiuauvnyah / -- Voir i. IkS e-il, ii. 50 b. 

IVnpres le Saslra : prdptihkaUimd ? yah prntilambho yah samanvaynmah. 

Les lernies Idhha ct sanianvayama n’onl pas le meine sens dans rAbbidliariua 
el dans Kulbuvntlhii, ix. 12. - Pour le Thera vadiii, Idhha siguille ‘ possession *, 
par exernple le pouvoir qne posscdeiil les saiiils de realiser u lenr gre tel on lei 
recueilleinent ; samanvdyama s'enleiid de la ivalisalioii acinelle. -- Aillenrs 
(iv. 4) on distingne le paUldbhasaniaundyama el le samniiyibhdvasaninn- 
udyania, poss^der en puissance (samanvdyama de r.Vbbidbariiia), posseder 
ucluetteinoiit (saipmukhibhdoa de rAbhidbaniia). — Voir e,iicore xix, 4. 

2. prdptyaprdptl svasamlanapatUdndni uirodhayoh ii • 

11 y a eu moi prdpli oii aprdpti relalf\'enieni a iiia passion, a inoii ude 



180 


ciiAPrrRE II, 36 c-d. 


1. Lorsiiu’un dharma conditionnc (samskrla) * tonibe (Ians la serie 
personiudle il y a prupli ou ajjrdj)ti de a; dharma ; non pas 
s’il lonihe dans la serie d*iuie autre personne, ear pcrsonne ue 
possedo les dharmas d’aiitrui ; non pas s’il no toinhe dans anciino 
sorio, ear |)(M\soniio no possede les dharmas ‘ qui ne sont pas d’lin 
tdro vivaiU * (asallvdkhyaj i. !0 h). ‘ 
iJ. Quant aiix dharmas ineondilionnes (asamskrta) [14 b], il y a 
prdpti dll pratisumkhijdnirodlia ot do \\ipralisamkhyiinirodha 
(i. (>, ii. 55). 

a. Tuns los olros possedi'iil l^ipralisamkhydiiirodha dos dharmas 
qui no iiaitrout pas fauto de eause. 

I). l./Ablndbarnia (Jnanaprasllh'ina, 11), ») s’ox|»rinio ainsi : « Qui 

possede dos dharmas purs (andsrava) ? ^I'ous les elros possedeiil 

hi pra! isanikhydnirodha a rexceptioii dos sfikalfthandhanadidiksa- 
naslhas, c ost-a-ilire, a rexceplion dos Aryas lies de Ions les liens el 
so trouvant dans le prosnier inoinenl du (iheinin, a rexceplion des 
Prlhagjanas lies de tons les liens. I^os aulres, Aryas id lVI:ha|j;janas, 
possedent b‘ praiisamkliydnirodha, » “ 

0 . IVa-sonne lui posstMlo {samaavdyaUi) I’espaoe (akdsa). Done il 
n’y a pas prdpli do Tospaeo. 

D’apres les Vaibbasikas, prdpii et aprdpti soul on opposition : 
lout eo qui esl snscoplible de prdpli osl aussi suseeplibb* d'aprdjdi, 
(loinme cola va do ein?, la stance ne lo dil pas d’une inaniere 
oxpresso. 


jt; |U)ssedc ou ne possible j>as ma pitssioii rnlure cm passc*e Mats 

aiieiin rapport de possession on do non-possession eiilrt! inoi ot la passion d’uutnii. 

1. Les clievoiix doivont dire regurdos couiino ‘ de I’etre. vivant ear its soul litVs 
(satnbnUtlha) aiix organes inalertels. 

2. L’honiino * de tons los Wgiih * (sakalabnndh ana) cst eolui cpii n'a pns 
obtenu, par le cdieinin inondain (laukika), rubandon (-—pmtisnmkhydmro(ltta) 
d'uiie devs nouf catogoiies des passions du Kriinadlialii. L’iVrya, an premier 
inonieni (tuliksana dtihkhe dharmajiidnuksdnfi) n’a pas encore obtenu 

i'abandon dcis passions a abandoniier par le Choniin (vi. 11 ) (Jii appello 

ekaprakaropalikkita rhoinnie qui a obtenu I’ubandoii d'uiie cuti^gorie de passion, 
(vi. 30 a). 



Iliuan-tmny, iv, fol. 14 a-15 a. 181 

Lc SautRlnlika iiie Texistoiico ilw dliarma noiviirir prdpti, posses- 
sion. 

1. Conunoiit le Sarvristivridin-Vaihhrisika etahlit-il rexislence 
(Vune chose en soi ((Iravyadharma) ^ noinineo prdpli r" 

Le Sarvastivndin. - - Lc Snim (Madhyainagama 40, to) dit : « Par 
la prodiiclion (ntpdda)i racipiisilioa (pmtilamhlia), la possession 
(mmanvdgamnj do dix dliannns propres a TArhal (amiksn), le 
saint devierit nil honirne ' ayant almndonne ciim nieinlires ’ ». " 

liC SanliTinlika. — Si vous concluez de ce texlo a rexislence de la 
prdptiy nous rcmanioerons quo Ton ‘ possede ’ (mmammijama) des 
dharmas ‘ qui n’apparlii'niienl pas aux elres vivanls ’ (asnltvdkhjja), 
et aiissi des dliarmas apparlenant a autrni. liii elTet, lc Sntra 
(Cakravarlisntra) (lit : « Sachez, 6 Hliiksus, que le roi (^.nkravarlin 
est en possession de sept joyaux ... » \ Or, panni les joyanx, !<• joyaii 
{[{} rone, le joyan de femme, etc. 

Le. SarvilsLivadin. -- Dans ce texte, rexpression ‘ en poss<?ssion de ’ 
(samanmyala) signilie ‘ rnaitre de \ On dil que le roi Oakravarlin 
jonil de la mailrise (msUva) snr les joyanx, car ils void, comme il 
(kannicCira). Mais, dans le Sntra snr ‘ la posses.sion des dix 
dharnias (rArliat ’ (damHaikmdharummmanmgamamtm)^ le 
mol ' possession ' designe une chose en soi 

2. Le Sanirriiitika. — Si le mol ‘possession’ (mmaiirdfjamn) 
signilie ‘mailrise’ dans le (’akravarlisnlra fl5 a], cemimenl vons 
a.ssnrez-vons (pie, dan.s I’anlrc Sfiira, cc memo mol designe nm^ 

1. (Iravifftdharniah — dravifnh dhtirntahj on loon dravynm ca tad dhar- 

mas ca sa dravifadharmah, vidifnni(inasc(ilakmn(f dhnrnmh. — 

Voir ri-ilossoiis p. liStJ. 

2. (>s «lix dhnrmas soiif. Itvs iiiiil. moinhms dn ("lioniin, plus la sawifaifviimikti 

ol. le (Angnttara, V. 222) ; Jes nin| jiieinhres aharuioiincs ««*. soul, 

pa.s le groiipe salkCiyadrsti — .^llnvratapardmnrsa — vieikitsd -ktunacvha nda 
— I'lfdpdday rnr re groupe a ete ahandoimo a Varcpiisilioii <lii frail d*Aiirigriiaiii, 
laai.s bien le gnaipe reintif aux spheres snperieures, rfipardtjn - druppardtja — 
aiiddhafya mdna -- avidyd. 

3. Dlglia, iii. 511 : Dalhanemi .... saitaratanrfsamnundgato. 

4. D*apre.s rLcriture, Je.s clio.ses (vastu) .soul oa bicn dmrynsnt oa hien 
prajnaptisat, * exi.staiil reellenient *, ‘ existanl comme designation \ 



182 


CHAPITBE II, 36 cflS. 


pnHeiulue chose on soi? En cffet (1) cetlo prnpti n’est pas 

dircctenionl i»orciie, coinino c'esl le cas pour la coiileiir, le son, etc., 
coninie c’est le cas pour la coiicnpiso(Mice, pour la colero, etc. ; (2) on 
no pent concluro a rexistoru'e de la prdpli en raison de son efFet 
(krtiia), coinirie c’esl le cas pourlos organes dos sens, organe de la 
vue, etc. (i. 9) : car sernhialdo effet n’esl pas pen;u. 

Le Sarvaslivadin. - Erreiir ! la possessimi a uii eflet. Elle esl la 
cause (le la naissaiict^ (utpaHihohi) di.^s dharmihs. * 

L(? Saulnlulika. — La ivponse (.‘st faclieuse : (1) Voiis soutenez 
quo Ton pcait poss('‘(l(u- l(^s deux (l(\slnictions (nirodka), or ccllcs-ci, 
(^laiil d(\s incondiliouues, no naissent pas : souls les condilionnes 
sont ‘ caus(!‘s ’ (i. 7 d). (2) Quant aux dharmas condilioniKis (samfi- 
k}ias)j il n’y a pas acluollenient, ch(.‘z une porsonne doniu'io, 
possession (prdpli) dos dharmas (ju'tdle u’a pas on(!ore acMpiis ^ ni 
non plus dos dharmas dont elh* a ahaiuloniu* la possession par le 
changeinenl de sphere ({’(‘xistcuico on par le ‘ (hHacheinent ' ’’ : la 
possession des premiers n'a jamais oxiste, la [)ossession des sc'conds 
a peri. Conunont done cos dharmas pourronl-ils naitre si la cause 
de l('ur naissance est la prdpli ? 

Le Sarv.lstivadin. - - La naissan('.(? do ces dharmas a pour cause 
la prdpti (pii unit en iiH'ine tiunps ipreux (sfihajaprdplilid^^^ 

Le Saiitrantika. — Facfuaiso roponso ! Si dharmas iiais.^nt en 
vertu do la (1) la naissance ol la riaissaiico-de-la-naissance 
(ii. 45 (‘) no S(?rvenl a n(Mi ; (2) les dharmas ‘ quf n’apparlicnnent 
pas aux elres viyanis’ (asallvdkhya) no naitront pas ; (3) comriKud. 
expli(pior la dilVcfenco ih di»gre do la passiQ^/fefc.sVf), passion faihle, 
inoyoiuie, forte, ch(.»z les honunos ipii .sont ‘ lies do tons les lions * 
(sakalahandhana) : tons on olfoL possodont les tnonios prdptis de 
toutos les passions du Krunadhatu. Diroz-vous (pio ct?llo dittorence 
procodc do causes distincl(»s do hi prdpli Y Nous ropliqucrQiis quo 

1. La cause de la naissance d'niie [KMistn* do convoitiso est loi* possofision * de 
celle fninn*. pensee de cenvoilise. 

2. Les dharmas purs, dnhichc (lharmapHinaksCinti\ etc.. 

a, ilesp'ootivement les dharmas non-souilles cl sonillAs dn Kltniudliatu, 



Himn-tsang, iv, fol. 15 a-lG a. 


18:$ 


res causes soril les uniques causes de la passion faible, moyenne on 
forte ; ct quel effet pourra-l-on assignee a la prdpti ? [15 h] 

Le Sarvaslivadin. — Qui soutienl que la prdpti est la rause d(‘ 
la naissance des dharmas ? Tel n’est pas le role que nous lui attri- 
i)uons. Pour noiis, la prdpti osl 111 cause qui determine* retai, la 
condition des «Mres. Expliquons-nous. Snpposons rinoxistence do la 
prdpti : quelle differcnce y aura-t-il entre rArya, au moment ou celui- 
ci produit une pensee rnondaine (laukika), et le Prthagjana? Car la 
difference consiste uniquemeut en ceci que TArya, meme qiiand il 
nqurrit jinc pensee rnondaine, est en possession (prdpti) d'un (*ertain 
noTuhre de dharmas purs. 

Lc Sanlranlika. -- Pour nous, il y a entre enx cottc* difference (jm^ 
le premier a abandonne certaines passions, quo le second ne les a pas 
abandonnees (prahindprahinaklemtdri^^^^ 

fce Sarvristivadin. - - Sans doute ; nun’s a snpposer rinoxisltmce de 
li\ prdptif comment |)enl-on dire qii’mie passion est abandonm'*e on 
n’esl pas abandonnoe ? Il ne pent y avoir abandon d\me passion que 
par la dispuritiem de la prdpti de cette passion ; la passion 

n’est pas abandiamee anssi longtemps que dure sa prdpti. 

4. Doctrine des Santrfinlikas. - Pour nous, rabandon, le Mon-al>an- 
don de la passion consisteyt dans une certaine condition delapersonne 
(dsraya, Hi. 5 el (}, 44** d). Chez les Aryas, jmr la force <ln Cliemin 
(Hfc des vei’il<i||^meditati<»n), la personnalite est modiliee, df‘vienl 
ditferenle do ce ipi’elle <Hait. La passion, one fois qu’elle a ete detrnitc' 
par la force <lu Cbomin, ne petit plns^e manifester i^gfouvean. ComuK* 
la semence, bridee par ♦ fen, devienl dilferente de ce qn’elle etail, 
nfcist pins capable de gormer, de menuron dit que I’Arya a aban- 
donne la passion, parce que sa pei'soime ne contient pins d<? semenci? 
(hija) capable de prodnire la passion. Quant an cliemin mondaiii, 
ce cho|pin ne diHruit pas detinitivemoni la passion ; il rendommage 
on rebhnilo : on (lira qii’iin Prlliagjana — leqncd ne pent pratiqmn* 
quo le choniin mondain a abandonne la passion [10 aj lorsqne sa 
personne ne contient plus que deij semonces de passion (Midommagees 
(iipalmta) par le dit (duMnin, luversement on dit qn’nn homme n’a 



184 


CHAPiTRE IL W C-d 


|>a.s Rl)niRloMnp la [)assion (aprahtnaklem) lorsque les semeiices ne 
sonl ni bruloos, iii emloinniageos. — On flit (jirnn hornine est en 
|>os.s(\s.sioM (samanvdyata) de la passion lorsfiu’il no Ta pas ‘ aban- 
donneo ’ <lo la innnioiv r|iii vi(»ni d’etre oxplifjiite ; on (lit qu’il est on 
non-possession (ammaiiimfjftta) de l«*i passion lorsqu’il I’a abnndon- 
‘ Posst'ssion * nonqiossession ’ no sont ])as des ohoses en soi, 
nuiis des ‘ desiji;na lions ’ (prajnapU), 

Voila pour co ([iii ooncerne la possession et la non-possession de 
la passion (Ideiia). Pour ee (]in concenn^ !a possession et la non-pos- 
session d(*s (Hmrwas Imhis (knmla), il faut distinguer (1) les bons 
ilhannas innes (aupfipaUtka, upaptdliUibhika), qni ne snpposont 
pus iridTort f((y(ffnahltdiHn)j (2) les bons dharmiu qiii sont obtenns 
par ellorl on exereii e (prCiijogika, pmjioyaliibhika) (ii. 71 b). 

On (lit d’lin lioinnie qn’il possede les premiers Iors([ue sa personne 
(dh'dlia) possede inlaele la (pialil*? d’etre sem<*nee de cos bons dhar- 
mas (mrayasya tadbijabhdtHin^^^^^ liOrsf|iie cette qnalite 

est endommagee, on dil <pi<' riionime no possede ])as les bons dkar- 
liifis, Kn elVel, si les semonces de passion ])envent 6lro detrnites 
cfunpleleinent (*l <le(inilivemenl (atyanlam samiuiyhdla, npoddha- 
rana), coinnKj e'est. le eas cliez I’Arya. les bons dharmas n’onl 
jamais leiir racine eonpee <lelinilivem«Mit. (Vest av(?c cette restriction 
<pie, dr‘ riiomrm* qui a con|)e les racines de bien par la vne fausse 
(sainncchhinakns^^ (iv. 71) c), on dil qn’il a abandonne cos 

racines, parce qne la (pialile d’eln* semence <le ces racines. qiialite 
qui apparlenait a sa (dsraya), a ole endommagee par la v\ie 

fai isse (midnyddrdi). 

On dil d'un liomnie (pTil possede les secf)nds - bons dhannas 
prodnils par elTori, par andilion, reflexion, nHaioillement — lorsque, 
c,(»s dhannas elant nes. la capacite (vasitva, sdmarlhyavisem) de 
les prodnire |a noiiveatij n’est pas endommagee 

Don c, ce qn’on <‘nlond i»ar la * j>o.sso.ssion le ‘ fait d’<Hre muni de ’ 
(samanvdfjumaj, (*t‘- n’est pas iin dharma conslitiiunt line chose a 


1 . tatr itfixiiuiais faflufpattiva^itvAvighdtdt sumnnvdgamah. 



Hinan-tmugj iv, fol. 16 ii-b. 


j8r> 

pari ^ en soi (nanyad dravyam), k savoir la pretendiio prfipti dos 
Sarvrislivadins, inais une certaine condition <le la |)er.sonno 

~ les senieiiccs de passion 11*0111 pas olo 

aiTacJiees (lar lo chernin dcs sainls (drynmiirga) ; 

2 . les soinencos Ao passion 11*0111 pas ele oniloininagik^s (amipahahi) 
par le clioinin inondain (Irmkika) ; S. les si'inonces do bon inne (an- 
papatlika) iTont pas ote eiidoinina)'CM\s par la via? fanssc : 4 . los 
sernoncos de lion ‘ d’elTort ’ (prdyogika, yaliiahhfivhi) son! on bon 
otat an inonient on on vent firodiiire <*o lion (pariimslam vai^ilva- 
kale bijam), f 16 b] Lorscpie la porsonne (d.sraya) so Iroiive ilans 
l(dle condition, il y ace (lu'on appollo ‘ possossi«>n des passions etc. 

Mais rpie fant-il onbaidro par ‘ senionco ’ (blja) ? doinand*^ lo Sar- 
vOstivTidin. 

I'ar siMiience (blja) nous onbaidons !o nninarnpa (iii. J 50 ), c’(‘sl-a- 
dire lo coinidoxo d(*s cin<i skandhas, capable do produin* nn fniil, 
soil, iniinodialoinent, soil inodiatoniont, an inoyoii dn pfirhidnmviiiem 
do la sorio. 

La serie (mmtati), c’est les mimkdrns dn |)ass('\ du |nvsonl ot ile 
I'avi'nir, on relation do caiisalilo, tpii consliliiont mu* sorij* inintor- 
ronipiio. 

Le parindma, on ^H^olnlion do la sorio, c’cst la imMlilication 
(anyalhdtm) do la sorio. lo fail ipie la. soric* nail dilTonaito d'ollo- 
nioino a cluu|no inomoiiL 

Lo vi,<iem, on Icrnu' cnlniinanl do cotto ovoliilion. c’ost lo nionionl 
de la sorio qni possode la capacild do prodnin* immddiatoimMit lo 
fruit. ‘ 

Lo Vaibbasika objoclo.-- fjo Sfitra dil : « Oliii <pii (»sl tai possession 

1 . Cos (loliniiions ropornleiit suix ([iioslioiis du Vaibliasika : «< Tui soinonoe <‘.sl- 
ollo une c.lu)so (draiuja) dift’oroiile do la pou-soe, iioiwllllVTonto do la peiisoo ? .v, 
« La sorio esl-ollo une rlioso (dmvtfa) i>orniaiii;n(o (nvasthila) dans liupiollo 
naissoiiL siiccrssiveinrnt des dharmns diirerciits ? », « Lo /jar/puwut doit-il otro 
eompris comme \^. parindma dfs Sniiikhyas ? v. 

Voir ii. 54 e-d. — La doctrine de revolution do la serie e.sl ox.p«»seo a nouveau 
iv. 3 c. ^ 



m 


CHAriTRE If, 36 c-37. 


de la convoilisc (lohhcna samanvdgaiah) ii’e.st pas capabte do 
prodiiire les smHyrqmslhmia^ (vi. 14). » 

liO Saiitranlika. — Dans co loxUs par * possession ’ de la convoitise, 
il fanl. entendre ‘ eonsentenuint a la ronvoitise ’ (adMvdscma^ abhtfa- 
rmjndna), on * non rej(»t de la coiivoilise’ avyupoAama). 

Le Sfilra wr <lit pas qn’mi hoinme on qni se tnnive la senience de 
convoitise est incapalde de prodnire l(‘s ; il dit quo 

la convoitise on adivite rend nn boinnie actiielleinent incapable do 
[)n)dnire ces <^x(n*cices spirilnels. 

Kn resiimt^ do tpiolqiie nianiere quo nous entondions la possession 
(iffnnaniHlgama), soil connne ‘ cause dc^ naissance <les r/ft annals 
soil conmio ‘ principe do la condition des elres soil coinrno ' etat 
special de la personin? *, soil cotnine * conserileinent a la possession 
nous ap[)arait, non pas comnie nne entile, line chose m soi (dravya- 
dharma), niais coinme un ulbarma de designatioir (prajuapH- 
dharma).\)(' memela non-possession, qiii est piireinenl el sinqdeinent 
la negation (praUmllui) do la possession. 

Les Vaibliilsikas disent qne la et VaprdpU soul des choses 

en sfd. — Ponrqnoi ? — Parce qne c't'sl noire systoine (siddhdnki) K 

37 a. PrdpU triple des dharnifw d(^s Irois epoqnes. 

Les dhannas passes pen vent etro I’olqel d'une triple prdptL 
passee, [»resenle, fnlnre. De iiieino les dharma^s pnSsents et fulnrs. ' 

1. Til»jMain ('!. Faniinarllui. - Uinfin4»aiig ; ■’t Les ilriix clif'iiiins (iKH*iriiH5 <les 

Saulrantikas, doi’iniio <lo.s Vnibliilsikas) soiit buns. - - CoiunnMit ? - Le 

premier n’esl pns en euiilrjnlirtion avec la raison : le seeuiul esi notre syst^me v. 

rafiraskuiKlImku : prdptih katamd? pralilambhah sumauvaf/nniah / .... 
hljam immtvinn snmmvkhlhlidro ynthtiyoyam. (D'apres la vcrsinn tibetaine). 

2. I fra i If n d h v ikd ii d m I ri r idh d |. 

3. La prdpti des d ha nuns [»asses est (1) on bien p.issee, cVst-a-dire : « qni osl 
nee ei a peri » : elle fiit on anierienre (agraja)t on postericnro (pa^cdtkdlajn)^ 
on siiunllanee (snhajn) a ees dhnrmas ; (2) on bien fnlnre, c’esl-a-dire ; « qni 
ii’esl pas nee » : el!e sera postericnre h c<.*s dhnrmas ; (3) on bien [>re.senle, c'esl- 
a-dire : « qni esl nee el iva pas peri » : die. est postcrienre a ces dhnrmas. Et 
uinsi do suite. 

Toni dhnrma n’csl pas siiscepliblo de. colte triple prdpti. Par exeniple, la 



IIiuan4sang, iv, fol. 16 l)-17 b. 187 

37 b. Prdpti bonne, etc. dcs dluirmas bons, etc. ' 

Des (Iharnic'Ls bons, manvais, non-definis, Inprdpli est respeciivo- 
ment bonne, mauvaise, non-definie. 

37 c. Des rZAY«rwm6* appartonanl Jinx splieres (rexislf^nce, la prdpti 
est dc Iciir splnnc 

Les dharmas appartenant anx spheres d’exislence soul les dhar- 
mas iinpurs (sdsravn). La prdpli d’lin dluirma dii Kainadbatn est, 
elle-nifane, du Kainadlullu ; el ainsi de suite. 

37 d. Prdpli (piadniple das dharmas i\\\\ irapparlieiiin'nl |)as anx 
spberas d’existence \ 

A la considtM’or en general, la prdpli dc' (Ts dJuinnas — las 
dliarnms purs (andsrava) est qiiadriipb^ : (die appartient anx 
Irois spb('‘ras, elb^ est pnn\ Mais il faut (Hablir d(^s dislinctions. 

1. \a\ prdpli de X apralisamldhidnirodha (voir [>. 186) (^st de la 
sphere a laqiiellc apparlionl la porsonin? qni roblienl. 

2. hn prdpli {\\\ pralisamkhydnirodJm est dn llfipadbaln 1 17 b), 
de rArnpyadbriln, pare. ^ 

3. La prdpli dii CJaiinin (mdryasatya, vi. 25 d) (\st s(;nl(‘menl 
pure. 


prdpii dharmas * n'tribiiiion ’ esl, sriiloiiinil .'^ininlUinro a cps tiharninn 
(ii. r). Oil iKi ‘ [lo.ssrde ' pas ces dharmas avaiil ipi’ils .suimt in*s, iii npivs 
fpCiJs out peri. 

1 . Mthddinmn subhadikd / 

2. svadhdtukn tadiiptdndm. — l*e.s dharmas inipurs .soni dn plan de 
ieiire, appnriiermont aiix spheres dV.xislence, dhatvCiptUf dhntnpatita, 

3. andpUindm caturvidha if — ('e sont les apariydpannas <le I’Ahliidhainnia. 

4. Le pratisamkhifanirodha eu ‘ disjonrtion tl'avof. une passion ’ (visamyoija^ 
i. 6 a-i), ii. 57 d) peui elre (ddcMiii par iin I’rlliugjana «m par nn Arya. Dans lo 
premier cas, la priipti est du Dripadhritii on do rArnpyadhriiii snivnnl ipie. h; 
nirodlta est ohleini [>ar un chemin (iiiondain) du Hripadhatu on de rAiTipyadhrdn, 
Dans le second cas, elle est dn Rfipadhritii el pure, iorsqiie lo nirodha est oldenn 
par nil cheinin (inonduin) du Rnpadhriln ; do rArupyadlintii et pure, lorsqne le 
nirodha est ohtenu par nn chemin de rArupyadlifitn ; pure, lorsipio le nirodha 
est obtenu par le cheiuin pur (d'apres le priiieipc roriiiule vi. 4G). 



ISS 


CJUPITUK IF, 38. 


l.a prdpti do.s dharmas de-Saiksa (vi. 45 h) est de-Saiksa 
(milm) ; In prdpti des dlinrmn.s d’Asaiksa ost d’A.saik§a (amiksl) \ 
Mais il y a 

38 a. Prdpli Iriple dos dluirmns qiii sonl ni-de-Saiksa-ni-d'Asai- 
ksa. 

C<\s dharmas — U\s namtsaiksanakn^^ vi. 45 b — sont los 
dharmas impurs et b*s dharmas iriconditioiuies (asamskrlas ) ; 
ainsi iiominfe parce qii'ils diHeroiit d(‘s dharmas d(.*-Saik.sa rt des 
dh ar m as d ’ Asa i ksa. 

A la considerer en general, hi prdpti de res dharmas cst triple. II 
fanl (dablir des dislinciions : 

1. ba prdpli des dharmas iinpnrs esl ni-de-Saiksa-ni-d'Asaiksa 
(aa i va iksind su iksl) ; 

2. r.)t^ nieiue la prdpli de l\tpraiisa}iikkydnirodha el la imlpli 
du pmf/,sYfjaA7#//aji/rof///a oldemie par un non-Arya^; 

3. La prdpli du iiralisamkhifdni^^^ esl de-8aiksa, lorsqiie co 
nirodha esl ohlenu par le ohemin de-Sniksa ; est d’Asaiksa, lorsqiie 
ee nirodha est oblenu [)ar le clieiniii d’Asaiksa. 

La ckvs dharmas a abandoniier soil par la viie, soil par la 

nieditalion, est deiruib', resiieclivemeiit, soil par la. vue, soil |)ar la 
rneditalion ; elle appmtienl done, an point de vue de rabaiidon, a la 
calegorie de ces dharmas (ii. 13). 

Quant aiix dharmas qui ne sont pas a almndonner, leiir prdpli 
presiMile des dilteronces : 

38 b. Frdpli double des dluirmas (jui ne soul pas a abanilonner. ^ 

IVs dharmas soul les dharmas purs (andsram) (i. 40 b, ii. 13 d). 

1. Ji(*s dharmas ilo-Saiksii (sniksn) scmt las dharmas [nirs ilii Saiksa, ilii 
saint (jni iVest pas Arluil ; las dharmas «rA.saiksa (asalksa) soul l«*s dharmas 
purs <lo TArhal. 

I tridh a n am iksasa iksdudm] 

3. Purainarlha : x Do iiioiiio la oIiUmuio par iiii iion-Arya, de Vaprati- 

snmkhyanirodhn at <Ju pratisanikhydnirodha ». FTiiiaii-lsuiig : « ... Va prdpli 
(111 pratisamkhydnirodka nhtenu par un clieiiiiii iion-Arya a, 

4. doUlha maid /] ^ 



liiuan-tmng, iv, fol. 17 1>-18 a. 189 

lift prdpfi de XWipralisaml'hyd est al»an(l(>iint'*(‘ [»ai* le 

clieiiiin (la moditatioa (hhcwandheya). 

Do incine la prdpti du praUmmkliyduirodlia ubUaiii par le 
iion-Arya. 

Mais la k\\\ pralisamkhydmrodh^^^ alileini par le (Ihendn. 
est pure, n’est pas a ahandonner [IS a|. Do inoiiio la prdpti dii 
ChtMiiin 

Nous avons olaldi lo priiuapo j^riioral <pii‘ It's dharmas dos Inn's 
opuipics soul sus(*epLible.s (1*11110 iriph^ prdpti (ii. .‘17 a). 11 faul precista-. 

38 (*. \jii prdpti du iion-denni lui osl siiiudlanoe. " 

L{xj)rdpii (1*011 dharma non-souiUn-nou-delini (ainniiii\ijdloi^^^ 
ost siinultaiUMJ a t*(j dharma : on It? [lossodt? ([uand il ost {nvsoiiL 
noil pas (luaiid il (\st passe on fulur. Quainl il osl jiasst'?, la prdpli 
osl pass(io, ([uaiid il osl fulur, la prdpli t'sl fviUirt?. lOii raison do la 
faiblosse ^ do ci» dharma. 

38 d. I']xc(»plt*r (Ilmix farullos surnalundh.'s (ahhijads) t^l la 
' (aval ion \* 

(lotto ivyle no s’applitpio [jas a lous los dharmas non-soiiillos-non- 
dodiiis. Los faoulU's suruaturollos tl(' vuo el tl’ouio (vAihsnrahhijudy 
hTotrdbhijHdj vii. 45) ol la * jionsoo di* oroalion ’ (nirmdpadlta. ii. 
It) soul fortes (balacat), oar olios sent roaliso(‘S par uii i?IVorl spooial 
(pruyoyuviscm) : par (•onstl'ipioni on los possodt? passoos. prosonl(?s 
ot futures. — (lerlains inailros ' soulionnoiiL (pio los itharmas 
iioii-souill(!‘s-non-dolinis d(\s olasst's ‘do nit'dior* (milpasllidnika) td 

1. Uii rus ii’trwl pas : la prdpli <lu pruiisnmhhtfduirodlKiy iu\ iiioycn 

iruii clietiiiii inoiiduiii, par iiii Arya. 0:1.0* prapti (*sl a la IV»is puro ot iiJipiiro, 
conime on vcrni vi. 46. 

2 . avydkrtdpiih snhnjd 

HI. (iurhnlatvat : aHnhhisnmsIairfimllculf pairc ipi'il n’osl pas le resiillat 
tl*iiii elTort. 

4 . {ahhijnfinirm^iavarjild //) 

5. Vyfikhyri : liOs Vaililiasikas. -- Par cxom[»Ie, \'i.s\ akariimn, railisaii ctdesle, 
possede les ^ailpasthduikas passes, presents ct faliirs ; le. Slliavira Asvajil 
possede^les airydpaUiikcui. 



190 


CJfAPlTRE ll, 3940 c. 


^ fl’attitude * (airydpathika) (ii. 72), lorsqirils ont ete Tobjet 
prati(|ue iiitonsa ((xtyarlham ahhyastam — bhrsam cUmanah 
krtam), soul aussi possedos pjiss^s ct futurs. [18 h] 

39 a. I)c ineinii la prdpH du rupa soiiillu. ' 

La prCipti dii rupa souille-aoii-delirn (uiirHcwyakfi^^ seiileinent 
siiiiiiltanoe a co rupa, Ci> rupay c’ost Tacto corpond et Taiitc vocal 
rosiiltal d’nno pensoe soiiillee-noii-delinie (kdyw\ vcigiujfiaptirupa), 
('(‘t acte, fiit-il produit par uno pciisetj forto, cst incapable, coinine 
Celle pensee menus do creer Varijaapli (iv. 7 a) : il esl done I'aible. 
Done on h possede presenl, inais non pas |)asse on fiitur. 

Le caraclere Iri-lemporel de la prdpti des dharmas bons ri 
manvais est-il, e<)mnic e’est le cas pour la prtipH d(‘.s dharmas 
non-de(inis, soinnis a certaines restriclions? 

39 b. La prdpli dii rupa de KamfidbaUi n’esl pus anterienre a ce 
rilpa. “ 

Ce rupa, bon on manvais, par exeniple b; Cralimoksasanivara 
(iv. 19 et sniv.), n’esl pas possede avant qn’il soil ne. La prdpli est 
simnltanee, posterieuns non pas anterienre. 

La non-possession (?f/>iYf^>//)penl-ell(*, coininr* la prdpli, etre bonne, 
maiivaiso. non-delinie ? 

39 c. Jj\i2)rdpli e.sl non-soiiillee-non-de(inie. ‘ 

Uaprapti esl lonjmirs anivrtdrydkrla (ii. 66). 

39 d. Des dharmas passes on fulurs, elle esl triple. ^ [19 aj 

Vaprdpli des dharmas passes on fulurs pout elre passee, future, 

1 . mvrtiUivia ca ritpasya, 

12. kame rupasya nayrnjd / 

a. akl is (d vydkrtdp rap tih 

Ijii noii-j)osse.s.sioii <lo.s pii.'s.sioiis nNsst pas soiiill<f^o, cur, duns cello hypotliesc, 
elle niaiiqiierait A J’iioinine (lelivre lies passions : elle n’est pas boiiiKi, car elle 
imuiqueruit k riiomtne qiii u coup(^‘ les raciiies <iii bieii. (VibbSsa, 157, 11). 

4. [satltajdt€iyos\ tridhd fl , 



Hiuan-tsang, iv, fol. 18 a- 15 ) a. 


l!)l 

|)ms(i^)te. Mills on possedo iuV(‘ssairiMnonl los dharmas pri*.scnL.s : 
done Vaprdpti des dharmas presents pent seiil(Miient r*liv passes on 
future. 

40 a. Des dharmas faisanl ]>arLie des spheres d’exishMice t't d(*.s 
dhemnas imniaeulrjs, elle est triph\ * 

Vaprdpti des dharmas dn domaiiie dn Kuiuiidliiltn ii[)parlii‘nt 
soil an Kamadhatn, s(»il an Hfipadlialn, soil a rAiTij)yadhaUi, snivanl 
quo la persoiine innnie de cette aprdpli appiirlienl a Udle on telle 
sphere d’exish'uce. De nieine eii ee (jui concta ne Vaprdpti des dliar- 
mas pnrs (anCisrara), 

I'ai elVet, Vaprdpti jamais ptire. 

tVuiripioi ? 

40 h-e. U’apros TKecde. le IVlhagjana esl rhomnu* (pii n'a pas 
acquis le Chemin. 

1. ("oiiimc il esl dit dans le Mrdasastra (JnaniMpraslhana, % -ii, 
Vihlulsa, 45, r>) : « (Jiresl-ce (pie lii (pialile d(‘ Prlhni^|ana ( prllifu/ja- 
iuitm) ? — La non-possession d(\s dharmas des Aryas (dryadhar- 
mdndm aldhhah) ». Or la (pialiti’i d(j Prlhiigjana n’esl pas pure; 
done la non-possession (aprdpli - aldhha) n’i‘sl pas i»nre. 

Kxaininons cidte dtdinilion. - Lorsipn* h‘ Saslra (aisei^m^ (pa* hi 
quidile de Prlha^jana esl la non possession des dharmas des Aryas, 
de qiiols dharmas des Aryas enleiul-il parlor ? dharmas 

coinnieiicent avee la dahkhc dharmajiumaksdnli el (Mohriisseiil 
tout 1(‘ rh(Mnin pnr on chianin des Aryas (vi. 125). 

Le Sarvaslivadin. — Le Saslni enlend parha* de Ions (:(\s dharmas^ 
puisqu’il ne sptH'ilie pas. 

l^renez garde! A vons en croire, rhomnn* vw possession de la 

1. kamadijapliimahlnam ca 

2. \alahilhamdryah prtkayjannh / isynte] — lam luu lliob |>a su si> \i / sky»^ 
bor h(]o<l do. 

Si line aprdpU pouvail otre pure, c!o .semit Vuprapii difs dhanuns purs : or la 
driinilion du P}*lhngjaiia «U.ubiil <|ue Vaprapti des (Uiarmas purs n’ost pas piuv. 

Sur le ^Vbagjana, voir i. 40, 41 a, ii. H h-d, iii. 41 c-d, 1)5 a, vi. i2(l a, iJS d, 45 b. 



192 CIIAPITHE 11, 40 

diihkhc ksduti sora iiii Prlliajgana s’il ne possodi* pas tons lesmilres 
clharmas dos Aryas. 

Le vSarva.stivridin. — Le Silstra vent parlor do la laai-possossion 
(pii n’osl pas aoooinpa^iitk> trnno possession : I’liomino dont vous 
parloz. quoiqno no possedant pas los aiitros dharmas des Aryas, 
n’osl pas iin IVUini^jaiai panui quo la non-possossioii dii ces aulros 
dharmas osl aoooinpaj^noo do la possession do la kmnti. (Tost do 
loulo ovidiMieo, car, dans rinlorprtHalion cojilrairo, le Boiiddlia 
Bliai^avat, no [)ossrdanl pas los dharmas do la ‘ fainillo ’ des Srrivakas 
ot dos Pratyekahiiddlias (vi. 2l]), s«a*ail un Prtliaiijjana. 

Fort l»i(ML Mais alors lo Suslra dovrait dir(^ : « La (pialito do 
Prlliajyaiui osl r;djsolno non-])ossossion (nldhha era) dos dharmas 
dos Aryas », ol non pas : « .... la non-possossion (aldbha) ». 

Lo Sarvastivildin. — LoSaslra s’(;xpriino Iros hii‘n,<*ar los ekapadus 
(Nirukta, 2, 5») (*oin[)orlont un .sons restrictif (aiHidhCiramlni) ot la 
parlicuLi era n’est pas nocossaire : (d)bhaksa signiiio : « ([ui vit <roau 
souloinont >, vdjjnbhakm, « qui vit do vent scudoinonl >. [19 h\ 

2. D'apros uiio aiilro opinion la (pialito do Prtlm{yana ost la 
non-possession du proinior stado du choinin do la vue, didikhe dhar- 
majhdnaksdati ol dharmas conconiitanls (sahabhn) (vi. 25). 

Okjeclion. - Dans cello Iiypolhoso, an seizioino nioinonl (martfc 
' nvayajhana), lo saint sera un Prlliayjana ot non pas un Arya: car, 
a CO nionuMit, la ksduti iiiiliak? (‘st perdue. - — Non, car la non- 
[)(>s.session do la l^dnfi, qui constiluiC^la tpialilo tie PrtluiL^jana, a oto 
alisolunient tlelruilo au proinior .stado." 

Olvjeotion. — La ksduti on tpieslitui t'sl triple, do la rainillt; des 
SiTivakas, do la lainille dos Pralyekabuddlia.s, do la rainille des 
13t)utldlias (vi. 2^.1). De laqiadit* d(3 C(3s Irois .sortes entendez-vous 
parlor dans votre dolinilion de la qualilo dtj Prthajyana ? 

Nous eutendons parlt*r dos Irois sorles do ksCmlL 
f^renez garde ! le Btiudtlha, iie po.ssedant pas Itis trois sortes de 
ksduti, s(u*a un Prlhagjaim. 


1. L)i‘uxu'iii(.‘S iitaiti'cs (le lu Vihhllsli. 

2. C»iriq>arer Kulhavatthii, iv. 4. 



IliiHiH-lsang, iv, I’ol. 19 a-ii. 


193 


Nqiis ontondons ih la iioii-possi'ssioii da liSunli qui n’ast pas 

at*aonipai;;iiai* da possassiou .... at aiiisi da siiila, conmia ci-dessus, 
jiLscpra r(‘XtMnpla : « ([ui vil d'aaii « qiii vil do vent 

|)<mo ro'ITorl loalo pour oviUa* rohjiMtlioii : « Proiioz garde ! A vuus 
on croirts rhonimo on possession do la (luhkhe kmnti sera an 
Prlhagjaiia ... » ivsto slorile. La honia? explication est cello des 
Saulraidikas. Pour oiix, la (|nalile do Priliagjana, c’est la sdrie dans 
la(|iiolle les dliannas ties Aj yas no soul pas nos (auiilpuHHClrya’- 
dharm Ci mmfalili). 

(loiminMil la non-possession (''ireynv7/i//) |)eril-ollo? 

40 ( “d. Kill* est aliandonihM^ par racqnisilion (linlpti) td par le 
passag<‘ a nn auln* elago. ' 

l\ir ex(‘!nple, la noii-|)ossession dn (daMnin, (|ni constitne ku|ualite 
lie Priliagjana, est akandonnee (1) lors((iron ac(piiorl (ICihha) le 
Pdieinin {;2) lors(|ne Ton passe* a iin aiilre etage II en vu do mOme 
de la non-possession des anln*s dhanuas. 

t. \sa \ hJinini\'iii}twaraf!\rft] vilnijate 7 

i2. {/nftntfilf on niafthn .‘ipparticiil a la ‘'plitTi* ilVxi&lf'iu'o (dltd(ii) ii laqiiolle 
a|)(i:iriic>iil. la |it'rsoijiii;* qui fui os| niiiiiic (ii. 40 a). Doin' iin olre «lii KuiimiUiaiii 
«’sl SLMiK'Uicnt muni dt* la t|uaiili‘-:l('-lV(hu^jaiia (qui est apraptif ii. 10 li-i*) du 
(lonniiiio tin Kaiiiadliiil ii. D«un* oil n«‘ piait pas din* quo, par raoipiisilioii du Clioiiiiii, 
ocl olio jKT.Io la rpiaiilo-(io-Prlli.i} 4 'jaiia dti doinaiiio dos trois splioros. TuultdiJts, 
par racfjuisitioii dll < lliriiiiii, ioiilo qiialilo d«‘ IVliiaojaiia, ile qiiolquo spliore quo 
00 s(dl, do\ ioiil iiiipo.ssiido. On ptail duiio diro ipio oollo qua lit o, suns su Lriplo 
iunuo (du Kaniadlirilu. olo.). o.-d uiuq||nuiiiioo, Idoii (pi'uii oU6 duiiiK* ii’oii suit riiuiii 
quo suns uuo luiiuo. 

till distiiiioiorii dou\ aspools do rabaiidoii. rihdni ot pmtidna, 

»J. Tij Drill. i^jaiia, so drla«*liaiil dii Kaiiiadlialii, passe duns lo dhjfdnu : 

il pord la (pialilo-do-lVII>‘*evjiOiii dii duiiiaino du Kajiiadliillu, iiiuis il no deviont 
pa.s, par lo fail, iiii Arya : oar iino auln* qiialito-ilo-D{’Mia<^jaim, du doinuiiie du 
promior (lUydna. apparail. Do uioiiio pour los aulres olago.s, qii'nii iiiuiile ou qn’oii 
dosoondo. 

4. r.u prouanl pvis.sossiuu dos lions dliarmna d'andition ol do. rolloxioii do 
Kaiiiadhrilu, on pord Vaprdpli do oos dhnrhins ; on preiinnl possession des lions 
dharmas innos (ii. 71 1»), on pord Vnprdpti dos I'aoines-do-hion ooupeos (samuc- 
('hintmlatsaln). - Lorsipio, ruourant dans lo Krunadliillii, on renail dans le premier 

dliffdnn, on pord Vapvdjdi ties dhanuns dn preniior dhyana Celle ilaairie 

souli.'vo <^|‘s proliloines (kdioals qne la Vyakliya oxainiiio soiuinuirtiueiil. 

• 13 



iiii 


(jiiAPiTKE ir, *10 (‘41 a. 


Objeclioii. - La n()n-|)os.s«\ssion psI abaMtloiiiiPi* (rihiifiile), 1‘iilors- 
s(? pnuliiil la lum-possessinn <la la n(>ii-poss(‘ssioii, - (Msl-a-diro, 
lorsqiie, cliangaaiil d'rlafjp (rexislrnca, on c(‘ss(‘ do possodor I, a (pia- 
lilo do IVlliapjana: 2" lorsqiio la posso.ssi<m d(‘ la. non-|)o.ss('s.;ii)n o.st 
coupoo, c\‘sl-a-dii-o lorsipns ao<pioranl. lo ( ilioinin, on ronp<‘ la ipialiio 
do Prl;liat>;jaiui. [520 a] l^sl-oo a diro fpi'i! y a possc:-isi<in d(* la pijssos- 
sion ot do la non-possossion. ([n’il y a non-p(>s.s<*s:sion tlo la [)osso.s.si(»n 
ot <lo la non-possossion ? 

Old : do la possossion ol. do la mm-possos.sion (ajtrfijtfi) 

il y a possossion ol non-[M)ssossioi), (ju’oii appidb' ‘ possi'ssion soi^ai- 
dain^ ' (nnifprapli)y * iion-|)oss(‘ssinn sivoiidairo '.On «lislini<no dom* 
la luiilapmpti td VunifpraiiU on prfiplijmlpN, 

ColLt‘ doclrino n'oidmino l-ollo pa.s pro^n'ssioii a i'infini (anarti- 
dim) ? 

Non, oar on possoih* la possossion (prdpll) par lo I’ail do la 
possossion do la possossion (prdptiprdpU auuprdpti) (rl i-rM-ipro- 
qiUMnonl. II y a possossion do I'lino par lo Tail d(.» rantn* (pantspft- 
rattamanvnijamu), - Kx[iliqnons-nons. Loisqno, dans nnt' por.annu; 
(minlali) donnoo, so proiluit nn omlnin (Ihfuindy Irois (Umr^uus 
naissonl onsoinldo, a savoir; (1) n* fllufriiui moino, ipi'nn noinmo 
muladharma : (2) hi prdpH dn mnldillianna : (.J) la prdpU d(‘ I'oMr 
pycipti. La porsoniie on quoslion possodo (sfiuKiuvdfjnfd) lo iaa/n- 
ol la do la prapll par lo Tail do la naissanoo do la 
prclpll : olb.‘ possode la prdpU par lo fiiil do l.a naksanoo do la pnipU 
do la prdpli Done il n'y a pas proo:ro.'ision a rinlini. Lois«|no 
nail nn dharma hon (kumhi) on souillo (kh'sta) *, a oo momonl nioino 
naissont onsoinldo Irois dharmas, y oonipris co dhanna hon i>ii 
soiiillo, a savoir : lo m fdadh<irmn, sa prdpli, la prdpli d<! ooLlo 
prupii (prdpU-prdpli) An inoinonl sni\Mnt naissi*nl ( nscinlilt* six 

1. Coiinuinn* il. ir> cmI le joii «lo la iuii.ssa:u-o (Jali) i*l ilo la nal.-^sanri* ilo la 
naissanrp (jatijafi ). 

52. On n'exaiiiiiif? pas ici l<; (■a.s dn dharnta imii-iloliiii (avufikrhil j»an‘<‘ qiTnii 
possodi? la? dhnrmn scnlojiir'iit an iiioitn.nil on il (tastftt 'Mtliajaiva liniidih): 

les ehilTres dilfiTeiit. 

3. L’ediltau* jupnimis obsorvo 4|u’il laul. ajoulrr ijnalro Ifdciiantis 0 ijiiaUv 



llminAsirng, iv, f«)l. t!) h-v, lol. 1 a. 


195 

dhawnm, a .savoir: prdjdi <lii muladlutrwrtj prdpfi de \tvprdpH 
dll piviiiifi* inonuait, pnipH dt* la pvdpH-pmpli du javiiiiiM* inonirnl, 
plus trois (mnpmpiia par Ir fail d<‘s<|iiidli‘s on rsl eii pusst‘ssioii 
dos Irois pmptia susdilos. An troisiriiH? iiii»uu‘iil uaissrul <*u.si*inl)le 
dix-luiit flharmaSj a savoir iu*id\/>mp//.v ; pmpiis dfs Iruis (Iharmas 
prodiiils au pnMuitM* monioiiL prCtpfh dos six dharnias prodiiils au 
seooiid nuuuont, plus \wui a,mprnpHs par In fail; dnstpiidlos on est on 
possession des iuMd’ 7 >rd/>//,s‘ susdiles. 

IjOs pt'djdis, do la sorln, void rroissaid on noinhn* do. inomonl on 
inonnad l.)os [aissious (IdX'.sd c‘t npaklvm) prosouU‘s id luluros, ol 
dos hons (lltftrmft.s innos (dpapdlUlahhiku, ii. 7 1 I) ) av«‘o. los (tluirmns 
ipii lour soul assorios (mtp prajpikfa, ii. T).*! o-j]) ol oo(‘xislanLs (saha- 
bliii, ii. 50 li)[::J0 1)|, tout au loiii' do la lransnii;^u*alion sans origino 
ol sans lin, l(‘s pnlplbs, do nuunoni on inonioid., naissonl on noinbro 
iniini. Si on oonsid».a*o la sorio d'un soul otro au oours do la Iransini- 
ip'alion, (dios soul on noinbro iniini ipii naissoid a (d)a<|uo inoniont. 
A oonsidoror ronsoinblo dos rdrt‘s, olios soul sans nu‘sur<‘. sans liniito. 
Uourousianonl, oIl(‘s possodont uno i^randr* i[ualil.o : olIi.‘s sont iinina- 
loriollos, olios si‘ donnoni [daco los uiios aux aulros. Si olios I'daiont 
nialoriollos, los prupUs d’un soul otro iii? irouvoraionl pas a so oasor 
dans ronipyroo ; onooro inoins los prapUn do doiix Tdros ! | \ ) 

Ou'osi-oo ijiio lo ‘ .‘.'onro ’ (ulktitjdsahhdgff^ mhlifigala) ? ' 

41 a. La sahliftfptld i:sl re fpii oaus** la rossoinblauoo dos otros 
vivanls 

ainthilisauas (ii. -I.") pnur rlKieuii <*<?s ln.ii:s fUninaas: on a dont* viiigl-.soj.>t 
fihnnints an [iM'inior iiimML'nl. 

1. All ijiialririiio iininKMil on iMmsodi* viiiul-s<*pl praitits, a savoir l<*.s prajids 
a«s dhm'tufis prodiiils aux ivois iiiouicnls pivradruls. irrvis. six. dixdiitil. plus 
vin'fl-s4‘pf. soil (‘iu(|uaiil(^-fpiatr(‘ (Ihnnufis. Au <•iu«pli^•lln• iiioiiifuil, 

<pialiv-viiii;l-<‘l.-uu<.‘ prftpd’s <*l aiilaiil iViuiupraplis. 

sahhaffahi satfcasannjdw. IVakaraua. 14 l» <1 : (Jij’iisl-n; ipio In 

nikdipisnhluKja? - La riuiuniiiiauit' do iialuro d’oii.n-Ioi-sinji) tlas Olivs vivaiits ». 

Ii. (diiupie oiro vivaiil jio.s.srdo sa propro .s7.i//r«.s*n/i//a.//u/a. On dit. oopruidanl 
4110 la iiaUvasahhaipiUi <^sl ^onoralo parro (pi'idii*. n’isl pas dilVnivncioa. i.a 
couctjvoij roiiiiuo uiiiipir ol oloriudlt*, r'osl Lorreur dos V'aist'siUus. 



m 


cifAirnit: n, 41 n. 


1. n oxistr fiiK' rnlilr {"//mr/ja) nnntmri^ SdhliCtfjaiu, tin dluwiua 
en verlii (liuiiu‘l k*s t^hv.s vivanls ainsi l(*s dhcfruKts * tpii InsnluMii 
(Ians la serii* dos 01.i*i‘s vivanls ' (sftllramiukhi/dlfi, i. 10) sonl sein- 
Idaldas (}!(ddidff((, i^diua, mnnltia.fiddriiii) (*nln* i‘ux ( Vihliasa, '21, i). 

2. liO Saslra (.Inriniiiirasllirma, nlr.) (I<'si*.;n(‘ cidlo t‘nhl('* sons le noni 
de Hik(i!ias(ihlifi(ja : ranlt'ur caiijiloio lo lornit^ ,s(ihhiuj(ild pour d(^s 
raisons niolriijuos. 

Jj. La mhhfujutd i‘st do dtaix (*s|>tVos, (<d>hhiH(t) oL parli- 

riilion* (hUiuna), 

La prtaniorc so Irouvo datis Ions l<\s olros vivanls : [lar sa. v t-rhi, il 
V a ivssonddaiiro tlo l(»ut otn* vivanl avtM- Lais los oln^s vivanls. On 
la noinmo sdltntsiihhdfjafd. 

La sooondo ooiniHuio di' nonihronsos sulMlivisions : oliacnnr^ d(' oos 
subdivisions so Irtaivo dans rcalaiiis <dros sonbanonl. !j*s olros 
vivanls sonl tlirioronrios <ra|nvs la s|dioro d’oxislonco (dlidln), lt‘s 
divors olaf 4 :os (hhumf) do o.os splioros, la doslinoo iii. id, la 

nialrioo (iii. 0), la caslo (jdli, bralimano, (*l.o.), lo so.\o, la iinalilo 
irUpasaka |iv. 11), tk llhiksn, do Saiksa. d'Aiinil, olo.' 1 1 l>| (lola I'al!, 
anlant il(‘ on voiiti dos<|niilos cliatiiu' oiro vivanld'nno 
fortaino ospooo rossoinblo anx olros vivanls do otdlo ospooo. 

4. 11 y a, on onlrt*, Sfihlidffald vi\ o(‘ <|ui rogardo los filiffrntas ([ui 
appaiiioniHMil anx idros vivanls. la (lluir)tHff^(ih]tdfj(dd, on dislin- 
j.;anl los skandlifis, los dt/ahfua^s- ol los dlmfus : ,skaki(llu(sfd}hii~ 
(inld, oir., nljiask(nfdlias(ihli<(<f((fd, olo. 

0. Kn rabsonot? truno tMililo a paii, a sivvoir la fiiihlidduhi (,s(dlr(h 
.SY/W/.d(/abf), roinmoni <*x[)rn|nor los nolions (buddhi) r{ oxprossions 
(pnfjTirtpti) ,^onoralos, olio, vivanl. ido., a|)|di(|no(\s a dts olros (|ni 
dilloroni lt‘s tins dos aulros? Do moino, o'osl sonlonn*nl on raison do 
la dUar'Mdmbhdipild (jno sonl jnslilioos b*s notions id oxprossiiuis, 
skandhu, dUiilu, idc. * 

1. J*.Mr vt ctvicra il iioil nil. iiiln* : lijia-dkri, iJlilksiini, X;il\a.iail..s;mn.s;iiksa, oIr. 

i2. Dhiix JiMdiiros : (*vam sL fnu/hatltbntldhipntji'iaiihijfo ’ 1)1 nojijdh cl ttcmd 

(ntdlvfulihitdiilnprajHUfdaifo 'id yojtfali : (Trsl m rnisoii dc J:i dhanuti’ 
stthhfifjnfii tjnc lc;:i ilhuius yonl. dn ivriiii:i*llialii .... 



fliium-tiidtHj, V, fol. 1 a-2 n. 


107 

fi.^Arrivo-i'il <|ur Ton transmi? 4 ;ri', qm* Ton iiiniiT !*l iinissc, sims 
fjl»ainlon!un* el siiiis |»n‘ii(lre iiin‘ eerlaim* .sallcasahlifUjald fijnalile 
tl'IiOMnne, ele. ) ? - (Jiialn* allenuilives : 1. Mojirir tlnns nm* 

( KiiiiKelbiUii par exrnipb*) el renailre dans la menie idace : la sfthlui- 
(ffiUl resle la menus mal^re la. Iransmii^ralinn ; :1. Kiilrer <Ians la 
|)reiI(‘.slinalion (nii/nnd'irffLninli, vi. i2<5 a) : sans qiril y ail Iransmi- 
tj;ralion, il y a abamlnn de* la sahhiujaln des Prlliay^janas (*t arqni.si- 
limi d(* la mblifi(i<iln- des Sainis (<t/ifft.sahlt(f^<il{i) : •>. Mnnrir dans 
niK! desh'neis desiim'M* d’lininin<s e!<*., <•[ nwia.ilre dans line anlre 
divstinei' ((j((U,S(fun‘((ra) ; k l.'nnl. anln^ eas. 

Li* Sanlraniika iradinel. pas rexislema* dii dltfinna nomine mbhn- 
et present* plnsienrs (dijeeliniis. 

I. S'il exi.sle line e«‘rlain(‘ tadile iHHomei* '< le ;j;enre PrlliaL^jana » 

a ipad non ima.’iiner la (jualife-divd ’rlhafj;- 
jana ( (nlhtujynudm) eonsislanl vn la non-possession ties Arvatlhar- 
mas (ii. 10 e) ? <Jm'l((n'!m sera I Vlliat.*:jaMa par lt‘ j^enre !Vllia]i;jann 
romme tjiielqirim e.sl, liomme par it* (.^(‘nre ^ hoinim' ' { 
hhOffahi) : ear les Vailihasikas iriina^int‘nt jias nne <pialile-tl1n)nnn<* 
(r.idinf'^tjalrfi) dinerenh* tin i^t'iire lioimiH*. 

ii/lit* nionde ne eoimail pas la Sdhlm«inUi |)ar It* lemt)ip:nai'e <Iirt‘el 
d(\s sens fi}r<fh/(d's(f) : il in^ eonelnl jias a I t'-xislenet* tie la mbUntjutd 
(parivrhinnUi) par nne <»peralit)n dt* I'espi il (prajud), ear la sahltd-- 
f/alif idexi'iee auenin* aelitai par latpieile ini |ini.:sse la eonaaiire: 
neaimnmis. j - a| eneon* tpie It* inomlt* m* saehe rien d<* la ,s(iflrasfi- 
hhdfffflfl, ii n*et)nnail (praiipdfhjdlr) la noti-iiiU'erema- d't'speei* ties 
elri's (fidtlvnddni jtiffjtfhid'fht). Dtme, a snppttser ijiie Ui s(fl)lid(j(if(i 
tpiel s(*ra .st)n t*mploi (rija/Kh'd) ? 

II. Ponrtiinii riv-oli* rel'nse-l la lidbhupaUv anx elioses t[ni ne 
soul ])a.s ties el res vivanls, ri/., Ide, or. Ter, man^nit*!*, arln t* a pain ? 
On st^ st‘rl ee|M*ndanl: a lenr endrtiil tit* tlesi^naiitms ^eneritpies. 

k L(*s tliverses sabhandUtfs tpie reeonnail IMietflt*, iidblHhfdia.s tie.s 
elres vivaids. ties splienis, dt*s ileslinoes, elt*,. son! di.slinel.es li*s nntvs 
ties anlri‘S. (lept'inlanl t>n a, ptmr itmles. nolion el tle.sijj;!^!!!)!) eom- 
nuines -.•ttmles stud: ties mbUnipUdH. , 



JOS 


CIlAPfTRE II, 41. 


5. Le SnrvastivHdiii sl* fViit lo ehaininoii (dyolaifali) do la dortrin*'. 
des Vaispsikas. Oiix-ci adnietloiil nno ooilaino onlilo (paddriha) 
noinineo ‘ goiire ’ (sdmdnya), on vorln do laciiiollo st? produisonl, a 
regard dos clinsos, los idoes ol dosignalions gonoriqnos ; ils oroiojd 
aiissi a uno aiiiro ontito, nninnioo * diiroronoo ’ (visciia), d’on prooo- 
dcnt, a Togard des di verses ospeoos, los idoes ol designations spoci- 
fiques. 

Lo Vaihliasika. [hoIosIo (pio sa llieorio no so eonfond pas a\ eo oollo 
dos Vaisesikas, lestpiels croiont quo le genre (smimuffa), snbslaneo 
(paddriha) nin(|iie, exislo dans la innlliliide dos individus (eko />// 
aneknsmhh varlair). Done, dit-il, si j’appronvo los Vaisesikas d’ad- 
nioltre lo gonro (mmdnjja), jo eonilaniine I'inlorprolalion qiTils on 
doninad. - 0>****d. a la sahhdgald., olio exislo on soi (dranja), car 
Uliagavat, parlanl dn nienrlrior qni est r(‘ne on onFor, ponrsnil on 
disanl: « S'il rovienl. ici, s'il oblioni la (los lioiurnos... v 

(Madhyania, 24-, *0 ’ 

Lo Sanirrndika ropnnd. Ln .s’oxpriinanl ainsi, li' Sfilra irensidgno 
[»as rexistonco d’niM'- clioso on soi mjimnoo mhhdfptfd |2 [>]. - - One 
dosigno done, le iSnlra par I(,‘ mot mbhdgald ? — Tar los oxprossiims 
‘ sahlidfiatd des liommos elc., le Solra onlend la similihidr* dans la 
inaniero d’etre : do moimN sabhdijidd dn riz, dn hie, dos loves, ole. 

(^otle opinion n’est pas admise par lo Vaihhasika \ 

(jn’ost-co quo rineonscience (dsamjuika) ? 


1. La Vyakliya rilf |p Sfilra : prUiinfiiiafritH.serifptuf bhavifriHt hnludikriviut 
(r(»Tii|i. AH£>'iiMara, iv. '217, e|r.) uaynkrsYifHtpftthffifp / tin rrd iffhnmivnm (Ujnr- 
chnti innnnsifCiiidm snhlniifalnm prnpnoU prannf ipafeinifpn yu r bharnU .... 

Lf*. Dasalthuinaka nMnp!ar«* hi ruriimh* an ced par aiJui (ivt pimnr mavHS- 

tjesiipfipndtfn fe. 

Divyji, ja4, W : niatnispntintn sablnMfinidiinni npapmuta Hi (Mahnvyutpani, 
245, M) ; 122, u\ : brahmnJoknsnbhnifnliijfnm rnpnpnnun ninhabrahmd sani' 
Vrttfih. Siksfisaiiiiirraya, 170, » : tia\rrn\iuknif<isnbltdfje dcvatiuimisifdudm 
prlyo hhncnti. 

2. IliiiaTi-l.simg trailiiit ; * (V iiVhl: pa.s ailiiii.s.sil)lo, rar r'c.sl. CDiiinulicliou 

iwp.v noire .sy.steiae ; il oiiiel. la forMinlo : ties Viiil)hflsika.s ilisont v (Le.s 

Viiihhasika.s ^ Ce n’e.sl pus ni1nii.s.sible v) p 



Ilimn-lmng, v, fol. iJ ti-l). 


109 


41 1 ) -(*. L*iiu*nnsci<'nro <\sl cc (|ui, cli<*z l»\s Iiiouii.scieiils, nrrele hi 
jMMi.see rl los iikmiUiux 

Clio/ los flros i[ui proiHKMil naissanoi* |)nnni los Iiicoiiscioiits on 
(IiVmix iiHNinscionl.s. il y n iin dharma (|ni arrrh* la poiisoo ot k*s 
monliULx, ot (ju’on appi'lh’ ‘ iiioonsrionco Car ro dharwa, hipoiisoo 
ot los dhftrmast fiihirs sfinl, pour iiii ot*rlaiii loinps. oinporlios Jo so 
[iroiiuin? ol, iTiuil pas la loroo do iiaili’o. Cr* dhanna osl. sonihlahlo ii 
CO cpii arrolo roan (run fhuivo (tt(i(ldoff(muvdhfn:fnf), c’ost-a-diro a 
lino di.mi(‘. 

Cl* dharma osl oxolnsivTiiioid 

41 d. Ilolrilinlinn. 

II osl oxolnsivomonl la ndrihnliiMi dn n‘(‘noill(‘monl irinoon.soioiK'o 
ii. a) *. 

Dans <|nol (‘ndroil n'‘.sid<‘nl los diiMix iiioonsoiiMils ? 

41 d, lls doinonn*nl dans lo Drhalpliala. 

Dans lo oiol d(‘s Drhalplialas si^ Ironvi* nin* plaoo snn'*lovoi' (|ni osl 
lo sojnnr dos Iiio(ni.soi(‘nls : ih* luonio (jno la (IhjfiindiiUirikd^ sojonr 
d('.s Maliilliraiimris, s’ldovi* dans lo oiol dos Dmhinapnrnhihis (iii. c ; 
Vil.'liiisa, Dll, s). 

lios InouMsoionls sonl-ils ainsi iinmiiK's paroo i]n*ils soul Imijonrs 
i!ionu.soit*nls. an snnl-ils (|n(‘l(jnori)is onnsoii'nls? 

lls soul oanj-oionls a la naissanoo ol a la mart (iii. 4 i!, Vildmsa 
lal, ; ils sniil noninios lnoonsoi(*nls pai'oi,* ipio, pour inn^ lonjj;ne 


1. nsfnujuikffni tisumjrtisH j m'rndluis ciflnniiflaiiam ri]nikns hi hrhnl- 

phnle j! rrakcininii. t\)l. II ii n. iii. '2iu> :snnl "finisn saffri nsmlnhio 

fipjmtis(tinoetliin) st^uijalliapi (lord asduiiasatUi. i. IAS, iii. »*>-*! .... suvuiaumfla 
ext pa mi te (/era iaiiiha ku fpi rnmuti. - llii ilos iwid salti'daisaa^ AngiilUim 
iv. lOI ; Ki>s,'i, iii. <» v. 

2 . VilfhasM, {). 

ri. Klnin^iTs .mu ipi’il y ji ikmiT divisions ilaiis Ic rid 

dll i|n.Mirii'!uo (Ihtfdnn. - Siu* Irs Vrii:itplia!.').s I'VoliMppiiida), lUinioiir, lidmdiir- 
(inii, |i. r»ii. 

4. Opijyioii dos Andliakas, l•.l>udallln•V. Kulhav.Millin, iii. II. 



200 


CHAPITKE TI, 41 (142 (*. 


periode, la ron.si’ienre osi chiv oiix siispi*ii(lu<* [3 h|. L(>r.sf|ii(*, apros 
re long temps, ils pn)iUiis(4it ronsrinire a iionvoau, ils ineureiil. 
Commc il esl dit dans le Siilra ; « Seinidahles a. un honinit? (pu se 
reveille apres le soiniiieil, rinand ils produistMit consrieiit e a nouveau, 
ils nieiirent ». 

Moris dans le ('i(d des Iiironsrients, ils renaissenl lUMiessairement 
dans le Karnadhrilu (d non pas aillenrs. (I) Kii ellel, la l‘or( e de Vamm- 
jhisamdpalti (ii. 42 a), par laipielle res elres soul luVs (liez les 
Inronscionts, est epulsi'e ; an cours de l<*ur exislenre rli«‘/ les Inron- 
srients, ils n'ont pas iHe a rneine d(* praticpier a nouveau Vasdmjfii-- 
samapafU : done ils nieurenl, ronime toinlxMil sur It^ sol les llerlios 
lorsf|ue leur elan (\s|; e|)uise (kslnavvya). (2) ITauln' |)arl, li‘s elres 
(|ui renaissenl cliez l(‘s lnr(nisri(‘nts posseclent ne<‘essainMii<*ul uii 
arte ‘ reirihualde dans le Kainadlialu ’ el ‘ relrihuahle tians la seronde 
existence ’ (iv, 50 b). De meine les elres (pii rtMiaissenl dans 1*1 'I la ra^ 
kiiru (iii. 00 c-d) possedenl neressairernenl un arle relribuable dans 
line d(;*stiiu?e divine imimHlialenienl apivs I’exislenre dans riJllaia- 
kuru. 

IiP Mrdasfistra dit : « Onellos sont les deux snmdpallis ou reeiii'il- 
leinents ? ’ — \jammjHimmnpaUL ou recueilleinent friiirousriiMir'e, 
la nirodliasamdpallL on rerueillemeid d’arrel » 

Qu’est-ce rpie le ivcueilleineut d*inronsrit‘iirf? ? 

De nieme que Y dmmjmka est un dlfantin (|ni arnde la penset* el 
les inentaux, 

42 a. De inenu* le ivrueilleinenl d'inconsrienr.e \ 

1. Sur le sms «lii Ic’nue .samnpntti, voir p. 2ia. 

2. Lv. nom c(}in[Avl sfiMjndirpiUtnttirodhasamfipntli, voir p. 211. 

Pmknniim (1.1 h .Vi : VasmnjnisanUlpafli un nrnH «lo la priisro al drs 

meiiimix cpii a pour uiitarailMit la iioHon <1»‘ ilrlivranvo (itihsarnnamnnasi- 
karapnrvaka) rl tpii <;si pf*ir nn liounno tlolivi't' »les passions ilrs 

Siibliakrtsiias el non des [>assioii.s .snpprieiires. l«-i uh'odha stauapulU est. nn 
arr<M de la pensee ci ile.s iiimtaux qni a pour aiiU'redonl la nolion de traiwpiilliie, 
ei qiii est ohlemi pur ini liomme delivve des j)as.sioiis jIo VdJdnr.aiiyaiffitnua, — 
Vasiihaiulhu, dans le Piincaskaiidhaka, s'iiispire de ees df'diuilions. 

li. tathd\samjriisamdpattir\ dUydne *vtye \mo7csnm icrhnial / r 
[Stibhojpapadyavcdyaiva [ndryair] ekiidlwikiipyate // 



Hina}i4mn()y v, fol. 2 !)-:» b. 201 

Lcf recuoillonioiit d’inrouscienrc est lo nM-iirilloiiK’nl dans Irqiiel 
rascob* ast inc'oiiscifMit (mamjhinam samaixittih), nu lo rrmrilb'- 
mnnl exomj)t do consoionoo. 

fiC mot ‘do nionie ’ nioidro quo oo n'oiioillomonl |.‘l bj. ronnno 
yammjfiikni arroto la pou.soo ol los monlaiix. 

A qiiolle bhiimi appartiont-il? 

42 1). Dans lo dornior dlujmia, 

I\)iir praliqiior o.o iToiioillonioid. rascolo doit oln> (‘idn* dans lo 
(|ual rionio dhudna, 

A qnollo iin lo jiraliqiio-l-on ? 

42 b. Tar <losir do la dolivranoo. 

l/ascolo .s’imagino fausscanonl qnt' rijioonsoiom-o 

inillonairo qni oonsiitno lo fniii dn roriioilb'inont d inoonsoionco, osi 
la vraic di'divnuico. 

olant rolribnlion, ost nooi\ssnin*inon! non-doliiii 
(nvynkHa). Oiianl au roonoillonio'nt (riiioonsoiom*i*, il osi 

42 c. Ron. 

II pnxluit o«)mino rniit do rolnl>ii!ioii los oinq shantllids iln dioii 
inoonsrionU loqiud, ronnn<‘ nons W savons, ost ^•onsoionl a la nais 
sanoo ot a la niort. 

A f[n<*lb/ calogorio apparliont-il an |Kdnl do vaio do la rolribulion 

42 o. IJniqnomont rotribiiablo dans la prooliaino (‘xislonoo. 

II tTost pas ‘ rotribnablo ilans collo vio \ ‘ rotribnablo pins tard ‘ : 
il n’ost pas n(»n pins ‘ do rotrilailifm nmi noocvssairo ' (iv. oO). 

Sans donlo, Vasoolo ponl iloolioir (parflid) do oo ri'omdlloinont 
apros Tavoir prodnit; inais, (fapros los Vaibliasika.s, il lo prodnira a 
nonvoan vi ronaitra olioz los fnooiisoionts. (Tost din* ((no Tnsoolo qni 
proud possossion (Kihhin) do co rf^cnoillomont ironirora rortainoiiionl 
pas dans la ‘ prodoslinalion ’ (idydnia) (vi. 2b a) ^ 


1. Par^ I'oniree dans lo uiyitma, on i»l)tioiil Vftiinifi.sfniikliyduinifiha on 



(:/iAP£TRE ji, 42 <1-43. 


202 

reciirillorniMil. nV.sl. pralicjue <|tie par Ics PrlJifigjaii?Ls. • 

42 d. Pas par las Aryas. (4 a] 

C.aux-ri rorisidararil. ca racisaillenaail roimno tin pracipica, ima 
aalaniila a'asl-a-dira (rpaifadhdna ow (jirilalavi- 

nipdtn.^fhdyin), al na lifMinaiit pas a y anlrar. 

An contrainN las Prtliai^janas idaiililirnl rinaonscianaa (dsamjUi- 
ka) avaa la vraia d<'*livraiiaa : ils oiil a son androil Tidaa da ‘ sorlia 
da ‘saint ’ (nihsfirnmisamjiid^ ils ndlivani; done la raaiKallaniaiit 
<|ni y inana. Mais las Aryas sa.vaiit ipia lMinj)nr na pant 

atra la vraia dalivranaa. Done ils na anll.iv(‘nt pas a(‘ raanaillainant. 

Lorsjpia las Aryas an! rant dans la <piatriaina dhyuna, oMianmait- 
ils hx prdpli da aa raant‘ill(‘inani passa at Intnr, da mama (pTon oI)tianl: 
hxprapli dn qnalriaim* dlnfflna passa al fninr das epTon (Milra dans 
la ipialritMiia fllu/dna ' ? 

liCs non-Aryas anx-mainas n’oldiannaiil pas la ‘I** riTiiailla- 

nianl (rinaonsaiaiica passa on rntnr. 

Ponrqnoi ? 

(lornma, ranUon pratiipia jadis a pinsianrs raprisas, ca raanailli*- 
mant na pant aln* raalisa <|n’a.n prix da i;i 7 mds alVorls (nialuihlfi- 
mmskdrn) : aonmn.' il ifast pas pansaa, 

42 d. 11 ast oblami d’nna apo(pn\ 

Dn praiid possession (dpiptlc, Uihh tpilo) da ca raanaillaimmi, non 
pas passa, non pas fntnr, rnais d'una saula apoipia, a’asl-a-flira pra- 
sf'nt ; aomma a/ast aiissi la aas pour 1(; Priilimoksasainvara (iv. 35). 
Dans la sacond monumt da ca racnaillamaiil, dans Ions las momanis 
<pii snivanl rohlanlion da cr* rac.naillamoni jnsipran momard on il 
prand iim on 1<^ possadt^ passa at prasiad. — D'anlra part, ca racnail- 

<1i.s{>orUion ilr.s jiiaiivalsrs tlr.sliiiOfrs, ile !*««</ i) //f a, ilr In. nai.'ssunrr? 

rill?/ Irs Mnlinliraiiiiuis et rlie/ Irs Kurus, iruni? liiiitiriiir rrnnissnnrr. 

1. nuiriiiujiio oiilrt? ilaiis Ir i{iiatririiie Olnfiinn nhlirnt ilii nirMiir coup 
il(i tons Irs qi III Irir* Hies dhijiutas tpril ii priitiqiies ini prutiqueru an ruiirs ilff la 
Imnsiiii^TuliiHi. 



Mhian-tsang, v, fol. H 1)4 b. 


iio;} 

lenu^nt n’elanl pas [)ensee, il osl iuipossiblo <]irnii a(*<ini<‘ro la [tnqfti 
(It? ce rerueilleinent InUu' (ndndgatd hhnvyafv) ' 

On't^sl-trc qua la Hiroflliasamd/uflti on ' r(*(*iK'iIlcin(*iil <rarivt ' ? ’ 

43 a. Do inomo, Ic retnioilloinont (jiii porlr lo iiMm tlt^ nirodha, 
* aiTot ’ \ 

C/est-a-diro, It' roouoillonH*nl irarrol ost rainmc Ynmwjuifmy 
oomino lo rooiicillomoiU d inoonsoioiico ; (-’osl un dltanna qui arivlt' 
la ponsoo el l(\s inonlaux. 

Qiiollos snnl lo.s dilToroiioos onln* lo roiMH*illt‘ninni d’inonn.si'ionoo 
ol lo ivrutulloinonl d’anvt ? 

43 l)-d. Kii vno do la lnin(iiiillilo^.s(n//^f/77/am) ; no du bhavdgra : 
bon ; do diaix rolribulion.s ot indolorinino : oblt^in par (‘iVort par lo.s 
Aryas 

1. liOs Aryas pralicpiont 00 r<'oii(*illonionl |)aroe (pfils lo ormsidi'-ronl 
oonnia^ lo roonoilloinont Iranqnillo \ Donr lo r(‘onoill<‘nionl d'inoon- 
.soionoo, on l<^ prali<{uo parco (pTon roj^ardt* rinoonsoiono(‘ ('onnno 
olar)l la dolivranot^ (aihmrana mok^n), 

2. II apparlionl an plan dn hliaiHujra, oA‘sl-M-dirt' cpron y ponolro 

on partantdn roouoillomonl do nnirammjiuindsfu^^^ (viii. 

•I); landis tpio lo rooiioilloiin.Mjt trinoon.s(*i(*noo appartifail an plan dn 
qnalriomo dhydita. 

»■{. 11 ost; bon ; il n'osl ni non-do(ini, ni sonillo, oar sa oansr* orij^i- 
nairo ost l)onne (iv. !) b). 

1. liH poii.s<M^ boiliu*. fiilnro, ivst rotijf'l. *riiiM* prnpti anlrriiMirr. 

2. Sill* 1*1 nirodhnsnninpatti, snmjiiO vcffifanii’ofllmsn nmimfll i' \ oir riMl« ss«»iis 

|». 211), voir vi. 4a (V(l, viii. a K.-iIhriviiilliii. vi. ,\v. 7. Dan.s 

MalirivibhasA, jr»2, H, lUjinlmMisos opinions sur re nM-iM‘iil<'m».*nl ; poor b*s iins, 
il nVst qiOnno ehnst* ((fravifa), le in'rodlHisaksatkara ; p<mr tl’anlrrs, on/.<^ 
ilio.sps : los <iix wfilifibhiiwikas cl efUntn ntf I ha : \nMiv iWwilrvs, viiiLfl-pl-imo 
vliosps : les mahCibiiumikns, Ips ktisulantnhabliUmikas el le citfnninxlha 

ilirodhdkhpd tatliaim\ pil 

4. I cihardyu bhnvagraja j ,^vhha dvh^edyduipntanjaih pratioffata dpynff>ii\ 

5. santavniarasatpjna 2 mrvnkena maiiasikarenn - vihdra snntadhi- 



CIlAITrKK II. 13 v-ii I). 


201 . 

4. [I fM)nipi)rO‘ (liMix sorle.s dr rrhiOiilion, rlimt on ‘ rrtrihlii'iblo 

dans la i»roohain(‘ rxislmrc ’ on * rrlrilinable 

pins lard ' ((ip((nri)((rij(i!jare^^^^^ oil) II (‘sl rncorr * di‘ rrtri- 

bnlion non nrrrssaiiv rar Tasn'dr <jui Vi\ prali<pir piad. oblenir Ir 
i\'ir\Tn;ia dans la [irrsndr rxisbau’r. 

Mn (pi{>i ronsisli' sa. n'lril)nlir»n ? 

(Ir n'cnrillrinrn! prodnil Irsipialrr slyotdhas dn bhavdijra, c’rsU 
iVilirr unr rxislriirr dans Ir bhavafim (iii. 3). |5 aj 

5. II rsl prodnil par b*.s sriils Aryas, non pas par Irs i-Vlba;;janas. 

Mriix-ri nr jKMivrnI Ir prodnin‘ (I) pana* qn'ils rrrlonlrnt ranranlis- 
srnaad ", (2) pan-r ipir cr r(‘(*n('illr!in*nt nr prnt 

«‘lrr pntdiiil qia* par la fonr dn Cllunnin : (‘ii rllVl, r'rsl TaM-rb* qni a 
vn Ir Ni]'van;\ qni s'y nVond ^ 

b. Hirn qn'o!)lrnn par l(*s Aryas, il iTrsl piis (>blrnn |»ar li‘ sr\d 
Tail dn drlarbrrnrnl (rairnr/tja), II rsl siaibanml rralisr par rxrrcirr, 
par rllbrl (pnfipfjfilahln/a). 

On IK* possrcb* pas rr rrrnrillrmrnl [)as:a‘, ni rnlur; iv point a r!r 
rxpHqnr an snji.d <lii rrc*nrii!(‘nK‘nt (rinronscaVnn*. 

44 a-b. lOn cii qni n‘?j;ardr Ir Mnni, fd>lrnn par la liod’ai inrnn*, 

I. il * rf’lrilmr pins I.Uil *, <*nlr<* <](• Kaiii idlirnii nil mnr.s 

<!<? (Ml 1(1 (•! dc hhnnujni ipii csl s<mi IViiil, :>'iii|( i jinsc 

mic <'xi>l(Micc (lajis li* ltii|i:iilii:ii.ii. 

'2. C.c rcciKMlIciiicMl a lieu (iai3.s !*• plaii dii 6/rfrfff/rfr, (I'nu la inalirro f 
fv I !i!».*a’iilc. !,cs I'Hliat* jiiJias i:ra.it;ii(*iil. into I'anvl i|(^ la (‘I (l(‘.s iiMMiiaiix 

soil, ilaiis cfs (‘(Midil ioii:'*. I’aiK'-aiinsscuH'iil. Jl>« n’lml jais la ai(‘*iMi* craiiih* an suj‘'l 
<lo la(|ij(.‘l](‘ a !i(Mi dans plan du ipial rirui*:* tlhifUHn *n\ 

pcr.-^i.slf ia inaliiMc, I'ar U* fail, dans la uii’Ofilinsr.nnnpntll dcmirurcul Ic uiimjfa- 
If. ( t iiiilrt?s .sfii».sAvcm.s* (liss(M-i('*;s d(* la pJMisik- ; juais Irs 

rrlliagjaiias n*‘ Irs \nirnl pas. 

'I. (/rs/fii//rJvi.iO(.s.»/o. l(uhuJlnnniktilas. irapnVs nno varianlr, snivir par Ics 

Iradiadanrs rliin(»is. tlrsffnlhfa'Htnnh’rdifafiijn (rcsKa-din. : . l/Aryn. poiiso 

nld<’nir, vi.sc a nidrnir Ic iSirvroni-siirdtMTo an amyni d(^ cn rccncilloimMil, dans 
«■(? rcr.m ilU'iiK'nl, - :(li’s(<t((h(n-niniiirmHUs}jn irulmUtimv.lti itfih / ih'sie janmaui 
uii rmifim (f Itftnnaii i rninaw / Utsifa tailadUinwkiUah / fad ity ndhi- 
muktfs ladadhiundiUU ; hnin luidhitmfkfis imladhimuklih j hidndhimnktea 
kidfidkimiddUnh drsle jtinniaittf tilau nirrdmnn ity aryas lam (tdkinm- 
vyatc ! 



V, lol. 4 l»-5 1». iiOri 

non i*fis anparavanL rar 1*' Muni t*o!i«|nirTL la Jindlii <mi Inadr-qiialn* 
nioiiionts 

Ia! IJonilillia oldiont lt‘ nM*nt'illoinonid'arivl. an nH)nii‘iit on 
lioiitidlia, c'fsi-a-diro an nioiiKaii dn ( w. (J7). Am uii!' 

ijiialili* ((jnua) dii licaiddlia i»Vsl oldianio par (‘Horl ; Inulr.s s^s 
lilt's son! ar([nis(‘s par h‘ s!inpl(‘ lai! dn tlnlindu'iMriil : aiu-silol iju il 
!»‘ dnsiiv, la rnlloriion d<'s <pialil(‘.s suri^il a st)ii ^iv \ 

Connnrnl sn lail-il <|ne IMia^aval. sans avoir produil an])ara\ ani 
vr reriaallnninnl { tihwIltdsfdiKlpnlli), dcvitanin, .an iiionaMil d(* la 
liodlii (l^sffffdjddna)^ nn • donl)lt‘ini‘nl d(vll\'n'‘ ' (ffhl/ffijdtohifafjdr/- 
luuh'ld), i* csl-a -dtrn d(‘Iiviv do 1 ohslaclo tpii (‘sl la, pa.ssion ot (Kdivi'i* 
do I obslaido an rooiioillonn'id vi. <!i) V 

II dt ;vionl nn ‘ donhiianonl doliviV* (onl conimo avail prodnil 
an|)nravanl rc r(‘cnoill(‘nn‘nt, oar il possodo l(‘ jjonvnir d<‘ roali.-or cr 
roonoillonioiil (piand il vaail ( Vililias.l loM. I'ij. |i’> h| 

Los iVla.iln.'s do rOi-oidonl (IVisordya.i ‘ s()nli<‘iinonl. <|n(‘ lo i>(Mll*.i- 
sallva ()rodnil d'aLord oo roonoillonjojd dans I’olal dt‘ Sai!;sa, ol «ddion( 
oaisinlo la Hodlii. lN)nrnnni no j)as adiipjoi* oollo opijiion ? <!o sorait 
snivro lo i\a.-lrTpada.sislra (lii Sllia\ ira rpai^inpla, <pu dil. : « Loliii <|ni, 
apros avoir prodiiil lo rooiioill»anonl d'arrol. prodnil \r L'):(Ufnjii(iiui, 
on doit l<* noiiinuM' 'rallia-ata >. 

Los \ aihliasikas dn Kasinn* nionl <jno It* lioiiliisall va prodniso lo 
roonoilloinoni d arroi a\anl <Io prndiiiro Ir Lsff 

L'i^ioolo adiin.d on < 11*01 (Vildiasa, loM, I'Ui) .jac i,* Kniilii-.all\ a 

1. htjtlitilahlii/ti mnm^r \iifi pr-.il. rnfusilrripsitfl.'.i^iiidpiifrih | V./ir \i. .i-l*. 

< luiinmrcr K:illiri\al(liii, i. r>. xNiii. Tj. 

La Vyalxliyfi rih- iim* slaiua- «Li Shiir.ikarn. .■■'r.'l -a-ilio* ila Malitala jVar- 
iiaiiarliavamaiia. 118: 1’’. W. 'rtioiiias, liiiiian . L.H.'.V l.V,)) : nn iv 

pmyotjihtnii Uinivit kiisalam Ini.salaHuifa i 

• ». L 4.aliU‘iiL' Ja|)<iiiais !<•« ilixrrs^vs iiiLTpivlaiions dfs vi(Mi\ roianii'iiLain' ^ 
<l<i Kosa : IjCs 0<‘(‘i<]piilati\ .•.■iiniL le-s Sarvas!i\riirni.s tin iiaiiiliiara, •.m <lt's Sanlran- 
likas, 4)11 l«‘s mailros ilii |:ay.s iriiwlliii. Ils sniil iiniiim Vs 0.a*ii|i*ii!an?; ]»aicr cjii'iis 
Moiil a r(Li<‘hl (III Kasanr, cl L'llran.i;crs (buhinlv^Uiuii ) pans' ijsi’ils muiI t ii dc liors 
dll IvasiiiTr. — V4i;r ci-dossDiis p. i?L*l) ii. I. 

1. uinnUinsmuapuitiui ittpatt/fd k^injujHt'nnnu iifpfitlfttjniifi rtiklftviffun 
laiiaujafh Hi. ^ 



cnAPETRE II, 44 a-p. 


ohiienl la. Botllii on ln*nlp-(|Ufilrp nioinonts, a savoir seize moBienls 
(|ui conslitiieiit la ‘ c.oinprelKaision ties verites ’ (mlydhhisamaya, 
vi. i27) el (iix-hnit intanenls (pii constiliient I’abaiuloii des passions 
n*lalive's an bhavtlijm (-= nnimsamjhdndmmjndya^^ iieiiF 
(hiantarjjamdrfja^ et \m\[' riiiiuJdimdrrjas (vi. 44). Le dix-hnitieine 
inuiiient est le hmjjujndud. - Ces irente-ipiMtre moments suflisenl, 
ear. avanl (rentrer dans la ‘ comprtdiension des verites le liodlii- 
satlva, encore IVlliaiyaiia (iii. 41), s’est detaclie, par le chemin mon- 
dain, do toiites les tra'res a rexceplit)n dti hhamyra. — Les dix-hnit 
momoiits rorment nn e|iemi]i an coins duqnel le* saint ne jirodiiii pas 
line pensee de nature difTerenle. c/e.st-a-dire mondaine, impure (sds- 
r<(V(i), pjir exemj)le la [aaisee irenlrer dans I(.‘ recm‘ill(*ment d'arret. 
Done le Bodliisaliva, dans le sladc* de Saiksa, c*(\st-a-dire avant tretre 
Arlial, eiiln* la comprehension des verites t*l le dix-lmitieme moment 
d(* rahandon dn bhamyra, ne produil pas le rec.ui.alleinent irarret. 

Les l'^tran).^<*rs (bahinJe.sakd) ' disent : Oiiel mal a ce que le llodlii- 
satlva prodnise ceite [lensee impnn* ? |G a | 

Da.iis C(‘||(‘ hypolhe.se, le Dodhisaltva rraiichit sa resolulion (vyid- 
ihfuidsfuyth sijnJ)-: or le Dodhisatlva ne IVanchit |)as sa resolution. 

(lela <‘st vrai, il ni* IVanchit pas sa res(dnli(»n ; niais c<da ne vent 
pas dire qu'd ne rranchi.ss<‘ pas le chemin par, pour produire umi 
pensee imiaire. 

(lomnieiil, dans relic hypolhese, ne IVanchirail il pas sa resolulion ? 
11 a pris la resolulion (Madhyamat’ama, olJ, o) : « .le m? delienii pas 
cette posture arcrou|)ie (iifkidukdsawt) ' avanl ilVivuir ohtenn la 
di'struction de lonie passion :;>. - Or il ne IVanchit pas cette resolu- 

1. he.-s Mailn-s ilii [mys (rindliii, dii iiu-rin^ avis I«*.s Orcidt'idniix. 
i2. rj/nithanfisfuia — ripittliduahh/prdifa: ‘ayant unr n'fsolutioii .siisre[»lilil<* 
(If*. .s(> l(*v<‘r, (!(' l■»*(U‘r *. l.)'ii|)ivs iiiii* jiiitm inlf-rinsaation, dsaya kiiAfdn -- 
kitsalainvla ; doiic : « ayant (Ic.-i l^•l(•ilu^s dt; Idfii siisi*(*|dil»lf.s dfj so Ifiver, de 
s’inl(.‘m»iii[nv Or l(‘.s rae.iiios do liieii des ttodliisallvu-s soul tollos quo, line I'oi.s 
(|ii’elle.s (’(iinnH.'neoid ji s’aelnali.sor, olios no s’arnHent pa.s avanl fjiie la Bndlii 
n’ail (!*t(*. oldenno. 

Vifutthdua signilie unssi • sorlio dn recuoilleMieni ’ (Suinynlta, iii. I2 (m, etc.). 
r>. Vibliasa, 1(>, Hi : 'iVnilos uititndos soul tMnnio.s. Pmiojuoi lo Hodtii.saitva 
pronddi i’aUiliido acicrnnpie V ^ 



Hiuan-tsang, v, fol. 5 b-U i\, i507 

lion, 4tar c\*st vw luic stMile ' sraiiro ’ vi. 24 a-b) (|u’il realist.' 

soil but *. 

Ijion (|uo lt*s <I(ML\ nr.uoillriuoiils, (l^iiudiisciriu'c <‘1 (.rnm*!, pivsiMi- 
lent !m;mu('ou|> do din'orciMM.^s, ils on!. I'tud on ooiiniiiui : 

44 c. Mais Vos deux nTiadllemeids oiil lieu dans des personiies 
dll Kamadbatii <*t dii |{a[)adbrib! \ 

Nier (jue le reeueilleineiil d'ineoiiseienee no [irodiiise dans hi |{rij)a- 
diialii, e\*st eoiiln*dlre le Mfilasaslra * : « il y a niii^ exislenee d«‘ 
Kupadbrilu ipii ne (‘onipuiLe pas les einij shinulluis \ a savoir 

1. I.iiii:ui<isnii,u' : * La piMMiiion* <l«iolnjn‘ u.sl la |»funn*. parro <|iu? r’o.sl 

mil IV .sY>L'ijm ?, 

ii. kamn>'Hpasrni/o fnhhe. 

Viblirisfi, lai!, ‘2. ■ Trois ajiinioiis : s«*iil«*ni< Vil dans Ir Kilmadlulliu anssi ilaiis 
les Iruls illitfaiKts iiilVTicni-.s, anssi dans li* i(nalri«'‘iii»^ (ilit/ituft. 

D'apivrt la Vildifisa, la niroiiliasamtipfilii m* pml s«.‘ jn*olinvi;< r jui dria dt‘ 
.s«‘jd jonrs-f 1-iinil.s. 

I>. I.r .Irirmapra dhiinn. 10, 17, poso iiin* ipiadniph' ijisrslinn : N’ a-l*ii him* i xi.d.'Mrii 
d<‘ Itripadlialn ipii m* <‘oanMirt»‘ pas Irs rim| sftftudhits }' V’ ad.«il niio cxisliMiiv 
uiiiiijKirlaid li's i‘im{ ukaiulhas < l ipii in* soil j*as d«? Hripadlifdii ? V a-l-d niin 
(‘\isl«‘Ui'n do [{iipadlial.li tpii (Mnii[utH.«* Ivs cimj .sA'a#e///a.s* V' a-l-il nno oxisLjiira 
ipii uir soil pas dt* tlnpadliatu <1 «(ni no roiiiporh* pas ins ciin| sfi'tt ntflias r* 

4. \jO Jnsijiaprasiiinna ol. In Ktisa n'oiiipioiont pas lo mol Hkamilnh niais un 
syinniyiiic, ini mol ipn* los MSS. do la Vyakliya Iranscrix •■id indiHoroiiiMioid. 

vimvnlidni ol rijuvurfirn. Ilinan-lsaii!; Iraduil /u'a//, oipiivaloid ilo atunskitra , 

rilifirniitt, oir. ; {Viraiiiarliia Iraduil oipiivalonl tio ulft\ lurtfa, * jiioiT *, 

* dtM’idor La loohnv parail. oorlaiin; d'apros los soiuvos pali»-s. 

a. Soiiiv.os ]»alios. - rokara khautUta vV.liildrr.s) ; Vildiarii*a. li{7 ; .sadi/u- 
hlm ro ff.s-if i / tnihlift vo hficftstt I'l ifdnasauiinhhHrff rkdvokiimhhnro vnlu rokdrn- 
hUitim ]m iiicavukdnihhii.ro : Vanuika, iraj.avs Ivailiavalllni. Irad. p. :».S ; Kallni' 
valMiii, iii. i i : .si los oiros iiicoitsoionis pos.sodonl inn* oxisLonco oomporlaid nii 
vokdni on cini| vukavas. i.Htidtlliaghosa I'xplijpio : vividhrua visam rksnm 
knriifati), 

1). V^'yakliyri. vifarrikdra osl l«» iioin ipio lo llomMlia Kfi.'iyapa ilonno anx 
akadtlhaa, rjfarakdra (riAe-ieiidratkdni) siniulio savifarakam d'apros 
l*aniiii, v. i2, 1i^7 ; dono : * oo qni doi-oil, ro ipii oonltvdil (risaniru(inni) j»ar .son 
iiiiporiiiaiionoo \ lioliiiilion ipii oon\i(*id aiix .skamihas d'apros la slanoo : Lo 
nipfi ost ooinmo nii iluonn d'ooniiie ... » (Saiiiyutla, iii. l4iJ). 

r. Vililiusii, 111 : 2 . 1 . — Los aindons 'rulhauialas Saniyaksainlmddlias appollonl 
le.s skdmgiUii dn imiii de ; iiiais le 'rutlia^^ala Salllyal<.'^arld>llddlla 



208 


cirAPiTRE n, 44 il. 


( 1) roxislfMiPo <l(\s rlivs (111 ItOiuuIhriln ronsfiisnts do^ natin;e [0 (jiii 
(‘iilnMil Jans 1(‘ nM-iRalliniiPut J'iiiconsrieniM^ on Jans lo recnoilleineul 
d’iirivt (2) r(‘xisUMu*(‘ Jes (‘Ires Jii RripaJhatn ijiii sont on posses- 
sion J(‘ Vdmmjiiikay ([iii sunL n(*s parini les Iiicoiiseiinils ». 

IV* rr l(‘xl(*, il ri snlte ([U(‘ l(‘s di^ux recneilleineiils soul pralitpies 
par des ('Ires dii KaniadhiUn (d Jn HfipadhriLii. 

H y a lonl(J'ois ccUc* dilleriMiee (‘idre les deux reeiK-Jlleinenls : 

44 d. liO n'cneilleinenl (r.arrel, |M.Mir la pivnilere I’uis, i*lit.‘z les 
lioiniiHvs 

line |)t*r.soiin(* ([iii n’a janinis prodnil l(.‘ n'cinJllenienL (rincoiN 
seieni*(‘ piMil. pnuluire re nMMfeiUeinenl soil dans le Kainadluitiu soil 
dans le i{ripaJha!n ; inais il laid iiecissainaneid etre lioinini' pour 
prodnire, ponr la pnsnit'a'e fois, l(.‘ recneillenuail d arnM.. Un honnne, 
im Arya, (|ni a |M*odiiil rt‘ nM'ueilleinenl pi^nl (ni loinher 
ell penJre la possi'ssion (jjrdpli), naiailre dans li* Rripadlialn el y 
proJuin' a nouveau re ri‘rii('illenienL 

Mais la ipieslion se po.>e si on piail loniher dn reeneillenient irarrel. 
(pii ('sl pan‘il (.satlrsa) an Nirvana. 

Old, repondenl les Vaihlia^ika-i ; id(‘r la elinle, r/iJsl ronlredire 
rUJayisrilra * : i^’ien's, nn Uliiksu esl doia!* de inoralile. d(‘ n*rneil- 

sriky;nmiiii ;iiiprl!e Irs Vjinrakaras Jii iioiii dc skaiidhns. Les ancii iis piirlenl 
no iiiH| c]itirfil:(trfts, Snk\;iiniiiii jjarlo tltr rimj niKiihinnsknmUins. Iri, dans 
rAliliullmrnia, nn parli* d’cxi.sIciiiM* * a riinj viffi mkanis ’ (pniica '} jmhh' Jiiiniln r 
«pir Ins rinij skitmlluis (innl parlo Sakyaiiiuni sniil 1j*s I'imj vyarakaras ilmii. 
{•aririil l<‘s aiK’ifns i>nii(ltrii:is. lNiiin{(ioi U‘s aiicieiis riniiiMlias se servetil-ils 
tin Irniu" vfidvakani, landis hr Htnnldlia arluc.l se sort, dii le.rine skamlhd ? 

I’aree tpin les i!nii<l<ihas vnieiil ee qiTil coiivieiit tlire mux iidtdes iNjiinpua 

et‘lte expH'ssinn vynrakani}' Vax raisnn de la pravrfli (samcum?, lienu Irhnaii) : 
les skaiidlufS n»*s anIerieiinMiUMil s«^ developpeid en raisnii ties skiUKihaii pnsle- 
rieurs. nn Ineii les skiDidJiffa nes pnslerieiirenieiil. se developpeid. en raison des 
sktiutliias anleriiMii’s 

1. (It*s rln.s. eoiiseienU [lar naliire. lorstpi'ils d('\ ieniieiil aiiisi iiu'nnstrieiits 
dans I'lin tk^s tltuix reeue.illenieiils, soid cisahlidyuvitle stliita, ‘ plaees duns 
line pensee eonirain' a liair naiiin* 

'2. iiinnilnilj iiralliumain hvsh ii 

• 1 . (le Sfilra e;d priM.die par ^rnipidra : iJ pi>rle le. iiuni d’Uduyin, paiee ipie le 



Jlinan-tsaiiy, v, fol. G a-7 a. 


^09 


lenieftt. (lt> discornonK*nt. Oifil ontrii a pliisiriirs rq»ns(‘s dniis lo 
rt^cucillenuad. d’arrel ctqu’il rn vsorto, nda esl possiMo. Si, dans cotlo 
vio, il nVirrivo pas a Ydjn(l\ ni non pins an inonaait do la moil, 
apres la doslniclion dii corps, IVandiissanL los tiionx do nonrrilnro 
{^rossioro, ii renait dans nn corps divin montal (diryr mauomaye 
kCiyc). [7 a] Ainsi rono. ipril ontro a [dnsionrs reprises dans le 
n*cntdIleinont d'arivl el ipi'i! <mi s4)rle. cola est p^issiblo ». 

do toxto niontn* <*n oirol ipie Ton lonil>t‘ do la uirodliasauidpufti. 

IVnno part, lo corps mtailal <lonl parlo Saripnlra, Ijonddlia fait 
ontiMidro (|n’il apparlient an Kripadliain ^ D’anlre part, b* naaieilbi- 
niont d’aiTot est dn plan <ln hhnrdf/ra, lo pins hant doi^ro do TArn- 
pyadhiiln. IJn Hliik.sn <pii l<j possodc^ (lallahhin), s'il n’lMi tomlx.^ pas, 
s’il iu‘ lo perd pas, n<^ ponrra n-pnaulro naissanco dans lo Ufipadhatu 

cniilnulirleui* <]<i Sarijniiia rsl lldayiit. La ivtliudiiui sans«*rilo fsl Ires vuisiiie dn 
texle pilli. Madliyamn^aina, o, i A Anuiillara, iii. lOJ. 

sracasltjdm nidanam / lafrdifiisman sHriputro hhiksiHi diuantraifufe 
Ntna f ihnyHsnuiufit hhiLpth fiilasamfKtuttfu'i rn hluivati sfuuddhfs(f)npanHas 
ca pntjHdsantpnn lifts ca l so 'hUikspaui stniijiHt red it<t n intilham suntdpmlyafe 
ca i'yuttisthafr vfv ; asti vaiUit sthauaiu iii ytitliahhidftm ]n‘tij<ni(lun / sa 
nehaira drsfa era dhanite pmfipathfaivfijiVim dmtfaifati ndpi lufirana- 
sfiiiiaye bheddc t:a kdif(isyaldcraintfa fiord ti karftdikCimhlia'kst'ni aiiyata- 
masuiin tlicije uifinomaye kdya iqKipadijnfe / sa iatropapauno ... 

Vyakliya : pratipatlyaicfi - purrani ora, 

C« Srilra e.sf disralO viii. a r i lln'si* dr I’i-xislrnrr dii nipa dans I’Ai nryadiiatu). 

OiMiparer Hr^lia, i. JOn. 

1 . djildni drdtjayafi, (aMiiiiie- tlans Malirivusln, iii. iVi, — i'luaninrllia : «. il 
ii*ni)lk'iil i»as Vdjudfurliidriija. riiiiaii*t'>aji,ir : ' II nc s’apprnjiit* [ms do iiuiiiiore 
a iddoiiir la ([iialito d'Arhai ... y' 

On lo nniJiiiM^ nianoiiuiyaj moidal, {unro (jiril nail iiidopondaiiiinoiiL dos 
oloinonls dd la ^^onoralinn : inais otda no vonl piiTi din*, (.jii’il soil iiii »Mvr|.is tail de 
not ions, Sftnijodmnya |l.)7y lia. i, lOro, id ajiparlonanl a l'Arn|>yadliuhi, 

Udayin lo poiisa. 

Sin* lo ‘corps montal ’ dn liodliisall va dans lo iMaliavaslu, Opinions siir Tlnstoiro 
de la dognialiipic, p. iJnS. 

ft. Note lie redilenr japonuis ; i. Les dieiix de corps menial dunl parle le Sfdrti 
soul (a) dll llfipadlialn, punr lo Sarvaslisadin (iiieme opinion. DTglia, i. iDo) ; 
(b) dll RfipadliiilLi el de rArnpyadliJiln, ]aMir le Saiilr.nniilva, (e) les Asainjnisultva.s, 
pour Udayin. — ii. (dude <!ii roiaudlleiueiit d’anvl, d'aprrs le Sarvilslivadiii ; jioint 
de ehiiie, d'upres le Santraiilika et Udayin. 

Muis, iLapres la Vyakliya, le Saiilrrmtika udinol la elude dn reeiieillonieni : il 

14 



210 


CIlAPlTItE II. 44 d. 


D’apWis uiie autre eeale k; reeiioilleineni (ranet aj)p:irli<Mitttiiussi 
ail quatrienie dhyCina et ii’ost pas siijet a la cIimIo. 

Cette opinion n’est pas eoneele. Ce nH-neilleinent ii\Mj)partienl pas 
ail (piairieme dliydna, ear le Sulra enseigne ipTon aetpiierl neuf 
re(?ueillenienl.s run apres I’anlre \ 

Conunont done expliipuM* le reeneillenn'nt nomine ryiilkrdutaka 
(viii. 18 e) dans lequel rasecte IVanelnt divers sLades do recueille- 
inent ? 

ka reglt^ de la prodiielion sneeessive des reeueilleinenls coneenu* 
le dtUmlanl Celui qui a aeqnis la inaitrist; rrancliit les reeueitleinenls 
a son gre. 

II y a iltme. entre les ileiix reeueilleinenls, dillerenee 

1. ail point de vue de la tern^ : le prenuijr esL du ([ualrieiue dhyCtua, 
le second du hhamyra (nitiimminjhduimnajHdyfdanfi^^ ; 

2. au point de vue de ranteerdenl ou fyrayoya) : le 

premier pnieede de Tidee dii la delivrance raiissemenl idiMililiee a 
rinconseieNee ; le second, de Tidee de qnietuile ; 

a. an i)oinl de vue de la \)i}rt>in\\n^ (mmhinft) : le pnanier se produit 
dans iin IVlliag^jana : le sijeoiul, ilans un Arya: 

4. au |M)inl de vue de la nalun^ dela relrilmlion : le premier produit 
la naissaiice cliez les Inconscients : le second, la naissance dans le 
hhavdijm (Kalhavalllni, xv. lO) ; 

5. au point de vue du caractere de la retrilmlion |7 h |. La relrihulion 
du premier est necessaire (niyala), a lieu dans rexislence procliaine; 
la retrihutioii du second esl necessain* dans le cas d(‘ rAnagamin. 
non neciissaire dans le eas de rArhal ; (piand elle* a liiai, elh* a lieu 
dans rexislence procliaine ou plus turd ; 

1). au |M)int de vue de la production pour la premiere fois. Le pre- 


nie loiiletois (jik? le Saint loinlio «Il* rAryaiuarga (ronfrn Sarvitslivaiiin}, d’on ties 
iliniculies «|ue la Vyukliya re^soud. 

1. Maliasruiigiiikiis, il’apirs Koii-konaiii^. 

2. iJirglia. 17, II: Dlglia, iii. 2(><» : Maiiavyii1{iatii. (IS, 7 : navaniipnrvasamtt- 

paitayafi : les <|aatre f//<.i/d««.s. les «|aatre el le reeHeillemeiil d'arrel. 

Jk pralhamahalpiknh — ■ liditnh sanUipatfiridhUynknh. , 



Tliuan4sang, v, fol. 7 a-li. 


211 


mieif est proJuit indifrtTcmmiMjt clans donx spboms d’exislence ; lo 
second, seidemenl clu^z les liommes. 

Le caracttM’e coiniinin des deux reciu^illenienls est rarrel de la 
peiisec' (it des inentaux (cittacailtdudm nirodhah). Pounpioi noinmer 
le premier, ‘ reciudllemeiit exempt de notion * 

et le second, • recnelllonient de Tarrel de la notion t^t de la sensation * 
(samjndmditaYiim^^ ? 

Parce (pie le preparatif dn pnMnita- s\)pp()se(/>m//M/zc^ 

senleiJUiiil ala notion landis cpie le pniparatif dii second s’oppose 
senlement a la notion et a la sensalion. De nieine le paracitUijniiua 
(vii. 5 h), ‘ connaissance de la pensee d’anlrui porle sur les mentaiix 
(rantrui : il n^joit un noiii n*strictir parce ipai son (neparalit* vise 
seiileiiient la pensee crantnii 

Dans l(is dciux reciudllemt'nts. la pensei' se irouv(‘ inl(*iTompiie pour 
longtemps \ (lonnnent, a la soitii? dn recueillement, line nonvelle 
pens(';e peiit-elle naitre d'nne |»ensee delruitiMlt^piiis longbiujis '* ? 

I^>nr les Vaibliasikas, ancnne difliculti* : l(\s dhannas pass(*s Cixis- 
teiit (v. 25). Par conseipuail la pensee nnterieinv an reciieilhanent, la 
pens(»e-de-reciieillenienl (mmdj.>(dltcilla) on ‘ pensiie (rtailree dans 
le recueillement \ est la cause semidahle (d immediatii (scnuaHaH'' 
lampralyaiju, ii. 02) de la pensee posleritaire an recueillement on 
‘ ptaisee de sortie rynWidyiacMta ( Vibhasil, 152, lo). 

1. On s« jHvnurc u VasamjilisanKliJalli on ju nsant : • La smnjiUi iiialmlie, 
iihrrs ; f4*ci est IrutKpiillc, rori esi rxiM*llont. a savoir l:i oossalion tie la 
samjiid ». 

1*2. Ia) [avparatii* i;oin{Ma'lo la iv.solulitui : Jc. runnaiirai la ]>(*n.see d’anlrui ». 

il. Lps sy>jtriin‘.s (sUldhdula) .soul m ronllil. iNuir l<'s VaiMifisikas, tic., Its 
!*Hturillpiiu*iils et Vdsamjtrika soul cxtinpls de pensee (atitUikainj ecu ...); 
pour le Stliavira Vusmiiilra, etc., ils s(»iil iininis de pensee (aacittiikdni) dii Tail 
<ruiie connai.ssaiict iiitiilale non inuinTe.ste (apai'isphutaiuanovij^tdna) ; pmn* 
les Yogacjlra.s, ils soul ini.iiii.s de pensee dn tail de VdlnpacijndHn (V'yukLya). 

i. Cette (pieslion est p<».see par les SautiTiiitikas. IVair eux, la ptiiste (pii vioiil 
de perir, et la pensee qui a peri depnis loiigleiiips, soul egalenitid. iiiexistaides : 
toutelbis la pensee qui vieiit de perir esl la cause de la janisee ipii suit iiiiiiiedia- 
leineut : couiparer le momeinenl des titaiix de la balance ( iulddu ndu}i nduuH'U'- 
Wilma C(flf, comp. Slilislamba dans Bodliicaryavatara, 481.1, :i). 



212 


CHA PITRE fl. 44 (1. 


Les Santnliitikas raisoiinout coiniiiP il suit. Lorsqu’iine persfeniic 
iiait clans rAiTipyacllKllu. Ic' rtlj)a, o!i inatiprcs sc* Iroiivc* coiipr pour 
line longues pc'iruKlo (iii. 81 l>) : si cuUe personnc' renait eiisuilo dans 
le Kainaillultu on clans le Rnpacllifilii, son nouveau riijja ne proca^ltj 
pas de la serie de nipa inleiTouipuc" longleuips auparavanl, inais 
bien de la pcMiscn?. De up'iiio la ]»on.sc!‘e de surlier clc* reciKulleincMd. ii'a 
pas pour cause la peiistV* aiiU'a-ieure an nH iieillenieut : olle nail du 
‘ corps muni crorganes ’ (iiondriijakCiija). (Vest pour([uoi les Anciens 
Maitres disent : « Deux dhanaas soul la scmucmicc run do Tanlre 
(anyonyahljaka) : ct/s deux dhanuas ^uv\\ la j)ensee «‘l le corps iniini 
d’organes ». 

Vasuinitra clit dans li? tiaite inlitide Dariprcclia ' : (letlo dilTiculte: 
« Coinmenl la ponsek* renail -c*lle apres li* recueilleiucuil ? », inlen‘.;se 
ceux ([ui considenait lo ivciieill<?nieiil d’arret coniine excMiipl de 
pensi'M\ Mais jc^ soutiens cjiie ce recueillenient (?st accoinpagne cruiie 
pens(?e subtile. La difficulle n’oxistc* pas pour inoi \ 

liO Bliadanta (Ihosaka tienl cello opinion pour cm ronee |S a|. Kn 
effed, si cjiielcpu* connaissaiic‘e (rijMna) dcMiXMirc* dans ce recueille- 
inent, il y aura conlacl (spatiin) jiai* la rc*nconlre de la triade, coiiiiais- 
sancMi, organe, objet ; eu raison dci contact, il y aura seiisalion (reddud) 
et notion (mmjua) (iii. 30 b). Coinino renseigne* Bliagaval: « Mu 
raison de I’organe menial c‘t dc:*s dharmas nail la connaissanc*e 
inentale ; rencontres dc^ la triade, contact ; naissent on iiienio lenips 
sensation, notion, volition » '. Done, si on adnicd que la [icMisec* 

t. l/uiit(>iir le iioni du Iraile |i;irre <hh- V'iisinuilra .:cjualili«.‘ iiidill'i'iem- 

menlStlmvira on Bhaduiihn a errit d’aiilres livo*.;, Ii* Paurava^hik.-ijCdr.f Vyakhxa > 
— 11 y a nil coiiiiiieidaire du Paneavashika par Diiarniairal.-i. N'uiijio Isisa. 

L*edil.oiir japonais reinanpie <|iril iie s'ai^il pas dii V'asuniilra de la Viljhfi;si» 
mais d*un Saiiiraiitika. — (Vnir P'oii-koiiaii^, 20, lc»). 

2 . Vihliasa, 252 , i : Le Darslaiilika el le Vildia jyavadiii suidieiiiieiil iprune 
pens^e siddile ii'est })as inleiTuiiijnie dans le rcM-neiilenieid d'arn'l. Ils disenl : >< Il 
ii*y a pas d’etres cpii scneiil eii iiieiiic li;in|»s sans ja'ii.see el sans nipa; il iCy a pas 
noil pins dci reeiieiiii 410 soil sans jM'iise.'?. .Si l«? rei-ncilli tdail sans ponsee, Torgane 
vital .serail coupe ; on Pappellerail, non pas : inslalle dans le recneiilenieiil, mais 
Lie 11 : morl ». 

SI. Sainvuklagaiiia, 11, 8; comparer SarnynUa. ii. 72 el suinres cilees‘ad Kosa, 
iii. 30 b. 



Himii-tsang, v, fol. 7 h-8 a. 


213 


na, titUi) p4U’.sirslo dans ivcucilloiuoiil, la sensation et la notion n’y 
soront pas anelees. (.)r vd reeneilleinenl sVifipelle rarrel ile la sensa- 
tion et d(' la notion (mmjMmUlnnirotllift), 

Vasnniitra repojnl. — liO Sutra dil : <s Kn raison de la sensaliini, la 
soif i), et eependanl, l)ien ipie les Arlials epronvent la sensation, la 
soil’ ne nait j»a.s eliez les Arlials. J )e ineiiK' ici : tons les eontacts ne 
sont pas cause di* sensation. 

(le raisonneineni nVst pas deinonstralif. Le iSfilra, en ell'et, precise ; 

La soil’ nait en raison de lasensaliiMi nee du contact qui est acconi- 
pafj;ne d’itjnorance » (iii. 27j Tandis cpTil dit: « La .sensation nait 
en raison dii cfoitact Done. distMit les Vaiblulsikas, la pensee est 
inlerronipnr* ilans 1<‘ recneilleinent d’arret. 

Vasninilra dit : Si ce recneillena'iil (‘st coin[deleinenl exempt de 
j)ensets conirnenl est-c(‘ la un recueillenaMd (mmdjxdti)? 

()n It: nomine recueillt'mt'nt parct* tiiTil met Itvs p;rands elements 
dans un elal dVj.;alile N'ontraire a la production de la pensee ; on 
liieii encort* parce ((ui? les asceles y penelrenl (mmdfjacclianti, 
saindixfdffatflc) par la Force tit' la peiiset* : c’esl iiour cette raison qiie 
les (llitjdnns, etc,, soul nommes mni(ipallif>\ 

Doil-ou considerer les dt'ux recin'illenients cmnme existant en .soi 

(drariffUas, srid(fkm}m^^ ? 

Oni, rept>nd le Sarvastivadin, car ils t*nlravent la nai.s.sance do la. 

ptMi.sce (ciUoliHiUipmiibanflb |.S b|. 

I. SaipyiikirigiOMii. U; Samynltn, iii. 

i?. wnhfthlintasnmafaiHhlfniam.. - rinnmlc a |ni.xs(* ilaii.s AJaliavyiit- 

palli, as, !). 

Vililiasa, l.'ii, I : C«'liii «|iii sa Iroiivo <!aii.s la il i i’fnlhntiamfipatf I ne pent |»ns 
ei.rt: In'ulr par Itr frn, nova par Teaii. par 1»* ronlejtii, hie par aiitnii (comparer 

lo.s l(\i;eialc*.s (le Sariij'iva, KlifinM-KcinJafiria, dans Visiiddlii, xii. dPTS. ISIM, 1J!2). 
Poiirr|u«>i po.s.MMl(>l>il (pialih'* V Va.sninilra dil : Puitc tpie relto samdpnUi 
in* p'^ul pas rire (‘ndoiiuna^(‘('.; d(»iir rtdiii (pii .s‘y Iraiivc ne fdre endomimige. 
-- Ailloiirs : Ce (pr»)ii ('idend par s(tiiK.i 2 )nlff, eVsl ce ipii pr(»duit regalile dti la 
ptMisiin:. Ici. il n’y a [>a.s de pensi'e, (•(nnmeid. parier de HamnpaUi ? — liasaind- 
pfitti. esl de deux surles : ee (jiii iirodiiii I'egalile de p(‘ii.s(s*, ce (|ni prodiiil rt^gulite 
de.s graiids ideiiienl.s. J'Weji (pie les deux sauifipf lifts cdiipeiit r('‘galite de la penst^e 
pui.s(pi’ej^ies inhM'romjxMil ia peiis(*(% ellcs realisenl regalil(; des grands (‘leiiienls. 



214 


CHAnim II, 44 (1-45 h. 


Non, repliquo In Saiitrrinlika, c(^ n est pas ce que voiis nornnie/. 
‘ nMuieillonieiit ' (|iii enipL'che la naissance dc la poiisee, c’t^st la 
* pensee dc recucilkniuMit ’ (sfundpatticitta), la pensee ipii precode 
Tetal do rociieilltMnent ; cello pc'nsee, etant opposing a la naissance do 
la pensee, fail (jue d’autres pcMisees no naissent pas pendant nn certain 
temps. La penst^e do recueilleinent rend la persoimc (cisraya ) ' ou 
serie (snmldna) contraire, non-idoine (viruddha) a la naissance do 
la pensee. Ce qn’on appell*' ‘ recneilleinenl c/est simplenumt la non- 
existence (le la pensee (npmvrUlmdfrn) pour un ctu laiii temjis ; non 
pas line chose on soi (dravyadhannn), niais nn ‘ dhannado dtvsifTna- 
lion ’ (prajhaplidharma). 

fjo iSarvastivadin. — Coiurnenl le recneillement, s'il n*est |)as nne 
chose en soi, pcMit-il Olio nn conditionne (sam.skrla) ? 

Cette * non-existence do la ponst^e ’ n’c'dail pas roalisoe avail t la 
penseH? de recnieillemonl ; (dli! <H\sse (jnand rasceli' prodnit a nonvean 
la pensile (vipitdinnacMla : p<»ns(!‘e do sorlie tin ro(rnoilleinonl). On 
pent done, en nuiniore d(* dire (miHtpavfihdmUis), la desij^nor 
(prajhdpyale) comine cdanl * conditionnoo \ pnisqn’tdlt? ('onnnencr: 
et Unit. ■ On hien, ce quo nous dosif^nons |»ar le lenne * rt'cneille- 
monl c'ost la condilion (acnMdvisem) do la porsonno ((israya)j 
condition qni rcvsnlto de la [lonsde de nuMieillenionl. 

l)e meine en va-l-il do rinoonscience (dsamjiitka, ii. 41 h-c). 
luisaiujuikn n'est |»n.s nne chose on soi (pii enqioche la rniissaiice 
lie la [KMisee ; par ce lenne nous designons Tetat d'inconscience des 
dienx ineonscienls, (Hjit <pii resnlte (rmn^ cerlaine iiensee. 

Les Vaibhasikas iradinettenl pas celte opiiiij>n ; ils soutiemient 
([lie Vdmmjiiika et les donx recueillemenls soiit des choses en soi ^ 

Qirest-ce <|ne Torgane vital (jivitendrya)? |9 a] 

45 a. Le jivitay c/(\sl la vie (dym) \ 

1. Vilsrnyn a rHo fli.*ri]ii ii. 5-G; voir aiissi p. 18^. 

2. HiiiHii-tsaiif^ trailuit : ^ Cvtte llieorio itcsl pas lionnc, car rllo est eii ronira- 
dirtioii aver noire systeine ». — Ajnuiojis : Aiiisi parlent les VaibliOsikas ». 
Voir ri-(lessiis p. 108 n. 2. 

8. (lynr jivitam, 

BiKlilliagliosn attrihue aiix Pubbaseliyus et mix SnminiUyns la doctrine ipii e.sl 



lTinan-fmn{i, v, lol. 8 I)-!) a. 215 

KiircflVl:, rAhhidhanna ‘ dil : OfiVsl-ce *[ia» It* jii-ilrudrya ? — 
\:dtjHS des hois .splirros trexistfiwo ». 

Ouelle sorlc do dhaniia osl IV7///y.s*? 

45 a-l». Lo siipporl tlr* la ohnliair ol tic la connaissann? 

(]ar Jlliagaval a dil : Lorstnit* vio. cliahair ol oonnaissaiioo 

tpiillonl lo rtn*|>s, )<• oorjis i^il dolaissr, coimiii* dii laiis. ])rive do sonli- 

TUOld » 

[1 oxislo <lt>no tin dhanna tiisliiifl. su|)|m»iI da ]a olialonr ol d<* la 
oominissaiioo, oaust' dt* la dam* (dhiU) do la s«'*rio (mmldna) ot 
noaaiio nyn^i \ 

i. Lo Saulnlnlika nii* roxish»no<' t*n sni do ror^nni^ vilal (junta, 

(UfHs). 

1. Lo Saalmnlika. Si Vdijns .saj)|>t»rl(‘ la olialoar ol la oonaais- 
stiiuro, par qiiai (‘sl-il lai-mojia* supporlo ? 

lit: Vaihliasika. II oslstippoi lo par la ohahair ol la ot)niiaissanco. 

Lt* Saalranlika. - - Si (*os Irois ditanuas, vit*, olialonr ol onnnais- 
>anoo, so snppor(.(‘nl iinilMollt'iiionl ol otmliiinonl d’oxislor (mndfh 
uaiiravrlti) parco snpporl ninhioL o(Mimu‘nt pioinlrnnl-ils (in? Letjuol 

iM'llc ilo IWIiliidhnniia : \r jU'ifviKlrhfn i?ii unqmdhaniwa. 

Vnir KjiMim V iilllni. viii. Hi. ]». ir>t» ; ViMiamr.'i. j». liiM, Dlinniriifisino 

piiji, la, I'lari, AMhasriJinT, til l. 

I. 11, r.i ! Iinlrlyn:-I\ainlli.sl\ii, i). I ’liiU.-nann, II i) U ; p. 17*, I. 

dflltava iisinnripiinifnjor la' imli / 

H. (Uft(r ifsnidflui riji'niiiam ffrulfi knipnii jalirtfif inui ■ 
ftiiftrdltUiali f(((la .sefc. i/afhd la^llutnf avolmmU :i 

SjujiYiikla, iJI, n, Miulliyiiiiia, Ti-S. t, SaijiyiiUn. iii. I la ■ variniilrs) ; roiupnrpr 
i. (lito ri-Hossnus ad iv. 7a 

I. V'ihliasn, 1.71, S : Sfilni <’sl i-ilt* par lt,*.s Vildia jyavadiiis jMuir olaidir quo 

• os I i nis fllaintuts, vio, olialonr (d oinijiaissaiioo. soul t<»ii jours unis ol non sopariVs. 

Mais Vasuniilra olisrrvo quo lo. Srdra \iso la sorio d'liii rorlain dsmijn La vio 

(aifiia) fail partio du samsktirashnutlha, dii (Utnnitailhdin, du (Iharnmyatana ; 
la fhalour, du rUpnalrandha ol du sjiras(nvtjni/tifan(( ; la roniiMissaiirr, du 
^'fjifnmtsh'nudhn, do sopl. dhdhis ol du nimmiuinffum : dono il no faiit pas 
prondiv lo Sfilra a la lolln*. Mu oiilro, -si ros Imis dlmnnifH void loujours onsombie, 
*1 y aura olialonr dans rAriipyadlifMii, ii y aura vio ol roiiuaissaiioo olioz los iion- 
''lro.s-viv||uLs, il y aura oiiiinaissaiioo. dans !o rootndllomoul «rinooiisoioiio«\ 



216 


nHAP/TRE n, 45 a-i). 


peril Je preinior dont la dostriiclioii enlraii\cm la destnictioi^ de.s 
autres? (lar, si I'lin d'^Mix ne peril pas lo premier, ccs trois dlmnnas 
seront elernels el ne [)eriror»t pas (miivrUi). 

liO Vaihlifisika. Xifiytis esl siipporle |)ar raelo ; VCiifUS a <de 

projele par Tacle et eonlinne d'exisler fius.si Inn^leinps (pie ie com- 
porlc la prnjerlion de Vaele. 

Le Saiitranlika. - S’il (^n esl ainsi, poiirqiioi ne [las adniellro (jue 
la ehaleur c't la connaissance sonl snpptjr^'es par raete, el (pTavons- 
nons a Inire (!(» (IJ l>] 

liO Vaihliilsika. — C(* ipii est snp|)orl(i par Tacft' est, de sa nalnre, 
relrihntion. Si la e(»nnai.ssanee (.‘lail sn|>porlee par Tacle, lonte con- 
naissanci', dn la malrici' a la mart, serail n'drilaitinn : re qiii esl faux. 
IVnii la neressil('‘ d(' snpporl(> par Tarle, snp|»orl de la cludenr 

et do la ronnais.sance. 

Le Saniranlika. Dikjs done cpie Parte .sn|)p(n le la (duilenr el 

la rhalenr suppnrle la ronnaissamv. IiVr//?f.s* est iimlile. 

Le Vaihlinsika. LVe//a6* est ner(‘.ssaire, car, dans I’Anlpyadli 

la clialenr niaiKpie. Qnel sera le support d(‘ la ronnaissance da.«s 
PArnpyadlirilu si lV7//?f.s" n\?xislp pas? 

Le Saulranlika. La ronnaissanre, dans rArnpyadlinln, est sup- 
portee par ParU*. 

fiO Vaililiasika. - A v(‘z-voiis lo droit de changer (Popinion ? Tnniot 
voiis suppose/ (pie la roimaissanri* (»sl su[>porl('*e piir la rlialoiir, 
tanl(>l vous voultv, 4|u'elle soil .sup|M»rh’M‘ jiar I’ark*. — ' Ln outre, 
vous Pave/ admis : il faul (H-iter ('olle (•onse([uiin('e ipu* lonte I'onnais' 
sanrc', de la inalrice a la niort, esl nHrilaitioii. I\ir (*ons(^(pienl Vdynn 
exisle, support de la (dudiair el de. la ronnaissanri*. 

2. Le Saulranlika. Je ne niii pas Pexislenre dr IVit/ma*. Je dis 
seiilemenl (pie Vnyns iP(*sl pas une (those en soi. 

Le Vnihliasika. - - Quel (\st dour le dh(irnia(\\{ ou (l(\signe sous le 
noin d\lym ? 

Le Sautraritika. — (^(‘.st une ('(‘rlaine puissama? (pie Pacle d’line 

1. t.Jiiiaii-t.san^ : « Eii Diarv re quo nous jivoiis <lit. - Qu’a vez-voiis (lit? 
Pour relle roii.si*r|ii(uic-e ..... » 




Hman-tsang, v, fol. 9 a-10 a. 


217 


existence anterieiire place dans Telre an inoineid de la (‘onceplion, 
puissance par lacpielle, pendant im temps determine, les skaiidhas 
se renonvelleront on cette serie hoinogene (jiii consliliie une existence 
(nikdyct^ahhfiga^ ik 41). l)c ineme la graino place dans la pniisse 
line certaine puissance par lacjiielle la plante se develnpp<‘ jnscjira la 
rnaturite. Do inenie est placee dans la lloche lancee une jcerlaine 
puissance qui fait que, pendant un temps donne, elle se deplace 
Le Vaise§ika emit qii’iine certaine snrle de gima nii ‘ qiialile \ 
nnmmee samskdra et aussi vega^ impdifs, nail dans la fleche. Par 
la force de ce gunn, jusqu’au moment on elle toml)e, la Heclie va 
toujours sans s’arnHer \ 

Le samskdra est uni(|ue ; d’aulre part, la (leclie no renconire pas 
d'olKstacle : done aucune dilVerence nVst possibli' ilans la rapidite de 
la fleche ' ; on outre, la lloche ne tomhera pas. Direz-vous quo le 
'vent’ fait ohstacle an samskdra? Le ' vent qui fail obstacle, 
otant le meme tout pres on ties loin, on hien la flechi' tomhera ioiil 
d’hbord, on bicn elle ne tomhera pas. 

JjOs Vaibhasikas maintiennenl que Ydyns est une chose on soi 
ii. Comment a lieu la mort. 

La mort a4-ello lieu siMilemenl par epuisement de la vie (dyas) ? 
Le Prajnaptij^aslra dit : « II arrive qifon meure par epuisenifMit 
de la vie (dyuJiksagdl) sans qu’ori menri^ par epuisement dii merite 
(imnyaksaydl), Qualre alternatives : 1. mort par e|)uisenieiit de Tacle 
qui murit on vie ; 2. inorl par epuisement de I’acte qui murit on ohjels 

1. sasyanam paknkalavedhnvni ksd}fe.sif,stkiUkaldreinifn'nr. rn j 
'il. VaiSesikadar^aiia, v. t, IG; II. IJi, Vaisosika pliilo.sopliy, p. \(hi. --- I/cxfinplf^ 
la (lodie n’a pas de valenr pour le Vaisesika qui fait <lu i:egn une cliose on mu. 
l.)onr I'anteur refute la lh«*orie <Iu Vuisi‘sika. 

3 . ^^ighrataratanmprdptikcilabhcddnnpnpa Ifih. 

4. liiuan-tsaug : « II y a line eliose on soi, snppiul do. In. olialour ol do la I'on- 
naissance, nominee dyus : cello, doctrine ost Imuiiio Nolo <Ie I’odilonr japonais : 
f/niilciir se range a Tavis dii Sarvn.stiv.adin. - - Mai.s on doil siippo.-sor <p.ie llinan- 
Isang omel les mots : Les Vaililmsikas disonl : ... v, oar V'a.siihniidliii, dans le 
Paflcaskandliaka, adopte la these Sant rant ikti. 

5r Kiyfinaprujiiaplisnsira, cliap. xi (Mdo 7i2, fol. 240 h). 



218 


CUAPITRE IT, 4o a-h. 


de joiiissanco (hhoga) ' ; 8. niort par qKiiseinenl de ces deux sf rtes 
iractes : 4. moii. par le Tail do no pas ovitor les causes 

qiii luiisent f vimmaptirihfim par oxeni[)lo, oxces do noiiiTituro 
(afjjnsana) 

II faul ajouler la niurt duo a I’abaiidon dos dyiilimmskaras {li. 10) ^ 

Lors([uo la vie ost opuisoe, I'opiiisonionl do racto qui inurit ou objols 
do jonissaiuM* n’a pas d’olTicaco pour la inort [10 b| ; ot rmproquo- 
niiaU. Par consoqiionl la Iroisiouu^ allornalivo doit s’enlojulro : « luorl, 
los <loux sortos d’acies otanl <q)uisoos ». 

iii. Mori avaul lo loiiips (akfilamayana, iii. 85 c). 

I.o Jfirinaprast Inina ( 15 , 12) dil : « Doil-iai din* di* IV7/7M.5 qu'il ost 
‘ dopcndant do la sorio ’ ) (Ui quo : ^ nno fois n<\ il 

duro (sdkrd uiimnndm listhafi) ? Ijdyits osl do la. prornii'n*o 

calogorio on cv (pii roganlo los olros du Kilnuulhnlii (pii no so Irouvont 
pas dans un dos dtaix rocuoillonionis ((imwjfnmmdpatti, uirodlia- 
miiidpalU) ; il ost d<' la dtaixioino caiot^orio on c<^ qui ro^ardo los 
olros du Kiunadlirilu qui so Irouvonl dans b‘s doux rocinalloinonls, on 
CO qui rogardo b's olr(^s du Hnpadlmlu ol <lo rAriipyadlinlu ». 

Quol ost lo sons d<' 00 loxlo? 

P(»rsqno, \v corps (d,sraya) oUvnt ondouTiinq^o, Vdt/HS osl raidoin- 
nui^o, Vdyns (*st ‘ lio a la sinio dii corijs ' (diniyasamlalipmUbfid- 
dha). Si, lo corps no ponvanl olro ondominago, r(f///r.s* porduro tout 
lo tonqis pour loquol il a olo prudnit, on dil quo Vdyths, uno fois no, 
duro 

liOs Mailros dii Kasinfr disont (pio la promioro sorl(‘ il'dyds osl 
' snjotlo a obslruclion ’ (mniardya) ; la s(‘Condo, non snjollo a T)bslru(’- 
tion. 

II y a done m(»rl avaut lo temps 

1. Snr l»;s rlivors friiils «1»! I’arir, jv. iS'» v\ suiv. — iSiir bliofjffj Vdj^rtsfilrn, ii. J»1. 

MaiM[ni; flans Parauiilriiiii. Voir i*i-ilt»s.sus, p. Ji22. — Vihhasn., i20, li>. 

a. (lori fs! I’oxpliralioii <lf.s Mlrunjcors (Haliinlo-saka). — l/f'xplicalion <lfs 
Ka.siiiTrions ii«.‘ flillV-ro quo daii.s los toriii*\s. <)u him roux-ni roinprfiuu'nl epic 
ViilfUH (Iw la prfMuitTo i‘alag»>rie osi ‘ liv ii su propro sorio (svasaniUiijjiiiimii- 
hntldhn), amis susi-cplihlo tl'rlro oiupOfln* \ 

4. D'npivs Katlulvallhu, xvii, % los ilujugirikus ot les Siddlmllhikns pient ki 



HinmiAsangj v, fol. 10 a- 1 1 a. 


219 


D'j^pres le Sutra, il y a (jiuilre modes d’cxisUMice ’ : I'exislenro qni 
pent 6tre dcHriiite par soi-mi'me ct non par autnii, etc. ’ - - Onatre 
alternatives : 1 . existence diHriiite par soi-menie ; cerlains <Mrr‘;s dn 
Kamadhatu, a savoir les dieux Kridapradnsikas et les <lieux Manah- 
pradO§ikas \ dtMruisent eux-nuMiies \mr existence [ II a] par I’exres 
do leiir joic on de lour colere ; il faul ajonler les Itoiidillias <pii enlrent 
denx-memes dans le Nirvana; 2. existence detrnilt* par aiilnii : les 
etrcs dans la inatrice el dans Tmuf ; 3. existence del mile par soi-ineme 
et par aulrni : les etres dn Kamadhrdn en .general ; il lant excepler 
les etres infernanxpwimfta^, les etres dans Telat ifitemicdiaire (iii, 12) 
elc. ; 4. existence qui n’est delrnile ni parsoi, ni par antrni : les etres 
dans I’eiat inlernietliaire. Ions les etres dn llfipadhaln el de I’Aifipya- 
dhritn, line partie des iHres dn Kainadhalii : les fdres infemanx (iii. 
S2), les liahilants de rUtlarakurii (iii. 78 c). les personnes qni se 


niorl avani iemps <Ip I’Arliat. (Kosa, ii. 10|. -- D’apn’.^ norkliill (LilV nf nnddli.i, 
p. 180) cl. VVa.ssiliciT, p. 214, les Prajnaplivrulhis niml. la iiuul avani Ic Icmps. ■ 
Le Hodhicaryilvalara (ii. r»5) adinct iinc iiioH * naliircllc ’ (kahi) cl rcnl nants 
avani le temps, dues a cluicnne des liiiiriciirs (rata, pifiti, slvsiiifiit) cl aiix 
liiiineiirs n'Minics, sail 404 morls. 

Oiilre (I) \o sntuHCchedaniarann, morl de I’Arliat ; ( 2 ) lo klianiknniamnn, 
disparilioii incessanlc des dlmnnas manges par riinpcvmajienre; (.*1) \v snnuinifi- 
marann, la morl <pi’<in allriLiie a ini arbre, eh*., IWlihidbamina dislingiir 
(I) le kalamaratja (im>rl iialurelle) (a.) par epuiMcnienl dn luerile (b) par 

epiiiseiiuMil. dn leriiif! de. vie par epuiseineni des deii\; >2) IVr/iVe/r«;^/r(mpr( 

(morl avanhledemps) eii raison d’lin aele ipii mnpe I’exislenre (upttcrhednh’ft- 
kanmmnd), dans le. eas de OilsT Mara, Kalabbfi, etr., dans le eas d«?s personiie.s 
assasinees eii riMribulioii d'un a»*le aiieien { Visuddbiinagiia, viii. ajmd Warren, 
p. 252: Coinineiilaire de rAiignUara, P. T. .S., p. Ill ; Nelli[Kikarana. p. 2*.): 
Milindti, p. ;U)1). • Abliidbaminasafigalia. (wnnpendinm, p. 110. 

Dorlriiio jaina, lJiii5svali, l ailvarlbridbigojiiasrilra, ii. 52 : drividhatiif fiynm- 
si 

1. Litloralement : prises de possession de rexislenee, df muhhncaiirnttlfniitdm, 
-- Maljhiiiia, iii. ;>*1 dislingne deux soHes, le sarydfmjjhfi et le ftvydpttjjiut. 

2. Dlglia, iii. 23J, AiigiittHra, ii. 150: ntth* awso aikihhavapatnabhn ynsnum 
fdtahhdvnpatilabhc uttasnmcetnnd ijcva kainaft tin parasatpcnlava .... — 
Voir Ko.sa, vi. 50. - VyakliyFi ; atwasniiwetaiid d/maufi mdmtmm ;parn- 
satncetnnd = pareua mdrauani. 

•L Digha, i. 10, iii. ill. — Viblia.sa, 100, J.>. On n’est pa.s d'aceord : s’agit-il de.s 
Qnalre et de.s "rreiile-lrois on d’aulres e-alegorics de dieiix du Kfimadbriln V 



m 


CH A PITRE II, 45 a-b. 


troiivont dans le chemiii de la viie des verites (vi. 28 ), daas la 
ineditalion do bifMiveillanco (viii. 29 ), dans les deux recueillonients 
d'inronsri(‘nco (ii. 42 , Kathfivatlliu, xv. 9 ) ; le Kajarsi, c*est-a-dire lo 
(lakmvarlin qui a (|uitl6 la vie inondaino ; le niessagor dii Bouddha ' ; 
les personnos donl lo Bouddha a prophtHise (prelies vivronl un 
eorlain temps - ; Dharmila \ IJttara \ Gafigila % le lils de marchand 
Yasas Knmara, Jlvaka, ole. ; le Bfulhisattva dans sa derniore axis- 
tene.o, la more du Bodhisallva enceinte du Bodliisattva, le Cakravar- 
tin, la mere du Cakravarlin enceinte du Cakravarlin. 

Objoclion. l^e Srdra nous rapporle ime demande de Saripnlra 
et la roponse ipie lui fit Bhagavat: « Quels sont, Seigneur, les etres 
(lout roxistouce (fUmahhdmpmfih^^^^ ne |)eut elre detniite ni 
par soi, ni j»ar autriii? » - « Silripulra, les etn»s <jui sont nos dans 

1(» Naiv’nsamjnaiirisaiujrulyataua e’esUa-dire dans la sphere la plus 
(devtM? de rArfipyadhrilu, dans le hhcmifjra, — Goi?uueiit pouvez- 

1. jhiadiVa. — l*ar oxomple iin ciTlaiii Suka fill ffiivoyi* par Blingavaf a 
AiiirapillT ; l<^s Tiirrhavis qui se Itvriiieiil a. «1ps t‘x«fn‘ir€'S inililaires (’//Of/ »/ff. ), 

<•! lo ooiivriroiil •runt* pliiic* norhos. Mais lo inossogor dii llonddlm 
no pout oiro Ino avail! d'avoir ronipli sa iiiissinn. 

2. jinoddisfa -- iymiinm kdJam owcim jfvitrivyam iff yn tidisfo hhaynvntd. 

Prill -olvo fanl-il roniprondro : •< los por-somios aiixipiollos lo HoiuMlia doiiiio im 

ordro sarliant (prollos vivronl onooro hint <lo loinps». Los notes cpio M. J.IVzylnslvi 
void Jiioii me roinoUro sin* Vasas ot Jlvaka roiidoid rolto version as.soz plausible : 

« Dans Malinvat;ga, i. 7, lo. \ ost prosijne iiivoiiipn'dK'iisible. VaSas s'eorie 
« One! danger ! » ot on no sail a qnol danger il fait allusion. Dans lo passage 
oorrespondaiil du Viiiaya des Sarvastivadins tout sVxpliijne. : « Alors Yasas ayant 
fraiiclii la porlo de la villo an'iva anpros de la riviere do VriranasT. Alors le 
Dliagaval .so pronierinil an Lord de ootle riviere. Ya.sa.s, voyant iVau, poiissa nn 
ori oonnne an]niravaid. Le Diiddha, enlendanl «e ori, flit an jonno hoinine : « (lot 
eridndt n’a rien trelVrnyant. Traverse lo ooiiruiit et viens ('Pok. xvii, Jt, SR**-). 

« fiO foniino de Snbhadra .ooinp. Divyavadruui, 2(»2-27(I) inonrt avant d’avoir 
aernuolie ; lo oorps ost ineinoro inais ronfaiil n'esl pas ooijsnnio. Le, Hnddtia dii 
a Jlvaka d’aller prendre, reiifant an milieu des flaininos ; jTvaka obtnl et revieid 
salts avoir en uiicnn inal (xvii. L G-'') v. 

Jl. I.cotiire fouriiie par la Vyflkliyil. — Tibtdain : chos leu. 

4. 'I’ibfHain : mclwy can. 

r>. Tibelaiii ; yah ya len. — Le.s Iraiisrriptions o.hinoises donneiii GaujiUi *, voir 
Irs siiieides iiniiiqnos de Gangika, Avadaiiasalakii, U8, 



Iliumi-tsangy v, Ibl. 1 1 a-b. 


221 

vous^dire, on presence de ce texle, que rexisli'nci? d** tons les otres 
dll ROpadhaiu et de rArilpyadhain esl a Tabri de loiih? deslnidion, 
par soi on par autriii ? 

L’^^cole (Vibbasri, 151, tj) explique [1 1 i)J : Les elros dn llilpadliiUn 
et des truis premiers elages de rAnlpyadbaln peiiveid delruin* leiir 
existence ‘ par soi c’esl-a-dire par le cliemin d«‘ leur propre terre, 

• par autriii c’est-a-dire par le (‘Jieinin appartenanl an veslilade 
(mmautaka) do INHage siiporienr (vi. 4S, viii. 22). Mais, dans b‘ 
ilernier elage do rArilpyadbatu, font delVuit a la I’ois el im cliemin 
appartenanl a cel elage el aussi le cliemin d'lm (Hage snperienr : 
done riixistence des tdres 4|ui y resident nt* pent elr»j modiliee ni par 
soi, ni par aiilrui. 

La reponse nous parail faible ; on (.‘Itel, on pent, dans le dernier 
(Hage di^ rAnlpyadbaln jiratiipier le cliemin apjmrlenanl a I’etage 
immediaUanent inferienr (akinmnydyalana) (viii. 20). 11 fanl 
done admellre nne anlre explication ( Vibbasil, ibid,). Dans sa 
reponse a Saripnlra, le IJomldba, on nominanl b*s etres dii Naiva- 
sainjnanasanijiiayalana, enteiul designer Ions les rdres dn UnpadluUn 
<*l de rAriipyadbatu, car on nomniant la lln (paryanta) on <lesigne 
(mmpmtyaya) lo commencement. On pent demonlier quo tel esl 
Tusage. Tantol rKcriture nomine le premier lernie d’nne lisle donl 
elle vise rensemble. par ex<;mplo: « La premiere mkhoixqniUi (iii. 72), 
a sav4)ir (tadyalhCi) les dieux Brabmakriyilvas ». 11 fanl enlemlre : 
« les IJrabmakayikas, los Brabnuipnrobitas, les Mababrabmas v>. 
Tanlot rPlcrilnre nomine le derniiT lermo ; « La denxieme sukhopa- 
pain, a savoir les ilieiix Ablulsvaras 11 fanl comprendre : « b-s 
ParTltnbbas, les Ajirainanabhas et les Ablifisvaras ». 

Mais on pent contester cetlo explication. Dans b‘.s d<aix texles ci- 
ilossus figure Texpression ladyalhd (pii introduil im exemple. II fanl 
iraduire, imn pas : ‘ a savoir mais : * par exemple (I’tvsl la regie, 
en ce qiii regarde les (‘xenqdes, qu’en nommant nn cas on designe 
tons les cas somblabl(^s. Et nous admeltons qmi, dans les deux lext<‘s 
^iw sukhopapattis, rEcriluro designe tons les lermes do la lisle 
on iioiMinant le premier on le dernier. Mais la reponse de lihavagat 
a J§ariputra ne conlient pas Texpression tadyathd. 



ClIAPITRE fl, 45. 




Cflle (.‘xprossiiiii, dirons-uoiis, n'introdnit pas iin exeinpl#, car 
nous la rencoiitrons dans dos Sutras qui dounont \ine enumeration 
coinplele ; « Les etros materiids, divers de corps, divers de notion, a 
savoir (tadyalhn) les Ijomnu's et iino partie des dieux... » (iii. (>) 
1 12 a]. Done Texpressiou tadyaiha inlroduit une definition {upadar- 
muCirthn), Done. Bhayavat. dans sa rtq)on.se a Sariputra, desii^ne le 
eoinnKineeinent on noimnanl la fin, c'est-ardire enteiid parler des deux 
spheres snperieures dans leur tolalite 

Quels sont les earacleres (laksana) du dliarma condilioiine (sam,s- 
krtasya) y 

45 c-d. Les earaeleres soul la naissanee, la vieillesso, la duree, 
riinpernianence ■. 

(les (pialre dharmas, naissanee (jdti), vieill(?sse (jam), duree 
(afhUi), impennanenee (anityatd), sont les earaeleres des eondilion- 
nes, Le dhanna dans leqia.d se Irouvenl ces caraeler(\s esl (‘.ondilionne 
(samifkria) : eelni dans hMjuel ils ne se Inaiveiil pas esl inconditionne 
(asamskrta) \ 

La naissanee est ee qui produit on Fait ni\iiv(^ (utpcldayuli) les 
eondilionnes ; la duree, ce tpii les slahiliso on le.s Fail iliirer (sthd- 
payali) : la vii-illesse. ee qui les deteriore ; riinpermanence, ce qui 
les delrnil. 


1. f,r (ail. <|iu; ^^.^v|>^(:•^ssiull ladyaihii j)uiii(|uo tlaii-s la r«q)oii.so ilf; llliagaval in.* 
promo pa.s qne oofli* ivpanso iluivo I'lre fMilotHlut; a la lelliv. 
y. [laksundni ... jdtir jura slhitir anitjfatd] if 
La M?rsit>ii lila'*laiiu‘ : lak.mndn}j eva (mtshun iiUJ (lay vi ...). 

Paraaiarllia : Lii nulro, il y a les lak.^un(is du suniskrta ... 

Lfiiuiii-Uaiig : L«>s luk.snnas, a savoir uaissanoe, duroo, (diaiii'oiuoiil, de.slTiu*- 
lion dll suntskrfa ». 

VMidiasfi, 08, 1:2; Aldiidhuriiuilirdayu (Nanjio, l5J88), ii. 10. 
lliif? dL'Iinilion provisoire dn srimakrla a t‘le donned i. 7 a-b. 

IS. vqmrtfuyad asantskrUi Hi yulruitani na bhavfiuti so *saniskrta Hi. — 
Mills lie peut-oii pa.s dire qiie la duree esl uii c.arael.ere de riiicouditiuiiiie ? Non. 
Par earaelere.s on eiiLeiid des eiio.ses en soi (ih'arydntiirariiim) disliiudes du 
dhanna farae.leri.se, qui font iiailre, durer, diqierir et perir ee (lharnia. L’ineoii- 
ditionne Jure niai.s ne po.s.sede pas le earae lore ‘ duree *, voir ci-dessous 224 1. 5. 



Himn-tsang^ v. lol. 11 1)-12 h. 


223 


Lt SQlra ironsi‘igno-t-il pas IVxisteiica do Irois ‘ rarac.liJies coiidi- 
lionnos ' (saimhrhilukm^ du rondilioinie ? Lo Sulra dil en tdl'el ; 
« Du couditiouue, il y a, 6 lUiiksus, Irois (*amcli*n»s (|ui soul tuix- 
ineiues coiidiliouiuXs. (Juris soul crs Irois? Du coiidiliouiir la produr- 
tioii ou origiiK? (ulpiula) rsi ohjnt do l•ouu^lissau^.*e ; rst olijel d(» 
(‘ounaissauco sa dispariliini (vtjaya) (d. aussi sa duror-iuodilicaliou 
(slhihjaniiathntm), '> ' 

1.0 Vaibimsika. — *Srili*a d<‘vrail uouuutu* qiialre caraclorrs. Le 
r.araclere qu'il oinrt rsl 1(» raraclrn^ do duiv(‘, sIliifL A vrai din‘, il 
eiuploie Ir luol .sthill daus lo roiuposr dliitijanyathutra, ‘ dun'‘r- 
inodilioatioii ’ : luais .s7////7yai^//r////rf//7fost uur exprrssion (pii signilit* 
' virillesso \ Do luemr ipia lij Snira dil ‘ prodiu'liou ' (iifi>d<la) au 
lieu do ‘ uaissaiice * (jdli), ‘ dispariliou ’ au lieu <le * impel- 

maueiict* ’ ((inilyaUl) ; di‘ meua? il dil slliilyrntyalhnliuf au lieu ile 
‘ vieillessi* ' (j(ird). 

Si le Sfilra ue s|)eeilie quo Irois caracteres, e/i^sl paree (pie, eii viu* 
dVxeiler !(' degout (diez les lideles % il signale eoiumc* earaeleres du 
eoiiililionm* les dhanuas ipii foul voyager lo eoudiliouue a Iravers 
U‘s Irois epoques : la force de la uaissauce li* fail passer 
rnyali) du fiiliir daus le present 112 b|;la virallesst; (dhUytuiyii- 
tlidlvd) el rimpermaueiire (ryaya) le foul passi-r du presjMil dans le 
passe, car. {ipn^s que la vieilles.se Ta alTaibli ((/urhalikrlya), I'inqier- 
niaiience Taclieve (ciyhCiUU). l/l’a ob^ donue line comparaison (Vibliii- 
sa, 3b, r.) : Supposous uu liomiin? dans uiie Ibrel obscure, el tloiil Irois 
euutauis desireul la peril?. I.e premier fait sorlir ctd homme de la 

1. CVsl Ic 'I nlalesumi.snlra (voir d-iIcsKnus p. I. Il Sauiyiiklaij;.iiiui, 

li*, il ; Aiigullara, i. ir»?2 : ttn bUikUhm'v samkhalussa sfndiltdlulah- 

kUaniiHi / kalanuini Uhi / vpiUiilo pamtaynU vtiifo pnNt'tdifttti ihihissd 
nniiathattam panfiatfaU. liii riMlarlion saiiscrilo poili* : .stltifpaHiptlhdfra 
(Mitiiliyamakuvrili. p. 115 ): Kailiavalllui. trail, p. 55 : Ihitducun ai) hatlialta. 

Sar VaHpdthilbhUcn, SaniyiiUa, ii. -ilU i/AMiiiliiaiinaa ii'ailiiu.d. ipii? Irois 
rarac lores : forlaiii.s tlorleiii.s oiui*ll»*iil momc la n/Zo'// vKiilliaviillliu, Iradiirlion, 
noU; p. 374). 

liCS ipiairo laksanas ilii Vijfiriiiavaila. Hiulhi.saUvaUlianii, I, ssii. § 15. iMailliy- 
utnakavflli, p. 54l>). 

2 . (th^ipniyiko hi anlninirdeso na Idksanikah. 



CHAPITRK II, 45 c-46 b. 


224 

lbrf»t ; le second Taffaiblit ; le troisienie diHruit son principe vilak Tel 
(}sl role (les in)is caracteres a Tegard dii conditionne — La duree 
(sihili), an conlraire, soutient le condilionne et le fait (hirer : ebsl 
poiirquoi le Srdra ne la eomple pas [larini les caracteres. Eii outre, 
rinconditionne (ummiiMu) persisle elernellenient dans sa nature 
(simlaksmiG slhiUhhava) duree n’est pas sans 

resseniblance av(*c cetle persistence de rinconditionne. Pour tHiha* 
l()ul(? coid'usion, le Sutra irindiipie pas la diiret^ (!Oinine caracti^u’e du 
conditionne. 

Les Sautrantikas pi^isent ([ue le Sutra iionnne la duree ; il la nomine 
en rassocianl a la viedlesse : cVst-a-dire ' 

et auynlhalra \ (Ju(*l avantage, diniz*vous, a faire de ces deux carac- 
t(>res un seul caraclere? — (rest a la durt'^e (pie s’atlaclient les lioin- 
mes: [lour d(\gouter de la duive, le Sfitra la iionmie (mseinble (abhi- 
sninasyu) avec la vieillesse, comrne urn? prosjierite associee a une 
oreillo noire ^ 

Conclusion : il y a (pialre cai*a( ten\s. 

La naissaiins la duree, t.'tc. d'lm dharma ipielcompie sont aussi 
des ccnidilioinn^s. Clles doiv enl done naitre, diirer, viiiillir, peril* ; elles 
doivenl done, a leur lour, poss«’>der ipiatre caracteres : naissance-ch*- 
la-naissance, etc., qui seront les caracteres secomiaires (amdahsaHa) 
du dharma envisage. Cc?s caraclen^s secondairi's, etant des condi- 
lionnes, auronl a leur tour (pialre caracleivs, IVogressus ad infinitum. 

11 n’y a pas progressus ad infinituni. [13 a] 

46 a-h. Ils out a leur tour des caracten?s noinnn'js naissance-de- 
la-naissance, duree-de-la-duree, etc. : h caractere primairo agit sur 
liuit dharmas, le caractere secondairi^ sur iin dharma *• 

1. l.a iiKMiie (roiiipsiraisoii, rivre iirie aiFaluilutuiii (litTercntc. AitlinsalinT, 655. 

2. Nriyam iva fcaZa/i;«ra7.sa/ii7«m ; coiiiparer Riiriiouf, Introduction, p. 25.5. 

a. jfltijdiifaflayas Umm le \^taU}iarhiaikavrttayah / 

L.-i iln-orif' <lt's Inksanas et dcs anuldksnnns e.st r^futee par Nllgarjuna, 
Madliyauiiikii, vii. 1 < t siiiv. — Voir Madhyuiiiakavi'tti, p. 148, sur la theorie des 
Sumiiii Ilyas (}ui adiiicltent sept laksanus et sept imulaksanas, ittpdda, utpd- 
dotpiida, etc. t 



Hitian4sang, v, fol. 12 b-13 I). 


225 


Qjiatro caracioros priniaires (midaUxkmna), deciils ci-de.ssus. 

Quatre caracteres secondiiircs ((imilahmna), iiaissunce-cle-la-nais- 
sanci', diiroo-do-la-duroe, vioill(‘s.se-de-la-vu*illes.st\ hiipennanence” 
d(i -riinperiimnence. 

Tous les conditioiinos sont <l('s condilioiiiies eii raison des carac- 
leivs primaires ; ceux-c.i, a leur tour, sout des roudiliounos en raison 
dos ((iialro caim loros secondaires. 

Vous dites fjiie cliacun des caracteres primaiivs doit avoir, lout 
(•online le dimrma (|iril c.aracttTise, qnatre (-aractiu’es, et ainsi d(^ 
suite : e’est (|ue vous m,* eoni})ren(‘/ pas (pi’idli^ esl ra(.*tivite, Topera- 
tion (vrlii dharmakdrilm — jmnmikani, iv. 58) des diilereiils 
caracteres. 

fiOrsque nail iin dharma — (jne nous apj)ellin*ons le dharma 
principal, midadharmdj line peiisee, nn mental (cciHIa) — iumiI’ 
dliarinaSy Ini couipris, naissimt (uiseinlde : le dhanna principal, 
ipiatre c.aracteres primaires, cpialre caraclen‘s seitondaires. I.e premier 
caractere priniaire. la naissaiue primaire (jdli, muhijdli) fait naitre 
le dharma {uiiicipal, plus trois caracteres primaires (dure(», vieill(\sse 
et impennaneiice). plus les quatre caracUaes setuindaires : en tout 
liuit dharmas, 11 ne se fait pas naitre liii-meine : il nait par le carac- 
tere sticondaire naissance-de-la-naissance (jaiijdti), (l.*{ 1)| — De 
ukMJMJ qii’iine poule fait naitre beaucoup d’anifs td ([la^ cliaque a*uf 
uti fail iiailn^ (prune poule (Vibliasa, ^11), ; de nieine la naissamte 

primaire (jdfi, mid(ijdti) fiiit naitre liuit dharmas, tandis quo la 
nais.sanc(j-de-la-naissanc(* ne fait naitre ([irun dharma, a savoir la 
luiissance prinlair(^ 

II en va di? inenie des autri's ('aracKnes primaiivs et si>con(laires. 
La duive-de-la-duiiM* fail durer la duri}e priniaire, laipielle fail durer \r 
dharma principal, trois cara('L(3res primaires et les quatre (!ara(dv*res 
s<‘con(lair(*s y coin|)ris la dur(‘(?-de-la-dur(*(‘. De m(>me pour la vieillesse 
el rimp(»rmanence primaires qui font vieilUr et peril* liuit dharmas, 
et qui vieillissent et ptM-issent elles-meni(?s par le caracti'ue secondain? 
qui kair correspond, vieiile.sse-de-la-vieilh^sse, impermanence-de-rim- 
perinanence (jardjard, anUyatdniljjatdJ. 


* 15 



22G 


CHAPITRE II, 46 a-b. 


Done les cara(?tere.s onl eiix-niemes <les caracteres nonnnes^WM- 
Icikmnas ; ceiix-ei soiit an nonibn^ do qiiatre ol non pas de seize ; 
et il ii’y a pas progression a rinliiii. 

]j(} SantiTintika dit : 

i. Toni eela, e’ost analyser 1 espaoe ! ‘ I.a naissanee, la diiree, ele., 
ne sont pas des entiles (na dravyatah mmvidifanUi), dt\s clioses m 
soi et a part. Nous eoiniaissons les eboses soil par evideneo, soil par 
induction, soit |)ar le temoignage do rKeriture: ces Irois inoyens de 
eonnaissauce (pmmdna) iiianquont on ee <|ui (‘(uicerne les caractores. 

Mais, replique le SarvTislivadin, b‘ Sulra (lit : Du conditionne la 
produ(‘lio!i est objet de connaissanee (ntpndo ' pi prajmiyate,,,) » 

Ignorant ! tu t’atlacb(‘s aiix syllabos oi ones sur le sens, lihagaval 
a dit copondaiil quo c’esl le sons, et non pas la leltre, (|ui esl li* 
reoours Qaant an sens d<' cm? Snlra, il est inanireslo. 

Aveugles par rignorauce, les sols s’iiiuiginoul ipie la si.u’ie 
baudha) des phenonieiu*s conditionnes (snmskdms) est un ‘ nioi 
appartieul d un ' nioi ’ ; fit, on consequence, ils s altacbent a celli* 
serie. 114 a] Bliagaval viMit inellre un lenue a cello iinaginaliou 
erronee el d raltaclieiiKiit (jui en ivsiilte ; il voul rnontrer quo la serie 
(pravilliu) est condilionnee (mmakrUi), c’«‘st-d-tlir(? ‘ pi’oduite pai* 
les causes successives ’ (pralUyammulpanna) ; et il taiseignc qiudlos 
sont les Irois marques de ce qui est produit par les causes successi- 
ves : « Trois .sajas'A 7 */a/afc.s*aHrf.s* dvi mmskrta sont objel de i*onnais- 
sance ». (Test la serie quo Bbagaval enleml designer coinme tHaiil 
conditionm’je: car, de loute ovblence, il iraltribue pas les trois maniues 
a chaque inoinent do la serie, pnisqu’i! dil (jue ces marques soul 
objet de connaissanee : en ettot, la production du moment, sa vieil- 

1. tad etad (ikd^am patyate : Tesimce est un juir iieant, une pure absein’o 
iiiutiere .su.s<*<!pliLlc de ivsisluuee. t)n iie pout raiiiilyser (xnpalyaie, vihliidyute). 

± Voir p. n. 1. 

a. cntvdrlmdni bhiksavnh imifisamnuni j katarndvi catvCin j dharmah 
pratisaranum na pudyalah I arlhah prutisarnnarfi na vyarijanam j nitdr- 
ihasidrdniam pratisamnum nn veydrtham I jilimam pralisarunam 
vijndnam. 

Voir los sources citees Mudliyaiimkav{‘tti, !2<>8, r»t)8. 



Iliuan-tsang, v, fol. 13 1)-14 b. 


227 


losfti^, sa disparition, ne sont pas objel de coiinaissaiK^e ; ce (jiii n’est 
pas objet de connaissaiice iic pent t^re line marque. 

Si le Sotra emploii^ deux fois le mot samskrta : « II y a Irois sams- 
krUiUtksanas du samskrta e’est pour <|iron sache ([ue ees Irois 
marques ne sont pas des indices ri'velaiii la presenci? du samskrta 
(samsk'fiaMitve laksandyu), comme lf\s lu^rons indiipient le voisinage 
de Teau ; ni non plus des signes qualilalifs du samskrta, comme les 
signes des jeunes filles pormeltent de dire que celles-ci sont bonnes 
ou mauvaises ; non, ces marques, se Irouvant dans une chose, mon- 
trent ((ue cette cliose (.\st samskrta (^samskrtalakm^^ - ^ samskr - 
talve f ^^)us traduiron done le texte canonique : « L<‘ 

fonditioune possede trois man|ues visibles (|ui montrent (|U*il esl 
conditionnt^ c\‘st-a-dire prodiiit par b?s causes successives. Ces mar- 
ques sont la naissancis la dnrt^e-modiliealion, rimpermanenct* » |. 

ii. D’apres nous, ce ipi’il faut entendre par production ou naissance 
(nlpdda, jiVi), c’est le fait que la serie commence (jmivdhasya 
adih) ; la disparition on iinpermammce (ryaya, a nil yatdjf hi 

(ill ou cessalion (uirrlUy iiparati) d(i la serii^ ; la duree (slliiti), c’est 
la serie coiiUnuant (amiimiamdna) du conmumceinenl jusqu’a la 
(in ; revolution (si hit yanyathdtm) on vieillesse c’est la modi- 

licalion de la serie conlinueti, la dilference enlre ses etats successifs. 

- C/est en s(^ placant a ct* point de vin^ - c/esl-a-dire en conside- 
ranl la naissauci!, la destruction, etc,, comme etant la serie elle-ineme, 
la serie commein^ant, linissant, proloiigeant, se modilianl (pravch 
harupa) - que Uhagavat disait a Sundarananda perpetuellement 
altentif a ses elats d’anie (nityam upaslUitasmrtiJ : « Bien, hom- 
ine ! In connais les sensations naissani, durant, prenant lin <?t dispa- 
raissant ». ' 

1. Saiiiyuklu, 11. 14. - pravahagald hi veilands (asifu viditd fivutpadyante / 
vidita avatisthaule j ciditd ardam parikmyam parydddnatH yucchanti / ua 
kmnayatah hsunasya dHravadhdmtvdf (Vyakliyri). 

TibCtiiin : Le kiiiapiilru Nuinla (Comp. Angiiltaru, iv. UUi). 

Comparer SaiiiyiiUa, v. ISO ; Mujjhinia. iii. *25 (on Rliaguvat dil de SuripiiLra ee 
qii’il dil ici de Naiida) : 

dhm^tma vidita nppajjauti cidiid upaWiahanti vidild abbhattham 
gacchanti. 



228 


CHAPiTRE ir, 46 a-b. 


Nous dirons done . ' : ^ 

« La naissanco est le coininencoinenl do la stirio ; la disparition (‘n 
ost la nipture : la duroe est la .si*no inOnie ; revolution osl la dillorence 
eiitre sos etals successifs. » 

Et encore : 

« La production. c/t*st existence consecutive a non-existence ; la 
dnre(^ c’esl la serie : l‘inipei*iniineni*e, la riipliire dc la serie ; revolu- 
tion est censee etro la dillerence enlre les elats successils de la serie. » 

« Direz-vous que, le dharma tHant inoinentane, le dharma perirail 
linnnedialenieiit l si la duree nmiupiait? Mais |, si dharma tvsl 
nioinenlane,] il perit sponlanenient : cVst en vain (|iie vons atlrihiie/ 
la duree an dhanna inoinentane ^ » 

1. lulir siurus jui rgyun *iyi <lai'i jit» skyc Im ui / / fhiui ]«i hjij; pti ijnas prt / / 
de aid .sua phyil.ii l»ye laa^ iii / / gnas pa gz.tiaii dii hgvur ha iliil / / van hdir snna.s 
[in siuoii iiied las l>yui‘i skye bii sU* / / !*gyiiii gnas tie chad hjig pa yin / / rgyiiii 
gyi siia phyihi J)yc brag in / / gnas pa gb/.an da hgyiir bar hdod , / skad cjg rnabi 
clios la ni / / giias pa iin.‘d rm hjig par hgyur / / de van hjig hgyur de yi phyir / 
de yi der ring don ined do / 

jufir ddili pravahasiffi \urcliedo i'ljfiifah] sthitis in snii - 
[stkiiyanyathdtvam] tasyaim | ptii vdijamvisismia] '/ 
ubhfilrd bhmni utptVlnh prabaiuihah sifdtir anityahl I 
tadncchedo \jurd tnsya piirLdpuracisisla fa] if 
ksunikasya hi dhannasya \sihilim rind bhared vyaytth\ / 
sa ca cyeti \scayam\ tasmiid vrtha fnlpat iJinlyand i; 

Majjbima, iii.iiJa coiitieid. la roriiiiile erum kiln me dlinmma ahnivCi mimbhonli 
(pii dtninl la these des Saulranlikas nbliutvd bhavn nlpddnh (p. 2*20, 1. hSj, 
i|u*un Jit Milinda, p. 51, (flnitva S(tmbhofi\ et <{iii est contredile par les Sarvasli- 
vadins et par Miliiitla, p. 52 : nallhi keci mmkhar(i ye ablmcunUi jdynnii. 
Nrigusena est Vihhajyavadiii, p. 50 . 

2. Si «»n dit : (Vest eii raison de la diin'^e {sthiUsadbhdVfit) quo le dharma, 
line Inis Ills in> peril pas pour iiii iiiniiient ; Iniite de iliiree, ee nionienl iiienie 
iCexislerait pas, » - - non, ear le nionienl exisle on raison des causes qiii le 
[iroduisenl. 

Si on dit : La ihiree acciieille, eiiihrasse (npayrh tid ti) le dharma engeiulre 
par les causes », nous deinaiidon.s : Si la dnree n'acc.umplissait pas cot onice, 
qu*arriveruil-il ? - - ^ Le dharma irexislerait pas (dtmusaitd dharniasya na 

hhavet) i'. — ' Oiles dune alors quo la dun^o engciidre, non pas qii’idle lail dnrer 

Si on dit ; l.a duree fait se conliinier ({ivasthdpayati) la serie ?», il iaiit 
reserver le norn do duree aux causes. 



Hman-lsanfi, v, fol. II b-l5 n. 


22 !) 


Pm' consi'-([ii('iit cest ki s<*rio (imivaha) quo h* Snim ouvisago 
lorsqu’il parlo do dunks ol. la dofiiiition do VAldudlianna (Piakara- 
uapadn, II b 7) so lru\ive justifiiv 1 15 a) : « ()u*ost-oo (|uo la duroo ? 
[.os samslmras nos ol non delmils - 1 . 0 . nalun* du ' riiuinoiit ’ 
ffcsYmarZharja/rkr^ no pout olro ' d’oln*. no ol do no pas olro dolruit *. 

Lc Jnrino[)rasibana (2, i3) dit oopondaut : « RolalivomcMit a iino 
ponsiM' (rkmmm cilte), qu’osl-re quo la pruduolion ? C'ost la uais- 
saiKi} fjdli). — Qirost-oo quo la dispariliun (rtfui/a)? Ct'vsi la inorl 
(mnrnna), — Ou’osl-oo quo revolution (Mhitifftnyaihdlca)^^ (Vest la 
vioillosso (jura) 

Mais re passaj'o du Saslra vise, non pas un luonionl do j)onsoo, 
luais la [Xmiscm^ d’uno (‘xistonco liomo^oiu' (nikniiitmhhagacMla)^ 
[Dans uno oxislonoo liomt)gono (ii. 41)los ]>oustk‘s soul inulliplos, mais 
ndlo mulliplioilo pout oln? dosi^i;n(k> oomino olant uiio pouseoj. 

iii, (4<'])ondani, a la (•ondilion do no pas oonsidoror b'S raracloros 
roinmo d(‘s eliosos on soi, on pout diro quo oIkkiuo momonl 
pris a part po.ssod(‘ los (pialro caracloros. 

Kill ofVot, (1) ohaquo niomiMit oxisto, apros avoir olo iiioxislanl 
(ubhidvd hlidvah) : son (‘xislonoo, consooniivo a sa non-oxislonoc', ost 
sa naissanoo ; (2) apnXs avoir oxisto, il n'oxislo plus (blnllm ablid’' 
mh) : ccai s(i disparilion (rfjufja) ; (.5) la duroo du inomonl, c’osl 
roueliainomonl ou lo procos d<\s monionts sucoi^ssil's (nlluroUuruk-sa-’ 
naymbandha) : tai otTol, lo inomoni postoriour rossoinblo an moment 
auloriour, il ost ilono sou subslitut (pratiiiulhlbhfda) : ^ momiMit 
antoriour oxiste oncoro, duro caicoro pour ainsi diro (avutistlinla iva). 
Done lo momont postoriour pout oln* eonsidoro roinmo la dureo <lu 
inomont antorieur ; (I) la dissimililudo ( visadrsnlra) do la duroo ainsi 
comprise, c’ost sa transrormalion (slhUjjanyaihfitva), 

Diro/.-vous (|uo, lorsquo los inomonts suecossifs soul somblablos 
imdrm),il n’y a. pas dissimilitudo ? — 11 y a dissimilitude, eomino 
cola rosulle do la dilRk’onco dans U'. temps do ebute, lardiv^^ ou plus 
rapiilo, (I'un rajra qui oslprojidoou non projoto, ipiiest projote avoc 
b)ree ou sans force ' : ditlorenro due a la transformation, difloronle 

1. vnjradc^s ci msufanqyitakdlahh^^^^ f. 



230 


CHAPITKE II, 46 a-b. 


flans chaqne cas, des grands elemouii^ (mahdbhutnparindma^^^^^ 
dn vajra, — Lorsqne les dhurmiu se snccrdent en serie homogenr, 
la difl’oroncc est petite ; c’esl ponrqiioi, bien cjirils different, on los 
considere roinine seinblables [15 b j. 

Le Sarvaslivadin objecte. -- Votre definition (vyavuMhd) des 
caracteres no vanl pas pour tons les dhannas condilionnes. F^n elTet, 
votre definilion de la duree suppose nn moment subsequent : ce 
moment fait defaut pour rullirne moment d'nn son on d’nne llainme, 
pour rultirno moment de la pens6e crun Arhat. Done rultime moment 
dll son, de la llainme, de TArhat, n’a ni duree, ni transformation. 

Nous n'atlrilaioii.s pas la duree a tons les dharmas conditionn^Vs ! 
Nous disons qne toute duree est sujette a Iransforrnatif^n. Bbagavat 
euseigne trois earaeteres, parcc ipie, ilans certains cas (sambhavfm 
prali), il y a Irois caracteres. Mais, derullinie moment de la ffamme, 
il y a seulenient production el dis|>arition, non pas duree, non pas 
transformation. 

En resume : les dharmas condilionnes, upres ih‘ pas avoir exisle, 
existent ; apres avoir existe, n'existent plus ; la serie ces dharmas 
c’est leur duree ; la dissimilitude dela serie, cVst leur transformalion. 
Tel est reiiseigncment <|ue domio Bbagavat dims le Sntra di».s tn>i.s 
caracteres. On n’a qne faire des choses en soi, naissance, etc.. 

iv. Le Vaibhilsika objecte. — D’apres vous, la naissance, c/est le 
dkarma nieine en tant qii'i! existe apres avoir ete inexistanl. Le 
dhnrma, qui est le ‘ caraclerise ’ (laksyn), sera done aussi le carac- 
tere (lakmna). 

Quel mal ? I^es marques (laJcsana) du Malulpurusa ne sont pas 
differentes on dislinctes du Mahapuru^a. Les comes, la bosse, le 
fanon, le sabot, la queue du zebre, qui sont ses marques, ne different 
pas du zebre. Les grands fUements (malidbkuta) irexistent pas a part 
de leur caraettu-e propre, solidite (kdtliini/a), etc. (i. 12 d). — De 
menu?, pour le Vaibhasika, qui affirme la * momentaneite ’ des 
dharmns (ksanikavddiujy Tascension de la funiee n’est autre chose 
que la fumce mCme '. 

1. Lii fuinOe est moineiiliuiee ; lorsiju’clle se ‘ rejn*o(Uiit * dnns ini lieu |/iis elevr 



Jlinan-tmng, v, fol. 15 a- IB a. 


231 


lUganloiis-y de plus pres. Encore cpio je saisisse (tjrah) la nature 
propre ^6't’aW«aaf/^de.s visibles, etc. qui sont coiulitionnes, anssi long- 
temps qiie je lie connais pas le fail qn’ils irexislent pas anterieure- 
ineiil, (prils nVxislent pas posUa-ieurement, que liMir serie va so 
transformanl, aiissi longbaiips je ne connais pas leur qualite d’etre 
condilionnes. Par consequent, la qualite de condiiionne n’a pas pour 
marque la ((ualile de condiiionne. nuiis bien rim^xistence anlerieiiro, 
elc. ‘ Jit il u’existe pas de caracteres, choses on soi, distinctes des 
visibles elaulres conditionnes. 

V. Si nous admettons la realile des caracteres, comme ils sont don- 
n<\s coniine siuiultanes (mhahhuUi), nous devrons admeltre qu’un 
(Iharma nail, dure, vieillil et peril en ineuie temps. 

Vainenienl le Sarvastivadin pnMendra que l(\s caracleres n'c^xerceul 
pas leiir aclivite en menie temps ; (|ue la nais- 

sanco engeiidre avaut d’etre nee elle-memc, (Haul oucori?, a I’etal 
fiitur. el ([u’une fois nee elle n’engendre plus ; ipie la duree, la vieil- 
lesse el rimpermanence exercent leur aclivite lorsqu’elles sont acluel- 
It\s et non pas a I’elal fiilur ; que, par consei|ueutj les Irois derniers 
caracltuTs etanl aclirs a un moment on le premier n’esl [dus aclif. 
les quatre caracleres peuvont etre simultanas sans contradiction. 

(lonsiderons d’aliord la iiaissance qui, etanl IVilure, engeiidre. II 
laudra exaininer si nu dharnKi futur «*xiste reellement (dnivyalas) 
(vi. 25) ; si un dhaniia futur, a sup|)oser (pi’il existe, pent etre actif. 
- Si la Iiaissance, future, produit son o[»eration irengemlrer, com- 
ment peut-on dire qirelle soil future? En eU’et, d’apres le Vaibbasikn, 

<|U'> rolui (jiiVllo o('rn|)(‘ (rnhonl, Ifs lioimups itiscnl monte (urdhvfUjnntn- 

luik'hiffim hihhnte) ci coiiroivfMit rasrension (ilidhvafjaiHanatram.) comiuo 
Hisliiu'tp lie la riiinee (voir iv. 2 l»). 

1. tiaca mmskrfnnfim rfqmdindm tdvatsat^iskrfntram laksyatetfrhnafdin 
>ivahhamnt yavaf. prayabhduo na jiidyate jinsrdc ca anmfaks cn viscsa (iti) 
ya kmaiva mmskrtatvena ttawskrtatvfim Uiksynh. 

Si, .saisissant la nuturo propre dii vi.siI>Jt‘. jo lo s.-u'sissais r<»nimo olanl romii- 
tioiiiio (aamskrtnin iti) avant de coiiriniire son inoxish'ncio anl/n'ifMiro, on fioiirniit 
din; qiu; lo conditionno esl la niarqiu^ dii cttodilioninS '{uo Ic ronditionno ost 
faraclori.se i»ar Ic condilioniu* (tenaiva tat taksiiam sydf). Mais Irl ir<;st pas 
If fas. • 



232 


CHAIMTHE If, 41 ) a-b. 


lo dharma fnlui* est colui (ini n i^xcrci; pas son aclivile (apraptakd- 
rilram hy andgatam Hi siddhdufah), Voiis anrez u rb^finir le futiir. 
D'autrc part, lors(|ne lo dhanna e.st ncS a tUe en^c^iiclro, Toperation 
(If? la naissann^ e.st passive, comm(>nt poiiv('z-voMs dire qiie la nais- 
sance .soil alors aclnelli^? Voils aurez a (l(?linir 1(? pn\sent. 

El pour les autres carai'len's, de deux c1h)S(?.s Tune, on bien l(?ur 
activile s'exerof' .siniullanfMuent, on bi(M! l(*iir aclivite s’(?xerce on 
siKM'ps.dou. Dans la preniien? hypolliesi? [16 b], taiidi.s (pie la. dureo 
Fait duHiT uu dhnrmi, la v ieill(^s.s(; b? fait vieillir et riinpermaiK^nct' b? 
(I(‘lruit : lo dharma dure, vieillit t't piu il m inenn? lernp.s. Quant a la 
secoinb^ liy[K)lh(?se, admeUre ([U(? raclivite di's caracteivs n’est pas 
siimillaiUH^j (!'est adiindlrc? Irois inonuMits, r/esl renon(?er a la doclriiio 
do la momenlan(?iU 3 

li(? Vaibliasika ivpond : Pour nou.s, b? ksana on nionionl, ('’(\si lo 
temps diiraut le(|uel b\s cara(*t(>ivs out aehovf? bMir op(:»ralinn {knrya- 
parisamdplilakmna em mill kmnah) K 

Dans eelle bypothesf?, ex|)1i(pnv. done pounpioi la dniTo, naissani 
en nieme temps ipn? la vioilbvssf? el l'imperman(*nc(\ aeeomplii son 
operation do ' fain? diirer ce (]ni doit durer ’ (athdpyam slhdpayali) 
avant (pn? la vieilb'sse et rimjKTinanenee a(T<MnpIi:SS(?iil b>iir opera- 
tion (b? I’airc? vieillir el (b> dtHniin?? - 8i vous ri’»pond(‘Z (pn? la duree, 
plus forte, areornplil la premiero son optMalion, nou.s deinanderons 
comment la dun'M' s’atraiblit plus lard do telle .sorte fpie, rencontrant 
la vieilb?sse el rimpermanom'e, elb? vieillit et peril, non pas seule, 
inais av(3c elb? le dharma (prelie doit faiio durer? 

Vous dir(>z |)eul-(>trfi (pu? la duree, ayanl achevt^? sa taclu? (krla- 
kjiya), no pout pas bi r(Mn|>lir a nouveau, do ni(>me (pie la naissancf', 
ayanl engeiidrt?, n'cngc'iidre plus? ~ lia comparaison n'esl |)as b'*gi- 
time. L’o|)(?ralion (pnrmakdra) de la nai.ssance consiste a altir(?r dii 
IVilnr et a faiiT entrer dan.s le present le dharma (pi’(?lle doit engeii- 


1. Lf VaibiiHsikii < partisai) )a iiifiiiienlanfMlo * (ksanikavddin) : b'- 
dharma iic. <lun‘ qirnu iiiomoiit ot peril de liii-nu>nie. Voir iv. 2 b ; VVussilief, 
p. 825. — Mais qiie faul-il entendre par Jep'ana ? La est la difikulle. 

2. D’aulrcs delinilioiif^:, iii. K6 a. 



Hinan4sang, v, fol. Ifi a- 17 u. 


233 


i\m'4 line fois que lf3 dharma est (mUio dans le pivsont. In naissance 
(\st incapable de I’y faire entrer a nouveau. Mai.s roptM-alion de la 
diiree est de faire duror (sthdpayali) le dharma ‘ (pii doit tdre fait 
dnrer ’ (stiidpfja), d’einpeeher le dharma (jn'elle fait durer de vieillir 
oX dc peril’. Ce qni (hire, la diiree est capabl(3 de le faire dnn'r iiuh'di- 
niinent. Par consiMpuait, la dnri^e est capable de repeler son opiTation. 

Kn raison de qnel obstacle on de quelles forc(\s advers(\s (prati- 
baudhaj Taclivite de la durf'e ci3ssiM’a-l-ello une fois qiri'lle a (*oin- 
inence ? 1 17 a] ('es forces seraienl-(dl<3s la vieillesse el riinptMina- 
nence, la vieillesse ailiiiblissanl la diiree ipie riinporinanence tue 
ensiiite ? Dans cetle hypolbe.se, la vieillesse* et riinpennaiKMice sont 
phis fortes qne la diinM*, il convh^nt done qiTelles ext'irenl. irabord 
leiir a(*tivite. — Kn onire, irapres voire conception de la dnri^e et de 
son i*(>h3, (i’est par raclivite de la diiree (pie dnreni, non seidernent le 
dharma jiriiudpaJ, niais eiicon? la vieilh^sse (*l rimperniaiience. Done, 
(piand raclivite de la duive pn^nd fin, le dharma principal, la vieil- 
le.sse el riniperinaiKaice arndent (h* durer. On ihanande coniinent, et 
a ri^gard de qii(‘l objet, la vieillf'ssi* i*l riinperina.nen(*e (»xerceront 
leiir activile do fairer vieillir et de faire perir. 

Nous ne voyons vrainient pas ce ipie la vi(*illes.sc el riinpernia- 
vienc(3 out a faire. (Tost par la diin'^e iprnn dharma, nne fois no, ne 
pi'a’it pas pour iin certain leiiip.s, ne peril pas aiissiloi w (idpanna- 
malra). Si hiduree, sa taebo accoinplii*, n('jj;li^e le dharma, liieii cer- 
lainenient il ne dnrera plus ; ('’esl-a-dirc*, il peril de lui-rneine. 

Nous eiilendons bien la duri^e et riniperinaneni'e dii dharma : 
« LIii dharma, apn^s eln? lu^, ne pi*ril pas « nn dharma, apres 
avoir <lnre, pi'*rit ». — Mais coinin(*nt allribn(*r a un dharma la 
vieillessci ? La vieillesse, eVst la Irarisforinalion, la di.ssiinilitiide 
eiitre deux etats. Or, peut-on dire d'lin dharma qii’il devi(?nt dilleriMit 
de lui-intMiio ? 

^ S’il n^ste (Mdui-ci, il n’l'st [las cohii-hi ; s’il est transforini'*, il ri’est 
plus celui-ci. Done la Iransforniation iriin dharma est impossible 

1 . yadi sa eva iidsdv afhdnyathd va sa eva \hl / 

tadhiad ekasya dharmnsya nduyalhatvam prasidhyali //] 



234 


CHAPrTRE u, 46. 


D’aproi-i UMP autre Ecolo c’esl avec le coiicoiirs de causes exteiiieu- 
ros do destruction, le feu, le. nuirteaii, ole., que Ic caraclere d’imper- 
inanonce fail p(h’ir certains dharmas, le hois, la criiche [ J7 b]. — 
Tlieorie absiirde ! I)e nienie iin nialade, apres avoir pris le reinede, 
siipplie les dioux de \v, rendre efticace ! Dans la b>gique de ce sysle- 
nie, ce soul les causes exterieuros dc destruction qui delruisent, el le 
caractere d’inqjeniianeiice ne sort a rien. 

La inenie ecolo adinet (juo la pensee et les inentaux, le son et la 
damme, perissent imnuklialement (kmnanirodha), sans (|ue des 
causes elrangeres inlerviennent, par la vertu du caraclere d’irnper- 
nianence. L’impennammcc' el la diiree accomplissenl en rnerne temps 
leur (»peration : un dfuirma, en inline temps, dure et peril. C’osi 
inadmissible. 

Nous concliions : c’est par rapport a la serie fpie Dbagavat enseigne 
les cnracteres <lu conditionne. Ainsi com|>ris, le Sutra ne prete |>as a 
la criti(nio ’ : « 11 y a trois cnracteres qui monlrenl que le condiliomie 
est conditionne, c’esl-a-dire produil par les cause, s successivos... » ‘ 

Si la naissanco. a Telat fulur, engendre le dharma qu’elle doil 
engendrer, pt»ur<|uoi Ions les dhurmas fulurs i)e nais.sent-ils pas en 
meme lemps ? 

46 c-d. La naissance engendre le dharma qu’eUe doil engendn*r, 
mais non |)as sans le concours des causes et des rf>iidiiions 

Indepemlamment du concours (sdmajjryu) des causes el des con- 
ditions la naissance isolee n’a pas la force (mmarthya) d'engeiidrer 
le dharma i|u'ello doil engendrer. Par conswpient Ions les dharmas 
futnrs ne naissent pas en meme teiiqis. 

1. SannilitTyas (voir iv. 2 r.). 

2. emnt etat snfnnii siinifaui .... 

o. Noii-s oliirliorojis aims rJiilnxhirlioii Ips ilivrTSfs ibeorio.s rcIaMves a riin|xT* 
iiiaiiejK'o (avUiffttva) el a. la ninmeiilaneitc (ksanikafcn). 

4. V<»ir ei-{le.ssns p. 'rmil dharma coiidiiiniine esl en{j:eiulr«!‘ par sou earar* 
tere ‘ naissunce La * naissance ’ nail <‘ii inCme lemps tpie le dharma ipi'ell*; 
enii^emlre ; elle reni'*?mlre avanl de iiailre elle-m(^.iiio, elaid. * fulnre *. 

5. Janyasya jauuka jatir na hetnprafyayalr rind f 

Les causes (hetu) el les cundilioiis (praiyuyn) sonl delinies ii. 4tl, (U c. 



Hiiian-tsang, v, fol. 17 a-18 a. 235 

l.Objcclion tics Sautrantikas. - S’il ci) est aiiisi, je crois bicii quc 

ce soiit les causes qui eiigendrent, el non pas la iinissance ce 

caraclcre tpii nccoinpa}<nt*. le dharma depuis rf>nj^ine des temps i?t 
qui fait naitre le dharma lorsque, eiilin, les causes d(‘ ce* dharma sc 
reiicontrent ! Quand les causes sonl completes, Ic dharma nalt ; 
(juand elles ne sonl pas completes, il ne nail pas : (|uelle efficace 
atlribuorons-noiis a la naissance? [18 a| ' 

2. Kepliqiie du Sarvrislivadin. — Prelendez-vous connaitre Ions 
ics dharmas qui existent? La nature des dharmas est subtile M 
Kncore qu’oii les voie, on ne connait pas leur nature. 

D’ailleurs, a dt'daiit du caractere ‘ naissance \ I’idiV de ‘ ne ’ fjdta- 
huddhi — jdUi /h^rnaiupiera VA si la naissanct^ n’est pas autre chose 
que le dharma lui-meme exislant apres avoir etc inr*\islant, le geni- 
Ilf * naissance de la couleur * naissance de la sensation \ ne sera 
pas justifie ; car cela reviendrail a dire : ‘ couleur de la couleur 
‘ sensation de la sensation — De memo pour la duree, la vieillesse, 
la disparition. 

3. Replique du Saiitrantika. — Cette tlieorie vous nienera Ires 
loin : pour justifier I’idee de vide (mlm/a), Tidee d'impersonnel, vous 
admettrez roxistence trune entile • vide rexislence d’une entile 
‘ non-inoi Et encore, pour juslilier les idees : un, deux, grand, petit, 


1. La Vyakliyfl. riU* la n'»[)nnso. quo I'ail a cello ohjrriion lo Hliailnnia Ananla- 

vannaii : « t/oul no prnclnit y)as la coiituiissuiaMr visiiollo sans lo rniicniirs do la 
clarlo, fir.; il n>ii esi jms moiiis cause de Ja cun naissance visuellc ». - Iteponse : 

« Nous coiislali>ns qiu*. ruNPugle ne vt»il yias, quo lo non-a\eiii’le voil : nous coii- 
slalons done refficace de iVi!. II nVn va j»as de iiieiiie de la iiaissaiice v. 

Anantavannau est cite dans Ja Vyakliyfi ad ii. 71 l»-72, iii. 35 d et vii. 32. 

2. sfiksmd hi dharMaprakrlaijnh, — iiaUire. dcs imiilanx, sparsa, etc. 
est subtile, tMaiit difficile a dislingiier. — Sans dnnie. repliqne le Santi'ilntika ; 
luais Bhagavat a explique rpltimce dn spnrAa, etc. : « T»uii ce qui est vcdaiid, 
samjndi samskdras, exisle eii rui.soii du sparMi ... v, luais il n'a yms explique 
I’efficace de la * naissance 

3. t/idec de • conlcnr ’ a ]»onr ol»jet le caractei'P propre (sval(tksnna) de la 
‘ couleur \ Mais i*idee. de * ne ’ : •< la c*mleur est iiep. », iu» porle pas sur la couleur, 
jaiisque j’ai la meine idee de naissance <jiiaiid il s’agil de la seii.salion : la sen- 
salion esl nee ». Done I’idee de ‘ ne ’ porle .siir Tact ion produile par un cerlain 
dharuK^, independnnl dc la couleur, de la .sensation, td qui est la * nai-ssauce *. 



2 m 


CITAPITKE n, 46 


indivirliiol (prlhak), associe, dissodiS ceci, cola, oxislant, olc., vons 
{idincltiez, d’nccord avoc les Vaisosikas, loiilo uiie sca-ie d’onlitos : 
nombre (mmldiyfi ), extension (imrinidna), individiialilo (ptihaldm), 
corijonction (mmyoya), disjonction (vibhdrjaX qnalite d’etre ceci 
(paraUxt), ijualite d’etre cola (aixtratva), existence (mild), etc. II 
vous faudra uno ' crnclidte ’ (ghatatva) ponr jnsliller I’idiV de cruclie. 

Ouant an yenitiF, vons n’a<lineth^z pas qne la nnliire propre (sva- 
bhnva) de la conlonr el la conlonr soient choses difl'erontes, et vons 
(lites cependant : la nalnre propre do la conlonr. 

Done vons n’avez pas clabli «pie la ‘ naissance ’ est nno chose on 
soi ; vons n’avez pas <Mal)li qii’olle n'osl pas senlenient nno desij'na- 
tion fpmj tidptimdtnt) dii dliarma on tant (pi’i! exisle apres avoir 
(He inoxistanl, 

Qnand je veiix faire savoir a (padcpi’iin (jHdpaHdrthani) ([n’nn 
certain dhanna existo cpii, anparavant, n’exislait pas, je Ini dis : 

ee dharma (vsl no », J(‘ designe; ce dharma connnt> elant n(\ 
Heanconp de dharuuis, (»(»nlenr, sensation, etc., naissent, c'esl a-dirr 
‘ existent apres avoir (.H(> inexistanls II y a done br'anconp (b‘ nais- 
sances, (‘’(?sl-a-dir(‘ beanconp de dharmas naissant. La naissance 
etant rnnltifde (hahnvipafka, b(ihnhliedfO [LS b], en vne dt* la parti- 
cuinriser, pour (jue inon interlocnienr sacho (pi’il s’agil de la naissance 
ayant noin ' conlonr ’ et non pas do la naissance ayant noin ‘ sensa- 
tion ’, j’(.'inploiorai le genilif, ‘ nais.sanc(» de la conlonr ’, ‘ naissance 
de la sensation bien (pio hi naissance de la coulenr soil .sonh^iiient 
la (‘onlonr naissant. De nieino on dit dans le niondo ‘ odenr du san- 
lal *, bien cpie le santal soil sculeinent odenr, ot ‘ corps dn laisle 
bien (|iie lo bnslo in? soil (pie corps 

4. Repliqne dn SarvastivTidin. — Coniine nons adincttons rirxistence 
d’nn caracterc ‘ naissance leipiol appartieni aiix conditionnes ot 

I. L*‘h H(>U(l(tUiblf.‘s (haiiddhasidflhauUt) rroi^nl *|ii»» to sanliil ii’csl quo la 
rolledion dos odiMirs, elr. (gaiulh(i(Us(tmHha). Les Vaisrsikas irruinit quo la 
saiilal cxisin eii soi ; rVst ]>ourqi.mi I'atiluiir doiuiu r^xoinpltj dii busl«*, oxcinpl'.* 
qu« I<*s Vuistfsikus — V^»ir Madliyanuikuvriii, [>. (Ui ; Saiukhyaj>rava- 

canablirisyn, p. bl, • 



Uiiian4sang, v, fol. 18 a-19 a. 


237 


n'aj^artieiit pas aiix incoiulitionnas, nous expliquons aisoinont pour- 
(pioi les incoiidilioiiiu's no naissent pas. Mais si Ifs (‘fmdilinnmVs 
iiaisseut sans la * naissance pounpioi les iiiouinlilionnes, espace, 
etc., lie naisseut-ils pas ? 

Nous disons qne les conditionnes naissent, car, apres avinr ete 
inexislaiits, ils existent (abhiVrd hhacanti). Mais rincondilionin* esl 
elernel. coininent pnurrait-il naitre? — Vons explique/ quo certains 
dharmas, les incoiulitionnes, sont prives dn carai.*tere ‘ naissance* *, 
parce (pie, dites-vons, telle est la nature des cliostjs (dharmatd) ‘ ; 
anus dirons quce (*n vinln do la nature des (dioses, tons les (Unirmaa 
no soul [)as snsci-plildes de nailni (na sarmm jdii(iie). -- IJieii plus, 
d’apres v(ais, tons les conditionnes possedent egalc'iiient le caractere 
‘ naissance ’ (tnlgc jdtimcdlce) (\m voiis reruse/ anx inconditionnes : 
cepeiidant vous adinetl(V. qne certaines causes sont capal)l(*s de 
prodiiire la (‘ouleur et inca|)al)les (h prodiiin* la sensation. De nienie, 
d’apres nous, condilioiines et iin^ondilionnes elant egalenH‘nt dennes 
dll cara(‘t(*re * naissance tonl(*s les causes ipii [irodniseiit l(*s (*ondi- 
lionnes siuiL ineflicaces a Tegard des inconditioniuVs. 

V. Le Vaildiasika dil (pie l(.»s (piatre caractens, naissance, (de. sont 
des clio.si\s en soi — IVninpioi V * -- - Devons-nous ahandonner lijs 
Aj^anias pour cello raison qu’il y a dt*s (d)jectants? (19 a| On ne 
naioiu'e pas a seiner par craiiile d(‘.s ga/.(dles, on ne n/.nonce pas a 
inani»er (l(\s friandist\s a cause (l(*s inoncluis *. II t'ant rernter l(?s 

I. (lltnrmnnfUH tniadiknlilcd suklih. 

il. Vililmsa, liS, Ir! : (Jnciqiics-iins .soiilieniif'iit quo li*s samskrInJaksnnns in* 
■sMiit jias ilos rlios<‘.s ivfllos, a >avoir h-s liars! aiiiika.s <|ui disoiil ; s Lrs sduiskrfa^ 
Inksttmis sont iiicliis ilaiis U* vipmifHki(fi:(imskamiikaitdlid ; lo vijirayukta- 
anniskdrnskatnUia ii’osi ]ia.s n-ol; dtnir los smyskrUilnksanaii no smil pas 
rools >, Pom* rofuier lour opinion 

^1. Hiiian-lsung : « Olio Ihourii^ esl la honno. I'nurquni ? 

4. (!\‘sl.a-iliro k-s Adliniliunnasastras. 

•». Nous po.ssodons <piatro pn»vorhos do iiionio signification : on no iluil pas 
rtuunoor a uno. oliost* itoiiiio on soi a cause ties tlelauls tprelle pivsenl«\ a cause 
des risqiH's tpi’idlo court. 

a. Na hi bhikmkdh saiihii sthalyo nddhiiiriyattte. 

t>. ca mryah sanllti yavd (var. &dlayo) noyynnie. 

Cos d«nx pioverbes, qiii voiil souveiil tic coiiipagnio. stiid etadi«*s pur le Col. 



238 


CHAPITRE II, 47 a-1). 


objections et s’en tenir a la Doctrine (dosesii pratividhdtai^yam 
mldhdtUas ednumrtavyah). 

Qii’est-ce quo le tuimaktlyn, \e padakdya, le vyanf inakdya ? 

47 a-b. Les ndmakdya, etc., sont los collections des mmjhds, 
vukyas el akmras ^ 

1. Par mlmaa, ‘ noni ’ on ‘ mot il fant entendre ‘ cc qui fait 

nailre line ' (samjndkam^ oxemple l«.‘s mots couleur, 

son, odeur, elc. 

2. ViW pada, ‘ [ibrase il faiit entendre vdkya, un discoiirs, nne 
phrasi^ coinporlanl le ileveloppemenl necessaire pour qiie le sens soil 
complel (ydimfdtihapmdsamdpti^ \ par exemple la stance : « Imper- 

Jacob, Jiilis Second Handful of Populnc Haxims {Hoinbay, Niniayasrigai*, 1901), 
p. 4iil!, iiulcx sub voo. na hi bhiksiikahjt avec les relVu'eiices qui suiveiil : Mabfi- 
bbusyu, i. 99, ii. 194, iii. (Kiellinm), iluiis le nituiie coiilexte (na hi doiidh 
saniiti parihhdsfd na kartacyd laksanam cd na praneynm i na hi bhiksm- 
kdh ...) ; Vacaspaliinisra, NyriyavrirtikalfilparyalTka, pp. (»!2, 441 ; HbliiiialT, p. 54; 
SarvMilars.'iiiasanigralui, p. H tie la tradiirtioii tie CowtJI. — II laul. ujouler l\5iua- 
suira (voir Cal. Oxlord, ^10 b<, oil les deux pro verbes soul atlribiios a Villsynyaiia 
(sigiuilt^ par Wt^ber, fndische Stiidienj XI 11, j». .‘120.) 

V. Ato 'jicnabhayan uahdraparifydgo bhiksukabhai/dn na sihalyd ana- 
dhih^iynnam dosesu praticidhdtavyani ili nydyah. 

Le Col. Jacob cite, pour «;e Iroisit'ine proverbe, raiVapadika, p. (>(3(^dont la iiiiale 
dosesu pmtividhdiacyani so ndniuve daus Vasnluiiidliu'). JTvaumuktiviveka, p. H 
(qui attriiaie le proverbe a Anandubodbaerirya;. et 1 fito]iadesa, ii. 50, dosabhitvr 
andvnmhhah .... 

d. Sa maksikdh patantiti modakd na bhaksyante, 

I*roverbe pour letpiel je n'ai traulre ndereiiee tpie Vasuliaiidbii. 11 soluble tpie 
le.s lloiidtlbisles, elaiit bhiksns, out siibsiitue an j*rt)\ erbe du mendiaiit (bhiksuka) 
et de la nthdli, lo proverbe moins pitpiaut des luouches et du gateau. 

1 . na makayddayah sa mj h a vdkydksarasn niitktuyu h. 

Surendraiiutb Dasgupla, Study of Putaujali (Calrulta, 1920), resume (p. 192-201) 
les di verses theories du sphofa. 

2. Le terjue samjndkarana uppartieut a la langiie vulgaire (/ofca6M.s*ttj;cVst 
nil etpiivaleiit tie ndniadheyaf noni, appellation, ear on dil : <r Devaduttu est sou 
satnjiidkarana ». Mais, iei, on doit eompreiulre : « Ce qui fait iiaitre Tidee ». 
Eli eflel la samjhd esl un dhanna mental, * idee * notion * concept ' (i. 14 c-d); 
le ndman esl tre qui * fail \ ce tpii eiigendre ce dharma. 

3. II lie Skagit pas de pada furiiie dcHtlinee ou coiijuguee (Piinini, i. 4, 14). 



llhum-tmng, v, fol. 19 a-!>. 


239 


maij^cnts sont Ujs sattiskdras » ot le resle — On liicn, i^ar pada, 

il faut entendre ce qiii fait coiupreudre('//eitrt ganiy(mtff)h^>i diverses 
modalites d’activit6, de qiialite, de temps tpii ceneernenl iiiio cerlaine 
^)ersonne (kriydguHukukisttmhandharisemh) : par exemple : il laiit, 
il lit, il va ; il est noir, jaune, rouge (krmo gatiro raktah) - : il eiiit, 
il ciiira, il a ciiit 

3. Par vyanjnm il favit entendre ak.wra, [dameine (mrna), 
voyelle ct consomie, par exemple a, d, i, i, etc. 

Mais le.s aksaras ne sont-ils pas lesnoms des \till\v>i(lipyncayuca)? 

On ne fail pas, on ne prononce pas les phonemes en vne tie 
designer, de doimer I’idee des leltres; innis on fail, on ecrit les leltrt's 
en viie de donner I’idee des phoneim's, |iour tpie, tjnund on ne li^s 
enleiid pas, on en ail cependanl I’idee par recrilnre. Par consetpienl 
les ])honemos ne sonl pas les noms des lellrt!.s. 1 19 b| 

4. kuya, ‘ corps c’est-a-dire ‘ colloclion ’ ; mmuldi, en (diet, a le 
stnis de mmavdyu. d’apres OhalnpAllm. iv, 1 14. 

On a done : ndmakaya - eoidonr. son, odisir. etc.; piulukdyu -- 

1. il I’aiil roiisidorcr ponitno un pada lu .sliin<*p milioro : 

(xuifpd vata samskdvd litpddavyatfadliarniiHuh : 
nipadyn lit nintdhyaitie temm vyupnsu nmh siikhdlt If 
qifoii pxpliqiu* il».* pld.sieiirs iiiani»'‘i*e.s : 

a. 'riiese (pruUjild}: F.os satpskarafi soul; iinpennancnis ». Arj^iiineiil. ( ; 

« |»arrp quo lour iialiire csl: do iiadro ot porir I'lxoiindo (dr.dnnln) : ofJiix qui, 
olaul nos, inourent., sniil iiiipornuuionls 

1). L'arguuionl : ^ Lour iialiiro osl <lo iiaitn* ol dt^ piuir : . osl olalili par lu 
reijiurqiie : « En olfei, olanl iio.s, il.s moiiroiil 

0. ft f.os saniskdrtts soul iinjiornuiiioiiis, on <riiidros Icrmos, lour tuiiuro osl »lti 
imiiro ol porir » : » paire quo, oUinl nos, ils porissonl >* ; eUiiil iinponiiaiionls, 
ils sonl doulouronx, iloijc los anvltM* esl bonlunir o\‘,.st la ro quo lo Boiuldiia 
N Old. onsei^nor t\ sos iidoles. 

C’osl la stuiioo quo prononoa Sukra a la inort do nhu^avai, l.)7gha, ii. Mil; 
Suinyulla, i. 158; Diulugiios, ii. 170; Jfitaka, 1)4 ; Madliyaiiiakuvrlli, p. tSl) : Mumis- 
rrit Diitrcuii ih Hhins, J. As. 181)8, ii. 300 (tire a pfirl, ji. 108); l.'tlnnavarga, i. 1 : 
MjIo, 20, Aiiityulasfilra ; J. IVzylnski, Eiinornillos. p. 1), 

2. Typo de ‘ phrase naiiiinalc '. 

3. hxf namnn ia\t \oir (dyotuka) le curaclon? prnpro (sralaksana) ; ]e pnda 
iail voir les diverses roluiions on so Irouvt? la chose ilonl lo earactere propro osl 
*-oiinu. * 



240 


CHAPITHE II, 47 a-b. 


« los samsMras sont inipcnnaiients, las dharmas sont impcrsotinels ; 
le Nirv-^ana est tnui([uille .... » etc. ; vyahjanakdya — kaykhUj ga 

1. Objection du Sant ran lika. -- Les mots, phrases et phonemes 
(naman, pada, vyahjana) no sont-ils pas ^ voix ’ (vac) tie leur 
nature, et par conseiinenl ‘ son * (sabda) ? Done its font paiiie tin 
rupuskandha ; ils no sont pas des samskdras dissoeies tie la pensee 
comme rens«?igne le Sarvilstivadin. 

Lo Sarvristivadiii. — Ils no sont pas ‘ voix La voix est ' son 
vocal * (ghosa)y et un son vocal, tout soul (gho^amtUra), im cri par 

extnnple, no fail pas atloindre, compnanlrt^ robjcl. Mais le mot 

(ndmau), (|iii (railleiirs est on fonction du son vocal (vdeam upd- 
duya), met on luniiore (dyolayaU), fail atloindre on signilie (praty- 
Ciyayati) Tohjet. 

Le Sautranlika. f'e quo j’a| 4 )c‘lIo ‘ voix *, ce iTest pas le son 
vocal sans plus, mais leson vocal tpii fait aiteindre rt)bjct, e’est-a-diro 
le son vocal sur le(|uel les personnes qui parltnil so. soul mises d'accord 
(|u*il signiliera un(^ cerlaine chose. (”est ainsi quo les Anciens out 
inveisli lo son go du ponvoir do signilier neuf clioses [20 a] : 

« Les savants out elal)li le stm go dans neuf choses, region cardi- 
nale, betail, lerre, rayon, parole, diamnnt, toil, ciel et eau » 

Le philosophe pour ipii « c*est le mot (itdinau) qui met en Itimirne 
robjel », doit admeltre quo le son go a ete dote [)ar convendion ik' 
ces diflVa'enles acciqitions. Si done tel objet est signilie a raudileiir 
par tel mot, e’est hien un sou vocal (ghofta), sans plus, qui le signilie. 
(Juel avautage a snpposer rentile que vous appele/ ' mot^? 

2. Le Sautranlika poursuit. Le mol sera on produit (tdpddya, 

jtinya) par la voix ^ on manifeste (prakdsya, vyanyya) * par la voix. 

1. Coiiipurcr Aiimrasiuilm, iii. Nanarlhuvargu, 25. 

2. C’eat-ii-«lire : la voix elaul, Ic mot - dhanua dis.-3ocic tie la pfiiiii.: 
nail # (vad satifdm su cilUiviprmfiMa utpadynte). 

8. C’esl-a-dire : << le mot — dhunna ilissooii} tie la pensee - nail avet* t- 
son vocal eii train tie iiailre : It* S(»ii vocal le manifeste en viie tie la desigiialitin 
de Tobjet * ((ilwsenolpadyawdneua sa cittaviprayukio dhunna utpadyaie f 
sa Ut m p ra ku&uya ty a rth ad yo tu n ayah , 



Ilhuin-tmng. v, tol. 19 b-20 b. 


241 


a. ^Dans la premiere hypothese, la voix elanl son vocal (ghom) de 
sa nature, lout son vocal quel qiril soil, nieme un cri d’aniinal, 
prodiiira le mot. — Si vous repliquez que le mot est prodiiil seulemeut 
par un son vocal irune certaine nature -- le son arlicule, varnCit- 
maka — nous disons que celle sorte de son vocal tjui est cajjable de 
produire le mot sera bien capable de designer Tolyel. 

Dans la seconde hypothese, meme critique, en remplacant le verbe 
‘ produire ’ par le verlie ‘ manitesler 

b. Mais il est absurde ilv. su[qK)ser que la voix proiluise le mot. En 
ell’et, les sons irexislent pits en iiieim? temps — on a, par exemple. 

— et le mot, que ^ ous dehnissez comme un dharmti, une 
entile, ne pent naitre par parties. Comment done la voix, (piand 
elle produit le mot, le produit-elle ? — N'ous direz que le cas est ana- 
logue a celiii de YacljPutpU (iv. 3 d) [29 b| : le dernier moment de la 
vijuapliy acte corporel on vocal, en raison des moments anterieurs, 
cree VavijnupU. Mais, diroiis-noiis, si le dernier moment de son de. 
la voix cree le mot, il suflira d’«?nlendre dernier son pour alleiinlre, 
pour compreinlre Tobjel. 

Ce n'esl pas une ikdmppatoire de siipposer cpie la voix engendre 
phoneiiui ("e/yai/Jaiia,), que le phoneme engendre le mot, 
(|iie le mot fail cMimprendre la chose. En ellet, la meme objeclion se 
presenle : « Les phonemes n’exislenl pas en meme temps, etc. » 

Pour les niemes raisons, il est absurde ile supposer (}ue la voix 
manifesle le mot. |Les son.s irexishmt pas en meme temps, et un 
^entile une, tel le mot, ne ptail etre manifeste par parties.... 
el le reste] 

c. I I/hypothese que la * voix’ engendre le phoneme hypothese 
que nous avons provisoirement toleree — ap|)elle d ailleurs de nou- 
velles remarques]. Un [»honeme distinct de la voix, les twpeuis appli- 
quenl vainement leur esprit et ne le <lecouvrent pas. — D'ailleurs, la 
voix n’y n’engendre ni iKi manifesle le phoneme, pour les memes 
raisons qui font que la voix ni n’engendre ni ne manifeste le mol. 
[ La * voix ’ tHant son vocal de sa nature, tout son vi>cal engendrera 


• 10 



242 


CH A PITRE II, 474*8 1). 


ou nmnifeslera le plioiieiiio. Si voiis repliqiiez que le phoneme^ est 
souloineiit engondi^^ on iimnifeste par uii sou vocal iriine ccrtaiiie 
nature.... comme ci-dessns ad 2 a]. 

8. Muis le SarvastivfliUn pent supposer que, a I’inslar du earaclere 
* naissance *, lo mot nail avec son objet (sahaja), — La question tie 
savoir s’il est produit ou maiiifeste par la voix, disparaft. 

Dans celte liypolliese, il n'y aura pas de mot aciuel desigiiant une 
chose passeo ou future, — D'ailleurs, le pore, la mere ou d’autres 
persf)imes lixeut arbitrairement le mot tpii est b‘ nom pn>pre du fils, 
etc. : comment admeltre que le mol, a Tiustar du earaclere * nais- 
sauce ', iiaisse simullauement a Fobjet? — Kidiu, les iucondiliouues 
n'auront pas de nom, puisqu'ils ue naisseul pas : cousequL'uce tpu.^ 1*' 
Sarvastivadiu m* pout admeltre. 

4. Mais le Sarvaslivadiu s aulorise d’uu b'xle. Bbagaval a dil : 
« La stance repose sur les im»ts » 

Le Sautrfuitika repond (|ue le mot (ndmau) est im son (mbda) 
sur leipiel les liommes sont toird)es d’accord tpril signiliera ime 
certaino chose". La stajice ('r/dthd ) itu jdirase esl un 

certain arrangemtmt (racand) di*s mots : e’est dans (‘e sens cpie, 
cFapres Bhagavat, elle njpose (Hiimniirita) sur les mots. [21 a] - 
Admeltre une entile eii soi, nominee pada, t*’esl la nm^ hypolhese 
bien superfine. Aulaiit vaudrait sontenir qu’il exisle, dislincles des 
fourmis el des pensees, des choses eii soi nominees ‘ file di^s fourmis 
‘ suctressitin des pensees ’ Becoimaisse/. done qiie seuls les phone- 
mes (aks(ircis)y qni sont des sons, existent en soi. 

Le Vaibhasika admet ties sanifikdrafi dissoeies tie la pensee, uuinci- 


1. Sainyuktagajua, IM), 'll. SaiiiyiiUa, i. .‘58 : namammniHrila yathii. l.ii yafha 
esi line ‘ phrase ’ (vfikyn) ; ellc repose stir les mots, puisipi’elle es.isle quain.l les 
mots sont lies. Pur eonsetpient, le mot et lii phrase existent en soi. 

2. arfhesii kridcadhih iahdo ndnin. MuhavyulpaUi, 24o, 3l«, reproduit 

rexpressi(»u Mdcadhi, htshauis licad pu. 

3. panktivatt * cuiumc la ligiie ties tuiirmis ’ ; mais, (liru-t«on, les luiiruiis tpii 

torment la iigiie existent en iiienie tenip,s : nous iloniierons un iiotivel exeniple : 
citldnHpurvjfiimi, • eomme la siieressiun des peiis6e.s ^ 



Hiuan-tsang, v, fol. 20 b-21 b. 


243 


kdyci, padakdya, vyanjanakdifa, cnv, ilil-il, tons les dharmam ne 
sent pas a la [)orUk‘ do roiitoiideineiit ^ ^ 

On donuuide (1) a qiiollo sphoro (rexistoiico appartiennoiit los 
plioiienies, mots ot phrases ; (2) s’ils appariiennenl aiix etres vivants 
(mttvdkliya) (i. 10 b) ; (3) s’ils sunt de retribution, d’aooroissoinont 
oil d’ocouloinent (i. 37) ; (4) s’ils soul bons, inauvais ou nun-delinis. 

47 c-b. Du Kanmdiiatii et dti Rupadliatu, ap|)nrlonant aux etres 
vivants, d’eooulomont, non-dolinis ^ 

liOs phonemes, ele., appiirtionnent a deux splieres d’existenoo. 
D’apres une opinion, ils existent aussi dans rAnlpyadlintu, inais iis 
y sont * iinpronom^ables ’ (anabhildpya, akatliya). ‘ [21 bj 

11s apparliennent aux etres vivants, etaiit produits par Teffort de 
I’cHre vivant et eonsisiant en son artieule (myna), etc. Kn eflet, ils 
appartiennent a celui cpii parle, nmi pas a la chose ipTils designent. 

Ils soul irecoulenienl (mtisyamlika), etant produits par le mhltd- 
(jahein (ii. 52) ; ils ne sont pas de riHribulion, puisqirils procediait 
du desir de celui ([ui parle ; ils ne sont pas d’accroissenient (aapa^ 
cayikaj, n’etant pas maltkiels. 

Ils sont non-souilles-non-delinis (aniiYtCivydkrUi^ ii. 28) 

Nous expliquenais sonunaireiiient les caracteres, non encore indi- 
qiies, des aulres dharmas dissocies dt; la pensee (ii. 35). 

47 d-48 h. - De meine le geine(".s7i6/<a//(://d/ qui est en outre de 
retrilmtion, qui apjairlient aux trois spheres d’exislence . 

1. Les dharmas tjiii soul ilii doiiiuine de la coniiuissuiieo des TulliQ^atas 
(iathagatajnanngorampaiita) no son! pas iarkaijamija. 

2. kdmarfipiq)tasuttvakh ya n isyan dii vyukrtd h 

Vibliasa, t5, 1. 

3. Les phurienies, ele. ne soul pas ‘ voix ’ do leur naliire. Itieii n’oinpechc jju’ils 
oxislenl dans rAiTipyadliatii, iiiais, coniine la voix manque duns eette sphere, 
d’oxistence, on ne pent l(?s y prononeer. > Le Vaihliasika : Cmninent puuvez-voiis 
dire qn'iJs exisleni la oh ils no sont pas prouonces ? 

4. Les mots qui dc^.si^nonl los hons dhannas no sun! pus buns : car un humine 
qui a coupt^ les rucinos de bion, pariunt des buim dhannas, possede (prdpti) les 
mots qiii d<^signent cos dharmas. 

5. tatkd I sahhdyatci vipdko ’pi traidhutnkl 



244 


CHAPITKE n, 48 l>49. 


* Do luOiiio \ c’est-a-din> : itoiiiine los phoiieiiies, inols et phri^ses, 
la sabhctgatd esl des deux premieres spheres, cnpparlit'iit aux elnvs 
vivaiits, esl d’econlemont, esl non-.s<)uillee-nou-defiiiie. Mais \asabh(h 
gutd u’est pas seuleinout d'ecoulemenl : elle esl, on oulre, de reti ihu- 
lioii ; eile ii’apparlienl pits seulenient aux <leux pnaniores spheres : elle 
apparlieiil aussi a la Indsienie. 

48 1). 1 iOs possessions (jmlpti) sont de deux es|)ei*es 

Miles sont d’^'oiileinenl el de relribulion. 

48 t*. Les eararteres aussi 

l.es earaclen?s, naissaneti, etc. sont de iIcmix espectvs, eoiuine l(‘s 
po.ssessi(»ns. 

48 c-d. Les iviMieillemenls el les noii-pus sessions (aprdpli) sont 
d’ecouleinenl. * 

Les deux recuedlleinenls el les non-posstssions sonl seulemenl 
d'ecouleiiient. 

Quant a leur sphere, lour relalion aver les elres vivants, leiir (|ua- 
liliealion niorah' (hon, eh*.), les expliealions out ele donnin\s ei-dessiis 
1 22 a|. — Les earaeleres iippurlieiment a Ions les comlilionnes, done 
ils apparliennent aux elres vivants el aux non-viviinls. Pour 
Ydsumjuika el Ydgus, voir ii. 41 d. el 45 a. |vi. 1 a] 


V. iiETiTs (49-55 h), euAi.As (55 e-61 1>), pratvavas |G1 v-lli). 

Nous avons vu (ii. 47 c-d) <pie la Jiaissanre, pour en^oiulrer le 
dharmci qu'elle doit engendrer, redaiiie h? roneours des helns, causes, 
el des pratyayuff, coudilions. On deinande quels sont les hefus, quels 
sont les pralyayas \ 

1. dptayo ilvidhd / 

lliiiuii-tsung trorrige ; Lps prdptis soul de troia esprees, kmnika (i. 
dV'foideniPut, ilo retriljuliori. 

2. [luk.^andvy api a. 'tiisyandah smudpailyasumanvaydh fl\ 

4. La Vvakliyu fait les rcinarqiies siiivuiites ; a. li n’y a pus de dittere.iee entre 



Hiuan-tsang, v, foL 21 b-vi, fol. 1 b. 


245 


49. KdranahetUj saliahlm. mblmga, mmpratfuktakay mrm- 
Iraga, vipdka : le hclu est consicloro cdinine soxluple [1 )>] 

Kdmnaho.hu mison crotrc; saliabhuhofti, rauso mwUioWo ; mbhd- 
fjahohu **iuise [lan'illo ; mmpraijnklakahoJu, f.niso nrss<)ri»>o ; .sarva- 
fragahetii, raiiso nniverscllt* ; ripdkaliotn, raiise ile rotribulion : lellos 
sonL los isix sortes do ciiusos quo rocunnaisseiit los Abhidbannika.s 
(Jnruuiprastbaiuu 1, ii) \ 

heiui'l pmfijnifn, vnr Hliagavai a ilil : (lean hehi (Ivan prahjanna aanvfarj- 
(Irster n(p<i(Mfjn / katnmnn (Iran ‘ pamias ca (jhaso '(Unjtilmtitn ca poniso 
mnna.sikdi'nli. (AnjLrullara, i. 87 : dve 'me bhikkhave pnccayd samnuHliUhhfa 
nppdilapn pa ra to ca fjhoso poatso ca ma uaaikdro). 

I). hetn,prntpapajVi(1dva, kdrana, uimHiaJiiipa.ttpauisad soul syinniymr.s. 

r. Poiirqiioi dfiniior .*sr|»aronifMit. ini axpasr <I«*s hefns ♦•I ilcs pratpapas ? - - 
PaiTP cju(» Texposa hetna roxaincii do iii oau.so eii lajil «juo ‘ lam- 

nhsfar.lc \ * niiiluollo. *, * paroillo \ (ii. 11); ; IVxposa dc‘s prafpapas ooinpnrlo 
roxainoii do la oaiiso on laid. <|i.io hctif, aiilorodoid imniodint, oio. (ii. 02'. 

.1. \k(iraijahvtith sahctbhftk sabhdgnh satpprapuktakah i 
sarvafru(jo vipdkas crt| satlvidho lichir f spate fi 

Aldiidiiarinaiirdaya (Naiijio, 1288), ii. I I. 

2. Dans <pn.*l Srdra soul promuignoos los six sorlo.s do Kn olTot I’AMii- 
dlinraia no fail tpiVxpliipior, approoior, onnnnoidor lo Srdra (sarvo hp nbhldhar- 
wah snlrarihuh snirauikasah snlravpdkhpdvnin ). 

Los Vuibliasikas disont. (]no lo Sulra ipn Irailaii do oo point a disp'arn (antar- 
hiia). L*KkotlaiTignina oiniinoraii los dliarmas jus«|u*anx rnlogorios de oont 
dharinas; il iie rnjdionl pins ipie dix oalogorios jnsfpraux (fUUisaktit) 

Voir Introdnriion). 

Mais loh Sfliras no inarapioiil pas ifui rararlori.si*id olunpio ospooo do hetn ot 
la Vyakliya. apporlo dos oxoiiiplos oinpriiidds, sfrinble-t-il, a Sarnghabliadra t iii. 
71) 

(a) kdrauaheln : '< La oonnaissaiioo visnollo nail on raison do Torgano do Tcoil 
ot dos visihlos v (Saipyidla, iv. 87, olc.). 

(h) sahabhnhetn : •< Cos Irois nioiiihros dii olioniiii aooonipagnonl (anavarf) 
la viio oorreolo. v. « Lo o.oida<'t osl la roiiooidro do trois ; iiaissoid onsoinblo la 
sonsalion, la nolion, la void ion 

(o) sablidpahetn : « Cot boiiniio (pudgaln) osl nmni do bons dliarmas, do 
manvais dliarmas ; sos bons dliarmas poris.soid, sos innnvais dliarmas .so 
d<Svoloppont, luuis uno raoino do bion anusuliagata n'osi pas i.-rjiijioo (asti 
cdspdnHsaliagatam kasalamnlam asamnccliinnam), d’oii naiira nno aidre 
rncinc do bion : rot boinnio, dans ravoiiir, doviondra pur v (visnddhidharmd 
bhavispaU, op. Aiigntlara, iii. 815). 

Dans»un coidcxio appurento, Saniynlla, iii. 181 (ooiiiparcr Kalbftvaltbii, p. 215) 



246 


CHAPITHE 11, 50 a. 


50 a. Tons Ics dharmas sont kdranahelu a I’egard de tous.rfiiix- 
mfirnes exceplt's 

Ua dharma n’est pas le kdmmihctu de sei-meme. 

A eetle exception pres, Ions los dharntns sont knranahvJn I’t^gard 
de tons les dhurtnas conditionncs (saiHskrt^r), parce. qii’ancun d}inr~ 
nia ne constitue tin obstacle (<mghmihhdvdvnMmiia) a la naissance 
des dharmns susceptibli^s de nailre (u'pnttimawt), 

De (•l•lte derinition, il resulte que les dharmm qni sont mitabhu- 
hetn, etc. sent aiissi kdranahelu : les antres helm rentrent dans le 
kdranahetu. — Le hetu qni ne recoil pas ile iioni special, qui est 
simplernent kdruun, ‘ raison d’etre sans qualification, c’est le 
kdraHaliefu : il reijoit a litre de noin parliculier le notn qui convienl 
a Ions les helm. Comparer le nom dii rupdifahma (i. 24). 

Le kdranahelu appelle les oh.servalions qni suivenl. 

1. Les vices (d^rava) se prodnisent die/, rignoraiil ; une fois les 
v«u'il<!‘s conniies, ils no se prodnisent pa.s. De meme, les «‘loilcs (jijotin) 


porfo tinusahafiafn Smii^hjihliailni fraduil ici f'xaclDiunit (sotti kiu himj) : 
il .s’ngil triino rucino bir*n lejinoi?, ifleiilitice jSnnmliHltliadra, b I!>.i an pin’dijn- 
ami<lhdtn (?) (kieou so6l kini) il« IVcolo dos SIbnviras. 

Mais b^s MSS. de la Vyfikliyri portent, ffimsnhafftifa id. non.s vi rmns qiie, dans 
le fthgisyade iv. 70 d, la version idiinoisc du .liianapra.st liana en donne reijuivalent 
«?xarl. : wei kiil htuif. Dans ce passage auHSfihaffntn rsl retpiivalenl de nmln- 
nirrhi : < Oindles soul les racines de bieii dile.s mwsnhfujuta ? -■ I.Vdlos ipii sont 
iibaridonnees en dernier lien lorsque les rarines de bien sonl rompues ; cellrs par 
rabsenee, de.s<{ii«die.s les rariiie.s do bien son! ililos fdre rompues [On a vii 
ci-dessns (p. 184) ipie, a proprement purler, les ruciiies d»? bien ne sont jamais 
rompues.] 

(d) satHpraynkinkahetn: C/e.st re qu’on iiomino In loi (smddhd) ayanl pour 
raoine Ja vue (darmna), assorieo a Vavetifajmina (vi. 74 e.) : ce quo ret honime 
corinail (vijdndti), il le penetre par luprajud (prajdndti) v, 

(e) snrvntrajjnhetu : « Pour riiomme. qni a la vue funsse (milhpddrsti, v. 7) 
les arlos rorporels, les actos voruux, la voliliun, la resoluiion, les samakdrns qni 
siiivent res arles, ctr., Ions r.e.s dhiirnms out pour ronsoqiienre iiialheiir, bideur. 
— Pour([noi ? — Parce qii’il a une vne-de-peclie (pdpikd), a savoir la vue fansse v 
(Comparer Aiignltara, v. 2lii). 

(t) vipdkahetu : « Do racte tail ici .... ils savoureiil la la retribution >. 

1. ^cuio *nye kdrandhehih, • 



Hiunn-tsang, vi, fol. I l)-2 a. 


247 


ne s<>nt pas visibles cjimiid le soleil luit. Done la eonnaissanee des 
veriles otb^ soleil font obstacle anx vices, aiix etoiles. Done 

il est faux de dire quo tons b‘S dharmas eoiiditionnes soul kcirana- 
hetii parce (ju'ils ne font pas obstacle a la naissanee. 

Nous enlendons que la conimissancf^ des veriles el la elarte du 
soleil ne font pas obstacle a la naissanee <lu dharma (|ui est * nais- 
sant ’ (utpadjjrrmdna), c’esl-a-dire du dharma cpii, ses causes edant 
completes va incessamment exisler (anantarabhdvin). 

2. Ou’on nonniie cause*, raison (roire, ce (jui est capable de fain* 
obstacle el ne fait pas obstacle, soil! Les villn^eois, en eflel, |2 a| 
quand le seigneur (hliojakaj ne les opprime pits (aniipndrotar), 
disent : « Nous sommes lieureux [)ar le fait du mnitre (avdmind 
imiah siikhilfih) » Mais peul-on nommer cause ce qui, etanl inca- 
pable de faire obstacle, ne fait pas obstacle ? Le Nirvana est incapable 
de faire obstacle a la naissanee de quelque condiiioime que ce soit ; 
de memo les dharmati futurs en ce qui concerue les dharmas passas, 
de nieriie les etres infernaux (udraka) ou les animaux eii ce qui 
concerue les elres de rArrq)yadliatu : b* Nirvana, les dharmas futurs, 
les etres infernaux sunt, sous b* rapport de robslacle a la naissanee, 
des eonditionnes en question, conmie s’ils n’existaient pas (asaUnlija). 
l*eut-ou les consi<len*r coinme des causes? 

11s sont causes ; car, lueiiie (piand le seigui’ur (\sl inca|)able de leur 
nuire, les villageois s'exprinient comnie nous avons dil ; mais non 
pas au sujel (run seigneur inexistant. 

3- La delinition (uirdrsa) que nous avons donniM* du kdranahclii 
est line di'dinition generale et comprend ce (jui est kdranahelu par 
excellence (pradhdnah kdranahetah) el ce qui est simplernent 
kdranahctii (apradhdna). Le kdranaheln par excellenci* est la (•ause 
generatrice (janaka) : dans ce sens, roul et la couleur soul kdra- 
nahctii dc la connaissauce de la vue ; d(* nu**me raliment a r(?gard 

1. Drs qii’a. lion la ('oniiai.'s.saiire des veriles, les eanses des [Missions ne soul 
plus eoinplrtes, puisrpie Inprapti ties pii.s.si(»iis esl eniipee pfir celle eonnaissaiiee. 

Monlaigne, iii. U : Les priiie.es me doniienl. j>roii, s’ils ne nroslenl rien ; et me 
IVnil as^oz de hieu (juand its ne me lout point de inal. 



248 


cHAPmus n, 50-51. 


dll corps' , la seniencc, etc. a I’egard do la poiisse, ofc. (Voir ii. 56 b) 

4, Objection. - - Si Ions les dharmas soiit causes des autres dhar- 
m(i,s parre qu'ils ne lour foot pas obstacle, poiirquoi lous Ics dharmas 
lie naissenl-ils pas ensemble ? ■ Poiirquoi, lorsiprun nieurtre est 
commis, Ions les elres ne soiit-ils pas, connne le ineurlrier Ini-mome, 
revelns du peche de nieurtre ? 

Ij’objeciion i.\st vaiue. Kn efVet, lous les dharmas recoivcnt le nom 
de kdranahdn parce qu’ils ne font pas obstacle : ci? n’est pas qirils 
soienl tons des facleurs (kdraka). 

5 . D’apres d’anlres inaitres, ions les kdranalidus possedent nne 
reelle ellicace (sCimarlhya) a Tendroit de tons les dharmas [2 b]. 
Par exeinpb* le Nirvana et la comiaissance de la vne : une connais- 
sance inenlale, bonne on rnanvaise. nait ayant le Nirvana comnie 
ohjet {dlamhana, ii. 62 c-d) ; (\r cetle connaissanre meninie unit plus 
tard une connaissanei' de la vue ; le Nirvana a clone eflicacc, mc'dia' 
temont, a rcMidrnit de la comiaissance de la vne. 

La meme argnnicMitation s’appliqne anx dharmas fnlurs, anx elres 
infernaux, etc. 

50 c-d. Soiit sahnbhahdn, cause en tani cpie (ot'xislanls, les 
dharmas qni sont cdl’et les mis des anlres, a sa voir les elc'meids 
(bhiUa), la pensee el les compagnons de la pensee, les caractcMes et 
le enraeterise 

1. Les dharmas ipii soul eflel (imrHsabintpha^^ ii. 58) les iins 
des anlres, sont dils sahahhuhdn 

Par exemple les grands elements (mahdbhfda) ’ sont, eiitre eux, 

1. n'a|in\s lo lexlf' ; nharnsamudnyat kiiifasifa samiidaifah, — Cotii[»Hn?r 
Sain3MiHa, iii. (>2. 

2. Taiite raiisc doit avoir nn clT»*l : kdmne sati kriryena bhavitavyam. 

Jt . sahahltur ijg mttliahphfildh / bhiitavne cUtaciltdniamrtilakmnalak- 
synvat // 

I if sunixo vat dans le .sc?ns de tadyalhd. 

4. On ne dil pas <|iie ions les dharmas l•.nexi.slolll (sahabhu) sont sahnhhu- 
hetu. Par exemple le rfipa di-rive (bhautika), JjJeu, etc., encxiste mix grands 
clcineiils ; mais nest pas sahahhvhciH avee eux. (Voir p. 25;:$). 

5. Voir i. 24, ii. 22, 65. « 



Hiurm-fmng, vi, fol. 2 a-?» a. 


249 


mtmhhnhetn. De menie lii pansec ct scs coinpagnons (ii. 51) ; «lc 
nicme Ics caracleres, naissancc, etc. (ii. 45 b), et Ic dharma (jn’ils 
caracfeiiscnl. 

Dans la ralaijorie do sahahhuhetn rcnl roni done Ions Ics dhnnnas 
(•on<litionnf\s (samshrla). Mais il faut, dans cluapic ras, distingucr 
les dharmas qiii sont en relation nnitncllc dc ransalitc 

2. 11 y alien dc compUUerla definition ([iii precede. — Dn dharma 
cst mhahhuhelii de ses raracleres secondaircs (nHulahmya. ii. 45), 
sans etre avoe cnx en relation nuituelle d(^ cansalile : car les carac- 
teres secoiidainNs in? soni pas saliabhididn de lenr dharma, Cas a 
ajonter a la definition \ |3 a] 

A qnels dharmas doime-t-on le noin de ‘ conipagnons de la pen- 
see ' (ciilmmimrivarlin) 

51 a-e. Sont coinpaf'iions de la pensee : les inenlaiiN: (vjiilta) ; d(‘nx 
disciplines ; les caracleres (lakmnaf^) des menlanx, des 

denx disciplines et de la pensee \ 

Tons les dliarmas associes a la pensee ((dllammprayidda^ ii. 24), 
la discipline dVxias(» el la discipline pure (iv. 17 d), les caracleres, 
naissance, etc. (ii. 45 b), de tout cela et anssi de la pensee. 

51 d. An point dc vne dii temps, dn IVnit, etc., et de la bonte, eb*. ^ 

IjCS cornpagnons sfint associes a la pensee ; 

1. Kn ce qni regarde le temps : ils out la ineme naissance, la nierne 
dnree, la nieme destruction <|in; la [leiisee ; ils sont de la memo epoqne 
qne la pensee. 

Qiiand nous disons * la iiieme naissance \ nous entembins le 

mot ‘ meme ’ (cka) dans le sens de concomitance : les compagnons 

1. Tout dharma conditiiuinc el ses cnnielfTes sont eulre eux sahahhuhetn ; 
im dharma n'est pas mhablmhp.tu aver leji rumrh'res <riiii autre dharma. 

2. upnsamkhyfinnkarnvnm an mnhasastrafAinadnrsaaartham .sopasnui’- 
khyanani hi vyakaranadi mnhasfisfram drsyaie (Vyakliyfl i. 

3. caiitCi dvun samvaraa tesdm retaso tnk.^ntj(ini cn j cii(dnnvnrtinah. 

4. kCttaphalddmibhakldihhih ij 



2:)0 


r,u\PiTRE II, 50 c-51. 


naissonl, ihirent, pi'jri.sseiit cn rnoine temps (pie la poiisoo ; nuiis Jciir 
iKiissance cst dislincle. 

Qnaiil aiix pcMisees (pii nc soiO piis destinees a nail re (amifixitU- 
(Iharmin), dies ne naissent, iti ne diirenl, ni no perisserii. : do monie, 
lours compasuons. Cost poiiri|uoi on ajonle : « Los conipagnons sont 
do la inoino opoquo <(uo la ponsoe ». (La ponsee qni no doit pas nailro 
ost fnluro jnsqiraii inomi*nt on oil*' naitrait si olio naissait : sos ooni- 
pai*fions sont alors fuliirs ; olio (\st pa.ssoo dopiiis le rnonient on ell(‘ 
anrait peri si olio etait no(! : sos ooinpagnons sont alors |>assos. |* 

2. liii 00 qui oonoorno lo fruit, olo. — Par fruit (phala), il faut 
(‘utondro lo punrmkaraphala (ii. 58 a-1)) ol lo vLmmiiogaplmla 
(ii. 57 d) ; par ol ccolora, il faut ontendro lo vipakaphala (ii. 57 a) et 
lo nisijandaphala (ii. 57 <*). 

Los oompaf^nons out le niomo fruit, le memo vipfika, lo memo 
nixpauda quo la ponsoe \fi 1>| : ‘ niome * inditiuo ridontito (mm* 
khyfmo, sddlidraHo). 

.‘1. Ell 00 qui rogarde la lionlo, t»lo. - Los rompagnons sont boos. 

rnauvais, noii-dofinis, a Tinslar dii la poaisoe qu’ils aooompagnont. 

On oom|)t(‘ doiio dix raisons on vortii dt^sqnollos li's coinpagnon.s 
sunt nommos oonipagnons 

La |»onseo doni \o ooiiogf^ ost lo plus roduit (mrvdlpa ciUa) ' o.st 
mlmhhuheln do oinquanltdiuitr/Affrmre6‘;a saA'(ar(l)los dix mnlid- 
hhumikas (ii. 2.*}) aver los i|ualro oaraoloros do rliaoun d’oux, (2) sos 
quatro caracliM’<‘s ol .s«‘s qiiatre caractores sooondairos (anulaksana, 
ii. 40). 

Si, do res rinriuanlo-liuit (lharnms, on ooarto los quatro oaradoros 
sooondairos do la ponsoe — losquols n’ont pas d'aotion siir olio — on 

1. La proniionj parlio iL- re para^raplic irapn\s In Vyfikhyil. 

iJ. Les dix raisons in* sniiL jaiaais roiinios. Par cxeiiiplr, dans le ras do la peiisoe 
non-dolinio non deslinoo a nailro, los roiiipagnoris soul ooinpagnnns pour (pialre 
raisons : (1) mOino epotpie, (2) meiiie fniil (purusakdra)j (3) inOiac nisyaiula, 
(4) jueine qunlik* d'etre nf>n-dolini. 

a. r/esl-a-dire la peiisec; non-souiilee-iinn-deriiiie (nnivrfdcydkrta) depiiis le 
denxienie ilhydna ; le miarka^ le cmira, les ktiMauwImblmmikas liii font 
defaiit. * 



Hiiicub-lmngf vi, fol. 3 a-b. 


251 


a cinquanle-qnalre dharmaa (|iii .soiit; mliabhnhclu (it* la (lift* pensot*.’ 

D’apres line aiilrc (Opinion, quator/o dharmas seiilenieiil sonl 
sahabhidietn de cette penstks a savoir sirs qiiain* (‘aracU>rps (H les 
dix mahAhlmmikm, D(i niena^ quo ses caracleres s(*(*()ndaims iTonl 
pas d’acdioii sur la peiis(-H\ de menie les caracleres des malidblmmi- 
kas n’(jiit pas d’aclion sur la |ionsec. 

Les Vaibliasikas rejcdkrnt cetle opinion, - ipu* les qnaranle ('arar- 
teres dcs malidhlmmikas ne son!, ikis sahablnihalu dt* la pensec*, 
(‘oniint* coninidicloire a la doelrine dn IVakarana^rantlia d'apiTs 
lequel « les (piatnr caracderes, naissanee, vieillessi*, duree (*f iinp(*r- 
inanence, de la croyani'o an inoi (scdkdtfadrHU) et d(\s dharmas 
assories a cirllo croyaneo (y eonipris les miihdbhumikas), soul a la. 
fois effet td rans(> dfr la eroyance an inoi ». - 


1. La [KMi.siMj n-gni* (rajnrjate) isur .s«\s anuhiksamis ; n't>ul pas d’arlinn 

(vtfdpdra) siir la pf^nsoe, <*<»iijino fni ii vii ii. t<>. 

2. L’<^<litpiir japoiiais ronvoie a Prakarana, 13,5. . Voir ri-<L‘i>soii.s p. 2iV.I rl. 
260 oil le Illume lexte <\sl allogiii'\ 

L(? Prakarana rxaiiiiiir, lf*s rolafioiis outre U*.s cpialre \rrilo.s ol la «*roynnrp an 
nidi (aalkayndrsfi). La Vyfikliya on ilnmio uii oxtrait Hont vniri la Iradiirlion : 

A. J1 y a rpiatro vorihVs, Pariui lo.s vorilos, roiiiln'oii oiil. pnnr ranso snfkdiffirlrsf t 
■sails olro ranso do safkdyadrsfif roinlnon soul oaiiso dt; satkdyadrsfi san.s avoir 
(miir ranso sa(knyadrsti\ roinliion out. pour ranso sufknyndrsfi vl soiit on nionio 
temps ranso do satkai/ndrs t\ romldon iiVnii pa.s pour ranso safkaynfh'sU ol no 
.soul pas ranso de snfkfilfftdrsli? A rofle i|nestioii il rop(«iid : tlonx vorilos n'oid 
pas prmr oanse scffkdyadrsfi ol no soul pas ranso do snikayndrsti, a savoir la 
verite do la desfrnriion et la voriio dn riioniii) ; [lonr los donx anlros vorilos, il y a 
lion do dislingnor. 

n. La voriio do la donlcnr pout (1 1 avoir pour rauso salkayad rsfi saii.s olr<; 
raiise tie satkdyadrsfi, (2) avoir poiu* ranso saikdyndrsH oi oiro ranso d<* snt- 
kflyadrstif (3) no pas avoir pour canso sn(kdyndf\sli ot no pas olro ranso do 
aatkdyndrsfi : il n’y a quo trois allerruilivos ; Jo scrojide (oire ranso tio mtkdya- 
drsU sans avoir pour ranso snikfiyndrsfi) iiianqno. 

1. A pour ranso satkuyadrsli sans olro ranse do, satkayadrsfi tonto la voriio 
de la donlonr sonilloo [r’esLa-diro tons les dhannas qui soril dtndoiiroiix et qiii 
soul klista] a roxropUon (a) dos pa.ssions (annsaya) passees el present os qui 
peuvenl olro abandonnees par la viie de la douleiir, el do la verite de la doideiir 
assoeiee a ce.s passions [par oxeiiipJe la st^nsaliori as.sorico a la sntkdyadrsfi 
qni est nbandoniK^e pur Ja viie de la dduleiir|; (bide la verito de la donlonr future 
et assoriiee u la satkdyadrsti (voir p. 259 1. 11); (r) de la naissaiire-vieillosso- 



252 


r.HAPiTKK n, 50 c- 51 . 


(lortaiiis inaitros, dans lour loctiiro dii Prakaranagraiilha, omoUont. 
les niols : « ot dos dharmas associos a colie rroyaiico D’apros l(\s 
Vaibhrisikas dii KasmTi* 1*1 a], cos mots liguronl dans lo texlo ; on, 
s’ils y nKUH|nonl, le cordoxfe indiquo <|iH)n doil los supploor et (pio 
lo lexle osl iiiconiplol. 

Tout dharma ([\\\ ost canso on qualilo do mhahhuhHiu cause on 
laiit quo oo('xislant (yat tnvat mhahhuhelund hdiih), oslsahnhhn, 
cnoxislaiiL Mais il y a dos cooxislanls qui no soul pas sahahhulielii : 

1. los caractoros socniidain^s dii dhanna principal (midadharma) 
no sonl pas mhahluilteln on oo qui cnncorno <*o dharma (ii. 40 a^h) ; 

2. los nioriH's no soiit pas mliabhnhdn onlro onx ; 

3. los caractoros socondairos di‘s conipagnnns do la ponsoo no sont 
pas sahahhididn on co (pii cnncorno la ponsoo ; 

4. los monn's no snnl pas mhahluViPhi onlro onx ; 

5. los rnalioros doriv<'M.‘s (hliaulika, apaddyarupa), Mon, etc., 
snscopliMos do rt\sislanc(» (Hapraliyha) td (Tailhairs nms onsornhh* 
(sahdja), no s(hiI pas mhahhuhcln onlro olios ; 

<lmre-iin[MTinanpiirp fUi la .safk(ljfa(lrsli ol, ilr.s dhanints assorii\s a rrllr rrnynnrr* 
(tatsampraiiuktnvdm ca dhnrnwnnm : (lernicrs mols .simi (uui.s dan.; 

rrrlaiiio nM'oiisioii). 

% A fioiir t-ansp satkfutuih'sli v\ r.st raiisf tU* matkdyrtdrsti. la vrrilo dn la 
dtndiMir <|iii a <'?to «*xcepl(M? dan.s U* parairrapln*. prrrrd«*id. 

a. N’a pji.s |M)iir rjiiis<* sfdkatfnflrsii i t nVsI. pas rans** do aatkatfadrsfi la 
vmlo df* la d(ndnir noii-souilloo [rV.st-a-dire k.s dhanitas «pii soul doulouroiix 
Minis fpii sont lionsj. 

Lf*s vf-rsions rliinoisrs, Nanjin (xxiii. 11 , f‘{.S !> 10 ) cl 1277 ( 10 , 58 h 4 ), roiTc.s. 
poiid«'nt. ail texU; ipii prci-cdc. 0uel#|ucs omissions (y mninpicriL los plira.sos : 
« A colic cpic.slion, il rcpoiid », Hi prnsne risarjauam knroti, cl « II n’y a rpic 
trois allernativc.s : la serondc manc|iic v, trikrdikam, dviftya koUr ndsti). De.s 
varianlcs asscz son.sildcs «laris la dofiiiitioii des dharmas cpii ont pour cause 
salkayadrsU et sont caii.se <lc safkayadrsti : (i\) les pas.sions passecs et presentes 
qiii poiivcnl cire nliandonnoc.s par la vne de la donlciir, cl la vorile do la douJeiiv 
as.sociee a ces pa.ssioi)S 1 1277 : cl la verite de Ju douleiu* associco, coexi.stante, etc. 
a res passion.sj, (li'i Ics passions nnivcr.sellc.s (sfirmirayn) pa.ssees el prcseiiles 
rpii pcnveiit cire alwindoiincos par la vne de rorigine, ol la verile de la doidciir 
qni leiir est as.sociec 1 1277 assoc ioe, coexislaiile, etc.], (c) la verile do la donlenr 
fiitiire et as.sociee ii la safkayadrsUf (d; la luiissuiice, elr., do la satknyadrsti 
future cl de.s dharmas associos. t 



Jlman-imng, vi. lol. 3 h-i h. 


25 :{ 


(). line pnrtie des niatieres ilin'ivet‘s noii-snsrrplihles ilc* iVjsislance 
ct d’ailleiirs necs ciisoiiilile, ne soiit pas Sdliahhulietii enliv dies ; il 
faut exci^pler les deux disciplines (voir p. 24‘d) ; 

7. aucune inaliere derivee, bien ipii^ nee les eleiiUMils 
n’est sahahhnhehi eii ee (pii concenie les eleineiils ; 

8. les possessions (pmpti), nienitj ([iiand elles iiaissent avee le 
dliarma au«[ii(‘l elles so rapporleiil (j)rdpthu(fl), ne soul pas salia- 
bhuhetu en ce tpii concenie celiii-ci. 

Les (lhanuas de cos huit caloi^oritvs soul dtvs coexislanls (saint- 
hititjj inais ne soul pas saliahhfiltefu, parce <|ue le IVtiil. le viinlka. 
le nisjjanfla soul pas identi(|ues ( voir p. ^oO). - I'uur les poss(*s- 
sions (prnj)H) elles irescorlont pas lonjours It* dhanna (snhacttri- 
smi) : elles naissenl soil avantli! dhanna, soil apres Ini, soil en nieine 
lenips (pie Ini. (ii. 87-88) 

Le Saulranlika criliipie la doelrino do la causalile des coifxlslanls. 

Tout cola [leiit eln^ jnsle (sanum app dal •\ifdl)y (|ue ce ipii ivsl 
sahabhfdidiif cause (ui cpuilite do coexislanl, osl coexistanl ^>, el le 
resle. Toub'lbis, dans le inond«‘, la relalion de cansi? a elVel (haln- 
phalahhava) esl bi(*n (ilablii? dans certains cas : la cause*, elant anle- 
rieiire a rdVel. (I’esl ainsi ipie la seinence esl la cans** de la poiisst*, 
la |)oiisse de la ii;^e, elc. Mais on ne conslale |»as sennilable relalion 
enln? des cliosi's siinullanees. Xmuis devifz done denionlrer (|ue d(‘s 
dhannas ni*s ensemble (sahabim) penv<*nt elre en relalion de cause 
a elTel. [4 bj 

Le Sarvaslivadln apporte deux (*xemples. La lainpt* nail av«‘c son 
eclal (saprabhn) ; la ponsse, croissant dans la clarte, nail avec son 
ombn* (sacdulpa)- Or la lanipe (*sl la cause de son eclal, la ponsse 
esl la cause de son ombre. Done la cansi* ol Ti Hot sonl simnllamjs. 

Le Saulranlika. — Os exemples no sonl pas elablis. II fant exami- 
ner (sampradhdrtjam) si la larnpe esl la cause do son eclat, on si, 
comme nous le jiensons, la lainpt* avec son (Vial ne sonl pas rune el 
ranlre rdlel dii compbwe des causi?s cl conditions anl(jrieiir(*s, Imile, 
ineclie, elc. De mr*me, iin (toniplexe do causes anlt'n ieures (seinence. 



254 CHAiMTRE 11, 50 c -52 a. 

liiniitM’e) esl la cause de la poiisse el tie ronibre, de la pousse t^vec 
son ombre. 

Le Sarviislivadin. — La relation do cause el d’efTet esl tHablie par 
rexistenco el la non-existence de co qii’oii noiinno effet, paralleles a 
rexistence el a la non-exisleuce <le ce 411*011 noiiune cause. La delirii- 
tion dos logiciens (hetnvid) esl trt\s bonne : « IjOrsque, A elanl on 
iretaut pas, B esl ou n’est pas, A esl considere comine cause, B ost 
considere comuie elVel ». — Ceci posc% si nous examiiions les dhar- 
mas (|iie nous avons delinis coniine cooxistanls el sahabhuhelu, 
nous voyons qu’ils t‘xislenl Ions lorsque run d’eiix existe, et qii’ancun 
n\?xisto lorsque run d’eux liiit defaiit 11s sont done en relation 
inutuelle de cause el dVdi’et. 

Le Sautranlika. — Adineltons quo, panni ties dharmas sinuilta- 
nes, iin dharma pent elro la cause d’un antn* dharma: rorgane dt? 
la vue esl la cause de la connaissanc(3 visiielle Mais comment ties 
dharmas siiiiullaiuVs S(U-ont-ils causes el i^llels les uns ties aiitres? 

liO Sarv;lslivadin. • La causalile recipnapie esl elablit* [lar la 
definilion ((ue nous avons tloniitM» de la causalile. Lorsque la penst^‘e 
exisle, les meiilaux (cailta) exislenl, el reciproquement. 

Le Saulrdnlika. — Fort bieii, mais alors le Sarvdslivatlin doil 
reviser son syslenn?. Eii efVel, il a nie la causalile reciproque ties 
inalieres tleriveos (bhaHtika, couleur, saveiir, elc.) bien que la 
couleiir n'exisle jamais ((irindbhdrin) sans la savour (ii. 22) ; il a 
nie la causalile recipro([ue de.s inalieres dorivoes et ties grands 
tdemenls, la causalile reciproque ties caracleros si^contlaires el de la 
pensee. 

Le Sarvaslivadin. De ineine que Irois batons tiennenl (ava~ 
sthdna) en so suppm-tant run I’aiitre 1 5 a|, tie iiieme esl etablie la 
relalion causale ties simullan»3s, pensei* el immtaux, etc, 

Le Sautranlika. — (le nouvel exenqile doil elre examine. On se 

1. Lfi ou se Irouve uii mahabliutaf les uulres niahCihhutas se Iroiivent aussi, 
ete. 

2. J’eiiteiuls : « Uii iiioiacnt (ksana) du cakmrindriyu esl lu ouuse de la 

counuissaiice visiielle siiuiiltuiit^e v. t 



Hiuan-fsangf vi, foL 4 li-5 h. 


^255 

(lemjiKle si Ics trois batons lieiinent par la forei* quo posscdiMit li*s 
Irois bulons en laiitquii nes eusoiublo (saltotpannah((len(i), <ni bioii 
si la force dii coinplexe des causes anterieiires, qui les fail nailre 
ensemble, iie les fail pas aiissi nailre appiiyes run sur Taulre. Imi 
outre, il y a ici auln^ chose que la force muliudle de snpporl (nnyo- 
7 iyab(tl(i) : il y a une corde, un crochet ; il y a le sol. 

Mais, repliqiie le Sarvaslivadin, les coexislants (sahabhu) out 
d’aulres causes ipie le sahablifihetu, a savoir le sabhfKjaUdu, b‘ 
sftrvalragaheln, le vi/xikahetu, lesquels out uu rob‘ analogue a celui 
(le la cord(‘, etc. Le saliabhuhetn esl done etabli. 

52 a. Soul sahhdgahetUy cause sernblable, les (Uuirmns sembla- 
bles 

L(\s seinblabh^s (mhhdga) soot sahJidgaheln d(S sianblables. 

1. Les cin([ skandliaii bons {kumln) soul sabhagahetu d(‘S t:in(| 
.sk(iii(lli(us bons. Souilb'ss (kUda), c’esl-a-din? mauvais (<tk\mila) el 
souilkVnou-delinis (ninddvydkrtaj, ils soul sabhaguheln d(‘s souil- 
les. Non-delinis, c'esl-a-din? non-souilbs-non-delinis (auivridryd- 
krla), ils sont sabhdgahdu d(\s non-delinis. [o b| 

Toutefois b»s nuiitres ne soul pas (rac(!ord sur ce dt;rni(a* point. 
D’apivs l(*s iins, le rupa non-dddini esl sabhdgahciu des cinq skan- 
dhas non-diMinis, mais les (|ualre sPamdIuts, sj*nsalion, (dc., w soul 
pas fiahhngabetH du rupa -, U’apres iraulres, (pialre skandhas sont 
sabhdgalichi d«‘ cinq ; mais W rupa n est pas aabUdgalteln de (|ualrt». 
IVapnVs d’autn‘s, le riq)a iTest \Kiiisabhd(j(dielit de qiialre el recipro- 
(|ueiuenl. 

2. A considtirer une exisbaice, le premier t;tat embrvonnain^ 
bhdvastlid) esl cause sianblahle des dix tdats : cin<[ elals (Mubryoji- 
naires, kalala, arbuda, peMn, ghaua. pr(hsdklid ; niu\ (Hats post- 
embryonnaires (jdtd casllidi), bdla, kmndra, yuran, luadhya, 

]. sahhdgahetuh sadrMh 

Vuir ii. 51). 

D’apnVs la ivgif* samacisistaifoh, ii. 52 d. — I.es <puitr<» skamlhati iimna- 
tericls s()«it * iiicilhuirs c/if/.s'/a, le nipa c«l ‘ iiioins bon ftyiina. 



256 


CIIAPLTRE 11, 52 a-1). 


vrddha. Le second etat enibryonnairc est sabhdgahetu tie iieuf elats 

(arbiidu vdrddha), el ainsi de suile. Un nioineiil aiilerienr tie 

chaque tHal est cause staidjlable ties nioinonts posUh’ieiirs tie cet cdal. 
(Comparer iv. 53). 

A consideror les elats d’umj e.\istt‘uce suivanle tie iiieme espece, 
cliacmi des etals dij rexislence anterieiire est cause seuiblable des 
dix cdals. 

De meme eu va-l-il pour les choses exlerieures (hdliya), ble, riz, 
etc., la tpialile de sablidgalwhi reslant confiueti dans chaque serie : 
le ble esl caus(‘ semblable du ble, non pas da riz. 

3. Le Darslautilva nie (pie la inatien* (nlpa) soil cause semblable 
tie la inaliere ; mais c\?st coiilredire le Maliasristra (.Inruiapraslbilna, 
13, 14) : « Les grands elements passes soul hetii et adhipati des 
grands (‘lemenls i'ulurs. » l^ar adhipallj il faul entendre adhipati- 
pratyaya (ii. 62 tl) ; par helu, il faul entendn? sabhdgahetu, car les 
autres helus soul evidemrnent hors de cause. 

Tons les dhanuas somblabl(‘s sonl-ils causi? stanblable ties dhur- 
mas semblables ? Non pas. Soul cause seinblabbi les dharinas 
semidables 

52 b. Apparlenanl a memo cat(?gmie (uifcdyu) el meme ildage 
(bhu) \ 

C'est-a-dire : les dharmas apparlenanl a um* cerlaim* calegorie el 
a un certain I'dage (hh funi) sont cause semblable des dharmts sem- 
blables de la dile calegorie el du dit elagt*. 

Les dharmas s(» classenl en cinq categories suivanl (ju’ils soul 
susceplibles d’etre abantloniies jiar la vue de chacune tbis qualre 
veriles on par la nuklitalion (bhdvand) (i. 4(1). 

L(^s dharmas apparlienncnl a neuf elages : ils soul soil du Kama- 
dbatu, soil (run d(\s qualre dhydnas, [6 aj, soil trim des (jiuatre 
Cirnpyas. 

Un dharuia susceptible d’etre abandonne par la vue de la verile 

1 . H canikdifub h u vo 



Hinan4sang, vi, fol. 5 b-fi h. 


257 


de douleur (dMhMiadrgheya) ost cause seinblable d’lin dharma 
susceptible d’cHre abaiidomie par la viie de la verile de la douleur, et 
iiou pas des dharmas appartenaiit aiix qualre aulres categories ; et 
aiiisi de suite. 

Pariiii les dharmas siisceptibles d’etre abaudonues par la vue de 
la verite de la douleur, eedui (jui appartieiit au Krimadhalu est cause 
seinblable d’uii dharma appurtenant au Kaniadhatu : el ainsi de 
suite. 

Le sahhugahelu n’(‘.sl pas encore exacteiiient dellni. Eu olTel, sont 
seuls cause seinblable les dharmas 

52 1). Nes anterieureuieut 

l.e dharma nt'^ c’est-a-dire passe on present, et auterieur 
est cause seinblable du dharma seinblabhi poslerieur, ne ou non ne. 
Le dharma IVitur n’est pas cause seinblable -. 

1. Sur quelle autorite repose celte definition? 

Sur le Mfilasastra. car b‘ Jnanaprasthana (1. ii) dil : « Qu’est-ce 
i|ui est cause saiuhhxblti (sahhdgahetn) ? - La racine de bien, nee 
el anterieun' (agraja), est cause (hetn) en qualile de cause seinblable 
a I’eiidroit de la racine d(‘ bien poslerieiire et des dharmas qiii lui 
soul associes (latsamprayidda), dr ineiiie categorie el de iiitane 
tHage. He la sorte, les racines de bien passtk*s sont cause seinblable 
a Tendroit des racines de bien passees vi presenles ; les racines de 
bien passees r‘t presenles soul caiisi? seinblable a reinlroil des racines 
d«i bien futures ». 

2. Objection. — Le dharma fulur est cause seinblable, car ou lit 
dans le iiienie Ji1iriiia|»rasthriiui : « Le dharma qui est cause d’un 
certain dharma, y a-l-il une epoque on il n'en esl pas cause? |(J b] 
— Jamais ce dharma n’eii r*sl pas cause (aa kaddcia na hehdt), » 

Le Vaibliilsika. — (le texle ne coiitredil pas le premier ; car le 
Jnanaprastliana ne vise pas ici ce qui est cause en qualile de cause 

1. aff rajah j 

% D’apres Purumfii'lliu. - Munqiie dans iliuaiidsang' ; inanquo dans ]*origiiml. 

* 17 



258 


CHAPITRE II, 52 I). 


seuiblable (sabhdgahetu), inais l)ien co. qui cst cause en qualite ile 
sahabhuheht, de sampniynktakakehiy de vipdkaheta. 

D’aprtis line autre opiiiion, eelle du ‘ partisan du denner slade ’ 
(paravidvaMhcivadiu), la reponse du Jnana[>iuslbriiia : « Jamais ce 
dharma u’est pas cause vise le sahhugahehi et se juslilie coinnie 
il suit : Le dharma futur, a TtHat iiaissant (jdyamdndiKtslhd^ est 
certainement sahlidgakelu, Doin% tenant compte du dharma fulur 
a son ultime stade, It^ JurmapriLsthana pout dire quo Ic dharma n’est 
jamais non cause, est toiijours cause, puisi|ue, a uii certain moment 
du fulur, il est cause. 

(lettt‘ explication ne resond pas la diriiculle. Kn elTet, si le dharma 
fulur, apres ne pas avoir ele cause, devienl cause en arrivant a Telal 
naissaiit, il n’esl pas toiijours cause: or le Jhanaprastbana dit d’une 
luaiiiere absolue (pie jamais il n’est pas cause. 

En oiilns colle expliifation nVsl pas conciliable avec la riqiGnse 
qiu^ fait le Jnanaprastbana (20, 2, Vibbrtsa, 17, 12 ) a uiie autre 
question : « Le dharma rpii (‘st condilion, en ([ualite d’anlecedeiil 
imnu'idiat (samananfara, ii. 02 a-b), d'lm certain dharma, y a-t-il 
line (>poqu(» on ii n'en est pas le samananiara - - Oui, lorsipril 
n est pas iie (gadi sa dhanno nolpaiiuo hhavaii). » - - Or le cas ilu 
mmanauUtra (*st analogue a celui du sahlifujahehi : le mmanan- 
tara fulur, arrivant a lYdal naissaiit, est .samananiara. Done si 
rinlerprelation de la reponse : « Jamais ce dharma n’osl ])as cause », 
dans le sens : « Eiiliir, a 1 etal naissaiit, il est mbhdgahelu )>, est 
correcte, le Jfianapraslbruia, Irailaiit du namnnanlara, devrait 
repondre comme pour le mbhCigahelu : « Jamais c(‘ dharma n’esl 
pas samananiara ». Or le Ji'ianaprastbana repond : * U n est pas 
samananiara lorsipi'il iTivst pas ne ». Done le mot ‘ cause dans la 
premiere reponse, ne doit pas s’enlendre du sabhdgahdu, 

Le * partisan du dernier stade ’ dit : Le Jriaiuiprastliana riqiond a 
la premiere (pit^slion en disant : Jamais il irest pas cause », et a la 
secondly en disant : « Il n est pas cause ((uand il n'est pas ne », alin 
de montrer qu’en pent repondre do deux manieres pour exprimer le 
meriie sens (dvimukhapradarmnu>rll\am). On pent reponilve a la 



Hi'uan-tsang, vi, fol. 6 b-7 a. 259 

prcfliiere question coinine a la seconde, a la st‘condi? comnie a la 
premiere. 

Singulier precede d’exposition ! L’aiileur du Saslra serail vraimeni 
inhabile ! Done Texplication proposee d'abord est la bonne expli- 
cation. (7 a| 

3. Si le (Ihanna futnr n’est pfis cause seniblable (sabhdgahelii), 
pourquoi le l^’akaranapildasastra enseigne-t-il que la mlkdyadrsti 
future a pour cause safkdyadi^H el est cause de mtkuyadrsti ? Nous 
lisons ell elVet (dans le texle cite p. 251 ii. 2 D 1 b) : « a Texceplion 
de la salkayadrsU future et ile la verile de la douleur qui lui est 
associee » (aadgaidm salkuyadrslim Uihamprayuklam ca dnhkha- 
mlyam stlidpayilvd ). ' 

Cette lecture, repond le Vaibliasika, est c<)rrompue ('e/iirt.S’faAvf/ 
11 faut lire : « a rexception de la verile do la douleur associee a la 
mtkdyadrM future » (andgaiasalkdyadrdisam^^ A sup- 

poser (pie voire lecture soil auliienlique, il laut, en raison du sens 
que le texle doil exprinier (arlhalo vaivam boddhavyam), la consi- 
derer coiuiiu! sans aulorite (nu tanlmm)^ coinme ayant etii d(iler- 
iniucie par le inouveinent du discours |c’esl-a-dire par riinitalion de 
la phrase preciidentej (bhdsydksepdt), 

4. Si le dharma futur n est pas sahhugaheln, comnieiil expliquer 


1. D’upivs lo conirudirUMir dii VaiMiiisika. It* Prukumnii oiiscii*in; la nut- 
kayadrslt IntiiiT. et les dliarmas tjui lui soul a.s.soci(‘s son! tui iniuiie toiiips eftVt 
el eaiise «le autkCiyadrsti. Or la satkuyadrsti fiiliirc^ ifesl ui eaiise eoexi-slaiiit* 
fsdhabhti), ui eaiise asscuui'-e (samprayuktakaj, ui eaiise ile ivU-ibiilioii (vipfika) ; 
resie, piii^j^n'ori lu* lienl pas eoiiipte <lii kdmnahetu, iju'elle .sfut cause soiiihluble 
(subhdyu) el imivcrselle (aarvayaj. 

Pour le Vaibbri.siku, le Prakaruriu purle ici, nun pas de la satkayadrsU fuliire, 
luuis des dharmns (seiisaliun, etc.) associes a celle sntkdyadrsti : ils soni cause 
de saikdyadrsti eu lanl que cause eoexistaiile el associee (sahabhii, samprayuk- 
taka), ct eflet de salkdyadrsti coiisideree eumiiu' cause coexislaiite et associee. 

Nous avoiis Irois lectures; uuire les deux lecliiros cilees ici, le texle: andya- 
tani ca satkdyadrstisampraynktam duhkhamtyam sthdpayitm : a I’excep- 
lion, eu oulre, de la verile d«? la douleur iulure et ussuciei' u safkdyadr.sti ^ 
(voir ii. 2 B 1 b). 



2fi0 


CIIAPITRE II, 52 I). 


(kafJiam nlynle) ce hhasya <le. la Frajfiapti ‘ ? Ce trailo ilit eii eJFet ; 
« l\>us les dhannas soul (IcHi'raiinos a lai (|uatliii|)lo point ile vuo 
(eatnske niyatdh) : i:ause, IViiit, point <l'appni (Cisraya), ohjet (dlam- 
buHit) 

Lo Vail)lirisika ivponil : Ltirsopi'il (lit: « C(' dharma nV'st jamais 
non cause (l(» ce dharma le linite n’enlond pas ]);nler do touti^s les 
espectjs (le ('anses. Par (•ans(^, il laul enhaidre le .SY/i«/>/Y///wA:/oA'« 
ketu et le mhahhuJuda ; par fruit, Vadhtfialiphala (U le piirmakd- 
rapkala (ii. 58) ‘ ; par i)oint (Fappiii, liis six orj^anes (ort'ane de la 
vue, t-lc.) ; par ol)jet, les six domaint's (vimya), visible, etc. 

5. Si le dharma bdur n'esl pas mhhdyahtia, le mhhCiijahciu 
(rabord n*existe pas, imsiiile (*xiste (abhutvd bhavaii), 

Mais c\‘si priHasemeiil ce (pit? li‘s Vaibbasikas aflirnuint ! La con- 
dition (avaslhd) de nfdjhdgahelu dn sahhdgahetn (*st noMV(dks idle 
(?xislo apres avoir inc'xislaidi* (abhutvd bhavaii) ; mais la chose 
(Ml soi, le dravya <(ir(?st iin certain mbhdgahehi, ir(‘sl pas nonvelle. 
Un dharma, fulnr, n'l^sl pas sabhdgahHn ; \\m fois ne, il devienl 
mbhdyaheliu Kri ellet, le resnllal dii (*(>m|>lexe des (‘aiises, c’esl la 
condition (avaslhd)r\ non pas la cIios(? (‘ii )^in(dravya), le dharma. 
[ Le dharma fulnr exisle coniine chose, dravyala,^ ; le coiiiplexe des 
causes le fait passtn* du futiir dans le presenl, h? doU; de la condition 
de present, varfamdndvasthd. t?l dole, par le fail lueme, de la 
(pialile de sabhdyahelu ; vinr v, 25.J 

(>. (}u(?l mal voyez-vonsa ce cpie le dharma I'nlur soil cause s(?ni- 

■ r . * 

1 . V'oir c*i-(le.ssous p. UlO, ii. 

C'csl-a-tlire : Lc ilhurma <pu ost cause irim certain dharmtt, ii’esl 

jtinuiis tinti caMs<* ile ce dlitirmn ; lo dhayniu <|iii es! le I'niit iriin certain dhar^ 

mu ; le dharma (oryaue <le la vue, etc.) <pii est le pninl d'appui (run certuiji 

dharma (counaissance visuelle, etc.) ; l(^ dharma (coiiletir, etc.) ipii esl 

robjct (1*1111 certain t//iaraat (coiiiiaissaiicc vlsnclli') ii*cst jamais mm olijet de ce 
dharma. 

a. D’apres Hiuaii-tsani< : « Par cause, ii faul eiileiidre levs kdrana, sahahhu, 
samprayitkfaka et vipfikahelu ; ]mr Iruit, U^s ndhipati, imrusukdra el vipd- 
kaphala — Parainurtlia : ^ Par cause, il faul enlendre le samprayaktakaheUi ; 
par truil, Va<lhipaii (^t le punt mkd rap hala. *■ 



Iliiian4mng, vi, fol. 7 ii-h, 2(>l 

l)la[)le (sabhiujahetii) aiiisi qu'il est cause do riHrihutioii (vipnkahelK, 
ii. 54 c) ? 

S’il clail sahhCigahctu, il serait inenlioiiue cuinino tol dans lo Jna- 
uapraslhruKi (ci-dossus p. 257, 1. 15); or 1(' Jnannpriislliana, ropon- 
<Iaul <i la question : « OMest-ce qui osl mhhftgaheln ? », no dil pas 
((lie les nicinos do liion fiiliiros soioiit sahhagahetn dos racines do 
bion futuros. 

Nous no ponsons pas <pio roniission dii dharma fuliir dans co 
toxto fasso fu’i^uinont contro nous [7 1)|. (lo loxlo, on enV‘l, noinino 
.souloineid l(‘s mhhdfjahchis qui sont (‘a])ablos do • prendre ' ot do 
‘ donnin' ’ uii fruit (plialadtm^^ ii. 5!)). 

Non pas (Hailad asti), car le fruit dii mbhfiffaltdii ost lo * fruit 
dVcoidoinent le fruit stMuldalde a sa (‘auso {nisgandniiluda,, ii. 
57 c), ot o(' giMiri' do fruit no convienl pas a iiu dharwa fiiliir, parcii 
rpio, dans le fuliir, il n’y a pas antdriorite ot postdriorile (piirmpdii- 
cim(d(d)h^^^^ (.)n no pent pas, d’aulro pari, adnadlri' <pi5in dharma 

d(\ja. no, passe on present, soil rdcoiileinont d'lin dharma fuliir, do 
ineine qirun dharma passe n'ost jias recouliiiient d'un dharma 
[ires(Mit, car lo fruit iTost pas antdrieiir a la cause. — Done \r dharma 
fiitiir n’esl pas caiise^iRniblable. 

7. S5l on est ainsi, le dharma futur no sera pas non plus vipdka- 
hrhf, cause do rdtribulion (ii. 54 c)^ car (1) le fruit do rdtribulion 
(idpdkaphfda, ii. 55 a) no pout olre ni siiniillaiie, ni anleriour a sa 
cause : (2) les dlimmias du futur nc presenlent pas anl('?riorile ot 
posteriorite. 

Le VaibbasiUa repond (jin' le cas ifost pas le iiienio. La caii^o 
seinblable (sabhdgahcfif) el son fruit qui osl ecoiileinont (nisyanda) 
sont dos dharmas soinblable.s. A supiK)s(*r qii’ils oxisleni dans le 
futur, faille d’nntdrioritd ot do p«)stdriorite, ils sont reciproqiionienl 
causes Tun do Taiitro, ot par consdipient fruits run do rautro : or il 
n’ost pas admissible quo deux dharmas soienl rdcoulemont run do 
rautn^. - All contraire, la (*ause do relribiilioii ot lo fruit tie retribu- 
tion sont ilissemblablos. Menu* si rantdriorite ol la posldriorild font 
ddfai4, la caiisi* nvsto seulonienl cause, le fruit reste seulement fruit. 



262 


CHAFITRE n, 52 c-d. 


liR qualite do mbhagaheki l osiille do la condition on etat (avastha) : 
un dhanna fiiUir n’ost pas sahhagalidu : cntranl dans la condition 
do present, dans la condition de passe, il est mbhagahehi. La qualite 
do cause de retribution resulte de la nature meine du dhanna 
(laksafiavyavafithitas tu vipdkahehik)- 

Nous avons dit qii’iin dharma osl cause ii,om\}\nhh (snhhdgahettO 
(les seuls dharmas qui appartiennent a son elage. Cette restriction 
s’nppli(pie-t-elle a tons les dharmas ? 

Elle s’applique seuleinent anx dharmas iinpurs (sdsrava), non 
pas aux dharmas pui*s [8 a] : 

. 52 c-d. Mais le Clieniin est sabhdgalietu du Cheinin, sans distin- 
guer les ncuf elages 

Le chernin est de neuf etages ou terres — Vandgamya, le dhyd- 
ndntara, les quatre dhydnas primaires (mtUa), les trois drupyas 
inferieurs primaires (vi. 20 c) — dans ce sens quf? rascete, residant 
dans ces neuf etats de recueilleinent, pent culliver le cheinin. 

Los dharmas qui constituent le cheinin sont cause simiblablo dos 
dharmas qui constituent le cheinin, d’cHage a elage. En eftet, le 
chcmin reside dans les divers etagos connno un bote (dgankika), sans 
faire partie des spheres dVxistence (dhdtu) auxqiielles les elages 
appartiennent : la soif du Kiimadlh^tii, du Ufipadhatu, de I’Anlpya- 
dhatu, no porte pas sur le chernin. Le cheinin, (|uol quo soil Telago 
sur lequel s’appuie Tascele pour le culliver, reste do nirmie nature 
(samdnajuHya) ; le cheinin csl done, cause semblalile du chernin. 

Toiitefois, le cheinin lout enlier n’esl pas cause seinblable du 
cheinin lout entier. On n’a pas a tenir coinpte de Tetagc on il est 
pratique, niais dos caraclores propros au chcniin lui-ineine. 

52 d. Le Chcmin est sabhdgahetu du Chcmin egal ou superieur ^ 

Non pas du cheinin inferienr, parce (|uc le cheinin est toujours 
acquis par effort (prayogaja), 

1. fAHyonyam tinvahhumis tu margah 

2 . iinMavisid<iyoh jf 



Hinan-lsnmjy vi, fol. 7 b-8 b. 


26S 


Definissoris cos tonnes, cli«*min infnrioiir, ogal, siiporioiir. 

1. Lorscjiio la duhkhe dlim'majndna^^ (proinior moment du 
darsnnamd/rcjayi. 25 (l;i, passee on prosonbs osi cause semblable de 
la nieme ksdnli futuro, lo chomin cause est e{j;al an choinin causant. 

Lorsquo. cello ksdnti osl cause semblable du dtdiklie dharma- 
jmina (douxiomo momonl du darmnamdrcja, vi. 2(5 a) le cIitMiiin 
cause est supericiir an chemin causant. 

Et ainsi do suite jusqira \\mutpndnjHdn(i ( vi. 50) liMinel, irayant 
pas do superiour, pent soulomenl etre cause sonddablo d’uu chomin 
ogal, a savoir d’uu anidpddajPuina fulur. 

2. Pour prtM'isor, le darsdHanuirya osl cause semblable du dnrm- 
namdrf/a, du h/ulmndmdrfja et de l\i^saikmmdrfja ; lo bhdvaml* 
mdrya, du hlulvandmdrga el do Y amikmhmrga ; \\imikmmdrya, 
de Yamikmmdrga egal ou superiour. 

3. A considorer un chomin quolconquo, co chomin pf*ut elre prati- 
que par un as(!ele aux racultes laiblos (nrrdvindrffjnJ ou vivos (tik^ 
ncndrijja) : un chomin de-facultes-faihles (‘st cause semblable du 
memo chemin de-fucultes-faibles et do~racultes-vives |8 b] ; un chomin 
do facullos-vivos osl cause semblable. du ineim^ chomin de-facultes- 
vivos. — Par (tonsecpienl los chomins do SraddlKlmisririn (vi. 29), de 
Sraddhadhiinukla (vi. 31) el do Samayavimukla (vi. 5(5-7) sont res- 
peclivement cause semblable de six, de qualro, ilo deux cliomins ; los 
chomins <le Dharinrimisririu (vi. 29), dt; Drsliprapta (vi. 31) ol d’Asa- 
rnayavimukla (vi. 56-7) sont respoclivemont cause semblaldo de 
trois, do deux, d’un chomin 

Lorsqu’un chemin pratique a. un olago superiour est cause som- 
blablo d’un chomin pratique a un iHage inferieur, comment peut-il 
elre cause (run choinin (rgal ou supcirieur? 

Le chemin praliipio a un etagc inferieur pent (l^lro egal ou suptu-ieur 
(1) du point de vuo des facullt's (indriyas) (|ui pouvent elre faibles 


1. l.es rliPiiiiiis do Sraddliaiiiisarin, de .Sraddliri<lhiiinikla ei do Siunayaviniukin, 
sont los chomins de (Utr&avu, de hhdvand (— saikm) el d’a.saiA\s‘« des nseetes 
de faeulles faildes ; les eliomins do Dhuriii2luiis£Lrii), de l)r;4iij)ril]da et d'Asarnaya- 
viniukl^ soul respeeUvemeiil les iiiOiiies cheiniiis des ase«Hes de laeulles vives. 



264 


CIIAPTTRE H, 53 a-b. 


oil vives a irirnportc qiiel otago, (2) dii point de viie de raccunyila- 
tion dos causes (het&pncayaim) \ 

11 n’arrivo pas cprune inenui persoime prenno successivomenl les 
chernins de Sraddhamisarin <*t de Oharinanusririn ; copendant le pre- 
mier. present on passe, est la cause somhlablo du second, posterieur \ 

ha regie du fruit cgal ou superieiir s’appli(|ue-t-elle seulement aux 
dhnnna^ purs (amlsraca), c/esl-a-dire aux dharmns i\m 1*001 partio 
du ( Ihemin ? 

53 a. Les dharmns Jicquis par effort sont sftbhdfjahetii des deux 
memos classes, I’egalo et la superioiire 

Les dharmns mondains (lankika) acquis par effort on oxercice 
^(yrayogaja) sont cause seinblablc de dharmns i'‘ganx ou superieurs, 
non pas de dharmns inbb'ieurs. 

Quels sont les dharmns acquis par effort? 

53 b. Coux ipii naissent de raiidilion. de la ridlexu)n, etc. ’ 

Les dharmns ‘ acquis par ellbii ’ s'opposent aux dharmns^ inm\s ’ 
(^a;)a 2 ?aH/pro///rini 6 /i/Arf). Ce soul lies qnaliles (ymui) proceilant de. 
raudilion (sndn), c’est-a-diri* de la parole du Boiiddlia, de la relliwion 
(ciiitd), du recueilleineiil (bhuvand). 


1. A considenT Ips »niinzo er^^'i****^**’'^ inoiiipiits Ola r^anatndrffa, vi. Ti), Ir 

cipnxipifip rnoiiienl. pnulnil dniis iin tHiigp infcriour, psl .‘^lupprinir nii pnjiiiipr 
momonl prodiiit dans nil supprienr, piirro qu’il a pom* ran.sps : ( I) las ^•^msos 

flu praiiiiar moiuani, (?2) scs raiisas propras ; vX nin.si do suilo : U* hUdvauiimdrga 
a pour caii.se.s:(l) los oansos dn (InrAanamurga,. (4) sos ouii.sns ]»rnpro.s; Vamiksa- 
mdrga a pour onuses : (1) les oanses dn ilar^nna cl du bJmvandmdrgn, (i2) ses 
causes propros. 

En outre, dans l«*s bhdvandnmrija ot asaiksamdrga, le choinin delniil neur 
oRtogorics de passion.s, forle-forle, forle-iiioyeiiiic, elo.; il cst .sucoessivenieiit iaitde- 
faible, fniMe-moyf'ii, raiblc-fort, iiioyeii-fnible, etc. - - Or le ohoiiiin faible-inoyen 
a pour ofiuses : (I) les causes dn olieiniri ruibledaiblc, (2) ses propres cnu.sc.s. 

2. On pent dfiiic dire (jue le chcniin de Sraddbriiuisririn esl sabhdgahetu de six 
cbeinins. Cette lbe.se flonne lieu a line disoiis.sion d«ii.s laipielle. le iiuiitre. Vnsuinitrn 
soiilienl a tort que le Sraddbflnii.silriii esl capable de rendre vives .se.s faculle.s, 
(Vyakhyn). 

3. [ prdyogikds fayor coa irutacinidmayddayah] , 



Jlman-tsaug, vi, fol. (S b. 


265 


acquis par elTorl |9 aj, ils soiit cause seinblable do ineillrur 
oil (I'egal, non pas do moins bon. 

Les dharmaii d’audition (smiamaya) dii doniaine du Kanindbrihi 
sont cause seinblable de dharmas d'aiidition el d«» rellexioii (cinid- 
maya) du KainadhaUi ; non pas de dhnrmas de recueilleiuoid (hhd- 
vandmaya), parce quo ces dharmas u’exisienl pas dans le Knnia- 
dbatu, parce qiruu dharma esl cause seriiblable de dharuKUs de la 
ineine spbere (rexisUaice. 

Los dharmaH d’audilion du Rnpadhalu soul cause seinbUible do 
dharmas d'aialilion et d(* recueilleinent du Riqiadbalu ; non pas de 
dhftnnas de reniixion, |)arce quo cos dharmaa innmpienl ilans r<qie 
splion? d'exislence : aussilol (pie, dans le rifipadbatu. on connnence a 
rellecliir, aussilol on enlre eii recu(dll(unent (sfiinddhi), ' 

Les ('i/iriram.s* de niciieilleinenldu Uupadhalu soul caus(‘ seinblable 
de dharmds de rcMaK'illenienl du Kupadbfllii, non pas de dhaniuis 
d andilion du J{ripadl!alu, parce que ceux-(d soul nioins bons. 

Les dharmas de recueillement de rAnipyiidhalu sont eaus(? sem- 
blalile (Ic dharmas de recueillenienl d(j rArrqiyadlirilu, L('s dharmas 
d’andilion el de rellexion inaiapaMil dans cello s|>here (rexisleiicv. 

En oulrc, il faul considerer cpie les dharmas accpiis par (‘IVorlsonl 

d(» neuf classes : faible-raiblo, faible-inoyen, i*lc. L(\s raibles-raildes 

sont cause seniblaldo i\e dharmas neul’ classe s ; les faibb's-inoyens, 
de dharmas de luiit classes, (*n ex(*eptanl les raibles-faibles ; el airisi 
de suile. 

Quant aux bons dharmas * innes les neur class^^s soul cause 
seniblable les ones des autres. II on va ili' nieiiK* des dharmas souilles 
(liisUi). 

Quant aux dharmas non-souilles-non-definis (anivddvydkrla) 
ils sont d(^ (pialre calegorices (ii. li.\ la suivante (dant * meilleure ’ 
qu(3 la precedente [9 bj : dharmas nes de relribulion (vlpdkaja) 
(i. 37; ; dharmas relalifs a ratlitiide couclie**, assise, elc. (airydjta- 
Ihika) ; dharmas relalifs an Iravail professionnel (saifpasfhduika) ; 
penstkvdivcreation (nirmduarilla) (vii, 4S). - Ces ipiatre calegories 
sont jcspectiveinenl eausc seniblable de cpiatre, de Irois, de deux, 
d’uiie categorie. • 



266 


CHA PITRE II, 53. 


Kii oulre, coinme iino peiisee-de-creatioii dii doriiaine du Kaijui- 
dhatu peiil elnj le fniit de cluicmi dos qnatro dht/dnas 18, i), 
il y ii lieu d’chiblir ici la rneine distinction ; los pensces-de-creation 
constituent qnatro classes, et sont, d’a|»ro.s lour classo, cause semblablo 
de i[nalre, do trois, de deux, (rune penseo-de-creation. En ofTet fruit 
d'un dliijdua superieur, la pcnsoe-do-crealion n'est pas cause seinlila- 
blo de la ponsee-d(?-croation qui est le fruit d’lin dhyfma infiM’ieur : 
d'une cause s*anl)lable (penseo do crealion) riHiIiseo a plus grand 
elVort (iibliimmskdrilia^ ntahajjaUiamdlttia), no pout proceder un 
dharma rnoins bon. realise a inoindro effort*. 

('e principe elanl pose, on pose et on resoiul les questions suivan- 
les (ata cmhvli) : ^ 

1. Y a-t-il un dharma pur (amwrava), deja no (nipanna), ipii no 
soit j)as cause d’nu dharma pur non destine a iiaitre famdpalti- 
dharma it) ? 

Oui. liO didikhe dharmajhdna deja no u'est pas cause des didihhe 
dharinajMnakmnHs non destinoos a nailre. En outre, aucun nndb 
lour (risLsta) u’est cause du moins bon (ntfttna), 

2. Y a-t-il, dans une sorie, un dharma pur, finteri(Mir(‘tnent arcpiis 
(purmfiralilabdha : dont on a d’ubord obb*nu li\ prdpti), (pii no sf)il 
pas cause d’un dharma pur ne apros? 

Oni. Los diihkhe dharma jhdttahmnUii fulures, [inais dont la pos- 
session (pra/jli) a (Ho obtenue an preini(n' rnonient dn riboinin,] no 
sont pas cause du diiJikhe dharmajhdnn deja no. Parco «juo le fruit 
no pent etro anlca’icur a la cause, ou encore parco quo le dharma 
futur n’est pas cause s(?inblnbje. 

3. Y a-l-il un dharma pur. no anlcirieureiuent, (|ui ne soil pas cause 
d’un dharma pur no apros? 

Oni. Lc* ineillour (adhimdlra visMa) n’esl pas cause du moins 
bon. I^ir oxomple, loi’scpie, apros etre tonibe (run fruit sup(?ricnr, on 
realise un fruit infiirieiir, le fruit sup(>rieur iM;st pas cause du fruit 

1. Cibhisnffiskdrikasifa sahhaynhelor hitjamduam phalnm na bhavafi. 

2. Pnraiiuirlhfi : inailres disiinl. — Viblwlsil, 18, 5, t 



Hiuan4sang, vi, Ibl. 9 b-tO b. 


267 


infefieiir [10 a]. En outre, la possession dii dtthkhe dharinajiifina 
nee anlerieurornont iVest pas cause des {iossossi(»ns de la dnhkhd 
dharmajhdnakmnti qui nailront dans les monii'nts pnslerioiirs 
(diddche 'nvayajhf'makmnti^^^ etc.) ; parre (jue res nonvelles 
possessions sonl nioins bonnets. 

53 c-d. Senls sont sampraynktfiknhrlHy cause en qiialile irasso- 
cies, la pensee et les inentanx \ 

Les pensee-el-rnenlaux sonl mmprayriklnkahplfi. 

EsUce a dire qne des pensees et inentanx, nf*s a des inoinenis difle- 
renls, nas dans des series differentes, sonl enlre enx mmprnyukla- 
kalietn P 

Non pas. 

Dirons-nous done qne les pensee-el-inentaiix de inemi' aspect 
(ekdkdmh c’esl-a-dire a 3 'anl le inerne aspect de bleu, etc., et de 
inenie (d)jel (ekdlambam), c’esl-a-dire ayant pour objid. le. ineine 
blen, etc., sont mmprayiiktakaheln P 

Non pas, ('elle definition donne prise a la rneine crili(|ne : pensees 
(?t inentanx d'epoqiies dinerenles el de series diflV*renb\s penveni avoir 
nienie as|)<n t et inenie ohjet. 

Dirons-nous qiie les pensee-et-inenlaux do nieine. aspect el de 
inenie objet, doivent, en outre, etre de ineine e|)oqiie ? 

('cla lie suffit pas eia'ore : car bi'ancoup de personnes peuvent voir 
en nieine temps la noiivelle Innc*. 

Par consequent, rauteur ajoute : 

53 d. qui out le nieme point d’appui \ (10 lij 

Les pensee-et-nieiitaux qui out le ineine point d'appui sont, entre 
enx, samprayuktakahetn. 

* Meme ’ (mma) signifiii unique ((thhinna). ^ 

1. samp ray uktaknhetus tu cilia caitiah 

Vyakhya : tusabdo 'mdhdrane bhlnnakranias ca. 

Vihhasa, 16, 12. - Kntlifivatlhu. vii. 2 siir les saMpayiittas. 

2. samd4raydh jj 

3. sa^ia pent s’eiiteiidre tulya, juireil ; r/esl pniinpioj r.-uilcur pivci.se. 



268 


CHAPITHE n, 53-5t b. 


pjir e-\fMnpb:', un rnoinont (ksanci) domu'; de Torgaiie de la^vuo 
(cakmrmdritja) csL le point d’appui (1) criiiie coiinaissance vi.siiell(\, 
(2) dp la spii^salion (vedand) ot dos aulres inonlanx <|iii sont a>^s(»cii;\s 
(mmprayuMa) a v.Mv ronnais.sanro. Et de jn«^?nie pour les autn's 
organes jii.sfjiraii mauas : tin cerlain moment tl<? Torganp mental 
(manats) est le point d’appui d’une connaissance mentale el des men- 
tanx associes a celle eonnaissance. 

Ce qui est (\st aussi mhahhuhehi. Quelle esl 

la tlilTorcnee enlie ees deux pauses ? * 

Dos dharmas sont dils sahabhiihdif parce tpfils sont mutuello- 
ment fruits les tins des atilres (anyon!j(tph(d(lrtlif*n(f>). De memo que 
les conqiagnons dt^ paravane (mhcmiiihika) cbemimMit (mffrtja- 
praydna) aTappiii fprils se doimenl les mis aiix anln\s (paras^ 
; de nu^iiie la [)eiistV‘ est le fruil du menial, le mental 
est U) fruil dt' la pensee. 

Dt's dharmas soul dils sainprayuMakahda, pause mutuelle en 
qualile (rassopies, paire qn’ils Ibnelionnenl ulenliquemenl 
pray()0rtlirna, prni/ofja pravdfi), e'esl-a-dire, paire qn’il )■ a 
t'lilre enx les cinq similitudcvs on idenliles (samald) delinii\s ci-diNi.- 
sus ii. 3t. IjO voyag(> des compagnons dt> caravam* est assure par 
Tappui miilnel qu’il.s se conferent ; en outre, ils s«‘ servenl des memes 
alimenls, des memes boissons, elc. De meine, la ptaisee el les iiienlaux 
se servent du menu* point (ra|)piii, out le meme aspect, etc. : si une 
des pim| identities manque, ils iroiit plus inenie fonclionnemenl id 
m; sont pas associes ^ 

54 ad). Sonl sanmlrayaheln, cause universelle, les universels 
anlerieurs, a I’endroit des dharmas souilbVs de leur propre elage *. 

Des universels (sarvaya), (|iie nous eludierons dans le chapilre 


1. Ifi, 15, sij^iiulo six u|iinioiis sur re 

2, iffiiha tesdm sawdnunpanasnanfisaymaidifmrihhoynkvlifnydin 

prnyogns tadrai samaprnyogntvam esdin anijonyam hhavati / atn evdlia / 
ekena hi vind na sarve sampraytijyaHte, 

?i. sarratruydkhyali klislmiam svabhnmau piircasari'arfdh ( « 



Hiuan-lsuHfj, vi, lol. 10 1»-11 i\. 


200 

(y. 12), lies auparavnnl, eVst-aHlin^ pass<\s ou pivscnls, 
et api)aiienanl a uii certain elage (bhfuui), soul la cause universelle 
lies dharmas souilles, posl«M*ieiirs, ilu inemi‘ elagc, cpi’ils soituil 
souilles lie leur nature, jiar association ou [lar lour origine (is . 0 c). 
[11 a] 

Les universels sont seulenient cause tie diutrmas souilles ; ils 
stint cause tie dharmas souilles tie leur calegtirie tit ties aulres cate- 
gories (iiikciya, ii. 52 h) : pur leur pouvoir prt‘uut‘ul naissaiue (apa- 
jCiyante), avtM*. Ituir cortege (pari vara), ties passions ap|iarteuaut a 
lies eategoritvs tlilFeroiit<*s tie la leur *. Ils ctinsliliieiit iloiic uiie caust? 
tlin'ereiite tiu sahhdpahchi 

Les dharmas stuiilles truu Arya (rdfja, conciipiscence, t»lc.) 
auraieut done ptuir cause lc\s universels? 1/ Arya, ceptaidaiil, a aliaii- 
tltiniie Ions lt;s uiiiverstds, car ceiix-ci stud aliaiulouiies par la vuti 
ties verites. 

L(»s Vaililalsikas du Kasunr adinetleid tint? ions les dharmas 
souilles out pour causti les dhttrmas abaudonnes par la vut* des 
verites. (lar le l*rakaranapada \sVxpniue eii ct's lermes : « (Juels 
dharmas out [loiir cause les dharmas abauiloiuies [lar la vue tb^s 
verites. * L(*s dharmas souilbis '* et la relribulitui ties dharmas 
abaiuloiines par la vut* des verites. - (Juels dharmas out ptuir 
cause des ntui-tleliuis (avydkrfa) ? - Les dharmas ctuiditiouiies 
(samskrla) uiui -delinis " et les dharmas inauvais (akasala), — 


I. l)e runivt.TspI .siiscc}iiii»lr a’eln* ubuiiiioiuie par la viio ib* la (bailcnr ])roriMleiil 
lies passions siisroplibles jl'i'ln; ubaijoininoes pui* la vne <lc I'ori^iiirs «li* la ileslriie- 
lion et tin cliennii, et par lu iiiciliialioii. Do ruiiivorsol susooptiblo il’elic- aitanaitiiite 
par lu viH* do rorigiiio proci tbnit lies passions siiseeplibles tl’elre abantlinniees 

par la vue <le la doulenr. de lu deslrnrijon et. dn (dieniin, et par la ineditation 

i2. On les nonnne • universels ' (sarrnya)^ paree ipi'ils voiii wm's { (furvhmiti), 
' orenpent * ( fdtnjnttie), out pcair objet (dUiwbante) loides les i‘:de»in*ies de 
passions; on paree tpi'ils soul ean.se (hehihhavnm tjticclianti) de joules le.s 
ealetjfories de passions. 

Jb Voir ei-dessns p. 

4. L^iisqiie le texte porle : << les dharmas souilles sans uulreinent preeiser, 
il s*ugil des tihanuus sonille.s des iVlliugjaiius td. dt*s Aryas. 

o. 11 s’agit des samskrUis non-deiiuis, nivridvyakrta on anirrhpydkria, 
non des deux asattiskrias iioii-ilefinis, Tespare el VairrniisnnikhtjaiarfHlha. 



270 


CHAPITRE II, 54. 


Y a-l-il im diilikhasalya qiii ait pour cause la croyance au auoi 
(satkdyadrsti) el (pii no soil pas cause de croyance au inoi ?.... et le 
rede jusqiie : a rexclusion des naissaiice-vieillesse-duree-impenna- 
nonce de la croyance au nioi future * el de ses associes, lout autre 
duhhliamlya souille ». 

Ohjeclion. — Si de.s dharmas inauvais (akiisala) onl pour causes 
des dharmaH non-definis, et non pas seuleinent des dharmas rnau- 
vais [11 IV], connnenl fanl-il explnpier ce hhdsya de la Prajflapti ^ : 
« Y a-l'il nil dharihia inanvais (pii ait soulefnenl pour cause un 
dharnia inauvais ? — Oui ; la pn‘nnere volition (cetcind) souillik* 
quo protluil un Arya tombant du detaclu'inent. » ’* 

Keponse. — L(js dJiarmiu^ non-delinis, qni soul abandoniies par 
la vue des verites, soul cause (mrvatmgciliMii) de cello inauvaise 
volition. Si la Prajnapti n’en fail pas mention, c/esl qu’elle entond 
soulemenl nounner les causes cpii iroiil pas ole abandonnws. 


1. Le mot ‘rutiire’ manque dans Paraniurtha. el sans donle nussi dans. ri>n{<iiml. 
Voir ci-dessiis p. 

12. D’apiv-s la VyakliyH, le lexle porle : idttut tarhi prnjmipiibhdsifum — 

Hiuundsuiig ira4lnit tivs hieii : «: (jomnietit. fuuldl expliqiier le Prajauptipudasa.s- 
tra ? », ear « ee hhdsifa do la I'rajriapti » signiiie « ci.*Ue explication qii’cm lit 
dans iu l*rajnapti 4'. -- Voir la version lib^daine de la Kariijaprajnapti, chap. ix. 
(Mdo, 03, t'ol. 12121) li-23Ci a) : § t. Kxisled’il nne voliiioii jKissee tpii iiuisse d'nne 

cause passi'M*. iu*ii pus <l*mie cause a veiiir, non pas d'mu? cause preseide ? 

des (Ihurnias hons qiii iiaissent de causes hoiines ? Lxiste-l-il 

des dharmna iioii-deliiiis <|ni naisseiit de causes inauvaises? Oui: (1) les dharmas 
qui soul la relrihiilion de i’acte inanvais; (2) les dharmas du KUiiiadhatii ussocies 
a la sutkaifadf\^fi et a Vuntayraliadrsh'. §3. Lxiste-l-il des dharntas h<uis 
qui naisseiit senliuuent de causes huiiiies ? Oui ; la volition nssociee unx iiieuihrcs 

de la Bodlii Lxisle-l-il des dhannas luuiivais qui naissenl seuleiueiil de causes 

mauvaises ? » 

On suit par .1. Takukusu (JP'I'S. p. 11) quo la Kuvmaprajnapli irexish* 

plus eii cliiiiois. Le Naiijio 1317 couticnt la Karunaprajiiapti ; le Nunjio 1207 
coiitieiil un Iruile anah>gue a la L<»kaprajuupli : tui Irouvera un soiiunairo de ces 
deux Prajnuplis dans Cosniologie bouddhique, pp. 2l);7-350. 

3. sydt i aryapndyalah kdmavfiiragyat parihiyamdno yatfi iatpratha- 
miiiah klistdm cetauam sammukhlkaroti. — « Au ruoiiieiil ou il loiiibc du 
delacbeiiieiit, la vuliLioii luaiivuise de I'Arya a seuleinent pour cause des dhannas 
luuuvuis, causes eii quality de sahabhu et de samprayuktakahetu ; elle ii’a pas 
pour cause des dhannas non-d^finis puisque I'Arya a abundunue la saikhyadrsH 
et Vantayrahadrsti » : telle est i’inlerpretalioii de robjectuiit. 



Hkum-tsang, vi, fol. 1 1 a-12 a. 


271 


54 c-d. Sont cause de rclribuli*iii les dharmus iiuiuvais el l(\s 
jiharmas bons qui sont inipurs *. 

1. Sont seuls cause de retribution les rW/ormr/.s* mauvais - h‘s- 
quels sont tous iiupurs - et les dharmas bons ([iii sont iinjuirs ; 
parce qiie leur nature est de ninrir (cipCikadharmcdvfd vifjakfi- 
prakrtitvdl). 

Les dhannas non-d*'diius ne sont pas cause de retriluilion, inirn^ 
qirils sont faibles. De ineine des seinences pourries, ineine luiiuec- 
lees. ne poussent pas. 

Les dliaruiaa ])urs ne sont pas cause de ivtribiition parce qifils 
ne sont [»a.s luiuiectes (abhisijandila) ^ par la soil* (frsnd). De nienie 
des soinenc(\s intactes (mrabijn), non liuniectees, ne poussent pas, 

Kn outre, les dharmas purs ne sont lies (pridisctmynkta), u’appar- 
tiennenl a aucune .sphere dexisleuce : a quelle .s|)here pourrail ai*par- 
lenir le fruit de retribulion qu’ils produiraienl ? 

Les dharinm (pii ne .sont ni non-dfdinis, ni purs, po.ssedenl les 
deux qualites necessaires a la ivtribidion, la l*orc(‘ propre, riiiunidiie 
de la soil*. De ineine la seineiice inlaele el linnieclee. 

2. ‘Objection. — Lh*<*l h' sens de rexpr(‘ssion iHpdkahohi ? 

Vous avez le c.lioix enlre deux inlerpretalions de ce conqiose : vipd- 
kfdietn .sigiiilie ou bi(!n ‘ cau.se de ripdka \ 1 12 a| ou bien ‘ cause 
en qualile de vipfika \ Dans le premier cas, le siiflixe a (yliafi) 
marque Telal (blidva) : h‘ vipdka ( 17^)0 WO est resultal de rope- 

ration indiquee yiar la racine vi-pac, Dans le secoml cas, le suHixe a 
marque roperation (karman) : le vipuka e.st ce ipii d(?vient 
(vipacyate), c’est-a-dire raction arrivee an monuMil on (dh* do 

un fruit, A laquelle de ces deux inlerpreUilions vous tem z-vous ? 
8i vous acceptez la pn*miere, comment justilierez-vous le texle (Jna- 
napraslhrina, 11 , '.>) : L’an’l nait du vipuka (vipdkajam caksns) » ? 

1. vipakuhetur uhtbhdk knmlas caica sdsravCih / 

Aux dharmas noii-deiinis inunqiieHt ia ioive propre (srasakti) : aux dharmas 
purs iiiunquf>! le co-laeleur (sahakdrikarana). - Voir iii. iUi 1». 

Mi^iuvyulpulli, ^45, isi. 



272 


CH A PITRE II, 54 C-ll. 


Si voiis aoceptoz la soconde, coinmenL jiistifierez-vous Tiixpressi)!! : 
« vipuka <le racle » ? 

Nous avous niontre (i. 37) quo les deux oxjdicaJtions dii mot 
vipuka soul eorreclos. Qiiand on examine les fruits, il faiil eompren- 
dre le mot vipuka d’apres la premiere explication ; le sens est : ivsul- 
iat, retriliulion. he texte : L’odl nail do vipuka > doit elre compris : 
« I/ceil nail de la cause de vipuka ». 

3. Qut‘1 est l(* sens du compose vi-piika ? 

Le prelixe vi indique dilleience. liC vipuka est uii pdku, un fruil, 
dissemhlalile (vifiudrm) de sa cause 

(loinmenl cela? 

Dans le Kamadhatu. (1) une cause de relrilnilion (vipukaJietii) 
consislant eii un seul skumiha produit un seui fruit : la pt»ssossion 
(prdpli, ii. 30 I)) avec st‘s caracleros (laksaims, ii. 45 c) ; (2) um^ 
cause de relrilmliou consislaul en deux skaudha^s produit un seul 
fruit: Tacte corporel el vocal avec ses caracleros; (3) une cause tie 
retriladion consislant (‘u quutre skandhus produit un stful fruit : la 
peusee et les menlaux^, hons et mauvais. avec Itairs lukmnas. 

Dans le Rnpadliatu, (1) une cause de retribulion consistant en un 

1. Uiiuiii-isuiig pliU'c ici des reniarciuos qiii imniqiicnl dons PurainruDia : 

D'oprcs los Vaildia.si1<Ms, lo pivllxe vi indiijiKMlinereiM-i* : rZ/xiA'a *paka 

diilV-nrid * (Mahuvyntpalli, JS-i't. CV.st-a-dire : seul li* I'ipukuhelu doimo stad^.- 
infill nil pUku, nil IViiil, non saiubluldf u liii-iiiriiif. I.i s sahahhii, sumprayuktuka , 
sablidya, aarvatrainiheht doiiiifiil stMiifiin^id ini Iriiit senildaldf a inix-ineiiif.s 
(1)011, nianvais, iioii-d«Wiiii ) ; le karanuhetii duniie iiii IVnil. srinblable on diMseni- 
blaljle : sen! If ripuktthetH domie loiijoiii;s nn IVnil dissendjlulile : cur Je cipdkn- 
hetu n’e.sl jaiuuis imn-deiini ct sou i’niil esl lonjoiirs noiiHieJiiii. 

[ICaprcs les Sanlraidikas, | c’esl. a deux conditions qn’nn rniit re^-oil le iioiii de 
vipdka : il doit elre produit par le dernier slade <le revolniion d’uiie. serie (sum- 
tdnaparindmaiJ isesa ; \o\r ri-dvssiis p. 185) ; il doit dnrer plus on nioiiis long- 
temps en raison de la Ibrce plus tai nioins grande de la cause. Or, les Iruils issus 
de dtMix causes, sahahlul et sampruyuklaka^ ne preseiitcnl pas le pretnicM' 
caruclere, car ces causes projelieiil el reuli»enl lenr fruit en niejiie lenips (ii. 50); 
el les Iruils issiis de Irois causes, sabhuyaf sarvatraya [12 b], ne 

preseiilciit pas le siicoiul caraclere : car il iCy a pas de liiiiile a la imissunce 
repetee de ces IVnils le long de la transiuigraliun. ■ Par consequent la seule 
explication de vipuka est la suivaiite ; « transforination (viparinCmia ?) et 
inutiirite t 



Iliuan-t^ang, vi, fol. 12 a-13 a. 


273 


seul akandha inoduii un seul fruit: la pussessiuii avoc s<^s carac- 
leres, Vamimjnisamcipatli (ii. 42 a) aveo ses caiarteies ; (2) uiie 
cause de nHribuliou cousislaiit eii deux i^kandhaH produil uii seul 
fruit: la vijnapti (iv. 2) du preiuier dliydna avec ses caraetere/j : 
(3) line cause de retribulion eoiisislaiit eii quatie skaudhas produil 
im seul fruit : la pensee bonne, non de recueilleuieul (car la peusiie 
de reoueillemeiit comporte toujours le riipa de disci|)liue, iv. 13, 
done cinq skaudhas), avec ses curacteres [13 a] ; (4) une cause de 
relributioii coiisistanl en cinq skaudhas pj'oduil un seul fruit : la 
pensee de recueilleinenl (saiuahita) avtH‘ ses caracleres. 

Dans l^\rnpyadhritu, (Ij uiu? cause de retribution cousistaiit eii uii 
st'ul skandha produit un seul fruit : la possession, la uirodhasanid- 
patti (ii. 43), avec leiirs caracleres resp(.‘ctifs ; (2) une cause de retri- 
bution consislanl en (.\i\iiivi} skaudhas produil un seul fruit : la pensee 
el les nientaux av<‘c leurs caracleres. 

4. II y a un ado donl la r<dribuliou esl inclusii dans lut seid difuta- 
na, ii savoir dans le seul dhanndyutauu (i. 15) : Tacte qui a pour 
retribution Tor^aue vital (jloilmdriya, ii. 45 a) Mu elfel, rude qui 
a pour retribution Torgaue vital a necessaireiueul pour rtUribulion 
rorgaiie vital d ses caracleres (ii. 45 c); Tun dies auLres font parties 
du dharmdyalana. 

L’ade qui a pour relril)uli(ui rorgane mental (manas) a necessai- 
reniont pour retribution deux dyatauas, a savoir le maua-dyatana 

1. nsti karma yasjfuikam ecu dhurmaifatanam vipitko vipacyate. — 
Vilihasa, 10, li. - (Hiuaii-Uang : « I'ai-le qiii {jrodiiit Torgaiic vital, elr. » Par 
et cteierat il faut eiilcudre on le nikdyasabhaya uu les caracleres). 

I/Acfirya Vusiiiiiilra ii'adinet pus eelle pru)>i»sitioii. L'orguiie vital ou la vie 
(jicitemlriya) esL le fruit (I’liii acle qui |in»jotle iiiie existence (aksepakakarmanf 
iv. 95). Si la I'idriLulion que consliiiie cel organe inriril (vipacyate) duns le Krnua- 
dhatu, on a necossaireiiieiit kdyn-imlriya el jlvita-imlriya duns les premiers 
studes de la vie embryonnaire ; dans les derniers studes s’ajunlent cinq uuires 
organes (indriya). Si I’urgane vital mfjrit duns le Uapadliutii, on a sept ayatanas: 
duns rArapyadhuiu, on a manadyaiana el dharmCiyntana, — Yasoniilru 
discnle ces reiiiartpies el cite Suiiigliubimdra. Lu proposition coiiibuttue par Vusn- 
raitra vise rArapyudhatu : a iiii certain luuinenl, pour I’^lre no dans cetle sphere, 
il n’y a jjjis de penscSe (manadyatana) qui soil de relributioii. 


• 18 



274 


CHAPITHE II, 54 0 ( 1 . 


(i. 16 b) et le dharmdyalana (leijiiel coniprend les sensations, jeic., 
et les caracteres (jui accoinpagneiit iiecessairemeiit Torgane nieiital). 

L’aole (jui a pour retribution le sprasluvydyalana ou tangible 
(i. 10 d) a necessairenient pour retribution deux dyatanas, a savoir 
le siwaslavydyaicma et le dharmCiyatana (lequel coniprerul les 
caracteres du tangible). 

L'acte qiii a pour retribution le kdydyatana ou organe du tact 
(i. 9 a) a necessairenient pour retribution Irois dyatcmas, le kdydya- 
tana, le sprastavydyatana (a savoir les quatre grands elements qui 
supportent le kdydyatana), le dharnidyatana (kMjuel coinprend les 
caracteres). 

De menie, Tacle qui a pour retribution suit le riipa, soil le gaudhuy 
soil le rasdyatanay a [lecessaireinenl pour relrilMitlon trois dyata- 
nas : spraMavydyatana et dharmdyalana comine ci-dessus, plus, 
suivanl le cas, riipay gandha ou rasdyatana. 

1/acte qui a pour retribution suit le mksmt, suit le .srotra, soil 
le glirdnay solih jihmyatana, a iiecessaireinenl pour retribution 
quatre dyalanas : (1) un des quatre organes. (2) kdyayalana, 
(3) sprustavydyatanay (4) dhanndyatana. 

Un acte pent avoir pi»ur retribution cimp six. sept. Iiuit, ueul', dix, 
onze dyalanas ^ 

Les acles, en elFet, sont de deux especes, de fruit varie (vkitra), 
de fruit non varie. De ineMiie en va-Uil pour les seinences [13 b| : 
lotus, grenade, (iguier, niillel, ble, etc. 

5. 11 pent se faire que la retribution d’un acb* appartenant a uihj 
seule epoque (ekddlivika), appartienne a trois epoques {Iraiyadhvi- 
Ay/j %* niais la reciproqiie n’est pas vraie *, car le fruit ne pent etre 
inferieur a la cause (mdhhud atinyunam hetoh phalam), D*un acl(^ 
durant un instant (ekakmuika), la lyHribution pent durer de norn- 

1. Juinais douze, car Je &ahdayaiana nVst jamais reiribulion (i. \M b-c). 

2. La retribution d'un acte ancien pent avoir cuinnietice. pent se continuer au 
moment actuel, pent se prolonger dans Tavenir. 

a, L’editeur jupunais doiine comme exemple d*un acte prolunge la carricre 
lieroiqiie du Bodliisattva. o 



Hhmn-tHcmg, vi, fol. 13 a-14 a. 275 

bmix instants ; inais la ivciproiiue n’est pas vraie, pour lu inonie 
raison. (Vibhasa, 19, i«) 

La retribution n’est pas siinullanee a I’acte qni la prodiiit, car le 
fruit de retribution n’esl pas deyuste au nionient ouTacte est accoin- 
pii IjU riHribution ne suit p«as Tacte iiiiinikliatcrnent (auantam) 
car c’est au samanantarapralgayu (ii. 63 b) qn’i! appartient d’anie- 
ner (dkars) le moment qui suit Tade iniinediateinent : en diet, la 
cause de retribution depend, pour realiser son fruit, du developpe- 
merit de la stkie. 

A ([uelle epoque doit ap[>artenir un dhanua pour iHre chacune de 
ces six causes ? Nous avons dil, iinplicitemont, la regie ; niais nous 
ne I’avons pas exposee dans la karika : 

55 a-h. Le saroatragaUdu el le sabhcigalidu sont do deux 
epotpies ; trois causes soul de tiois epoques 

Un dharma pass(\. un dhannu present pent etre sarvatraya, pent 
elre mbhdgahetn (ii. 52 b). Les dlmrmus dn passe, du present et du 
fulur pen vent elre mmjinii/uktaka, subahhu el vipdkahdu. La 
karika ne parltr pas du hiratudietH (ii. 50 a) : les dliarmas coudi- 
tionnes des trois eporpies sont kuninahetu : les dharmas incondi- 
liomies sont hors du temps. 

A quels fruits correspondent les causes? Ln raison de quels fruits 
sont-elles reconn ues coniine causes ? 

55 c-d. Soul fruits le conditionne et la disconnexion 

Ainsi qu’il est dil dans le Mulasaslra : « dharmus soul 

fruit ? -- Les conditionnes et le pr(dimmkhy('m^^ » \ 

1. na ca karma nd saha vipuko vipacyale. 

± [sarvalruijah sabhufja.^ ca doyadhvakan\ Iryndhvakds irayah j 

Comparer ii. 59. 

a. satnakrtain savisaffiyoyam plialam. 

La dlscoimexion ( cisamyoga), c*esr-ii-dire le visamyogaphala (ii. 57 d, vi. 4G), 
est le pratisamkhydnirodha on NirvSiui (i. 1>), un des ineoiiditionn^s ("u.samjf- 
krta). Elle ii'a pas de cause, elle ii’u pas de friiil; iiiuis olle est cause (kdranu- 
hehi, ii. 50 a) ; elle esl fruit (ii. 57 d). 

4. Jiibiiapraslhaiiu, 5, 4 ; Prakuruiia, 33b l(;,qu'oii peut vaslitaei iphuladharmdh 



276 


CHAPITRE II, 55 d. 

Objection. — Si rinconditioniie esl IVuil. il doil avoir line caiiee, 
de laqiielle cause on pourra dire ipril esl le fruit. En outre, piiist|ue 
vans soutenez qu'il est cause (kdranahetUy ii. 50 a), il doit avoir uii 
fruit, diKiuel fruit on pourra dire qu’il est la cause. 

Seuls les coiidilionnes, repond le Sarvastivadin, out cause et fruit, 

55 d. L'iiiconditiunne n’a ni cause, ni fruit 

Car on ue pent lui altribiier aucune des six causes, aucun des cinq 
fruits. 

1. I, Pourquoi iie pas adinetlre que la partie ilu Clioinin qu’on 
appelle duanlarycnudrya ‘ est le kdrayaUehi du fruit de discon- 
nexion (cimmyoynphalay ii. 57 d)? 

iVous avons vu ([U(‘ le kdranaheta esl la cause qui ue fait pas 
obstacle a la naissance ; or la disconnexion, etant incondilionnei?, ne 
nait pas. On ne pent pas lui altribiier un kdritnalielu. 

2. Coininent done la disconnexion esl-elle fruit? 1 )«j quoi e.st-elle 
fruit ? 

Elle est le fruit du Cheinin, car elle est oblenue grace a la force 
du Clnanin (vi. 51) : eii (rautr<‘s lerines, c’esl par le (Cheinin que 
Tascete obtient la possession (prdpti, ii. ^16 c-d) de la disconiiexiuii 
[14 b]. 

3. C'est done roblenlion, la possession de la disconnexion qui t\sl 
fruit du Cheinin, et non pas la disconnexion elle-nieine : car le Clieniiii 
est efficacc a Tegard de ridAention de la disconnexion, non pas a 
regard de la disconnexion. 

katame / sarve satnakrtah praiisamkhyanirodhus ca / ua phaladharmah 
katame / dkCisam apratisamkhydnirodhak j suphaladhanndh katame / 
surve samskrtdh / nphalndharmah katame / aurre \samskrtdh : ^ Qiifils 
d/i«rwia,s* soul fruit ? Tons I(*s ronditionuos et pralisamkliydnirodha. Quels 
dhnrmas ue soul pas fruit? L'espace et Vapratiaamkhyduirodha. Quels dhar- 
mas out un fruit ? Tons les coiiditioniies. Quels dhannas u\ml pas tie fruit ? 
Tous ies iiieondiiioiiiies ». 

1- ndsamskrtasya tc. 

Milinda, 208-27]. 

2. V diiantaryamdrga coupe la passion et est suivi du vimuklimdrqa, * le 
cheinin dans lequel la passion est deja cuup6e dans lequel I’ascide preiid posses- 
sion (prdpti) de ia disconnexion, vi. 28. 



Himin4sang, vi, fol. 14 a-lo a. 


277 


^Errour! II y a (liversile dans rofikacite dii Cheniin a Tej^ard de 
robtention d'urie part, de la disconnexion de Taulre. 

Le Clieinin prodiiit Tobienlion ; le Cheinin fait oI)tninr(pm/)a(!/(f//> 
la disconnexion. Done, bien quo le Cheinin no soil pas cause de la 
disconnexion (- on pent dire qiie celle-ci 

esl le fruit dn Clieinin 

4. Piiisqne riiicondilioniie n’a pas A^tdhijKdiphala (ii. 58 d), coni- 
nienl penUon le delinir coinnie kdmnahehi ? 

I/inconditioiine est kdranahetii, ear il ne fait pas olistacle a n'im- 
porte qiiel dharma naissant ; inais il n’a pas de fruit, car, etant en 
dehors dn liMups (adliixtinuirmnkla) il ne pent ni projoler, ni doimer 
tin fruit (ii. 59 a-^b). 

5. l^e Kantraiilika nie qni* rinconditionne soil cause. En eftet, le 
Sfllra ne dit pas qne la cause piiissi* etre incondilionnet^ ; il dit (pie 
la cause est senlenient c.onditionnee : « I'ous l(^s litdm, tons les pra- 

Ujayas ([iii out pour nisiiltat la production de la conlenr de la 

coiinaissanci.*, eiix aussi sont inipennanents •. Prodiiiis par di^s Itplm 

pmlijfijpxs irnp(,‘rinauents, conunent la conlenr .... la connaissance 
iseraienl-ell(*s jxMninnenles ? » 

Le Sarvaslivadin nqdnpje : Si h perinanent, rinconditioniKS n est 
pas cause, il ne sera pas ‘ condilion en taut (probjel ' (dkimbana- 
pndyaya, ii. 63) de la connaissance (]ni le vise. [15 a] 

Le iSantrantika. — Le Sfilra (bV.lan* qne les Iu4ii.s (4 pmtyayan 
capables de produire sont inipiTinaneiits. Il no dit pas ipie lonles 
b^s conditions (pratyayas) de la connaissanci^ sont iinpennanentes. 
L’inconditionne pourra done etre * condilion en tant qirobjet ’ de la 
connaissance ; car la • condilion en tant qu’objet ’ n’est pas produc* 
trice. 

Le Sarviisiivildin. - C’esl des causes pnaliadrices (jaija/tYi) qne le 

1. Certains iiiailros soiiUennont cpCil y a cin(| esptVes (to oaiisos : (1) karaka, 
raiiso cjffioionlo, to gornio tlu lM)nrg(M>n ; (:2) jnapaka, cause iiidicjilrico, la (iiiii^^o 
(III ton ; (It) vifiiiijdka, ciiiisi? rc'volai rice, la lani|ie dii pol ; (t) dhvanisakfit cause 
(loslruclricf?, le iiiarle»iu dii jiot ; (.^) prilpakn, cmiso aiJduclrico, le char du lieu. 

2 . ye hetavo ye pratynya riipusya rijuannsyotpadaya te py anilyah 

(Sumjiukta, I, r>j. 



278 


CHAPITRE 11 , 55 d. 


Satra dit qu’elles sent impermanentos : done'. Ic Snira no nie pas que 
I’inconditionne soil kdrandhelu^ e’est-a-dire ‘ cause cpii nc fait pas 
obstacle 

Lc Sautranlika. — Le Sfltra adrnet la * condition en tant rprobjel ’ 
(, ii. 61 c) ; rnais il ne parle pas de kdrmiahdu, ' la cause qui ne fait 
pas obstacle Il n'^tablit done pas que rinconditioniie soil cause. 

Le Sarvastivadin. — En effet, Ic Sfltra ne dit pas que ce qui ne 
fail pas obstacle esi cause ; niais il ii'y conlredit pas. Beaucoup do 
Sfltras ont dispani Comment s'assurer que lo Sutra n’atlribue pas 
a rincondilionue la qualite de kdranahctu ? 

ii. Lc Sautranlika. - Quel ost lc dharma qu’on nomine discon- 
nexion, mmmyoga ? 

Le Sarvilstivadin. - Le Mfllasastra (Jurinaprasthrma, 2, i) dit que 
la disconnexion ost Xi' prcdimmkhydnirod (ii. 57 d). 

Le Sautranlika. — Lorsipic je vous ai domande (i. 6) c.e qu’est lo 
pratisamkhtfdnirodha, vousavez repondu: « C’esl la disconnexion ; 
je vous domande co (lu’ost la disconnexion, el vous repondoz : « C'est 
le pratimtnkhiicmirodh^^^ » ! Los deux reponsos font corcle el ircx- 
pliquent pas la nature du dharma, rincondiliormo, dont il s’a.iiiit. 
Vous nous devoz une autre explication. 

Le Sarvaslivadin. — O dharma, do sa nature, ost reel, indiciblo 
[15 b] ; souls los Aryas lo ‘ realisont ’ intoriouremont cliacim pour 
soi. 11 ost sculcmont possible (rindiquer ses caraclores gonoraux, on 
disant qu’il y a une ontite roello (dravya), disiincte des autres, bonne 
(kmala), tHerncIle, qui rec;oit lo nom do praUmmkhydnirodha, 
qii'ori noinmc anssi disconnexion, lummyoya. 

iii. liO Sautraiitika aflirnio que rinconditiorme, le triple incMindi- 
lionne (i. 5 b), n'est pas reel. Los trois dharmas dont il s’agit no 
sont pas, coinmo la couleur, la sensation, ole., des onlitos distinctos 
et reelles ^ 

1. sHirani ra hahnmf nniarhitam mfUasani0fibhmm^<lt. 

2. On pent peiiser cjiie, dans les pages fpii siiiveiit, Yasiiharidhn ne rend pus 
pleine jnslke aux urgumenis du SarvAstivIldiii-V^aibhnsikn ; il ne signale [wis des 



Hman-tmng, vi, fol. 15 a-b. 279 

l^Ce (jn on iioinnie ‘ espaco ’ c'est seulerneat ral).seiu'o 

de tangible (spraMamja)^ cA'st-a-dini rabsenco d'un corps resistant 
(sapr(Uighadravya). Les liomines, dans robscurile, ne rencontrant 
pas (avindmdah) d’obslacle, disent f|u’il y a ('space. 

2. Cc qu’on nomine pralisamkhytmirodha on Nirvana, c/f'st — 
lorsqne sont delrnits Xammiya dcqa produit ct I’existence deja pro- 
diiite — r.absonce de naissance d’un antn' amimya, iVuno autre 
existence, el cf'la en raison de la force de la coniiaissance (pratLsam- 
khyd = pmjml) 

Lors(pie, independanirnent dc; la force' de la (-onnaissance (prnli- 
mmkhyd) (d en raison de la senle absence des (*avisc.s, il y a absence 
dt^ naissance de dharinas, cV'sl ce (ju’on nomine apmtimmkkyd- 
nirodha. Par ox(Mnpl<?, lorsque la morl avant lo ttnnps (anlardma- 
rana) interrompl r('xistonce (nikdynmhlidga, ii. 10, 41), il y a 
apmtimmkhydnirodha des dhnrmas qni seraient nes an cours de 
cette existence si elle s\Hait continnee. 

4. D’apri's urn? autre Ecole % le pralisamkhydnirodha est la fnlnre 
non-naissam^o d(\s passions (amisaya) en raison de la ('onnaissance 
(prajuil) ; \\ipr(Uisatykhydwm^ est la future non-naissance de. 
la douleur, c.\'si.-ii-(lire dir rexislence, en raison de la disparilion des 
passions, et non pas directerneiit en raison d(> la coniiaissance. | Le 

If*x1es, par p.spinpU* lldaiia, viii. 3 (Itivuttaka, 43, Udanavarga, xxvi. 21). <pu 
rprideiii an nndii.'i vraispinblablp In rpnlilr ibi Nirvana. - Saingbabbadra refnto 
Vasiihandhii ot les aniro.s niailrp.s <|iii iiipid le.s inronditionnon (Nyavanii.sara. 
xxiii. 3, IK) b l-Ilii b). Son expose r.st Irop long pour Irnnvrr place iri : nous eii 
doiiiirrons la Iradiirlion, an iiioins parliollc, dans ririlroduciion. 

1 . itfpnnnaniisatfnjnnmnnirodlie inaihnmkhyahalenmnfasydtnisntfafitja 
jnumanns aimitpddah pratimnMiifdnirodhah. 

a. La destruction <le VanuAapa, rVsl la deslruction de Torigino do la douleur 
(mmiuiaffaiiatyanirodha, destruction de ce qui, en veritc, est rorigine de la 
douleur), e’esi lo sopndhhsesanirrana. 

La destruction de la naissance on existenc<‘ (janman), c’est la deslniclion de 
la douleur fdnhkhasnfifanirodha, destruction do ce qui. en verile, est douleur), 
c'e.st le nirupadh u^emnirvann. 

b. Par il faut entendre les germes ( vds(itia) de.s qnalre-vingt-dix-hnit 

nniiAayas dec.rits dans le (ihapitre v. 

2. Le# Slbaviras, d'apres Tfiditnir japonais. 



280 


CHAPITRE n, 55 cl. 


premier sera done le fiopadliisem nirvanadhatu, le second sora le 
nirtipadhisem nirvdnadhdhi]. 

Mais, rernarqne le Santrilnlika, la rutiire non-naissaiieo de la dou- 
IcMir suppose la connnissane.o (prnUsnmhhyd) : olio est done comprise 
dans le pmUmmkhydtiirodlia. 

5. Unc autre ecole ‘ dcdinit l\fpmiisa«iA7/7ycii^^/rorf/m« ; « iiou-exis- 
tence? posterieure (pasedd abhdva), on vertu de leur destruction 
spontamx' % des dharmm cpii sent nc^s. » 

Dans cette liyi^otbese [10 a], Vapratisrimkhydnirodha ne sera pas 
elcrnel (nifya), puiscpril mancpie (abhdm) aussi longteinps cpie le 
dharma en cause ( ”• anmaya) n'a pas peri. 

Mais le praiwamkliyd^^ n’a-t-il |)iis pour antecedent line 

certaine connaissance, la prai/6’mwA7i//a ? l\ar conseqiienl, lui aussi 
ne sera pas tHernel, car, rantecc^dcMil faisant defaut, le consecjuent 
fait aussi defaut. 

Vous ne pouvez pas dire quo le praUsamkhyanirodha n’est pas 
elernel parce cpi’il a pour ^ultecfVlent ; en elTet, il 

rfa pas pour antecedent la pratimmkhyd. On n’a pas le droit de din^ 
que la prcilLsanikhyd c.»sl anterioure, quo la ‘ non-naissaiu'e dc*s 
dharmas non nes ’ est posterieure. — Kxpliquons-nous. La non- 
naissauce, depuis toujours, c!xisto en soi. La pralimmkltyd man- 
quant, les dhannafi nailront ; si la pmtimmkhyd nait, ils naUroiil 
ahsolumeut pas. Ii'ef(icacite (sdmarlhya) de la pmUmmkhyd a 
regard de leur non-naissance (‘onsiste. on ceci ; (1) avant la //mf/- 
samkhyd, il n'y a pas crobstacle a leur naissance ; (2) la pralimni- 
khyd etant donnec;, les dharmas, dont la naissance n'cHait pas 
empechee aiiparavanl (akrlotpalliprcdiham ne naissent pas. 

iii. JiO Sarvaslivadin refute le SautrRutika. - Si le Nirvana est 
simplement la non-productiem (anutpdda), comment expliquor le 

1. D'apiTs rcrlitenr japotuiis, les Mahnsfiiii^hikas. 

2. svarasanirodhatj non pas par la force de la prapm, roinme r’owl le cas 

pour \v. pralisamkliyanirodha, «- 



Hiuan4sanrj, vi, fol. 15 b-lG b. 


281 


SfUra (Sainyukta, 26, i) : « La j>i-ali(|uc\ rhabiludo, la culture des cinq 
facultes, foi, etc., a pour rosullnl rabaudon (pmhana) de la douleur 
passee, future et prasenle » ' ? ™- Kii ellet, cot aliandou u’esl [)a-s autre 
chose quo lo Nirvana, ol cVst vsculomont (run dharma futur (pril 
pent y avoir non-production, non pas d'lin dharma oii pivsonl. 

Le Sautrantika. — Co Sutra no conlredit pas notre dtHinition du 
Nirvana. Kn effol, il entend par ‘ abandon de la d<adeiir passiV, 
presente rabaudon d(\s passions (klrm) portant snr la douleur 
passee, pn*sonte. Noln^ interpriHation est juslifit^e |>ar nn autre lexte 
(Samyukta, 3, i7) 1 16 [>] : « Aliandonnc^z le chandardya ~ relatif au 
rupa^ a la sensation..., a la connaissanco ; (piand le chandardya 
sera abandonne, le rupa .... la connaissanco seront par vous aban- 
donnc^s et penetros (parijhd) » \ (V(\st de cetle inaniere (pie nous 
devons entendre ‘ rabaudon de la douleur pas.s(»(* (d pre.s(?nte ’ dont 
|>arle le Sfitra snr les faculUrs. 

Si on adopte une autre IccAm du Sfdra sur l(\s faculties : « La prati- 
(pie d(»s faculUis a pour r('‘sultat rabaudon de la passion (Idem) 
passive, future, pivsenle », rexplication (\st la rneine. 

On bien, la passion passid*, (.‘’estla pjtssion de rexistence anlorieure 
(panrvajanmika : purvo janmani bliava) ; la passion pn'senle, c’est 
la passion de rexistenc('. |)res(ail(* (aihajanm/ika) ; il no s'af’it pas 
de la passion (run moment donne passi? «hi present (ekakiianika), 
I>e menie pour les dix-liuit trsmivicarila>i (Ai\mdtara, ii. 212) on 
* modes de la soif ’ : on designe sous le nom de [lasses. l(\s vicarilas 
(pii se rappoiient a rexislern’o pass(*e; sous le noin de preserds, ceux 
(pii se rapportent a rexistence presenle: sous le noin de fiilurs, ceux 
(jui se rapportent a rexistence future. 

1. aHfanaffntaprntyHfpannniitfa diihkhnsya prnhunnya sami'artntc. - 
Comparer KnllirivalUiii, xix. 1. 

2. (.Vest-{i-«liro lo rhnnda (flrsir <iii fulur : niidynfp pmrflinnd) of lo rdffff. 
(altaclieinonl. a co fprori pos.siMlo : prapte 'rlho- '(niijavasdnani). 

?/o mpc chandardfins inm prnjahMa j chandnmfje pnihivc cram 
tad mpam prahinam hhnvisyali, 

Lo. prahdna du riipa s’enloiid do Vdnnntaryaniarga, la parijud .s'oiilcnd du 
I'imakUmdrga (vi. 30). (Olost? do rodileiu* japunais). 

Coftiparer, pour la doelriiic, SaiuyiiUn, iii. 8. 



282 


CHAPITRE 11, 55 d. 


La passion passoe et la passion presente placont dans le moi acj^iel 
des gormes appelds a produire la passion future : rjiiand ces germos 
sont abandonnes, la passion, passeo el presente, ost abandonnee : de 
nieme on dit cpie racte est epiiise quand la retribution est epuisee. 

Quant a la doulour future, quant a la passion future, eo qu’on 
entend par lour ‘ abandon e/ost le fait quVllos no naitront absolu- 
Tuent pas, vu rabsence de gernies. 

Comment entendn'. autrement Tabandou de la douleur passee on 
preseiite? 11 n'y a pas lieu de faire ellort pour (pie ptuisse ee qui a 
pm ou ce (|ui est pi^rissant (nirodhdbhimiikha). [17 a] 

2. Le Sarvfistivadiu. - Si les incondilionues ni^ ‘ soul ’ pas, com- 
ment le. Sntra p(Mit-il dire : « Le (bHachemeiit, virdga, est le moilleur 
d(* tons les (Iharmas conditionni's et inconditionnes » ? CommenI 
un dharma qui nV.st pas (ami) pourrail-il elre le meilleur panui 
d(‘s dharmas (|ui ne sont pas? ' 

Le Saulrantika. --- Nous tie disons pas ipie les inconditionnes ne 
sont pas. Us sont en eifet de la maniCuv dont nous disons iprils sont. 
Lxpliquons-nous. Avant ([iie le son lu? suit |)roduil, on dil ; « 11 est 
une inexistence' anttMiinire du son » ; apres (pie le son a peri, on dit : 
« 11 (?sl une iuexisteiu^e poslerieure du son v (adi mbdasjja pamnd 
ahhdvah), et c(*|i(:'ii(lant il u’est pas ('»tabli que rinexistence exisie 
(bhamU)^ : de iji(>me en va-t-il des iiicondiliomu's. 

Bieii qirinexistaut, un inconditmiim^ nuTile d etn? lone, a savoir b* 
(bHacherneut (virrlga), Tabsolue fulun* inexistence de tout mal. C('i 
inexistanl, panui l(*s iiiexistants, ost le plus distingue' (visida). L(' 


1. Sainyiikla, at. Si: ijnheridhlnksam ilharmah sam^krfa m asmmkrla vd 
virdtjas iesdm ngrri dkhyayale .'rilo V’’yakhyfl, iv. 127); Aiigiittara, Hi. JU, 
Itiviittaka, § tM) : ifdr.atd (hindi ilhmnwd sankhnfd sm nsankhnfd va mrdgn 
tesam arjgam akkhdijati. 

‘ Detachenirnt viriign •- ragnksatja, pmtisamkhifdnirndha. nirvana. — 
Le Nirvfiria esi moilleur uiip Vapratisntnkhyrinirodha el f|ue Tespace |iv. 127 d). 

2. On pent le.slitiior : ahhavo bhnvaUti na sidhyaii. - llnian-tsang diftere : 

Do I'inexislonce on no pout pas dire qn’elle oxisto. Lo valour du vo.rbe ‘ etre ’ ost 
done elablie |: i*o verbo no signifio pas ‘exister’). (.Vest aiiisi quo rKcrituro dil 
des inconditionnes qu*ils .sont. t 



Hiiian4sang, vi, fol. 16 b-17 b. 


283 

Soliji le loue, on disant qn'il ost lo meillour, i)Our quo lo.s fidolos 
con^oivent a son cndroit joio ot affoolion. 

3. Lc Sarvristivadin. - Si le pralisamklijfdnir^^ (ui Nirvnnji 
est inexistence, coniinoril jioiil-il etre nne des verilos ? (Comment peiit- 
il 6tre la IroisitMne verile ? 

Que faiit-il entendre par ‘ verite (iryasatyn ? Sans doute \r sms 
de sntya ost ‘ non inexact ’ (aviparlia). l^es Aryas voimt ce qni 
existe el ce (pii n exisle pas d'nne inaniere non inexacle : dans ce qni 
ost donlour (dulikha), ils voicnt seuloment donlenr: |17 bj dans 
rinexistenco do la donlenr, ils voiont rin(‘xistence de la donlenr. 
Quelle contradiction apercevoz-vous a. co que rinexistenco. de In 
donlenr, le praUsamkliyanm^^^ soil nne verite ? 

Kt cede inoxisfenco ost la troisierno verite, parro quo les Aryas la 
voienl el la proclarnent iniinodiatonionl npres la deuxionio. 

4. Le Sarvnstivrulin. — Mais si les incoiiditionnes soiit <los inexis- 
lants, la connaissanco qni a pour objot rospnce oi b's deux ‘ destruc- 
tions ’ on ‘ cessations nirodltas, aura pour objot uno non-cbose. 

Nous n y voyoiis aucun inconvenient, coinino nous roxpli(|uorons 
dans la discussion du passe ot dii I’ulur (v. 25). 

5. Quel mat voyoz-vous a soutonir quo rincondilionno oxisto 
roolloinent ? doinando lo Sarvfistivadin. 

Quel avanlago vous-nioinc' y voyoz -vous ? 

(Vt avanla^'o (pn^ la doctrine Vaiblulsika so trouvo sauvef 2 ;ard<'*o. 

Que les dio»Jx so cbargonl de del’endro code doctrine, s'ils jugenl 
que c'esl possible ! Mais soutonir roxistoncf* on soi do rincoT\dilioniio, 
c/ost affinnor connne reelle uno chose inexistanto. Kn oflot, Tincondi- 
lionnd n’osl pas connn par la connaissanco d'evidonco (pratyakm), 
commo c’ost ll^os pour la coulour, pour la sensation, etc.: il n’ost 
pas connn par induction (annmdna), on raison do son aotivite, 
cornrno c’ost lo cas poui* los organes des sens. 

6. En outre, si lo nirodha ost uno chose on soi, coinnieiit justilier 
le genitif : duhkhasya ^nirodhali^ destruction on (*essation de la 
do\de»ir, destruction de la juission, destruction <lo Tobjel do la 
passioy ? -- Dans r)olre systeine, cola va do ciro : la destruction de 



284 


CHAPITRE 11, 55 d. 


la chose est siniplenient; rinexislence de Ui chose. ‘ Destruction de la 
(louleiir ’ signifio : ‘ la doiileiir n’existera plus Mais nous ne poiivons 
concevoir, enlre la chose, c’est-a-dire la passion, et la destruction 
conc^iie comnie nne entile en soi, aucune relation de cause ci effet, 
(I'efTcl a cause, de tout a partie, etc., cpii justifie le gtMiilif '. 

Nous affirnions, repond le Sarvastivadin, (pie la destruction esl 
une chose en soi |1S a|. On pent cependant specifier la destruction 
comme etant en relation avec telle chose (destruction de la concu- 
piscence, etc.), car on prend possession (prdpti, ii. 37 1>) de la destruc- 
tion au nioinent oil Ton coupe la possession dc telle on telle chose. 

Mais, ivpliquerons-nous, qu’est-ce qui determine on specific la 
prise de possession de la desiruclion ? ■ 

7. Le Sarvastivildin. — Le Hfilra parle dii Bhiksn qui a ohlenu lo 
Nirvana dans cette vie *. Si Ic Nirvana est inexistence, neant (abhd- 
im)y comment poiuTait-i)n rohtenir? 

Le Saulrantika. — Le Bhiksn, par la possession de la force adverse 
on dc lantidote (pratipaksfddbheua), c Vsl.-a-dire par la possession 
du Chemin, a ohlenu une personnalitefa.ym//a^cf>nlraire aux passions 
(klem), contraire a une nouvello existence. (l est pourcpioi le Sfitra 
dit qu’il a ohtenu le NirvAiia. 

8. IVailleurs nous avons un lexte (Sainyukla, 13, o) qui monlre que 
le Nirvana est pure inexistence (ahhuvantfitra). IjC Si'itra dit'*: 
« L’abaiulon coirqdet (asemprahCina), la purification (vyanlibhdva 


t, matuno (-■■ raffddivastiino) \uiro(.lhaHtfa ca\ hchtphtilddlhhdvdsam- 
hhnvdi. 

2. BhrtHya : ta,sya tarhi prdptiniyamc \ko hetuh], — Vy/lkliya : fasya 
nirodhanya yo 'ynnt prnphr niyaniah / asyatva nirodhasya prdptir ndnya- 
.sypfi // fasmin pmpfiniynwc ko hetuh If na hi uirndlinsya prapfyd snrdham 
kuscil sambandhn \sti luduphnladibhar.dsambhnmt. 

a. drH adhnrmnnir\mnapYiiptfi, tVsUi-dire * i|iii s»^ lroiiv« ttaiis !».» Nirvana 
aver resles ’ (sopndhiscsnniriuinaiilha). 

sdiig lull ma lufj |uir 8[)aiLs pa KRyaii bar hj,^yiir ha (M. VyiiL 245, 1259) 
za.d pa lidoil cliags ilari brat ba bgog pa main par zlii bn (12t»0) nnb pa (70, i) 
sdug tisual gzbau dan niu lulsliains sbyor ba uipd pa ton pn iiird pa Ubyiiii bn nied 
pa gan yin pa bdi ila Me. / phiih po thani» t*ad hes par spans jia (245, srrd 



llimin--tmng, vi, fol. 17 h-18 b. 285 

oil VQbntlhhava), repuisemeiit (kmya), le (letacbeineiil (viraga), la 
destruction (nirodha), rapaisoinent (vifnpumimi), le passage di'di- 
nitif (astamgama) de celle douleur ; la non-rcnaissaiice ((ipralinam- 
dhi), la non-prise (anujKid(iuu)y non-apparition (aiit ddurbhdva) 
d'nne autre douleur, — cela i^st caline (miita), cela esl I'xcellenl 
(pranilam) a savtiir le rejet de lout npudlii (sarvopudhipraliuny 
mrga), repuiseinenl do la soif {lrmakmy<i), le dcdaclieniLMitfr/Vu^/a), 
la destruction le Nirvana ». 

Le Sarvaslivadin. — Qiuind le Solra dil quo le Nirvana est non- 
apparition de nouvelle douleur (aprddiirblidra), le Sutra veut dire 
qifil iTy a [las apparition de douleur dans le Nirvana 

fiO Saiilrantika. - rfe ne vois pas quo ce localil’ : ‘ dans le Nirvilna ’ 
ait quebpie I'orce pour etablir que le Nirvana t‘st une chose. Dans 
quel sens enl<‘ndez-vous le localil' aainhi Si cela viait dire : a,sinin 
mH, Me Nirvana elant, il iTy a pas apparition de douleur \ alors 
la douleur n’apparait jamais ear h Nirvana c‘st eleriud. Si er*la veut 
dire : asmin pmple, ' le NirvTina etanl obtenu [ IS bj vous dovre/ 
admellre ipie la douleur future ii'apparait pas lorsque le Cliemin 


pu zud pa / iidod cliags daii htiral bu / bgt)^ pa dan niya nan las bdus pu bdi iii 
zhi bahu / bdi iii f/ya iidiii pabn / 

Uric vuriuntc do la finale dans Mabavasiu. ii. ^S5 : elaiii saiilain etain pranTlain 
etaiii yutliavad (dam avipanlain yam idaiii sarvopadtiipralinibsargu sarvasuiii.s- 
kArasaiiiallio diianimpaiH‘lied(» irsnaksayo vira; 4 o iiirodlio nirvaimm. 

La Vyrikbya IVinrnit les pivmiors units dii tcxb? : yat khnlv asya {dithkhasya 

|, fd les deux ieniies pvahami el apnidtirbhdva. On a, AiV^iiltaru. i. ItHj : 

parikkhaya pahCinn khiiya vaya riraya nirodha cdyu 2 )aUnitisa(yia ; v. iiJl : 
asesuvirdif a nirodha Cilya pafinissayga multi audlayu ; Samynila, i. iai> : 
sabbasamkhdrasamatha ... ,* llivultuku, 51 : npadhippati uissaytja. — Voir 
an.s.si les versions .<«aiis(:rites de Majjliima, i. 4t)7 duns Piscbel, Kra^iiients d’ldi- 
knlsari, p. 8 (cyaniibhaca) (d Avadruiasutuka, ii. 187 (vAiutibhdca), 

1. Ell d'autres tenues, aprddurbham — ndsmin prddurbliavah. C’est Tely- 
iiiolo^i(? adhikarunasddhana. Le Sanlrantika comprend aprddnrbhava — 
ap rdd nrb hu ti ( b Im uasfidha u a). 

L'explicution dii .Sarvilstivadiii est reprodaite Madbyarnakavidii, p. 5:25, et 
altribnee an pbilosopbe ipii eonsidere le Nirvana eumme un bhdva, \m paddrtha 
seiriblable a une digue, ul qui anvle le procf.ssn.s de la ])a.ssion. de Taele et de la 
naissaiiAi. 



mi 


cuAPiTHE II, 55 ii-56 b. 


— ' par la verUi duqiiel vous supposez ipie le Nirvana s obtie^^t — 
oil bieii est, on bien ost obteiiu *. 
y. Par consequent la cornparaison du Sntra esl oxcellente : 

« Coniine le nirvana de la tlannne, ainsi la delivrance de sa 
penseo » 

C’est-ii-dire : do inoine qne rexlinction do la llamine esl seulement 
le ‘ passage ' (atjf-aija) de la llannne et non pas uno cerlainc chose 
en soi, de inenie la delivrance de la pensoe de Bhagaval. 

10. I^e Santranlika s'autorise encore do rAbliidharina on nous 
lisons : « Ouels sunt les dliannas avusluka ? - liOs incondilionnes » \ 
— Le tonne avastuka signilio ‘ irreel ‘ sans nature propro '* 

liO VuibliSsika iraccc'pte pas cette interpnHalion. liO terme vustn, 
en effet, esl employe dans cinq acceplions ditlerenles : 1. cadu dans 
le sens de chose en soi (svabhuvavaslu), par exemple : « Ijorsqu’on 
a oblenu (praliUihli) ce vasfu (Vasuhhd, vi. I I ), on esl en possession 
(.s*ajur.iw/vi^(<n0di-eee«^7/i » (.iMnaprasthana, iO. a, Vibhasa, 197, s); 

vasln dans le sens d’objel de connaissance (dlambanamdn), par 
exemple : « 'runs les dhurmas sont connus P^^** los dilTeronts 

iid\(n\y,(jii(ittPnaJ, chacun connaissanl sun ohjet \n\i\n'ti(t/athdvadn ) » 
(Prakarana, Ml b 9) ; M. vadn dans le sens de ‘ lieu d'attacheinerit ' 
(samyojaniya), par exemple : « (ielui ipii est lie a un vastu par le 
lien d’afVection, est-il lie a ce meine vadii par le lien d’hostilite ? » 
(Viblifisri, 58 , ; 4 . vastii dans le sens ile cause (hetu), par exemple : 

« Lh*cls sunt les dltarnias munis d’une cause {savaslnka) ? Les 

1. Imi eflel le eiieiiiiii Jelruit la producliuii de la doiiieiir, dHhkhasumndaiffi. 
A qiioi ijuii iiiia^iiier, A eniedu clieiuiii, une elioso eii soi iniininee nirodha? 
iJ. ii. 157 ; Sarny uita, i. 159; TlieragaHifi, 9(Mj. 

pajjotas'neva wihbanmn vimokho cetasn ahii. 

La redueliun stlnsfrile (Avudanasataka, IK), Madliyainakavrtti,520, Did vu, Naiijio. 
118, apud J. Przyliiski, .1. As. 1918, ii. 4SK), 509) ; 

pradifotasifeva nirvdnam vimvkscts tasj/a cetaaah, 

Ceei arrive an jTjoiuent du Nirvilna-suiis-resles. — La fitdiniliuti hhavanirodlw 
nibbdnam, Aiignttara, v. 9, Sainyiitta, ii. MO, etc, 
a. \ihliiisa, ai, til. — On lit I Vakaraiia, b a, line deHtulion cpi'on pent resti- 

iiu r : avasiukd apratyaya dhannah katame P asumskrta dharmah (ltdr i. 7). 



Hiiian4sang vi, fol. 18 l)-t9 a. 


287 


dharmas coiiililionnos » (Prakurana. 33 b) ‘ [19 a| ; r». vaahi <lans le 
sens de * aete de s appropriei; ’ (parigraka), par exeiiiple : <v vadu 
de champ, vashi do inaison. vastu de boutique, vastu de ricbesse : 
abandumiaiil Tacle de s’approprier (pangraha), il y renouci? v 
(Vibhasa, 56, 

Le Vaibhasika concliit : Dans le passage qui nous occupe, vaalii a 
le sens de cause ; acasluka signilie ‘ qui ii'a pas de cause l^es 
incoiiditioniies, quoiqiie reels, etant toujours depourvus d’aclivite, 
n’oiit pas de cause qui les produise, ii’ont pas d’effet qiTils produiseiil. 

II faul expliquer quelle sorte de fruit procede de cbaque i?spece de 
cause. 

56 a. La retribution est le fruit de la derniere caiKsc 

La derniere cause <?sl la cause de nMribulion, ripakalidu, parce 
tpie la cause de relributiuii est nominee la dernien? dans la lisb*. Le 
premier fruit, vipdkaphala (ii. 57), esl le fruit de celte cause. 

66 b. liO Fruit dn souverain est le fruit de la premiere *. 


I. CVst It? texle fite ad i. 7. 

'"2, La Vyakhya ad i. 7 (CMlilioii de Fetrogrud, p. ^22) reprodnit toules ees cxpli- 
('atit)iis. 

rt. vipdkah phalaw anitfustui, 

1/editeiir japuimis cite la Vibliasil, l!21, 3 . 

Les IVuils stjui de cinq espcces : 1. uiiiyandaphnla, 2. vlpCtkaphalu, visum- 
tjoyaphaia, t. punisakdrtiptialny r». adhipatipimla. 

u. nisytindaphula : Ui Lon prodnit par Lon. le inanvais prodiiii pur niaiivuis. 
le iii>n*deiiiii prudnil par iion-detini. 

L. vipdknphala : le vipdka esl prodnit par des dhanuaH inanvais on Lons- 
inipnrs ; la cause etanl Loiiiie on niauvaise, ie rriiil esl lonjoiirs non-dtdlni. Coiniiic 
ce Iruit est dittereiit de sa cause el esl • niatnrile ' (pdku), il esl noninie vipdka 
( visadHa pdka ). 

c. visamynyaphala. Les dnautaryamdnjas roiiipenl la passion : ils out punr 
visamyoyaphala el purusakCiraphala la niplure tie la passion ; ils out pour 
msyandaphaln el purumkdniphalu ie vimuktimanja : ils out pour nisyanda- 
phala Ions les cheniins poslerienrs, eguux on snperienrs. de leiir espece. 

Voir aiissi rALhidliarin&vaiurastislra (Naiijiu, ii. 14, on sont expliqiies 

les noiiis des fruits. 

4. purvasyddhijjajam plialam ou pnrvasyadhipatam plialum (Punini, iv. 
L 85 ). iv. 85 a-L, 110 a. 



2SS CHAPiTRE II, 56 b-57 b. 

Lr premiere cause est le kilranahetu, raison d’etre; le dernier fruit 
en precede. 

Ce fruit est nomine adhipaja, ne du souverain, ou ddhipata 
appartenant an souvei-ain, parce tpi'il est le fruit du souverain (adhi- 
patiplicUaJ (ii. 58 c-d). On considereque le kdmnahelu fail figure de 
souverain ( adh ipnli). 

Mais. dira-l-on, la qualite de ne pas faire obstacle (ancivarahia-- 
bhdcmndlrdcaslUCiHUy ii. 50 a) suflit a constiluer le kdranahetu. 
Coniinent peul-on le regarder coniine ' souverain ’ ? 

Le karanalielu est ou bien * cause non eflitfieiite ’ (upekmka) — 
el alors ou le regarde coniiiK! souverain parce cpi'i! ne fail pas obsta- 
cle ou bieii ‘ cause eriicienle ’ (kdraka) - el on le regarde comme 
souverain parce qu’il possede inaitrise, aclivite generatrice el predo- 
nilnaiile yonoA’a, [10 b|. Par exeinple, les 

ilix di/atauas (coiibiur el organe de la vue, eUr.) sont souveraius a 
regard des cinq coiinaissanees seusibles ; Tacte colleclif des elres 
vivants est souverain a I’egard du iiionde-receplacle L’organe de 
roiue exerci? une souveraiuele (ddliipatifu) mediate a Tegard dti la 
comiaissance visuelle, car, apres avoir eiileudu, riioiimie eprouve le 
desir de voir, lit ainsi di* suite. (Voir ii. 50 a) 

56 c-il. [/tk'oulemeiit est le fruit de la cause semblable el de la 
cause imiverselb? 

Le fruit d’ecoulemeiit (um/andaph(d(i) precede du sabhdgalietu 
( ii. 5^) et du surcatmgaheln (ii. 54) : car le fruit de ces deux causes 
est semblable a sa cause (ii. 57 c ; iv. 85). 

66 d. Le paimmt. le fruit viril, est le fruit de deux causes 

1 . I 4 C inoiule receptacle (bhajanuloka, iii. 4.^ iv. 1) esl prodiiii par les actes 
hoiis et inuuvais «le I'eiiseiiiiilc des elres vivants ; il est noii-deliiii ; eependuiil. il 
ii’est pas ridribulion (vipaka), parce c|ue la relrilinlioii esl un dliarma ‘ appar- 
tenant aiix etres vivants ' (p. 290) ; par eoiise(]uent, ii e.sl Vailhipatiphala des 
actes consideres eomnie kdranuhein. 

2 . sabhdgasarvatragayor tiisyundah. 

ti. pamnmni dcayoh // ^ 



Hiuan-tsang, vi, fol. 19 a-20 a. 


289 


LtJ fruit dll sahabhuhehi (ii. 50 li) et dii mmprajjiiktakafietii 
(ii. 53 c) s’appeile pcmnmi, viril, c esl-a-dire : fruit dii purumkaray 
fruit de Tactivite virile. 

purusakdra^ aclivile virile, ii’est pas distinct de rhoinine iiieme 
(puriisahhdva), car Tacle ii'est pas distinct de ce (jui accoinplit Tacte. 
Le fruit de I’activite \iv'\\^ (purumkiiraphala) peut done etre noiniii6 
fruit viril (jjaiirusa), 

Que faut-il entendre par ‘ activite virile * ? 

L’activite (karitra, knifd, karnum) d*un dharma est noininee sun 
activite virile (purumkdra), parce ipiVlle est seuibkible a raelivite 
d’un hoinrne (purma). De ineiiie, dans le inonde, on nomine une 
cerlaine plante kdkajanglid, parce qu’elle ressoinble a un pied de 
corbeau ; on nomine un beros maltakastin, parce qu’il ressemble a 
un tdephant furieux. 

Le samprayiiklakahdii et le sahabhuUdii sont-ils les seules causes 
qui aient un fruit d^ictivite virile? 

D'ainvs une opinion, les aiitres causes out cette sorte de fruit, a 
rexceplion de la cause de retribution (vipdkahetu). Ce fruit est, en 
en'et, oil bien siinultane, ou bien iminedialement conseculif a sa cause; 
lei n*est pas le fruit de retribution. I) apres d’autres maitres la cause 
de retribution a aussi un fruit d’aclivile virile distant, par exemple le 
fruit recolle par le laboureiir, 

[ Done un dharma est (1) nlsyaadaphala, parce qu’il naitsenibla- 
ble a sa cause, (2) puntmkdraphala, parce qu’il nait par la force de 
sa cause, (3) adhipaliphala, parce qii’i! nait en raison du ‘ non 
obstacle ’ de sa cause.] 

Quels soul les caracteres des ilillerents fruits ? [20 a] 

57 a-b. La rtHribution est im dharma nou-defini, appaiienant a 
Tcdre vivant, naissant tardivement d’un dtdini ", 

La retribution (vipdka) est un dharma non-souille-non-di^fini 
(anivHdvydkrta), 

U Marique dans Paratnartlm. 

2. viPako 'vyakrUj dharmaU sattcakkyo vydkrtodbhavah / 

19 



CHAPITRE n, 57. 


290 

Parnii les dharmas non-souilles-non-defiiiis, qudcjiies-iiiis appar- 
tieiineat aux etres vivants (mttvdkhya), les autres irapparlieniient 
pas aux etres vivaiils. Par ounsequeut raiileiir precise : ' appartenaiit 
aux dtres vivants \ c/est-ii-dire : iuiissant dans la serie des etres 
vivants. 

Appartiennent aux etres vivants des dharmas dits d’accroissement 
(aKpacayikUy venant de la nourritiire, etc., i. 37) et dits dViCoulerrienl 
(naisyandika, provenant d’une cause qui leur esl seuiblable, i. 37, 
ii. 57 c). Par consequent Tauteur precise : • naissant tardiveineiit de 
Tacle defini — L’acte delini est ainsi noinnie parce (|u’il produit 
retribution ; cVst Tacte inauvais(aA:ff^*ato^ I’acte boii-iinpur (kum- 
lasdsTUva) (ii. 54 c-d). D’un acle de ctdle nature nail tardiveineiit, 
non pas en ineine tenqis, non pas iininediateinent apres, le fruit qii’nii 
appelle * fruit de retribution ’ on ‘ fruit de nialurite ' (cipdkaphala) \ 

Pourquui ne pas considerer connne fruit de retribution li\s dharmas 
qui ne font pas partie des etres vivants, les inontaf^nes, les tleuves, 
etc. ? Ne naisseiit-ils pas de Tacto bon on maiivais ? 

Les dharmas (pii ne font pas partie des etres vivants soiit, de leur 
nature, coininuns. Tout le nionde peut en jonir. Or le fruit de retri- 
bution, par delinition. est propre : jamais aiitrui ne jouit du fruit de 
nHribution de 1 acte que j’ai aiicompli. I/acte, outre le fruit de retri- 
bution, produit le * fruit du souverain ’ ((alhipaliphala) : |20 b j de 
ce fruit les etres jouissent en comnnin, parce que la collec^tivile des 
actes concourt a sa creation (p. 28S. ii. 1). 

57 c. Le fruit seuiblable a sa cause s’appelbi ecoulement \ 

1 . L« prelixe ml ilans udbliava sigiiiiie ‘ pins lard ‘ turdivenieiil ' (niiarakdla). 
— Le recueiileiiieiit (samddhi) prudiiit iiii aroroissttiiuMil ile.s >>'raiids elements du 
corps : CCS grands ideiiieiits sont dits Ml'accroisseinciit ' (aupacayiku) parce 
i|u*ils naisseiit soil cii iiiciiie temps que le recueilieriieid, soil imnu^diateuieiit 
apri'S ; ils ne soul pas de retribiilioii. - - De iiietne la pensce de creation (nirntd- 
nacitta, i. a7, vii. 48) esl iioii-deliiiie, upparleitaiii a Tclre vivant, creee par iin 
acte defini (reciieilleiiicnl) ; inuis, naissant iniiucdia lenient du recueillement, elie 
n’esl pas de retrihulioii. En outre, le IViiit de retriliiilion appurlient loujours uu 
tiierne (Huge que I’aele donl il prociute. 

nisyando hetusadrmh. « 



Hiuan-tscmg, vi, fol. 20 a-b. 


291 


[iG (iliarma sernblable a sa cause est le fruit irecoulemeiit (uisyan- 
(laphala). Deux causes, la cause seiiiblable el la cause uuiverselle 
(sabhdgalietii, ii. 52. sarvatragahelu, ii. 54 a-b) iloiiueut uu fruit 
dV‘Coulement. 

Si le fruit de la cause universelle est iiii fruit d*eeoulernent, uu 
fruit sernblable a sa cause, pouri|uoi ne pas douner a la cause univer- 
selle le iioiu de cause seiublable ? 

Le fruit de la cause universelle est toujours sernblable a sa cause 
(1) au point de viie de I'etage ; il appartient conune elle an Kaina- 
dhatu, etc. ; (2) au point de vue du caraclere moral : comme elle, il 
est souille (klista). Mais il pent apparlenir a une categoric dilVerente 
de la calegorie de sa cause. Par categorie (nikdyay prakdra), on 
entend le mode d’abandon : susceptible d'etre abandonne par la vue 
de la verite de la douleur, etc. (ii. 52 b). LorsqiTil y a similitude entre 
la cause et le fruit a ce dernier point de vue, la cause universelle est 
eu mrMue temps cause stanblable. 

Quatre cas se presenleiit : 

1. sahlidfjahdii qui n'tst pas sarvalragahetu : par exemple, les 
passions nou-universelb\s (rdga, etc.) par rapport aux passions de 
leur |)ropre calegoriij (uikdya) ; 

2. sarmtragaliehi qui n'cvst pas sablidgahehi : les passions miiver- 
selles par rapport a une passion d'une autre categorie ; 

I}. sarvalmgahvUi (jui est en meme temps mbhdgaheiu : les 
passions universelles par rapport a une passion de leur propre cate- 
gorie ; 

4. lout autre dliurma n'est ni sabhdgahetu, ni sarmtragahdii 

57 d. La deslruciion par rintelligence, c’est la disconnexion K 

!ji disconiU‘xion (vimmyoga) ou le lyisamyogaphakty ‘ fruit qui 
consisle en disconnexion c’est la destruction (kmya = nirodha) 
obtenue par la connaissance sptknilative (dill ■ prajud), Le visamyo- 
gaphaki est done le pnUisamkhydnirodha. (Voir ci-dessus p. 278). 

1. Les dharmas bons iie sorit pus sabhagnhelu des dharmas soiiilles, etc. 

$2. Hisumyoyah ksayo dhiyd If 



292 


CHAPiTRG n, 58-59. 


58 a-b. Un dharma est le fruit de I’activite virile du dharma gar 
la force duquel il nait 

11 s’agit d’uii dharma coiiditiunne (saniskrta). 

hlxeniples : le recueillemenl du premier dhifana est le fruit d’acti- 
vile virile de la pensee du dotuaine du KainadMtii qui le provoque 
ou le prepare (tatprayoyaciUa) ;lti recueillement du deuxieme dhydna 
est le fruit d’aclivite virile d’une pensee du doinaine du premier 
dhydna. 

Un dharma pur pent etre le fruit d’activite virile (I’lm dharma 
iinpur (les lunkikagradharmas out pour fruit la duhkhe dhar- 
ma jh a nak^unti, vi. 25 c-d) [21 a]. 

La pensee-de-creatiou (nirmdnacilUt) est le fruit de I’aclivile virile 
d’uue ptmsee du domuiue d'uii dhydna (vii. 48). 

Et ainsi de suite ^ 

Oil coiisidere le pralinayikhydmrodha ou Nirvana comino un 
‘ fruit d’aetivile virile ’ ; or la dtdinilion 58 a-b ne s’applique pas au 
•nirodha qui, tHant elernel, ne nait pas. Disons done qu’il est le fruit 
d’activile virile du dharmapav la force diupnd on eii oblienl la posses- 
sion. 

58 od. Tout dharma coiiditioiine esl lo IViiit de soiiverain (adhi- 
pcdiphala) des dharmas cotTdilioiine.s, eii exi!e{)laiil les dharmas 
qui lui sont [josterieiirs 

Quelle ditieieiiee enlre le fniil d’uelivile virile et le fruit de souve- 
raiii ? 

1. yadhalaj jCiynie yat tat plialam ptirusakarajam^ 

La poii.see a lu iiiorl (maranacithi) <lu c'e.sl-;i-«lire la peii.see 

rle TtMi'e qui iiiourl daii.s lo Kiiiiuiflliutu, pant avoir pour iViiil viril le premier 
Viioiiient do retro intermediaire dq Hupadliiitii. — Os oxemples iiioiitreut la difte- 
rence enlre le pumsakaraphala el. le fruit d'ecouienieiil (nisifandaphala). 
Qualre can : i. punisakaraphala cpii n’esl piiH nisyandaphala : ci- 

de.ssiis ; ± msyandaphaln, le fruit des causes sahhdfja et sarmitraya qtii iie 
suit pa.s imriii^diuleiiieiil ; li. nisyanda c\ jfui'makdraphala, fruit pareil, de meiiie 
etage, iiiiiTiediat ; 4. iii run ni raid re : fruit de retriliution. 

3. apurvdh samskrtasyaiva samskrto *dhipateh phalani Ij 

V'oir ii. 56 b et iv. 85. 



Hiuan-tsang, vi, fol. 20 b-21 o. 


293 


JLe premier cst relatif a rageiit (krirtar) ; le second, relatif a rageiit 
et au non-agent. Par exeniple, nne chose (liuvree est le fruit d'activile 
virile et le fruit do sonverain de Tartisau tpii Ta faite ; elle «\sl seule- 
nient le fruit de sonverain de celiii (jiii n’est pas Taiiisan. 

On demandc dans qiiellc condition (avasfha), dans la condition d(i 
fdtnre, presente on passee. se troiivc chacnne des causes (hctii) (piand 
elle prond (grhndH, dksqKiH) el qnainl (die donne (prajiacchaliy 
dadati) son frnit ? 

69. Cin(| causes prennenl lenr fruit, prescMites ; denx le donnent, 
pr6sentes ; denx h‘ donnent, presentes et passees ; nne le donne, 
pass6e *. 

One hml-il entendre par ‘ prendre nn fruit ‘ donni*r nn fruit ‘ 

Uii dharma prend nn fruit lorsqn’il en dovient la seinence *. 

Un dharma donne nn fruit an nioinent on il donne a ce frnit la 
force de naiins cVst-a-dire an inonieni on, le frnit fntnr elant tonrne 
vers la naissance, pret a iiailre (iitjmddhliimiikka), ce dharma Ini 
donne la force qni le fait ontrer dans la condition de present. 

59 a-b. Cinq causes prennent lenr frnit, presentes. 

Cinq causes prennent lenr frnit seidenient (|nand elles sont pn^sen- 
tes : passees, elles ont deja pris lenr frnit ; futures, elles n’ont pas 
d’activite (v. 25). 

II en va de rtuMiie dn kdrapaliehi ; mais la stance ne Ic inenlionne 

t. I’tm^iamanah phalam pniica (frhnnnti dvati- prnyncchafah / 
vartanianahhyatitau drdv eJco ' tiff ih pray accliaU ij 

Comparer ii. 55 ^ 

2. Os dt^iiiilions sonl cloiiiipcs plus loi^ (vi. 22 a 1) dans I'origiiial. On Ips 

place ici pour la commodiie dii lecteiir. * 

3. tnsya bJjnbhdvopagamnndt. Le oxisle foujours, qu’il soil fiilur, 

present on passe. Nous disons qiril prend on projelle iin fruit nu iiiomciit ou, 
devenani present, il devieiii cause ou seiiieiicr. d’un fniil. — La V^yfikhyft oL.serve 
que la compa raison de la .senience appartient a la theorie des Saul rani ikas. Aussi 
« ce lexte manque dans certains maiuiscrits » Jkvacit pustake ndsty esa pdthah). 
AilJeurs la Vyakhya expliqiie : pratigrhnanfity aksipanti hetnblidvenopa- 
tisthmnla ity arthah. 



294 


CHAPFTBE fl, 59. s = 

pas, parre (pie le kdranahetn n’a pas necessairemcnt un 
(saphala). 

69 b. Deux doiinent leur fruit, presenles. 

La cause coexistante (sahahhu) et la cause associee {sampraynk- 
taka) Honnent leur fruit seulerneut (piaiid dies sent presenles [21 bj : 
CCS deux causes en effet preiinent et donnent leur fruit en nu^mo 
temps. 

69 c. Deux donnent leur fruit, presenles et passees. 

La cause semblablc (sahhdga) et la cause universelle (mrvedraga) 
donnent leur fruit et qiiand dies sent presentes et quand elles sont 
passees. 

Comment peuvent-dles donner leur fruit, le fruit d’ecoulernent 
(nisijanday ii. 56 c), lorsqu’eUes sont prescMiles? Nous avons vii 
(ii. 52 b, 54 a) qu^dles sont anterieures a leur fruit. 

On dit que, presentes, dies donnent leur fruit, puree c|u’elles le 
creent imniediatement (mmannntnmmrvark^^^^^ Quand leur fruit 
«‘st ne, elles ont passe (abhytJiilta) : dies I’ont deja donne ; dies ne 
donnent pas deux fois le meme fruit 

i. 11 arrive que, a un moment donne, un mbhdgahetn bon (kidala) 
prenne un fruit et ne donne pas de fruit. Quatre alternatives : prendre, 
donner, prendre et donner, ui prendre rii <lonuer ^ 

1. Les possessions (prdpti) des racines de bieu qirabandonne au 
dernier moment riiomme qiii coupe les racines-de-bien (iv. 80 a) 
prennent un fruit, ne donnent pas de fruit 

2. Les possessions des racines de bien qu’acquiort au premier 

1. Sur (!P point d<^lirat, Snmj^hahtmdra, NyAy3.vatfi.rn, 08 a .*1. 

2. nsti kusalah snbhagahetnh phalnm pratigrhndti na dadati ' D’aprrs 
Vibhaaa, 18, r». 

3. Les ilprni^res prdpths dn bien iproii coupe, a savoir les prnptis des racines 

de bien faibles-faibles (mrdumrdii) projetteiil leur fruit (phnlaparigraham 
kurvdtiU), mais ne donnent pas leur fruit (nhyandapliala), piiisque iimmpie 
le moment * bon * qii’elles devrnient donner ou engendrer (janya), <■ 



Hiimn-tsang, vi, fol. 21 a-l> 295 

ino|^cnt rhoinnie qui repi'end (pratisaiiirladhdna) les racines de bien 
(iv. 80 c), donnent leaf friiit, mais ne prennent pas dc fruit. 

11 faut dire ' : Cos mfsines posst^ssicms, les pos.s(!ssior!s abaudonuoos 
au dernier rnonienl par rhommo qui coupe les rucincs-de-bien, don- 
nont leiir fruit mais no le prennent pas an moinont oil cet bonuno 
reprend los racines-de-bion. 

.3. IjOs possessions de rhonnne ilont les racines-de-bion ne sont pa.s 
coupees — on exceptant les deux cas qui precfident : celui de riiomme 
(|ui aclievo de eouper, celui de. riiomine qui repnaid les racines de 
bien prennent et donnent. 

4. Duas tout autre cas, les po.ssessions ni ne prennenl, ni ne don- 
nent : par exemple, les posse„ssions des racines-de-bien de riiomme 
dnnt les racinos-de-liien soul coupees ; les possessions des racines- 
de-bien d’lin etage supericiiir di; riiomme qui esl tombe de cet etage : 
cos possessions out di'ju pris leiir fruit, dour, ne le prennent plus ; 
elles nc le donnent pas. puis(|ue riionune ne pent avoir nctuellement 
jiosscssion de ces racines. 

ii. En ce qui regarde le sahlulgaheiu mauvais (aknjSala), la Vibha^a 
elablit les niemes alterualives; 

1. Les possessions des mauvais dliarnum qu’abaiulonne au dernier 
moment riiomme qui obtienl le detacbcnienl du desir (kduiavai- 
rdgya). 

2. Ijes possessions qu’acquiert au premier moment I’bomnie qui 
c.lioit du detacliemeiit. 

11 faut dire ; Ces memes possessions, quand I'liomnic choit du 
detacboniont. 

3. Los possessions de riiomme qui n'est pas detache, en exceptant 
les deux cas qui precedent. 

J. Vasulmiidliii rriii«.|no la iJoctriup dos Vaibhiisika.s. Kii elVet, ce jmragrapliP 
csl mal rrdij;** fsayfidi/aj.-lnrsqii’iin hoiiiiric ropreiid Uvs racinr.s-de-bifMi, il acqiderl, 
IritciiqKirelle.s, Ips pmptis dc.s rarines-dc-liien : los praptis passoes acipiisos a o.o 
Miomoiil doniionl Jeiir fruit, iiiiiis no le proiineiit pas : oar olios Tout diya pris ; 
mais oommont. peiii.-oii dire quo los praptis [»roseiilo.s no proniieiil pas lour fruit. ? 
La deiinition proposee manque done de precision. — Sainghubliadra didend In 
riHlacttion de la Vibb&su. 



296 


CH A PITRE II, 59. 


4. Les possessions dans tout autre cas : par exeniple les possessions 
de I’honune detache et non siijet a la chute. 

iii. Ell ce qiii concerne le sahhdgahetu soiiillo-non-defini (nivrtd- 
vydkrtn) [22 a), il y a aussi qiiatre alternatives : 

1. Les deriiieres possessions de dharmas scuiilles-non-definis 
qirabandonne le saint (pii devient Arhat. 

2. Les piTinieres possessions qii’acquiert TArhat toinbe. 

Pour rnieux dire : les possessions siisdiles chez TArhat qiii tombe. 

3. Les possessions de riioinme non detache du bhavdgra, les deux 
cas precedents elant oxcliis. 

4. Les possessions dans tout autre cas : les possessions de TArhat. 

iv. En ce qui concerne le sahhdgahetu non-souille-non-d<Mini 
(auivrtdvydkrta), quand il donne son I'riiil. il le prend (car le non- 
sonille-notMlefini dure jusqu’au Nirvana) ; mais il pent prendre son 
fruit sans le donnor : les derniers skandhas de, TArhat n’ont [)as 
d’ecoulenient (nisyanda) \ 

V. Nous avons jusqu’ici considere les dharmas qui ne soul pas 
' sujet de connaissance ’ (sdlamhana). Si nous considerons la pensee 
et les menlaux dans leurs nioineiils su(‘cessifs, nous etablirons pour 
le sahhdgahetu bon les quatre alternatives (jui siiivent : 

1. Il prend et ne donne pas. Iiorsque la pensfH^ bonne est iinnie- 
diateinent suivie d’lme pensee souilhk' ou non-souillee-non-dtyinie, 
cette pensee bonne, en taut que snhhdgaheln, prend, e'est-a-dire 
projette, un fruit d’ocoulenient, asavoiruiK? pensee bonm? future, que 
celle,-ci soil destinee, a naitre ou non ; ello ne donne pas nn fruit 
<recoulenient, puisque la pensee qui la suit, soiiillee ou non-souillee- 
non-definie, n’est pas rikoulenienl d’line pensee bonne. 

2. Il donne et ne prend pas. Lorsqu’une pensee bonne suit imme- 
diatcnient line pensee souillee ou non-souill<^e-non-delinie, une 
pensee bonne anlerieure donne un fruit d’ecoulement, a savoir la 
pensee bonne, que nous considerons ; celte pensee anterieuro ne prend 
pas de fruit, puisqu’ellc Ta [iris jadis. 

1. nnivrf-avydkrtasifii paicatjtMnka iti pascatpddakalaksannm vydkhyii- 
tarn Hi napunar my ate, « 



IIimn4sang, vi, fol. 21 l)-22 b. 


297 


3. II prcnd et doiine. Deux pensees bonnes se siiivant, la premiere 
prend et donne son fruit d’ecouleinent, fpii est la seronde pensee. 

4. II ne prend ni ne donne. Lorsque des pensees souilbk*s ou non- 
souillees-nou-deFmies se succedent, la pensee bonne anlerieure, en 
tant que sahhdgnhetii, a jadis pris son fruit el donnera plus lard son 
fruit ; pour rinstaiil, ni elle ne proud, ui elle ne donne. 

On etablira synielriquemenf les allernatives <|ui eoneernenl lo 
sabhdgahetii iiiauvais. 

69 d. Une eause donne son fruit, pnssee. 

La eause de nUribution donne son fruit qiiand elle est passee, car 
ce fruit n'est pas siinultanc ou iniinediatement eonseculif a sa eause. 

D’autres Mailres, les doctenrs de TOuest (Vibluli^a. 121, «) dlseni 
qu’il y a (pjatro fruits dilferenis des (‘im| IVnits c[ue nous avons dils : 

1. lyralislhdphalay fruit de la base [22 bj: Ic eende d’eau (jalammy 
dala) est fruit du eercle de vent (vdi/tiniandaln) (iii. 45) el ainsi de 
suite jusqu’anx berbes, fruit dc la grande terre (mahdprthivi) ; 

2. prayogaphala, fruit de Texereiee preparaloire : IVomZ/iarfa- 
jndna, etc. (vi. 50) est fruit des ambhd, etc. (vi. 1 1) ; 

3. scimagrlphala, fruit d’un complexe : la eonnaissanee visnelle 
est fruit de Torgane de la vue, du visible, de la luniiere el (run aete 
d’atlention (Madhyaumkavrtli, 454) ; 

4. bhavanrlphala, fruit du ree.iieillement : la pens(*e-de-erealion 
(vii. 48) est fruit du dhydna. 

D'apres le Sarvastivadin, le premier de ces qualre fruits reiitre 
dans la categoric du fruit du (adhipaHph^^ les Irois 

aiitres rentrent dans la categoric du fruit viril (pmmmkdraphnUi), 

Nous avons explique les causes et les fruits. II faut inaintenant 
examiner par combien de causes sont produils les diflerents dliarnias. 

De ce point de vue, les dhannas se rangenl en quatre (’.att^gories : 
1. dharmas souilles (klisla), c'est-a-dire les passions (klcm), les 
dharmas associ(:Vs a la passion (sampraytikta) et les dharmas ayant 
leur (frigine dans la passion (samiidha) (iv. 8) ; 2. dharmas de retri- 



298 


CHAPITRE II, 60-61 C. 


biition ou nes de la cause de relribution (vipdkaketu, ii. 54 c) ; 3.^1es 
premiers dharmas piirs (andsrava), e’est-u-dire la duhkhe dhar- 
majndnakmnti (i. 38 b, vi. 27) et b\s dharmas coexistant a celte 
ksdnti ; 4. les aiitres dharmas, c’csl-a-dire les dharmas non-definis 
(amjdkrUi), a Texceplion dos dharmas de rtHribution, et Ics dhar-- 
mas bons (ktisala), a Texception des premiers dharmas purs. 

60-61 b. La pensee et les nienlaux (1) soiiilles, (2) nes de la cause 
de retribution, (3) aiilres, (4) purs pour la premiere fois, naissent des 
causes ipii restent lorsqu’on exclut, dans Tordre, (1) la cause de retri- 
bution, (2) la cause iiniverselle, (3) cos deux causes, (4) cos deux 
causes pbis la cause semblable. En c(j qui concerne les dharmas qui 
lie sent pas pensee ou ineulaux, exclure en outre la cause associee 

La pensee et les mentaux, (1) lorsqu’ils sont souilles, naissent <le 
cinq, causes a rexclusion de la cause de retribution |23 a]; (2) lors- 
qu’ils soul retribution, naissent de cin(| causes a rexclusion de la 
cause uuiverselle ; (3) loi-sipi’ils sont diderents de ces denx categories 
et de la quatrieme, naissent <lo quatre causes, a rexclusion de la. 
cause de retribution et de la cause uuiverselle ; (4) lorsipi'ils sont 
purs pour la premiere fois, naissent do trois causes, a rexclusion des 
deux causes susdites et de la cause seuiblablo. 

Les dharmas ([ui ne sont pas pensee ou uieiitaiix, a savoir les 
dharmas matr*rie.ls (rupin) el les samskdras non associes a la 
pensee (ii. 35), suivant qii’ils toiiibent dans line des quatre categories, 
naissent dos causes [iropres a celte categiu’ie en excluant la cause 
associee (samjwaifnklakahctu): el retribution, quatre causes ; 

diirerenls, trois causes ; purs pour la premiere Umiandsriimisamvara, 
iv. 13), deux causes. 

II n’y a pas de dharma qui provierme d’une seule cause (eknheln- 
sambhuta) : la raison d'etre (kdrafiahelu) et la cause coexislanle 
(sahabhuliehi) no manquenl jamais. ] vii, 1 a] 

1. klisfa vipdkajah spsdh iirathamdryd ifathdkrmnam / 
vipfikam sarvagam hitvd tau sahhiigfxm ca sesajdh // 
ciUncailUis | fnthdnye ca safnprayuktaknvarjitah] / 

Cnni|mrer Ahhidliarmahrdaya, ii. 1245. « 



Ilmcmdsang, vi, fol. 22 b-vii, fol. I a. 299 

I'loiis avons expliqiie les causes (hdus), Quolles soiit les conditions 
(pratyaya) ? 

61c. Les pralyayas soul dits ctro qnalro \ 

Oil cela est-il dit ? 

Dans leSotra: « II y a qiiatre pratyayatds, a savoir hptvpra- 
tyayatd, samanantarapraiyayatn, filtimbaH(ipralyaiiald, adliipa- 

1. caivarah pratyaya nktah. 

Vibfiflsa, 16, 8 : II esl vrai que «*es six niiisps (Itntu) ne sou! pas difrs dans le 
Sfllra ; la Sfdra dil s<‘idfMiioid. ([iril y a tpmfrv prntyayatas v. 

[./♦iditeur japonais cile soiiivf's dii Grand Voiiioule, If' Nanjio l-l-l (trad. Dhnr- 
magiipta), Ir Ghanavyrdia, l(* Naiiji<> 14it (trad. >liiian-tsang), Madhyniiiuka 
(voir Madliyainakavj'tii, [». 76'). 

Quant la n-lalion des hehts el. des pratynyas, los iireiniers iiuiitros de In. 
V^ihliSsA disent qne. (I) le heiuprafyayn eoiiipreiid einq hehts a Texeeption 
(\\i haranahehtf (2)1*? karafinhcfu eoinprend Irs Irois aiilres pralyayas. Les 
.seconds inailres de la VibliAsA <liseni qne (1)le heiapralyaya rompreial einq 
hvtas, ( 2 ) lo kdrnnnhetu coiTe.spond an senl ndh ipntiprntyayn : cvi^ilv sysiemv 
adopl«3 par Viisuhandlin. Pour les inailres dn tiraiid Veliienle, \e sahhdyaheht. 
e.si a la fois hehipratyaya et niUiipaii pratyaya, k's aulres einq heins son! 
a (III tpa iipra tyayn. 

Le Prakarann, .‘W) a J7, eiiumere les qnaire Le Vijnfinnkfivn, l<> a 7, 
les defitiit e.ii fonetion des vijudaas : *< QiiV.sl-ee qni esl hetaprafynya d'line 
eoiumissaiiee visnelle ? Les tlhnrmas eju‘xi.slanl.s (sahahhil) el assoe.ies 
prayiikta). - Qn>sl-ee qni esl son samavaHtarapratyaya ? Ia\ \wus()e ei 
inentanx anxqnels elle esl egale et iniiiiediale, la eoiniaissanee visiielJe nee. cl. 
naissante. ■ QiiVst-ee rpii esl. son (ilamlmvapraiynya? Les visibles. - Qn'est-ee 

qni est. son adhipatrpratynya ? Toms les dharmns, k l exceplion dVlIe-ineine 

... De qiioi line eoiniaissanee visnelle e.st-elle le hehipratyaya ? Des dharmns 
eoexisinnts et a.s.soeios. — De cpioi est-elle le samannntara pratyaya ? Des 
pensi^es et ineiilaiix, nes on nai.ssant.s. eganx et iiniiiediats a celt.e eonnais.sanee 
visnelle. - De qiioi e.st-elb) Vdlambanapratyaya ? Des pen.sees et iTierilanx qiiJ 
la preiinent pour ohjet. - De qnoi e.sl-idle Vadlupatipraiyayay De tons les 
dhnrmas a rexeeption d’elle-inenie. » 

Le.s qiialre pratyayns soiit delinis dans rAbbidliannaiifdaya, ii. 16, eonime 
dnn.s iiotrc livre : le hehipratyaya eoniprend les einq helus; Vadhipatiprafyaya 
eorrespond an kdranahetn. 

Pour les j[>acra//as de I’Abbidliannna, le DnkapaltliAiin para'd ranlorile eapilale. 
Les points de rontnet avec rAbbidharnm sont noinbrenx; In iioiinMielaliire diflero: 
par cxeniple, le sahajdUidhipafipaccaya e.sl noire sahahhuhetu. Voir nussi 
KuthavUtlhii, XV. 1-2. 



300 


CHAPITBE II, 61 c-62 b. 


tiprafywyatd, ce qui est condition en qnalito de cause, en qualite 
d*antecedent egal et iinnuHlial, en qiialile d’objet, en qualite de sou- 
vorain. » 

Par pralyayatd on entend ‘ espece de prat y ay a ’ (pratyayajdti) 

Qu'est-ce (pie le liphipratyaya ? 

61 (1. Le pratyaya qui porte hi noni d(? heliiy c’est cinq hehw^. 

Si on excepU* Ip kdranahelu, les ciiu[ hdm reslant constituent la 
hetnpratyayatd, Tespece de condition noinmee cause. 

QuVst-ce quo lo mmantarapratyaya ? 

62 a-b. Ij(:\s pensees-(d-ineiitaux ipii sont nes, a rc'xc'opiion des 
derniers, sout mmananlarapratyaya [ 1 b | *. 

Si on exceptt? la dcjrniere pens(H* et dernicMs nuMitaux (citta- 
caittas) de TArlial an inoinenl du Nirvfiiui, tons l(>s peiiset's-et-nien- 
taux qui sont lu^s sont mmanantaraprntyaya, condititin en ((ualite 
iranlectblent egal el imiiUMliat. 

i. Seids les peiisees ot inenlaux sont samananiarapratyaya. 
quels dharmas sont-ils samanantarapratyaya ? 

1. Cette sorle de pratyaya est nominee samanantara parce cprelle 
produit des dharmas ('•gaux (sama) et iiiiinediats (anantara). Le 
prtHixe sam s’eiiteiid dans le sens d’egalite. 

I*ar consequent li;s pensees-el-inentuux seuls sont samannnlara- 
pratyaya, car, en ce qui concerne les autrc^s dharmas, l(\s dharmas 
malfM’iels (rupa) par exeniple, il ny a pas (igalile (‘litre la cause et le 
fruit. Kn effet, a la suite (run rfipa du doiiiaiue du Kriinadhatu, 
peuvent nailr(! en in(:^nie temps deux riipas, Yun du Kamadhatu, 
Tautre du Rupadhatu ou bien deux rupas, Yun du Kamadhatu, 


1. tl’est-fi-ilire prnfyaijaprnkara, coinmc on (lit gotdy r-specc dcj vaclie (Vy5- 
khya). 

2. hetvakhtfah pa fica hctavah // 

Jt. cittacaittd acaramd ufpannah samauaniarah / 

4. Vibh^LsIi, It, 4 , (tenxirmfjs mail res. 

5. II s'agil (]e Vnvijnaptirupa. JiOrsqiie, apr(\s avoir pris le Pratimoksasaipvara 
(avijnapHrfipa de. Kaniudhaiu), uti homiiie entre dans Ic dhydua impur^'^dsra- 



Hiuan4sangy vii, fol. 1 a-2 a. 


301 


i’aiit/e pur Taridis quo jamais nc naissoiU on inline temps, a la 
suite il’uue peiisee de Kamadhaiii, uiie peiisee de Kruiuidlultii et uiie 
peiisee de Rupadhatu. L'apparition des nq>a^ osL 

(dkula) :ov hsanianaHtaraprtdj/aya iie doime pas uii fruit 
confus ; douc les dhartnas iiiateriels no sout pas mmancmtcirapni- 
Ujaya. 

Vasumitra dit : Dans iiii meme corps, saus <[ue la serie d\m rupa 
d’accroissemeut (mqmmyika) suit rompue, pout iiaitre uii secoml 
rupa d’accroissemeut ; done le rupa u’est pas mmauuntarapra- 
lywija \ 

Bhadauta ^ dit : Le dharma de rupa est iiiuiiediatement suivi de 
inoiiis ou de plus. Done il n’est pas samauanfurapratyaya, De plus 
iiait moius : lorsqu’uue j^raude masse de paille, brulee, devieut ctMidre. 
De moius nait plus : car une petite seinent:e protluit la raciiie dii 
(iguier (nyagrodha), le ironc, les branches, les Ftsiilles [2 a|. 

2. Objection. -- Lorsque des pensees (cilia) se succedeul iimnediate- 
ment, coinportent-elles toujours le meine nombre d’especes de nien- 
taux associes ? Non. 11 arrive que la |>ens6e anlerieure comporte 
un plus grand nombre d’especes de mentaux, et la peiisee suivante 
im nombre moindn^ ; et nkiproquemenl. Les pensees, bonne, mau- 
vaise, non-dermie, se siu'cedeiit ; et elles ne coinportenl pas le meme 
nombre <le mentaux associes (ii. 28-30) ; les nHiueilliMiienls, (|ui se 
succedent, coinportenl ou ne comporlenl pas vitarka et viedra 
(viii. 7). Done, pour les mentaux couune pour les dharmas materiels, 
il n’y a pas egalile. (Vibbasa, 11, r,). 


vu), il prodiiit lo samimra dhipina ((unjiuiitUrnpa dt* Rnpadluitii). taiidi.s 
Vacijnapiirupa d« Kiliiui<11iatu rontinuo ;i se n'produin^ (voir iv. 17 b-r). 

1. Duns le ras oil riioiiiiiie ipii a pris le IVnliinttksasamvara eiitre duns le 
dhyiina par. 

2. Cost la deiixienie opinion exposee dans la Vililiiisa. I.orsqne, apres avoir 
niunge, riioinnie sVndort ou eiilre en recueillenieni, naissent eii iin^nie temps le 
rupa d’ai croisseinent prodiiit par la nourriture et le ri\pa d’arrroisseinent prodiiit 
(uir Ic soniiaeil ou par le reeuoilleiiieiil (voir i. 37). 

3. Sur Bliadantu, le Sthavira Suutranliku (V^ySkliya,), voir p. »*Mi. — Quatrieiiie 
o pinion la VibhSsS. 



302 


CHAPITRE n, 62 a-b. 


Cela est vrai : il y a succession <le nioiiis a plus, et reciproqueipeul 
(deuxieuie opinion de la VibhasR) ; niais seuleinenl par accroisse- 
mont on diminution dn nomhre des especes de inentaux (Vibha§a, 
11. 17). En ce qui con<*(jnie nne espece (KHerminec, jamais il n’y a 
inegalile : jamais a la snile de nioins noinbrenses sensations (vedanCi) 
ne surgissenl plus noinbrenses sensations, ni reciproquernent ; c’est- 
a-dire : jamais nne pensee accoinpagnee d’une sensation n’est snivie 
d’nne pensee associee a deux on a trois sensations. De meine pour la 
notion (samjhd) et les autres inentaux. 

(Test done seulemenl par rapport a son espece propre que I'anle- 
rienr est iln subsequent ? La simsalion est 

done le i^imnauautarapi alifaiia tie la seule sensation ? 

Non. D’une manienj generate les mtuilanx anterienrs sold mma- 
niinlarapridyajia ties menlanx tpii sui\ enl, et non pas seulemenl 
des menlanx dt* leur t^spece. Mais. a considerer nne ispece, il n’y a 
pas succession de moins a plus, et reciprot|nemtnd : ce qui justilie 
l’ex|)ression mmanantara, * egal el innnetliat \ 

3. Les Abliitlliarinikas qni prennenl le nom de Sflndrinasabhfigika.s 
(Vibliasa, 10, 17) sonlieimenl an conlrairtj (jifnii dharnia d’lme 
certaine espece i^st senlement samaacmtanipmlyatja tl*nn dliarma 
de cetle espece : dt‘ la pensee nait la pensee, de la sensation nail la 
sensation, ett*. 

Objection. - - Dans ctdle liypotliese, Itirsqn'nn dliarma sonille 
(klista akumla on yUt^rfdvytikrta) nait a la suite d’un dharma 
non-souille, ce dliarma stinille ne procetlera pas trim samanantara- 
pratyaya. 

C’t\st la passion (Idem) anterienreinent detruite qni est le sama- 
nantarapratyaya tie la passion tpii sonille ce sec.ond dharma. La 
passion anterionre est consiileree comme prectMlant imnifkliatemenl 
la passion posterieure, enctire tin’elle en soil >i^rdve() (ryavakita) \riiv 
un dharma non-souille, car la separation par iin dharma de nature 
dillerente (ahilyajdliya) ne constitue pas separation. De meme qne 
la pensee-de-sortie (vyutthdncicUta) du recu(5illement-de-cessation 
(nirodliasamdpatU, ii. 43 a) [2 b J a pour samanantarapnAyaya 



Hiuan-tsang, vii, fol. 2 a-i2 b. 803 

la jjensee-d’cMitree-eii-recueillenieiit (sainCipailicilla) aiileriinireinoiil 
detriiite : le reciieillanient (samapaUidravya) iie fait [kis separation. 

La tlieorie des Saniifliiasabhagikas est iiiudinissiblts peusons- 
noiis ; car, dans cetle tlicorie, la peiisee pun* (anasrara) prodiiite 
pour la premiere fois (i.3S b) iraurait pas de samunantarapnitjjuyu. 

4. Les mmskdras dissocies di* la pensee (oiprayiikki, ii. So)*, de 
irienie que les dliarmas materiels, se produiseiit pele-inele (oynkula- 
sainmukhlhhdva) : done ils ne soul pas samauatdarapndyaya, 
Kii effel, a la suite d'uiie poss<*.ssion du duJiiaine du Kamadbalu. 
peuveiil se produire eii nunue temps des possessions relatives a des 
dharmas des Irois spheres d'exislence et aux dharnias purs, etc. 

ii. Pouripioi nier (|ue les dharmas fulurs soient siimamintara- 
pralyaya ? 

Les dharmas fulurs soul pele-inele (vydkuta) : il ii’y a pas, eiitre 
»Hix, anteriorile, posteriorite (voir p. 2()1) % 

A. Conumnit done. Mhagaval sail-il que tel dharma fiitur naitra 
d’aboni, (|U(^ tel autre dharma naitra apres ? II connail I’ordre de 
naissance de tout ce qui nail jusqu’a la lin des temps. 

1. Premiere rejioiise Sa connaissance resulte d'urie iiidiietion 
(anumdna) ihvA} du passe et du present. - J1 voit le passe": 
« De telle sorle d’acte nail tel fruit <le retribution ; ile tel dharma 
procede tel dharma » ; il voit le present : « N'oici telh* sorle d’acle : 
de cet aete, tel fruit de retribution naitra dans le futur ; voici tel 
dharma ce dharma procedera UA dharma — Ct‘pendant la 
connaissance de Bhaj^avat est ce qu’on nomine pramdhijhdna 
(vii. 37), et non [las connaissance irinduction. Au moyen de rinduc- 
tion tiree du passe et du present, Bliaf^avat voit iinmediatenient les 


1. Vibliilsa, 11, tbuix opinions. Vnsiihiindiiu <*xposo la sccoinb.*. 

L(*.s dharmas sinuillanos, no preseiilaiit ni anlmonitS ni posloriorilr, ini 
pniivent Olre on <nix samananiarapratyaifa, 

Jl. Les? preinici’s niailres do Vibliasa, 11, 2. ~ atltasampratanumCinat. - 
lliuaii-Lsung ; « 11 iiidiiil du passo «*t du prasaiit, iiiuis voit d’nne iiiaiiiara iniiiia- 
diutt^ 

4. uUtaifi kiladhvAnam paApati ... VibbasH, ibid, cl 17t), 3. 



304 


CHAPITRE II, 62 a-b. 


dharmas qiii resident, p6le-mele, dans le futur, el il produit c^^tte 
eonnaissance [3 a] : « Cot hoinme, ayant accompli tel acle, recevru 
certainemenl telle future retribution » 

A voiis en croire, si Blnigavat iie considere pas le passe, il ne 
connait pas le futur. Done il ii’est pas omniscient (sarvtwid). 

2. I)*apres d’autres maitres \ il y a dans la serie des etres certain 
dharma qui est Tindice (cilinu ^ linga) des fruits ((ui naUront dans 
Favenir, a savoir certain samskdra dissocie de la pensee. Bliagavat 
le conlempb* ‘ et il connait les fruits fnturs, sans (pi’il doive pour 
cela pratiquer les dhydnas et les abhijuds (vii. 42 : cyutyupapd- 
ilajiHlna). 

l^e Sautrantika. — S'll en etait ainsi, Bhagaval: serait un interprete 
de pronostiques ^ ; il ne serait pas un ‘ voyant ' (saksatJedriH, sdk- 
mddarsin). 

3. Par conse(|uent Bliagavat connait a sun gre et iinmediatement 

1., lliium-tsaiig : Hliagaval voii tie tel aclt* passe, nail tel JViiil: ile tel 

dharma nail inunedialtMucul h-l dharma ; que, de ltd aide pnVsent, nail ltd 
fniil : de ltd dharma nail iimaetlialetneiil ltd dharma. Ayani vu ainsi, il osl 
eapjihle de savoir, a Tegard des dharmaa ft>nfiis de Taveiiir : ltd dharma iiaitra 
iinmedialenient a pres tel dharma. (Jiioitju'il connaisse de cello inaiiiere, ce n*esl 
pas la fonnuissaiife d’iiidutdion, car Bliagavat, iiiduisaiil d'apros Tordre de iiais- 
saiico des causes ol tdTfds passes et juvseiits, coniiail ensiiite d'lmo vue iinmediale 
les dharmas conl'iis tie ravonir el dil : Dans raveiiir, led elrt? acooiiipiira lelle 
action, recovra Itdle ivlrilmlion ». C’est la pranUlhijuana, non pas amimd* 
najidina. 

Deuxieine opinion de la Vilihrisa, 170, i; Iroisieino opinion oxpos^e dans 
Nyayavalara, lOd a i20. 

Paraiiiartlia (iR) b \'i) dilTere : il y a, dans la serie des elres, iiii certain dhar- 
ma coiiditionne assucio a la pensee tpii est riiidice dii IVnil a vonir >>. 

Nyriyavatara : « il y a uctiieilemeiii, dans les otn^s, un iiidice des causes et fruits 
fulurs, seinblable a nn signe pronostitpio (intj sinatj, chaya-nimiltu)^ oii bien un 
rupa, oil bien im samskdra dissocie de la peiiset* 

‘ indice rtufjs, cihna -- Uhya ; J'arumartbn el Nyayavaturu : sien siantf --■ 
imrimlaksana ; Hineii-tsang : sien tchao, presage. 

F^litenr japoiiais : an nioycn dii lokadhdtusamrrtijndna (vii. 3). 

4. mfshau-mkhan. Sarad Candra siiggere <(/ana/i:a (= rtsis mkhan) ; p\\xiC>i 

naimitUka (lias mkhan) MVyiit. 180, 123, naimitUikat Divya. Hinaii-tsang: 
S'il en etait ainsi, le Bonddlia connuitruit le futur eii raison des indices (tchdii- 
siang ) ... * 



Hiuan-tsang, vii, fol. 2 b-3 b. 


305 


tou^e chose, non par induction, non par divination. C’esl Tavis des 
Saiiti-antikas, justifie par cetle parole de Bliagavat (Ekottara, 18, i« ; 
comp. l)Tgha, i. 31) : « Les qualites des Bouddlias, le dmnaine des 
Bouddhas, sont inconipreliensibles ». 

B. Si le futiir ne prescmte pas anteriorile el posteriorilts coininent 
peut-on dire : « IininediuttMiient apres les laukika agradharmas 
nait seulement la duhkhe dharmajfuinakmnU et non pas iin autre 
dharma » (vi. 27) et ainsi de suite jus(jue : « Imniediatornent apres 
le vajropamasamddlii nait le ksayajhtina (vi. c) » ? 

Les Vaibhasikas (Vibhasa, 11, 2 ) repondent : Si la iiaissance de ce 
dharma-c\ est liee a ce dhannaAh., iminediateineiit apres celui-la, 
celui-ci nait [3 b], De nieme (pie le bourgeon nait apn\s la seinence 
sans que le samanantarapmtyaya intcrvienne. 

iii. Poiirquoi la dernitjre ja^nsee ot les derniers inentaux de TArhat 
ne sont-ils pas mmanautarapratyaya (Vibhasa. 10, le)? 

PaiTo (pi'aiienne pensee et aucun mental ne luiissent apres oux. 

Mais voiis nous avez appris (i. 17) qu'on enlend par manas la 
j)ens(3e (ciila, vijndna) qui vient de disparaitre et qui sort de point 
d’appui a lapeiisi^se snivanle. Piiiscpi’aucnne pens(:*c ne suit la dcrniere 
pensee de TArhat, cette derniere pensee ne doit recevoir ni le nom 
de manab\ ni le noni de mmananiarapratyaya ; et vous la (lonsi- 
derez cependant (minme etant manas. 

Le cas n’cst pas le in6me. Ce (pii constitne le maruu^^ ce n’est pas 
Tactivite (kdritra), le fait do supporter la pensik^ subsequenbN c/est 
la qualit(i d’etre im ])oiul d’apjmi (dsraya) pour cetle pensee ; que 
celle-ci naisse 011 ne naisse pas, pen imporle. La dta*niere ])ensee de 
VArhat est ‘ point irappui ’ : si une pensee subsequente, qui serait 
supportee par ce point crappui, ne nait pas, c’esL par defaiii des autres 
causes niicessaires a sa naissance. Au contraire, ce <pii constitue le 
samanantarapratyayUj c’esl I’activite. Une fois que ce imttyaya a 
pris on projete un fruit, rien au monde ne pent einpecher ce fruit de 
naitre. Done la derniere pensee de TArhat est justenient nominee 
manas, et n’est pas samaiiantaraprayaya. 

iv. JJn dharma qui est ciltasamanantaray e'est-a-dire qui a po ii- 

20 



306 


CHAPITBE II, 62. 


‘ ant^CLHlent <igal et iinniediat ’ (smnanantarapratyaya) une cerltyne 
peiis^e, esl-il cittanirantara, c'est-a-dire, siiit-il iminedialeinent cetle 
penst^e ? ‘ 

Quatre alternatives. 

1. La pensee et les inenlaux de sortie (vyitUhdna) des deux recueil- 
leinents exempts de pensee (ii. 41), et tons les nioments de ces deux 
reoueilleinents a Texception du premier, onl pour samanankirapra- 
tyaya la pens^e-d’entree en recueillemenl, et ne suiveiit pas iimn^- 
diateinent celte pensee. (ii. 64 b) 

2. Les caracteres (htksanas, ii. 45 e) (1) du premier inoinenl des 
deux recueilleineiits, (2) de toule pensee el de lout menial de Telat 
conscient (mcillakCimsthd)^ suivont immediatement une pensee, niais 
n’cnt pas de smnananfampmtyaya. 

3. Le premier moment des deux recueillements, toule pensee et 
tout mental de Tetat conscient, out pour smnanantarapratyaya la 
pensee (prils suivent immediatement. 

4. Les caracteres (1) de tons les moments des deux recueillements 
a rexception du premier, (2) de la pensee el des mentaux de sortie 
des deux recueillements, n'ont pas de samanantarapratyaya, car ils 
sont des (Ihannas dissocies de la pensee (viprayukta, ii. 35) : el ne 
suivent immediatement aucime pensee. 

Qu*est-ce qui esl dlamhanapralyaya, condition en qualile d’objet ? 

62 c. Tons les dharmas sont lUamhanay ubjet de la connais- 
sance ^ 

Tons les dharmas, aussi bien les conditionnes (samskrta) i\Me les 
incondilionnes (asamskrtaj, sont ‘ condition en cpialile d'objet ’ des 
pensees et mentaux (citfacailtas), mais non pas indislinclement. Par 
exemple, la connaissanco visuelle (caksnrvijndna) el les mentaux, 
sensation, etc., qui lui son! associes, out pour objet tous les visibles ; 
la connaissauce auditive, les sons ; la connaissance de Todorat, les 


1 . D’apr^s Vihhfisfi, 11 , 7 ; comparer Prakaraiiu, 74 h 1 (>. 
± [dharma alambanaip 8arve\ 



Hiuan-tsangt vii, fol. 3 b-4 b. 


307 


odours [4 bj ; la coimaissance du tact, les tangibles. La eonnaissance 
mentale (manonijnCma) et les rnentaux qui lui soul associes ont 
pour objel lous les dharmas. [Eii ee qui conctM’ue le manas, la kflri- 
ka 62 c. s*enl(Mid done a la leltrej. 

IjOrsqu’un dhurma est Tobjet d’line pensee, il ne pent pas se faire 
qiie ce dharma, a un moment quelconque, ne soil pas objet de cette 
pens6e. C'esl-a-dire : nif^nie quand un visible n'est pas pvis comme 
objel (dlamhi/ale) par la eonnaissance visuelle, il est objet, car, 
qu’il soit pris ou ne soil pas pris eonmie objet, sa nature reste la 
ineme. De nierue qiie le combustible (indhana) est combustible, 
meme quand il n’esl pas on combiislion. 

A considerer le probleme dii point de vue de la pensee qui prend 
un dharma comme objet, on elablit une triple dtHermination. La 
pensee esl determine (1) quant a Vdyatana : par exemple, une con- 
naissance visuelle porte seulement sur le visible (rupa^di/atana) ; 
(2) quant an dravya, quant a la chose : une certaine eonnaissance 
visuelle, la eonnaissance de bleu, de rouge, etc., porte sur le bleu, le 
rouge, etc. (voir i. 10) ; (3) quant an moment (ksana) : une certaine 
eonnaissance visjiolle porte sur un certain moment de bleu. 

La peiistk^ est-elle detcrmince de la inline maniere en ce qui regarde 
son point d’appui, dsraya, e’est-a-dire Torgane, organe de la vue, 
etc. ? — La reponse est affirmative *. Toulefois, presente, la pensee 
est liee a son point d'appui ; passee el future, elle en est separee. 
D'apres d’aulres, presente et passee, elle est liee a son point d’appui ^ 

Qu’est-ce qui est adhipcitipratiiaya, condition en qualite de sou- 
verain ? 

02 d. La cause nomrnee kdrana esl dite adhipaU, souverain \ 

LVf<?/r/paf/i>ra///a?/u/a, la classe de condition nomrnee souveraine, 
e’est le kdraHahetu, la cause nominee ‘ raison d’etre * (ii. 50 a), car 

1. om ity aha, — Vibhasfi, 197, 2. 

2. Lta deux premieres opinions de Vibhus& 12, 5 . — Troisieme opinion : pr^- 
sente, passee, future, la pensee est li^e k son point d*appiii. 

3. Ce pfida est difficile a restiluer : byed rgyu Sfhes hyar bdag par b^ad =: 
patih%aranam negate. 



308 


CHAPiTHE n, 62 d-64 a. 


le kdranahelii est la * condition souveraine ' (adhipaHpratyayii), 

Ce noni est justifie a deux points de vue. — La condition .souve- 
raine, oil causalitc^ souveraine^ e.st celle qui appartiont au plus grand 
iioinbre de dharmas et qui .s’exercc sur le plus grand nonibre de 
dharmas (adhikah pratyayah, adhikasya va pratyayaJi), 

1. Tons le.s dharmas sont ‘ condition en qualite d’objet ’ de la 
connaissance inontale. Toulefois les dharmas eoexistant (sahabhuj 
a line certaine pcnsee ne sont pas Tobjet de cette pensee, landis 
quails en sont le kdranahetu. Done les dharmas, sans exception, 
son! ‘ condition .souveraine * tin taut que kCiranahelu, non pas en 
tant que ‘ condition en qualite d’objet ’* 

2. Tout dharma a pour kCtranahehi tons les dharmas^ a I’excep- 
tion de soi-inenie. 

Aucun dharma n’est, a (fiielque titre que ce soil, condition do soi- 
in6nie. Le dharma condilioniie (samskrta) n*esl pas condition du 
dharma inconditionne, et reeiproqiiemenl. 

Dans quel etat (avaslhd), etui |)resent, passe, futur, se trouvent 
los dharmas a Tegai'd desijuels les tliverses conditions exercenl 
leur activite ? 

Flxaininons «rabord le hetuprafyaya, la condition en qualite de 
cause, e’est-a-dire cinq causes, a rexclusion du kdranahetu, 

63 a-b. Deux causes exercenl lour activite a Tegard d’un dharma 
p6rissant 

Par ‘ perissant il faut entendre ‘ present I^e dharma pre.senl 
est nonune ‘ perissant *, ‘ eii train de perir *. parce que, etant ne, il 
est toiiriie (abhimukha) vers .sa destruction. 

Le sahabhuhetu (ii. 50 b) et le samprayuktnkahetu (53 c) operent 
leur operation (kdritram karoti) a Tegard du dharma present, parce 
quails operent leur op^rnlion a IV-gard d*uu dharma qui nait en 
meme temps qu’eux ^ 

1 . nirudhyumane karitrani dvuu hetii ktirutas, 

D’apres Vibh&sEl, 3tt, 7. 

2. Hiuun-Uang ; « parce qu’ils font qu'ini fruit 116 en m6me temps qu*eux pos- 
s^de operation ». 



309 


Hiiian-tsang, vii, fol. 4 b-5 b. 

63 b-c. Trois, a Tegard (Viin dkarma naissant *. 

Uii dkarma naissant, cVst-a-din' an dharma fiitnv, parce qui^ h 
dkarma fiiliir, ircHant pas ne, est tonmo vers la iiaissanco. [5 b] 

irois causes en (|uestioii soul le sahJidgahetu (ii. 52 a), le 
mrvatragahehi (54 a), le vipdkahetn (54 c). 

Ell CO qui coiicerne les autres coiulilions ; 

63 c-d. Deux aulres conditions, dans Tordre inverse ^ 

Dans la listo des condilions vienl d'abord le mmanantaraprafyaiia. 
condition en qualite d’antecedent : il exerce son aclivite conimo font 
les trois causes, a savoir a rendroit d’un dharma naissant, car les 
pcnsee-et-inentaux d’un moment donne cedent lour place (avakdm- 
ddna) aux pens6c-et-mentaux qui naissent. 

Dans la lisle vierii ensuite V dlambanapratyaya, condition en 
(jualile d’objet : il exerce son aclivite conime font les deux causes, 
il savoir ii Tegard d’un dharma perissant : ce dharma perisvsant, 
c est pensee-et-niental, e’est les * sujets de la cunnaissance ’ (dlam- 
baka)f lescjiiels, iierissant, c’est-ii-dire presenis, saisissent im objel 
present. 

Quant a. Vadhipatipratyaya, condition en qiuilile do souverain, 
son aclivite (kdritra) consiste uniquement ii ne pas faire obstacle 
(aHdinranahhdvma .... avasihdna): il ne fail obstacle ni au dharma 
present, ni an dharma passe, ni au dharma futur. 

En raison de combien de conditions naissent les diverses sortes 
de dharmas P 

64 a. La pensee et les rnentaux naissent en raison des quatre 
conditions \ 

1. hetupralyaya, les cinq causvs ; ^amanantarapratyaya, la 
pensee el les rnentaux anlerieiirs, qui sent nes, non separes par 

1. trayah I jayamane* 

2. tato *Hyau tu pratyayau tadviparyaydt // 

3. ^aturbhU ciilanaiitd hu — Comparer Abhidharmahrdaya, ii. 17. 



310 


CHAPITBE U, 64. 


d’autre.s pen.sees, d’aiitres mentaux ; 3. Hlambanapratyaya, les qnq 
objets dont le visible (rSpa) est le premier, on, dans le cas dc la 
coiinaissance inentale, tons les dharmas;4:. iidhipatipratyaya, tons 
les dh<nrmas, en exceptant la pens^e el les mentaux dont la nnissance 
est envisagjfe. 

64 b. Les deux recueilleinents, en raison de trois 

II faut excepter Xalamhanayratyaya, parce que le recueillement 
d’inconscience (ii. 42) et le recueillement de cessation (ii. 43) ne 
saisissent pas, ne connaissent pas un objet. On a : 1. hetiipnUyaya, 
deux causes, le scdmhhvkelii (les laksanas, naissance, etc. (ii. 45 c) 
du recueillement), le sabhdgahviu (les dhaniutAi bons antericurs, 
deja nfe, nppartenant a Velage du recueillement, c'est-a-dire an 
quatricme dhydnn on au bhnvdgra suivant le cas) ; 2. samananln- 
rapratyaya, la pensee d’entree en recueillement et les mentaux qui 
sont associfts a cetle pcn.s6e; la pensee d’entree n’est separee par 
aucune pensee de tous les moments du recueillement : 3. adkipaH- 
pratyaya, comme ci-dessus. 

Cos deux recueilleinents naissent d’un travail, d une inflexion de 
la pensee (cittabhisamukdraja, citldbhogaja) : ils ont done une 
pensee comme snmanantarapratyaya. Ils emp^chenl la production 
de la pensTO (cittotpaiUpratibandha) : done ils ne sont pas muia- 
nantarapratyaya de la pensee de sortie du recueillement, bien qu’ils 
lui soient immediatement contigus (nirantara ; voir p. 306). 

64 c. Les autres dharmas, en raison de deux 

Les autres dharmas, a savoir les autres satyskdms dissocies de 
la pensee {cittamprayuMa) et les dharmas nmteriels (rupa) 
naissent en raison du hetupratyaya et de Yadhipatipratyaya 
(Vibha§a, 136, 5). 

Tous les dharmas qui prennenl naissance naissent en raison des 
cinq helm et des ijuatre pratyayas que nous venons d’expliquer. Le 

1. samdpatlidvayam trihhik / 

2. dvdbhyam anye tu j&yante 



Hitian-tsang, vii, fol. 5 b-7 a. 


311 


monde ne procede pas d’una cause unique, qu on l appelle Dieu, 
Puru§a, Pradliana on de tout autre iioin *. 

Comment etablissez-vous cette these ? 

Si vous peiisez que les theses sont etablies par des arginnenls [6 b], 
vous trahissez voire doctrine que le monde nait d\ine cause unique. 

64 d. Non pas de Dieu ou de toule autre Cause, puisqu’il y a 
succession, etc. ^ 

Que les cboses soient prodiiites par une cause unique, par Dieu, 
Mahadeva on Vasudeva, e’est inadmissible pour pliisieurs raisons. 

1. Si les choses elaient prodiiites pm* une cause unique, elles 
naitraienl toutes en ineme temps : or chacun sait quVlles naissenl 
successivenient. 

liC Tlu^iste. — Elies naissent successivement en vertu des desirs 
de Dieu ; « Que ceci naisse niaintenant! Que ceci perisse maintenanl! 
Que ceci naisse et perisse plus tard ! » 

S'il en esl ainsi, les choses nc naissent pas d'une cause unique, 
puis((ue les desirs sont multiples. D’ailleurs ces desirs multiples 
devront ^tre simultanes, puisque Dieu, cause des desirs, n’est pas 
multiple, et les choses naitront toutes en nieine temps. 

a. Le Theisle. — Les desirs de Dieu ne sont pas simultanes, parce 
que Dieu, pour produire ses desirs, tient compte d’autres causes. 

S’il en cst ainsi, Dieu n’est pas la cause unique de toule chose. 
Et les causes dont Dieu tient conipte se produisent successivement : 
elles dependent done de causes qui elles-inemes dependent d’aulres 
causes. liegressu^ ad infinitum. 

Le Theiste. — Admettons que la serie des causes n’a pas com- 
mence. | 7 a j 

Ce serait adrnettre que le satnsdm n’a pas d’origine. Vous aban- 
donnez la doctrine de la cause unique pour vous rallier a la theorie 

1. Vyakhya : I^varu. Piinisa, Pradhftna, teiiiiKS (k^ila), nature propre (sva^ 
bhdva)t atonies, etc. 

2. neSvarddeh krantddibhih If Comparer Bodhicaryavatfira, ix. 119 ; Saddar- 
sanai^nigraha, p. 11 ; la lettre amicale (JPTS. 1886), 50, etc. 



312 GHAPiTBE n, 64 d-65 a. 

bouddhique (mkyapiitrlya) des causes (lietus) et des conditipns 
(pratyayas). 

1). Le Theiste. — Les desirs dc Dieii sont simultanes, mais les 
choses ne naisscnt pas en nieiiie temps parce qii’elles naissciit coiiime 
Dieu vewi qu’elles naissent, c’est-a-dire siiccessiveinent. 

liiadmissible. Les desirs de Dieu reslent ce qu’ils sont (tesdni 
pa&cCid avisesdt). Expliquons-nous. Siipposons qiie Dieu desire : 

« Que ceci naisse mainteuaiit ! Qiie c(?la naisse plus tard ! » Nous 
ne voyons pas pourquoi Ic second desir, d’abord non eflicace, sera 
plus tard efficace ; pourquoi, plus tard efficaco, il ne le sera pas 
d’abord. 

2. Quel avantage obtient Dieu de ce grand effort par leqiiel il 
produit le rnonde ? 

Le Theiste. — Dieu produit le monde pour sa propre satisfaction 
(priti). 

Il n’est done pas Dieu, Souverain (ihmxi), en ce qui concerne 
sa propre satisfaction, puisqu’il ne pent pas la rt^lisor sans un inoyen 
(updya). N’elant pas Souverain par rapport a sa propre satisfaction, 
comment serait-il Souverain par rapport au monde ? — D’ailleiir.s, 
direz-vous que Dieu trouve satisfaction a voir les etres qu’il a crees 
en proie a toutes les soufTrances dc rexislence, y coinpris les tortures 
des eufers ? Homniage a ce Dieu ! Elio est bien dite, en verito, la 
stance profane : « On rappelle Hudra parce qu'il bride, parce qu’il 
est aiguise, feroce, redoutablo, mangeur de chair, de sang et de 
moelle [7 b] * 

3. Le partisan de Dieu, cause unique dii moiule, nie les causes . 
visibles — causes et conditions — YeU\cRce(purHmkdm) de la grairie 
a regard de la pousse, etc. — Si, inodifiant sa position, il admet 
Texistence de ces causes, et pretend que ces causes servent a Dieu 
d’auxiliaires (sahakdrin) : e’est la une pieiise affirmation (Makti- 

1. Sloka de Vyftsa dans le Satarudriya (Vyttkhyft). - Mahabharata, vii. 203, 
140, xiii. 161, 7 ; yan nirdahati yat tiksno yad ugro yat pratCipavdn / mfim- 
sasonitamajjado yat tato rudra ncyaie, — Burnouf, Introduction, p. 508, a 
signals cette citation. 



IIman4sangy vii, fol. 7 a-8 a. 


313 


*vd 4 ^a) sans plus, car nous nc conslatoiis pas raclivile (vydpdra) 
d’uiie Cause a cole tie ractivite des causes dites secondos. D'ailleurs, 
Dieu nc sera pas Souverain a I’egard des causes auxiliaires, puisque 
celles-ci concourent ala production de reflet par leur propre efficace. 
_ Peut-^tre, pour evitor la negation des causes, qui sonl visibles, 
pour eviter raflirmation d’une action actuelle de Uieu, la(iuolle action 
ii'est pas visible, Ic theiste dira que ranivre de Dieu est la crealioii 
(ddisarga) : im\» la creation, dependant unicpieineiit de Dieu, n'aura. 
jamais eu de commencornent, coninu? Dieu nienie (anaditvapni- 
sanga). Conseejuence que le llieiste rejette. 

Nous refuterons la doctrine du Puriisa, du PradliAna, etc., conune 
nous avons refute la doclrine theiste, midafis mfdandLs. Done, aiiciin 
dharma ne nait trune cause unique. 

Ilelas, les hoinmes ne sonl pas eclaires ’ ! Conune les oiseoux et 
les brutes, vrainient digues dc pitie, its voiit d’exi.stencc en existence, 
acconiplissant des actions diverses; ils gonlent le fruit de cos actions ' 
et croient faiisseinent que Dieu esi la cause do ce fruit. - ^ Pour lueltrc 
un terine a cette faussc conception [8 a], nous devons explitpier la 
verite. 

Nous avons vn (ii. 64 c) (jue les dhannas lualtuiels naisseut en 
raison de deux conditions, hehiprafyaya, adhipcdiimdyaya. II faut 
preciser et voir coinincnt les grands elements, hhida^, mahiddndas, 
et les dliarmas de inatiere derivoe (npCidCiynrnpa) ou bhauUkas, 
sont lieiiipralyaya, * contlilion en qualite de cause soil entre eux, 
soil les iins des aiilres. 

65 a. Les hhutas sont cause des blmtaff de deux uianieres S 

Les qiiatre hhfdas, terre elcinentaire (prfhirldhdtHj, e.lc., sont 
causes des quatre bhfdas eii qualite do caust' .somhlnhle, acibhdgahetif, 
et de cause coexistante, mhabhuhetu, 

1. ahriahuddhayah = paranidrUiaMstrair ammskriabnddhayah. 

2. vipaka ei pnrusakdraphala. 

3. Addition de Iliuan-tsang. 

4. itvidhd bhatdni taddhetutu — Siir les hhuiaSy i. 12, ii. 22. 



314 


CHAPITBE 11, 65 b-66. 


65 b. el des bkautikas, de cinq rnanieies 

Les quatre bhtlhts sont causes des bhaulikm — coiilenr. snvfiur 
Pic, __ (le ciiuj inaiiieres. eii qualite de janana, Hisraya, jmifMhd 
upaslambha, updmnhannheiH \ 

Jamnahdtt, cause generatrice, pnrce que les hhautikas nt 
d’eux, coninie I’etifant de ses parents 
Nisrayahdu, cause-de-tulele, parce que les bhmitikas, uno ftjis 
nos, siibissent Icur inllnence (anmidha), cumiiie le inoine est sons 
In hilele de I'Acarya ct de I'l/padhyaya. 

PratidhaUdu, cause-de-support, j>arce (|ue les bhanUkas sont 
siipporl^s (lidharn) par eux, comme un tableau est supporte par un 
mur 

Upastnmhhalidn, caiise-de-mainlien, parce que les bhiitas sont la 
cause de la uon-internqjtioii des bhautikas. 

Upnbriiihanahdu, cnuse-de-croissance. parce que les bhaios sont 
cause du d^veloppenicnt des bhautikas |8 b|. 

C'esl dire que les bhiitas soul, a IVgard des bhauUknSfjunmahdu, 
cause de naissancc, vikdrahdu, cause de transfoririation, ddhdrn- 
hetu, cause de support, sthitihdu, cause de duree, vrddhihelu, cause 
de developpement. 

65 c. Les bhaulika^s sont cause des hhautikcw do trois nianieros \ 

En qualile (le sahahhu, do mbhdga et de vipdkahetu. Nous iie 
inentionnons pas le kdrmmhetiiy car lout dharma est kdranahetii 
de tout dharma, 

1. Sont sahabhtihef u les actes du corps et do la voix de la caiegorie 
decrite ii. 51 a (deux disciplines), lesquels sont bhautika, 

1. [hhnttiikdnd tft tti paticndha \ i 

2. Hiuan-lsnng ajoule qii#» cpfj cinq causes soiil des varictcs du kdranahetu. 
Voir VyakhyS, i. II, oii est expliqiie le rapport de causaliU* eiitre les bhiitas 

qui font parlie de la personne (diraya) el eette sorte de bhautika qu'est 
yavijhapU, 

3. Ces delinitions d*apro.s Vibhfisd, 127, 6. — Samgliabhadra, 110 a, presenle 
d'autres explications, doiiiio d’aiitrcs examples. 

4. Voir ci-dessus ad 59 d. le pratisthdphala, 

5. [tridhd bhautikam anyonyam]. 



315 


Hiuan-taang, vii, fol. 8 a-9 a. 

• 2. Sont sabhdgaMu tous les bhatUikas qui sent nfe, a Tigard 

ihs bliautikas scinblables (sabkdga). 

3. wSont vipakahetu les actes du corps et de la voix ; TcBil est pro- 
(luil par la retribulion de I’acte, etc. 

66 d. et cause des bhutas, d’une mariicre *. 

Les actes du corps et de la voix produisent les bhutas coinme fruit 
de retribution ; ils sont done vipdkahelu. 

Nous avons vu cpie la pensee et los nientaux antecedents sont le 
samanantarapratifaija, la condition en (pialitd d’antecedent egal 
ot iminediat, de la pensee et des mentaiix snbserpients. Mais nous 
n’avons pas expliq\ie coinbien d'especes de. pensee pouvent nailre 
irnmediatement apres cliaque espece de pensee. 

Pour detinir la regie, il faut d'abord (Mablir le classemenl des 
pensees. 

Tout d’abord, on distingue douze categories. 

66. Pensde bonne, niauvaise, .souillee-non-'definie, non-sonillee« 
non-definie, de Kainadhatu. Pensee bonne, souilUM?-non-definic, non- 
souillee-non-definie, de Ropadhatii et d’Arripyadhfltn. Deux pensees 
pares ^ 

Ouatre especes de pensee appartienneiit au Kftniadhatu : kuiala, 
nkmala, nivrtdvijnkrla, anivrtdinjdkrtn. 

Trois especes, en ce qui regarde les deux spheres superieures, en 
exceptant Yakusala, 

1. [bhutandw] ekadhaiva iat // 

, 2. kti§alakuMlam kame nivrtdnivrtam manah I 
rupdriip^esv akusaldd anyntra \ dm arfdsravoj li 

La doctrine des douze pensees est exposeo dans Vi jMnakfiya, vi (fol. 54 h) el 
dan.s Touvrage de Dharmairfita, Nanjio, 1287, fol. 05 b rl .snivaiil.s, x. 20-ai : 

« Dan.s ledCAmadhillii, tjuatre ; dan.s le Rupadliflhi ol rAiTipyadiidln, rhaciin Iroi.s, 
aiissi saikm ed aSaiksa* On va dire leiir ordre de imi ssauco. Dans Je KSinadhaiu, 
le kuAala engendre iicuf et il e.sl produit par huit ... ». Suit (karikfts ^1546) la 
(locirinc. des vingt pensees (Koj^a, ii. 71 b-72) cpii «*oniporle I’exposc, eii kfirikas, 
des regies de la succession des pensees. Vasuhandhu se coidenlo la-dessiis. comnie 
on veiTa, de donner un bkdsya ; mais Yasomitru, .sous le nom de saniyrahaslo- 
kfis, fournit une redaction versifi6e qui nous conserve peut-etre un fragment du 
texte A-iginal de Dharmatrata. 



316 


CHAPITRE II, 66 d-68 c. 


Deux pensees pures, celle dii Saik§a et celhi de TArJiat ou Asaijf^a. 

Cos douze pensees ne naissent pas iiidiff^remment a la suite los 
vines des autres : 

67-68 b. A considerer d'abord les pensees du doinaine du Kania- 
dhatu, npres Ic knkila peuvent naitre nenf pensees ; le kusala peut 
naitre apres liiiit pensees. V'akuHala pent naitre apies dix pensees ; 
quatre pensees peuvent naitre apres Vahimla. De meme pour le^ 
nivHdvydkrUu Vanivrlnvyakrta pent naitre a|)re.s rinq pensees : 
sepl pensees peuvent naitre apres [9 b] 

1. Iininedialeinent apres vine ponsec bonne (htikilci, kihha) du 
domnine du Kainadbalu peuvent naitre nenf pensees, a savoir : (14) 
les quatre pensees de Kninadhatu; (5-6) deux pensees de Ropadliatn : 
kiikila, lorsqnc raseele entreen re(MieilIenienl,ii/rrfaa//«fct‘fa,lorsqne 
I'hoinine niourant dans le Kamadhritu avec une pensee bonne passe 
dans Vexistence inlernuHliaire de Ropadlilltu (iii. 38) ; (7) une pensee 
d’Arfipyadhatn, nhrhinfdkrta, lorsipi’nii niourant du Kfimadhtslu 
renail dans rArri|iya(lhatu; noii pas AmVi/ri, ear, rArfipyadlifttu etant 
eloigno du Kninadbatu par quatre eloignenienls % on ne peut passer 
directeinenl du Kainadhfitu dans un reciieillement d’AiTipyadhalu ; 

1. [kdiiKf ^nhhnciUdyi tfnva cittdnif asiabhyn evn tat i 
asubham dambhifas] tasmde catrdrt \mvrtafn Uifhd Ij 
pamabhyo 'nh:yUmi anpta cittdui indauanfaratnl / 

Coinpanjr KalliilvatUui, xiv. 1, ou If* 1’liera vtt'lin nmiiiUf^iit, rout re le MaliA- 
sfiipghikn, que le bon ne .suit pas le inaiivnls. ele. 

2. Les quatre fMoigiienifuils sunt. IViA’ftrCT, Vdlamhaua, la pratipak- 

saihirnfd : 

a. Les personnes (d^raya) de rArOpyadlifllu lu? peuvent se ‘ reiulre present * 
(sammukhikar), s’assimiler, aueiin dkarnia de KAniadtiAtu, tandis quo les ctn s 
flu RnpadliStu se rendeiil presente, s'assiiiiileiil line pensf^o de ereation (nirwd- 
nacitta) <te Kanjudhafu (ii. iVl b). 

b. La pensee du dumuiiie de i'AiTq^yaflliafii n’appliquii pas an Kaniailbatu b*> 
eaUigories (dk&ra) de * grussier etc. (vi. iO) coinnio fait la pensee dii domnine 
du Rnpadhfltii. 

c. De meme, ellc ne prend pas le Kftjiiadhatu comme objel (dlambana). 

d. De mOnie elle ne .s*o}>pose pas aiix passions de KftmadhCltii comme font les 
dhydnus. 

Sur quatre autres idoignemenis, v. 62. 



Hiuan-tmng, vii, fol. 9 a-10 a. 


317 


^■JJ) les deux penstSes pures, de l^aiksa ou d’Asaik§a, a rontnn? dans 
^ compr^hension-des-verites (saiyuhliisamaya) (vi. 27). 

2. Le MMa — la pensiie boiine — pent nailie iininedialoniiinl 
apre-s hiiit pensees, a savoir: (14)les qiialre pensecs de Kmnadhaiii, 
(5-6) deux pensees de Rapadhatu, kukiht et nicrUirijakrlu, a la 
sorlie dii recneilleaiont. II arrive on cflet cpie rascete, iinporlnm* 
(utpklita) d’un rceueilleinent .souille (klisfa), sorle ile recneilloinenl ; 
a la suite de la pensee soniilee (klis^ — nwrtn) <(u’est ee reciioil- 
lenionl. il prodnit inie jtonsee bonne (kumla) d’lni etage inforieur, 
prevenaiit uinsi la eliule en se refugianl dans nn kiisaUi inlerienr 
(vili. 14) ; (7-8) deux pensees pures, de Saiksa on d’Asaiksa, a la 
sorlie de la conipreliension-des-v('*riles. 

3. Le hiksUi, c’esl-a-dire Vakusala el le iiin‘tdfifdkj t(( ~ la peiisee 
niauvaise ou souillee-non-delinie, -- pent naitre apres dix pensees, 

en exceptant les deux pensees pures, — car la peusee-de-rein- 
carnation dans le Ktlinadhalu (pralmimllilkdla) esl souilb^e (ii, 14, 
iii. 38) el pent suivre n’iinporte quelle pensee appnrienanl aux Irols 
spheres d'exislence. 

4. Ap re.s lo klisfa pouvoiil naitre qualn' penser.s, I<.\s qnaliv 
(le Kainailliatu. [10 a| 

5. U a}iwrt(lcij(lkrta pent naitre apres ciiui [lensees, a savoir les 
(pialre pensees de Kamadlullu, plus lo knkda de Hnpadhnln : car la 
pens(ie-de-creation (ninndnaciita) de Kriinadhrilii. c’est-a-dire ayaiit 
pour ulqei la creation d’uii obj(}l de Kamadhatu, sncced** ii une pensee 
bonne de Kfipadhatn. 

. C. Apres Y amvrldvydkrta [leuvtMit naitre sept pensees, a savoir : 
(14) les ([ualre penstles de Kamadhatu. (5 G) deux pensees de lifipa- 
dhaiu, kuiala, t^ar, apivs la pt^ns(*e-de-creation ^nsdibi, line bonne 
pensee de Rupadhalu reapparail, et nicrtCicyCik\ia, lorsqu'iiu bonnne, 
niourant avec vine pensee nivridvydlqia, renait dans le Rcipadhfilii 
dont lu premiere pensee est necessaireinent nivrUlcydkrla (iii. 38) ; 
(7) line pensee d’ArQpyadhatn, nivrtdvydkrUi, lorsipi'iin bonnne, 
mouvant avec une pensee nivrtdvydkrta, renait dans rArnpyadhatn, 

68*c-69 b. Quant aux pensees de Rupadhalu, apres le kumla. 



318 


CHAPiTBE n, 68 c-72. 


* 

onze ; le Maia apres neiif ; le nivtiuvydJ(rta apres huit ; apr^ le 
niviidvydkrta, six ; Vanivrldvydkrta apres trois ; six apres \'ani- 
wtdvyaUrta 

1. Imiu^-diateineat apres le ku^ala — la peiis6e bonne — de ROpa- 
dhatu peuvent naitrc onze pensees, en exceptant V anivrtdvydkrki 
de Rapadhalii. 

2. Le kuktla pent nuUre apres neuf pensees, en exceptant les deux 
pens(5es souill^es de Kaniadhatu (akuiala et nivtiavyakrla) el 
VuniiYldvydhia d’ A rfipyadliatii. 

3. Le Hiorldrydkrla pent naitre apres huit pensees, en exceptant 
les deux pensees souillees de Kainadhalii et les deux pensees pures. 

4. Apres le nicrldvydkrtu peuvent naitre six pensees, a savoir les 
trois pensees de Ropadhatu, le kiiSala, Vakiisala et le nwddvydkiia 
de Kanmdhatu. 

5. Vatiiviidvydkrta pent naitre apres les trois pensees de Ropa- 
dhalu. 

6. Ap rtts \\init'^fidt\ijdkrta peiivenl iiailre six pensees, a savoir : 
(1-3) les trois pensees de Rripadhalu, (4-5) les deux pensees souillees 
de Kainadhalu (akimda et nivridvydkrta), (6) la pensee sonillee 
d’Arupyadliatu (aivrtdvyukrki). [10 bj 

69 c-70 b. Quant aux pensees d’Arupyadhalu, pour YaniiTkivych 
krta coniine ci-dessns ; apres le kusala, neuf pensees ; le kumla 
apres six; apres le nivridvydkrla, sept; le nicrtdvydkria, apres 
sept ^ 

1. Vanivrliivydkrki d’Anlpyadhatu peut naitre apres les trois 
pensees de cette sphere. 

2. Apres Vanimidvydkrla d’ArOpyadhatu peuvent naitre six 
pensees, a savoir : (1-3) les trois pensees de cette sphere, (4-6) les 
pensees souillees de Kaniadhatu (deux) et de iiQpadhatu (une). 

I. [ekdda^a ^nbhad rape tad 7iacasamananturani If asiabhyo nicriam 
tasmdt mikam anivrlam traydt / iaiah satkum] 

± [iyatti nltir anipye pi ^ubhCm uava // ciitdni tat bhavet satkdn uiertat 
sapta tat tatha ' j 



Himn4sang, vii, fol. 10 a- 11 a. 319 

• 3^. Apres le kiiMa peuvent imitre nouf ponsees, on exceptant le 
Tiu&ala de Kainadhatii et l^iniofidvyakrta de Kaiiuulhatii et de 
RQpadhatu. 

4. Le ku&ala peut nailre apres six pensees, a savoir (1-3) les Irois 
pens^es d’Anlpyadhatu, (4) le kusala de Rfipadhaiii, (5-0) Ics deux 
pensees pures. 

5. Apres le nivrtdvydkrta peuvoiit nailre sept pcMisees, a savoir 
(1-3) les trois pensees d’ArQpyadhatu, (4) le knmla de Rilpadhalii, 
(5-0) les deux soiiilles de Kamadhatu, (/) le souille de Rfipadhatu. 

0. Le nmidvyukria peat naitre a la suite de sept peiistn^s, en 
exceptant les deux souilles de Kanuulhatu, le souille de Kiipadhatu 
et les deux pensees pures. 

70 c-71 a. Le kiiksa apres qualre, cinq a|>i es le kiikm : Vakiiksa 
apres ciiKj, qualre apres Xukitkm ^ 

Le iaikm — la pensee propre an saint (|iii n'est pas Ariiat pent 
naitre apres (iiiaire perisees, a savoir le saihsa el le knkila do chacune 
des Irois spheres. 

Apres le mikm peuvent nailre cinq pensees, a savoir les (pialre 
qui viennent d’etre nominees et Vamikm. 

Uaiaiksa peut nailre apres cinq pensees, le miksa, Wisaikm, le 
kmala de chacune des trois spheres. 

Apres Yasaiksa peuvent naitre qualre |)ensees, Wimiksa el le 
kusala de chacune des trois sphcu’es. 

G’est conforinenient a ces regies (|ue les douze sortes de pensee 
peuvent se succeder, [11 a] 

71 h-72. Les douze sortes de pensee eu font vingt, eii divisant 
la pensee bonne (kusalaj des trois spheres en deux, I’acquise et 
I'inuee ; en divisant la pensee uon-souillee-non-defiuie (auivHdvyd- 
krta) de Kamadhatu en quatre : de retribution, d’atlilude, de travail, 

1 . [iaiksatn caturbhya efasmdt pancdSaiksam paiimkdi /; tasmac 
catv^ini \ciitdm] 



320 


CHAPITRE II, 71 b-72. 


de creation, et la penste non-soiiillee-non-definie de RQpadhatu^en 
trois, Vanivrtavi/dkrkt de travail etant exceple *. 

1, Le kumla do chacime des truis spheres se divise eu deux 
categories, 1. ac*jnis par ellfort (fjdlaika, prdjiogika) ^ 2. acquis a la 
naissance (upupaUildhhikay npai}aUiprdlila — On a 

done six espeees de kumla c.orrespoiidant aux trois especes de la 
premiere lisle. 

L’ai//tv'Mi 7 yaA*r/a de Kauiadlialu se divise cn qualre categories : 
1. ne-deda-cause-de-relribiition (vipdkaja, ii. 57) ; 2. relatif aux 
iittiludes (airydpatliika), iiiarche, station, position assise, position 
courliee; 3. relatif aux arts (sailpasihdnikn) ^ ; 4. relatif aux creatanis 
maglques (uainuita, futirmunika) : la pensee par laquelle le posses- 
seur dll pouvoir surnalurel cree des visibles, etc., et qu^oii noiniiu e 
hu\[-d\ibliijrnl (ahhijudphala) (vii. 49) (ci-di^ssiis p. 265). 

Variivrtdvydkrta de Rnpadhalu se divLse en trois categories, car 
le mUpaMhdnika manque dans celte sphere. 

11 n’v a pa*^ laui de diviser Vanicrldvydhia d’Aifipyadlmtu, car il 
est exclnsivemenl iie-de-la-causo-de-rtHribulion. 

(.)n a done sept esjieces d\mivrldvydkfia eorrespondant a deux 
auivrtdvydkHas de la premiere lisle. En tenant coinpte des knsaUis, 
on obtieiit un total <le vin«:L 

1. \dvddnsa Uini vimAutih i 

dcidhd hhiitrd i)t’dyo(dkoi){quiliildbht^ ^nbham // ] 
ripdkajah'ifapaihikasailimiithdnihi^ / 

c.akinlhdcydkrlam kdhte jrupe saitpikuvarjthim // J 

± CVst^H-diiv 1. ^riilamapUj 2. ciniCimupHj it hhdvaudtnaya, pi'ociuit pur 
I’aiuliiioTi on par k lellexiun, par le rocueiilt'iiioiit. — Dans le Kaiuadhatu, 

1 «‘l 2; dans le Hnpadbatii, 1 el 3; duns rArnpyudliritii, 3, (‘oinnie on a vn ci-dr^!- 
siis p. 2 (k# ; eoriijiarer ji. .32tS. 

3. C*est Je ku^ala doid JV-Ire qiii renaU <kns k* Kama et le llupadhaln oMkid 
Ja possc's.sion (prdpti) tui moment de Torigine de V anUirdhhava (nntardOlHtra- 
pratisanuih'iksane ) ; an nioment de k imissaiice, (piand Telrc retioU dans 
rAnlpyadliutu. 

4. line lisle des ^ilpasthduakarmasihana (MahavyidpatH, 70, L) esl eitiH* 

dans le Divyuva<kliia, pp. 58, 100 ; lari de se tenir sur k tele de l'<^I^pliuiit, sur 
le dos dll chcvul, Turl de tirer Tare, etc. ^ 



Hiuan-tsangf vii, fol. 11 a-11 b. 


321 


• Trois anivrtdvydkrtaSy Yairyd2}aihika et les suivants, ont pour 
objet (dlmibana) le visible, Todeur, la savour et le tangible *, Le 
sailpasthdnikay en outre, a pour objet le son ^ 

Ces trois amvrldvydkrtas sont seulemeiil des connaissaiices 
mentales (manovijhdndni)[ii b]. Toutefois les cinq coiiiiaissances 
sensibles precedent et preparent (prdyogika) Yairydpafhika el le 
sailpadhdnika 

D’apres une autre opinion \ il y a ime eonnaissance mentale 
produito (abhinirhrta, titjjddUaJ par Vwirydpathika qui a pour 
objet les douze dyutanas, de Torgane de la vue (caksurdyatana) 
jusqu*au dharmdyatana. 

2. Ces vingt pensees naissent les unes apres les autres, en confor- 
mity avec les regies qui suivent : 

i. Kamadbatu : huit sortes de pensee du domaine du Kamadhaiu, 
a savoir deux ku^alas, deux klistas (akumla, nivrtdvydkrla), quatre 
univrldvydkrtas. 

1. prdyogika ku^ala, 

Suivi de dix : (1-7) sept de la niyme sphere, en exceptant Yabhijhd- 
phala (nirmdnacitta) ; (8) prdyogika de Rupadhatu ; (9-10) miksa 
et a&aiksa. 

Suit huit : (1-4) quatre de la niyme sphere, les deux kusalas et les 
deux klistas ; (5-6) le prdyogika et Y anivrtdvydkrta de Rupadhatu ; 
(7-8) saiksa et asaiksa. 

1. Les visibles, etc. (1) du lit el du corps, etc. (2) des iiistruinents (arc, Heche, 
etc.), (3) de la chose qu’on veul cr<^‘er. 

2. Car on apprend les arts en 6coulaut rinstruction. — Le vipUkaja ii'esl pas 
mentionn^ ici ; done il a pour objet les cinq bhautikas, visible, etc. 

3. En effet la pens6e relative & la marche, etc., a lieu apr^s qu’on a vu, seuii, 
etc. _ Hiuaii-tsang corrige le Bhasya : Qualre ou cinq connaissances sensibles 
sont preparatif d* airydpathika et de iailpasthdnika respect ivement ». Il faut 
cuinprendre qiie la connais.sancc auditive manque pour Yairyapalhika, 

VibhS^&t 126, 19 . ~ Le Bhadania Anantavarnian (Vyftkhyfi ad ii. 46 c-d), 
dans TExplicalion de la Vibhfisfi (Vibhasavyakhyfina), expose cette opinion d’apr^s 
laquelle on doit admetire des aHivrtd\:ydkfia8 non compris dans les quatre 
n^'^ydkrtas susdits, a savoir les anivrtdvydkrtas d^/inis vii. 51. 

5. ^liuan-tsang : « par Vairyapaihika et le iailpasthdnika ». 


21 



322 cHAPiTRE n, 71 b-72. 

2. upapattilabJiika kuAala. . 

Suivi de neuf : (1-7) sepl de la m6me sphere, en exceptant 
Yabhijnaphala ■; (8-9) aaivHCmjakrta de RQpadhatu et d’ArOpya- 
dhalu. 

Suit oiize : (1-7) sept do la infitne sphere, en exceptant VahhijUa- 
phala ; (8-9) prdyogika et aniorhivydkrta de Rapadhatu ; (10-11) 
iaiksa ct amikm. 

3-4. akumla et nivrtdvyakrla. 

Suivis de sept, de la infinie spliere, en exceptant Y abhijnaphala. 

Suivent quaturze : (1-7) sept do la lufiine sphere, en exceptant 
Y abhijiidphala ; (8-11) qualre de Ropadhatu, en exceptant Xapi'Ctyo- 
gika [12 aj et Yabhijndpliula ; (12-14) Irois d’Anlpyadhatn, en 
exceptant le prdyogika. 

5-6. vipdkuja et airydpatliika. 

Snivis de huit ; (1-6) six de la ineine sphere, en exceptant le 
prdyogika et Yabhijndphala ; (7-8) anitnidvydkrta de Ropadhatn 
et d’ArQpyadhatu. 

Suivent sept, de la nieine sphere, en exceptant Yabhijndphala. 

7. milpcaithdHika. 

Suivi de six, ile la tueine sphere, en exceptant le prdyogika ct 
Y abhijildphcUa. 

.Suit sept, de la nieme sphere, en exceptant Y abhijiidphala. 

8. abhijiidphala. 

Suivi de deux, abhijiidphala de la inCant* sphere el prdyogika de 
Rapadhatu. 

.Suit deux ; les nu^mes. 

ii. Rapadhatu : six suites de pensee du duinaine du Rapadhatu, 
a savoir deux kumlas, iin klista (nwHdvydkHa), trois anivrtdvyd- 
krlas. 

1. prayogika ku&ala. 

Suivi de douzc : (1-6) six de la inline sphere, (7-9) trois de 
Kamadhatu, prdyogikaku&ala, upapattildbhikakuMa, abhijiid- 
phala ; (10) jnrdyogika d’Arnpyadhatu ; (11-12) 6aiksa et aiaiksa. 

Suit dix ; (1-4) qualre de la memo sphere, en exceptant Yairydpa- 



Hmmxrimng, vii, fol. 11 b-13 n. 


3-23 


'thjka et le vipakaja fl2 b], (5-6) deux <le KAinn(lhA)u, prdyogika 
ct abhijMph-ala ; (7-8) deux d’Arnpyadhalu, /jroyoflfifta, nivt'tdvyd- 
kHa; (O-IO) saikm et asaiksa. 

2. upapaUiUibhika kumkt. 

Siiivi de huit : (1-5) cinq de la ni»>nie sphere, en exccplanl 
Vabhijnnphaln ; (6-7) deux de Kflmadhfitu, akvmln et uivtinvyd- 
krta' : (8) nivrlnvydkrta d’Arnpyadhatu. 

Suit cinq de la iiieine sjjhere, en exceptant Ynbhijhdjthnla. 

3. Hwrldvydkrtn. 

Siiivi de neuf : (1-5) cinq de In im'nie sphere, en exceptant 
yabhijiidphaki ; (6-9) qnalre de Kamadhalu, deux kmnlns, deux 
kUMas. 

Suit onze : (1-5) cinq «le la ineine sphere, en exceptant Vnbhijiid- 
p/irt/rt ; (6-8) trois de Kainadhatu, upnpnUildbhika, airydpnthika, 
vipfikaja-: (9-11) trois d’ArOpyadhaln, en exceptant ]e. prdyogika. 

4-5. vipakaja et airydpalhikn. 

Suivis de sept : (1-4) quatre de la nieine sphere, en exceptant le 
prdyogika el V abhijadphula , (5-6) deux de Knrnadhatu, nktimla et 
Hiinidvydkda : (7) nn <rArnpyadhalu, nivrldvydktia. 

Snivonl cinq, de la inenie sphere, en oxceplanl Yahhij ndphaJa. 

(5. obhijMpluikt. 

Snivi de deux, de la inenie sphere, prdyogika. et abhijudphala. 

Suit deux 1 13 a | ; les monies. 

iii. ArOpyadhatu : qnali'e snrti.'s de pensee dn doinainc de I'Arnpya- 
dhatn, a savoir deux ktimkis, nivrldvydkrla, vipakaja. 

. i. prdyogika ktdala. 

Suivi de .sept : (1-4) quatre de la ni^ine sphere ; (5) le prdyogika 
de Rfipadhatu, (6-7) miksa et amiksa. 

Suit six : (1-3) trois de la meine sphere, en exceptant le vipakaja : 
(4) le prdyogika de ROpadhatu, (5-6) mikm et nsaik.m. 

2. upapatlilabhika kmala. 

Su'vi de sept : (1-4) quatre de In memo sphere ; (5) le nivrfdvyd- 
krta de Rflpadhatu ; (6-7) akn§ala et nivrtdvydkrta de Kainadhatu. 

1. fremiere pvns«e de I’eidslencc interniwlittire («n(«r»6/iai!ff.) de ROpadhStu. 



324 


CHAPiTBE n, 71 b-72. 


Suit quatre, de la ni6me sphere. ^ 

3. nivriavydkfia. 

Suivi de huit : (14) quatre de la m<>me sphere ; (5-6) hprayogiku 
et le nivfidvydkrta de llnpadhatu ; (7-8) Vaktisala et le ninrtdoyd- 
krta de Kamadhatii. 

Suit dix : (1-4) quatre de la m^me sphere ; (5-10) Yvpapattildbhika, 
Y airydpathika, le vipdkaja de Rapadhatu et de Kamadhatu. 

4. vipakaja. 

Suivi de six : (1-3) trois de la rii^me sphere, en exceptant lo 
prdyogika ; (4) le nivrldvydkrta de Ropadhalu : (5-6) Yakmala et 
le nivHdvydkrta de Kamadhatu, [13 h] 

Suit quatre, de la m6me sphere. 

iv. Deux penswjs pures (andaram) : 

1. iaiksa. 

Snivi de six. : (1-3) prdyogika des trois .spheres; (4) upapattild- 
bhika de Kamadhatu ; (5-6) iaikaa et aia4ksa. 

Suit quatre : (1-3) prdyogika des trois spheres ; (4) iaiksa. 

2. adaiksa. 

Suivi de cinq ; les six qui suivent le ^aiksa en exceptant le miksa. 

Suit cinq : (1-3) prdyogika des trois spheres, (4-5) ^aiksa et 
aiaikaa. 

3. Remarques. 

a. Les vipdkaja, airydpathika et smlpaslhdnika naissent imme- 
diatement a la suite du prdyogika de Kamadhatu. Pour quelle raison 
la r<Jciproque n’est-elle pas vraie ? 

Le vip^aja n’est pas favorable, idoine (anv^dla) au prdyogika, 
parce qu’il est faible (durbala), parce qu’il se d^tveloppe spontan^ment 
(dnabhisaitiiskdravdhitvdt — ayatmna pravrlteh). 

h' airydpathika et le milpasthdnika ne sont pas favorables au 
prdyogika parce que leur raison d’etre est dans la creation d’une 
attitude ou d’une chose oeuvr^e (irydpaihoMlpdbhisaraskaranapra- 
vrttatvdi). 

Au contraire, le niakramanacitta ou pens6e de sortie — c’est-a- 
dire la pensde quelconque, vipdkaja, etc., par laquelle le Yogin^ort 



Hiuan-imng, vii, fol 13 a-14 a. 


325 


Me la sene des pens6es prdifogika, leclurc, reflexion philosophique, 
etc. — se developpe sponlanement (anahhisaniskdramhiH and- 
hhogavdhin). Le niskrainandcitta pent done snivre iinniediutenienl. 
le prdgogika. 

b. Objection. — Si le prdyogika ne nait pas imin^Miatcment a la 
suite des vipdkaja, etc., parce quo ceux-ci ne lui sonl pas favorables, 
encore moins nattra-t-il a la suite de la pensee souillee (klidn) qui 
lui est contraire (viguna). 

Le klisfa est contraire an prdyogika. Cependant, quand I’ascetc 
est fatigue (parikhinna) de Tactivile (samwldcdra) dt!s pijssions 
(kleia), par le fait quo I’uscele prend parfaite connaissance (parijiid- 
na) de cette activitc^, \o prdyogika prend naissance. [14 a] 

c. Le kusala inne de Kanuidhatu est vif (pcdti ) ; il peut done naitre 
a la suite des deux pin's (andsrava) et anssi a la suite Aw prdyogiiin 
de Rnpadhatu ; mais, comme il sc developpe spontanement, il n'est 
pas suivi de ces niames pensees. 

Le kuiala innd de Kaniadhatn, etant vif, pent naitre a la suite dn 
Mis^ de Rapadhatu ; inais Ic kumla inn^ de Rilpadhatn, n’tHunt pas 
vif, ne peut pas luiitrc a la suite du klista d’ArOpyadhatn. 

4 . Les pensees naissent innnediateinent les lines apres les autres ; 
elles naissent en raison ("vasal) de I’aete d’attention (manaskdra, 
manasikarana). Il fant done eludier I’acte d’atlcnlion. 

i. On distingue trois actes d’utteiition : 

1. svalaksanamanaskdra, acte d'attenliun porlanl snr le caractere 
specifique, par exeinple les jugeinents : « Le rupa a pour caractere 
le rtipa^a....le wjnana apour caractere la prativijnapti » (i. 13, 1<»). 

2. sdmdnyalaksanamanaskdra, acte d’attenliun portant sur le 
caractere coinniun ; il porte sur les seize aspects des Veritfe, imper- 
manence, etc. : « Les dharmas conditionings sont iiuperinanents » 
(voir vii. 10). 

3. adhimuktimanaskdra. Get acte d’attention ne porte pas, 
comme 1^ deux premiers, sur ce qui est (bhutdrthe) ; il precede de 
Yadkimmkti, e’est-a-dire de I’imagination constructive (adhimukiyd 



326 auPiTRB u, 71 b-72. 

....manaskaraJi, voir p. 154); il preside aux contemplations d’aiubhar 
(vi. 9) des apramanas (viii. 29), des vimoksas (viii. 32), Jes 
abhibhvdyaianas (viii. 34), des krt9nd!/atana^ (viii. 35), etc. 

[D’apres les premiers maitres qne cite la Viblia§a, 11,] on pent 
realiser (mvt'niukhlhhdva) le Clieniiu k la suite de ces trois acte.s 
d’altention, et, invei'sement, on pent produire ces trois actes d'attention 
immediatement apres le Chcmin. Cette opinion s’appuic sur le texte : 
« 11 produit le membre de la Bodhi appele m^moire eii coinpagnic 
(c’est-a-dire : a la suite) de la meditation de I'liorible ( akubhd) » ^ 

[D’apres les troisiemes maitres de la Vibha.sa,] c’est sculement a 
la suite du sdmdnyalaksanamanaskara [14 b] qii’on pout realiser 
le Cherain ; a la suite du Cheinin, on pent produire les trois actes 
d’attention. — Quant au texte allegue par les premiers maitres, il 
faut I’cntendre dans ce sens que, apres avoir dompte la pcnsee au 
moyen de la meditation de I’horrible, I’asccte est capable de produire 
le sdmdnyalaksmiamanaskara, a la suite duqucl il realise le 
Chemin. Le texte vise cette action mediate do la meditation de 
rhorrible et dit : amhhdsahayatmn .... 

[D’apres les quutriemes maitres de la Vibhflsa,] c’est seulernent a 
la suite du samdnyalaksanamaumkdra que I’ascete pent realiser 
le Chemin ; en outre, a la suite du Chemin, il ne pent aussi produire 
que le sdmdnyalaksanamanaskdra. 

L’auteur refute les troisiemos maitres. — Certes, on voit bien que 
I’ascete qui est entr^ dans le samyaktvaniydma, dans le Chemin 
(voir iv. 27), en s’appuyant sur I’lin des trois etages (bhumi) infe- 
riciirs (atidgamya, premier dhydna, dhyd}mntara), pourra produire, 
en sortant du Chemin, un sdindnyalaksanamanaakdra du domaine 


1, Par un effort d'imagiiiatioiir en vertu d’une cl<^cision, I'aseote voit lo cor[>s 
comrae le corps ii’est pas r^ellement, a savoir comine etant fail uniqueinent d*os 
pourris, etc. ; c’csl la inMiiation de liiorriblc, asubha. De me me, dans les rddhis 
(vii. 48), I’ascete imagine (|ue rel^ineiil terre est petit, epic IVdeuient eaii est grand 
(comparer Dlgha, ii. 108). 

2. Sarny iikt&gama 27, 15 : a^ubh&sahagatani smrttsantJwdhyangatn bhd- 

Vdtyati. — La * mdmoire ’ fait partie du Chemin ; sahagata signifie * imm^diate- 
ment soivant *. a 



Hiuan-tsang, vii, fol. 14 a>15 a. 


327 


Kama et reposant surl’audilionoula r6llexion(srtf/a", cinidmaya), 
parce que les elagcs en queslion sont proches ; niais, lorsque Vascelc 
cst entr6 dans le samyaMvaniydma on s’appuyanl stir le deuxieme, 
le.troisieme on Ic quatrieinc dhydim, a quel etago pourrait appartcnir 
le sdntdnyalaksanamanaskdra qu’il produirait en sortant du 
Chemin ? II ne produira pas le mmdnyalakmwnnanaskdra du 
domaine dn Kama, parce que Ic Konm est Irop eloignc ties dhydms 
supirieurs. II ne produira pas non plus le samdnyulak^ammanas- 
Mm du domaine d’un destrois</%aH«ssup6rieurs,parccqu'il n’a pas 
obtenu ce manaskdra auparavaiit, excepte au coiirs de la pratique 
des nirvedliabhdgiym (vi. 17 : contemplations preliminaires a I'entree 
dans le Chemin) : or iin Arya jie pent a nouveau realiscr les 
nirvedkabhdylyas, car on ne pout adinettre (jue, possedant dfija le 
fruit, il realise ii nouveau le chctnin preparatoire. 

Mais, dira-t-on, il existe d’autres sdmdnyamanmkdnts 1 15 a] qui 
ont 6tc cultivfe en m6me temps que les tUrvedhabhdglyns, qui sont 
de la nature des nirvedhabhdglyns [en tant qn’iLs portent sur les 
Veritt^s, mais qui different en ne portant pas sur les seize aspects] : 
par exemple, voir (|ue : « tons les satfiskdras sont iinperinanents », 
« tous les dharmm sont iinpersonnels », « le Nirvana est tranquille » 
(jugenient general, sa»wajM/a, puisqu’il porte sur tout Nirvana). - - 
C’est celte autre espece de sdmdnyamamtskdra qne rascote se 
rendra prasente en sortant du Chemin. 

Les Vaibha$ikas n’acceptent pas cette opinion, parce qu’elle est 
illogique. [En elfet, la culture des manmkdras do cette espece 
^est liec aux nirvedhabhdgiyas]. (Vibha.sa, 11, »). 

[La vraie doctrine est que le Chemin pent elre suivi des trois 
categories d’acte d’altention.] Lorsqu’on obtient lo fruit d’Arhal en 
s’appuyant sur Yandgamya (Vibha^a, 11, hi), la j>ens(^e de sortie de 
contemplation est ou bien de cet olage (tmdgamya), on bien du 
domaine du Kama. Lorsqu'on obtient le nicnie fruit en s’appuyant 
sur Ydkihcanya, la pensee de sortie est ou bien de ce inOme etage 
(dkiiicanya), ou bien dn naivasarujndndm'ytjhdyatana ou bha- 
vdgrg,. Lorsqu’on obtient le indme fruit en s’appuyant sur tout 



328 


CHAPXTitE u, 71 b*73 c. 


autre ^tage, la pensee de sortie est seulement de cet autre ela^e.* 

ii. II y a quatre sortes d’actc d’atteiition, I’acte d’attention inn6 ou 
naturel, upapattipraiilmnhhika, ne de reiiseigncineut, snUamaya, 
n6 de la reflexion, cintamaya, ne du recueillement, bha/vanamaytt. 
Trois sont possibles dans le Kamadhatu, le premier, le deuxienie et 
le troisiemc, carle recueillement ('b/xdaana) n’est pas du Kamadliatu, 
Trois sont possibles dans le Rnpadhatu, le premier, le deuxieme et 
le quatrierne, car, dans cette sphere, des que Ton mcdite ou reflechit 
(cinta), ou entre cn recueillement. Deux sont possibles dans I’ArO- 
pyadhatu, le premier el le quatrierne. II y a done huit actes d’attention, 
trois, trois et deux (Vibha?a, 11, a). 

Le Chemin n’est jamais pruduit a la suite de I’acte d’altention 
upapatUprdtilamhhika, a quebpic sphere que o.elui-ci appartienne, 
car le Chemin exige effort (pmyogapt'atibaddha) [15 b]. Le Chemin 
est done produit a la suite de cinq actes d’attention, deux de Kama- 
dhatu, deux de Rflpadhalu, un d’Aiflpyadhatu. — Mais, a la suite 
du Chemin, I’acte d’attention upapaUiprdUlambhika de Kamadhatu 
peut naltrc, parc'e (pi’i! est vif (patti). 

Combien de pensee»s sont acquises (Idbha, pratilambhajlomp’on 
se rend pi-risente (smmuukhibhava) chacune des douze sortes de 
pensee (ii. G7) ? 

73 a-b. Avec la pensee souill6e de chacune des trois spheres, 
obtention de six, de six, de deux pensees respeclivement '. 

Obtention s’entend de la prise de possession par celui qui, aupar- 
avant, ne poss6dait pas. 

i. Obtention de six pensees avec la pensee souill^e de Kamadhatu. 

a. Obtention de la pensee kuiala de Kamadhatu (1) lorsqu’on 
reprend les raciires-de-bien par une pensee de donte, laquelle est 
souill^e (iv. 80 c) ; (2) lorsqu’on revieirt au Kamadhatu en tombanl 
des spheres superieures (dhattipratydgamana). La pensee-de-con- 
ception est n^cessairement souill^c (iii. 38) ; avec cette pensee on 

1. Mifft traidH&tHke lAbhafi dvayob- 



Himn-tsang, vii, fol. 15 a-16 a. 


329 


prepd possession de la pcnsee husala de Kamadhatu, car on ne la 
possdidait pas anterieurement 

b-c. Obtention des pensees aleusala et nivrtAvyakrta de Kania- 
dhatu (1) lorsqu’on revient au Kamadhahi en lonibant des spheres 
sup^rieures : car on prend alors possession de celle de ces deux 
pensees qiii sc manifeste; (2) lorsqu’on loinbe du detachement du 
Kamadhatu. 

d. Obtention de la pens^e nimiavyakrta de Ropadhatu, lorsqti’on 
tombe de rArflpyadhalu dans le Karnadbatu. Avec la pensee souillee 
de la conception de Kamadhatu, on prend en effet possession de la 
pensee nivrtavydkrla de Rdpadhatu. 

e-f. Obtention de la pensee nivrtdvyakrta d’ArOpyadhatu et de la 
pensee saiksa, loi-squ’on tombe de la qualiti^ d’Arhat par une pensee 
de Kamadhatu. 

ii. Obtention de six pensees avec la pensee souillee de Rdpadhatu 
[16 a]. 

Obtention de la pensee amvHdvydkrta de Kainadhdtu (nirmdna- 
cAlla) et de trois pensees du Riipadhatu, lorsqu’on tombe de TArQpya- 
dhatu dans le Ropadhatn. 

Obtention de la pensee nivrtdvyakrta d’ArQpyadhalu et de la 
pensee &aiksa, lorsqu’on tombe de la qualite d’Arhat par une pensee 
de Rnpadhatu. 

iii, Avec la pensee souillee d’ArQpyadhatu, obtention de la pensee 
nivrtdvydkrta d’Anlpyadhatu cl de la pensee saiksa : lorsqii’on 
tombe de la qualite d’Arhat par une pensee d’ArQpyadhatu. 

73 b-c. Avec la pensee bonne du Rupadhatu, obtention de trois \ 

A la pensee ku^ala de Rnpadhatu, obtention de trois pensees ; de 
celte pensee elle-meme ; de la pensee anivrlCivydkrta de Kamadhatti 
et de Rnpadhatu, — eVst-a-dire de la pensee-de-creation relative aux 
deux spheres. 

t- i.>n discute dans la Vibhftsa si la pensee kii^ala dont on prend ainsi posses- 
sion est seulement upapattipratilambhika^ ou encore prdijogika. 

2. [fte&/te / traydpdfp rfipaje] 



330 


CHAPITRE 11, 73 C-d. 


73 c-d. Avec la pensee saiksa, obtention de quatre \ 

Lorsque se realise la premiere pensee saiksa, a savoir la duhkhe 
dhannajndnakmnti (vi. 25 d), obtention de quatre pensees : (1) la 
pensee mikna elle-ineine, (2-3) deux pensees anivrlavifdkrta, de 
Kainadhatu et de Ropadhalu (pensees-de-creation), (4) pensee kusala 
d'ArOpyadhatu : il y a, par la vertu dn Chemin, entree dans le Clieniin 
(niydmdvakrdtUiy vi. 26 a) et detacheinent du Kamadhatu efr lie 
rArOpyadhalu. 

73 d. Avec les aiitres pensees, obtention de ces meiiies penstk\s\ 

Pour les pensees non speciliees n-dessus,lorscprelle.sse manifestent, 
on les oblieni seules. 

D'apn^s line autre opinion, on pent, sans faire de distinction entre 
les spheres, dire [16 b] : 

« Los sages disent quo, avec la pensee klida, il y a obtention de. 
neuf pensees ; oldention ile six, avec la pensee Immln ; obtention de 
la pensee avifdkrla av(‘c la pensee avydkrla » \ 

Kn ee qui concerne la pensik^ kmtiUiy il faut corriger et lire : 

obtention de sept ». Lorstprun boinine ro[»rend les racines-de-bien 
au moyen de la vue exacte (mmyagdrdi, iv. (SO), il obtient la pensee 
ktmila de Kamadhatu; lorsqn’il se detache du Kamadhatu, il obtient 
la pensee-de-creation de Kamadhatu et de Rfipadiiatu, suit deux 
anii'HdvydkrUus ; lors([u’il prend les reciieillements de Ropadhatu 
et d’ArQpyadhatu, il obtient les pensees kiimla de ces deux spheres ; 


1. [saikse catnrnain] 

2 . cddhike //] - Ihay la de 

a. C%*st line kflrika de foiivrage de Dharimitrftln, Nanjio 1287, fol. 86 a 17 : 
« Si on obtient neuf e.speres de (lharina^,i] faut savoir que c’est avec line pensee 
klMa ; la pensee kviSalu obtient six esperes ; la pensee avydkrta, Vavyakrta » 
(Trad, de Sarnghavarman). Paramarlha : Lorsque se produit la pensee klist^, 

on obtient, esl-il dit, neuf especes de peiisdes ; nvec la pensee kuMa » 

La Vyftkliyft foiinul le troisieiiic puda ; 

[iCibhah sydn navaciiidnd, 1 l|^ klisU ciita Hi smrtam /] 

^ani^dfit tu hniale cittc [tasyaivavjfdkrtodhhave //] 



Himn-tsang, vii, fol, 16 a-b. 


331 


ifl’entree dans le Chemin, obtention de la pensee iailisn; h I’entree 
dans le fruit d’Arhat, ubtentioii de la pons^e amikm. 

Pour les deux autres pens^es, le calcul des peiisees obtenues s’^a- 
blit<d’apres les explications que nous avons donnees. Voici une stance 
aide-memoire : 

« A la conception, au recueillement, au detacliement, a la chute, 
a la reprise des raciiies de bien, on obtient des pensees qu’on ne 
pussSdait pas » 


t- ^P^PO’ttisamapaUivairagyaparihanisM / 

^aaJapraUaatpdhau ca cittalabho [hy] atadvatah //